Ouvrir un delphinarium: l’étrange idée du zoo de Beauval

Ouvrir un delphinarium: l’étrange idée du zoo de Beauval

Ouvrir un delphinarium: l’étrange idée du zoo de Beauval
10.02.2016
France
Ouvrir un delphinarium: l’étrange idée du zoo de Beauval
Exploitation pour le spectacle

Tous les delphinariums français ont été ouverts au siècle dernier. Depuis lors, l’effet « Blackfish » est passé par là, ouvrant les yeux du grand public sur la souffrance des cétacés captifs. Aux USA, le documentaire de Gabriela Cowperthwaite a déjà fait son œuvre. Les actionnaires de SeaWorld s’inquiètent des pertes financières en cascade qu’ont entraînées ces révélations. À l’image de son modèle américain, le Marineland d’Antibes se voit lui aussi contraint de proposer des shows d’orques « pédagogiques » ou de se défendre des « calomnies » par vidéos interposées. Tout porte à croire que ces stratégies médiatiques ne sauveront pas le parc antibois du même désastre financier que SeaWorld.

Aussi est-ce avec grande prudence que deux entreprises indépendantes se lancent dans l’aventure. Le Zoo d’Amnéville semble déjà échaudé par la levée de boucliers générale qu’a suscitée son projet de delphinarium. Le Zoo de Beauval, pour sa part, se montre prudent. Le brusque intérêt que la Toile porte à son intention d’accueillir des dauphins l’oblige à se justifier.

Dans un message publié sur sa page Facebook, le zoo nous assure ainsi que sa démarche est légitime: « les parcs zoologiques modernes s’investissent en permanence dans des programmes d’élevage et de reproduction gérés à l’échelle internationale. Des programmes dont le succès se voit fréquemment confirmé par des taux de natalité en hausse. Le cas précis des dauphins démontre que la population européenne dans les parcs animaliers croît continuellement; 34 mâles et 21 femelles sont nés entre 2009 et 2014 ».

Impossible de vérifier ces chiffres. Il n’existe en effet aucun inventaire des cétacés captifs à l’échelon européen semblable au Marine Mammal Inventory Report mis en place par le gouvernement des États-Unis, ce qui est extrêmement regrettable. En revanche, les décès annoncés dans la presse nous apprennent que les cétacés nés en captivité dépassent rarement l’âge de vingt ans. La consanguinité et les conditions de vie aberrantes affaiblissent leurs résistances psychophysiologiques et réduisent drastiquement leur espérance de vie. L’extinction annoncée de la population captive obligera tôt ou tard les delphinariums à procéder à de nouvelles captures ou à « sauver » de nouvelles orques « sourdes » comme Morgan.

Si les programmes de reproduction sont déjà d’une efficacité plus que douteuse pour les éléphants ou les grands singes, ils n’ont évidemment aucun sens dans le cas des cétacés. L’espèce Tursiops truncatus qui peuple nos bassins n’est nullement menacée selon l’IUCN. L’élevage en bassin ne sert qu’à renouveler les stocks d’animaux de spectacle. Aucun d’entre eux n’est jamais remis en mer.

Le ZooParc poursuit son plaidoyer: « Nous soutenons inconditionnellement l’interdiction de toute capture de dauphins dans la nature. De même, nous condamnons fermement les actes perpétrés dans la baie japonaise de Taiji ». C’est bien. Mais en déclarant son intention d’ouvrir un delphinarium—dans un futur éloigné, précise-t-il—, le Zoo de Beauval envoie pourtant un signal clair à tous les entrepreneurs des pays émergents: « Ouvrez des parcs marins! C’est un secteur rentable! ».

Cette attraction date d’un autre siècle, rappelons-le. Elle ne correspond plus à la sensibilité du public, ni à l’éthique, ni aux données de la science. On ne réduit pas en esclavage des personnes animales, dotées de conscience de soi, de cultures, de dialectes et d’une vie sociable sophistiquée, mais surtout de qualités morales et affectives que l’humanité devrait leur envier.

