Lettre ouverte concernant les orques Ibériques et leurs interactions avec les navires

Lettre ouverte concernant les orques Ibériques et leurs interactions avec les navires

Lettre ouverte concernant les orques Ibériques et leurs interactions avec les navires
27.08.2023
International
Lettre ouverte concernant les orques Ibériques et leurs interactions avec les navires
Animaux sauvages

Des experts des cétacés dont plusieurs sont ceux et celles auxquelles fait régulièrement appel One Voice pour solidifier ses prises de position, publient une lettre ouverte pour alerter sur l’importance de ne pas tirer de conclusion hâtive à propos des interactions des orques avec les bateaux.

Photo – CC BY-NC-ND 2.0

Les soussignés sont des experts en biologie et comportement des cétacés, dont plusieurs sont spécialistes des orques (autrement appelées « épaulards »).

Les interactions entre les orques (que nous nommerons ci-après « orques Ibériques ») et les navires le long des côtes de la péninsule ibérique (Espagne et Portugal) ainsi que dans les eaux voisines suscitent un vif intérêt de la part du public. Nous nous inquiétons du fait que des erreurs factuelles concernant ces interactions sont répétées dans les médias et agrémentées d’un récit – dépourvu de fondement scientifique ou réel – selon lequel ces animaux attaquent les bateaux avec agressivité ou cherchent à se venger des marins. Nous estimons que ce récit prête de façon inappropriée aux cétacés des motivations humaines, et craignons que sa perpétuation n’entraîne des réponses punitives de la part des marins ou des gestionnaires. Les orques ont fait montre d’un large éventail de comportements au cours des interactions, dont beaucoup correspondent à un comportement social ludique.

Par conséquent, nous tenons à clarifier les faits sur la base des preuves scientifiques disponibles. La plupart de ces informations proviennent d’un article évalué par des pairs publié dans Marine Mammal Science en 2022 par plusieurs signataires de la présente lettre.

Les orques Ibériques sont classées sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) comme étant en danger critique d’extinction. Leur population compte probablement moins de quarante individus. Ces orques représentent une sous-population géographiquement isolée et génétiquement distincte, qui se nourrit principalement de thon rouge.

Ces interactions perturbatrices avec les navires ont véritablement débuté en juillet 2020. À ce jour, au moins onze juvéniles et quatre femelles adultes ont été identifiés comme y participant ou les observant. Il n’existe aucune preuve de l’existence d’un « leader » reconnaissable qui serait à la tête de ces interférences. Les chercheurs ont donné à ces quinze orques l’identifiant latin Gladis et un nom individuel : par exemple Gladis Blanca ou Gladis Negra (respectivement White Gladis et Black Gladis en anglais / Gladis Blanche et Gladis Noire en français). On a découvert que la femelle juvénile Gladis Negra – initialement signalée comme ayant interagi avec des bateaux – portait une lacération à la tête au printemps 2020 et une blessure derrière la nageoire dorsale plus tard en 2021. Les deux blessures restent d’origine inconnue.

La nature des interactions se répartit comme suit : absence de contact avec le navire, contact léger ou modéré sans ou avec dommages mineurs au navire, contact important avec dommages graves (empêchant la navigation). Depuis le printemps 2021, au moins cinq navires endommagés ont coulé. Les dommages graves se sont produits dans seulement 20 % des interactions.

Malgré les dégâts causés aux navires, nous estimons qu’il est faux de qualifier ces interactions d’« attaques ». Si à certains endroits les bateaux présentent – rarement – des marques de dents, les dommages prédominants aux gouvernails et aux quilles sont dus à des heurts ou à des coups de bélier de la tête ou du corps. Les orques ne démolissent pas les gouvernails comme elles le feraient si elles chassaient. Même si leur comportement peut faire peur (et coûter de l’argent) du point de vue humain, du point de vue des orques, il apparaît plutôt récréatif.

Les orques, tout comme d’autres espèces de dauphins, sont connues par ailleurs pour lancer des « modes » culturelles – c’est-à-dire de nouveaux comportements qui durent brièvement dans le temps et se développent au sein d’une population donnée, comme le fait de porter des poissons morts sur la tête, et qu’on pourrait comparer à nos « tendances » vestimentaires. Bien que les interactions avec les navires puissent représenter un phénomène similaire, elles persistent plus longtemps qu’un comportement à la mode type, se propagent au sein de la population et ont un impact de plus en plus important. Néanmoins, il est possible qu’à l’instar des modes précédentes, ce comportement disparaisse aussi soudainement qu’il est apparu.

Nous exhortons les médias et le public à ne plus construire de récits projectifs autour de ces animaux. En l’absence de preuves supplémentaires, les gens ne doivent pas présumer comprendre leurs motivations. L’orque est une espèce intelligente et socialement complexe. Chaque population a sa propre culture qui comprend diverses vocalisations (appelées dialectes), des préférences en matière de proies, des techniques de chasse, voire différentes structures sociales et comportements migratoires. Les orques Ibériques présentent un comportement qui, parmi les cétacés, ne s’était jamais vu avec une telle régularité. Même au temps de la chasse industrielle sur des vaisseaux en bois, alors que des baleines bien plus grosses avaient la réputation de fracasser ou d’endommager des navires, de tels incidents étaient relativement rares. La science ne peut pas encore expliquer pourquoi les orques Ibériques agissent ainsi, même si nous répétons qu’un tel comportement est plus probablement lié au jeu et à la socialisation qu’à l’agressivité. Il est infondé et potentiellement dangereux pour ces animaux de prétendre qu’il s’agit d’une vengeance pour des torts passés ou de tisser quelque autre histoire mélodramatique.

Lorsque nous sommes en mer, nous sommes au royaume de la vie marine. Nous n’avons pas le droit de punir la faune du fait d’être sauvage. Nous devons garder la tête froide lorsque les animaux présentent un comportement inédit, et devons redoubler d’efforts pour adapter nos propres actions et comportements à leur présence. La survie des espèces avec qui nous partageons cette planète en dépend.

