Expérimentation animale : enquête inédite à Maurice dans les élevages de macaques à longue queue

Expérimentation animale : enquête inédite à Maurice dans les élevages de macaques à longue queue

Expérimentation animale : enquête inédite à Maurice dans les élevages de macaques à longue queue
28.11.2023
Ile Maurice
Expérimentation animale : enquête inédite à Maurice dans les élevages de macaques à longue queue
Expérimentation animale

Enquête de One Voice à l’Île Maurice où les macaques à longue queue sont capturés dans la nature et élevés pour les laboratoires.

L’Île Maurice est l’un des principaux pays pourvoyeurs de singes pour l’expérimentation animale. En infiltrant ce milieu bien gardé, les enquêteurs de One Voice sont parvenus à rapporter des images et des témoignages exclusifs sur des pratiques scandaleuses.

Elles sont sept « fermes » d’élevage implantées sur l’Île Maurice, au plus près de l’habitat naturel des primates qu’elles commercialisent pour l’industrie mondiale de l’expérimentation animale. Chaque année, Bio Culture, Noveprim, Biodia, Biosphere, Les Campeches Ltd, Cynologics et Le Tamarinier expédient plus de 10 000 macaques à longue queue vers des laboratoires aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Espagne et… en France. Au sein de l’Union européenne, notre pays est même l’un des principaux importateurs de ces primates pourtant classés en danger de disparition sur la liste rouge des espèces menacées de l’UICN.

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Infiltration périlleuse

Officielles, ces usines à singes peuvent être « visitées » si l’on s’en remet, bien sûr, à leurs services de direction rompus à l’exercice de les présenter sous leur meilleur jour. Nous avons préféré nous introduire en coulisses pour observer de plus près leur fonctionnement et dévoiler la réalité du quotidien des animaux qui y sont séquestrés. Au prix d’énormes risques, nos enquêteurs sont parvenus à infiltrer six d’entre elles. Ce qu’ils ont découvert confirme ce que nous suspections avec notre partenaire Action for Primates qui a mis ses informations en commun pour la préparation de cette investigation : de nombreux singes sont régulièrement pris au piège en forêt afin d’alimenter en « chair fraîche » les élevages et maintenir une diversité génétique.

Capturés dans la nature

Les renseignements fournis à nos enquêteurs par des lanceurs d’alerte souhaitant rester anonymes sont clairs… Recroquevillés derrière les mailles des filets, les macaques à longue queue sont souvent prisonniers depuis plusieurs jours quand les trappeurs viennent relever leurs pièges au fond de la jungle. Affamés, assoiffés, les adultes et les bébés n’ont que la force de se serrer les uns contre les autres dans des gestes désespérés… Et c’est sans la moindre résistance, terrorisés, qu’ils se laissent encager violemment dans les caisses de transport. Les humains se moquent de leur détresse.

Bons pour la reproduction ou tués

Bientôt, les détenus sont tatoués avec un numéro d’identification. Ils sont également soumis à une batterie de tests pour contrôler leur état de santé. Les blessés lors de la capture, infertiles, malades ou atteints d’une simple affection cutanée, sont tués sans sourciller : poubelle. Quant aux autres, ils rejoignent les « volières », où sont déjà enfermés des dizaines de leurs congénères, pour servir de reproducteurs. Nous montrons leurs conditions de détention misérables où le stress est partout palpable. En raison de la promiscuité des cages, les épidémies sont légion, de tuberculose (TB) notamment. Les employés procèdent alors à des abattages massifs : jusqu’à 200 singes par jour !

Les bébés pour les labos

Théoriquement, les bébés de première génération échappent à l’expérimentation au sein de l’Union européenne : soumettre les macaques F1 à des tests y est interdit depuis novembre 2022. Mais en pratique… peu de monde s’en soucie et les labos encore moins. Dans tous les cas, les primates sont condamnés à la captivité et la souffrance leur vie durant.

Nous savions déjà – grâce aux documents auxquels nous avons eu accès, puis aux preuves que nous avons récoltées à propos de la plate-forme Silabe, rattachée à l’Université de Strasbourg – que les petits singes étaient exportés par centaines de lots en France à l’âge seulement d’un an et demi. Cette enquête nous a appris qu’ils sont arrachés aux bras de leurs mères dès 6-8 mois pour les habituer précocement au contact humain et leur apprendre à se montrer dociles.

Imprégnés comme il se doit, ils sont ensuite « fin prêts », à exécuter les ordres au doigt et à l’œil pour subir des procédures douloureuses dans notre pays, en Europe et Outre-Atlantique.

En finir avec ce scandale !

Cette enquête s’inscrit dans la lignée de nos actions constantes pour mettre un terme à l’utilisation des macaques dans les laboratoires. Nous avons déjà obtenu d’Air France qu’elle mette un terme à leur transport. Il faut aller plus loin. Forts de nos dernières révélations, nous comptons sur les décideurs publics pour prendre leurs responsabilités et faire que la situation change.