Garder des cétacés captifs, cela fait désormais mauvais genre. C’est passé de mode…

Dernière minute. Le zoo de Beauval a abandonné son projet de delphinarium. Depuis ces derniers mois, One Voice n’avait pas relâché la pression, c’est une immense victoire!

L’abolition est en marche! Continuons le combat pour la fermeture des delphinariuns en France, signez la pétition!

Pour une Saint-Valentin sans animaux sacrifiés!

Pour une Saint-Valentin sans animaux sacrifiés!

Pour une Saint-Valentin sans animaux sacrifiés!
09.02.2016
France
Pour une Saint-Valentin sans animaux sacrifiés!
Expérimentation animale

Le saviez-vous? Malgré l’interdiction européenne d’expérimenter les produits cosmétiques et leurs ingrédients sur les animaux, la France se refuse à contrôler les firmes qui peuvent impunément continuer leurs tests… Grâce au label One Voice, identifiez facilement les produits conçus éthiquement!

Douce France?

Dans les laboratoires français, on peine à se passer des animaux. Et visiblement, la réglementation européenne n’est pas suffisamment motivante. Depuis l’interdiction en 2013 de tester les cosmétiques et leurs ingrédients sur les animaux, aucun contrôle n’a été mis en place, aucune sanction envisagée! Pourquoi alors changer ses habitudes?

Des yeux de lapins pour des yeux de biches

Les lapins et les rongeurs sont ceux qui sont les plus utilisés. Pourtant, n’oublions pas que si la loi interdit les tests sur les animaux, c’est que des alternatives existent! Mais si les laboratoires ne changent pas leurs procédures obsolètes, une solution est accessible à tous… Grâce au label One Voice, bleu ou orange, les marques identifient sans ambiguïté les produits pour lesquels aucun animal n’a été sacrifié–ils sont même véganes!

Offrez de la compassion

À l’occasion de la Saint-Valentin, One Voice est heureuse de vous annoncer que Melvita a renouvelé sa labellisation. Des produits pour homme et pour femme, des soins, des eaux de toilette, le choix est là! Et bien d’autres marques encore.

One Voice vous souhaite une éthique Saint-Valentin!

Une peine exemplaire pour un tortionnaire de chien!

Une peine exemplaire pour un tortionnaire de chien!

Une peine exemplaire pour un tortionnaire de chien!
08.02.2016
Canada
Une peine exemplaire pour un tortionnaire de chien!
Animaux familiers

Pour Justice le bien nommé, trouvé le cou, le museau et les pattes ligotés avec de l’adhésif, justice a été rendue! Encore mieux: convaincue du Lien qui existe entre les violences faites aux animaux et celles qui sont faites aux humains, la juge a demandé que le coupable soit génétiquement fiché…

Sauvé de justesse

A l’arrière d’un centre commercial de Windsor, dans l’Ontario (Canada), un petit chien d’environ 7 ans a été laissé pour mort. Son museau étroitement muselé par de l’adhésif, ainsi que ses pattes et son cou, laissent présumer de la violence de ce qui s’est passé. Heureusement, un promeneur passait par là. Sans lui, il serait mort étouffé. Lorsqu’il a été libéré, il était si faible qu’il ne tenait même plus debout… Il a été pris en charge par l’association locale: Windsor/Essex County Humane Society.

Un jugement exemplaire

Une enquête a permis de retrouver le coupable. La juge en charge de l’affaire n’a pas hésité à le condamner à une peine exemplaire: deux ans de prison ferme et trois ans de probation, assortis d’une interdiction de détenir un animal pendant 25 ans. Mais elle ne s’est pas arrêtée là. Elle a en effet également demandé un prélèvement ADN pour que ce tortionnaire d’animaux soit fiché dans la banque nationale de données génétiques que les autorités utilisent pour résoudre des crimes. Il est en effet admis que les criminels qui s’en prennent aux humains ont eu pour premières victimes des animaux (voir notre dossier à ce sujet ici).

Et en France?

