Blaireaux, vessies et lanternes…

Blaireaux, vessies et lanternes…

Blaireaux, vessies et lanternes…
03.08.2019
France
Blaireaux, vessies et lanternes…
Habitat naturel

One Voice a attaqué en justice l’arrêté préfectoral pris le 15 mai 2019 dans le département de la Somme autorisant le massacre en règle de 1500 blaireaux. L’audience vient d’être fixée au 13 août 2019 à 14h30 au tribunal administratif d’Amiens.

C’est hélas la saison: dans plusieurs départements français, les blaireaux se font traquer sans pitié par les chasseurs, et sont également victimes de pièges. Cela signifie que l’on peut également envoyer des chiens dressés spécialement dans ce but directement dans leur terrier, les acculer pendant des heures, puis les mettre à mort, adultes comme jeunes, une fois le terrier éventré. Cela se nomme la vénerie sous terre. Une horreur. Dans la Somme comme ailleurs, sollicitées par les associations de chasseurs ou d’agriculteurs, les préfectures renouvellent ces mesures qui permettent de massacrer les blaireaux tout au long de l’année! Comment pourrions-nous laisser faire cette tuerie sanglante et cruelle?! Nous allons en justice pour empêcher ce massacre.

Le vrai et le faux

Nul ne sait pourquoi cet arrêté est publié, si ce n’est pour satisfaire les adeptes de tels « loisirs », car ils sont partiellement protégés par la convention de Berne. La mauvaise presse des blaireaux est majoritairement infondée. Dans de nombreux pays voisins, ils sont totalement protégés depuis des dizaines d’années sans que cela pose problème ni pour les champs, ni par rapport aux maladies, et les accidents de voiture n’ont pas augmenté depuis que les familles blaireaux vivent en paix. Leur existence et leur population sont vues non comme un problème, mais comme une richesse à préserver.

Pour qui nous prend-t-on?

Dans le cas de la Somme, et cela devient monnaie courante dans d’autres préfectures, ces arguments ont été avancés en consultation publique dans le seul but d’organiser des sessions de chasse anti-blaireaux, cela sans même de chiffres ou d’études scientifiques à l’appui. Or sans contexte ni objectifs précis, cette consultation devient une mascarade. La preuve, 97% d’avis négatifs émis sont ignorés au nom de ces prétendus arguments de « sécurité publique ». Pourquoi consulter alors?

D’autres moyens devraient être mis en œuvre avant de requérir le massacre d’êtres sensibles qui ont toute leur place dans les forêts. Les préfets s’habituent à ne pas entendre la voix des citoyens, à leur faire prendre des vessies pour des lanternes pour satisfaire d’égoïstes lobbies. À voir le sort réservé à ces paisibles animaux, il est urgent d’agir avant qu’ils ne soient condamnés. C’est ce que nous ferons à l’audience à Amiens le 13 août prochain.

Une tuerie exponentielle de loups autorisée en France

Une tuerie exponentielle de loups autorisée en France

Une tuerie exponentielle de loups autorisée en France
01.08.2019
France
Une tuerie exponentielle de loups autorisée en France
Animaux sauvages

L’arrêté prévoyant les modalités de « prélèvement » d’un quota de 100 loups en 2019 vient de paraître. La consultation publique a été, comme toujours, à l’écrasante majorité en défaveur de ce projet. Pourtant, celui-ci est publié quasiment en l’état. Nous avions prévenu que nous attaquerions en cas de publication. Nous déposons donc un recours devant le Conseil d’État, afin de rendre illégal le massacre des loups.

En quelques années, le Plan Loup a vu passer le quota d’individus pouvant être tués de 40 en 2017, à 43 et 50 puis à 100 cette année! Les arrêtés autorisant des tirs de plus en plus nombreux sur les loups sont devenus une norme en France, et le fait que leur espèce soit protégée est à peine considéré. Avec cet arrêté ministériel, on passe d’un plafond de prélèvement à 10% à 17%. Le Président osait même évoquer la perspective de « réguler » davantage de loups (au Salon de l’agriculture 2019) sur le ton de la plaisanterie… Nous ne laisserons pas faire ça!

Nous avions prévenu que nous attaquerions tout nouveau massacre de loups… @Min_Ecologie & @Min_Agriculture viennent de publier un arrêté autorisant de traquer et tuer jusqu’à 100 individus. Nous déposons un recours devant @Conseil_Etat! #FauneSauvage https://t.co/bRWs4noZgK pic.twitter.com/CbIgxIzaUD

— One Voice (@onevoiceanimal) July 29, 2019

Le public n’est jamais consulté sur le principe du projet mais sur les modalités

La consultation publique de l’arrêté ministériel vient de se terminer, et l’analyse des commentaires citoyens est édifiante: tout y est, pourtant rien n’est pris en compte, ou si peu. Car ce sont les modalités de mise en œuvre de l’arrêté qui sont discutées, pas son existence même.