Signataires :

  • Dre Naomi A. Rose, Directrice scientifique, Institut de biologie des mammifères marins et du bien-être animal, États-Unis
  • Dr Robin W. Baird, Directeur du programme Hawaii, Collectif de recherche Cascadia, États-Unis
  • Dr Giovanni Bearzi, Président, Biologie et conservation des dauphins, Italie
  • Dre Maddalena Bearzi, Présidente, Société de conservation des océans des États-Unis, États-Unis
  • Dr Jaime Bolaños, Directeur exécutif, Caribbean-Wide Orca Project (CWOP), coordinateur Sea Vida (Venezuela), Venezuela
  • Dre Inês Carvalho, Groupe de génétique des populations et de la conservation, Instituto Gulbenkian Ciência, Portugal
  • Dr Mel Cosentino, Chercheur en mammifères marins, Université d’Aarhus, Danemark
  • Dr Volker Deecke, Professeur de conservation de la faune, Université de Cumbria, Royaume-Uni
  • Dre Rocío Espada-Ruiz, Université de Séville, Ecolocaliza, GTOA (Grupo de Trabajo Orca Atlántica/Atlantic Orca Working Group), Espagne
  • Dre Ruth Esteban, Musée des Baleines de Madère GTOA, Portugal
  • Dre Andrew Foote, Chercheur doctorant, Centre de synthèse écologique et évolutive, Université d’Oslo, Norvège
  • Dr Tilen Genov, Morigenos – Société slovène des mammifères marins, Groupe de spécialistes des cétacés de l’UICN, Slovénie
  • Dre Déborah Giles, Directrice scientifique et de recherche Wild Orca, États-Unis
  • Dr Christophe Guinet, Directeur de recherche, CNRS, Centre d’Études Biologiques de Chizé, France
  • Dr Erich Hoyt, Chercheur, conservation des baleines et des dauphins, Coprésident du Groupe de travail sur les zones protégées des mammifères marins de l’UICN SSC-WCPA, Royaume-Uni
  • Dre Ève Jourdain, Directrice de thèse et chercheuse, Norwegian Orca Survey, Norvège
  • Dr Alfredo López Fernández, Université d’Aveiro, CESAM CEMMA, GTOA, Portugal
  • Dr Eduardo Morteo Ortiz, Directeur de thèse, Laboratorio de Mamíferos Marinos de la Universidad Veracruzana (LabMMar-IIB-ICIMAP-UV), Mexique
  • Dr Giuseppe Notarbartolo di Sciara, Président d’honneur, Institut de recherche Tethys, Italie
  • Dre Laetitia Nunny, Responsable scientifique, MSc OceanCare, Espagne
  • Dre Liliana Olaya-Ponzone, Université de Séville GTOA, Espagne
  • Dr Christian D. Ortega Ortiz, Professeur de doctorat, Université de Colima, Mexique
  • Dr E. C. M. Parsons, Professeur agrégé, Centre pour la conservation et l’écologie, Université d’Exeter, Royaume-Uni
  • Dr Héctor Pérez Puig, MSc, Coordinateur du programme des mammifères marins, Centro de Estudios Culturales y Ecológicos Prescott, A.C. Mexique, Mexique
  • Dr Randall Reeves, Titulaire de la chaire de doctorat, Groupe de spécialistes des cétacés de la SSC de l’UICN, Canada
  • Dre Filipa Samarra, Spécialiste de recherche, Université d’Islande, Islande
  • Dre Marina Séqueira, Institut pour la conservation de la nature et des forêts GTOA, Portugal
  • Dre Tiu Similä, Responsable scientifique, Whale2Sea, Norvège
  • Dr Mark Peter Simmonds, Directeur scientifique de l’OBE OceanCare, Royaume-Uni
  • Dre Courtney E. Smith, Faculté affiliée, Département des sciences et politiques environnementales, Université George Mason, États-Unis
  • Dr Paul Tixier, Chercheur, écologie des mammifères marins et leurs interactions avec les activités humaines Institut National de Recherche pour le Développement Durable, IRD MARBEC, France
  • Dr Jared Towers, Directeur exécutif, Bay Cetology, Canada
  • Dre Lindy Weilgart, Experte principale en bruit océanique et consultante en politiques OceanCare Adjunct, Département de biologie, Université Dalhousie, Canada
  • Dr Hal Whitehead, Professeur de doctorat, Université Dalhousie, Canada
  • Dr Alex Zerbini, Directeur scientifique, Institut coopératif d’études sur le climat, les océans et les écosystèmes, Université de Washington, États-Unis

Expérimentation animale: vingt jugements demandent la transparence

Expérimentation animale: vingt jugements demandent la transparence

Expérimentation animale: vingt jugements demandent la transparence
25.08.2023
France
Expérimentation animale: vingt jugements demandent la transparence
Expérimentation animale

Les dossiers se suivent et se ressemblent: depuis l’été dernier, treize nouveaux tribunaux ont enjoint aux préfectures de vingt départements de fournir leurs rapports d’inspection des laboratoires d’expérimentation animale. Cela s’ajoute à la trentaine de jugements déjà obtenus depuis l’automne 2021.

Ces nouveaux jugements concernent les préfectures de la Charente-Maritime, des Landes, des Pyrénées-Atlantiques, de la Seine-Saint-Denis, de la Dordogne, de la Gironde, des Yvelines, de l’Essonne, de la Côte-d’Or, de la Guyane, de la Mayenne, du Maine-et-Loire, de la Loire Atlantique, de la Vendée, de la Corrèze, de l’Indre, du Calvados, de la Haute-Garonne, de la Haute-Vienne et de la Drôme. Les laboratoires sont notamment ceux de l’INRAE, de plusieurs IUT et universités, de Sanofi, mais aussi de l’Office français de la biodiversité, de l’Association des éleveurs de Dordogne, de l’Institut Agro Dijon, du Commissariat à l’énergie atomique, de la société Equitechnic, entre autres.