En France, on l’a vu récemment avec le cas de Griffin, il n’y a pas d’exception. La violence s’exerce indépendamment de l’espèce: rappelons qu’il a frappé sa femme et jeté son chat par la fenêtre après y avoir mis le feu. Ce qui est important, c’est l’auteur du crime, pas la qualité de la victime. Aujourd’hui, une personne condamnée ou contre laquelle il existe un ou plusieurs indices graves ou concordants pour certaines infractions voit ses données génétiques conservées dans un fichier national (FNAEG) géré par le Ministère de la Justice.

One Voice demande au Garde des sceaux que les actes de cruauté et sévices sur animaux fassent partie des infractions permettant le prélèvement et la conservation des traces et empreintes génétiques permettant de résoudre les crimes et délits d’atteinte aux personnes.

Pour soutenir notre campagne, signez et diffusez notre pétition!

Afrique du Sud: One Voice a enquêté sur la chasse aux trophées

Afrique du Sud: One Voice a enquêté sur la chasse aux trophées

Afrique du Sud: One Voice a enquêté sur la chasse aux trophées
06.02.2016
Afrique du Sud
Afrique du Sud: One Voice a enquêté sur la chasse aux trophées
Animaux sauvages

One Voice lutte pour convaincre la communauté internationale de protéger les derniers lions sauvages de la planète et de mettre fin à la souffrance des lions en captivité. Nous estimons que ces animaux doivent être classés de toute urgence en Annexe 1 de la CITES, de sorte qu’il soit mis fin à toutes formes de commerce les concernant.

En 2015, les enquêteurs de One Voice ont dévoilé la souffrance des lions dans les élevages d’Afrique du Sud. Enfermés dans des enclos exigus, ils restent souvent seuls ou forcés de cohabiter avec d’autres espèces de félins. Les bébés sont arrachés à leur mère dans l’heure qui suit leur naissance. Contraintes d’engendrer jusqu’à cinq portées tous les deux ans, les lionnes captives sont traitées comme de simples machines à reproduire. Les lionceaux sont utilisés pour les photos touristiques. Quand ils atteignent l’âge de trois ans et sont moins faciles à contrôler, ils sont vendus à des sociétés de chasse qui vont jusqu’à les droguer pour faciliter la traque et l’abattage.

En février 2015, l’Union Européenne a introduit des mesures obligeant les États membres à délivrer des permis d’importation pour les trophées de chasse de six espèces, dont le lion d’Afrique. One Voice estime que ces mesures sont insuffisantes pour protéger ces animaux. L’association fait pression sur les politiques pour obtenir une interdiction totale de l’importation des « trophées » et des parties du corps des lions à l’échelle européenne. Nous luttons également contre toute forme de chasse aux trophées et nous exhortons les touristes voyageant en Afrique à participer uniquement à des activités éthiques.

Par ailleurs, One Voice se bat pour la fin de l’exploitation des animaux dans les cirques français. De nombreux pays ont déjà procédé à cette interdiction. Pourtant, des centaines de cirques continuent à parcourir le territoire national aujourd’hui, et le lion y est l’animal sauvage les plus représenté.

Il y a quelques années, One Voice a supervisé le sauvetage de trois lions, Shada, Djunka et Nalla, qui avaient passé toute leur vie enfermés dans une caravane de cirque en Dordogne. Maintenus à l’isolement dans des compartiments minuscules de 1,83 m x 1,83 m, ils étaient utilisés comme reproducteurs. Leurs petits leur étaient aussitôt enlevés pour être vendus. Grâce à One Voice et la Born Free Foundation, ces trois lions ont pu être transférés dans un sanctuaire d’Afrique du Sud.

Des dizaines de vaches mortes de faim!

Des dizaines de vaches mortes de faim!

Des dizaines de vaches mortes de faim!
05.02.2016
France
Des dizaines de vaches mortes de faim!
Autre campagne de l’association (ou multiples)

Après sept ans de bataille juridique, le procès des frères B. a lieu aujourd’hui 5 février. Sur leurs terres, One Voice avait découvert des dizaines de vaches, mortes de faim et de soif, et d’autres sur le point de succomber.

L’affaire

Ils n’étaient pas pauvres. Point de misère sociale ici. Ils étaient sains d’esprit, l’analyse psychiatrique réalisée sur l’un d’eux a démontré qu’il était responsable de ses actes. Pourtant, ils étaient incapables de donner le nombre précis d’animaux de leur cheptel, évalué entre 700 et 800 et entassés sur 400 à 500 hectares de terres.

