Aux États-Unis, des laboratoires d’expérimentation animale vont financer des méthodes alternatives

Aux États-Unis, des laboratoires d’expérimentation animale vont financer des méthodes alternatives

Aux États-Unis, des laboratoires d’expérimentation animale vont financer des méthodes alternatives
19.05.2023
Etats-Unis
Aux États-Unis, des laboratoires d’expérimentation animale vont financer des méthodes alternatives
Expérimentation animale

Le 8 mai 2023, l’État du Maryland, aux États-Unis, a adopté une loi créant un fonds pour le développement de méthodes substitutives à l’expérimentation animale. Et l’État ne sera pas le seul à le financer, puisque les laboratoires réalisant des expériences sur des animaux devront eux aussi y participer par le biais d’une contribution annuelle obligatoire. One Voice encourage l’Union européenne et la France à suivre cet exemple.

En décembre 2022, une modification de la loi américaine avait déjà permis de mettre en vente des médicaments sans passer par des tests sur des animaux.

Cette fois, c’est en choisissant de financer des alternatives et en mettant à contribution les laboratoires, que le Maryland montre la voie d’un avenir sans expérimentation animale. En fonction du nombre d’animaux utilisés chaque année, chaque laboratoire de ce petit État de l’Est des États-Unis devra verser une contribution annuelle pouvant aller de 5 000 à 75 000 dollars. Et si l’un d’entre eux refuse de payer sa participation au développement de méthodes de recherche plus éthiques, il devra s’acquitter d’une amende pouvant s’élever à 1 000 dollars par jour de retard.

Malheureusement, les effets de cette initiative sont affaiblis par la méthode de décompte du ministère de l’Agriculture des États-Unis, qui choisit opportunément de ne pas recenser les souris, les rats, les oiseaux et les poissons victimes d’expérimentation animale… soit la grande majorité des individus concernés.

En France, des investissements insuffisants

En France, où 600 laboratoires utilisent en moyenne 3 000 animaux par an chacun selon les statistiques, la création d’un tel fonds permettrait de dédier chaque année plus de 30 millions d’euros à la recherche de méthodes substitutives à l’expérimentation animale. Cette somme pourrait alimenter le FC3R, qui aurait bien besoin de financements supplémentaires : créé en 2021 et actif depuis 2023, ce centre servant à financer des projets de « remplacement » n’a pour l’instant pu investir que 784 467 euros partagé entre 19 projets. Une somme bien timide au regard des 81% de Français favorables au développement de méthodes alternatives aux expériences infligées à des animaux.

Alors que nous venons de demander à la Commission européenne de s’engager en faveur d’un plan visant à éliminer progressivement toutes les expériences sur les animaux, One Voice encourage l’Union européenne et la France à financer plus sérieusement les méthodes alternatives.

Après sa condamnation en récidive, la fuite en avant du dresseur Gilbert Bauer, quel espoir pour Baby ?

Après sa condamnation en récidive, la fuite en avant du dresseur Gilbert Bauer, quel espoir pour Baby ?

Après sa condamnation en récidive, la fuite en avant du dresseur Gilbert Bauer, quel espoir pour Baby ?
17.05.2023
Après sa condamnation en récidive, la fuite en avant du dresseur Gilbert Bauer, quel espoir pour Baby ?
Exploitation pour le spectacle

Nous publions, à l’occasion de la dernière condamnation du dresseur de Baby, des images récentes et d’autres plus anciennes et jamais diffusées, de la manière dont l’éléphante d’Afrique devait survivre et des conditions de détention qu’elle doit encore supporter, à présent qu’il l’a transférée au zoo du Belvédère en Tunisie. Une honte pour le ministère de l’Écologie qui a ignoré sciemment le mal-être des éléphantes des cirques français et a permis par son inaction la perpétuation de leurs souffrances et de leur exploitation sans fin.

One Voice était à l’origine de la première condamnation en 2019 de Gilbert Bauer, le dresseur de cirque qui séquestrait Baby à l’année au parc des félins à Saint-Léger-en-Bray dirigé par son frère, Kid. Tous deux mentaient éhontément au public, lui faisant croire que la vieille éléphante souffrant d’une patte sillonnait librement le parc, alors qu’elle était maintenue enfermée jour et nuit dans le camion de transport, en toute illégalité. Bauer avait alors disparu un moment.

 

Des mensonges au public, l’enfer en coulisses, et deux condamnations grâce à One Voice!

Et quand nous pensions tomber sur Dumba au Cirque de Paris à Aubevoye dans l’Eure en mars 2020, c’est en fait Baby qui s’y trouvait, exploitée comme toujours. Nous avions alors missionné un enquêteur privé, documenté le spectacle et les conditions de détention en marge de celui-ci, et mené une filature de plusieurs jours, pendant que le pays tout entier se fermait sur lui-même et détournait de fait son attention du sort des animaux dans les cirques itinérants.

Cette enquête a fait l’objet d’un rapport détaillé et d’une plainte à l’OFB, qui ont servi, entre autres, à sauver Jon et les lionnes Patty, Céleste, Hannah et Marli de ce cirque. En septembre 2022, nous avons permis que Bauer soit condamné à nouveau, cette fois en récidive, grâce au rapport de l’enquêteur de mars 2020.