On comprend difficilement comment les préfectures et leurs services vétérinaires (DDPP) refusent encore de fournir les rapports d’inspection des laboratoires d’expérimentation animale, après tous les jugements qui les ont obligées à le faire.

La transparence fait peur à l’administration

Les justifications des préfectures sont toujours les mêmes: des craintes (infondées) de sécurité, des reproches aux associations animalistes, ou l’idée incroyable selon laquelle si le public avait accès aux rapports d’inspection des laboratoires, cela porterait atteinte à la recherche des infractions et à l’application de la loi.

Mais les tribunaux sont rarement dupes: alors que certains jugements ont autorisé les préfectures à cacher des informations très précises, la quasi-totalité n’autorisent que l’occultation des noms du personnel des laboratoires et des inspecteurs et inspectrices vétérinaires.

Une telle réticence de la part de l’administration serait presque risible si elle n’était pas dramatique, quand on sait que les sanctions sont excessivement rares et insignifiantes.

La transparence est un travail de fond

Non pas que l’on en soit aux premiers mensonges émis par l’administration pour préserver son opacité… Il nous revient donc la responsabilité de maintenir une veille et de réaliser un travail de fond, afin de regrouper des informations servant à dénoncer les limites de la réglementation et de son application.

Ces documents nous permettent enfin de constater des situations de maltraitance animale, toujours graves, parfois illégales, afin de les dénoncer et d’attaquer les responsables en justice ou d’agir contre l’inaction de l’administration quand cela est possible.

Alors, même quand l’administration n’en tire aucune leçon, chaque nouveau jugement en faveur de la transparence est une victoire.

Pour les orques et les dauphins du Marineland d’Antibes : ni Japon, ni Dubaï, ni un autre parc, mais un sanctuaire !

Pour les orques et les dauphins du Marineland d’Antibes : ni Japon, ni Dubaï, ni un autre parc, mais un sanctuaire !

Pour les orques et les dauphins du Marineland d’Antibes : ni Japon, ni Dubaï, ni un autre parc, mais un sanctuaire !
24.08.2023
Alpes-Maritimes
Pour les orques et les dauphins du Marineland d’Antibes : ni Japon, ni Dubaï, ni un autre parc, mais un sanctuaire !
Exploitation pour le spectacle

One Voice enclenche la dernière accélération pour sauver les quatre orques nées et détenues au Marineland Antibes ainsi que les dauphins qui y tournent également en rond dans des bassins décatis et vides. La ligne d’arrivée sous forme de vagues, tel un mirage, est aussi proche qu’elle semble nous échapper : faisons tout pour qu’elle se matérialise en sanctuaire marin, et non en delphinarium à l’autre bout du monde.

Le tout pour le tout pour Inouk, Moana, Wikie et Keijo

Il n’y a plus une minute à perdre. Et si, à aucun moment nous n’avons lésiné sur les moyens mis en œuvre, plus que jamais nous les décuplons. À la suite d’informations concordantes sur le départ prochain des orques et dauphins du parc marin de la Côte d’Azur, vers un ailleurs pire encore que ce qu’ils vivent depuis toujours, nous écrivons au ministère de la Transition écologique, à la préfecture des Alpes-Maritimes, à Marineland et à son propriétaire, Parques Reunidos.

Nous engageons ainsi très concrètement un dialogue avec les autorités et les propriétaires du parc, en même temps qu’un bras de fer, car pour les cétacés captifs de Parques Reunidos en France, il n’est pas encore trop tard.

Un devoir d’exemplarité pour les animaux et pour les générations futures

Les orques détenues au Marineland sont jeunes, il est encore temps de réparer tout le mal commis à leur encontre tant par l’industrie de la captivité en particulier, qui s’est alimentée et continue de le faire comme un monstre vorace jamais repu dans toutes les mers du globe, que par l’humanité en général.

Nous devons élever nos attentes vis-à-vis de nous-mêmes et de nos congénères. Tentons d’apprendre de nos erreurs et faisons tout pour les rectifier, au lieu d’ajouter encore à la longue liste des morts ces individus exploités depuis leur naissance et pendant des décennies.

Un réseau au maillage serré de partenaires spécialisés autour des orques « françaises »

Nos amis et experts des cétacés partout dans le monde s’engagent à nous prêter main forte dès maintenant. Ils se tiennent prêts, quand le moment sera venu, à les préparer à être accueillis dans les sanctuaires marins en construction.

Ainsi, chacun assume sa part de travail du côté des défenseurs des animaux. Y compris parmi des repentis du monde de la captivité. Et d’ailleurs les « soigneurs », qui sont chaque jour au plus près des animaux, seront ceux dont nous aurons besoin non seulement pour les entourer lors d’un transfert vers un sanctuaire marin, mais aussi pour leur quotidien, plus tard.

Refusons que la seule famille d’orques captives vivant ensemble soit séparée et envoyée au Japon. Refusons que les dauphins soient expédiés à Dubaï, dont nos sources s’accordent à dire que c’est là leur destination : ils y seront victimes d’une exploitation sans fin. Les uns comme les autres seront, plus encore qu’en France, au contact des clients, et donc exposés aux maladies et au stress dans des bassins toujours plus petits, sans aucune législation protectrice.

Après vingt ans de lutte acharnée contre l’industrie de la captivité, il est essentiel pour nous que les quatre dernières orques nées et dressées dans de l’eau chlorée en France puissent enfin jouir d’une vie digne et connaître un répit qu’elles n’ont jamais goûté jusqu’à présent. Notre équipe d’avocats, composée de Mes Caroline Lanty, Coline Robert et Andréa Rigal-Casta, est à nos côtés pour mener ce combat à bien. Tant que des actions seront possibles, nous les mettrons en œuvre.