Voici des années que des députés expriment leurs préoccupations à la Commission européenne au sujet du piégeage de macaques sauvages à Maurice. Les autres doivent suivre leur exemple et nos dirigeants ne plus reculer devant les lobbies de l’expérimentation animale. Ces derniers avancent souvent masqués pour mieux imposer leurs lois. Ils se présentent, par exemple, comme des « chercheurs du CNRS » plutôt que d’afficher clairement qu’ils sont des représentants du Gircor*…

*Groupe Interprofessionnel de Réflexion et de Communication sur la Recherche

Signez pour dire STOP À L’UTILISATION DES MACAQUES DANS LES LABORATOIRES Signez pour dire STOP À L’UTILISATION DES MACAQUES DANS LES LABORATOIRES Signez pour dire STOP À L’UTILISATION DES MACAQUES DANS LES LABORATOIRES Signez pour dire STOP À L’UTILISATION DES MACAQUES DANS LES LABORATOIRES Signez pour dire STOP À L’UTILISATION DES MACAQUES DANS LES LABORATOIRES Signez pour dire STOP À L’UTILISATION DES MACAQUES DANS LES LABORATOIRES Signez pour dire STOP À L’UTILISATION DES MACAQUES DANS LES LABORATOIRES Signez pour dire STOP À L’UTILISATION DES MACAQUES DANS LES LABORATOIRES Signez pour dire STOP À L’UTILISATION DES MACAQUES DANS LES LABORATOIRES Signez pour dire STOP À L’UTILISATION DES MACAQUES DANS LES LABORATOIRES

#SingesDeLabo : entre maltraitances tolérées, trafics avérés et risques sanitaires

#SingesDeLabo : entre maltraitances tolérées, trafics avérés et risques sanitaires

#SingesDeLabo : entre maltraitances tolérées, trafics avérés et risques sanitaires
27.11.2023
Île Maurice
#SingesDeLabo : entre maltraitances tolérées, trafics avérés et risques sanitaires
Expérimentation animale

Violences, enclos bétonnés et cages minuscules. À force d’entendre dire que tout va bien chez les fournisseurs des laboratoires, les images de notre enquête au sein de l’un des plus importants d’entre eux paraissent surréalistes. Elles font pourtant écho à l’arrestation récente d’un membre du gouvernement cambodgien impliqué dans un trafic illégal – sans parler des risques sanitaires permanents liés à la captivité. One Voice demande la fin de ces pratiques.

À Maurice, au-delà de restrictions liées à l’évaluation de l’impact environnemental des installations, une loi adoptée en 2013 et renforcée en 2022 est censée protéger les animaux contre les actes de cruauté. Celle-ci interdit notamment de « traiter un animal d’une manière qui lui procure détresse, douleur ou souffrance » et de « le détenir ou le confiner dans une cage ou une structure similaire trop petite pour lui rendre possible ses mouvements naturels ».

Certaines situations filmées par nos enquêteurs cette année chez Noveprim sont en contradiction directe avec ce texte de loi.

Carte blanche et complicités

À vrai dire, aucune obligation légale n’impose aux sociétés implantées à Maurice de respecter la réglementation des pays importateurs. Et elles ne s’en embarrassent clairement pas. Même les cas les plus flagrants de cruauté (tels que l’élevage illégal de 250 macaques dans des conditions sordides, découvert au printemps dernier) ne semblent aboutir à aucune condamnation.

Quant à exporter un primate vers un établissement français, il faut simplement prouver que lui et ses parents ont été élevés en cage. Encore faudrait-il que cela puisse être attesté – au lieu de ne reposer que sur les affirmations des vendeurs.

Mais la motivation des pouvoirs publics à respecter la loi laisse à désirer. Ainsi, l’an dernier, le directeur du département de la vie sauvage et de la biodiversité du gouvernement cambodgien a été arrêté à New York. Il facilitait depuis plusieurs années un trafic illicite de macaques à longue queue capturés – une espèce très prisée par les équipes de recherche, au point qu’elle est jugée « en danger » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Tuberculose et massacres en masse

Et ce n’est pas fini. Alors que les primates libres souffrent rarement de maladies infectieuses graves, les facteurs de risque sont multipliés en captivité. Cela concerne les animaux eux-mêmes, mais aussi la population humaine via les zoonoses. C’est ainsi que récemment, des bactéries dangereuses ont été détectées aux États-Unis lors des contrôles sanitaires de singes et guenons en provenance (encore) du Cambodge.

Ce danger très concret explique que les élevages procèdent très régulièrement à des diagnostics qui consistent à injecter de la tuberculine dans la paupière et à observer son gonflement éventuel. D’après un employé de la structure, en cas de résultat positif, Noveprim tue tous les individus de la section concernée.

Finissons-en

C’est à se demander ce qui est censé prémunir les États membres de l’Union européenne contre ces maltraitances et ces massacres. Les établissements mauriciens et vietnamiens qui approvisionnent la France font-ils mieux que leurs homologues cambodgiens ? Manifestement, d’après l’enquête de One Voice, la réponse est non.

C’est pourquoi nous vous invitons à signer notre pétition demandant l’interdiction des captures, la fermeture des élevages et la fin de l’expérimentation sur les macaques.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter notre rapport thématique et les données chiffrées année par année et espèce par espèce sur le site web dédié.