Bauer s’est réfugié chez une dresseuse de cinéma a maintenu Baby dans le camion et élevé des barrières autour.

Sous la pression exercée nos images d’enquête et nos procédures en 2019, Bauer s’était installé dès 2020 sur la propriété de Muriel Bec, une dresseuse d’animaux et notamment de loups pour le cinéma et toutes sortes de tournages. Là-bas, le discours était aussi bien rodé sur les soi-disant conditions “idéales” de détention de Baby (un étang aurait été creusé pour elle, en réalité pour la vue depuis des lodges payantes) que sur la sécurité (ainsi personne ne pouvait s’approcher et “risquer” de prendre des images incriminantes).

Des images d’Épinal pour les clients et la télé. Pour Baby, l’isolement à perpétuité

Les seuls moments où elle avait l’occasion de se dégourdir les pattes dans un enclos et pouvait choisir elle-même sa nourriture sur les arbres, étaient les jours où des clients payaient trois heures pour voir cela, ou quand une chaîne de télévision venait filmer au fin fond du Loiret une émission de télé-réalité ou un (publi)-reportage.

Et cette possibilité ne s’offrait à elle que de mars à octobre… En dehors des sorties payantes saisonnières, comme chez Kid Bauer au Parc Saint Léger, Baby ne sortait guère de son camion. Ou alors pour faire trois pas, sous un petit barnum en face de sa boîte de tôle.

Les bâches recouvrant les clôtures en 2020 se sont muées en hauts murs de bois. Nous avons ainsi vu les barrières s’élever autour du camion, de cette petite tente et de la roulotte du dresseur, toujours plus solides et impénétrables au fil du temps.

La dernière condamnation empêchait de montrer Baby au public pendant cinq ans!

Depuis septembre 2022 et pour une durée de cinq ans, Bauer ne peut plus exploiter Baby. Et comme l’indique l’arrêté ministériel de 2011 sur les établissements itinérants (toujours valable tant que le ministère de l’Écologie n’a pas publié les décrets d’application de la loi votée en novembre 2021), les animaux sauvages ne peuvent pas être détenus dans des conditions d’itinérance (comprenez ici dans un camion) s’ils ne sont pas montrés au public.

Baby a continué à être exploitée au moins jusqu’au 31 octobre 2022. Il était toujours possible de payer pour une “rencontre avec l’éléphante”. En février 2023, elle servait toujours de produit d’appel sur les visuels de “Rendez-vous en terre animale”.

Nous savions depuis quelques mois que Bauer cherchait de toute part un lieu où placer Baby pour les cinq prochaines années. Nous étions prêts à la prendre en charge et à la placer dans un sanctuaire, mais comme toujours, les autorités ont fait la sourde oreille. Tout, absolument tout ce que nous préparions aurait été mieux que ce qui est advenu. Comme d’habitude. Maya en sait quelque chose, Dumba également. Le machiavélique tour de passe-passe de Gilbert Bauer a été d’offrir Baby au “peuple tunisien” et de continuer ainsi à l’exploiter au Zoo du Belvédère, un lieu où l’on a vu des gens lapider un crocodile et où un ours est à bout de force. À 38 ans, Baby n’aura jamais la paix. Et pour Bauer, dans les faits, c’est l’impunité.

La loi contre la maltraitance comme le ministère qui l’a portée en France ont abandonné les animaux des cirques à leur sort pour le pire, entre exploitation, sous-location, troc, revente… Jamais nous ne baisserons les bras pour eux!

Effet boule de neige contre le déterrage des blaireaux ! Des départements à la Convention de Berne ?

Effet boule de neige contre le déterrage des blaireaux ! Des départements à la Convention de Berne ?

Effet boule de neige contre le déterrage des blaireaux ! Des départements à la Convention de Berne ?
17.05.2023
Effet boule de neige contre le déterrage des blaireaux ! Des départements à la Convention de Berne ?
Chasse

Après avoir remporté des victoires retentissantes dans la Haute-Vienne, le Tarn-et-Garonne, la Manche, l’Orne, l’Oise et la Charente-Maritime, One Voice poursuit son offensive juridique d’ampleur pour sauver les familles de blaireaux du déterrage. Si des centaines d’individus ont été sauvés grâce à notre action, le chemin à parcourir reste long pour atteindre notre objectif: qu’aucun blaireau ne soit déterré ce printemps.

Décision après décision, les juridictions administratives suspendent la période complémentaire de vénerie sous terre de mai à septembre. Depuis des années, avec nos images d’enquête, nous dénonçons ce mode de chasse particulièrement cruel pour les blaireaux et pour les chiens, en plus d’être illégal. Et notre combat ne s’arrête pas là : outre nos actions au niveau national, nous venons de déposer une plainte contre la France au Comité de Berne avec nos partenaires.

Pour l’État: dans le doute, faisons plaisir aux chasseurs!

Le déterrage est un mode de chasse qui persécute les familles de blaireaux pendant des heures. Dans la confusion, les blairelles tentent de défendre leurs petits, blessent parfois les chiens, avant d’être elles-mêmes tuées par les chasseurs à coups de couteau ou de fusil. Les petits qui survivent à ces assauts mourront quelques jours plus tard, seuls dans la forêt.

