Des mobilisations de Paris à Rome pour dire à l’UE : STOP à l’huile de palme dans les carburants!

Des mobilisations de Paris à Rome pour dire à l’UE : STOP à l’huile de palme dans les carburants!

Des mobilisations de Paris à Rome pour dire à l’UE : STOP à l’huile de palme dans les carburants !
21.01.2019
Paris
Des mobilisations de Paris à Rome pour dire à l’UE : STOP à l’huile de palme dans les carburants !
Habitat naturel

One Voice et ses partenaires se sont rassemblés devant la commission européenne à Paris et les représentants ont été reçus pour dire stop à l’huile de palme dans les carburants.

Photo: SumOfUs – GUENOLE-LE-GAL-2596 – Mobilisation #NotInMyTank à Paris

Une coalition d’ONG s’est mobilisée aujourd’hui dans cinq capitales européennes – Paris, Berlin, Madrid, Rome et Bruxelles – pour demander à l’Union européenne de mettre fin aux subventions pour l’huile de palme dans les carburants.

A Paris, 75 personnes se sont rassemblées devant la représentation de la Commission européenne. Des militants des associations ANV COP21, Canopée, Les Amis de la Terre, One Voice, SumOfUs et Greenpeace, y ont installé une « forêt tropicale », avec de faux palmiers à huile et des personnes en déguisement d’orangs-outans. Les responsables des associations ont même été reçus dans les locaux parisiens de la Commission, face à l’Assemblée Nationale. Lors de l’entretien, il leur a été confirmé que le message serait porté au niveau européen.

Les manifestants ont également remis à la Commission européenne les pétitions d’une dizaine d’organisations européennes – parmi lesquelles Canopée, Les Amis de la Terre et SumOfUs – ayant recueilli plus de 500 000 signatures
demandant la fin des subventions européennes pour l’huile de palme dans les carburants.

En mai dernier, le Parlement européen a adopté une loi pour mettre un terme à l’incorporation dans les carburants de matières premières qui sont à « haut risque » pour le climat, comme l’huile de palme. Cette loi propose de plafonner puis d’éliminer des produits controversés et demande aux distributeurs de carburants davantage de transparence. La Commission Européenne doit entériner cette volonté par un acte délégué, attendu pour le 1er février.

En France, les agrocarburants sont responsables de 75% de l’huile de palme consommée. Selon les ONG, ces « biocarburants » sont en réalité trois fois plus néfastes pour le climat que les carburants conventionnels, à cause de la déforestation qu’ils entraînent. Les plantations de palmier à huile sont en train de ravager les dernières forêts tropicales primaires de la planète et la précieuse biodiversité qu’elles abritent.

Pour Muriel Arnal, présidente fondatrice de One Voice, « Le fait que les biocarburants puissent contenir de l’huile de palme est impensable à tant de niveaux… En premier lieu pour les orangs-outans qui meurent de la disparition de leur habitat. Et pour ajouter à l’absurde de la situation, pour des prétextes écologiques! Comment peut-on oser laisser faire? »

Pour Sylvain Angerand, président de Canopée Forêts Vivantes et porte-parole de la fédération des Amis de la Terre France pour cette campagne: « L’Assemblée Nationale a supprimé l’avantage fiscal permettant l’incorporation d’huile de palme dans les carburants mais Total, propriétaire de la bioraffinerie de La Mède, a annoncé vouloir remettre en cause le vote des députés en demandant une dérogation. Si la Commission ne tranche pas clairement et ouvre des dérogations, il est certain que Total s’engouffrera dans la brêche. »

« L’Union européenne est sous la pression des lobbies depuis des années pour soutenir l’utilisation d’huile de palme dans les carburants, et elle a réussi à faire passer cette industrie de la destruction pour une alternative écologique, » a déclaré Fatah Sadaoui, responsable de campagnes chez SumOfUs. « Pourtant, des centaines de milliers de personnes se sont mobilisées pour dire à l’UE : nous ne voulons pas être complices de la destruction des forêts tropicales, donc nous ne voulons plus d’huile de palme dans nos réservoirs. Il faut que la Commission européenne agisse au plus vite pour sauver les derniers orangs-outans, les forêts tropicales et les communautés qui y vivent et en dépendent. »

Pour Clément Sénéchal, chargé de campagne Forêts et Climat à Greenpeace France, « la production d’agrocarburants à l’huile de palme ravage les forêts, alors qu’elles sont une des meilleures protections contre le changement climatique. Il est urgent d’en finir avec cette fausse solution. Nous comptons aujourd’hui sur la Commission européenne pour entendre les attentes des citoyen-ne-s et résister aux sirènes des multinationales, comme Total, qui privilégient leurs profits destructeurs. »

Informations supplémentaires

Les pétitions :

https://actions.sumofus.org/a/…

https://www.act.transportenvir…

SumOfUs est un groupe mondial de consommateurs, travailleurs et investisseurs qui fait campagne pour faire rendre des comptes aux grandes entreprises. Plus de 14 millions de personnes ont mené plus de 50 millions d’actions dans le monde avec SumOfUs depuis son lancement. www.sumofus.org/fr

One Voice est une association radicale (prenant les problématiques à la racine), qui défend les animaux depuis 1995. Active sur tous les fronts de la souffrance animale en France et dans le monde, l’association se bat contre l’exploitation des animaux dans les cirques, les delphinariums et les laboratoires, pour la mode, la chasse, etc. Elle lutte contre l’errance et travaille en concertation avec les autorités pour obtenir des condamnations exemplaires des tortionnaires d’animaux et placer leurs victimes en sécurité. Non violente, One Voice croit en l’unicité des combats et se veut une même voix pour les animaux et la planète. Les problématiques animales, humaines et environnementales étant étroitement liées, seule une approche globale permettra d’offrir un monde en paix aux générations futures ! www.one-voice.fr

Greenpeace est un réseau international d’organisations indépendantes qui agissent selon les principes de non-violence pour protéger l’environnement, la biodiversité et promouvoir la paix. Il s’appuie sur un mouvement de citoyennes et citoyens engagé-e-s pour construire un monde durable et équitable.
www.greenpeace.fr

Little Grey et Little White, bientôt libres!