Pourtant, il y avait du foin. Les vaches le voyaient. Les voisins entendaient leurs cris. Mais les vaches, pour eux, c’est de « la camelote », du matériel. Alors ils les ont laissées mourir. Dans les souffrances atroces que l’on peut imaginer. Sans eau ni nourriture. Quelques cadavres seulement sont découverts en juin et décembre 2008. Mais en février 2009, dans un froid mordant, ce sont trente-sept vaches mortes que nous trouverons, certaines dissimulées sous des bâches. Il faudra un hélicoptère pour toutes les recenser. Vingt-six autres survivent à peine et seront évacuées in extremis… Elles seront confiées à notre partenaire, l’OABA.

Comprendre?

La découverte d’ossements par un voisin laisse présumer que la situation n’était pas nouvelle. En 2007, les frères propriétaires de l’exploitation ont touché 175 000 euros en primes et subvention PAC, totalisant le quart des subventions du département. Le juge d’instruction a estimé les charges insuffisantes concernant un éventuel détournement de fonds, mais rappelons qu’un éleveur touche une subvention par animal tant que la mort de celui-ci n’est pas déclarée. Une prime est également versée « à la bête morte ». Notons enfin que la gendarmerie nous a informés de la disparition de certains passeports d’animaux.

Pour un jugement exemplaire!

One Voice s’est portée partie civile en avril 2009. Les deux frères sont poursuivis pour sévices graves, actes de cruauté envers des animaux domestiques et détention de cadavres. Ils perdent le procès en première instance en octobre 2009 ainsi que l’appel en septembre 2010. En juin 2012, un nouveau procès a lieu. One Voice demande une requalification en abandon et obtient une interdiction de détention, assortie d’une peine de six mois de prison pour chacun d’eux et une amende. Les deux frères font appel, et une nouvelle requalification a lieu rendant One Voice non recevable! L’association porte alors l’affaire en cassation et obtient gain de cause: la cour de cassation invalide la requalification des faits et publie son arrêté au bulletin criminel et à son bulletin d’information. Mais le parquet n’a pas suivi. Du fait de la prescription, la partie pénale est définitivement perdue. C’est sur l’action civile que nous nous battons aujourd’hui.

Enfin! Des compléments alimentaires labellisés!

Enfin! Des compléments alimentaires labellisés!

Enfin! Des compléments alimentaires labellisés!
04.02.2016
France
Enfin! Des compléments alimentaires labellisés!
Expérimentation animale

La marque Catalyons fait une entrée historique dans le label One Voice! Avec elle et pour la première fois, des oligo-éléments et autres compléments alimentaires sont certifiés non testés sur les animaux et vegan, voire bio pour certains.

Une première

La certification de Catalyons constitue un premier pas qui était très attendu. L’expérimentation animale est encore la règle dans le secteur des compléments alimentaires, bien que peu de consommateurs en ait conscience. Tous les « alicaments », tels que les yaourts enrichis dont on vante les bienfaits sur la santé du consommateur, ont été testés au préalable. Tous, ou presque, ont contribué à la rentabilité du lobby de l’expérimentation animale. Pourtant des alternatives éthiques existent, comme Catalyons le prouve aujourd’hui.

L’engagement de la marque

La certification par One Voice est un processus qui nécessite un véritable engagement de la part des firmes qui la réclament. Il ne s’agit pas seulement d’annoncer l’absence de tests à tous les niveaux de la conception d’un produit mais bien de la prouver. One Voice, après un audit approfondi, a donc attribué son label à une série d’oligo-éléments, de compléments alimentaires ainsi qu’à quelques soins cosmétiques et compléments pour animaux de la marque Catalyons. Tous sont garantis sans substance d’origine animale et non testés sur les animaux (label bleu). Certains sont également certifiés bio (label orange).

