Clubs canins en perdition

Clubs canins en perdition

Clubs canins en perdition
01.03.2016
France
Clubs canins en perdition
Animaux familiers

Il y a probablement des exceptions. Mais ce que les enquêteurs de One Voice ont filmé est pourtant bien une triste généralité. Oui, les clubs canins ont des pratiques violentes, certes plus ou moins évidentes pour le néophyte, mais pas pour les vétérinaires spécialistes…

Le pourquoi de l’enquête

Des troubles comportementaux toujours plus nombreux, des morsures, des euthanasies et des abandons qui se multiplient, ont alerté One Voice, qui travaille depuis longtemps avec des vétérinaires. Plus troublant encore, les chiens concernés sont des chiens de race, payés au prix fort. Des chiens dont le parcours indique qu’ils ont fréquenté des écoles du chiot et des clubs canins. Tout ce qui devrait donc faire d’eux des chiens parfaits. Mais parfaits selon quels critères? Ceux du chien rêvé par cet humain désireux d’un chien robot, télécommandé, dépourvu de toute volonté propre, ou de tout ce que son imaginaire aura projeté. Pourtant, chaque race a ses aptitudes, chaque chien a son caractère. Alors pour tenter de faire coïncider le chien rêvé et le chien acheté, de nombreuses personnes se retrouvent à fréquenter des écoles du chiot puis des clubs canins. Le feraient-elles si elles savaient le traumatisme que cela engendre? C’est pour que tous soient alertés sur ce qui se passe vraiment que les enquêteurs de One Voice ont filmé en caméra cachée des séances dans plusieurs clubs. Ils ont ensuite fait visionner les images à la Dre Nathalie Simon, vétérinaire comportementaliste.

Ce que nous dénonçons

Rien n’est plus difficile que de remettre en question ces pratiques. Pourtant, après des années à prêcher la famille meute et une éducation hiérarchisante où il fallait priver le chien de toute prérogative de « dominant », les scientifiques ont compris qu’après des millénaires de coévolution, le chien n’était pas un loup et fonctionnait de manière bien plus complexe. Mais dans les clubs, de nombreuses pratiques perdurent et font mal. Le coup de sonnette et la boîte à clous (pour faire peur avec du bruit) sont très répandus, mais il y en a d’autres, comme secouer un chiot par la peau du cou. Souvent ce sont des méthodes qui permettent d’obtenir un résultat rapide, car le chien prend vite peur et se soumet, même a priori le plus rebelle. Mais ce faisant, il est traumatisé. La blessure profonde aura des conséquences parfois dramatiques: depuis l’anxiété jusqu’à l’agressivité… L’accident n’est pas loin quand la relation n’est plus basée sur la confiance.

Ce que nous faisons

One Voice dénonce et agit. Il ne s’agit pas seulement de faire fermer quelques clubs, mais bien de repenser en profondeur notre relation au chien. Un laxisme exacerbé, parfois observé en contrecarrant des méthodes dures, n’est pas une solution. Le vivre-ensemble implique un apprentissage. Mais ce dernier n’a rien de rigide, il doit tenir compte de qui est le chien et de qui sont ceux qui partagent sa vie, de même que l’endroit où ils habitent. Finalement, pour bien vivre avec un chien, il faut du respect, de la cohérence et de la confiance. Toute forme de violence doit être bannie pour que se bâtisse une relation saine, durable et épanouissante.

Des scéances de maltraitance collective

Rapport sur les séances de maltraitance au sein des clubs canins

La ferme des 1000 vaches visitée par des agriculteurs!

La ferme des 1000 vaches visitée par des agriculteurs!

La ferme des 1000 vaches visitée par des agriculteurs!
26.02.2016
France
La ferme des 1000 vaches visitée par des agriculteurs!
Autre campagne de l’association (ou multiples)

Depuis 2014, la « ferme des 1000 vaches » fait scandale et à raison. One Voice partage avec vous le témoignage de deux agriculteurs perturbés par le sort des vaches enfermées dans cette usine aussi cruelle que polluante.

C’est dans la Somme, près d’Abbeville, que la « ferme des mille vaches » est sortie de terre, sur l’idée d’un riche entrepreneur français. « Inspiré » (sic) par les immenses exploitations américaines et allemandes, il décide de développer le concept en France. Les locaux sont prévus pour l’exploitation de 1000 vaches « laitières » et 750 veaux et génisses, bien qu’aujourd’hui il n’ait reçu d’autorisation « que » pour 500 vaches. Ici, les animaux ne connaîtront pas le pré et iront dans des boxes à la salle de traite rotative, trois fois par jour. Pour les deux agriculteurs qui ont visité la ferme-usine, les infrastructures ne sont pas adaptées et causent de multiples blessures aux bovins. Une exploitation de cette taille ne peut en aucune manière leur assurer un minimum de bien-être. Pour One Voice, qui dénonce déjà leur souffrance dans les exploitations classiques, cette réification des animaux est intolérable!

