Têtes d’animaux arrachées : One Voice révèle ses images d’enquête sur le jeu du cou de l’oie

Têtes d’animaux arrachées : One Voice révèle ses images d’enquête sur le jeu du cou de l’oie

Têtes d’animaux arrachées : One Voice révèle ses images d’enquête sur le jeu du cou de l’oie
19.09.2023
Saint-Bonnet-près-Riom, Puy-de-Dôme, France
Têtes d’animaux arrachées : One Voice révèle ses images d’enquête sur le jeu du cou de l’oie
Exploitation pour le spectacle

Le 17 septembre 2023, nous sommes allés enquêter sur la fête du cou de l’oie organisée à Saint-Bonnet-près-Riom, dans le Puy-de-Dôme. Pour marquer leur passage à l’âge adulte, dix jeunes hommes ont arraché la tête de vingt oies, poules et lapins tués pour l’occasion, sous les acclamations du public. Nous demandons l’interdiction sur tout le territoire français de cette pratique barbare.

De jeunes gens tout sourire, des rires, de la musique… On pourrait presque croire à une fête bon enfant. Jusqu’à ce qu’on remarque la corde tendue à l’horizontal où ont été suspendus vingt animaux. Les oies, les poules et les lapins dont les corps sans vie pendent dans le vide, ont été tués spécialement pour subir les traitements les plus dégradants et amuser les habitants de Saint-Bonnet-près-Riom. Comment ont-ils été tués, d’ailleurs ? Comme au Pays-Basque : « soit on les noie, soit on leur ouvre la bouche pour leur fourrer un couteau dedans » ?

Un événement d’une grande violence

La « fête » commence quand les couples de conscrits, ces jeunes qui ont eu 18 ans dans l’année, passent sous la corde, hissés à deux sur le dos d’un cheval. Le bras levé, ils frappent l’oie qui pend au-dessus d’eux. Les coups les plus violents envoient la tête de l’animal en l’air avant que celle-ci retombe, se balançant mollement au bout du cou blanc. Comme si cette piñata française n’était pas assez sinistre comme cela, les femmes font un deuxième passage sous la corde, seules, pour embrasser l’oiseau en tirant parfois si fort sur son cou qu’il semble près de se disloquer. Au paroxysme de l’action : les hommes arrachent ensuite à mains nues la tête des oies, des lapins et des poules avant de les brandir en chantant joyeusement dans la foule. Quoi de mieux que ces actes abjects et leur spectacle dégradant pour entrer dans l’âge adulte et s’assurer un avenir prometteur ? Certes ces êtres sont sans vie, mais il s’agit bel et bien d’animaux.

Une « tradition » qui fait des victimes chaque année

Ce n’est pas la première fois que nous dénonçons cette « tradition » barbare encore bien vivante dans certains villages français. Nous l’avions fait en août 2022, lorsqu’une oie avait été mutilée à Beaux, puis en août 2023 à Arfeuilles, où la décapitation s’était faite à l’aide d’un sabre… Les organisateurs se défendent en se vantant de ne pas couper la tête d’animaux vivants. Mais ne semblent pas gênés de les faire tuer au préalable pour permettre l’écartèlement de leurs cadavres. Nous avons ici affaire à une pratique datant du Moyen-Âge qui banalise les sévices sur les animaux et les érige en véritables rites de passage à l’âge adulte. Cette initiation devrait se faire sans incitation à la brutalité. Notre société a-t-elle vraiment besoin de cela ? Le comité des fêtes, organisateur de l’événement n’assume même pas : le programme de la journée n’annonce même pas la couleur.

Pour demander l’interdiction du « jeu » du cou de l’oie dans toute la France au nom des oies, poules, lapins et canards tués et décapités chaque année, et de la protection de notre jeunesse qui représente et constitue l’avenir de notre société, signez notre pétition.

Dites stop au jeu du cou de l’oie Dites stop au jeu du cou de l’oie Dites stop au jeu du cou de l’oie Dites stop au jeu du cou de l’oie Dites stop au jeu du cou de l’oie Dites stop au jeu du cou de l’oie Dites stop au jeu du cou de l’oie Dites stop au jeu du cou de l’oie Dites stop au jeu du cou de l’oie Dites stop au jeu du cou de l’oie

L’inquiétant état de santé des orques Wikie et Keijo au Marineland d’Antibes

L’inquiétant état de santé des orques Wikie et Keijo au Marineland d’Antibes

L’inquiétant état de santé des orques Wikie et Keijo au Marineland d’Antibes
18.09.2023
Alpes-Maritimes
L’inquiétant état de santé des orques Wikie et Keijo au Marineland d’Antibes
Delphinariums

Lésions sous-dermiques, dents usées à l’extrême, comportements stéréotypés… Le 17 juin 2023, la biologiste marine Ingrid Visser a observé Wikie et Keijo dans les bassins du Marineland d’Antibes, révélant les manifestations bien visibles de leur piteux état de santé. Ses constats nous poussent plus que jamais à demander le placement en sanctuaire des quatre dernières orques « françaises ».

Photo: Wikie, Marineland, Antibes, Juin 2023. Orca Research Trust

En vingt-deux ans d’existence, Wikie n’a jamais quitté les installations de Marineland. Elle y a vu mourir ses parents tout jeunes, sa mère adoptive, Freya, puis son demi-frère Valentin, sans que les spectacles auxquels elle est contrainte de participer lui laissent le moindre répit. Aujourd’hui, c’est avec son frère Inouk et ses fils Moana et Keijo qu’elle doit épater les spectateurs. Tout ça pour avoir droit à quelques poignées de poissons morts.