Porter le mouvement

Le secteur agro-alimentaire est particulièrement concerné par des méthodes de tests utilisant des animaux, qui peuvent être aisément remplacées. Il faut que les consommateurs en soient informés et fassent leur choix en conséquence pour que l’offre évolue. Faites circuler l’information!

One Voice vous invite à écrire aux marques dont vous souhaitez voir évoluer les pratiques et à nous en informer pour que nous appuyions vos demandes. Portons le mouvement amorcé avec Catalyons!

Ensemble, nous pouvons obtenir la fin des tests sur les animaux!

Griffin, brûlé et jeté par la fenêtre

Griffin, brûlé et jeté par la fenêtre

Griffin, brûlé et jeté par la fenêtre
01.02.2016
France
Griffin, brûlé et jeté par la fenêtre
Animaux familiers

Griffin était aimé. Tellement même, qu’il a servi à faire pression. Sa compagne humaine voulait rompre, elle ne voulait pas céder face à cet homme qui la menaçait. Elle ne voulait pas entrer dans son jeu et lui confier son téléphone: il avait déjà jeté le sien par la fenêtre!

C’est Griffin qui le premier a subi la violence de cet homme. Si la femme ne cédait pas, il disait qu’il allait mettre le feu au chat. Comment croire à ce type de menace? Comment imaginer que quelqu’un puisse incendier un chat, par pure jalousie? Mais il l’a fait. Il l’a arrosé d’alcool à brûler. Il a approché son briquet. Griffin a pris feu.

Terreur et douleur. La souffrance de Griffin n’allait pas s’arrêter là. Caché sous le canapé, il mettait le feu à l’appartement. Alors il l’a saisi et jeté par la fenêtre. Elle n’a rien pu faire. Seulement appeler son ex-mari à l’aide. Tous deux subiront alors aussi des violences physiques jusqu’à l’intervention des autorités. Parce que la violence est aveugle. Parce que la cruauté ne choisit pas ses victimes en fonction de leur espèce ou appartenance.

Griffin est mort. Après une heure trente d’agonie. Après que des voisins réveillés par ses hurlements de douleur l’ont emmené en urgence chez un vétérinaire… qui n’a eu d’autre choix que de l’euthanasier.

One Voice était partie civile dans le procès qui s’est déroulé en comparution immédiate le 1er février 2016 à Nice. Le tortionnaire de Griffin a été condamné à deux ans de prison ferme et six mois de sursis avec mise à l’épreuve ainsi qu’à l’interdiction à vie de détenir un animal. Il a fait appel de cette décision.

One Voice demande un jugement unitaire des violences par un parquet unique, comme ici où la comparution immédiate l’a rendu possible. Un même procureur doit être en charge du jugement de toutes les violences, parce que le Lien existe et parce qu’il peut être un outil formidable dans la lutte contre la cruauté…

Signez et diffusez notre pétition!

Enquête dans les fermes à fourrure polonaises

Enquête dans les fermes à fourrure polonaises

Enquête dans les fermes à fourrure polonaises
28.01.2016
Pologne
Enquête dans les fermes à fourrure polonaises
Exploitation pour la Mode

L’association Otwarte Klatki, notre partenaire au sein de la Fur Free Alliance, a filmé en caméra cachée l’abattage des renards dans les fermes à fourrure. Ce qu’elle a découvert montre la violation des lois européennes contre la cruauté envers les animaux. La justice a été saisie.

Une enquête dans quatre fermes

Quatre fermes élevant des renards pour leur fourrure, en Grande-Pologne et en Silésie, ont été l’objet d’une investigation par l’association Otwarte Klatki entre novembre et décembre 2015. Ce qu’elle a filmé constitue très probablement une pratique courante dans la plupart des fermes à fourrure.

L’horreur de l’abattage

Comme nous l’avions révélé suite à notre enquête dans une ferme à chinchillas en Croatie, l’électrocution est la méthode choisie pour préserver l’état de la fourrure. Ici, les enquêteurs de Otwarte Klatki ont filmé des chiens viverrins électrocutés devant les cages d’où leurs congénères pouvaient les voir. Pire, dans une autre ferme, les renards étaient tués à l’intérieur même de leur cage, entourés de leurs compagnons encore vivants. Ces derniers pouvaient ensuite voir les dépouilles circuler jusqu’à être conduites au dépeçage.