Errance féline, un an de retard sur le délai prévu, et toujours aucun rapport gouvernemental en vue

Errance féline, un an de retard sur le délai prévu, et toujours aucun rapport gouvernemental en vue

Errance féline, un an de retard sur le délai prévu, et toujours aucun rapport gouvernemental en vue
23.08.2023
France
Errance féline, un an de retard sur le délai prévu, et toujours aucun rapport gouvernemental en vue
Animaux familiers

L’adoption de la loi du 30 novembre 2021 visant à lutter contre la maltraitance animale a permis quelques rares avancées en matière de bien-être animal. Elles sont cependant largement insuffisantes, et celles sur l’errance féline complètement passées sous silence. Plus d’un an et demi après l’entrée en vigueur de ces nouvelles normes, rien n’a été fait à ce sujet.

Cette loi prévoyait en effet des campagnes de stérilisation menées à titre expérimental par l’État en coopération avec les maires et présidents des collectivités territoriales volontaires.

Pour lancer le processus, un élément clé devait être remis par le ministère de l’Agriculture : un rapport dressant un diagnostic chiffré sur la question des chats errants en France, évaluant le coût de la capture et de la stérilisation et formulant des recommandations opérationnelles pour répondre à cette problématique, tout en présentant les modalités de financement du dispositif par les collectivités territoriales et l’État.

Ce document devait être remis dans un délai de six mois à compter de la promulgation, c’est-à-dire le 1er juin 2022 dernier délai.

Août 2023, toujours aucun rapport…

À l’été 2022, le gouvernement expliquait déjà faire face à des difficultés et ne pas savoir quand ledit rapport serait finalement publié.

En décembre de la même année, les députés chargés de se prononcer sur l’application de cette législation s’inquiétaient du défaut de publication, fustigeant « l’inaction des collectivités et de l’absence d’impulsion de la part de l’État » sur la situation d’errance féline, tout en rappelant « qu’une obligation de stérilisation des chats errants figurait dans la proposition de loi initiale et que celle-ci avait été supprimée au Sénat sous la pression d’élus locaux. »

En février 2023, nous avons écrit au ministre de l’Agriculture pour lui demander des renseignements, le questionner sur une date de remise du rapport, lui rappeler ses obligations mais aussi lui transmettre nos recherches sur le sujet. Un courrier resté sans réponse.

Nous voilà donc à la fin de l’été, et le dossier n’a toujours pas avancé.

En attendant, les chats continuent de souffrir

Rien de très inhabituel dans l’inaction gouvernementale sur les sujets concernant les animaux et l’environnement. Oui, mais voilà , les chats errants continuent de se reproduire, de lutter contre le froid, la chaleur, la faim, les intempéries et la malveillance humaine. Des milliers de chatons nés dehors continuent de mourir chaque année de maladies ou écrasés par des voitures. Ceux qui survivent donneront naissance à d’autres individus eux-mêmes voués à un destin tragique, et ainsi de suite…

Quant aux maires, nombreux sont ceux qui refusent de prendre leurs responsabilités en procédant à des campagnes de stérilisation, et qui ne trouvent rien de mieux à faire que d’interdire le nourrissage des chats ou de faire détruire leurs abris. Nous recevons chaque semaine des dizaines de témoignages en ce sens. De leur côté, les associations, qui croulent sous les demandes de prises en charge continuent de se démener : les protecteurs des animaux font du mieux qu’ils peuvent pour nourrir, soigner et même faire stériliser les chats errants à leurs frais, malgré l’inflation rendant leurs actions de plus en plus difficiles.

La seule solution pour mettre fin à toute cette misère réside dans la stérilisation obligatoire, comme c’est le cas en Espagne ou en Belgique, où cette disposition a même permis de faire diminuer le nombre d’euthanasies.

Aidez-nous à faire avancer ce combat : partagez notre rapport auprès de votre mairie et signez notre pétition exigeant un plan national d’urgence pour mettre un terme à l’errance féline et aux souffrances qu’elle engendre.

Tuerie au cimetière : en Moselle, des sangliers abattus entre les tombes

Tuerie au cimetière : en Moselle, des sangliers abattus entre les tombes

Tuerie au cimetière : en Moselle, des sangliers abattus entre les tombes
22.08.2023
Moselle Tuerie au cimetière : en Moselle, des sangliers abattus entre les tombes
Animaux sauvages

Tuer des animaux dans un cimetière, il fallait y penser. Il y a quelques mois, nous alertions l’opinion sur les méthodes de la préfecture de la Moselle, qui n’hésite manifestement pas à troubler le sommeil des morts pour « nettoyer » un cimetière des animaux qui n’y sont pas les bienvenus. Des méthodes que rien ne justifie, alors que des alternatives existent.

En décembre 2022, le préfet de la Moselle autorisait le « prélèvement » de chevreuils dans l’enceinte du cimetière américain de Saint-Avold. Nous avions alors publié un article, et la préfecture s’était engagée à ce que les animaux soient piégés, et non tués. Entre-temps, les chasseurs s’étaient déchaînés avec la finesse qu’on leur connaît : « Jamais on ne tuerait d’animaux dans un cimetière ! », « ces gens-là n’y connaissent rien »…

Il est désormais clair que nous avions raison de nous alarmer. Le 17 août 2023, la préfecture a publié un arrêté autorisant les « tirs administratifs » de sangliers dans l’enceinte du cimetière. Nous attendons avec impatience les réactions de nos opposants. Peut-être nous expliqueront-ils que « tirs administratifs » ne signifie absolument pas « mise à mort », mais qu’il s’agit simplement d’un lancer de formulaires CERFA …

Quoi qu’il en soit, nous interpellons à nouveau la préfecture : pourquoi tuer ces animaux alors que des alternatives existent ? Pourquoi ne pas consolider les clôtures ? Comprenons-les : il est primordial que l’herbe du cimetière reste bien verte, et il est sans doute plus facile de nettoyer des taches de sang que de remettre en place les quelques mottes de terre retournées par les sangliers.