L’an dernier, 2000 personnes avaient pris part à la consultation, cette année, elles sont plus de 9500. Le constat d’une baisse du pourcentage des défenseurs des loups est pourtant souligné. Nous sommes passés de 87% à 81% en l’espace d’une année. C’est vrai que 7695 c’est tellement moins que 1740! Car, aux agriculteurs et éleveurs qui participent toujours, des fédérations de chasseurs ont elles aussi donné leur avis (y compris des fédérations de départements sans loups).

Les chasseurs refoulés derrière les barrières de « protection »!

Maigre réconfort, les propositions des chasseurs, de « réguler » l’espèce du loup en la « chassant » sont balayées. Il leur est rappelé que les loups sont protégés, et ne peuvent donc en aucun cas être considérés comme une espèce susceptible d’occasionner des dégâts. Même si leur population a dépassé les 530 individus, le seuil de 500 n’est pas un plafond, bien au contraire. Il leur faudrait être cinq fois plus nombreux pour garantir le maintien de leur population.

Une modification à la marge pour la forme

Seule modification consentie par le ministère, pour éviter un « prélèvement excessif » (le mot n’est pas de nous), l’assouplissement de l’utilisation de dispositifs de repérage lors des opérations de tirs ne sera pas autorisé, eu égard aux 45 loups déjà tués au 9 juillet contre 15 l’an dernier à la même date.
On nous rappelle que le nombre d’attaques a augmenté entre 2017 et 2018, le nombre de « victimes » (les animaux élevés pour être abattus) ayant quant à lui légèrement décru. Mais pendant ce même temps, les autres victimes que sont les loups augmentent exponentiellement! Tous les animaux sont perdants dans cette histoire.

Il y a quelques mois notre recours sur le plan loup 2017-2018 avait été rejeté par le Conseil d’État. Même positive, cette décision de justice serait intervenue de toute façon trop tard, bien après la mort des loups…

Cette année, nous ferons tout pour être enfin entendus! Nous déposons à nouveau un recours devant ledit Conseil d’État contre cet arrêté ministériel. Ne vaudrait-il pas mieux que ce gouvernement sauve des vies, et fasse gagner du temps et de l’énergie à tout le monde en ne publiant pas ce genre d’arrêté dès le départ?

Le cri des cormorans? Urgence à y répondre!

Le cri des cormorans? Urgence à y répondre!

Le cri des cormorans? Urgence à y répondre!
27.07.2019
France
Le cri des cormorans? Urgence à y répondre!
Habitat naturel

One Voice appelle à agir: une consultation publique est lancée, autour d’un arrêté ministériel ouvrant la porte à une tuerie massive de grands cormorans (150 000 oiseaux sur trois ans). Motif? La prédation naturelle que cette espèce protégée exerce en France sur des élevages piscicoles et sur certains poissons de rivière. Hallucinant!

Tous s’accordent à reconnaître que des tirs de « destruction » ne peuvent réguler une population d’oiseaux nicheurs, surtout au niveau précis qu’est celui du département. Mais nous en sommes là: par décision préfectorale, les grands cormorans, oiseaux pourtant protégés par la loi et par une directive européenne, sont déclarés chassables par quotas départementaux parce qu’ils nuisent aux élevages piscicoles, très extensifs, voire à certaines espèces de poissons d’eaux libres, également protégés et surtout convoités par les sociétés de pêche.

L’État et ses agents locaux, les préfets, répondent ici avec diligence aux vœux d’une filière économique qui n’y va pas de main morte: pas moins de la moitié des grands cormorans hivernant en France est concernée par les tirs de destruction envisagés dans 88 départements métropolitains. 50 000 oiseaux par an…

Arrêté meurtrier et injustifié

Un arrêté-cadre similaire a déjà été pris en 2016 pour trois ans, dans les mêmes proportions, et à l’époque n’a pas pu être contrecarré par la mobilisation citoyenne. Cette nouvelle consultation publique, ouverte jusqu’au 31 juillet (vite, donnez votre avis en utilisant les arguments cités dans cet article!), est l’occasion de dire non, et d’affirmer que la solution ne réside pas dans des tirs de « destruction ». Qui plus est cruels, car ces oiseaux protégés sont tirés avec des cartouches légères, réglementées: touchés, ils agoniseront souvent des heures durant!