« Dans certaines petites fermes où il y a des robots de traite, les vaches vont se faire brancher toutes seules, quand elles en ont envie. Tandis que là, à la « ferme des 1000 vaches », non. C’est de l’esclavage pour les vaches. » (Parole d’un éleveur retraité—lire le témoignage en entier ici)

En lien avec l’exploitation, il est prévu un méthaniseur qui convertira les excréments des vaches en énergie, revendue avec un large profit à EDF. Un profit tel que, pour certains, il surpasse largement l’objectif de production laitière de l’exploitation. Mais ce procédé n’a rien d’écologique en dépit des effets d’annonce. Le lisier sera complété par d’autres déchets verts. Les résidus (digestats) seront si riches en azote qu’épandus sur les sols comme engrais, ils pollueront l’eau et l’air. Ce sont eux qui sont responsables de la prolifération des algues vertes en Bretagne où la méthanisation est largement associée aux élevages de porcs… One Voice soutient l’association Novissen qui regroupe les riverains opposés à cette « usine à vaches » et qui en seront les premières victimes collatérales.

« Le rabot qui ramasse la bouse passe près de leurs pattes, c’est du caoutchouc apparemment. Mais il y en a une qui a perdu l’équilibre. Cette vache, elle est partie entre le béton et le derrière du rabot. Et là, c’est de la ferraille… Après elle boitait… Vous auriez vu ses pattes, elles étaient tout esquintées. Il y avait du sang. Il y en avait beaucoup qui avaient ça à leurs pattes. Et celle-là, je l’ai vue perdre l’équilibre avec le rabot. » (Parole d’un éleveur retraité—lire le témoignage en entier ici)

Produire du lait à l’échelle industrielle, c’est aussi produire des veaux à la même cadence. Car n’oublions pas que si les vaches produisent du lait, c’est pour nourrir leur petit! Dans cet environnement kafkaïen, ils seront arrachés à leurs mères dont les appels déchirants seront ignorés. Les mâles seront abattus après avoir été transportés et vendus dans de terribles conditions (voir notre enquête sur les « marchés aux bestiaux »). Les femelles seront engraissées pour devenir à leur tour productrices—si elles survivent. Tout cela pour satisfaire des humains qui veulent continuer d’ingérer du lait même à l’âge adulte, malgré les risques pour leur santé et la controverse dont cette consommation fait l’objet… Cette production serait-elle encore possible si tous acceptaient d’ouvrir enfin les yeux sur la vie mentale et émotionnelle des vaches?

« Comment voulez-vous qu’elles soient bien, ces bêtes? Nous, les vaches, on les appelait et elles revenaient tout de suite, elles se faisaient caresser. Une bête… c’est… Vous avez vu le chien? Eh ben, c’est comme un chien. Une bête, elle vient vous lécher. Elles me suivaient dans la pâture. Elles me suivaient comme une personne qui suit une autre personne. » (Parole d’un éleveur retraité—lire le témoignage en entier ici)

Quand la France tue des chiens…

Quand la France tue des chiens…

Quand la France tue des chiens…
25.02.2016
Europe
Quand la France tue des chiens…
Expérimentation animale

Quand la France tue des chiens, l’Italie choisit de condamner ceux qui les torturent. La Cour d’appel de Brescia vient de confirmer la sévère condamnation des dirigeants de Green Hill, un élevage de chiens destinés aux laboratoires de toute l’Europe. 3000 beagles sont sauvés!

La France est, des 27 pays de l’Union européenne, celui qui expérimente le plus sur les chiens et les chats. Récemment, avec le scandale Biotrial, une personne est décédée. Pourtant, des chiens étaient morts lors des phases précliniques… Suppliciés et morts pourquoi?

Depuis 1999, One Voice milite pour la fin de l’expérimentation sur les chiens et les chats et démontre ses aberrations. Elle a réussi à empêcher l’installation d’un élevage par Marshall à Montbeugny, a révélé à travers plusieurs enquêtes les pratiques des élevages de chiens destinés aux laboratoires et a sauvé plusieurs beagles.

Nous avons déjà écrit à la ministre de la Santé au sujet des chimpanzés qui auraient été utilisés par Biotrial et n’avons pas reçu de réponse. Un nouveau courrier lui est envoyé cette semaine ainsi qu’à la ministre de la Recherche, pour demander également des comptes concernant ces chiens dont la mort n’a pas empêché celle d’un humain. La victoire historique de la LAV en Italie devrait être inspirante!