Dans les geôles d’eau chlorée qui les ont vu naître, il leur est impossible de nager sans retenue, de plonger dans les profondeurs ou de se nourrir librement. Le stress et l’ennui les condamnent à faire les mêmes gestes de manière obsessionnelle, les menant au bord de la folie. Qui oserait prétendre que Wikie et Keijo, né d’un inceste entre sa mère et son oncle, sont en bonne santé, alors que nous les avons vus répétant à n’en plus pouvoir la même nage circulaire ou avançant la tête hors de l’eau, la bouche ouverte et roulant constamment leur langue comme seul un bébé en pleine tétée le ferait dans la nature?

Des corps usés par la captivité

À force de comportements stéréotypés, les orques finissent blessées jusque dans leur chair. Les spécialistes avaient déjà tiré la sonnette d’alarme dans de précédents rapports, notamment sur Moana, dont le Dr Gallego était allé jusqu’à demander la prise en charge vétérinaire urgente. C’était en 2021. Depuis, rien n’a été fait pour soulager la famille des souffrances de la captivité. Pire, alors qu’Ingrid Visser vient de documenter chez Wikie et Keijo des lésions sous-dermiques semblables à celles de Moana et une usure des dents inquiétante, les quatre orques risquent d’être envoyées au Japon, où leur exploitation se poursuivra jusqu’à ce qu’elles en meurent. Jamais nous ne les abandonnerons à un tel sort.

Nous sommes ouverts à la discussion avec la direction de Marineland et celle de Parques Reunidos à qui nous avons écrit pour voir ce qu’il est possible de trouver comme solution alternative à ce qui semble se préparer de leur côté, ainsi qu’au ministère de la Transition écologique. Nous invitons également les soigneurs à nous donner des nouvelles des orques et des dauphins car en cas de sanctuaire, ils seront les premiers concernés pour aider les animaux dont ils s’occupent.

Pour qu’elles puissent prendre leur retraite et guérir de leurs blessures, nous demandons que Wikie, Keijo, Moana et Inouk soient préparées à rejoindre ensemble un des sanctuaires marins en construction, où elles pourront enfin s’épanouir. Joignez-vous à nous en signant notre pétition!

Wikie, orque femelle

Télécharger Lire

La justice piétinée dans les Pyrénées-Orientales: nous contre-attaquons pour les perdrix !

La justice piétinée dans les Pyrénées-Orientales: nous contre-attaquons pour les perdrix !

La justice piétinée dans les Pyrénées-Orientales: nous contre-attaquons pour les perdrix !
14.09.2023
Pyrénées-Orientales La justice piétinée dans les Pyrénées-Orientales: nous contre-attaquons pour les perdrix !
Chasse

Il y a quelques jours, le tribunal administratif de Montpellier nous donnait raison et suspendait la chasse des perdrix grises de montagne dans les Pyrénées-Orientales avant même son ouverture. Comme nous le craignions, le préfet tient tête à la justice et vient d’adopter en urgence un nouvel arrêté, autorisant la mise à mort de près de 500 oiseaux. Nous attaquons cette décision en référé. L’audience aura lieu le 26 septembre 2023 à 14h30 au tribunal administratif de Montpellier.

Photo : faaf – CC BY-NC-ND 2.0

 

Quand la préfecture des Pyrénées-Orientales s’essuie les pieds sur les perdrix grises de montagne…

Alors que nous avions obtenu l’interdiction de la chasse avant même son ouverture le 17 septembre, le préfet a adopté le 8 septembre 2023 un nouvel arrêté
(p. 52) autorisant le massacre de près de 500 oiseaux. Il a cette fois-ci fixé un plafond à l’échelle du département et des différentes zones du territoire. Cela importe peu au vu du danger que courent ces oiseaux. Une énième preuve que les chasseurs n’ont aucun respect pour les animaux : ils veulent tuer, même s’ils mettent leur population en péril.

C’est une attaque frontale réitérée contre les animaux et la biodiversité que mènent les chasseurs et la préfecture des Pyrénées-Orientales. Comme tous les galliformes de montagne, les perdrix grises sont classées comme étant “quasi menacées” par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Pour le dire clairement, cette espèce est vouée à disparaître à l’état sauvage d’ici quelques années. En cause, évidemment, le changement climatique, mais également la chasse, qui décime chaque année des centaines d’individus.

… et sur le droit !

Nous sommes à nouveau sidérés par cette décision de l’État, qui ne cesse de permettre aux chasseurs d’assouvir leur passion morbide, mais qui est aussi prêt à piétiner une décision de justice, comme il l’avait déjà fait pour le déterrage des blaireaux ou encore les chasses traditionnelles.

Trop souvent, la vision de l’intérêt général défendue par les préfets se limite à satisfaire les demandes des chasseurs, au mépris des animaux et des cris d’alerte des associations qui les défendent. Aujourd’hui, ce sont les perdrix grises de montagne qui le payent de leur vie. La France tue ses oiseaux, qui figurent parmi les plus grandes victimes de la sixième extinction de masse
à l’œuvre.

Pour ces êtres emblématiques des sommets pyrénéens, nous attaquons cet arrêté en référé.