Le Conseil national de la protection de la nature a cette fois donné à l’unanimité un avis défavorable au renouvellement d’une mesure qui ne réjouit que quelques acteurs économiques, et bien sûr les pêcheurs et les chasseurs. Tous ces arguments n’ont pas fait reculer le ministère:

  • les tirs sont inefficaces pour contrôler des populations hivernantes au niveau de chaque département;
  • il n’est pas démontré que ces tirs puissent faire baisser les niveaux de prédation exercée par ces oiseaux piscivores, notamment en eaux libres où la sauvegarde de poissons protégés dépend de plusieurs autres facteurs (prédation par d’autres animaux, y compris des poissons de type silure, qualité des eaux, etc.); de plus, les cormorans se nourrissent essentiellement de proies abondantes tels les cyprinidés voire d’espèces exotiques (poissons-chats, perches-soleil);
  • les grands cormorans (Phalacrocorax carbo sinensis) ciblés par l’arrêté sont très semblables à une autre sous-espèce de cormorans (Phalacrocorax carbo carbo), dont les populations sont en France peu stables. Il sera délicat pour les chasseurs d’identifier s’ils abattent les « bons » oiseaux;
  • la justification exacte des demandes de tirs en eaux libres n’est pas apportée, pas plus que les pisciculteurs d’étang ne produisent de statistiques économiques départementales sur l’impact de la prédation des grands cormorans hivernant en France.

Comme en d’autres cas, on ne répondrait ici que par la destruction pour protéger une activité économique exercée en milieu naturel et qu’un oiseau ne peut pas comprendre. Certes, concurrencée par d’autres pays qui bizarrement ne connaissent pas le même problème, la pisciculture française vit des jours difficiles. Elle peine à trouver sa rentabilité et quand il est déclaré impossible d’équiper en systèmes d’effarouchement ou de protection (de type filets) des hectares entiers d’étangs, les boucs émissaires sont vite désignés, tous ces animaux déclarés nuisibles car leur survie dépend des proies offertes. La réglementation impose pourtant de rechercher des solutions alternatives avant de dégainer les fusils contre la faune…

Protégez vos élevages, pliez vos gaules!

En février dernier, un pisciculteur des Deux-Sèvres a assigné l’État en justice pour le préjudice subi par son exploitation depuis l’arrivée des cormorans sur la propriété. L’homme, qui ne peut investir les 500.000 euros estimés pour protéger efficacement son étang, a tout de même obtenu 800€ d’indemnisation par hectare et par an sur la période allant de 2010 à 2015, soit une somme totale de 160.000€. « Étant situé en zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique, je ne peux même pas détruire les nids » déplore-t-il, se réservant le droit d’intenter une nouvelle procédure judiciaire pour la période 2016-2020, si l’État, soit nos impôts, ne trouve pas de solution à son problème.

Or abattre ces oiseaux n’est pas une solution. Exercer une surveillance plus régulière, protéger les étangs… Certes cela coûte cher, comme travailler différemment avec des eaux de meilleure qualité, contrôlant les effluents de l’agriculture. Mais n’est-ce pas là le travail de professionnels, améliorant et traçant leur production? Non, au lieu de cela, et malgré les aides y compris européennes accessibles, on préfère incriminer les « nuisibles », tous ces animaux à qui l’on n’accorde plus le droit de vivre.

Le grand cormoran est l’arbre qui cache la forêt: bien d’autres animaux mangeurs de poissons sont concernés (hérons, butors, martins-pêcheurs, cigognes, loutres, visons…). Faut-il tous les tuer préventivement au nom de la sacro-sainte activité économique? Se questionne-t-on également sur les raisons qui poussent les cormorans à coloniser étangs et rivières de France en quittant leur habitat type (les grands estuaires, les côtes maritimes ou le lit des grands fleuves d’Europe)? Des tirs massifs y changeront-ils quoi que ce soit?

Enfin, si l’on s’interroge vraiment sur l’équilibre des populations naturelles dans nos étangs et nos rivières, à la relation proies-prédateurs, pourquoi ne pose-t-on pas plutôt la question de la place de la pêche humaine dans des milieux dits si menacés?

Les pêcheurs sont visiblement mobilisés pour cette consultation. Le nombre de commentaires exigeant l’éradication de ces oiseaux qui les privent, eux, de proies est impressionnant. Il faut faire passer le mot dans ces derniers jours pour s’opposer massivement à cette tuerie. Agissez!

Quoi qu’il en soit, si la mobilisation ne réussit pas à stopper le massacre écologique qui se prépare, nous attaquerons l’arrêté ministériel en justice, pour rendre leurs droits à ces grands oiseaux, rappelons-le protégés. De telles dérogations à leur protection sont injustifiables!