Le sommet de l’iceberg

Ces pratiques, pourtant déjà terribles, ne sont que le sommet de l’iceberg concernant la problématique du bien-être des animaux dans ces élevages. Otwarte Klatki a porté plainte pour actes de cruauté. Les employés de ces fermes risquent jusqu’à trois ans de prison. Les autorités de contrôle vétérinaire ont également été alertées. Les différents actes maltraitants qui ont été filmés sont illégaux et les conditions de détention des animaux inaptes à leur apporter un minimum de bien-être. Les comportements aberrants omniprésents, tels que mutilation volontaire, stéréotypies et cannibalisme, en sont une preuve incontestable…

Pour la fin des fermes à fourrure

Chaque année 100 000 renards et chiens viverrins sont tués pour leur fourrure en Pologne. Cette pratique a déjà été interdite dans plusieurs pays européens comme la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, l’Autriche, la Slovénie, la Croatie et partiellement en Suisse et au Danemark. En Allemagne, les dernières fermes devraient fermer sous peu. Pour que cette pratique soit interdite en Pologne, Otwarte Klatki diffuse une pétition qui a déjà recueilli 60 000 signatures. Mettons un terme à la cruauté de l’industrie de la fourrure!

Signez et diffusez la pétition

Crédit photo et vidéo : Otwarte Klatki

Pesticides: les sénateurs n’ont donc pas d’enfants?

Pesticides: les sénateurs n’ont donc pas d’enfants?

Pesticides: les sénateurs n’ont donc pas d’enfants?
27.01.2016
France
Pesticides: les sénateurs n’ont donc pas d’enfants?
Habitat naturel

En sa séance du 22 janvier 2015, le Sénat français a rejeté l’interdiction des pesticides néonicotinoïdes dans le cadre de l’examen de la loi sur la biodiversité. Les effets désastreux de ces substances toxiques sur les populations d’insectes pollinisateurs comme sur la santé humaine sont pourtant bien connus et scientifiquement prouvés.

La décision du Sénat fait fi des conséquences dramatiques connues de l’usage des pesticides néonicotinoïdes. Les hommes et les femmes qui représentent les collectivités territoriales en cette Chambre haute, n’en ont tout simplement tenu aucun compte.

Leur décision est évidemment très française. Dans un pays où l’on tue les loups et les bouquetins pour protéger la filière ovine, où l’on déverse des tonnes de boues rouges dans une réserve marine protégée au large de Marseille et malgré le Barnum de la Conférence COP21, la sensibilité écologique n’est pas une caractéristique majeure de la classe politique.

Par ailleurs, comme le soulignait Stéphane Foucart dans son ouvrage La Fabrique du mensonge. Comment les industriels manipulent la science et nous mettent en danger, l’industrie chimique est l’une des plus actives à soigner son image pour défendre ses intérêts. Face aux évidences scientifiques, elle se plaît à semer le doute et à imposer comme une vérité révélée, à grands coups de lobbying, ses études biaisées menées par des experts sous influence sur des échantillons non représentatifs.

L’industrie du pesticide est également l’une des plus polluantes. Les nouvelles molécules toxiques créées en laboratoire infiltrent tous les biotopes et s’accumulent tout au long de la chaîne alimentaire. Une étude récente nous apprend ainsi que les orques d’Europe risquent de disparaître à cause du PCB. Ce pesticide a été interdit il y a plus de trente ans mais il affecte encore la reproduction des espèces. Combien de temps faudra-t-il pour que la dernière molécule de néonicotinoïde disparaisse de cette planète? Plusieurs milliers d’années?

Mais les sénateurs ne savent pas cela. Ils ne s’informent pas. Car s’ils mesuraient à sa juste échelle l’extrême dangerosité de ces produits chimiques, comment auraient-ils pu passer outre? Qu’ont-ils ressenti en leur âme et conscience quand ils ont voté « non »?