Aucune explication rationnelle, et une nouvelle preuve, s’il en fallait une, que les services de l’État ont définitivement adopté la logique des chasseurs. Peu importe la situation, une seule réaction : tuer des animaux.

Les poissons disparaissent et les orques résidentes du Sud sont affamées: rouvrons les barrages!

Les poissons disparaissent et les orques résidentes du Sud sont affamées: rouvrons les barrages!

Les poissons disparaissent et les orques résidentes du Sud sont affamées : rouvrons les barrages !
22.08.2023
International
Les poissons disparaissent et les orques résidentes du Sud sont affamées: rouvrons les barrages!
Animaux sauvages

Dix jours. C’est le temps qu’il nous reste pour interpeller les représentants politiques des États-Unis et les convaincre de sauver les orques du Pacifique Sud. En ouvrant les barrages de la rivière Snake, ils pourraient protéger les saumons et les truites arc-en-ciel, qui y connaissent un déclin inquiétant, et permettre enfin aux Résidentes de la mer des Salish de ne plus souffrir de la famine. Ensemble, mobilisons-nous pour la famille de Lolita.

Autrefois, les orques qui nageaient nombreuses au large de Vancouver et de Seattle pouvaient être aperçues s’amusant et explorant longuement le monde qui les entourait. Aujourd’hui, leur quotidien est une éternelle quête de silence, de place et de nourriture. Victimes de la pollution, de la pêche, du dense trafic maritime et surtout des imposants barrages qui déciment les populations de poissons dont elles se nourrissent, les résidentes du Sud meurent, entre autres, de faim.

Contre les barrages, l’action ne peut plus attendre

Aux côtés de nos amis et partenaires du Center for Whale Research, nous demandons une nouvelle fois au gouvernement américain d’assurer la survie de ces orques et des poissons qui évoluent dans la rivière Snake. Pour que ceux-ci réussissent à frayer, quatre barrages doivent être ouverts. Une option envisagée par le Council on Environmental Quality, qui permet aux citoyens de s’exprimer sur le sujet jusqu’au 31 août. Il est impératif que des mesures soient prises très rapidement, sans quoi les orques de la mer des Salish risquent de disparaître.

La famille de Lolita doit lui survivre

Capturée en 1970 dans la plus grande violence, la prisonnière du Miami Seaquarium, aussi connue sous le nom de Tokitae ou de Sk’aliCh’elh-tenaut, son nom Lummi, s’est éteinte ce 18 août sans avoir pu revoir ni sa mère, toujours en vie et matriarche du pod L, ni les vastes étendues d’eau dans lesquelles elle a passé les quatre premières années de sa vie. De ses proches également capturés pour être envoyés dans des bassins minuscules aux quatre coins du monde, elle était la dernière survivante.

En sa mémoire et pour tous les membres de sa famille, agissez avec nous en interpellant les responsables politiques des États-Unis via les réseaux sociaux en joignant #BidenBreachNow à votre message et/ou en commentant le projet du gouvernement.

2023, année de tous les records pour les blaireaux !

2023, année de tous les records pour les blaireaux !

2023, année de tous les records pour les blaireaux !
18.08.2023
France
2023, année de tous les records pour les blaireaux !
Animaux sauvages

L’année 2023 est à marquer d’une pierre blanche. Dans dix nouveaux départements, les juges ont à nouveau suspendu les périodes complémentaires de vénerie sous terre. Un bouquet final qui vient clôturer une saison historique où 80 % des arrêtés contestés par l’association ont été suspendus : dans 29 territoires sur les 36 où nous avons attaqué, les blaireautins et leurs parents auront la vie sauve. Plus de 4000 d’entre eux vivront, et le déterrage est plus que jamais sur la sellette.

En mars 2023, nous lancions une grande offensive juridique contre la période complémentaire de vénerie sous terre. Nous avons fait feu de tout bois, seuls ou avec nos partenaires chaque fois que c’était possible, et mobilisé toute notre énergie pour combattre ce mode de chasse insupportable. Jusqu’au cœur de l’été, nous avons attaqué les arrêtés préfectoraux et continué d’obtenir l’interdiction de ces massacres annoncés, souvent avant même l’ouverture de la chasse.

Dix nouvelles victoires, et des milliers de blaireaux sauvés

Aux 19 suspensions déjà obtenues au cours du printemps et de l’été, s’en ajoutent dix obtenues récemment.

Dans l’Aveyron, la Corrèze, la Creuse, la Haute-Vienne, l’Indre, l’Indre-et-Loire, la Seine-et-Marne et l’Orne, avec notre partenaire AVES, nous avons convaincu les juges de la nécessité de suspendre en urgence le déterrage. Face à l’absence totale de données sérieuses et aux risques pour les familles de blaireaux que nous avons systématiquement démontrés, les juges nous ont entendus et ont balayé d’un revers de main les arguments fallacieux des chasseurs soufflés à l’État.

Sur l’interdiction de mise à mort des petits, nous avons même repoussé les limites du droit ! Dans l’Essonne, où nous avons attaqué avec la LPO, le tribunal ne s’est pas laissé avoir par les tentatives de la préfecture qui avait reporté l’ouverture de cette chasse au 15 juillet soi-disant pour protéger les jeunes, et a dit « stop » au carnage malgré cette date tardive, puisque les blaireautins sont présents dans les terriers pendant au moins un an.

Et dans le Puy-de-Dôme, le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a confirmé sa position : alors même que la préfecture avait pris un deuxième arrêté à la suite de notre première victoire – une magouille qui ne nous a pas vraiment surpris tant les préfectures sont coutumières de ces pratiques -, nous avons à nouveau obtenu gain de cause avec Animal Cross, AVES, FNE Aura, FNE Puy-de-Dôme et LPO Aura.