Le dérèglement climatique, un cataclysme pour les animaux

Le dérèglement climatique, un cataclysme pour les animaux

Le dérèglement climatique, un cataclysme pour les animaux
25.07.2019
France
Le dérèglement climatique, un cataclysme pour les animaux.
Animaux sauvages

Au moment où la France vit sa seconde canicule de l’année et une vague de chaud sans précédent, des scientifiques publient une étude alarmante: malgré l’adaptation des animaux, le changement est trop rapide et radical pour que l’évolution des espèces soit capables « d’absorber » les modifications climatiques. Certaines vont disparaître, autrement dit des millions d’individus mourront dans la souffrance, si nous ne freinons pas en urgence les dérèglements actuels.

À courte échéance, nous pourrions ne plus jamais voir de chevreuils européens à la lisière des forêts au petit matin, ni entendre de bruants chanteurs pendant nos vacances au Canada. Les guillemots, eux, ne regarderont plus la mer depuis les falaises et les pies eurasiennes, quant à elles, pourraient ne plus faire entendre leur voix fluette depuis le poirier du jardin. En quelques semaines, la France a connu les plus grandes vagues de chaleur de son histoire depuis deux mille ans, et les animaux, bien que capables de s’adapter dans une certaine mesure, ne seront pas tous aptes à survivre à ces modifications de températures, étant donné la rapidité du phénomène de réchauffement climatique.

Une publication basée sur un millier d’articles scientifiques

La revue scientifique Nature Communications publiait avant-hier un article1 récapitulant le travail d’une soixantaine de biologistes. Ils ont analysé les résultats de plus d’un millier de publications scientifiques sur l’adaptation des espèces au changement climatique à l’œuvre depuis plusieurs années. Leur méta-analyse, basée sur les recherches disponibles, est centrée principalement sur les oiseaux et un mammifère de l’hémisphère nord.

Un changement climatique trop rapide pour que les animaux puissent s’adapter

Depuis la révolution industrielle, la plupart des animaux ont eu beau modifier substantiellement leurs comportements et leur cycle de vie, tels que les périodes ou les lieux de nidification, ces changements sont adaptatifs, donc en quelque sorte « culturels ». Mais pour qu’une espèce animale puisse survivre à court terme, il faudra que cette adaptation se combine à des modifications génétiques. La plasticité de chaque espèce a été passée au crible; ces facteurs sont d’une importance capitale.

Pire encore, les espèces dont les caractéristiques ont été analysées sont dites « communes », autrement dit les conclusions concernant les espèces rares sont encore plus alarmantes!

Ces biologistes sont très pessimistes, et n’ont en partie pas de solutions. Ils souhaitent pouvoir anticiper, plus que simplement décrire et alerter. Leur prochain défi sera de déterminer quelles espèces sont les plus résilientes, afin de cibler leur attention sur les autres, plus vulnérables encore, et les aider.

Nous rappelons que chacun d’entre nous peut d’ores et déjà adopter des comportements responsables pour limiter notre impact sur l’environnement, et engager nos maires et nos députés à agir vite. Il est plus que temps, pour tous les êtres vivants de notre belle planète.

1 « Adaptive responses of animals to climate change are most likely insufficient ». Nature Communications, 23 juillet 2019, vol. 10, n°1, p. 3109.

La Réunion, l’urgence… Stop à l’errance animale!

La Réunion, l’urgence… Stop à l’errance animale!

La Réunion, l’urgence… Stop à l’errance animale!
23.07.2019
La Réunion
La Réunion, l’urgence… Stop à l’errance animale!
Animaux familiers

Ce mardi, One Voice rencontre le nouveau préfet de La Réunion pour un point sur une situation devenue explosive sur l’île, faute de politique adéquate face à l’errance canine et féline. Les solutions sont sur la table.

Ce 23 juillet, la préfecture nous a reçu avec plusieurs associations de protection des animaux. D’ici le 15 août, nous devons lui remettre des propositions concrètes sur le plan d’action pour lutter contre l’errance et la maltraitance animale du Préfet.

Quand des humains font la grève de la faim pour que soit enfin traité le problème de l’errance des chiens et chats à La Réunion, on se dit qu’une limite est atteinte dans ce département français, hélas représentatif d’une situation critique générale en Outremer.

One Voice, de longue date mobilisée sur ce dossier, a également récemment alerté en participant à une flash-mob organisée à l’aéroport Roland-Garros de Saint-Denis. Nous voulions ici faire passer quelques messages simples dans un dossier complexe, que les autorités ne parviennent pas à maîtriser faute d’une politique globale, responsable et sans cruauté.

Car il est clair que la surpopulation des chiens et des chats atteint des seuils si ingérables qu’il est désormais nécessaire, en premier lieu, d’interdire l’importation et la vente d’animaux non stérilisés sur ce territoire1! Mais pas que…

Des chiffres effarants

On estime à 300 000 le nombre de chiens et chats errants sur l’île de La Réunion, soit une densité animale égale à la population humaine du Portugal. Ce chiffre a ses conséquences: on évalue (faute de statistiques officielles fiables) à quelque 1 000 victimes par semaine le nombre de chiens et chats écrasés sur les routes réunionnaise. S’ajoute à ce massacre les euthanasies pratiquées dans les fourrières: 200 par semaine, 10 400 par an. Et pourquoi?