Little Grey et Little White, bientôt libres!

Little Grey et Little White, bientôt libres!
21.01.2019
Islande
Little Grey et Little White, bientôt libres!
Exploitation pour le spectacle

Faire passer deux jeunes bélugas d’un aquarium en Chine à une baie en Islande n’est pas facile! Grâce à un travail assidu, Little Grey et Little White vont pouvoir voyager par les airs, sur terre et en mer, jusqu’au sanctuaire de bélugas de la baie de Klettsvik, au large de la côte Sud de l’Islande. Un merveilleux processus de remise en liberté de bélugas gardées captives, qui aura pris plusieurs mois… voire des années.

EDIT au 10 août 2020

Depuis le 7 août 2020, Little Grey et Little White ont rejoint un sanctuaire marin. A terme, elles devraient rejoindre l’océan.

 

Capturées petites, Little Grey et Little White ont vécu l’essentiel de leur vie en captivité. Elles viennent de rejoindre un sanctuaire marin. A terme, elles devraient rejoindre l’océan. Voilà qui met le sourire aux lèvres! @BelugaSanctuary @SeaLifeTrust pic.twitter.com/HgmrP5TxU2

— One Voice (@onevoiceanimal) August 10, 2020

Les belugas, des êtres si délicats et si fragiles

Capturées en Russie quand elles étaient toutes petites, Little Grey et Little White ont à présent douze ans. Elles ont vécu l’essentiel de leur vie en captivité dans l’aquarium de Shanghai.

Les bélugas ont le plus grand mal à survivre en captivité, et encore moins à s’y reproduire. Peut-être est-ce pour cela que la Chine a accepté de libérer ces deux dames de 4 mètres, et 900 kg chacune. Pour l’instant, elles sont incapables de survivre seules. Mais c’est la fin du tunnel pour Little White et Little Grey. Tourner en rond à l’infini dans un bassin minuscule, c’est bientôt derrière elles. Nous le savons depuis le mois de juin 2018, et nous en réjouissions pour elles.

 

Little White & Little Grey, deux femelles #bélugas de 12 ans, vont être libérées dans quelques mois de l’#aquarium de Shanghai, pour bénéficier du magnifique espace naturel du #sanctuaire islandais @BelugaSanctuary! #StopCaptivité @WHALES_org @SeaLifeTrust https://t.co/MzEl7CHuBc

— One Voice (@onevoiceanimal) 28 juin 2018

Un projet qui met le sourire aux lèvres

Depuis l’été dernier, tout a été mis en œuvre pour préparer leur arrivée. Le sanctuaire « Beluga Whale Sanctuary », du Sea Life Trust, prend forme au large de la côte Sud de l’Islande, dans l’une des baies de l’Ile Heimaey. C’est là-bas que Keiko, l’orque dressée utilisée pour jouer dans la série de films « Sauvez Willy! » a pu goûter à la liberté et retrouver de grands espaces.

Si tout se passe pour le mieux, Little White et Little Grey pourront vivre encore 40 à 50 ans dans les 32 000 mètres carrés sur 10 mètres de profondeur de ce sanctuaire naturel.

10 000 kilomètres à parcourir avant la liberté!

Si tout se passe bien, car elles vont tout de même traverser quasiment 10 000 kilomètres, par les airs, sur terre et par mer avant d’arriver. Trente heures de trajet, sous analgésiques et à moitié recouvertes d’eau. Et le stress que ce voyage induit ne sera pas de tout repos.

D’ici-là, pour leur assurer un bel avenir, les humains qui s’occupent d’elles tentent de les entrainer à leur future vie en mer, car barboter dans un bassin minuscule d’aquarium ne permet pas de muscler ses nageoires, ni de retenir suffisamment sa respiration.

 

#WhaleHelloPlane! We’re relocating two #beluga #whales with transport partner @Cargolux_Intl to the world’s first @SeaLifeTrust #belugasanctuary! Our policy manager Rob Lott was there when a very special plane was unveiled! #BelugaFlight
Track it here: https://t.co/66A9dHdl2O pic.twitter.com/GjGVpkFX3A

— WDC (@WHALES_org) 13 janvier 2019

Un projet qui voit le jour grâce à de nombreuses organisations

Ce projet est l’aboutissement de nombreuses volontés humaines, le Whale and Dolphin Conservation, CargoLux (en charge du transport aérien), et tant d’autres!

La Dre Lori Marino, spécialiste en neurobiologie et comportement des cétacés avec qui nous travaillons ponctuellement est une amie de longue date de l’association. Elle est associée à ce projet depuis toujours, et prévoit la création d’un autre sanctuaire en Amérique du Nord, le Whale Sanctuary Project, projet d’envergure qu’elle nous avait présenté lors de la conférence Superpod 6. Celui-ci pourrait accueillir des bélugas, dauphins et orques telles que Morgan et Lolita.

 

Dre Lori Marino explique le @whale_sanctuary et revient sur le nombre de cétacés captifs dans le monde. #Superpod6 #BlackfishEffect pic.twitter.com/KFKLCxpwWZ

— One Voice (@onevoiceanimal) 18 juillet 2018

One Voice suit de très près ces deux projets de sanctuaires marins. Nous espérons toujours qu’un nouvel arrêté ministériel voie le jour et interdise les delphinariums. Un arrêté interdisant les échanges et la reproduction en captivité nous suffirait même, comme le précédent. Mais il est urgent que l’État prenne sa part de responsabilité sur ce sujet. Nous le combattons dans l’intérêt des cétacés actuellement captifs en France, comme (Wikie, Inouk, et les autres), mais nous préférerions largement ne pas avoir à aller jusque-là… ni si souvent.

Signez et partagez notre pétition pour fermer définitivement les delphinariums français!