Au total, ce sont donc plus de 4000 individus qui ont été sauvés en tout et pour tout dans 29 départements qui dérogeaient à la fermeture de cette chasse déjà autorisée le reste de l’année, et dont nous avions dénoncé la cruauté grâce à une enquête en infiltration à hauts risques au sein d’un équipage de déterreurs.

Période complémentaire de vénerie sous terre : le début de la fin !

Grâce à tous ces succès, le déterrage au printemps et en été est plus que jamais remis en cause. Le Conseil d’État lui-même a confirmé sans ambiguïté que la loi interdit de tuer les blaireautins, et nous a invités à continuer, département par département, d’attaquer les arrêtés. Qu’il compte sur nous ! Car si la période complémentaire est sur la sellette, les préfets ne lâchent pas l’affaire : pour le printemps 2024, plusieurs dizaines d’arrêtés ont déjà été adoptés… Mais nous serons là, chaque fois que nécessaire, pour mettre un terme définitif à ces massacres.

N’oublions pas qu’après la période complémentaire, le déterrage pourra reprendre dès le mois de septembre dans de très nombreux départements. Les blaireaux seront visés, mais également les renards, comme nous l’avions montré dans nos infiltrations. Nous allons continuer de multiplier les initiatives – comme notre plainte à la Convention de Berne – et de porter la voix de ces animaux, au plus près du public !

Toutes ces victoires ouvrent la voie à la fin de l’acharnement insupportable que subissent ces héros si discrets, véritables architectes des sous-sols de nos territoires. Derrière leur pelage noir et blanc, ils rendent des services majeurs à la nature (leurs terriers abritent par exemple des espèces protégées comme les chauves-souris, les chats forestiers ou encore les loutres). Dans le Bas-Rhin comme dans plusieurs pays européens (Royaume-Uni, Pays-Bas, Luxembourg…), leur chasse est interdite et les dégâts n’ont pas augmenté : logique, puisque les blaireaux se nourrissent surtout de baies. Ils peuvent s’y reproduire tranquillement – et très lentement, ce qui justifie d’autant plus leur protection.

Pour que les déterreurs arrêtent de semer la terreur dans les campagnes – comme le souhaitent plus de quatre Français sur cinq (sondage IPSOS/One Voice septembre 2022)-, plus que jamais, soutenez les blaireaux et signez notre pétition pour obtenir l’abolition de la vénerie sous terre des blaireaux et leur protection !

Les 29 victoires du printemps-été 2023

  • Aisne : audience du 16/06/2023 (TA d’Amiens)
  • Aube : audience du 06/06/2023 (TA de Châlons-en-Champagne)
  • Allier : audiences du 30/05/2023 et du 18/07/2023 (TA de Clermont-Ferrand)
  • Aveyron : audience du 27/07/2023 (TA de Toulouse)
  • Charente-Maritime : audience du 09/05/2023 (TA de Poitiers)
  • Corrèze : audience du 17/07/2023 (TA de Limoges)
  • Creuse : audience du 01/08/2023 (TA de Limoges)
  • Essonne : audience du 09/08/2023 (TA de Versailles)
  • Eure-et-Loir : audience du 05/06/2023 (TA d’Orléans)
  • Haute-Loire : audience du 20/06/2023 (TA de Clermont-Ferrand)
  • Haute-Vienne : audience du 01/08/2023 (TA de Limoges)
  • Ille-et-Vilaine : audience du 08/06/2023 (TA de Rennes)
  • Indre : audience du 01/08/2023 (TA de Limoges)
  • Indre-et-Loire : audience du 10/08/2023 (TA d’Orléans)
  • Loir-et-Cher : audience du 03/07/2023 (TA d’Orléans)
  • Loiret : audience du 05/06/2023 (TA d’Orléans)
  • Maine-et-Loire : audience du 27/07/2023 (TA de Nantes)
  • Manche : audience du 09/05/2023 (TA de Caen)
  • Meuse : audience du 13/06/2023 (TA de Nancy)
  • Nièvre : audience du 31/03/2023 (TA de Dijon)
  • Oise : audience du 09/05/2023 (TA d’Amiens)
  • Orne : audience du 03/08/2023 (TA de Caen)
  • Puy-de-Dôme : audiences du 30/05/23 et du 01/08/2023 (TA de Clermont-Ferrand)
  • Savoie : audience du 16/06/2023 (TA de Grenoble)
  • Seine-et-Marne : audience du 25/07/2023 (TA de Melun)
  • Tarn-et-Garonne : audience du 03/05/2023 (TA de Toulouse)
  • Vienne : audience du 26/05/2023 (TA de Poitiers)

Piégeage : aujourd’hui un faon, combien d’autres victimes avant un sursaut ?

Piégeage : aujourd’hui un faon, combien d’autres victimes avant un sursaut ?

Piégeage : aujourd’hui un faon, combien d’autres victimes avant un sursaut ?
17.08.2023
Bouches-du-Rhône
Piégeage : aujourd’hui un faon, combien d’autres victimes avant un sursaut ?
Animaux sauvages

Chaque année, des dizaines de milliers d’animaux sont piégés en France. Au-delà de sa cruauté, cette pratique constitue un danger majeur pour nombre d’entre eux, sauvages ou non, qui sont immobilisés, mutilés ou tués. Dans les environs de la commune d’Aurons, un faon a récemment été pris dans un piège à collet. Face à l’inquiétude grandissante de tous les citoyens qui craignent pour les animaux sauvages et leurs animaux familiers, nous alertons le maire pour que soit identifié l’auteur de cette pose illégale et dénonçons une nouvelle fois la pratique du piégeage.

Animaux familiers ou sauvages, aucun n’est épargné

Il y a quelques mois, nous annoncions porter plainte pour Mani, un chat qui a frôlé l’amputation après avoir été pris dans un collet. Après de longues heures de souffrance, il a finalement été libéré et sa patte sauvée in extremis. Cooper avait été sauvé d’un piège à mâchoire, et une louve avait été retrouvée étranglée dans un piège à renards dans le Gard. Nous avions déposé plainte pour eux aussi. Malgré les alertes répétées, rien ne change, et les forêts se transforment en parcours du combattant pour les animaux.