Les arguments avancés par l’État pour défendre cette pratique sont balayés par les tribunaux: oui, au printemps et en été, les blaireautins sont encore présents dans les terriers. Oui, la vénerie sous terre est une chasse “à l’aveugle”, pour citer le tribunal administratif d’Amiens, qui ne permet pas de faire la distinction entre les petits, les adultes ou encore les individus d’espèces protégées.

Et les préfectures assument le fait de ne pas respecter les procédures imposées par la loi. De nombreux arrêtés dont nous avons obtenu la suspension sont adoptés alors même que les services de l’État ne disposent d’aucune donnée sur les blaireaux. Aucune idée du nombre d’individus présents sur le territoire et de prétendus dégâts qui font l’objet d’évaluations fantaisistes. Dans la Haute-Vienne, l’État a soutenu que les blaireaux s’attaqueraient à des bovins!

Dans le doute, “faisons plaisir aux chasseurs” semble être la devise de l’État en matière de chasse.

Si, dans ces six territoires, les blairelles et leurs familles auront la vie sauve dans les mois qui viennent, la liste des préfectures autorisant le déterrage ce printemps et cet été ne cesse de s’allonger. Dans dix autres départements, la période complémentaire de vénerie sous terre doit ouvrir dès le 15 mai. Et nombre d’entre eux n’ont, à ce jour, pas publié les arrêtés autorisant cette pratique. Une manière de s’assurer que, même si nous saisissons le juge, les chasseurs aient suffisamment de temps pour pouvoir s’adonner à leur loisir.

Notre combat continue pour obtenir l’abolition de la vénerie sous terre

Le combat contre le déterrage est un marathon: le 17 mai à 10 h 15, nous étions présents au tribunal administratif d’Orléans pour obtenir l’annulation définitive de deux arrêtés adoptés en 2021 et autorisant des périodes complémentaires dans l’Indre-et-Loire et le Loir-et-Cher.

Dans les semaines qui viennent, nous allons amplifier nos actions pour continuer à porter la voix des blaireaux et obtenir la suspension en urgence de leur chasse en cette période si sensible pour leurs petits. Des audiences en référé sont déjà prévues au tribunal administratif de Clermont-Ferrand, le 30 mai à 10 heures pour les départements de l’Allier et du Puy-de-Dôme, où nous intervenons avec FNE 03 et FNE 63. À Lyon, nous défendrons les blaireaux du Rhône le 31 mai à 10 heures. À Orléans, le 5 juin à 14 heures, nous attaquerons les arrêtés de l’Eure-et-Loir et du Loiret.

D’autres audiences seront annoncées pour les départements de la Vendée, du Loir-et-Cher, du Lot-et-Garonne, de la Meuse ou encore de l’Aisne, où les chasseurs souhaitent tuer des petits blaireaux pour pouvoir fouiller le contenu de leur estomac afin de prouver qu’ils seraient sevrés au mois de mai. Avec nos partenaires d’AVES, nous demanderons la suspension immédiate de cet arrêté odieux.

Si les magistrats semblent désormais comprendre que le déterrage des blaireaux au printemps est illégal, c’est loin d’être le cas de nos élus ou des autorités locales : pour les convaincre, continuez de signer notre pétition pour les blaireaux et pour une réforme radicale de la chasse!

Un enclos de chasse en Loire-Atlantique pour tuer des animaux en toute intimité

Un enclos de chasse en Loire-Atlantique pour tuer des animaux en toute intimité

Un enclos de chasse en Loire-Atlantique pour tuer des animaux en toute intimité
15.05.2023
Loire-Atlantique
Un enclos de chasse en Loire-Atlantique pour tuer des animaux en toute intimité
Animaux sauvages

En Loire-Atlantique, il existe peu d’enclos de chasse sur notre carte… L’un d’eux fait partie des plus petits que nous connaissions. Alertés, nous avons donc décidé de nous y rendre. Ce lieu clos, créé il y a une vingtaine d’années pour tuer des animaux entre amis et clients chasseurs, ne se formalise pas de la présence de voisins pour “entraîner les chiens” à massacrer les animaux ou même à organiser des chasses à courre. De la cruauté sur animaux organisée sur 60 hectares de non-conformités, validée par les autorités.

Au départ, la propriété abritait un élevage de sangliers. Mais le propriétaire a dû le fermer, obligé par une décision de justice (en tout cas, c’est ce qu’il dit, mais l’intervention de Nos Viventia il y a quelques mois dans cet enclos laisse interrogateur sur ce point). Depuis plus de dix ans donc, le bras de fer des riverains continue donc avec le propriétaire. Malgré des réglementations interdisant la possibilité d’ouvrir un tel lieu (taille de l’enclos, forêt protégée devant laisser la possibilité aux animaux de traverser, danger pour les voisins et conflit ouvert à cause de permis de construire…), les autorités semblent obtempérer à toutes les demandes du propriétaire. Les clôtures ne font pas la taille réglementaire? Qu’à cela ne tienne, elles autorisent tout de même l’opération!
Même les buses, ces petits fossés ou ouvertures entre étangs et petits cours d’eau passant d’une propriété à l’autre, ont été obstruées par du grillage pour garantir qu’aucun animal n’en réchappe, chose interdite en temps normal.