Car la LAV, notre partenaire italien au sein de la Coalition européenne, a rondement mené une longue bataille juridique. Après des années de combat pour fermer l’élevage de chiens de Green Hill et une enquête saisissante, elle avait porté plainte et obtenu en 2012 la saisie de 3000 beagles destinés aux laboratoires de toute l’Europe. Puis, l’affaire a pris un tournant décisif en 2014, quand l’Italie a annoncé qu’elle interdisait ce type d’élevage. Et en janvier 2015, le jugement en première instance condamnait le vétérinaire, le directeur et le manager exécutif de Green Hill. En confirmant hier cette condamnation pour actes de cruauté, maltraitance et euthanasies illégales, la Cour d’appel envoie un signal fort à tous les scientifiques: les chiens n’ont pas leur place dans les laboratoires!

Les peines sont exemplaires: prison et interdiction d’exercer pendant 2 ans. Il faut dire que chez Green Hill les chiens n’étaient pas soignés mais tués, même pour de simples pathologies dermatologiques: question de rentabilité… Avec cette décision, l’Italie exprime clairement son refus de prioriser les intérêts économiques même d’une grosse multinationale comme Marshall (à qui appartient Green Hill) lorsque le bien-être d’individus sentients est en jeu.

Et la France? Continuera-t-elle à fermer les yeux sur l’éthique et le progrès quand des intérêts économiques sont en jeu? Combien de morts encore pour revoir les pratiques des laboratoires français?

Aidez-nous à mieux protéger nos compagnons: Signez et diffusez notre pétition!

Tilikum: l’effet Blackfish

Tilikum: l’effet Blackfish

Tilikum: l’effet Blackfish
24.02.2016
Monde
Tilikum: l’effet Blackfish
Exploitation pour le spectacle

Tilly, cher Tilly. Six ans déjà. Nous nous battons pour toi et les tiens. Nous ne baissons pas les bras. Résiste encore un peu, nous avançons vers ta liberté, vers votre liberté. Ton geste désespéré a été entendu. Résiste!

Aujourd’hui, après trente-trois ans de détention, Tilikum, alias Tilly, assommé de tranquillisants, flotte, immobile, face au mur. Sa nageoire dorsale est si flasque qu’elle lui pend sur le flanc. Triste écho du
Vol au-dessus d’un nid de coucou, Tilikum a été puni d’avoir voulu briser ses chaînes. Seaworld, qui le veut vivant, l’a placé sous camisole chimique. C’est un « taureau reproducteur ». Sa semence vaut cher.

Pourtant, sa révolte suicidaire n’aura pas été vaine: grâce à lui, toutes les orques captives bénéficient désormais d’un nouveau regard du public. L’effet Blackfish continue à ronger SeaWorld et bientôt, toutes les entreprises qui exhibent des orques en bocal devront faire face à ce changement d’opinion. Tilikum est un lanceur d’alerte, un Spartacus parmi les orques!

En mer, aucune orque n’agresse jamais un humain. En captivité, les incidents se comptent par centaines. Pourquoi cette violence? Les orques ne sont-elles pas heureuses, elles qui, selon SeaWorld, reçoivent les meilleurs soins vétérinaires et la meilleure cuisine gastronomique? Non, elles ne le sont pas. L’orque a un cerveau extrêmement développé. Peut-être même plus que celui de l’humain…

Lorsqu’elle fut révélée par le livre Death at SeaWorld, puis par le film Blackfish en 2013, l’histoire de Tilikum a ému le monde entier. Clairement victime d’un lobby industriel, son accès de violence a paradoxalement révélé toute « l’humanité » des orques captives, toute la souffrance que ces esclaves géants ressentent, enfermés dans une fosse surpeuplée, et qui les fait basculer parfois du « côté obscur » de la force, pour reprendre les termes de John Hargrove.

Né dans les eaux glacées d’Islande, Tilly fut enlevé à sa mère et à sa tribu en 1983, à l’âge de deux ans. Il devint par la suite un mâle gigantesque, mais il n’en resta pas moins un grand timide mal dans sa peau. Au Sealand of the Pacific où on l’avait amené, on l’enfermait chaque soir dans un hangar avec deux femelles agressives. Chaque matin, il en ressortait couvert de blessures. Et, un jour, à bout de nerfs, il entraîna sa dresseuse par le pied et la noya. Un peu plus tard, il tua un vagabond qui avait probablement plongé dans son bassin. Mais pour SeaWorld, les états d’âme des orques ne doivent pas être connus. Le passé de Tilly a été dissimulé. Jusqu’à la mort de Dawn Brancheau, le 24 février 2010.