Parce qu’il n’y a pas que la France : les macaques de l’Île Maurice dans les mains de la recherche européenne et américaine

Parce qu’il n’y a pas que la France : les macaques de l’Île Maurice dans les mains de la recherche européenne et américaine

Parce qu’il n’y a pas que la France : les macaques de l’Île Maurice dans les mains de la recherche européenne et américaine
27.11.2023
Parce qu’il n’y a pas que la France : les macaques de l’Île Maurice dans les mains de la recherche européenne et américaine
Expérimentation animale

Le commerce des macaques mauriciens ne se limite pas à la France. Partout sur le globe, les laboratoires font importer ces animaux, capturés ou élevés en captivité, dans le but de les soumettre à des tests douloureux et stressants. Nous avons retrouvé des traces du sort révoltant réservé à certains d’entre eux chez nos voisins et outre-Atlantique. Nous demandons la fermeture des élevages de primates et la fin de leur utilisation en expérimentation.

L’implantation mondiale de ces vendeurs de macaques ne fait aucun doute. Aux États-Unis, le groupe BioCulture possède son propre importateur, « BC US LLC ». En Europe, le point d’entrée de son homologue Noveprim est le centre espagnol Camarney… Un trafic facilité par les compagnies aériennes telles que Hainan Airlines et EgyptAir, malgré la décision louable d’Air France d’arrêter d’y participer depuis juin 2023.

Des tests au service du marché

Chez nous comme ailleurs, les individus importés de la sorte sont régulièrement exploités pour des essais de toxicologie. Les résultats ayant rarement besoin d’être publiés (ils intéressent surtout les organismes chargés d’approuver la mise sur le marché des nouveaux produits), on trouve peu d’articles scientifiques qui rapportent les souffrances qu’ils ont impliquées.

On trouve tout de même quelques traces de ces expériences, qui impliquent généralement d’administrer une substance aux singes et aux guenons, que ce soit en la leur faisant boire(1) ou en la leur injectant(2). Le plus souvent, il s’agit d’administrations répétées pendant des mois(3) afin de mesurer les effets secondaires douloureux et stressants, attendus ou non, « à dose répétée ». Quoi qu’il en soit, l’issue est toujours la même : l’abattage à plus ou moins courte échéance, puis le prélèvement et l’analyse des organes.

Les sociétés de recherche contractuelle

Les promoteurs d’un produit peuvent déléguer ces procédures réglementaires à des « sociétés de recherche contractuelle » (CRO, ou contract research organization) telles que Covance en Angleterre, Aptuit en Italie ou Charles River en France et en Amérique du Nord.
Si ces noms ne vous parlent pas, vous connaissez peut-être en revanche, de l’autre côté du Rhin, le Laboratoire de Pharmacologie et de Toxicologie (LPT, aujourd’hui devenu « Provivo Biosciences »). Des images choquantes en ont été révélées en 2019 par Cruelty Free International, notre partenaire britannique au sein de la coalition européenne Cruelty Free Europe dont One Voice est le représentant français. Ou encore Vivotecnia, CRO espagnole autorisée à poursuivre ses opérations malgré les maltraitances évidentes mises en lumière en 2020 par ce même partenaire.

Ce ne sont pas des marchandises

Au profit de ce type de clients, Noveprim peut même expérimenter sur place, à Maurice, afin de produire des macaques déjà équipés d’implants de mesures biologiques(4). Des souffrances qui s’ajoutent à leurs conditions déplorables de détention et de traitement – et un produit supplémentaire dans le catalogue de l’entreprise.

La vie des animaux ne nous appartient pas. Nous devons en finir avec l’exploitation des singes par les laboratoires et pour cela, développer des méthodes de recherche innovantes et éthiques. Signez la pétition pour demander à nos côtés la fermeture des élevages mauriciens et l’interdiction d’expérimenter sur les primates.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter notre rapport thématique et les données chiffrées année par année et espèce par espèce sur le site web dédié.

  1. Accelera (Italie) 2023.
  2. Novo Nordisk (Danemark) 2019.
  3. Novo Nordisk (Danemark) 2022, Labcorp (États-Unis) & Charles River (Canada) 2023.
  4. Noveprim (Maurice) 2018.

Injections, inoculations et intoxications : les macaques mauriciens dans les laboratoires français

Injections, inoculations et intoxications : les macaques mauriciens dans les laboratoires français

Injections, inoculations et intoxications : les macaques mauriciens dans les laboratoires français
27.11.2023
Île Maurice
Injections, inoculations et intoxications : les macaques mauriciens dans les laboratoires français
Expérimentation animale

Face aux images accablantes produites par notre enquête au sein de la société mauricienne Noveprim, nous avons voulu savoir ce qu’il advient des primates vendus partout dans le monde par cette entreprise. Dans les revues scientifiques, l’origine des macaques est parfois indiquée, ce qui nous a permis de connaitre le destin tragique de nombre d’entre eux importés en France. Nous demandons la fin des captures, des élevages et de l’expérimentation sur les primates.