La recette est pourtant simple, elle est martelée par One Voice depuis des années sans que les autorités n’engagent les bonnes actions ni à La Réunion ni en métropole.

Ici comme partout, les abandons volontaires d’animaux sont légions, les fourrières intercommunales, débordées, les traitent par euthanasie, mais de nouveaux chiots et chatons réapparaissent bientôt sur « le marché », sont achetés sans stérilisation, puis abandonnés à leur tour. Le cycle de mort est sans fin. Sans mise en place d’un mode de gestion communautaire et durable des chiens et chats, par exemple des espaces de capture et relâcher après stérilisation, ce cycle restera alimenté. Et que dire de l’irresponsabilité, dans ce contexte, d’autoriser l’activité d’animaleries, des ventes non contrôlées par voie de presse ou Internet?

Agir sans tergiverser

One Voice est donc en discussion avec l’État, mais engage également un recours contre lui, car après maintes sollicitations, il y a refus implicite de prendre des mesures utiles pour faire cesser l’errance à La Réunion, d’appliquer correctement la règlementation en vigueur sur les abandons volontaires en fourrière et leurs conséquences.

Il est ainsi intolérable de continuer à pratiquer des euthanasies massives sans envisager l’ouverture de dispensaires dans les intercommunalités, d’imposer la stérilisation obligatoire de tous les animaux restitués par les fourrières à leurs propriétaires ou de créer un fichier départemental des abandons et des stérilisations, l’identification et la stérilisation étant des mesures incontournables à généraliser, pour que cesse cette souffrance animale et les comportements irresponsables qui la nourrissent!

1 Les animaux d’origine non encadrée représentent 80% des achats de chiots ou chatons selon l’ordonnance n° 2015-1243 du 7 octobre 2015, relative au commerce et à la protection des animaux de compagnie.

Une nouvelle plainte pour Jumbo

Une nouvelle plainte pour Jumbo

Une nouvelle plainte pour Jumbo
22.07.2019
France
Une nouvelle plainte pour Jumbo
Exploitation pour le spectacle

Nous suivons Jumbo sans relâche. Lors de l’épisode caniculaire de juin dernier, nos enquêteurs ont constaté que ses geôliers n’avaient pas plus de considération pour lui que d’habitude. Même en plein été, le pauvre hippopotame est enfermé dans sa remorque des heures durant. Et lorsqu’on lui ouvre un (bref) moment la porte, c’est une piscine vide qui l’attend!

27 Juin 2019. A 17h39, Jumbo pose son premier pied dehors de la journée. Voici des heures qu’un soleil de plomb brule l’atmosphère et il a été laissé enfermé tout ce temps dans un camion en tôle avec sa « baignoire » comme l’appelle le dresseur. A cet instant, l’habitacle de la voiture depuis laquelle nous l’observons atteint les 44°C… On n’ose imaginer la température de la fournaise dont il sort…

 

Ni eau, ni piscine, ni boue, enfermé dans le camion-prison chauffé à blanc durant des heures, Jumbo en sera sorti pour être laissé sous un soleil de plomb. Ca va durer encore longtemps?! #SauvonsJumbo #CirquesSansAnimaux pic.twitter.com/Jkxrbdvsxa

— One Voice (@onevoiceanimal) June 29, 2019

A l’extérieur, le désert…

Va-t-il pouvoir se rafraîchir? Hélas, non. Ni ombre, ni boue, ni eau à l’horizon. Oh certes, une bâche de piscine est parfois tendue. Comme nous avons pu l’observer quelques jours plus tard, le 8 juillet dernier. Mais elle n’est pas remplie! Il s’agit juste de donner le change aux curieux… Et le pauvre est contraint de continuer à supporter la chaleur sans la moindre zone pour se réfugier. Ces scènes, désolantes et datées, représentent le quotidien de Jumbo. Quelle que soit la météo et le jour, les circassiens qui le détiennent nient ses besoins les plus élémentaires et lui font endurer l’enfer!

Nous (re) déposons plainte!

Alors que la violence des circassiens a compromis la saisie de Jumbo en février dernier, nous restons déterminés à le libérer! Nous poursuivons assidûment nos filatures et notre dossier d’accusations ne cesse de s’épaissir. Forts de nos dernières observations, nous venons de poser de nouveau plainte contre le cirque où il est séquestré. Il y a urgence à porter secours à Jumbo! Et notre inquiétude pour lui ne fait qu’augmenter à l’approche du prochain épisode caniculaire annoncé, qui ne sera probablement pas le dernier…

Continuez à signer et à partager la pétition pour Jumbo

Roumanie: Entendons l’appel à l’aide!