Le désespoir fou de Tilikum n’est pas resté sans écho. Sa vie misérable, sa colère, cette dignité qu’il tente désespérément de reconquérir, inspire notre combat. Nous ne voulons plus que les orques soient réduites en esclavage. Nous ne voulons plus les voir souffrir. Nous devons sauver Tilikum et les cinquante-cinq orques encore détenues dans le monde!

Signez et diffusez notre pétition pour la fermeture des delphinariums !

Tilikum est décédé en janvier 2017.

Jeeth: une libération historique

Jeeth: une libération historique

Jeeth: une libération historique
20.02.2016
Inde
Jeeth: une libération historique
Animaux sauvages

Jeeth, l’un des derniers ours danseurs identifiés en Inde, a été remis le 9 décembre 2009 par son dresseur kalandar au sanctuaire d’Agra. Cette libération vient couronner de succès sept années de travail intensif de One Voice aux côtés de Wildlife SOS.

Victoire pour les ours

Quel prénom plus beau que Jeeth (« victoire » en hindî) pouvait être donné à cet ours? Depuis sa naissance, et pendant quatre longues années, on l’a contraint à danser. Mais le 9 décembre 2009, il est devenu le symbole de tous les ours libres en Inde. Il représente aujourd’hui la victoire de tous ceux qui ont œuvré et soutenu pendant des années le travail sur le terrain de Wildlife SOS, de One Voice, et des ONG IAR et Free the Bears, pour mettre fin à une tradition qui, depuis 400 ans, participait à la disparition des ours lippus sur le continent indien.

Plus jamais esclaves

Seule source de revenus pour la communauté nomade des Kalandars, la tradition des montreurs d’ours se perpétuait depuis des siècles, et ce malgré une loi indienne très répressive, votée en 1972. Cette coutume barbare consistait à obliger les ours, capturés dès leur plus jeune âge, à mimer un semblant de danse en sautant. Une corde passée dans leur museau et des coups de bâton étaient leur torture quotidienne. Contre quelques roupies, les Kalandars les exhibaient dans les lieux les plus touristiques. En libérant peu à peu tous les ours du joug de leurs geôliers, la cellule anti-braconnage a mis un terme à une vie d’esclavage, où les ours étaient mutilés, privés de soins, de nourriture adaptée et de toute liberté.

Un travail de longue haleine

C’est un travail de longue haleine que mène depuis 2002 la cellule anti-braconnage Forestwatch, créée par One Voice et Wildlife SOS. Elle a non seulement repéré dans tout le pays les ours danseurs, formé des équipes, mené des campagnes d’information, permis l’arrêt de trafiquants et de braconniers… mais aussi développé, en collaboration avec les autorités locales, un programme de réinsertion pour la communauté kalandare comprenant soins médicaux, scolarisation des enfants, formation des adultes à de nouveaux métiers et aide financière pour démarrer une nouvelle activité. Sans doute la clé du succès de ces sept années de lutte car, comme le souligne le dresseur de Jeeth, en se séparant de son ours, « c’est un meilleur futur » qui s’offre à lui.

Réapprendre à vivre

Jeeth a donc été confié au sanctuaire d’Agra où il se trouve actuellement. Libéré de sa corde et placé dans une quarantaine à visée aussi bien comportementale que sanitaire, il a réappris peu à peu la vraie vie d’ours. Dès qu’il a été prêt, il est allé rejoindre ses congénères, libérés comme lui d’une vie d’esclavage. Contrairement à un zoo où tout est fait en fonction du visiteur, dans le sanctuaire tout a été pensé en fonction des besoins des résidents. Grimper aux arbres, se cacher, chercher sa nourriture, manger du miel et des fruits, jouer et même côtoyer d’autres animaux sauvages rescapés, comme des macaques à longue queue, des antilopes, des mangoustes, des oiseaux, etc., tel est désormais le quotidien de Jeeth.

Un tournant historique

Le 9 décembre 2009 marque un tournant historique pour tous les ours de la planète. Avec la fin de l’esclavage des ours indiens, un formidable vent d’espoir se lève pour tous les animaux sauvages dressés pour le spectacle. Car en France, les ours et de nombreux autres animaux sont encore contraints à une vie qui ne respecte ni leur nature, ni leurs besoins…

Regardez les vidéos

Forestwatch en action sur le terrain

Forestwatch en action sur le terrain

Forestwatch en action sur le terrain
20.02.2016
Inde
Forestwatch en action sur le terrain
Animaux sauvages

Basée en Inde, la cellule anti-braconnage Forestwatch a pour mission de sauver les ours et de démanteler les réseaux de braconniers et de trafiquants. En quelques années, son action a permis de mettre un terme à la tradition ancestrale des ours danseurs. Mais il lui reste encore beaucoup à faire contre de nombreux trafics d’espèces menacées.