Les Etats-Unis et l’Australie : des territoires pionniers dans la recherche sur le Lien

Les Etats-Unis et l’Australie : des territoires pionniers dans la recherche sur le Lien

Les Etats-Unis et l’Australie : des territoires pionniers dans la recherche sur le Lien
18.01.2019
Etats-Unis et Australie
Les Etats-Unis et l’Australie : des territoires pionniers dans la recherche sur le Lien
Animaux familiers

Les Etats-Unis et l’Australie, pays pionniers, cumulent aujourd’hui déjà une trentaine d’années de recherche sur le Lien.

La National Link Coalition : une institution américaine pionnière dans la promotion du Lien

Aujourd’hui, il est de plus en plus souvent admis que la maltraitance animale est un indicateur potentiel d’un comportement agressif ou violent à l’égard des humains, et diverses initiatives font leur apparition dans le monde en faveur de mesures et de procédures qui tiennent compte de cette connaissance, en vue de prévenir l’escalade de la violence au sein des familles et de la société. La National Link Coalition, dont le siège est aux États-Unis, joue un rôle de pionnier dans la promotion du Lien sur le plan international. Cette coalition est dirigée par un comité de pilotage composé de spécialistes américains de la prévention de toutes les formes de violence domestique, et sa mission consiste à promouvoir des politiques et des pratiques pour améliorer la sécurité des personnes et des animaux. Des groupes de la National Link Coalition se sont formés dans 20 États américains. (8)

Il ne fait guère de doute que la maltraitance animale est souvent liée à d’autres formes de violence interpersonnelle. Cette découverte est maintenant solidement établie dans la littérature sur la violence domestique et la criminologie, que les coupables soient des étudiants, des délinquants, des criminels, des partenaires de femmes battues, ou des enfants (9).

La majeure partie des études antérieures reposaient sur des échantillons de commodité * et sur des données transversales. Or, dans une étude réalisée en 1999, Arluke et ses collègues ont comparé les antécédents judiciaires de 153 individus reconnus coupables de maltraitance animale avec ceux d’un groupe témoin de 153 individus n’ayant pas maltraité d’animaux, avec une correspondance sur la base des facteurs suivants : sexe, âge, statut socioéconomique et rue ou quartier (10). Les auteurs de maltraitance animale étaient au moins trois fois plus susceptibles d’avoir des antécédents judiciaires et au moins cinq fois plus susceptibles d’avoir commis un crime ou un délit violent.

Dans la première étude américaine portant sur la cruauté envers les animaux, basée sur un échantillon représentatif de la population nationale adulte, les chercheurs (11) ont analysé les données de l’enquête épidémiologique nationale 2001-2002 sur les problèmes liés à l’alcool (NESARC). Cette enquête portait sur 43 093 résidents âgés de 18 ans et plus, à l’exclusion des résidents d’institutions spécialisées, et une comparaison a été faite entre les individus qui déclaraient avoir maltraité des animaux et ceux qui n’en avaient jamais maltraités, concernant 31 comportements antisociaux différents. Les individus ayant reconnu avoir maltraité des animaux étaient significativement plus susceptibles que les autres d’avoir manifesté tous ces comportements antisociaux. Les Liens les plus forts entre comportement antisocial et cruauté envers les animaux ont été observés chez les individus coupables de vols ou d’agressions, d’incendie criminel, de harcèlement ou de menaces.

Cette étude indique aussi un Lien significatif entre la cruauté envers les animaux et un certain nombre de troubles psychiatriques comme les troubles liés à la consommation d’alcool, le jeu pathologique, les troubles du comportement, les troubles de personnalité antisociale et plusieurs autres troubles de la personnalité (trouble obsessionnel compulsif, trouble paranoïde et trouble de la personnalité histrionique*). Ces Liens ont été observés même après avoir tenu compte d’un certain nombre de variables socio-démographiques pertinentes :

  • l’âge,
  • le sexe,
  • les origines ethniques,
  • le niveau d’éducation,
  • les revenus,
  • la situation de famille,
  • la région et le lieu de résidence, en zone urbaine ou rurale.

Dans une étude réalisée en 2009 et portant sur 860 étudiants de premier cycle, DeGue et DeLillo ont constaté que 60 % des étudiants ayant été témoins ou acteurs d’actes de cruauté sur des animaux au cours de leur enfance ont aussi été victimes de maltraitance ou témoins de violences conjugales chez leurs parents (12). Ceux qui ont été directement maltraités ou négligés présentent la plus forte probabilité de maltraiter des animaux. Ceux qui ont été témoins d’actes de maltraitance animale sont huit fois plus susceptibles d’avoir maltraité des animaux, et 30 % de ceux qui ont été exposés à des violences domestiques ont aussi vécu l’expérience de la maltraitance animale. Cependant, seulement 30 % environ de ceux qui ont connu la violence familiale ont aussi connu la maltraitance animale.

«La maltraitance animale pourrait donc être un indicateur de la violence familiale plus fiable que l’inverse.»

Dans tous les cas, la maltraitance animale est un indicateur fort des multiples formes de violence contre des membres de la famille.

L’apport australien dans la recherche sur le Lien

Les recherches réalisées en Australie ont confirmé pour l’essentiel les résultats observés dans d’autres pays, de façon prédominante aux États-Unis et au Royaume-Uni. Plusieurs ouvrages et articles ont été consacrés à ces travaux (12 à 20). Les recherches sur le Lien en Australie ont été menées par une petite équipe de chercheurs. Il s’agit notamment de Gullone, qui a démontré un Lien entre d’une part la cruauté envers les animaux et d’autre part le harcèlement et les brimades chez les adolescents, la violence familiale et le fait d’avoir assisté à des actes de cruauté sur des animaux commis par des personnes d’une importance significative pour le témoin (12 à 16). Le Docteur Tania Signal, entre autres (19), a mené un nombre non négligeable d’études en Australie et a contribué de façon significative à la recherche australienne (13). Des groupes et des ressources (20) pour étudier le Lien de façon concrète ont été développés un peu partout dans le pays. Un projet relativement nouveau appelé le projet de Lucy a été lancé (19).