Dans une base de données mondiales de publications en libre accès, malgré quelques résultats en Amérique du Nord ou chez nos voisins européens, le nom de l’élevage Noveprim fait surtout ressortir des recherches réalisées en France.

Alors que l’industrie accorde généralement aux singes et aux guenons qu’elle exploite un nom en plus de leur tatouage, cette vague notion d’identité disparait quand les résultats obtenus sont publiés. Les animaux sont alors des numéros, de simples outils, parfois listés dans les mêmes tableaux que les virus, les anticorps ou encore les logiciels utilisés.

Une vie de souffrance

De nombreux individus instrumentalisés de la sorte ont dû endurer des « procédures » variées. Cela peut être, chez Sanofi(1) de « simples » prélèvements sanguins répétés, tandis que d’autres animaux subissent des injections oculaires et sont tués par GenSight et l’Institut de la Vision pour prélever leurs yeux(2). Le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) fait encore bien pire avec la réalisation de lésions du cerveau par son unité MIRCen(3) et l’inoculation de maladies graves dans son laboratoire à risque biologique P3(4). Encore au CEA, NeuroSpin (que nous connaissons bien pour ses infractions répétées à la réglementation) a immobilisé trois singes mauriciens sous anesthésie jusqu’à quinze fois chacun. Après leur avoir injecté des microbulles dans le sang, le personnel a appliqué des ultrasons sur leur crâne pour tenter de faciliter la pénétration de produits dans le cerveau(5).
Le ministère des Armées ayant affirmé récemment qu’aucune expérience sur les primates n’a été menée par ses services depuis 2013, un article publié en 2018(6) relate probablement l’une de ses dernières utilisations de ces animaux. L’armée y a intoxiqué dix-huit macaques de l’Île Maurice avec une arme chimique, le VX russe. Parmi eux, quatre sont morts en moins d’une heure, tandis que les autres, sous traitement, ont enduré hypersalivation, épuisement, difficultés respiratoires et convulsions pendant plusieurs heures avant de se remettre… et d’être tués pour analyser leurs tissus.

Finissons-en avec leur exploitation

Comme le montre notre enquête, les animaux souffrent déjà de la captivité et des manipulations brutales des employés de l’élevage Noveprim. Mais ce n’est pour eux que le début d’une vie passée à endurer stress et douleur au profit supposé d’une autre espèce qui s’est désignée elle-même comme dominante.

Pour en finir avec ces pratiques, signez notre pétition demandant la fermeture des élevages de macaques et la fin de l’expérimentation sur les primates.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter notre rapport sur les primates et l’expérimentation animaleet consulter les données chiffrées année par année et espèce par espèce sur notre site web dédié.

  1. Sanofi 2020a, 2020b.
  2. GenSight 2021, Institut de la Vision 2023.
  3. CEA (MIRCen) 2019.
  4. CEA (IDMIT) 2021a, 2021b, 2022a, 2022b.
  5. CEA (NeuroSpin) 2020.
  6. Institut de Recherche Biomédicale des Armées (IRBA) 2018.

« Cyno Breeders » – L’industrie mauricienne de la capture et de l’élevage des macaques

« Cyno Breeders » – L’industrie mauricienne de la capture et de l’élevage des macaques

« Cyno Breeders » – L’industrie mauricienne de la capture et de l’élevage des macaques
27.11.2023
Île Maurice
« Cyno Breeders » – L’industrie mauricienne de la capture et de l’élevage des macaques
Expérimentation animale

Parmi les élevages de macaques présents sur l’Île Maurice, deux noms reviennent souvent : Noveprim et BioCulture. Avec leurs homologues mauriciens, ces deux sociétés ont formé la « Cyno Breeders Association », dédiée à la propagande en faveur de l’expérimentation animale, pour les intérêts financiers de ses membres. Mais leurs mensonges font pâle figure face aux images tout juste rapportées par nos enquêteurs en 2023. Nous demandons la fermeture de ces structures.

Noveprim, créé dans les années 1980, est possédé aujourd’hui pour moitié par l’entreprise Charles River, qui lui garantit une belle part du marché étatsunien. En Europe, ses recettes sont garanties par son centre espagnol Camarney, qui a vendu plus de 30 000 macaques à longue queue depuis 2005.

Quant à BioCulture, ses actionnaires sont des sociétés dirigées par d’autres entités, remontant jusqu’à la famille Griffiths, qui l’a créé dans les années 1980. Récemment, une entreprise commune a été fondée avec un laboratoire indien qui réalise des tests sur les animaux.

De la propagande à la réalité

Ces deux mastodontes du commerce de primates collaborent avec d’autres éleveurs locaux de la Cyno Breeders Association, qui cherchent eux aussi à promouvoir à tout prix l’expérimentation animale, quitte à recourir à des méthodes honteuses de propagande.

Sur le site web de cette association, on peut lire que ses membres « privilégient des pratiques éthiques, adhèrent à des réglementations strictes et garantissent les normes de bien-être les plus élevées pour les singes ». Ce que révèle notre enquête dans l’un des sites et lors d’une session de capture de Noveprim le contredit en images.