Une loi répressive

En 2002, One Voice et Wildlife SOS imaginent une cellule anti-braconnage pour lutter contre le braconnage des ours lippus, destinés à devenir danseurs selon une ancienne coutume kalandare. Une loi indienne très répressive, datant de 1972, punit le braconnage de lourdes amendes et de peines de prison. Malgré cela, il apparaît rapidement que des ours en grand nombre sont aussi capturés pour être exploités pour leur bile ou tués pour leur chair, destinées au marché du sud-est asiatique. Tous les trafics de faune sauvage sont étroitement liés et exploitent les mêmes réseaux. Le champ d’action de la cellule s’est donc rapidement élargi.

Infiltrer les réseaux

Travaillant en étroite collaboration avec les instances gouvernementales et les autorités locales, la cellule anti-braconnage, baptisée Forestwatch, s’appuie sur un travail d’investigation, souvent de longue haleine, et un réseau d’informateurs qu’elle a sélectionnés et formés. Il s’agit la plupart du temps d’anciens braconniers ou de trafiquants repentis qui connaissent bien le terrain. Pour infiltrer les réseaux, l’équipe doit régulièrement se faire passer pour des trafiquants ou des acheteurs potentiels. Lorsqu’un réseau est démantelé, ce sont les autorités locales qui procèdent aux arrestations et décident du sort des oursons sauvés. Forestwatch demande, à chaque fois que cela est possible, à ce que les oursons lui soient confiés. Plusieurs sanctuaires, gérés par Wildlife SOS avec le soutien de One Voice, permettent de leur garantir des jours heureux en sécurité.

Informer, former

Grâce à One Voice, l’équipe de Forestwatch dispose de tout l’équipement technologique indispensable à son action (ordinateurs, téléphones portables, PDA, etc.). Outre son travail sur le terrain, qui passe aussi par l’information, la cellule anti-braconnage forme des policiers, des forestiers et d’autres agents techniques. Ses biologistes, enquêteurs et informateurs analysent les données des trafics et anticipent les tendances…

Démanteler les trafics

La conjonction de la volonté des instances gouvernementales indiennes et de l’action de Forestwatch a permis de lutter efficacement contre le braconnage et le commerce illégal des ours en Inde. La prise en compte de la grande pauvreté et la mise en place d’un programme de reconversion professionnelle pour les Kalandars acceptant de confier leur ours, ont contribué à éradiquer totalement la tradition des ours danseurs. Aujourd’hui, forte de son réseau expérimenté, la cellule anti-braconnage continue sa lutte contre le trafic des espèces menacées, comme les léopards, braconnés pour leur peau.

Vicky: sauvée de l’enfer du cirque

Vicky: sauvée de l’enfer du cirque

Vicky: sauvée de l’enfer du cirque
20.02.2016
Europe
Vicky: sauvée de l’enfer du cirque
Exploitation pour le spectacle

Après plusieurs années passées dans l’enfer du cirque, l’éléphante Vicky a été libérée par One Voice. Elle vit aujourd’hui une retraite paisible en semi-liberté, et surtout en compagnie d’une autre éléphante…

Alors qu’elle était recherchée en Allemagne, c’est dans la région parisienne que les enquêteurs de One Voice ont retrouvé Vicky, une éléphante alors âgée de 42 ans. En janvier 2006, avec sa libération, l’association crée un précédent autorisant enfin l’espoir pour tous les animaux détenus dans les cirques et rappelant au monde circassien son obligation légale de prendre soin des animaux dont il a la charge. À travers ce sauvetage, c’est toute une industrie du loisir basée sur la souffrance et l’aliénation des animaux que l’association dénonce.

Souffrances physiques et psychiques

Car Vicky est emblématique des dégâts que le cirque cause sur les animaux qu’il exploite. Après plusieurs années au service de la distraction des humains, dans des conditions de vie totalement inadaptées, l’animal a développé un comportement stéréotypé (balancements répétés du corps). Sur l’aire où le cirque était installé début 2006, il n’a d’ailleurs pas été difficile de retrouver la remorque où elle était dissimulée, tellement celle-ci tanguait de droite à gauche. Outre cet état psychique dégradé, l’éléphante souffrait aussi physiquement. Le vétérinaire, appelé sur place pour suivre son transfèrement, n’a pu que constater les traumatismes: en dehors de multiples plaies non soignées, une paralysie d’un membre postérieur, due à des mouvements contre nature répétés, et la paralysie de la trompe, consécutive aux coups incessants du dresseur. Ces deux pathologies sont caractéristiques des éléphants exploités dans les cirques.