*Echantillon de commodité : les sujets de l’étude sont choisis pour des raisons pratiques, et parce que le chercheur n’a pas jugé utile de choisir des sujets représentatifs de la population globale.
*Personnalité histrionique : Trouble de la personnalité caractérisé par une tendance marquée à la dramatisation, au théâtralisme. S’y associe fréquemment une grande facilité à être influencé par autrui ou par les circonstances.

Sources
8 http://nationallinkcoalition.o…
9 Flynn, Clifton P., Understanding Animal Abuse: A Sociological Analysis, Lantern Books, 2012.
10 Arluke, A., Levin, J., Luke, C. et Ascione, F. (1999), « The Relationship of Animal Abuse to Violence and Other Forms of Antisocial Behavior ». Journal of Interpersonal Violence, 14: 963-75.
11 Vaughn, Michael G., Qiang Fu, Matt DeLisi, Kevin M. Beaver, Brian E. Perron, Katie Terrell et Matthew O. Howard (2009), « Correlates of Cruelty to Animals in the United States: Results from the National Epidemiological Survey on Alcohol and Related Conditions ». Journal of Psychiatric Research 43: 1213-18.
12 DeGue, Sarah et David DeLillo (2009), « Is Animal Cruelty a ‘Red Flag’ for Family Violence? Investigating Co-occurrence Violence toward Children, Partners and Pets ». Journal of Interpersonal Violence 24: 1036-56.
13 Clifton Flynn, professeur de sociologie et rectrice à l’université de Caroline du Sud, Spartanburg, SC, États-Unis.
12 Gullone, E. (2012), Animal cruelty, Antisocial Behaviour and Aggression: More than a link. Palgrave Macmillan Ltd., Hampshire.
13 Gullone, E. et Clarke, J. (2008), « Human-Animal Interactions: The Australian Perspective ». In F. Ascione (et col.), The International Handbook of Theory and Research on Animal Abuse and Cruelty (pp. 305-335). West Lafayette, Indiana: Purdue University Press.
14 Gullone, E. (2012), « Animal cruelty and family violence ». In Reyes, C.L. et Brewster, M.P. (et col.). Animal cruelty and the Criminal Justice System (pp. 237-262), Durham, N.C., Carolina Academic Press.
15 Gullone, E. et Robertson, N. (2008), « The relationship between bullying and animal abuse in adolescents: The importance of witnessing animal abuse ». Journal of Applied Developmental Psychology, 29, 371-379.
16 Thompson, K. et Gullone, E. (2008), « Prosocial and antisocial behaviours in adolescents: An investigation into associations with attachment and empathy ». Anthrozoos, 21, 123-137.
17 Volant, A., Johnson, J., Gullone, E. et Coleman, G. (2008), « The relationship between family violence and animal abuse ». Journal of Interpersonal Violence, 23, 1277-1295.
18 https://scholar.google.com.au/citations?user=XE991wYAAAAJ&hl=en
19 https://pursuit.unimelb.edu.au/articles/making-the-link-between-family-violence-and-animal-abuse
20 http://www.mysavinggrace.org.au/resources.html

Une réforme superficielle pour mieux maintenir la chasse à courre?

Une réforme superficielle pour mieux maintenir la chasse à courre?

Une réforme superficielle pour mieux maintenir la chasse à courre?
15.01.2019
France
Une réforme superficielle pour mieux maintenir la chasse à courre?
Animaux sauvages

Un projet d’arrêté prévoit de modifier les conditions de pratique de la chasse à courre, alors que 82% de la société française réclame son abolition. La tradition ne peut justifier la barbarie, il est temps que la France prenne ses responsabilités en matière de respect des animaux. Participons en nombre à la consultation publique pour demander l’abolition pure et simple de cette pratique cruelle et dépassée, et non une réforme cosmétique qui ne fera que pérenniser ce « loisir » sans cœur.

Plus d’un an après l’abattage du cerf à la Croix-Saint-Ouen et alors même que la très grande majorité du pays est opposée à cette pratique archaïque et cruelle, l’État dépose un projet d’arrêté modifiant celui du 18 mars 1982 « relatif à l’exercice de la vénerie et visant à limiter les incidents en fin de chasse à proximité des lieux habités ».

​Qu’est-il prévu dans ce texte ?

Une réforme superficielle, cosmétique même, de la chasse à courre, à cor et à cri. Au lieu de l’interdire, répondant ainsi à la demande de 82% des Français qui y sont opposés, l’Etat décide de l’éloigner des regards et de « limiter » à six dizaines le nombre de chiens autorisés à pourchasser les pauvres animaux pris pour cible. Les chiens sont entassés dans les boîtes de transport, dans les coffres des camions, rangés comme du matériel, sans eau ni nourriture. Il ne faudrait pas perdre une minute le matin… Qui pense à eux, utilisés comme outils pour chasser, traités à coups de fouet?

Le cerf de la Croix-Saint-Ouen, celui de Pont-Sainte Maxence, ceux filmés par nos caméras, qu’ils aient été graciés car trop proches d’une commune, poignardés, noyés…, tous ont cela en commun que nous en avons eu connaissance. Interdire qu’un animal traqué soit poursuivi jusqu’aux abords des habitations n’est qu’une manière de permettre que ces pratiques moralement indéfendables perdurent, et ce, contre l’avis majoritaire. Cela n’allègera en rien la souffrance de ces êtres sensibles.

La tradition ne peut justifier la barbarie

Les veneurs se gargarisent qu’un ouvrage de sociologie (La Chasse à courre. Ses rites et ses enjeux) ait décrit leurs pratiques dans les moindres détails. Mais les sociologues ne portent pas de jugement. Un « fait social total » ne veut pas dire qu’il soit bon ou moralement acceptable. L’éthique et la modernité doivent avoir raison de la barbarie, quand bien même fût-elle très codifiée! Les anthropologues ne cessent de le répéter : une tradition se modifie dans le temps et peut être abandonnée. Notamment si les temps ont changé au point qu’elle en devienne désuète, obsolète, ou dépassée. Les traditions sont les racines d’une société, par nature changeante, et non son cadre limitatif.