Roumanie: Entendons l’appel à l’aide!

Roumanie: Entendons l’appel à l’aide!
18.07.2019
Roumanie
Roumanie: Entendons l’appel à l’aide!
Animaux familiers

La maltraitance envers les chiens errants en Roumanie est scandaleuse en soi. Mais cette cruauté légalisée expose en plus les enfants et la société toute entière à la normalisation de la violence. Les témoignages d’enfants et de leurs familles doivent être entendus: ils ont grand besoin de secours! Ils n’ont pas la liberté de fermer les yeux pour échapper aux visions d’horreur… Ouvrons les nôtres pour leur porter secours!

Nous savons toutes et tous que l’être humain peut devenir redoutable, y compris envers ses congénères et au sein de son propre foyer! De sordides pulsions sommeillent chez certains, les transforment en criminels, assassinent leurs proches. Cette violence insupportable, tapie au fond des individus, est fortement encline à prendre le pas sur la raison quand elle a été éveillée, excitée, encouragée, et/ou subie dès la naissance.

Innocence opprimée

En autorisant le meurtre des chiens errants, y compris dans la rue et sous le regard des très jeunes, les dirigeants roumains banalisent la cruauté. Soumis de facto à ce type de « spectacles », les enfants se retrouvent les otages de ces atrocités. Comment se soustraire à ces scènes tragiques? Comment se protéger de leur impact émotionnel néfaste? Comment grandir harmonieusement lorsque les responsables de la société, et donc théoriquement ses garde-fous, présentent des horreurs comme une « norme »? Les petits Roumains ne connaissent nulle échappatoire et leur dignité humaine est attaquée!

Spirale infernale

De tels traumatismes psychologiques infantiles peuvent entraîner des dégâts énormes à l’âge adulte. De multiples études démontrent le lien établi entre la violence envers les animaux et celle faite aux humains. Or, comme le souligne l’une d’entre elles (*), les facteurs environnementaux jouent un rôle considérable dans le développement cognitif d’un individu. Lorsque les agressions sont communément admises et répandues autour de lui, il risque de les intégrer en tant que référence culturelle. Les sujets les plus fragiles finissent souvent par assimiler les comportements déviants comme des règles et sont susceptibles de les reproduire tôt ou tard, à moins d’en devenir eux-mêmes victimes, comme prisonniers d’une fatalité.

Porter secours

La coalition internationale European Link Coalition, dont One Voice est membre, a récolté de nombreux témoignages d’enfants et de mères en détresse face à ces maltraitances publiques. Sorina B., maman d’un petit Cassian de bientôt 6 ans, explique, par exemple, que depuis son garçonnet est né, elle lui a enseigné à dessein comment prendre soin d’un animal. Mais sa démarche est régulièrement malmenée par les scènes du dehors dont elle ne peut protéger son fils. Elle se sent affreusement démunie quand il s’y trouve confronté: « Lorsqu’il voit des personnes blesser ou maltraiter des animaux errants, il est plus que choqué et mortifié. Il n’arrête pas de me demander « Maman, pourquoi est-ce que cela arrive? » C’est très difficile de le sortir de cet état de choc et d’incrédulité. (…) Je n’ai aucun moyen d’expliquer pourquoi les gens le font, pourquoi les animaux sont aimés par certains, mais pas par d’autres ». Andreea F. exprime le même désarroi et ses difficultés pour répondre aux questions de sa fille de 5 ans: « Sarah veut ramener à la maison tous les animaux errants et elle me demande toujours: « Pourquoi les animaux dans les rues n’ont-ils pas un foyer? Ont-ils de la nourriture? Qui les aime?  » Et d’ajouter: « Les animaux doivent aussi être protégés parce qu’ils ont une âme, parce que cela leur fait mal et qu’ils souffrent quand ils sont maltraités physiquement et émotionnellement. » De son côté, Cezara K., maman de Vladut, 18 mois, soupire aussi amèrement: « Mon fils mérite de vivre dans un monde où aucun animal n’est blessé… Ainsi, son cœur ne sera pas non plus blessé en tant que témoin d’abus et de violence! »

Rompons la routine de la violence!