Et nous vous invitons dès maintenant à interpeller le préfet des Pyrénées-Orientales, sur les réseaux sociaux (@Prefet66) et par mail (ddtm@pyrenees-orientales.gouv.fr) :
Monsieur le Préfet, revenez sur votre décision et abrogez le second arrêté scandaleux permettant la chasse aux perdrix, pourtant suspendu après un premier référé de @OneVoiceAnimal ! https://one-voice.fr/news/la-justice-pietinee-dans-les-pyrenees-orientales-nous-contre-attaquons-pour-les-perdrix/

La triste vie en cage des primates chez NeuroSpin

La triste vie en cage des primates chez NeuroSpin

La triste vie en cage des primates chez NeuroSpin
12.09.2023
Essonne La triste vie en cage des primates chez NeuroSpin
Expérimentation animale

Enfermés à vie dans des cages qui leur permettent déjà à peine de tourner en rond, ils y entrent inévitablement en conflit avec les congénères qui leur sont imposés, sans pouvoir construire les relations sociales qu’ils établissent dans la nature… Sans même parler des expérimentations qu’ils subissent, nous refusons que soit passé sous silence le fait que la simple vie en laboratoire est déjà un supplice pour les animaux. NeuroSpin ne fait pas exception à la règle, et va même encore plus loin d’après les rapports d’inspection et les documents internes au laboratoire obtenus par One Voice. Nous avons demandé le retrait de son agrément, exigeons sa fermeture et le placement des animaux encore en vie.

La réglementation elle-même est contradictoire. D’un côté, elle dit que les cages doivent “offrir [aux animaux]un environnement assez complexe pour leur permettre de courir, marcher, grimper et sauter”. De l’autre, il est possible d’emprisonner deux macaques adultes dans une cage de 2 mètres carrés au sol, avec une hauteur de 1,80 mètre. Comprend qui peut.

“Enrichir” des cages de deux mètres carrés suffit-il à compenser la négligence de NeuroSpin?

Même ces conditions indignes ne convenaient pas à NeuroSpin, apparemment: alors que le laboratoire disposait de plusieurs années pour mettre ses cages aux normes, les inspecteurs y ont trouvé en 2018 des cages presque deux fois plus petites! Pour couronner le tout, certains macaques étaient isolés, malgré leurs profonds besoins sociaux. L’établissement ne s’est même pas donné la peine de demander la dérogation honteuse qui permet de leur infliger légalement ce traitement.

Un an plus tard, la situation était un peu moins morose pour les primates. L’équipe se félicitait d’avoir (enfin) des cages aux dimensions réglementaires et d’y avoir ajouté, en guise d’ “enrichissement”, de simples miroirs.

Image extraite d’un compte-rendu de réunion de NeuroSpin du 23 septembre 2019

L’enfer, c’est les autres… surtout en cage

Évidemment, la captivité en laboratoire est loin de répondre aux besoins comportementaux des macaques rhésus libres, qui vivent par dizaines dans des groupes impliquant des hiérarchies matrilinéaires complexes. Obligés qu’ils sont de cohabiter dans des espaces plus que restreints, les bagarres sont fréquentes, que ce soit au sein d’une même cage ou à travers les barreaux. C’est ainsi que Simio a dû être recousu en 2020 pour “trois plaies profondes au poignet droit” faites par Pitikos “à travers les grillages”.

Et c’est sans parler des erreurs et de la négligence du personnel: en 2021, “suite à une erreur de manipulation des cadenas des cages”, Simio et Pitikos sont sortis dans le laboratoire et se sont battus. Puisque “le capacitaire ne s’est pas déplacé, ni le vétérinaire d’astreinte”, c’est un technicien qui a dû gérer seul la remise en cage des deux macaques et les “soins” à leur fournir.

Une situation parmi de nombreuses autres jugées “non-conformités majeures” par l’inspection de la préfecture deux mois plus tard, avec une conclusion surréaliste : pendant un an, “les macaques ne pourront plus être utilisés pour l’expérimentation, ni pour les entrainements. Ils demeurent cependant sous la bonne garde de NeuroSpin”. Résultat: nouvelles bagarres, nouvelles évasions, contusions, ongles arrachés… Pitikos a même dû être mis sous anesthésie générale “pour reconstruction des plaies”!

Quelques distractions ne suffisent pas!

Non content de faire souffrir les primates pour des expériences, le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA, dont dépend NeuroSpin) n’envisage même pas d’envoyer à la “retraite” ceux qui ne servent plus. La question s’est bien posée, mais après mûre réflexion, il a été décidé en 2020 que les placer coûterait trop cher.

Ce que la préfecture considère comme des “mesures correctives” n’est que poudre aux yeux de la part d’un laboratoire qui a toutes les raisons de se sentir au-dessus des lois. Pour mettre fin à cette impunité, One Voice a demandé au tribunal administratif de Versailles le retrait de l’agrément de NeuroSpin, ce qui permettrait d’en saisir les macaques pour les placer dans un sanctuaire. Nous sommes dans l’attente d’une date d’audience. D’ici là, vous pouvez signer la pétition pour soutenir nos revendications et faire fermer cet enfer.

La négligence de NeuroSpin a tué Kimiko

La négligence de NeuroSpin a tué Kimiko

La négligence de NeuroSpin a tué Kimiko
12.09.2023
Essonne
La négligence de NeuroSpin a tué Kimiko
Expérimentation animale

L’année 2021 a été particulièrement affreuse pour les primates détenus à NeuroSpin. Après avoir laissé un technicien gérer seul l’évasion et la bagarre de deux primates “suite à une erreur de manipulation des cadenas des cages”, les responsables des animaux n’ont même pas vu que plusieurs macaques n’étaient pas nourris ni abreuvés pendant plusieurs jours. Et c’est sans parler de Kimiko, tuée par la négligence du personnel. One Voice a déposé un recours pour obtenir le retrait de l’agrément de NeuroSpin et permettre la saisie des animaux encore en vie.

“En mars 2021, un incident grave d’oubli, par un chercheur désigné pour remplacer [une ingénieure], d’alimenter et d’abreuver deux macaques s’est produit durant quatre jours d’affilée lors de ses congés. Le référent animalerie, le capacitaire, le responsable animalerie, le chercheur ne se sont aperçus de rien. C’est le personnel de la société prestataire, en charge de l’entretien des locaux et des vingt autres primates, qui a donné l’alerte au quatrième jour à l’équipe encadrante de NeuroSpin.”