Nous vous appelons à participer en nombre à la consultation publique pour faire barrage à ce projet d’arrêté ministériel sur la chasse à courre, qui ne fera que renforcer la pratique pour des années encore, en donnant l’argument aux veneurs qu’elle aura été « réformée ». Réclamons au ministère l’abolition de la chasse à courre!

Prenez part à la suppression des pièges noyants!

Prenez part à la suppression des pièges noyants!

Prenez part à la suppression des pièges noyants!
14.01.2019
France
Prenez part à la suppression des pièges noyants!
Animaux sauvages

Dans le contexte de la réforme de la chasse en cours, le ministère de la Transition écologique et solidaire tient enfin compte des animaux. Une consultation est en cours pour un projet d’arrêté prévoyant la suppression des pièges noyants. Avec nous, participez, il doit être validé!

Enfin, un projet d’arrêté que nous soutenons de tout cœur ! Il prévoit la suppression des pièges noyants pour des animaux classés « susceptibles d’occasionner des dégâts ». Autrement dit, les ragondins et les rats musqués, principalement, mais ils peuvent piéger d’autres animaux, y compris nos compagnons, ou même des visons par exemple. La mort par noyade, on fait difficilement pire.

Il y a quatre ans et demi, le Conseil national de la chasse avait donné un avis défavorable à cette suppression, mais depuis, la société civile a changé et ne laisse plus faire. Notre opposition systématique à toutes les situations suscitant de la souffrance aux animaux est soutenue par de plus en plus de citoyens. La barbarie des humains n’est plus acceptée. Le ministère de la Transition écologique et solidaire semble enfin en tenir compte, au moins pour ce projet, en passant outre l’avis des chasseurs.
Il s’agit d’une des demandes que nous avons formulées dans notre pétition soutenue par plus de 166 000 personnes, pour une réforme radicale de la chasse : l’interdiction des pièges tuants.

Certes, ce n’est qu’un premier pas. Si ce projet est adopté, seule cette méthode disparaîtra, pas le piégeage des ragondins et rats musqués… Mais cette petite avancée permet d’aller vers une société plus empathique. On aura déjà fait un premier pas en avant s’il est bel et bien publié. Participons en nombre à cette consultation publique !

Le Lien : un sujet au coeur des préoccupations de One Voice

Le Lien : un sujet au coeur des préoccupations de One Voice

Le Lien : un sujet au coeur des préoccupations de One Voice
11.01.2019
France
Le Lien : un sujet au coeur des préoccupations de One Voice
Animaux familiers

Découvrez, au fil des semaines, quelques initiatives essentielles prises dans des pays dans lesquels d’importantes organisations ont constaté des preuves de Liens réciproques entre la cruauté envers les animaux et la violence contre les personnes, et agissent pour prévenir une escalade de la violence dans les foyers et dans la société. Des recommandations de mesures clés à l’attention des décideurs politiques et des prestataires de services aux personnes et aux animaux sont aussi formulées, pour contribuer à un débat sur la façon dont des mécanismes sociaux et juridiques peuvent être développés en France, afin d’assurer le bien-être des humains et des animaux.

Depuis quarante ans, on assiste à un intérêt croissant pour ce que l’on appelle aujourd’hui « le Lien », c’est-à-dire

«La constatation selon laquelle les actes de violence interpersonnelle sont précédés ou accompagnés d’actes de cruauté envers des animaux, et ce de manière prévisible (1)»

Au cours des deux décennies, de plus en plus d’études empiriques ont été publiées sur la maltraitance animale et ses Liens avec la violence sur des êtres humains, et ce domaine de recherche est maintenant reconnu comme une discipline à part entière, notamment par les sociologues, les criminologues, les travailleurs sociaux, les psychologues et les juristes (2). Dans ce domaine, la maltraitance animale est communément définie comme :

«Un comportement socialement inacceptable qui cause intentionnellement une douleur, une souffrance, un stress évitable ou la mort d’un animal.»

Aujourd’hui, il est de plus en plus souvent admis que la maltraitance animale est un indicateur potentiel d’un comportement agressif ou violent à l’égard des humains, et diverses initiatives font leur apparition dans le monde en faveur de mesures et de procédures qui tiennent compte de cette connaissance, en vue de prévenir l’escalade de la violence au sein des familles et de la société.

La National Link Coalition, dont le siège est aux États-Unis, joue un rôle de pionnier dans la promotion du Lien. Cette coalition est dirigée par un comité de pilotage composé de spécialistes américains de la prévention de toutes les formes de violence domestique, dont la mission consiste à promouvoir des politiques et des pratiques pour améliorer la sécurité des personnes et des animaux.

En 2008, One Voice a fait figure de chef de file pour amener la société à reconnaître les Liens entre maltraitance animale et violence envers les personnes, en parrainant une conférence inaugurale à l’université d’Oxford, intitulée « Le Lien entre maltraitance animale et violence envers les humains ». Cette conférence a été un coup d’envoi pour l’Oxford Center for Animal Ethics (OCAE), (3) dont le président et cofondateur, Andrew Linzey, est aussi vice-président de One Voice. Elle a réuni des leaders dans ce domaine pour analyser le Lien et ses implications profondes dans la politique sociale et juridique partout dans le monde et pour mettre sur pied un programme de recherche essentielle.

Les articles présentés à cette conférence par des universitaires et des spécialistes de la prévention des délits et des crimes, de la mise en application des lois, de l’action sociale, du bien-être animal, de la protection de l’enfance, de l’éducation et de la compassion, des services vétérinaires, des soins aux conjoints et aux personnes âgées ont constitué la matière d’un ouvrage publié, The Link Between Animal Abuse and Human Violence (4). Ce livre a été traduit par One Voice (sous le titre Le Lien : violences sur les animaux et les humains) afin de sensibiliser le public français sur ces questions (5).