Car en France, on a la vague impression qu’à chaque fois que des chasseurs demandent quelque chose, les préfectures s’exécutent. Le lobby est puissant. Et combien de préfets, de parlementaires sont eux-mêmes chasseurs… Comment combattre cet entre-soi?

Les images du mois d’avril 2022 que nos enquêteurs ont rapportées montrent même qu’au milieu d’une clairière figure un petit élevage d’oiseaux. De type faisans ou perdrix, ils sont donc relâchés au gré des envies et des “séances de tir” sur animaux vivants. Des oiseaux qui n’auront jamais appris à vivre sans la présence humaine pour se nourrir, qui jamais n’auront pu voler haut ni loin, comme nous l’avons montré dans nos précédentes enquêtes dans ce type d’élevages.

La nature a été saccagée pour créer cet enclos. Les cerfs et autres animaux des bois alentour s’y trouvent fréquemment piégés. Une butte rend l’une des clôtures plus basse à l’extérieur de la propriété qu’à l’intérieur. Les animaux pénètrent ainsi aisément dans le parc, mais peuvent difficilement en ressortir. Les buses obstruées empêchent les petits animaux de passer d’un étang à l’autre.

Et par deux fois il y a quelques semaines, les voisins ont protégé un grand cerf venu se réfugier chez eux des veneurs chassant à courre dans cette propriété. Et à chaque fois, ils ont dû faire sortir les chiens et repoussé les veneurs qui cherchaient à entrer chez eux pour tuer ces somptueux animaux. Une situation devenue invivable.

Enfin, le nouveau propriétaire des lieux a cherché à agrandir son terrain en rognant sur celui de ses voisins afin d’atteindre à la superficie minimale d’un enclos de chasse… Un scandale d’autant plus inquiétant que le moindre ricochet de balle ferait, de plus, courir un risque vital à ces mêmes voisins!

Retrouvez nos enquêtes en infiltration dans des enclos de chasse, en Bourgogne, en Île-de-France et en Sologne.
Signez nos pétitions, pour interdire les enclos de chasse et pour une réforme radicale de la chasse!

Déterrage des blaireaux : 10 associations déposent plainte devant le Comité de Berne

Déterrage des blaireaux : 10 associations déposent plainte devant le Comité de Berne

Déterrage des blaireaux : 10 associations déposent plainte devant le Comité de Berne
15.05.2023
Déterrage des blaireaux : 10 associations déposent plainte devant le Comité de Berne
Animaux sauvages

En autorisant la chasse des blaireaux 8 mois sur 12, de manière illimitée et sans connaissance des populations, la France ne respecte pas la Convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage ratifiée en 1982.

En autorisant la chasse des blaireaux 8 mois sur 12, de manière illimitée et sans connaissance des populations, la France ne respecte pas la Convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage ratifiée en 1982. À l’occasion de la Journée Mondiale des Blaireaux, ce 15 mai 2023, nos associations ont donc décidé de déposer plainte devant le Comité de Berne. Initiée par l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) avec la participation d’AVES France, le collectif Renard Blaireau, FNE Aura, FNE Loire, Humanité & Biodiversité, la LFDA, MELES, la LPO et One Voice, cette nouvelle action pour les blaireaux intervient après une pétition officielle signée par plus de 100 000 citoyens, la publication d’un rapport sénatorial particulièrement à charge contre les blaireaux, et au moment où s’ouvre, hélas, une nouvelle saison de tueries par vénerie sous terre dans de nombreux départements français

En France, non seulement les blaireaux sont inquiétés par la chasse de la mi-septembre au 15 janvier, mais ils peuvent également subir une « période complémentaire » de déterrage entre le 15 mai et l’ouverture de la chasse générale en septembre, période de l’année où des jeunes non émancipés sont pourtant susceptibles d’être présents dans les terriers. Cette chasse, appelée vénerie sous terre, est particulièrement violente et destructrice non seulement des blaireaux, mais aussi de leur habitat qui est un refuge pour de nombreuses autres espèces, y compris protégées.

En ratifiant la Convention de Berne en 1982, la France s’est engagée à prendre les « mesures législatives et réglementaires appropriées et nécessaires pour protéger les espèces de faune sauvage énumérées dans l’annexe III », annexe où figure le blaireau. Cette convention prévoit des dérogations « d’exploitation » de ces espèces, mais seulement à condition qu’elles « ne nuisent pas à la survie de l’espèce concernée », qu’elles soient sélectives et qu’il n’existe pas de solution alternative satisfaisante.

8 mois de chasse par an, sur des adultes comme des petits…

Or, comme les associations le démontrent dans le rapport d’expert remis au comité de Berne, la France ne respecte aucune de ces conditions. En effet, alors qu’elle autorise leur chasse 8 mois par an, et ce sans quota (les blaireaux n’étant pas soumis aux plans de chasse), elle n’a aucune idée des effectifs de blaireaux présents sur son territoire… Par ailleurs, la chasse par déterrage est une méthode de chasse non sélective, à l’aveugle, lors de laquelle de nombreux blaireautins sont tués chaque année (souvent directement par les chiens introduits dans les terriers), de l’aveu même des chasseurs qui transmettent leurs données aux préfectures.