 

Pas besoin d’en rajouter: le rapport de l’inspection du 26 mars 2021 est très explicite. Le personnel de NeuroSpin n’était déjà pas capable de soigner correctement les macaques, et il vient de faire preuve d’une négligence crasse. Celle-ci n’a pas été fatale aux quatre macaques concernés. Kimiko ne sera pas aussi “chanceuse”.

Une vie de souffrance

Kimiko est une guenon rhésus, née le 13 juillet 1999, probablement au zoo Planète Sauvage, ou bien chez la société Bioprim – les documents qui la concernent sont très flous sur le début de sa vie.

À douze ans et demi, elle est vendue à NeuroSpin, qui la soumet à des expériences d’imagerie cérébrale sous anesthésie générale. Deux ans plus tard, on lui cimente une barre de métal sur le crâne, pour l’utiliser dans des “tâches cognitives” en chaise de contention – des expériences sans anesthésie, cette fois-ci, et tellement abrutissantes que le laboratoire la prive d’eau pour la “motiver” à obéir.

À vingt ans, on lui ouvre le crâne pour implanter des électrodes dans son cerveau. Raté: elle repasse sur la table de chirurgie expérimentale pour “réinsérer” les électrodes… qui ne fonctionnent toujours pas. Nouvelle chirurgie pour les enlever. Entre-temps, les expériences continuent. Un an et demi plus tard, on lui ouvre encore le crâne pour y mettre une “chambre d’imagerie” qui servira à rendre certains neurones fluorescents pour des expériences. C’est le début de la fin.

Image extraite d’un compte-rendu de réunion de NeuroSpin du 23 septembre 2019

Les infections ne prennent pas de vacances

En 2021, quelques mois après l’implantation, la chambre d’imagerie de Kimiko s’infecte. Un traitement antibiotique, et l’infection disparait. Elle a eu plus de chance que Bogey, traité avec des antibiotiques périmés. Mais la préfecture repère quand même le manque de considération du personnel de NeuroSpin vis-à-vis des primates et restreint l’agrément du laboratoire pendant un an, interdisant l’utilisation des singes dans des expériences mais les laissant à la merci des mêmes personnes. Tout cela aurait pu être un signal d’alarme pour le personnel. Mais non. L’implant de Kimiko n’est pas contrôlé une seule fois pendant l’été. Après tout, c’est les vacances. Fin août, le personnel constate qu’une infection s’est développée depuis plusieurs semaines et que l’implant n’est pas bien étanche. Deux mois et demi plus tard, après quelques tentatives ratées de la soigner, Kimiko est transférée dans un autre centre du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), où elle est tuée.

Tout n’est pas perdu

Le 31 mars 2022, malgré la mort de Kimiko et de nouvelles infractions, la préfecture de l’Essonne a rétabli l’agrément de NeuroSpin, lui interdisant simplement d’assoiffer les macaques pour les faire obéir.

Il est trop tard pour protéger Kimiko. Mais nous nous battons pour que ce qu’elle a enduré permette de sauver les 21 macaques encore enfermés dans les cages de ce laboratoire. Pour pouvoir les aider malgré l’inaction du préfet, nous avons saisi le tribunal administratif de Versailles pour demander le retrait de l’agrément de NeuroSpin. Vous pouvez signer notre pétition pour demander la fermeture de ce laboratoire et le placement des macaques dans un sanctuaire.

Les labos font leur loi: la preuve dans l’Essonne

Les labos font leur loi: la preuve dans l’Essonne

Les labos font leur loi: la preuve dans l’Essonne
12.09.2023
Essonne
Les labos font leur loi: la preuve dans l’Essonne
Expérimentation animale

Par l’intermédiaire du tribunal administratif de Versailles, One Voice a obtenu de nombreux documents concernant les contrôles du laboratoire NeuroSpin par la préfecture de l’Essonne. Au fil de nos lectures s’est confirmé le portrait trop commun d’une administration complètement soumise qui a manqué à ses obligations même les plus élémentaires envers les animaux en laissant perdurer des situations clairement inacceptables. Nous avons encore saisi le tribunal pour demander le retrait de l’agrément qui autorise ce laboratoire à exploiter des primates et pour permettre la saisie des animaux.

Quand les rapports d’inspection des laboratoires lui ont été demandés, la préfecture a résisté –comme d’habitude. Et au tribunal, sa défense a été pour le moins choquante: si les résultats des inspections étaient publics, “les établissements pratiquant l’expérimentation animale n’accepteraient plus les contrôles”. À croire que ce sont les laboratoires de l’Essonne qui décident si les pouvoirs publics peuvent ou non les inspecter! La vie et le sort de centaines d’animaux sont pourtant en jeu.

Pas d’agrément? Pas grave, on continue quand même!

Dès 2013, les inspecteurs notent que les primates n’ont pas assez d’”enrichissement” et la lumière y est tellement faible qu’elle est jugée “incompatible avec les besoins biologiques des animaux”. Trois ans plus tard, rien n’est résolu et de nouveaux problèmes ont fait surface: isolement injustifié des animaux, suivis sanitaires insuffisants, projets réalisés sans autorisation…

Pourtant, aucune sanction explicite n’est à l’ordre du jour – de quoi donner des ailes au laboratoire malgré le non-renouvellement de son agrément. Entre 2017 et 2020, hors-la-loi, NeuroSpin achète dix-neuf nouveaux macaques – parmi lesquels JingoroJohan et Simio – et poursuit tranquillement ses projets d’expérimentation, dressant les macaques à obéir en les privant d’eau.