Le problème du Lien est particulièrement important pour One Voice, qui fonde son action sur une éthique de non-violence et travaille à promouvoir la protection des animaux en tant que valeur sociétale, à partir de la conviction que toute vie doit être respectée. En 2008, dans le cadre de sa mission consistant à préparer un avenir meilleur et non-violent pour les humains et les animaux, One Voice a aussi lancé l’initiative « J’écoute ma conscience ».

53 % des ménages français ont un animal domestique

28 % des ménages français ont un chat

25 % des ménages français ont un chien

La question du Lien est très pertinente en France, où 53 % des ménages ont au moins un animal domestique. Environ 25 % des ménages ont un chien et 28 % des ménages ont un chat. La France est même le pays dans lequel la population d’animaux domestiques est la plus élevée d’Europe avec 7,5 millions de chiens, 11,5 millions de chats, 7 millions d’oiseaux, 2 millions de rongeurs et 27 millions de poissons (6).

Sources
1 Phil Arkow, dans sa préface de l’ouvrage d’Eleonora Gullone Animal Cruelty, Antisocial Behaviour, and Aggression: More than a Link, The Palgrave MacMillan Animal Ethic Series, 2012.
2 Flynn, Clifton P., Understanding Animal Abuse: A Sociological Analysis, Lantern Books, 2012.
3 http://www.oxfordanimalethics….
4 The Link Between Animal Abuse and Human Violence, Sussex Academic Press (1er déc. 2009).
5 Andrew Linzey, Le Lien : Violences sur les animaux et les humains, One Voice, 2012.
6 Ibid.

La faune sauvage toujours plus marchandisée, One Voice co-requérante contre l’arrêté ministériel

La faune sauvage toujours plus marchandisée, One Voice co-requérante contre l’arrêté ministériel

La faune sauvage toujours plus marchandisée, One Voice co-requérante contre l’arrêté ministériel
10.01.2019
France
La faune sauvage toujours plus marchandisée, One Voice co-requérante contre l’arrêté ministériel
Animaux sauvages

One Voice et ses partenaires ont déposé un recours au Conseil d’État pour suspendre l’arrêté ministériel du 8 octobre 2018 dit « faune sauvage captive », qui modifie la loi Biodiversité, en allégeant et facilitant les formalités assurant auparavant des contrôles pour garantir une protection et un minimum de bien-être aux animaux sauvages gardés captifs. Cet arrêté très technique et donc difficile d’accès est passé totalement inaperçu alors qu’il aura inexorablement de graves conséquences.

Entre la démission de Nicolas Hulot au poste de ministre, les onze arrêtés « oiseaux », ou les blessures et homicides dus à la chasse, cet arrêté est passé totalement inaperçu. Mais ce qu’il instaure est d’autant plus grave que la population veut une protection renforcée pour les animaux, y compris sauvages, et là, on assiste à une régression en règle. Une question écrite à l’Assemblée Nationale envoyée mi-décembre sera d’ailleurs aussi soumise à l’oral au ministre de la transition écologique et solidaire le 15 janvier 2019, à ce propos. François de Rugy devra y répondre, et nous ne nous contenterons pas de langue de bois ni de discours creux.

Vraisemblablement sans réflexion préalable des services du ministère sur leur protection, de nombreuses espèces voient leur régime de détention radicalement simplifié, y compris celui d’espèces d’animaux vulnérables, menacés et en danger critique d’extinction. En parallèle, le trafic d’animaux exotiques ne cesse de prendre de l’ampleur, c’est le troisième mondial après celui de la drogue et des armes… Pourquoi l’exécutif prend-il autant de décisions allant à l’encontre des animaux, pourtant dramatiquement sur le déclin ?

Les animaux concernés étant de plus en plus rares dans la nature, leur valeur marchande en est décuplée, pour le profit des collectionneurs et marchands dont le commerce est à présent facilité. C’est la légalisation d’un trafic parmi les plus lucratifs au monde, qui favorise les collectionneurs, et autres industriels de la captivité, le tout au détriment du bien-être et de la protection des animaux concernés qui sont alors achetés comme animaux « de compagnie » bien plus facilement, tels les lionceaux, exhibés notamment sur les réseaux sociaux par des célébrités.

Aucune formalité ne contraint les détenteurs d’animaux juvéniles, quelle que soit leur espèce !

S’il n’est pas contré, cet arrêté pourra donner de nouveaux débouchés aux lionceaux nés dans des cirques, une forme supplémentaire d’exploitation. C’est la porte ouverte à toutes les dérives en termes de protection de ces animaux si fragiles… et dangereux pour les humains, car sauvages.

Pour certains oiseaux, dont l’espèce est classée en grave danger d’extinction et dont les populations sont estimées à moins de 50 individus libres sur la planète, des humains peuvent en posséder jusqu’à 10 à la fois ! Aucun encadrement des naissances n’est imposé non plus… Quelle traçabilité et quels contrôles pourront dorénavant être faits ?

Le texte va donc même jusqu’à rendre caduques les derniers remparts de protection de ces espèces. Plus de certificat de capacité à obtenir, une simple télé-déclaration sur internet suffit.

Tenez-vous bien, les rorquals et même les baleines sont concernés, c’est dire à quel point c’est une aberration ! N’importe qui peut donc en posséder. On nage en plein délire.

Il s’agit d’une grande braderie de la faune sauvage, nous y sommes totalement opposés !

Au lieu de durcir sa politique de protection pour lutter contre ce fléau du trafic du patrimoine sauvage, et d’interdire leur reproduction en captivité, l’État crée toutes les conditions pour la pérennisation de la misère et de l’exploitation des animaux sauvage dans ces circuits commerciaux !