Dans le petit village d’Aurons, des habitants atterrés nous ont récemment alertés après avoir découvert un faon paniqué pris au piège dans le courant du mois d’août 2023. Pendant plusieurs heures, il est resté immobilisé, un solide fil métallique se serrant d’autant plus autour de son cou qu’il cherchait à s’enfuir.

Loin d’être anecdotiques, ces cas sont symptomatiques de l’hypocrisie de la réglementation. Pour être autorisés, les pièges sont censés être « sélectifs ». En d’autres termes, ils ne doivent fonctionner que pour les espèces classées comme susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD, ex-« nuisibles »). Comment peuvent-ils être sélectifs s’ils sont posés au milieu de la forêt, prêts à s’actionner au moindre mouvement ? En réalité, ces instruments fonctionnent de façon indiscriminée, quel que soit l’animal.

Les pièges, le cauchemar des animaux classés ESOD

Au-delà des piégeages d’individus non visés, chaque année, des renards aux fouines, des corneilles aux geais, des centaines de milliers d’animaux perdent la vie, tués par les piégeurs. Étranglés dans des collets, mutilés dans des pièges à mâchoire, maintenus par une patte souvent cassée avant d’être achevés, emprisonnés dans des cages ou emmêlés dans des filets, rien ne leur est épargné.

Le calvaire des membres de ces espèces au motif qu’elles seraient soi-disant « nuisibles » est permanent : en tout temps et tout lieu, les chasseurs font preuve d’une imagination redoutable pour en venir à bout. Alors que nous déposons un recours contre le classement de nombreuses espèces en tant qu’ « ESOD » sur tout le territoire, nous appelons solennellement les autorités au sursaut et à la responsabilité, alors que nos forêts se transforment progressivement en champs de mines pour tous les animaux.

Pour le faon d’Aurons, nous avons écrit au maire de la commune afin que le piégeur soit identifié et poursuivi. Pour tous les autres, un soutien collectif est primordial ! Signez notre pétition pour une réforme radicale de la chasse, et signalez-nous tout piège qui ne ferait pas apparaître clairement le numéro d’agrément du piégeur !

Nouvelle enquête au Parc Saint Léger : rien ne change pour les animaux du cirque fixe

Nouvelle enquête au Parc Saint Léger : rien ne change pour les animaux du cirque fixe

Nouvelle enquête au Parc Saint Léger : rien ne change pour les animaux du cirque fixe
17.08.2023
France
Nouvelle enquête au Parc Saint Léger : rien ne change pour les animaux du cirque fixe
Exploitation pour le spectacle

Après la saisie d’avril 2022 au Parc Saint Léger, Kid Bauer a-t-il fait le nécessaire pour transformer son cirque fixe en havre de paix pour les makis cattas, les lions et les autres animaux ? Pas vraiment ! Notre enquête du mois de mai 2023 montre que leur situation est toujours aussi alarmante, entre félins et ratons laveurs prisonniers d’espaces ridicules et makis cattas exposés aux visites de quinzaines de touristes directement dans leur enclos. Alors que la précédente est toujours en cours, nous portons plainte à nouveau pour exploitation irrégulière et mauvais traitements commis par un professionnel.

Rien ou presque n’a changé depuis la saisie de deux muntjacs, d’un porc-épic, d’un cygne, de deux aras, de quatre tortues et d’un python l’année dernière obtenue grâce aux images de nos enquêteurs et notre plainte pour maltraitance. Loin de se remettre en question, le cirque fixe de Saint-Léger-en-Braye continue d’exploiter les animaux qu’il expose sans rien changer à leurs conditions de détention.

Les jours d’ouverture du parc, les makis cattas voient passer des groupes de quinze à vingt personnes dans leur enclos. Toute cette foule parle à qui mieux mieux. Amenés par des adultes, certains enfants effrayés pleurent tandis que d’autres crient d’excitation sans que le « soigneur » les appelle au calme. Il n’avertit pas non plus du risque, bien réel, de zoonoses, alors que les visiteurs donnent à manger à même leurs mains aux animaux perchés sur leurs épaules. Envahis de toutes parts, les makis cattas doivent endurer ces moments de stress s’ils veulent manger, quitte à se faire piétiner. Un scénario qui n’a rien d’improbable, puisque même le membre du personnel qui fait visiter l’enclos avoue avoir marché sur la queue d’un des lémuriens plus tôt dans la journée. Une scène surréaliste !

Des ratons laveurs qui essaient de s’échapper

Dans le minuscule enclos des ratons laveurs, les gamelles sont vides et des planches de bois et des plaques de béton jonchent le sol pour toute distraction. Aucun arbre ni aucune zone de baignade ne sont mis à leur disposition, alors que dans la nature ils adorent grimper, nager et parcourir des territoires d’un à trois kilomètres carrés. Comment s’étonner, dans de telles conditions, que l’un d’eux, nous fixant de son regard perçant à travers la grille, semble désespérément chercher une ouverture assez grande pour s’enfuir ?

Absents du plan du parc, des lionnes et des tigres toujours captifs

Si le Parc Saint Léger n’a pas présenté de spectacle d’éléphant depuis les numéros imposés à Baby en 2019 et semble avoir abandonné les représentations au cours desquelles il faisait entrer un spectateur dans la cage aux lionnes, les félins dressés sont toujours là. On aurait pu croire le contraire, lionnes et tigres ne figurant plus ni sur le plan du cirque fixe, ni parmi les photos des animaux détenus…

Enfermés dans des enclos qui ne leur permettent ni de se cacher, ni de trouver de l’ombre, tous souffrent de stéréotypies, exprimant leur stress et leur ennui par des va-et-vient qui laissent de longs sentiers nus au milieu de l’herbe de ces prisons à ciel ouvert.