D’après ce qu’on voit dans ces vidéos, le bien-être consisterait donc en une cage en béton assortie de grillages métalliques avec, dans le meilleur des cas, quelques tunnels et échelles en plastique dont la couleur peine à égayer la morosité ambiante et l’acoustique oppressante. Sans parler des risques sanitaires, des mutilations ou même des trafics illégaux.

L’économie contre les animaux

Malheureusement, selon la Commission européenne, « il n’est pas possible d’envisager de manière réaliste de n’utiliser que des primates issus de colonies autonomes à court ou moyen terme ».

En fait, ce « réalisme » est un choix délibéré de toujours favoriser l’aspect économique et industriel, au détriment des intérêts des animaux. Clairement, l’élevage d’animaux qui n’ont jamais senti la terre et l’herbe sous leurs pieds est inacceptable. Mais les individus captifs y ont une source de souffrance – la capture – en moins.

Pour un futur pacifique et partagé

L’an dernier, les macaques à longue queue ont été déclarés en danger d’extinction en Asie du Sud. À Maurice, la situation est moins claire.

Alors qu’on estimait leur population mauricienne à environ 30.000 individus il y a quarante ans, ils n’étaient plus que 8.000 en 2009, et aucune donnée fiable n’a été publiée depuis. Malheureusement, les projets récents qui veulent évaluer leur nombre sur l’île se font en collaboration avec ceux qui les capturent… Logique.

Nous voulons un financement massif et urgent des méthodes de recherche sans animaux afin de faciliter la fin de l’expérimentation animale.

Pour aider à avancer dans ce sens, signez notre pétition, qui demande la fermeture des élevages et la fin des captures de macaques mauriciens destinés aux laboratoires.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter notre rapport sur les primates et l’expérimentation animale et consulter les données chiffrées année par année et espèce par espèce sur notre site web dédié.

Melles : la saison de la chasse aux chèvres est ouverte !

Melles : la saison de la chasse aux chèvres est ouverte !

Melles : la saison de la chasse aux chèvres est ouverte !
23.11.2023
Haute-Garonne
Melles : la saison de la chasse aux chèvres est ouverte !
Animaux sauvages

C’est bien connu : les chèvres sont des animaux particulièrement malfaisants, qui représentent un danger immense pour la sécurité publique. Fort de ce constat, le maire de Melles (31) a choisi une solution radicale… et illégale : autoriser les chasseurs à tuer un groupe de chèvres abandonnées dans les hauteurs du village. Et ce alors même que de nombreuses alternatives existent. Bien entendu, ce sont toujours les mêmes qui payent l’addition : les animaux. Nous attaquons cet arrêté en référé devant le tribunal administratif de Toulouse. Audience le 28 novembre 2023 à 10 heures.

Photo : Melles Collectif Preservons Melles avec leur aimable autorisation.

Les chèvres, ces animaux féroces

Il y a quelques semaines, la maire d’une commune des Alpes-Maritimes recevait une information glaçante : quatre chèvres avaient eu la mauvaise idée de… faire tomber quelques cailloux sur des terrains de tennis. Ni une ni deux, l’édile autorisait leur mise à mort. Bilan : 4 animaux tués. Nous avons dénoncé cette situation mais, décidément, les chèvres ont bon dos. À Melles, c’est près d’une centaine d’entre elles dont l’abattage a été ordonné, pour des motifs ridicules.

La loi autorise le maire à prendre des mesures pour remédier à la présence d’animaux « féroces et malfaisants ». C’est bien connu, les chèvres sont des animaux assoiffés de sang qui causent des dégâts absolument majeurs un peu partout en France. Difficile de rester sérieux devant une telle absurdité…

Un massacre doublement illégal

Pourquoi ne pas avoir cherché d’alternatives ? Rappelons-le, le maire dispose de pouvoirs importants pour gérer la présence d’animaux errants. À en croire l’arrêté, aucune solution ne serait envisageable car les chèvres évolueraient dans une zone non accessible aux véhicules. Et ce alors même qu’il leur est justement reproché de causer des dégâts… aux véhicules. Comprenne qui pourra.

Une fois de plus, la réalité est bien loin de ce qui est avancé par la commune. Il s’agit ni plus ni moins d’offrir des cibles faciles aux chasseurs. En temps normal, les battues administratives sont confiées à des « lieutenants de louveterie », bras armés de l’État contre les animaux. Mais, à Melles, le massacre a été confié aux tireurs du coin. Cerise sur le gâteau, cette opération aura lieu… pendant toute la saison. Il faut bien faire durer le plaisir.

Pour les dizaines de chèvres et de boucs qui sont sur le point d’être les énièmes victimes de ce loisir cruel, et alors même que 60 % des Français considèrent que la chasse est inefficace pour lutter contre les supposés dégâts causés par les animaux, nous attaquons cet arrêté en urgence devant le tribunal administratif de Toulouse, où nous porterons leur voix lors d’une audience le 28 novembre à 10 heures.

Mobilisons-nous pour les loups : participons en nombre aux consultations publiques du ministère !