Pour ‘enrichir’ le milieu de détention des primates, le laboratoire a ajouté quelques plaques de couleur entre leurs cages… – Image extraite d’un compte-rendu de réunion de NeuroSpin du 23 septembre 2019

L’agonie de Bogey aurait dû faire bouger les choses

En 2020, les services vétérinaires notent à nouveau de nombreuses non-conformités graves. À ce moment-là, Bogey est en train de mourir lentement d’une infection soignée par un antibiotique périmé.

Les inspecteurs menacent alors, à nouveau, de suspendre l’activité si les problèmes ne sont pas résolus rapidement. Mais cette mise en demeure disparait bien vite face à quelques nouveaux courriers d’engagement, main sur le cœur, à arrêter d’enfreindre la réglementation. Voilà donc que NeuroSpin, après trois ans d’activité illégale, est à nouveau adoubé par la préfecture. Tant pis pour Bogey.

Encore des morts “sous la bonne garde” du laboratoire

À peine l’agrément est-il renouvelé que Rubis est tuée après une infection de son implant crânien -comme le sera Kimiko un an plus tard.

Avec deux macaques oubliés sans eau ni nourriture pendant quatre jours, des soins tardifs et inadaptés qui ont “conduit à l’euthanasie de Gabar, de Bogey, de Johan et de Nori”, et l’absence de local d’infirmerie, la préfecture se voit obligée d’interdire au laboratoire d’expérimenter sur les primates… pendant un an.

Les rongeurs ne s’en portent pas mieux et les singes ne sont pas mieux traités ni mieux considérés, puisqu’on les assoiffe encore à répétition. Malgré de nouvelles infractions, l’administration se décide en 2022 à renouveler l’agrément du laboratoire pour six ans. Seule restriction: il ne doit plus utiliser la privation d’eau pour faire obéir les animaux.

Le “souci permanent du raffinement” chez NeuroSpin

Quand nous avons pris connaissance des premiers documents à ce sujet, nous avons demandé à la préfecture de retirer cet agrément indigne et clairement illégal. Mais elle a refusé purement et simplement, allant jusqu’à affirmer, lors d’une nouvelle inspection en début d’année, que “le CEA Centre de Paris-Saclay et le laboratoire NeuroSpin ont un souci permanent du raffinement des pratiques”.

Pour les animaux, nous n’allions pas laisser passer un tel affront à l’éthique et à la loi. Nous avons donc immédiatement saisi le tribunal administratif de Versailles pour demander le retrait de l’agrément de NeuroSpin. Vous soutenir notre démarche en signant la pétition afin d’obtenir la fermeture de ce laboratoire et le placement des primates dans un sanctuaire.

Une boîte en plastique et des parasites intestinaux: la vie des rongeurs chez NeuroSpin

Une boîte en plastique et des parasites intestinaux: la vie des rongeurs chez NeuroSpin

Une boîte en plastique et des parasites intestinaux: la vie des rongeurs chez NeuroSpin
12.09.2023
Essonne
Une boîte en plastique et des parasites intestinaux: la vie des rongeurs chez NeuroSpin
Expérimentation animale

Alors que les pires horreurs recensées chez NeuroSpin dans les nombreux rapports d’inspection obtenus par One Voice concernent des primates, nous n’oublions pas la présence de dizaines, voire de centaines de rongeurs soumis eux aussi aux expérimentations et à une vie de misère dans des cages minuscules. D’autant que pour eux aussi, le laboratoire a omis de respecter la réglementation à plusieurs reprises. Dans notre lutte de chaque instant contre l’expérimentation animale, nous ne ferons pas l’impasse sur le sort de ces petits animaux trop souvent oubliés.

Nous ne pouvons pas vous parler de “Rayan”, “Iris” ou “Charlie”, puisque ces animaux n’ont jamais eu de nom. Leurs vies n’en sont que plus tragiques. Dans les laboratoires, les souris et les rats doivent se contenter d’un numéro ou d’une marque servant à mieux les distinguer les uns des autres: un tatouage sur les doigts, des encoches sur une oreille ou encore des phalanges coupées. Ces mutilations ne servent qu’à les rattacher aux expériences auxquelles ils sont assignés.

Une vie en boîte chez NeuroSpin

En 2015 et 2016, les services vétérinaires constatent qu’en infraction avec la réglementation, des rats sont détenus dans des boîtes individuelles depuis plus d’un an, sans le moindre jouet ni la moindre occupation.

Après plusieurs années de cet ennui sidéral, les cages sont mises aux normes et certains animaux ont même la « chance » d’avoir un espace de “1500 cm²”… c’est-à-dire 30 centimètres de large et 50 centimètres de long. Ce qui hélas suffit au respect de la réglementation…

Par contre, des souris sont isolées sans autorisation et des dizaines de rongeurs transgéniques sont obligés de se reproduire dans leur habitat de misère, considérés comme du simple “matériel”. Dans le jargon, ce sont des animaux en “surplus”, simplement destinés à être tués. C’est d’ailleurs ce que fera le laboratoire pour “résoudre” le problème et y gagner son renouvellement d’agrément en 2020, en promettant docilement à la préfecture de faire mieux dans le futur.

Image d’illustration

Anesthésiques périmés et staphylocoques dorés

Mais à ce moment-là, NeuroSpin est encore loin du compte: les aiguilles utilisées pour les chirurgies sont périmées de longue date et les anesthésiques ont largement dépassé leur durée d’utilisation. En somme, non seulement les résultats des études menées par l’établissement sont faussés, mais les rongeurs risquent aussi de ressentir de la douleur pendant les chirurgies ou d’être sujets à des infections!