La dépendance des blaireautins au 15 mai et pendant toute la période complémentaire, démontrée par plusieurs études scientifiques, est un argument de poids régulièrement retenu par les tribunaux administratifs français saisis par nos associations, et qui ont permis ces dernières années de faire suspendre et annuler de nombreux arrêtés préfectoraux.

Ces victoires à répétition ont forgé une jurisprudence qui porte de plus en plus ses fruits, puisque pour la période 2022-2023, seuls trente-trois départements ont autorisé la chasse sous terre des blaireaux dès le 15 mai, et vingt-et-un autres ont préféré autoriser cette période à partir d’une date ultérieure.

Des préfets trop souvent à la botte des chasseurs

Malgré ces quelques avancées, les préfectures restent maîtres des horloges tant qu’elles ne sont soumises à aucune exigence légale. Beaucoup continuent d’ailleurs à ignorer les arguments scientifiques fournis lors des consultations publiques, préférant protéger les intérêts et le loisir macabre de quelques chasseurs. Idem côté ministère de la Transition écologique, pourtant saisi à plusieurs reprises par nos associations, mais qui persiste à faire la sourde oreille.

C’est pour toutes ces raisons que nos associations ont décidé de déposer plainte devant le comité permanent de Berne, avec l’espoir de contraindre la France à prendre les mesures nécessaires afin de respecter la Convention signée il y a plus de 40 ans.

Associations participantes & contacts presse

ASPAS : Richard Holding, presse@aspas-nature.org, 07.67.36.22.90
AVES : Frédéric Daniel, frederic.daniel@aves.asso.fr, 06.52.76.20.30
Collectif Renard Blaireau : Corinne Rolland, cocoroll@free.fr, 06.30.49.81.28
FNE AURA : Maxime Flamand, maxime.flamand@fne-aura.org, 09.72.45.06.03
FNE LOIRE : Isabelle Hanicotte-Dufix, isabelle.hanicotte-dufix@orange.fr, 06.11.37.60.13
HUMANITÉ & BIODIVERSITÉ : Nathan Horrenberger, pol.biodiv@humanite-biodiversite.fr
LFDA : Nikita Bachelard, nikita.bachelard@fondation-droit-animal.org, 01.47.07.98.99
LPO : Carine Carbon, carine.carbon@lpo.fr, 06.62.22.20.44
MELES : Virginie Boyaval, virginie.boyaval@gmail.com, 06.24.94.35.09
ONE VOICE : Jessica Lefèvre-Grave, presse@one-voice.fr, 06.88.57.47.17

Le ministère de la Recherche autorise des projets d’expérimentation animale sous-estimant les douleurs infligées

Le ministère de la Recherche autorise des projets d’expérimentation animale sous-estimant les douleurs infligées

Le ministère de la Recherche autorise des projets d’expérimentation animale sous-estimant les douleurs infligées
14.05.2023
France
Le ministère de la Recherche autorise des projets d’expérimentation animale sous-estimant les douleurs infligées
Expérimentation animale

Fin avril, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a autorisé trois nouveaux projets d’expérimentation animale contenant de graves erreurs. Dans les résumés non techniques des procédures en question, les indications concernant les degrés de gravité ne correspondent pas aux souffrances réelles infligées aux animaux. One Voice demande une nouvelle évaluation.

Le 18 avril, un colloque sur l’expérimentation animale a réuni plusieurs centaines de personnes en ligne. À cette occasion, la chercheuse Francelyne Marano a affirmé que si la France réalise davantage de tests classés « sévères » que les autres pays européens, c’est parce que les comités d’éthique français surclassent les projets pour attirer l’attention sur les souffrances des animaux. Cet argument, très répandu parmi les soutiens de l’expérimentation animale, est facilement réfutable, toutes les procédures récentes classées « sévères » l’ayant été à juste titre.

À peine trois jours plus tard, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche nous a fourni une nouvelle preuve incriminant les laboratoires français en autorisant trois projets comportant des erreurs d’évaluation de leur gravité. D’une pierre deux coups, il accepte la minimisation de la douleur infligée aux animaux testés et ment au grand public.

La réglementation piétinée, des milliers d’animaux soumis à une profonde détresse

Le premier projet approuvé par le ministère vise à exposer pendant plusieurs jours mille six cent soixante-quatre jeunes poissons à une substance toxique ainsi qu’à une hausse de température avant de les tuer. Aucune mention d’anesthésie n’est faite et c’est donc pleinement conscients qu’ils vont être intoxiqués. Pourtant, le résumé classe l’expérience comme celles qui sont menées intégralement sous anesthésie générale…

La deuxième expérience, soi-disant légère, prévoit d’injecter à plusieurs reprises des psychotropes à 1062 souriceaux. Une fois adultes, ils devront subir des tests durant de cinq à dix minutes chacun, dont certains les mèneront à se perdre dans un labyrinthe ou à être forcés à nager. Deux procédures qui sont loin de leur permettre d’échapper à l’angoisse, comme le précise pourtant la réglementation au sujet des tests entraînant une douleur dite légère. Comment peut-on imaginer qu’une souris plongée dans un conteneur d’eau pendant de longues minutes, sans savoir si elle en ressortira vivante, peut échapper au stress suscité ?