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23.11.2023
France
Mobilisons-nous pour les loups : participons en nombre aux consultations publiques du ministère !
Animaux sauvages

Alors que l’actuel Plan national d’actions (PNA) sur les loups et les activités d’élevage prendra fin le 31 décembre prochain, un nouveau plan et un projet d’arrêté visant à renforcer le recours (déjà redoutable) aux tirs létaux sont actuellement soumis à la consultation publique. Habituellement, le but est de veiller à la protection effective d’une espèce mais ici, contrairement aux apparences, c’est tout l’inverse qui est recherché. Vu le matraquage médiatique du lobby agricole et les sorties de nombreux politiques peu soucieux du sort des animaux, nous ne nous attendions pas à grand-chose, mais là… Aidez-nous à faire avancer le combat en répondant à ces consultations avant le 7 décembre 2023.

Les loups sont les victimes collatérales des pratiques d’élevage intensives. Diabolisés, ils sont massivement tués dans le cadre de tirs légaux au nom de la protection de troupeaux d’animaux voués à l’abattoir. Malheureusement, les loups sont des animaux méconnus qui souffrent à tort d’une mauvaise réputation. Ils sont pourtant sensibles et intelligents, et leurs modes de vie sont finalement très proches des nôtres : ils constituent de véritables familles, où chacun a une fonction bien définie dans l’éducation des louveteaux. Quant à leur rôle au sein d’une biodiversité si fragilisée, il n’est plus à démontrer ! Cela n’empêche pas le gouvernement de prendre des mesures toujours plus défavorables à leur encontre, puissance des lobbies de la chasse et de l’agriculture industrielle oblige.

Des projets ouvertement anti-loups

Le contenu de la première consultation dépasse nos pires prévisions… Le plan a été vidé de sa substance au profit des sacro-saints intérêts des éleveurs. En effet, le document affiche un soutien sans faille aux pratiques d’élevage existantes sans jamais en interroger les conséquences négatives. Les grands perdants, ce sont évidemment les loups. Leur protection n’est plus du tout au cœur du projet, bien au contraire : ils y sont désignés comme des cibles à abattre.

La seconde consultation se rapporte à un projet d’arrêté dont l’objet n’est ni plus ni moins de renforcer le recours aux tirs létaux. Au programme : augmentation du nombre de tireurs, généralisation de la possibilité d’utiliser des caméras thermiques pour mieux cibler les loups, fin de l’obligation de les éclairer avant de tirer, fin de la suspension des autorisations de tirs lorsqu’un individu est tué… En somme, le projet d’arrêté revient à confirmer la possibilité de massacrer les représentants d’une espèce protégée.

Un acharnement insupportable et insensé

Les deux projets soumis à consultation ont reçu des avis défavorables du Conseil national de la protection de la nature (CNPN). Malgré tout, le gouvernement, acquis à la défense des pires intérêts agricoles, reste sourd aux alertes des scientifiques et des associations de protection de la Nature qui recommandent de ne pas tuer les loups.

Peu importe que le jeu soit déséquilibré et les victoires difficiles à obtenir, nous continuerons à nous battre pour les loups. Pour plus d’informations sur ce qu’ils sont et leur situation en France, nous vous invitons à consulter notre rapport. Dans ce combat, nous avons besoin de votre soutien. C’est pourquoi nous vous proposons, ci-dessous, une « boîte à outils » qui vous permettra de participer aux consultations jusqu’au 7 décembre 2023 et de défendre ainsi les loups.

POUR DIRE NON AU PROJET DE PNA, C’EST PAR ICI :

La protection des loups n’est pas abordée dans le projet :

  • Aucun objectif de protection des loups ne figure dans le projet alors que l’espèce est classée « vulnérable » en France.
  • Rien n’est prévu pour garantir que la population de loups se portera bien à l’avenir.
  • Le projet de PNA va même jusqu’à acter la nécessité de renforcer le recours aux tirs létaux. Difficile d’imaginer moins protecteur que cela.
  • Comme l’indique le CNPN, la continuité des tirs, y compris durant la période de reproduction, est contraire à l’essence même du statut d’espèce protégée.

Le projet de PNA favorise l’élevage au détriment des loups :

  • Il inverse la logique des PNA, censés être protecteurs, et se fait l’écho de la grogne anti-loups des éleveurs qu’il défend.
  • Il maintient le principe injustifié de non-protégeabilité des troupeaux de vaches : un éleveur peut laisser son troupeau de vaches vagabonder sans aucune surveillance ni protection, puis venir réclamer des autorisations pour tuer des loups.

Le projet de PNA n’insiste pas assez sur la protection des troupeaux par des méthodes non létales :

  • Aucun bilan/retour d’expérience sur les mesures de protection des troupeaux n’a été établi.
  • Le PNA ne prend pas la peine de renforcer les mesures de contrôle sur la mise en œuvre des mesures de protection des troupeaux.

Le projet de PNA méprise les impacts positifs des loups au sein des écosystèmes et ne les aborde même pas :

  • Les loups contribuent pourtant à maintenir l’équilibre des milieux naturels en limitant le développement des populations de cervidés et de sangliers.
  • Les loups sont des auxiliaires de la biodiversité.