En plus de cela, et depuis plusieurs années, le laboratoire constate la présence de parasites intestinaux chez les souris, ce qui ne semble pas particulièrement le gêner. Quand des staphylocoques dorés sont repérés en 2021, le vétérinaire ne s’en inquiète pas outre mesure puisque les animaux ne semblent pas malades et que cela “n’interfère pas avec les recherches”. Le professionnel recommande tout de même de mieux désinfecter le matériel! La base…

Pour les animaux

Manifestement, la santé des animaux ne devrait pas être confiée au personnel de NeuroSpin. Au-delà de la question de l’expérimentation animale dans son ensemble, ce laboratoire en particulier ne respecte même pas les bases réglementaires pour la sécurité des animaux ni la rigueur méthodologique censée caractériser la recherche scientifique, tant qu’il arrive à générer des données publiables.

Notre action en justice, qui relève tous les manquements du laboratoire, est une étape importante dans le long et difficile combat que nous menons depuis la création de One Voice pour parvenir un jour à la fin de l’expérimentation animale.

Expérimentation sur les primates à NeuroSpin: One Voice va en justice

Expérimentation sur les primates à NeuroSpin: One Voice va en justice

Expérimentation sur les primates à NeuroSpin: One Voice va en justice
12.09.2023
Essonne
Expérimentation sur les primates à NeuroSpin: One Voice va en justice
Expérimentation animale

Apparemment, les conditions déplorables autorisées par la réglementation ne suffisaient pas à NeuroSpin. Depuis octobre 2022, One Voice a pu obtenir des dizaines de documents concernant la vie des primates exploités par ce laboratoire situé en Essonne, qui n’en finit pas d’enfreindre la loi depuis plus de dix ans. Implants crâniens, privation d’eau, cages minuscules, défaut de soin: alors que la préfecture semble en plein déni, nous avons fait appel au tribunal administratif de Versailles pour demander le retrait de l’agrément de NeuroSpin qui autorise ces expériences et permettre d’envisager la saisie des animaux.

La propagande

Depuis quelques années, les belles formulations sur l’ “éthique” de l’expérimentation animale fleurissent sur les sites web des institutions et entreprises qui utilisent des animaux. Le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) n’y fait pas exception. On y parle de “respecter les animaux en tant qu’êtres vivants et sensibles, susceptibles de ressentir douleur, souffrance et angoisse” et de la “démarche éthique à mettre en place à chaque fois qu’une expérimentation impliquant des animaux est envisagée”.

La réalité est pourtant bien différente.

Image extraite d’un compte-rendu de réunion de NeuroSpin du 23 septembre 2019

Un premier rapport d’inspection alarmant pour les macaques

Après une bataille administrative acharnée, nous avons reçu le rapport de l’inspection menée en mars 2022 à NeuroSpin (un laboratoire du CEA). Pas besoin d’aller bien loin pour être choqué: “l’entrainement des macaques” (comprendre le dressage et la mise en condition pour pouvoir par la suite rester immobile et soumis) repose “uniquement” sur le “contrôle hydrique”, une méthode (largement décriée) qui consiste à réduire l’accès à l’eau des animaux jusqu’à ce qu’ils obéissent dans l’espoir d’en obtenir quelques gouttes.

Le rapport donne aussi un aperçu de la vie de certains de ces petits singes: Pitikos a une croûte de sang séché sur le crâne, Simio a perdu beaucoup de poids sans que le personnel s’en inquiète, et Kimiko est morte d’une infection développée pendant plusieurs mois dans son implant crânien!

Or, début 2022, il n’y avait même “pas de procédures expérimentales sur les PNH [primates non humains]” sur place. Autrement dit, le laboratoire n’avait pas le droit d’utiliser ces animaux dans des expériences.

Infractions à la chaîne: une négligence et une incompétence coupables

L’analyse de ce premier rapport d’inspection a été décisif dans notre prise de décision: nous devions en savoir plus sur la vie de ces macaques, découvrir si d’autres étaient eux aussi négligés, s’il était possible d’aller plus loin pour faire cesser ces pratiques non seulement terribles pour les animaux, mais aussi manifestement illégales. Nous avons donc demandé les documents officiels antérieurs, et nos échanges avec le mastodonte administratif ont repris…

Nous avons ainsi appris que les infractions commises par ce laboratoire ne dataient pas d’hier. Depuis dix ans, elles sont récurrentes: cages trop petites, absence d’infirmerie, matériel non stérilisémédicaments périmésexpérimentations sans agrément… De nombreux macaques ont même été blessés, voire tués, à cause de l’inattention du personnel ou de son incapacité à les soigner correctement!

L’État responsable

Malgré ces pratiques illégales, en mars 2022, la préfecture de l’Essonne a permis à NeuroSpin de continuer ses activités sur les primates pour six ans de plus. Par précaution ou par acquit de conscience, l’administration a tout de même interdit l’utilisation dudit “contrôle hydrique”.

Une situation loin d’être rassurante, d’autant que ce même service est chargé d’inspecter aussi, et apparemment mal, le laboratoire du Muséum national d’Histoire naturelle à Brunoy, qui exploite les microcèbes pour lesquels nous nous battons depuis des années.

Le destin des primates de NeuroSpin entre les mains du tribunal

À chaque document obtenu, de nouvelles aberrations, jamais encore sanctionnées… À notre demande de retirer l’agrément de NeuroSpin, la réponse du préfet fut un rejet pur et simple, sans la moindre explication! Mais nous ne nous sommes pas laissé impressionner.

Nous avons ainsi saisi le tribunal administratif de Versailles en février, pour demander le retrait de l’agrément de ce laboratoire maltraitant, ce qui permettra de venir en aide aux animaux qui y sont détenus et expérimentés. Avec le cabinet Géo Avocats, nous attendons une date d’audience.

Vous pouvez nous aider en signant la pétition pour demander la fermeture de NeuroSpin et le placement des macaques dans un sanctuaire adapté.