Ces mots de mères et d’enfants éperdus doivent être entendus! En mai dernier, l’UNICEF a signé en partenariat avec le gouvernement roumain la « Déclaration de Bucarest avec les enfants de l’UE ». Cet accord prévoit d’inviter les mineurs à participer à la prise de décision au sein de la Communauté européenne. Les petits roumains vont-ils enfin être réellement écoutés?! C’est notre vœu le plus cher! En attendant, nous vous appelons à faire résonner leurs voix à travers la vôtre dès maintenant, en multipliant vos courriers à l’attention de la Commission européenne et l’Ambassade de Roumanie en France, 5, rue de l’Exposition 75343 Paris cedex 07 pour les interpeller sur ce grave problème au sein d’un pays de l’Union! Les plus vulnérables doivent être protégés en urgence et le cycle infernal de la violence brisé!

(*)“It’s a Dog’s Life”/ Culture, Empathy, Gender, and Domestic Violence Predict Animal Abuse in Adolescents—Implications for Societal Health, Journal of Interpersonal Violence, 2019, Vol. 34

Le loup de la plaine des Vosges ne doit pas être abattu

Le loup de la plaine des Vosges ne doit pas être abattu

Le loup de la plaine des Vosges ne doit pas être abattu
16.07.2019
Vosges
Le loup de la plaine des Vosges ne doit pas être abattu
Animaux sauvages

Le Préfet de Meurthe-et-Moselle veut abattre l’unique loup présent dans l’ouest vosgien au motif que ce loup aurait « un comportement erratique et anormal ». Cette mesure est aberrante et contre-productive.

Jusqu’à preuve du contraire, le comportement de ce loup est normal. Il est erratique parce qu’il est isolé. C’est une caractéristique biologique de l’espèce: certains individus quittent leur groupe (installé sur un territoire) et peuvent parcourir de très grandes distances en étant erratiques, jusqu’à trouver un autre loup de sexe opposé pour s’installer et se reproduire sur un nouveau territoire.

Ce loup attaque des moutons parce qu’ils sont plus faciles à capturer que des chevreuils ou des cerfs (surtout pour un loup isolé) et parce qu’en plaine des Vosges, les moutons sont placés dans des prés dont les clôtures ne sont pas du tout conçues pour empêcher l’intrusion des loups (ou des chiens).

L’espèce Canis lupus est de retour depuis au moins 25 ans en France. Des loups se sont reproduits en 2013 dans le massif des Vosges (près de la plaine des Vosges). Depuis, plusieurs loups isolés ont déjà été identifiés dans la plaine des Vosges. Les éleveurs ont donc eu le temps d’anticiper

En voulant abattre ce loup isolé, l’objectif de l’État est politicien et court-termiste: faire croire aux éleveurs que le problème sera réglé par le tir. Ceci est contreproductif si les éleveurs ne protègent pas leurs troupeaux, car d’autres loups viendront en Lorraine depuis l’arc alpin ou l’Allemagne, par le phénomène naturel de recolonisation en cours. Si les troupeaux ne sont pas protégés, il y aura donc de nouvelles prédations, d’autant plus difficiles à empêcher qu’on ne peut pas en prévoir les dates ni les lieux.

La Lorraine fait partie de l’aire de répartition naturelle de l’espèce où elle était autrefois présente. La France doit permettre aux loups d’y vivre. C’est même un engagement européen de notre pays. Nos associations attaqueront en justice toute décision d’abattre le loup de la plaine des Vosges.

Les associations de CAP Loup

La ronce, cette mal-aimée

La ronce, cette mal-aimée

La ronce, cette mal-aimée
15.07.2019
France
La ronce, cette mal-aimée
Habitat naturel

De prime abord, la ronce rebute. Portant ses dards en étendard, cette plante semble partir en guerre et on la lui déclare. Mais ne vous fiez pas à ses apparences. Sous son allure hostile, l’insoumise ne poursuit qu’un seul but: celui de redonner ses droits à la nature et d’enfanter la vie.

Intrépide et fougueuse, la ronce commune (Rubus fruticosus), quand elle s’élance, a des ardeurs fébriles. Pourtant repoussée, évincée, maltraitée, elle s’accroche, et ne lâche rien. Mais quel est donc le secret de cette plante ligneuse qui, même arrachée, sectionnée, brûlée, ébouillantée, finit toujours par renaître de ses cendres et repartir, plus vaillante que jamais, à l’assaut des horizons qu’elle convoite?

Combat pour la vie

C’est une conquérante! Et rien ne saurait éteindre la flamme qui l’habite… Mais qu’on ne s’y méprenne pas: cette membre—aussi illustre que méprisée—de la famille des rosacées a beau être équipée de longues tiges piquantes, nulle volonté chez elle de violenter quiconque ni de semer la zizanie!  Si ses aiguillons acérés s’agrippent avec tant de passion sur les chemins qu’ils empruntent, c’est uniquement pour faire triompher la vie! Et ils ne jouent qu’un rôle de bouclier face à ceux qui souhaiteraient les détourner de cette mission.