Une vie indigne

Mais là ne s’arrêtait pas la souffrance de l’éléphante. Les jours précédant sa délivrance, les enquêteurs de One Voice qui la surveillaient ont constaté qu’elle ne sortait jamais de sa remorque. Elle n’avait droit à la lumière du jour que brièvement, lorsque les circassiens venaient la nourrir ou nettoyer le camion-cage. Enchaînée de jour comme de nuit, l’éléphante ne pouvait pas bouger. Aucun système de chauffage ne la protégeait du froid. Des conditions de vie inadaptées et inacceptables, bafouant les règles élémentaires relatives à la détention d’animaux sauvages.

Une libération sous haute surveillance

L’état physique et psychique de Vicky a compliqué quelque peu sa libération. Il a d’abord fallu « enlever » Vicky à ses « geôliers » sous l’escorte des policiers. Quand l’équipe a été certaine que l’éléphante était hors d’atteinte, elle a procédé à son transfèrement dans une remorque spécialement aménagée pour l’emmener en Pologne. Là, elle a trouvé un vaste enclos dans un parc spécialisé, et surtout la compagnie d’une autre éléphante rescapée…

Le sauvetage en images

La libération et le transfert de Vicky ont demandé un soin tout particulier et de multiples précautions pour ne pas mettre sa vie en danger. C’est ce sauvetage sous haute surveillance, réalisé par l’ONCFS (Office national de la Chasse et de la Faune Sauvage) avec le concours de One Voice et la coopération des autorités locales, que ces quatre vidéos racontent:

Des chimpanzés ont-ils fait l’objet d’expérimentations?

Des chimpanzés ont-ils fait l’objet d’expérimentations?

Des chimpanzés ont-ils fait l’objet d’expérimentations?
18.02.2016
Europe
Des chimpanzés ont-ils fait l’objet d’expérimentations?
Expérimentation animale

À la suite de l’accident thérapeutique* survenu à Rennes, la ministre de la Santé a déclaré que « des essais préalables avaient été réalisés sur des chimpanzés ». Qui sont ces chimpanzés et où sont-ils? One Voice entend obtenir des réponses claires.

One Voice cherche donc à savoir où les essais ont été réalisés et quand ces tests ont été effectués. Avant ou après l’entrée en vigueur de la directive EU/63/2010?

Dans l’hypothèse où ces tests auraient été réalisés après l’entrée en vigueur de la directive européenne, des dérogations ont-elles été sollicitées? Et obtenues?

Dans une lettre du 21 janvier 2016, One Voice a demandé à Marisol Touraine de préciser dans quelles conditions des chimpanzés avaient été impliqués dans ces essais. La députée Laurence Abeille a soutenu notre démarche.

En effet, la directive européenne EU/63/2010, entrée en vigueur le 12 juin 2010, interdit les expérimentations sur les chimpanzés et tous les grands singes de façon plus générale, sauf circonstances exceptionnelles.

Cette directive a été transposée dans notre droit interne par le décret du 1er février 2013 qui a modifié l’article R. 214-94, IV du Code rural et de la pêche maritime.

À la lecture de ce texte, il apparaît que le recours aux chimpanzés est strictement encadré tant au niveau de la nature des expérimentations dont ils peuvent faire l’objet que des procédures à mettre en place pour réaliser ces tests.

Dans le cas qui nous intéresse, le laboratoire a testé ce médicament pour le compte de la société BIAL, un gros groupe pharmaceutique portugais, qui a déclaré aux médias « avoir respecté les bonnes pratiques internationales ».

Or, il n’échappera à personne que le Portugal est également soumis à la même interdiction!

One Voice ne lâchera pas cette affaire… et portera plainte si la réglementation n’a pas été respectée.

 

*Ce triste accident illustre une nouvelle fois la nécessité d’abandonner le modèle animal pour recourir à des techniques plus sûres et plus éthiques, telle la toxicogénomique.

La toxicogénomique: une méthode qui épargne les animaux!

La toxicogénomique: une méthode qui épargne les animaux!

La toxicogénomique: une méthode qui épargne les animaux!
16.02.2016
Europe
La toxicogénomique: une méthode qui épargne les animaux!
Expérimentation animale

​La toxicogénomique est une méthode substitutive aux tests de toxicité sur les animaux. Elle est à la fois plus efficace, plus rapide et moins chère! One Voice et Antidote Europe sont à l’origine de son développement.