POUR DIRE NON AU PROJET D’ARRÊTÉ, C’EST PAR ICI :

Le projet d’arrêté renforce le recours aux tirs létaux au détriment de solutions alternatives :

  • Le projet d’arrêté comporte une série de mesures destinées à s’assurer que les tirs tuent encore plus efficacement.
  • Ce projet ouvre indirectement la porte à une inacceptable augmentation des plafonds d’abattage des loups, espèce pourtant protégée.
  • Le projet d’arrêté contrevient à la logique des dérogations « espèces protégées » qui doivent normalement conserver un caractère exceptionnel et de dernier recours.

Le projet d’arrêté maintient les « tirs de prélèvement » :

  • Les « tirs de prélèvement » – qui s’apparentent à de véritables chasses aux loups – demeurent avec le projet. Le gouvernement n’a même pas l’intention de faire ne serait-ce qu’un petit pas en faveur des loups en mettant fin à cette possibilité.

Chasser des oiseaux en les écrasant sous une pierre : les dernières heures des tendelles ?

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22.11.2023
France
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Animaux sauvages

S’il y a bien une chose qui caractérise les chasseurs, c’est leur capacité à imaginer des moyens toujours plus cruels de tuer les animaux. Sous couvert de « traditions », ils utilisent des techniques plus violentes les unes que les autres, qui génèrent des souffrances aiguës pour les alouettes des champs, les grives, les vanneaux huppés et toutes les espèces d’oiseaux ici prises pour cibles. Notre combat contre ces pratiques d’un autre âge avance : le 23 novembre 2023 à 9 h 30, le Conseil d’État se prononcera sur notre demande d’annuler définitivement l’utilisation de tendelles dans l’Aveyron et la Lozère.

Après la glu, les matoles, les pantes et la tenderie, l’heure de vérité pour les tendelles

Pour les grives de la Lozère et de l’Aveyron, les tendelles sont synonymes de souffrance et de mort. Il s’agit de petits trébuchets, actionnés lorsque l’oiseau vient toucher à un appât : une pierre tombe alors sur lui, ce qui ne lui laisse aucune chance. Quand l’oiseau n’est pas tué sur le coup, il subit des fractures qui le condamneront et l’empêcheront de s’envoler. Le piégeur peut ainsi le récupérer pour l’achever, bien souvent à la main.

Depuis 2018, nous menons un combat sans relâche contre tous ces modes de chasse. Alors que les tenderies dans les Ardennes et la glu dans le sud-ouest ont été définitivement interdites par le Conseil d’État, que les arrêtés autorisant les matoles et les pantes ont quant à eux été suspendus en urgence, les juges ne s’étaient pour l’heure pas prononcés sur les tendelles. Au-delà de son caractère barbare, cette pratique est manifestement illégale, comme nous le disons depuis des années.

Jusqu’à quand le gouvernement soutiendra-t-il les chasses traditionnelles contre les oiseaux ?

Alors pourquoi s’acharner à autoriser ces instruments sadiques qui ne concernent qu’une poignée de personnes mais causent tant de souffrances aux oiseaux ? La défense des traditions a bon dos ! En réalité, il s’agit ni plus ni moins de satisfaire les demandes d’un lobby. Et c’est peu dire que le gouvernement actuel déploie une énergie folle à protéger cette minorité qui prend du plaisir à tuer.

Sous couvert d’« expérimentation scientifique », il a ainsi récemment permis la capture de plusieurs milliers d’oiseaux par pantes, matoles et tenderies, pourtant condamnées par le Conseil d’État ! Nos recours ont permis de suspendre trois des cinq arrêtés et il est à parier que le Gouvernement retentera sa chance l’année prochaine, dans le cas où les arrêtés autorisant les matoles et les pantes ne seraient pas définitivement annulés par le Conseil d’État d’ici là.

Mais si la justice s’en tient à sa position constante, nous avons bon espoir que les tendelles, comme les tenderies et la glu, ne soient bientôt plus qu’un sombre souvenir pour les animaux. Et si, comme 70 % des Français, vous considérez que la chasse est une pratique cruelle, signez notre pétition pour une réforme radicale de celle-ci !

Acharnement contre des corps d’animaux : mais jusqu’où iront-ils ?

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21.11.2023
France
Acharnement contre des corps d’animaux : mais jusqu’où iront-ils ?
Animaux sauvages

Le corps d’un sanglier traîné par une voiture sur des dizaines de mètres. Attaché à un fauteuil roulant sous le regard de la caméra. Le tout couvert par une chanson joyeuse et les commentaires sarcastiques d’un jeune homme qui trouve manifestement tout cela bien drôle. En France, tous les animaux subissent de plein fouet la violence dont sont capables les humains. S’ils sont sauvages, ils sont les plus exposés et peuvent être la cible, en toute légalité, des pires atrocités. Et même quand ils sont morts, ils continuent d’être victimes de l’inhumanité la plus crasse de la part de certaines personnes prêtes à tout pour quelques mentions « j’aime ».