Militante écologique

Car oui, la ronce, sous ses allures revêches, est animée d’une noble vocation: donner coûte que coûte ses droits à la nature! Et les revendiquer vigoureusement quand ceux-ci ont été bafoués… Ainsi, c’est l’une des premières à apparaître spontanément sur les terrains abandonnés, à la campagne comme à la ville. Pelouses de squares, bordures de routes, décombres, décharges, lui conviennent autant que les friches agricoles, les haies ou les lisières de bois. Dès lors que son attirance pour la lumière directe est correctement satisfaite, cette pionnière s’adapte avec aisance à toutes sortes d’habitats, ouvrant la voie à une foule d’espèces évoluant dans son sillage.

Laissez le charme agir!

Faites-lui obstacle, elle sortira les griffes! Dès qu’elle se sent menacée, taillée, persécutée, elle entre en résistance et repousse de plus belle, tandis que ses dards se multiplient, s’épaississent. Ils se chargent même de davantage de toxines pour devenir plus agressifs! Mieux vaut donc la laisser agir, en fine dentellière. Poursuivant une logique aussi botanique que subtile, elle maîtrise l’art de retapisser les sols dénudés ou en transition entre plaine et forêt. Dotée d’une hormone de croissance et d’un mode de reproduction asexuée (multiplication végétative) extrêmement efficaces, elle se développe à la vitesse grand V (plusieurs centimètres par jour)! Ses sarments s’étendent dans toutes les directions et s’entremêlent si bien qu’ils forment rapidement des bosquets épineux, les fameux mûriers sauvages.

Auprès de ma ronce…

Sous leur armure protectrice, un écosystème forestier tente d’être recréé, faisant le bonheur des jeunes pousses d’arbre, encore trop fragiles pour se défendre des grands herbivores, ainsi que d’une multitude d’animaux. Les lapins et lièvres, notamment, y installent leurs terriers et les oiseaux y fabriquent leurs nids, bien à l’abri. Pendant ce temps, au-dessus des remparts de rameaux, les abeilles butinent les fleurs, les chevreuils se régalent des feuilles, et les renards, putois, blaireaux, martres ou fouines festoient de mûrons pendant l’été et jusqu’au début de l’automne. Cette farandole de vivants entraîne la nature à reprendre progressivement forces et assurance. Et lorsque la ronce ne se sent plus indispensable pour plaider sa cause, elle finit par s’éclipser… À ce moment, en contemplant l’œuvre qu’elle a laissée, on prend conscience de la dimension de l’artiste et on se surprend à regretter sa présence. Alors, si d’ici là la sauvageonne au cœur d’or toque à votre porte, sachez applaudir sa venue, pleine de douces promesses et l’apprécier à sa juste valeur… Pour l’aimer dignement, rejoignez les Arches de nature!

La réserve des Ramières ne doit pas être rouverte à la chasse!

La réserve des Ramières ne doit pas être rouverte à la chasse!

La réserve des Ramières ne doit pas être rouverte à la chasse!
12.07.2019
Drôme
La réserve des Ramières ne doit pas être rouverte à la chasse!
Habitat naturel

Six ans que la magnifique réserve des Ramières était devenue un véritable sanctuaire pour les animaux. Mais voilà, les pouvoirs publics ont cédé, une énième fois, face au lobby des chasseurs. Nous écrivons au ministère de l’Ecologie pour demander l’adoption en urgence d’un nouvel arrêté pour la protéger. Signez et partagez la pétition lancée par le Collectif Citoyens et Nature en Val de Drôme

Cette réserve, sur le cours de la belle rivière Drôme, est la plus grande zone humide du département du même nom. Elle y abrite des loutres, des castors, et nombre d’oiseaux. Surtout en période de migration (donc de chasse…). C’est un fantastique réservoir de biodiversité sur l’une des dernières rivières au lit naturel de France.

A partir de 2013 et pendant 3 ans, la chasse n’y a plus été autorisée, intolérable pour les chasseurs. Leur fédération a fait un recours contre cette décision pleine de bon sens. Suite à une irrégularité de procédure, elle est arrivée à ses fins et a fait annuler l’arrêté.

Malheureusement, les pouvoirs publics n’ont pas jugé bon d’en reprendre un nouveau cédant ainsi, une fois de plus, devant les chasseurs.

One Voice se joint au « Collectif Citoyens et Nature en Val de Drôme » qui a initié une pétition exigeant que la réserve des Ramières reste une zone protégée. Nous écrivons au ministère de la Transition écologique pour demander l’adoption en urgence d’un nouvel arrêté.

Ce magnifique lieu doit rester le havre de paix qu’il est devenu pour les animaux y vivant et ne doit pas être troublé par ceux qui continuent de vouloir nous faire croire qu’ils défendent la Nature parés de fusils.

Signez et partagez la pétition!