Enfin, le ministère a approuvé un projet classant comme « modéré » l’infliction d’une « douleur chronique » allant de cinq à douze semaines à des souris, en plus de les soumettre à des tests comportementaux destinés à évaluer la douleur.

Si les degrés de gravité indiqués sont faussés, comment l’évaluation éthique des tests d’expérimentation animale pourrait-elle être fiable ? Et à quoi servent dans ce cas les comités d’éthique qui en ont la charge ?

Nous avons écrit au ministère pour demander la suspension des autorisations et la réévaluation de ces projets. Nous restons pleinement mobilisés et renouvelons notre demande d’une réforme des comités d’éthique en expérimentation animale.

Manche, Orne, Haute-Vienne : succession de victoires de One Voice pour les blaireaux !

Manche, Orne, Haute-Vienne : succession de victoires de One Voice pour les blaireaux !

Manche, Orne, Haute-Vienne : succession de victoires de One Voice pour les blaireaux !
10.05.2023
Manche, Orne, Haute-Vienne : succession de victoires de One Voice pour les blaireaux !
Chasse

Après le tribunal de Dijon, c’est au tour des juridictions de Limoges et Caen de suspendre l’exécution d’arrêtés qui autorisaient le déterrage des blaireaux en Haute-Vienne, dans la Manche et dans l’Orne au printemps. Les juges administratifs reconnaissent qu’il existe bien un doute sérieux sur la légalité de ces décisions. Des premières victoires pour les blaireaux, qui auront donc la vie sauve ce printemps.

Dans le cadre de notre offensive de grande ampleur contre les arrêtés autorisant le déterrage des blaireaux au printemps de cette année, nous remportons des premières victoires décisives.

Le vendredi 5 mai, le tribunal administratif de Limoges a suspendu l’exécution de l’arrêté de la préfète de la Haute-Vienne. Pour le tribunal, il existe bien un doute sérieux sur la légalité de cette décision, adoptée à l’issue d’une procédure bâclée.

À Caen, le tribunal administratif nous a donné raison et a considéré, au-delà des vices de procédure, que les périodes complémentaires de déterrage étaient susceptibles de porter atteinte aux petits, encore présents dans les terriers à cette période de l’année. Le juge est allé plus loin et, pour la première fois, a reconnu que la possibilité même d’ouvrir le déterrage au printemps soit illégale.

Au moins 800 blaireaux et blairelles épargnés. On ne s’arrêtera pas là

Les blaireaux ne sont pas des animaux qui se reproduisent vite. Ils n’ont  qu’une portée par an, et généralement d’un petit ou deux, rarement plus. Leur développement est lent et leur prise d’indépendance peut s’étaler sur plus d’un an!

Au total, dans la Haute-Vienne, près de 500 d’entre eux seront sauvés par notre action. Dans l’Orne, plus de 300 blaireaux, blairelles et blaireautins auront la vie sauve. La préfecture de la Manche n’a quant à elle pas pris la peine d’indiquer au tribunal combien de blaireaux étaient tués chaque année par déterrage pour répondre à nos arguments et à ceux d’AVES France (qui soutenait la même position que la nôtre à l’audience pour ce département).

Année après année, One Voice ainsi que ses partenaires obtiennent des victoires retentissantes contre les arrêtés illégaux adoptés par les représentants de l’État. Dans les semaines qui viennent, nous continuerons à défendre les blaireaux dans des dizaines de départements, des Ardennes au Lot-et-Garonne et jusque dans les Pyrénées-Atlantiques.

Plus que jamais, nous avons besoin de votre aide pour porter la voix de ces animaux, martyrs de nos forêts. Signez la pétition pour demander l’abolition pure et simple du déterrage, et que l’on cesse d’utiliser le mot blaireau de manière péjorative! Vous pouvez également nous retrouver dans treize villes de France à l’occasion de notre action nationale coordonnée, pour les défendre eux ainsi que les renards, qui sont également victimes de cette méthode de chasse cruelle.

Après plus de 40 ans de cirque et d’inaction des pouvoirs publics, l’éléphante Dumba s’est éteinte

Après plus de 40 ans de cirque et d’inaction des pouvoirs publics, l’éléphante Dumba s’est éteinte

Après plus de 40 ans de cirque et d’inaction des pouvoirs publics, l’éléphante Dumba s’est éteinte
09.05.2023
Allemagne
Après plus de 40 ans de cirque et d’inaction des pouvoirs publics, l’éléphante Dumba s’est éteinte
Exploitation pour le spectacle

C’est avec une profonde tristesse et beaucoup de colère que nous venons d’apprendre le décès de Dumba par l’intermédiaire du European Elephant Group. Exploitée toute sa vie, l’éléphante vivait dans un petit enclos d’un cirque fixe d’Allemagne depuis un an quand elle s’est éteinte, en mars 2022. Nous étions allés la voir en octobre 2021. Soumise à des conditions de détention délétères depuis l’âge de deux ans, elle n’avait pas encore soufflé ses 50 bougies.

Sa longue exploitation dans les cirques, l’itinérance sans fin dans un camion et la lâcheté des pouvoirs publics, pour ne pas dire autre chose, auront eu raison de Dumba, malgré la campagne sans relâche que nous avons menée pour elle.