Signez pour dire stop à l’utilisation des macaques dans les laboratoires Signez pour dire stop à l’utilisation des macaques dans les laboratoires Signez pour dire stop à l’utilisation des macaques dans les laboratoires Signez pour dire stop à l’utilisation des macaques dans les laboratoires Signez pour dire stop à l’utilisation des macaques dans les laboratoires Signez pour dire stop à l’utilisation des macaques dans les laboratoires Signez pour dire stop à l’utilisation des macaques dans les laboratoires Signez pour dire stop à l’utilisation des macaques dans les laboratoires Signez pour dire stop à l’utilisation des macaques dans les laboratoires Signez pour dire stop à l’utilisation des macaques dans les laboratoires

«Restriction hydrique» chez NeuroSpin: l’obéissance pour quelques gouttes d’eau

«Restriction hydrique» chez NeuroSpin: l’obéissance pour quelques gouttes d’eau

«Restriction hydrique» chez NeuroSpin: l’obéissance pour quelques gouttes d’eau
12.09.2023
Essonne
«Restriction hydrique» chez NeuroSpin: l’obéissance pour quelques gouttes d’eau
Expérimentation animale

D’année en année, la préfecture de l’Essonne a suggéré à NeuroSpin d’«entrainer» les primates autrement qu’en les privant d’eau. Mais les documents obtenus par One Voice montrent que l’établissement n’a pas jugé utile d’écouter ces conseils pourtant très conciliants… Au point que le préfet, pourtant réticent à sanctionner ce laboratoire, lui a interdit l’utilisation de la “restriction hydrique” en 2022. Résultat: les macaques seront privés de nourriture au lieu d’être privés d’eau. Nous demandons au tribunal de Versailles le retrait pur et simple de l’agrément de NeuroSpin.

La “restriction hydrique”, c’est quoi?

Quand un singe arrive dans un laboratoire, on lui installe souvent un «collier» en plastique, qui permet au personnel de l’attraper avec une perche dans sa cage, pour le forcer à entrer dans la «chaise de contention» qui sert notamment aux expériences. Afin de faciliter les manipulations, l’animal va être «entrainé» à «coopérer». Plus clairement: on va le conditionner à obéir.

La «restriction hydrique» (ou «contrôle hydrique») est une des méthodes les plus couramment utilisées pour cela: on réduit l’apport en eau du singe jusqu’à ce que la perspective d’avoir quelques gouttes d’eau le «motive» à s’enfermer de lui-même dans la chaise et à y rester pendant des heures pour appuyer sur un écran, la tête parfois immobilisée par une barre en fer cimentée au crâne. Une bonne réponse: une goutte d’eau. Il faut vraiment avoir soif pour en arriver là.

Image extraite d’un compte-rendu de réunion de NeuroSpin du 23 septembre 2019

NeuroSpin, spécialiste de la restriction hydrique

Depuis plus de dix ans, le laboratoire NeuroSpin prive systématiquement les macaques d’eau pour ses expériences. Pourtant, il n’a jamais su expliquer convenablement aux inspecteurs vétérinaires pourquoi il ne cherchait pas une méthode qui provoquerait moins de souffrance. La vérité est simple: les expériences comptent plus que la santé de quelques singes.

Mais il fallait trouver un alibi plus acceptable. C’est notamment sur la base d’un document co-écrit par NeuroSpin que le Comité national de réflexion éthique sur l’expérimentation animale (CNREEA) a formulé en 2021 des recommandations sur la pratique de la restriction hydrique: il faut éviter de priver d’eau les animaux «dans la mesure du possible» et quand on le fait, «la nécessité […] doit être dûment justifiée».

Plus possible de les priver d’eau? Le laboratoire les prive de nourriture!

Face à cet avis pourtant bien peu ambitieux, le personnel de NeuroSpin craignait «d’observer une baisse de performance en cas d’administration d’eau en cage et le week-end» et «que les animaux apprennent rapidement qu’ils finiront par obtenir de l’eau dans la cage même s’ils ne coopèrent pas pendant l’entrainement». Des propos qui ne transpirent pas vraiment le respect des animaux…

En 2022, la préfecture a fait le strict minimum en interdisant totalement la privation d’eau à ce laboratoire, tout en renouvelant son agrément pour six ans, malgré la mort de Kimiko et les souffrances de tous les autres. Mais NeuroSpin n’en restera pas là: dès 2021, les chercheurs parlaient de priver les primates de nourriture s’ils ne pouvaient plus les priver d’eau.

Vingt-et-un macaques sont encore prisonniers de cet enfer. Pour eux, nous avons demandé le retrait de l’agrément de NeuroSpin au préfet, qui a refusé. Mais sa complaisance ne nous empêchera pas de nous battre: nous avons remis le dossier entre les mains du tribunal administratif de Versailles. Vous pouvez signer notre pétition pour demander la fermeture de ce laboratoire et le placement des primates dans un sanctuaire.