Rien, ni les révélations de nos enquêtes, ni la saisie ou les rappels à l’ordre des autorités compétentes, ne semble avoir d’impact sur Kid Bauer. Attendent-elles que le dresseur prenne exemple sur son frère et envoie ses prisonniers mourir ailleurs, comme au Belvédère, ce zoo tunisien où Gilbert Bauer a abandonné Baby ? Le Parc Saint Léger doit fermer et tous les animaux présents ici doivent être placés en sanctuaire.

Nos images ont à chaque fois mis au jour les conditions de détention désastreuses des animaux. En 2023, la situation n’a guère évolué. Pour les pumas, les tortues géantes, les kangourous et tous les autres, nous portons une nouvelle fois plainte contre l’établissement.

Des milliers de chiens des États-Unis destinés aux laboratoires transitent par le Danemark pour inonder le marché européen

Des milliers de chiens des États-Unis destinés aux laboratoires transitent par le Danemark pour inonder le marché européen

Des milliers de chiens des États-Unis destinés aux laboratoires transitent par le Danemark pour inonder le marché européen
09.08.2023
International
Des milliers de chiens des États-Unis destinés aux laboratoires transitent par le Danemark pour inonder le marché européen
Expérimentation animale

Grâce à une enquête d’Anima Denmark et The Camp Beagle (Angleterre), nous dénonçons le sort terrible qui a frappé et frappe quotidiennement des centaines de chiens, notamment destinés aux laboratoires français. À leurs côtés et avec de nombreux partenaires au niveau international, One Voice appelle à ce que Scandinavian Airlines (SAS) arrête de transporter des chiens vers les laboratoires, à ce que l’aéroport de Copenhague cesse de les accepter et de faciliter leur distribution à travers l’Europe. Nous demandons également la fermeture de tous les élevages de l’entreprise Marshall BioResources à l’origine de ces importations, et la fin des expérimentations sur les chiens.

Le 14 janvier 2022, 74 chiens ont été expédiés par l’élevage new-yorkais de Marshall BioResources (MBR) vers les paillasses de Charles River à Évreux en Normandie. Trois semaines plus tard, un autre vol en expédiait 83 autres à destination de laboratoires français, italiens et danois.

La terreur des chiens dans les boîtes de transport n’est que le début de l’enfer qui les attend

Ces nouvelles images révélées par Anima Denmark et tournées à l’aéroport de Copenhague sont probablement la seule trace qui restera de l’existence de ces animaux. Inquiets, fatigués, pataugeant dans leurs déjections, ils resteront enfermés pendant des heures voire des jours dans des boîtes de transport fixées à des palettes. À Copenhague, entre deux avions, celui venu des États-Unis et ceux que les étiquettes indiquent… France, Italie, Allemagne, Pays-Bas, Espagne… Ils sont battus à tous les vents, dans le bruit des turbines, prêts à être embarqués vers le lieu de leur calvaire et de leur mort. Leurs aboiements sont éloquents, à crever le cœur.

Et ce n’est là qu’un petit échantillon des nombreuses importations réalisées par MBR en Europe. Selon The Camp Beagle (Angleterre) qui a obtenu les données auprès des autorités britanniques et danoises et procédé à leur analyse, en trois ans, près de 5000 chiens ont été expédiés de cette manière. À chaque fois, c’est la compagnie Scandinavian Airlines et l’aéroport de Copenhague qui sont en cause, sans que les passagers présents sur les vols se doutent de quoi que ce soit.

Le géant de l’élevage pour les labos: Marshall, en Europe…

L’entreprise Marshall est implantée en France depuis la fin des années 1990 (aujourd’hui sous la forme de la société lyonnaise ironiquement nommée « Utopia ») pour importer des chiens des États-Unis vers l’Europe. Plus récemment, l’entreprise a racheté les élevages de Gannat puis Mézilles pour « produire » ses animaux directement en France, ce qui est sans doute plus rentable. Mais apparemment, cela ne suffisait toujours pas.

En Italie, alors que l’élevage Marshall de Green Hill a été fermé et ses dirigeants emprisonnés pour cruauté envers les chiens en 2015-2016, c’est la maison-mère qui a pris le relais et poursuit désormais ses exportations. En Espagne, le laboratoire Vivotecnia a continué de recevoir des chiens tout au long de l’année 2022, malgré l’enquête accablante menée par notre partenaire Cruelty Free International.

Il est plus que temps d’arrêter ça

Aujourd’hui, les chiens que l’on voit sur ces images sont certainement tous morts, après l’empoisonnement dû aux tests de produits toxiques (notamment des pesticides) et les conséquences de ces tests.

Avec nos partenaires internationaux Anima (Danemark), The Camp Beagle (Angleterre), et aux côtés de Doctors Against Animal Experiments (Allemagne), Cerremos Vivotecnia (Espagne), Animal Rights (Pays-Bas et Belgique), Daniel Rolke (Suède) et Peta (USA), nous appelons à l’arrêt des transports de chiens vers les laboratoires par Scandinavian Airlines (SAS) et à l’engagement de l’aéroport de Copenhague contre ce type d’importations. Nous demandons également la fermeture de tous les élevages MBR en Europe et, comme les trois quarts des Français (sondage IPSOS/One Voice, avril 2023), la fin des expériences sur les chiens.

Pour les interpeller, vous pouvez reprendre le texte ci-dessous sur les réseaux sociaux.

Twitter :

.@SAS @SAS_Complaints @CPHAirports, arrêtez de participer au transport de chiens vers les laboratoires et vers leur mort ! #ExpérimentationAnimale #MBRGatewaytoHell #EndAnimalTesting #freethembrbeagle @TheCampBeagle_ @animadk https://one-voice.fr/news/des-milliers-de-chiens-des-etats-unis-destines-aux-laboratoires-transitent-par-le-danemark-pour-inonder-le-marche-europeen/

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