Une vie sur les routes, louée au plus offrant…

Avec notre partenaire espagnol FAADA, nous n’avons jamais cessé de suivre ses déplacements, tantôt en Espagne, tantôt en France. De notre côté de la frontière, elle a longtemps été “louée” par sa dresseuse au Cirque de Paris. Sous leur chapiteau, elle a été forcée à participer à des numéros épouvantables de cynisme.
Au tout début de 2021, après plusieurs mois à la chercher, nous l’avons retrouvée enfermée dans une remorque, dans le Gard, sous des températures glaciales. Tout dans sa posture indiquait que ses pattes la faisaient souffrir, comme un expert des éléphants nous l’a confirmé. Nous avons immédiatement porté plainte et demandé la saisie de Dumba pour qu’elle soit enfin placée dans un sanctuaire.

… jusqu’à épuisement

Espérant échapper aux poursuites que nous avons engagées, la dresseuse Kludsky a abandonné Dumba en Allemagne. Placée dans un cirque sédentarisé, l’éléphante n’a plus eu à participer à des spectacles. Mais, parquée dans un petit enclos, elle n’a pas pour autant échappé à l’isolement et au mal-être. Pour l’en délivrer, nous avons cherché de l’aide auprès des associations locales et du gouvernement allemand.

L’éléphante était morte depuis des mois quand nous avons enfin pu mettre la main sur le rapport du vétérinaire qui l’a examinée fin janvier 2021. Ce texte, qui confirmait qu’elle souffrait d’une musculature diminuée au niveau des pattes et qui estimait “intéressant et nécessaire” de réaliser des examens complémentaires, nous aurions dû l’obtenir bien avant ! Nous savions depuis longtemps que Dumba était en danger. Nous avions alerté les autorités à de multiples reprises contre les propriétaires l’exploitant. Elles s’en sont lavées les mains : préfet, procureur et même le ministère. Et Dumba en a payé le prix fort.

Une loi complice de la maltraitance

En permettant à ces établissements de se sédentariser pour continuer à exposer leurs animaux au public après 2028, la loi contre la maltraitance animale se fait complice de l’exploitation. Et que dire de l’immobilisme du ministère de la Transition écologique, qui n’a toujours pas interdit la reproduction des félins dans les cirques, déjà si nombreux en France, un an et demi après l’adoption de la loi par l’Assemblée nationale ? Combien d’animaux devront encore mourir, stressés par le dressage, l’ennui et l’enfermement, avant d’être enfin réellement secourus?

En souvenir de Dumba et pour tous les autres, le combat continue.

Vénerie sous terre : One Voice en action pour défendre les renards et les blaireaux

Vénerie sous terre : One Voice en action pour défendre les renards et les blaireaux

Vénerie sous terre : One Voice en action pour défendre les renards et les blaireaux
07.05.2023
Vénerie sous terre : One Voice en action pour défendre les renards et les blaireaux
Animaux sauvages

Chaque année, de nombreux animaux sont chassés jusque dans leurs terriers, y compris lorsque des petits s’y trouvent. Alors qu’au printemps des centaines de renards et de blaireaux continuent à être victimes de la vénerie sous terre, parce que considérés comme “nuisibles” ou pris pour cibles par des arrêtés ouvrant des périodes complémentaires de chasse, One Voice s’oppose, une fois de plus, à cette pratique cruelle.

Animaux acculés dans leurs terriers par des chiens forcés à descendre sous terre, victimes innocentes saisies par des pinces métalliques et tuées sans pitié… Nous dénonçons depuis des années la pratique cruelle de la vénerie sous terre. Comme nous, plus de huit Français sur dix demandent son interdiction pour tous les animaux.

Des blaireautins en danger

Pour exposer au grand jour la monstruosité de cette chasse, nous avons pris des risques considérables en nous infiltrant parmi les déterreurs. Les images que nos enquêteurs ont ramenées de leur infiltration sont glaçantes.

Les blaireaux extirpés de leurs abris après d’interminables moments de terreur sont abattus avec une joie sadique. Y compris les blaireautins, bien présents dans les terriers et encore dépendants de leurs parents au printemps. C’est pour ces petits, qui sont mis à mort en violation totale du Code de l’environnement, que nous nous battons cette année encore pour faire suspendre les arrêtés préfectoraux autorisant une période complémentaire de chasse en cette saison. Ce qui ne serait pas de trop pour les animaux d’espèces protégées qui se cachent parfois dans les terriers des blaireaux et qui se retrouvent eux aussi menacés de mort.

Les renards, victimes d’un acharnement sans fin

Considérés à tort comme nuisibles, les renards peuvent pour leur part être pourchassés sous terre toute l’année. Mal-aimés à tort, ces animaux pourtant intelligents, sociaux et indispensables à la biodiversité sont traqués de jour comme de nuit, tués par tous les moyens sans limite de cruauté et parfois même pendus. Et il n’est pas rare que les pièges destinés aux petits canidés fassent des victimes collatérales.

Des animaux considérés comme « nuisibles », dénommés comme espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD) et chassés sans relâche, il en existe bien d’autres. Nous les défendons eux aussi, et luttons pour que cesse le massacre des corneilles noires et des corbeaux freux, ou encore celui des palombes, des belettes, des fouines ou des martres.