La toxicogénomique est la génomique appliquée à l’identification des gènes affectés par l’exposition de la cellule à un produit chimique. Son principe a été énoncé il y a plus de dix ans. Un rapport complet sur cette méthode a été édité par One Voice et Antidote Europe. Il est disponible sur demande.

Une méthode plus efficace

Les résultats obtenus par le test des effets toxiques de vingt-huit substances chimiques se sont avérés nettement supérieurs à ceux de l’expérimentation animale. La toxicogénomique d’une substance est cent fois plus rapide et cent fois moins onéreuse que le test sur modèle animal. Et plus important encore, elle ne fait pas le pari, trop souvent délétère pour notre santé –l’actualité ne cesse de nous le rappeler–, que nous partagerions la réaction de l’animal vis-à-vis de la substance testée.

Deux avantages déterminants

La toxicogénomique présente deux avantages tout à fait déterminants: Elle permet la compréhension des mécanismes cellulaires et l’évaluation du risque toxique à court, moyen et surtout à long terme. Elle a également la capacité unique d’explorer simultanément, en une seule expérience, un grand nombre de voies pathologiques potentielles: cancer, neuropathologies, réponses inflammatoires, problèmes métaboliques, du développement de l’embryon, de la reproduction, etc.

Une méthode universelle

La toxicogénomique permet aussi l’étude scientifique de la toxicologie chez n’importe quelle espèce (animale, terrestre, aquatique, végétale), à condition de mettre en œuvre les cellules et les gènes de l’espèce considérée. La toxicogénomique a donc le potentiel de devenir la référence en matière d’évaluation du risque toxique pour la santé humaine comme pour la préservation de l’environnement, la biodiversité en particulier. Ce n’est donc pas seulement une méthode qui épargne les animaux, mais la voie de l’avenir!

Soutenez le combat de One Voice contre l’expérimentation animale!

« … il est urgent d’éliminer de notre environnement les substances nocives responsables des pathologies majeures que sont, par exemple, le cancer et les démences. Du fait de la libre circulation des biens entre les pays européens, il revient à l’Union européenne, et donc à la Commission européenne, de mettre en œuvre l’évaluation fiable des risques toxiques, c’est-à-dire d’abandonner le test sur modèle animal dans le projet REACH. » (in « La toxicogénomique-Une évaluation des risques toxiques fiable pour l’homme ». Un rapport d’Antidote Europe et One Voice, septembre 2005).

Le dernier voyage de Valentin

Le dernier voyage de Valentin

Le dernier voyage de Valentin
11.02.2016
France
Le dernier voyage de Valentin
Exploitation pour le spectacle

C’est le 13 février 1996 que Valentin naquit là où nulle orque ne devrait naître: entre les murs d’un bassin. Il mourra entre ces mêmes murs le 12 octobre 2015 à l’âge de 19 ans, sans avoir jamais quitté le Marineland d’Antibes.

Naissance

Les orques tournent et tournent en rond nerveusement dans la piscine. On aperçoit la petite Shouka qui passe, mais aussi Kim et Sharkane, la marraine, surveillant l’accouchement et qui mènera bientôt l’enfant en surface. La caudale du nouveau-né pointe d’abord du ventre de Freya. Le corps suit peu à peu, puis un panache de sang, et Valentin vient au monde. Il découvre l’univers minuscule qui sera le sien sa vie entière: des parois de béton, de l’eau trouble au goût de chlore, du bruit. Et lorsqu’il lève la tête hors de l’eau, il aperçoit des bâtiments, des gradins et des humains debout. Partout des murs. En 1996, le bassin des orques est celui des dauphins aujourd’hui. Cinq détenus s’y entassent. Le premier souci de Freya est donc d’empêcher son fils de se cogner aux parois lorsqu’il joue et de lui apprendre à freiner son élan. Car rien ne prépare un cétacé, même né captif, à vivre dans une fosse.

Dressage

À six mois, Valentin participe à ses premiers shows. Son rôle se réduit alors à suivre sa mère et à la téter sous les applaudissements. Vers un an, au moment du sevrage, les dresseurs lui font vite comprendre que sans travail, pas de poisson. Val doit apprendre la discipline et cesser de faire le fou parmi les adultes en plein show. Il doit aussi accepter d’être séparé de sa mère, isolée dans un autre bassin. Le petit prince Valentin devient très populaire. Il a son fan club et sa page Facebook. Des adolescentes s’échangent ses plus belles photos avec plein de petits cœurs. On le reconnaît aisément au grain de beauté qu’il porte à droite sous la gorge.