Humilier des êtres sensibles jusque dans la mort pour amuser la galerie

Le 20 novembre, nous avons reçu un nouveau signalement. Sur son compte Instagram, un photographe a publié plusieurs vidéos de lui et d’un ami s’amusant avec un sanglier mort. Celui-ci est attaché à une voiture par une corde avant d’être traîné sur le bitume. Le passager de la voiture filme le corps et s’amuse de la situation : « y’a un problème là, y’a un sanglier derrière ». L’animal est ensuite attaché à un fauteuil roulant, et déplacé sous les éclats de rire. Entre les uns qui trouvent que décapiter des oies et des lapins est un rite de passage et les autres qui s’amusent ainsi avec un animal mort, quelle est cette société ?

Depuis de nombreux mois, nous alertons l’opinion sur ces outrages à répétition. De la tête de sanglier abandonnée sur un banc communal aux dépouilles de renards pendus à l’entrée des villages, il est difficile de voir où s’arrêteront ceux pour qui la nature n’est qu’un terrain de jeu et ceux qui y vivent des objets à leur disposition. Pouvoir les tuer sans limite ne leur suffit pas, il leur faut aussi martyriser leurs dépouilles !

La loi autorise les pires atrocités contre les animaux libres. Changeons-la !

Rappelons-le, en France, la loi n’interdit pas les actes de cruauté contre les animaux sauvages. Ils peuvent être pourchassés, tués et même torturés en toute impunité. Comment comprendre cette différence de traitement ? Comme les chiens, les sangliers sont capables d’une grande affection. Comme les chiens, ils ressentent la douleur. Alors pourquoi les traiter différemment ?

L’explication est claire : préserver la chasse. Toutes les tentatives pour protéger les individus sauvages se sont heurtées de plein fouet au lobby des chasseurs. Et pendant que nos politiques tergiversent, ce sont toujours les mêmes qui payent le prix fort : les blaireaux et les renards, qu’on va massacrer jusque dans leurs terriers, petits compris, les oiseaux, qu’on tue à mains nues dans le cadre de chasses traditionnelles que le gouvernement cherche à réautoriser

Si de nombreux combats portent leurs fruits et nous permettent de sauver toujours plus de vies, des galliformes de montagne aux blaireaux, il est primordial de continuer à porter la voix des animaux sauvages. En attendant d’obtenir leur protection, vous pouvez signer notre pétition pour une réforme radicale de la chasse!

Limules expérimentées pour leur sang: si, il existe des alternatives

Limules expérimentées pour leur sang: si, il existe des alternatives

Limules expérimentées pour leur sang: si, il existe des alternatives
21.11.2023
France
Limules expérimentées pour leur sang: si, il existe des alternatives
Expérimentation animale

Dans une vidéo publiée par le média en ligne Brut ce mercredi 15 novembre, un photographe sous-marin explique, tout en le déplorant, que le sang des limules est nécessaire à l’élaboration de tous les vaccins. Une affirmation erronée sur laquelle nous revenons.

Dans la vidéo, on entend l’interviewé déclarer qu’aujourd’hui « on ne peut pas se passer de la limule » pour obtenir des vaccins, ou encore qu’il n’y a « pas d’alternative » et que « c’est pour ça qu’un demi-million de limules sont capturées, pêchées chaque année ».

Ces contre-vérités, diffusées auprès de milliers de personnes, nous ont évidemment fait bondir puisque des procédés se passant de ces animaux existent depuis une quinzaine d’années.

Les tests d’activation des monocytes*, qui évaluent la pyrogénicité** des substances directement sur des composants de sang humain, ont été validés dès 2006, et inclus en 2009 dans la Pharmacopée européenne. Et ce n’est pas tout: depuis 2020, il est également possible d’avoir recours à un réactif de synthèse pour garantir l’innocuité des produits testés pour les futurs patients.

Ces méthodes reconnues ne contraignent pas pour autant les laboratoires à cesser de se servir des limules, ces arthropodes vivant dans les fonds marins et aujourd’hui en danger en raison de la surpêche et de la perte de leur habitat. Selon le reportage, les limules -dont il a été récupéré 30% du sang- sont relâchées dans la nature et marquées, pour ne pas faire l’objet d’un second « prélèvement ». Malgré ces dispositions minimales, exsangues, la moitié d’entre elles succombent des suites de ce protocole barbare.

Pire, en dépit de l’existence de méthodes sans souffrance animale, les chercheurs s’obstinent parfois à vivre dans le passé. Nous l’avons vu pour les lapins: les tests d’activation des monocytes, qui peuvent également remplacer les tests pyrogènes effectués sur eux, n’ont pas empêché la France d’expérimenter sur de plus en plus d’individus pour ces expériences entre 2015 et 2019 et de les tuer.

Face à l’acharnement des chercheurs et à l’inertie généralisée sur ce sujet, il est nécessaire, côté laboratoires, d’utiliser les méthodes alternatives à l’expérimentation animale quand elles existent; côté information, de les mettre en avant; et côté pouvoirs publics, de financer la recherche de celles-ci quand elles n’existent pas!

* Les Monocyte Activation Tests (MAT) ou tests d’activation des monocytes mesurent la libération de cytokines (molécules participant à l’activation de la réaction immunitaire) par les monocytes (cellules présentes dans le sang) lorsque le sang humain est exposé à une substance d’essai.

** Le caractère de ce qui provoque la fièvre.