On nous présente cet arrêté « faune sauvage captive » comme une simplification et donc un progrès. Mais il permet toutes les dérives et tous les excès : il ne tient pas compte du principe de non-régression ni des connaissances scientifiques concernant les animaux sauvages, et est non-conforme aux principes environnementaux actuels.

Nous contestons la légalité de cet arrêté « fixant les règles générales de détention d’animaux d’espèces non domestiques », et estimons qu’il met en danger la biodiversité locale et étrangère. ONE VOICE l’attaque donc au Conseil d’État aux côtés du BIOME, du CENTRE ATHENAS, et de SEA SHEPHERD FRANCE. L’audience aura lieu le 17 janvier 2019 à 15h.

Les renards ou la saison de chasse perpétuelle en Moselle

Les renards ou la saison de chasse perpétuelle en Moselle

Les renards ou la saison de chasse perpétuelle en Moselle
09.01.2019
Moselle
Les renards ou la saison de chasse perpétuelle en Moselle
Animaux sauvages

Encore une fois, le préfet de la Moselle s’en prend aux renards en délivrant une autorisation supplémentaire aux chasseurs de les pourchasser, sans preuve du moindre impératif, et contre l’avis de la population. Comme souvent, il s’agit ni plus ni moins de faveurs accordées à un groupe aux intérêts particuliers au détriment de la biodiversité et de la faune sauvage. Nous avons attaqué l’arrêté.

En juillet dernier, le préfet de la Moselle a pris un arrêté qui autorise pendant deux ans – donc jusqu’au 10 juillet 2020  – des lieutenants de louveterie à chasser les renards en plus de la saison de chasse officielle qui permet déjà de les persécuter à outrance. Comme toujours, le préfet n’apporte pas la preuve de « l’absolue nécessité » (critère pourtant imposé par la loi) de ces chasses particulières, ni des « dommages importants » causés aux élevages par les renards.

Que dire de l’avis du public, nié lui aussi encore une fois ? 380 avis étaient opposés au projet d’arrêté, seulement 8 en sa faveur…

Publier un arrêté dérogatoire de deux ans permet au préfet de se soustraire à toutes les consultations et formalités d’arrêtés plus courts. C’est un signal inquiétant, un laissez-passer aux chasseurs, un permis de tuer permanent. Pourtant, les renards ne figurent sur la liste des animaux « chassables » en Moselle que pour 2019. Cet arrêté présume qu’ils en feront partie en 2020, sans le moindre fondement.

L’audience est fixée au tribunal administratif de Strasbourg le 16 janvier à 9h30. One Voice fera entendre la voix des renards en Moselle où ils sont particulièrement pris pour cible, non seulement par les chasseurs mais aussi par les pouvoirs publics.

Pièges cruels pour oiseaux, circulez y a rien à voir!

Pièges cruels pour oiseaux, circulez y a rien à voir!

Pièges cruels pour oiseaux, circulez y a rien à voir!
27.12.2018
Pièges cruels pour oiseaux, circulez y a rien à voir!
Animaux sauvages

Nous n’avons pas eu gain de cause, les onze arrêtés sur la chasse traditionnelle des oiseaux n’ont pas été suspendus en urgence par le Conseil d’Etat.

Lundi 17 décembre 2018 a eu lieu l’audience au Conseil d’État concernant les onze arrêtés ministériels autorisant le piégeage d’oiseaux dans de nombreux départements de France, selon des méthodes traditionnelles et cruelles.

Sans préjuger de la décision, en sortant de l’audience nous sentions que la cour semblait sensible à nos arguments, ce qui n’a pas toujours été le cas au Conseil d’État. La présidente a par exemple interrompu notre avocat en pleine présentation pour lui dire qu’il n’avait pas besoin de renforcer son propos par des sources quand il disait que les oiseaux étaient intelligents et doués de sensibilité. Ils en étaient déjà convaincus. Nous espérions que cet état d’esprit guiderait les décisions prises. En vain.

Nous avons perdu cette bataille

Certes nous n’avons pas eu gain de cause pour l’ensemble des arrêtés ministériels. Nous avons cherché à convaincre qu’il fallait non seulement voir l’urgence pour chaque individu animal et non pour un « quota » désincarné mais aussi qu’il existait des incohérences entre ce que commandait la directive oiseaux *, et la réalité de ces arrêtés. Le ministère s’est réfugié derrière des considérations techniques et le Conseil d’Etat s’en est contenté. Soit.

Pour une partie des recours le Conseil d’Etat a considéré que la condition d’urgence n’était pas remplie car le nombre d’individus à tuer n’allait « entraîner qu’un prélèvement très modeste sur la population des oiseaux concernés qui n’[était] pas de nature à porter une atteinte suffisamment grave à la protection complète de ces espèces ». Cette atteinte considérée comme «pas suffisamment grave » par le Conseil d’Etat pour suspendre ces arrêtés va pourtant entraîner la mort de milliers d’oiseaux: vanneaux huppés et pluviers dorés dans les Ardennes, et alouettes des champs au moyen de pantes ou de matoles dans les Pyrénées-Atlantiques.

Pour l’autre partie des recours, le nombre d’oiseaux à tuer étant déjà atteint à la date de l’audience, il y a eu un non lieu. Autrement dit, pour les alouettes des champs en Gironde, dans les Landes ainsi que dans le Lot-et-Garonne, chassées au moyen de pantes et de matoles, pour les grives et merles noirs servant comme appelants capturés aux gluaux dans les Alpes de Haute Provence et dans les Alpes Maritimes, ainsi que dans les Bouches du Rhône, le Vaucluse et le Var, et pour les grives et merles noirs capturés au moyen de la tenderie dans les Ardennes : tous ont été tués à hauteur de ce qu’a signé le Ministre en septembre. Les chasseurs n’auront pas perdu de temps!

Ce combat pour un changement de société est de longue haleine. Considérons cela comme une bataille, certes perdue, mais qui ne doit pas nous décourager. Nous continuerons à les mener pour la défense et la protection des animaux contre la cruauté partout où cela sera nécessaire: sur les réseaux sociaux, dans la rue, au Parlement, au Ministère et en justice.