Ces gens-là n’ont-ils donc pas d’enfants ni de petits-enfants? Ne s’inquiètent-ils pas des effets de l’acétamipride, de la clothianidine et des autres néonicotinoïdes sur le développement cérébral du fœtus? Ne prennent-ils pas conscience qu’ils nous précipitent vers un monde sans abeilles, sans bourdons, sans papillons, sans plus aucun insecte pollinisateur et donc sans nourriture?

Espèrent-ils pouvoir engager des travailleurs afin de féconder chaque fleur de chaque verger, de chaque potager, de chaque champ avec un petit pinceau frotté de pollen?

La démocratie implique que le corps politique se soucie du bien commun plutôt que de ses intérêts particuliers. Les sénateurs français viennent hélas de nous montrer le contraire.

Népal: terre de sacrifices

Népal: terre de sacrifices

Népal: terre de sacrifices
20.01.2016
Népal
Népal: terre de sacrifices
Autre campagne de l’association (ou multiples)

La culture népalaise est riche en traditions. Parmi elles, des rites violents perdurent malgré la désapprobation d’une grande partie de la population hindoue urbaine.

Traditions et superstitions cruelles

Gadhimai est la déesse de la puissance. Tous les cinq ans, depuis 300 ans, plus de 2 millions de personnes viennent assister en son nom au sacrifice de milliers d’animaux–250 000 y ont péri en 2009, dont près de 20 000 buffles décapités à coups de sabre. Grâce à une mobilisation en France et au Népal, fruit d’un partenariat entre One Voice et l’AWNN, leur nombre a chuté à 3256 en 2014 et les autorités du Temple ont annoncé qu’à partir de 2019 Gadhimai ne serait plus célébrée dans le sang. C’est une immense victoire qui offre l’espoir de mettre un terme aux autres traditions cruelles qui perdurent au Népal. Lors de la fête de Khokana par exemple, il n’y a certes qu’une victime, mais le rite est d’une violence extrême. Un chevreau de cinq à six mois est jeté dans un bassin et dépecé vivant par des jeunes hommes, à mains nues et avec leurs dents…

Les superstitions occasionnent également de la souffrance animale. Pour porter chance à son équipe, qui participait au championnat d’Asie du Sud en 2013, la Fédération népalaise de football (ANFA) a sacrifié cinq animaux…

Divertissement à grande échelle

Si Gadhimai ne sera bientôt qu’un mauvais souvenir, tout au long de l’année des rituels similaires ont encore lieu dans les temples et sur certaines places publiques. Ce qui a été réalisé est un travail de fond, car au-delà des décisions prises par les autorités religieuses, il est important de faire évoluer les consciences de ceux qui participent aux sacrifices. Tous les clans, toutes les ethnies sont impliqués, avec parfois la contribution de l’État et de l’armée. Une fois par an, la célébration de Dashain entraîne, à travers le pays, la mort de centaines de milliers de chèvres, bœufs, canards, poulets… dont une partie est tuée par les militaires. Certains rites imposent de boire le sang directement de la jugulaire de l’animal égorgé (danses de Navadurga). Et la barbarie envers les animaux ne s’arrête pas aux seuls rites religieux. Ils sont aussi maltraités pour le divertissement: polo à dos d’éléphant, charmeurs de serpents, montreurs d’ours, etc.

Des conséquences à longue portée

Ces sacrifices en masse font courir des risques importants de pandémie aux populations. Mais plus grave encore est la banalisation de la cruauté qui en est la conséquence. De nombreuses études, mises en avant dans le Lien, indiquent qu’ils généralisent l’insensibilité face à la souffrance des êtres vivants, notamment chez les enfants, et qu’ils banalisent la violence des humains y compris envers leurs semblables. Les textes sacrés hindous ne prescrivent pas les sacrifices. Pas plus que le bouddhisme qui enseigne la compassion envers les animaux. Seuls les intérêts financiers de ceux qui exploitent les croyances et superstitions ancestrales permettent de perpétuer de telles traditions. Des traditions qui, bien souvent, ruinent les plus nécessiteux. L’absence de lois de protection des animaux au Népal contribue également à la persistance d’une brutalité d’un autre temps dans une société qui, pourtant, vise à devenir plus démocratique, égalitaire et moderne.