Errance animale : la France opte pour des massacres en fourrière

Errance animale : la France opte pour des massacres en fourrière

Compagnons
11.12.2023
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Si l’État français se montre insensible au sort tragique de milliers d’animaux errants, ce n’est pas le cas de nos voisins européens.

Pour « nettoyer » ses rues, la France a choisi une « stratégie » d’abattages à grande échelle. Quand un animal est aperçu en divagation, les mairies sont chargées de faire intervenir un service de fourrière. Une fois capturé, il sera gardé pendant huit jours dans un box froid, comme le démontre notre dernière enquête. Passé ce délai, s’il n’a pas été réclamé, il pourra être récupéré par une association. Mais les animaux en errance ou abandonnés sont trop nombreux pour espérer trouver une famille. Quand le délai est expiré, c’est l’abattage en fourrière qui les attend. Des morts par milliers, dans le plus grand secret alors que des solutions existent, comme nous le prouvent nos voisins européens.

Depuis des années, nous nous battons pour sensibiliser l’opinion au sort des chats errants et pour que nos dirigeants prennent enfin des mesures pour endiguer ce drame. Face à l’inaction gouvernementale, nous sommes obligés d’enclencher des procédures en justice pour faire bouger les choses, alors que nos voisins, eux, agissent concrètement pour stopper les abandons.

Contre les abattages de masse : la stérilisation…

La Grèce a annoncé en septembre 2022 la mise en place du « Programme Argos » avec l’allocation d’un budget de 2,9 millions d’euros pour aider les municipalités du pays à améliorer le bien-être des animaux errants.

Au Luxembourg, pour réduire le nombre de chats abandonnés, certaines villes proposent aux particuliers une aide financière pour faire stériliser leurs animaux.

De l’autre côté de la frontière, la Belgique a rendu la stérilisation des félins obligatoire en 2018. Un impératif qui concerne aussi bien les chats en famille que ceux à la rue et qui a porté ses fruits en à peine quelques mois : les « euthanasies » en fourrière par manque de place ont diminué de moitié, passant de 37 à 13 %. Le gouvernement belge va même plus loin en proposant des subventions aux communes pour la stérilisation des chats errants, mais également en fournissant des aides aux personnes précaires pour les soins de leurs animaux.

… car tuer un animal est bien un acte criminel

En Italie, depuis une loi de 1991, la vie des chiens et chats errants est protégée. Il est strictement interdit de les abattre à des fins de contrôle des populations. Seules les véritables euthanasies, médicales, en cas de souffrances incurables, sont autorisées et doivent être pratiquées par un vétérinaire. La Cour de cassation italienne a même confirmé en 2018 la condamnation de responsables d’abattages illégaux, qui avaient exécuté des dizaines d’animaux sans nécessité médicale, par pure convenance.

On est bien loin de ce qu’il se passe dans nos fourrières où les animaux peuvent être abattus après huit jours dans des conditions glaçantes… Des solutions existent et nous demandons aux autorités de prendre enfin les mesures nécessaires. Signez notre pétition pour la fin des massacres et exigez avec nous la mise en place d’un plan d’urgence pour mettre un terme à la souffrance de millions de chats errants.

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