Signez pour dire stop à l’utilisation des macaques dans les laboratoires Signez pour dire stop à l’utilisation des macaques dans les laboratoires Signez pour dire stop à l’utilisation des macaques dans les laboratoires Signez pour dire stop à l’utilisation des macaques dans les laboratoires Signez pour dire stop à l’utilisation des macaques dans les laboratoires Signez pour dire stop à l’utilisation des macaques dans les laboratoires Signez pour dire stop à l’utilisation des macaques dans les laboratoires Signez pour dire stop à l’utilisation des macaques dans les laboratoires Signez pour dire stop à l’utilisation des macaques dans les laboratoires Signez pour dire stop à l’utilisation des macaques dans les laboratoires

La vie de Bogey et Jingoro, ou l’incapacité de NeuroSpin à soigner les macaques

La vie de Bogey et Jingoro, ou l’incapacité de NeuroSpin à soigner les macaques

La vie de Bogey et Jingoro, ou l’incapacité de NeuroSpin à soigner les macaques
12.09.2023
Essonne
La vie de Bogey et Jingoro, ou l’incapacité de NeuroSpin à soigner les macaques
Expérimentation animale

Le 26 mars 2021, la préfecture de l’Essonne a constaté le mauvais suivi de la santé des primates détenus par le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) dans son laboratoire NeuroSpin. D’après les documents obtenus par One Voice, huit macaques ont été tués à cause d’un “état de santé général dégradé” ou d’un “problème lors de l’anesthésie” au cours des cinq années précédentes. En réponse, la préfecture a simplement limité l’agrément du laboratoire pendant un an, laissant les macaques restants aux “soins” d’un personnel manifestement incompétent. Nous avons saisi le tribunal administratif de Versailles pour demander le retrait de l’agrément.

Bogey – Retards de soins et médicaments périmés

Bogey est né en 2007 chez Savane Nature, un élevage issu du zoo Planète Sauvage, près de Nantes. À trois ans, ce macaque rhésus est vendu à NeuroSpin par la société Bioprim, en région toulousaine. Imageries, privation d’eau, chaise de contention… Il va y passer comme les autres.

Quand on lui implante des électrodes dans le cerveau, la patte utilisée pour l’anesthésier s’infecte. Deux semaines plus tard, le vétérinaire est enfin contacté… et prescrit un traitement qui ne fonctionne pas. Encore deux mois d’attente et la jambe doit être amputée. NeuroSpin offre alors à ce macaque le triste luxe de trois semaines de “repos” avant de reprendre les expérimentations.

Bogey va mourir en 2020. Mordu par un autre macaque enfermé dans la même cage que lui, il est isolé. Mais les “écoulements purulents” sur sa cuisse gauche deviennent vite un abcès. Le personnel lui donne un antibiotique périmé, qui ne fonctionne pas. Il faut deux semaines au laboratoire pour se faire livrer des antibiotiques convenables… qui ne marchent pas non plus.

La “structure chargée du bien-être animal” (SBEA) décide alors de tuer Bogey, qui a maintenant une nécrose testiculaire et une dilatation du côlon en plus de son abcès. Pour la SBEA, “au vu des différentes stratégies diagnostiques et thérapeutiques mises en place pour Bogey, il n’y a pas eu de défaut de soins”. C’était peut-être juste de l’incompétence…

Image extraite d’un compte-rendu de réunion de NeuroSpin du 23 septembre 2019

Jingoro est trop stressé, il faut lui enlever ses jouets

Jingoro est né le 13 juin 2013 au centre de primatologie Silabe, de l’université de Strasbourg. Deux ans et demi plus tard, il est vendu à NeuroSpin. Lui aussi devra y endurer pendant plusieurs mois des privations d’eau pour l’habituer à obéir.

En 2021, sa fiche indique “Diarrhée / Cas isolé”. Dans les mois qui suivent, il a des diarrhées à répétition. Le laboratoire trouve qu’il est “facilement stressé” – on se demande bien qui ne le serait pas en vivant en permanence dans une cage en métal et sans pouvoir étancher sa soif… Mais non, son stress serait dû aux «travaux» dans la pièce où il est détenu. Solution: il est déplacé. Effectivement, il n’a alors plus de diarrhée. Par contre, il “se jette sur les croquettes lors du nourrissage” et vomit… à répétition.

Quand le personnel commence enfin à s’inquiéter de la santé de Jingoro, on constate une “masse dure” au niveau de son estomac. C’est en fait une “boule de poils de balais en coco”. Il était tellement stressé qu’il a mangé ce qui lui passait sous la main – en l’occurrence, un balai censé lui servir de jouet. La solution: “restriction sur l’enrichissement structurel”: on va lui enlever ses jouets.

Le pauvre macaque vomit alors quatre fois en deux semaines. Mais l’analyse sanguine ne voit “rien à signaler”. Dans les mois qui suivent, on retrouve plusieurs fois du vomi dans sa cage, mais l’examen vétérinaire ne trouve toujours “rien à signaler”.

Nous demandons le retrait de l’agrément

Aujourd’hui, Jingoro fait partie des 21 macaques encore exploités par ce laboratoire avec la bénédiction du préfet, qui prétend que “le CEA Centre de Paris-Saclay et le laboratoire NeuroSpin ont un souci permanent du raffinement des pratiques”. Ce “raffinement des pratiques” a tué Bogey et bien d’autres singes, et quand la préfecture de l’Essonne a choisi de réautoriser NeuroSpin à utiliser des primates, le laboratoire a créé de nouvelles souffrances et encore plus de morts. Raffinées, à n’en pas douter.

Nous avons demandé au tribunal administratif de Versailles le retrait de l’agrément de ce laboratoire, pour sauver les macaques qui peuvent encore l’être. Vous pouvez signer notre pétition pour demander la fermeture de NeuroSpin et le placement des macaques dans un sanctuaire.

Signez pour dire stop à l’utilisation des macaques dans les laboratoires Signez pour dire stop à l’utilisation des macaques dans les laboratoires Signez pour dire stop à l’utilisation des macaques dans les laboratoires Signez pour dire stop à l’utilisation des macaques dans les laboratoires Signez pour dire stop à l’utilisation des macaques dans les laboratoires Signez pour dire stop à l’utilisation des macaques dans les laboratoires Signez pour dire stop à l’utilisation des macaques dans les laboratoires Signez pour dire stop à l’utilisation des macaques dans les laboratoires Signez pour dire stop à l’utilisation des macaques dans les laboratoires Signez pour dire stop à l’utilisation des macaques dans les laboratoires