Arche de Noël : les animaux enfin sortis de l’enfer !

Arche de Noël : les animaux enfin sortis de l’enfer !

Animaux familiers
30.11.2023
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Dix jours après la diffusion de notre enquête sur l’Arche de Noël, les autorités ont enfin fait leur travail après quarante ans d’inertie.

Depuis la sortie de notre enquête au sein de l’Arche de Noël et diffusion sur TF1 d’un reportage sur celle-ci, les témoignages affluaient à une cadence effrénée, confirmant ce que nous savions déjà. La mauvaise réputation d’Azzopardi le précède, qu’il s’agisse de particuliers, de professionnels de la protection animale ou même des autorités départementales. Ce qui se passe dans son élevage illégal était su ou pressenti de tous depuis des années. Pourtant, l’homme a pu rester en place plus de quarante ans et continuer son business sur le dos des animaux maltraités. C’est terminé. Les animaux ont été saisis ce 30 novembre.

Mise à jour du 01/12/23 :

Au total, 86 chiens (adultes et chiots), 9 tortues terrestres, 8 tortues de Floride, 2 serpents ainsi que de nombreux oiseaux ont été sauvés de l’horreur et placés dans des refuges pour y être soignés avant de trouver une famille qui prendra soin d’eux. Un serpent était malheureusement déjà mort.

À la fin de la perquisition, qui a confirmé ce que notre plainte soulevait, Azzopardi a été placé en garde à vue pour des faits de maltraitance et abandon d’animaux familiers, dépôts sauvages de déchets et travail dissimulé puisqu’il vendait des chiens de manière illégale dans son élevage non déclaré.

Nous attendons avec impatience le procès au cours duquel nous espérons obtenir justice pour tous ceux qui ont souffert entre ses mains, et surtout une peine lui interdisant de détenir et de travailler avec ne serait-ce qu’un seul animal.

Quatre décennies de trafic. Des dizaines de plaintes et signalements classés. Une saisie avortée il y a cinq ans. C’est finalement notre enquête et sa diffusion sur TF1 qui auront eu raison de l’inaction des pouvoirs publics de Béziers. Léthargiques depuis des années sur ce dossier, poussés par la pression médiatique et notre pétition qui a récolté plus de 17 000 signatures, ils n’ont eu d’autre choix que de constater leurs propres défaillances et prendre enfin leurs responsabilités.

Les animaux sont sauvés

Après plusieurs jours d’incertitude, la saisie des animaux a enfin été ordonnée. Azzopardi, qui hier encore paradait fièrement sur Facebook, annonçant qu’il avait déposé plainte pour diffamation et se vantant sans sourciller de continuer son business, s’est trouvé pris au dépourvu ce matin à l’arrivée des forces de l’ordre et des associations. 

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À tel point qu’il s’est retranché armé dans son domicile. Sur place, c’est l’horreur absolue. Si nous sommes soulagés que tous les animaux soient enfin libérés, il n’est pour l’heure pas certain que tous survivent étant donné leur état de santé après des années dans ce mouroir. Les premières constatations in situ sont évidemment effroyables.

Notre partenaire sur place, SOS Reptiles, a récupéré des serpents dans un état désastreux. Un python royal déjà décédé, un boa dans un terrarium rempli de cafards, ou encore une couleuvre américaine souffrant d’un œdème d’une taille affolante et dont l’avenir n’est malheureusement pas garanti.

Nous attendons de connaître le nombre exact et officiel des animaux sauvés, mais nous espérons qu’au moins une centaine d’individus soient sortis de cet enfer : chiens, chats, oiseaux, serpents, tortues, lapins…

Mensonge après mensonge, Azzopardi a tenté de garder la face en annonçant mettre fin à ses activités de sa propre initiative… un peu aidé par les autorités tout de même, elles-mêmes pressées par notre action.

Une grave défaillance du système judiciaire à Béziers

Notre plainte, déposée en février 2023, a été envoyée par courrier recommandé au procureur et également remise en mains propres à la gendarmerie par notre avocate. Silence radio pendant trois mois. L’agent nous ayant reçus, pourtant gradé et très motivé au départ, n’a donné aucune suite à nos appels, jusqu’au jour où il a « disparu » : son téléphone a été attribué à un autre gendarme.

Un complément de plainte a été déposé en juin avec de nouveaux éléments. Mais en juillet, nous apprenons que les clés USB contenant toutes les preuves vidéo et les pièces jointes qui avaient été remises avec la première plainte ont été « perdues ». Nous en envoyons donc des copies. Puis l’histoire se répète : silence total, nos appels et messages sont ignorés. 

Et c’est la même histoire qu’ont vécue d’autres structures avant nous. Des dizaines de plaintes et signalements ont été effectués depuis quarante ans par de multiples associations locales ou nationales. Du côté des institutions, rien n’a bougé ou si peu pendant toutes ces années et Azzopardi a pu sévir pendant quatre décennies, en faisant reproduire les chiens pour de l’argent, en abattant ceux qui lui posaient problème tout en laissant agoniser les plus jeunes et en collectionnant les animaux pour son plaisir personnel. Des activités qui n’ont rien à voir avec celles de véritables refuges. Combien d’innocents sont morts aux mains de ce bourreau ? 

Maintenant qu’ils sont sauvés, nous ne céderons rien pour que le responsable soit enfin jugé et condamné, et surtout pour que son élevage soit définitivement fermé sans que jamais plus il ne puisse détenir d’animaux. 

Si vous avez adopté/acheté un animal là-bas, vous pouvez nous aider en remplissant ce formulaire et en envoyant vos témoignages à info@one-voice.fr

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