Des oiseaux protégés pris pour cible dans des pièges cruels, contre l’avis populaire

Beaucoup des oiseaux visés par ces arrêtés sont sur la liste rouge de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature). Ils sont donc en danger au niveau européen. Pourtant notre pays obtient toujours de la commission européenne de pouvoir déroger à la règle pour des raisons culturelles… Les oiseaux des campagnes subissent depuis 15 ans une diminution massive de leur population, ce n’est pas pour rien qu’ils sont protégés.

Sans compter que les contrôles de l’ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage) se basent sur des données déclaratives des chasseurs et piégeurs. Nous ne pouvons que déplorer le positionnement de cette institution, à la fois juge et partie. Nous l’avions déjà dénoncé, et demandons une réforme de la chasse dont l’encadrement doit être amélioré.

Les vanneaux, pluviers dorés, alouettes, grives, ou merles noirs, tous ceux d’un même gabarit sont pris indifféremment dans ces pièges aux noms abscons, et sont – ou non – relâchés ensuite par un chasseur ou un piégeur. Mais les pièges en tant que tels, eux, ne font pas de différence; cruels par essence, ils n’ont de raison d’être que la tradition, et le plaisir qu’éprouvent certains à les utiliser ! Ceux qui sont relâchés ont eux aussi les pattes ou ailes brisées, des plumes arrachées par les matoles, lègues ou pantes. Sans compter la souffrance psychologique bien réelle qu’ils ressentent.

Le gouvernement doit accompagner les évolutions de la société

Le pouvoir ne peut continuellement prendre des décisions qui impactent négativement la nature et ses habitants, et se gargariser de faire des efforts en matière de protection de l’environnement.

Mais les évolutions sont en cours là aussi : le ministère a admis lors de l’audience « une opposition sociétale très forte contre cette méthode de chasse. » La tradition ne doit pas primer sur la cruauté animale. Notre peuple est sensible à leur bien-être, et cela doit s’en ressentir dans les décisions prises.

 

Nous sommes impatients de l’expliquer dans le cadre du groupe de travail sur le bien-être animal au ministère de la Transition Écologique et Solidaire.

Continuez à signer notre pétition pour une réforme radicale de la chasse, pour réclamer l’abandon des méthodes traditionnelles de chasse.

* La directive oiseaux est une directive européenne. Elle exige que les États Membres de l’Union Européenne mettent en place des mesures pour protéger les oiseaux d’espèces sauvages qu’ils soient migratoires ou pas. Par exemple la chasse n’est autorisée que si les effectifs de la population concernée sont à un niveau « compatibles » avec le maintien de ces espèces à un niveau suffisant.

Quand Larousse explique le cirque aux tout-petits…

Quand Larousse explique le cirque aux tout-petits…

Quand Larousse explique le cirque aux tout-petits…
24.12.2018
Quand Larousse explique le cirque aux tout-petits…
Exploitation pour le spectacle

Pour Larousse, les cirques exploitent forcément des animaux, et « c’est magique! ». La maison d’édition renommée donne ainsi à croire aux tout-petits que les cirques itinérants sont des lieux de vie normaux pour des animaux. Pourtant, les psychologues alertent sur cette distorsion du réel, entravant le bon développement de leur empathie, qui fait à long terme entrave à la défense et à la protection des animaux dont certains sont pourtant en grave danger d’extinction dans la nature. One Voice s’insurge de cette propagande aux conséquences délétères!

« L’encyclopédie des petits » de la maison d’édition Larousse fait passer dans l’imaginaire collectif de toute une génération d’enfants que le cirque exploitant des animaux ne pose aucun problème, alors qu’il s’agit d’une violence banalisée.

Sur la couverture « lis, découvre et comprends ». Mais que comprennent-ils? Qu’il est normal pour un éléphant de se contorsionner ? Pour des tigres de subir les coups de fouet derrière des barreaux ?

Le dessin animé Dumbo montrait déjà en 1947 que cette exploitation est une honte ! Et pourtant, plus de 70 ans plus tard, nous en sommes toujours là. Toujours là au bout de 20 ans de combat incessant pour les animaux arrachés à leur famille, vendus, transportés, dressés brutalement, exhibés perpétuellement et rendus dépendants dans la pire situation psychologique, où la main qui tient le fouet ou l’ankus est aussi celle qui nourrit.

Non content de montrer des images – certes dessinées – mais dans un style justement cartoonesque, avec des animaux qui semblent heureux d’être là, déguisés, enfermés à plusieurs dans un petit enclos, un éléphant sur un tabouret, ridiculisé, le texte joint suggère que cela serait même « magique », et impressionnant. Aucune mise en perspective, aucune prise de recul! Où est l’information équilibrée que l’on attend d’une encyclopédie?

Ces animaux sont, dans les cirques, des individus dont les institutions vétérinaires ont rappelé que leur bien-être ne pouvait être assuré dans ces établissements itinérants. Les psychologues ont également alerté sur les dangers de laisser croire aux enfants que les animaux s’amusent, alors qu’ils agissent uniquement sous la contrainte… Ce spectacle du plus fort sur le plus faible est inadmissible, tant pour les enfants que pour les animaux. Larousse ainsi que les parents doivent prendre leurs responsabilités face aux fauves (tigres et lions), aux éléphants et hippopotames, mais aussi singes, lamas, ours, chameaux… et autres animaux qui forment notre biodiversité planétaire, et face à la Terre que nous partageons tous.

Nous écrivons immédiatement à Larousse pour faire retirer ces illustrations, de la couverture aux pages intérieures, et faire corriger la définition de ce qu’est un cirque! Nous vous invitons à faire de même!
Remplissez leur formulaire en ligne,
ou interpellez-les sur les réseaux sociaux:
sur Twitter @LAROUSSE_FR ou sur Facebook: Larousse .