Nous avons entamé il y a plusieurs mois déjà un travail de titan pour défendre ces animaux car les préfectures et le ministère de la Transition écologique préparent un arrêté récapitulant toutes les espèces classées en ESOD département par département. Ces animaux seront alors en grand danger pour les trois prochaines années, soumis à une traque sans fin. Nous prévoyons d’attaquer cet arrêté au Conseil d’État aussitôt publié.

Les week-ends autour du 15 mai (Journée mondiale des blaireaux à laquelle nous participons), nous organisons des actions de sensibilisation dans toute la France pour dire non à la vénerie sous terre des blaireaux et des renards, dans les tribunaux comme dans la rue. Rejoignez-nous !

Animaux en « surplus » dans l’expérimentation animale : recours de One Voice au tribunal administratif

Animaux en « surplus » dans l’expérimentation animale : recours de One Voice au tribunal administratif

Animaux en « surplus » dans l’expérimentation animale : recours de One Voice au tribunal administratif
03.05.2023
France
Animaux en « surplus » dans l’expérimentation animale : recours de One Voice au tribunal administratif
Expérimentation animale

Près d’un million et demi d’animaux souffrent chaque année de la captivité dans les laboratoires, stockés « au cas où » et finalement jetés, comme du matériel. Cela représente un tiers des animaux enfermés dans des cages pour l’expérimentation animale. Nous avons saisi le tribunal administratif de Paris d’un recours afin que le ministère de la Recherche mette en place des mesures efficaces pour réduire ce nombre en évitant de faire naitre des animaux en « surplus ».

Les laboratoires considèrent les animaux comme du matériel. Ça n’est pas nouveau. Ce qui le serait est qu’ils aient une once de compassion et une vision à long terme. Ils stockent les souris et les chiens comme des paquets de pâtes, en cas de besoin, besoins évalués n’importe comment, car ce gâchis de vies, d’animaux jetés à la poubelle, n’est pas un problème pour eux. Ils n’ont que faire du gaspillage, même quand des êtres vivants sont concernés. Nous allons leur rappeler leurs engagements à réduire le nombre d’animaux qui passent dans leurs cages sordides. Muriel Arnal présidente de One Voice

Presque un million et demi de ces animaux tués en France chaque année…

Chaque année, près de deux millions d’animaux sont utilisés dans des expériences par les laboratoires français. Six cent mille animaux supplémentaires sont exploités pour la création et la maintenance de lignées génétiquement modifiées…

Quant aux autres, ils sont élevés, gardés en captivité puis tués, n’étant considérés que comme un « stock » prévisionnel. Et on ne parle pas d’un ou deux individus: pour l’année 2017 (dernières données disponibles), il s’agissait de presque un million et demi d’animaux rien qu’en France! Parmi les quatre millions qui sont élevés ou importés chez nous chaque année pour l’expérimentation animale, plus d’un sur trois est donc concerné. Certains verront leurs tissus prélevés pour des analyses post-mortem, ce qui justifie leur exploitation aux yeux des laboratoires. Pour les autres en tout cas, la souffrance d’une vie en cage aurait pu être évitée.

… alors que l’Union européenne exige une réduction de leur nombre!

Peut-être ces animaux souffrent-ils moins que leurs congénères utilisés dans les procédures expérimentales – d’ailleurs, ils ne sont pas décomptés dans les enquêtes statistiques annuelles du ministère
(que nous avons analysées et présentées en détail), et n’importe quel laboratoire agréé en expérimentation animale peut les élever et les tuer à sa guise. Mais une vie entière en captivité dans une cage minuscule (à peine une demi-feuille A4 pour trois souris adultes!), ce n’est pas tolérable.

Le refus du ministère de mettre en place des mesures pour réduire le nombre de ces animaux est contraire à l’esprit de la réglementation et à l’engagement de l’État français vis-à-vis de la directive européenne. Celle-ci voudrait que tout soit fait pour la réduction de leur nombre, qu’ils soient finalement utilisés ou non.

Nous demandons des solutions

L’an dernier, des procureurs allemands ont lancé une enquête pour déterminer si l’abattage des animaux en surplus par les laboratoires constitue un crime dans la mesure où il s’agit de les tuer sans une justification adéquate. L’enquête est toujours en cours. Si ces pratiques sont effectivement jugées criminelles, l’Allemagne aura une motivation supplémentaire pour éviter de faire naître ces animaux, ce qui leur épargnera la souffrance d’une vie de captivité dénuée d’intérêt.

De notre côté du Rhin, début octobre 2022, nous avons écrit au ministère de la Recherche à ce sujet. N’ayant pas reçu de réponse trois mois plus tard, et représentés par le cabinet Géo Avocats qui nous accompagne dans ces problématiques, One Voice s’en remet donc au tribunal administratif de Paris. Nous demandons ainsi au juge d’ordonner au ministère d’appliquer la réglementation européenne, en mettant en place les mesures nécessaires pour obtenir une réduction notable du nombre d’animaux élevés en « surplus » et tués sans vergogne. Le dossier est en cours d’instruction et nous sommes en attente d’une date d’audience. Le tribunal devra trancher.