Chagrin

Val est la deuxième orque à naître au Marineland après Shouka, fille de Sharkane, son aînée de trois ans et sa copine de jeu. Il est aussi le premier enfant viable de Freya, que l’on pensait stérile du fait des traitements aux rayons X reçus autrefois. Avant Val, elle avait accouché d’un premier mort-né en mars 1991, puis d’un second en 1993. Après lui, elle perdra encore deux autres enfants, en 2001 et 2003. C’est dire si elle aime son fils et si elle le protège! Après sa dernière fausse couche pourtant, Freya, déjà malade, s’enfonce dans la dépression. Elle flotte dans le bassin à l’écart des autres, ne participe plus aux spectacles et n’obéit plus aux soigneurs. Parfois, elle vient heurter sa tête contre les vitres du bassin principal, sans fin, le cœur dévoré de tristesse. Valentin voit tout cela. Il voit sa mère souffrir et souffre lui aussi. En 2002, le départ de Shouka, sa demi-sœur adorée, l’avait déjà profondément abattu. La jeune orque avait été envoyée à Vallejo aux USA, où elle resta seule pendant dix ans. À son tour, ventre en l’air, Valentin se mit à se frapper le front contre le bord de sa piscine près de la « grotte des soigneurs ». Tout au long de sa vie, il gardera ce comportement stéréotypé.

Deuil

Lorsque Freya s’éteint en juin 2015, le monde de Valentin s’écroule une nouvelle fois. Sa mère était la dernière orque capturée par le Marineland. Toute sa vie, elle n’avait cessé d’être malade et son flanc porte la marque de radiographies intrusives. « Crise cardiaque », déclare le Marineland. Mais Freya avait d’autres raisons de mourir. Elle laisse derrière elle une petite famille bouleversée, sans guide, sans matriarche. Pour les cinq survivants, c’est un choc terrible. Mais le Marineland n’a pas le temps de leur laisser faire le deuil de Freya. Le soir même, un show a lieu pour les « distraire » de leur chagrin et ne pas perdre de clients. Valentin n’est pourtant pas « distrait » par ce show, ni par aucun autre à l’avenir. Dans son esprit, un vide immense s’est creusé, un sentiment d’abandon que seul le fils aimé d’une orque peut comprendre.

Les rapports de force changent brutalement dans le huis clos des piscines: Freya morte, Val n’est plus le petit prince protégé de sa maman. Son statut social s’écroule. Il se retrouve en face d’une demi-sœur acariâtre chargée de deux enfants et de son demi-frère, Inouk, l’effacé. La tension monte, les bagarres explosent, Freya n’est plus là pour faire régner l’ordre. L’été 2015, Valentin est effondré, flottant seul et immobile dans un coin de sa piscine trop bleue. Autour de Val, une ambiance de foire: la musique incessante, les éclats de voix des visiteurs, l’odeur de la nourriture et les lumières allumées jusque tard dans la nuit. Valentin n’entend plus. Il ne remue presque plus.

Mort

Les jours passent. La chaleur monte. Puis d’un coup, le ciel se déchaîne. Des pluies diluviennes s’abattent sur la région. Le Marineland est submergé par la boue et les détritus. L’eau des bassins devient ocre. On enferme les survivants dans un petit bassin latéral, pour les tenir à l’écart des eaux souillées. Ils s’y battent et se mordent. Wikie tombe malade, on l’isole. Valentin est-il encore vivant? N’a-t-il pas supporté de voir son univers familier s’effondrer après la mort de sa mère? A-t-il avalé quelque chose de toxique? A-t-il été blessé par un siège des gradins lancé à toute volée? Ses blessures se sont-elles infectées? Est-il mort pendant l’inondation? Nous n’en savons rien. Le lundi 12 octobre, la direction du Marineland publie un bref communiqué : « Marineland est extrêmement triste d’annoncer le décès aujourd’hui à 12h de Valentin, une orque née au sein du parc », ajoutant deux jours plus tard : « Le premier examen visuel de l’orque Valentin, décédé il y a quelques jours, révélerait une torsion de l’intestin comme chez le chien ou le cheval ». Mais les orques ne sont pas des chiens, et les torsions de l’intestin causées par le stress ne les affectent pas en mer.

Chaque jour, elles parcourent en moyenne 160 kilomètres et plongent à plus de 100 mètres de profondeur. Valentin, lui, n’aura fait qu’un seul voyage durant sa courte vie, du Marineland d’Antibes au clos d’équarrissage. Une grue énorme est venue soulever son corps hors de ce qui fut son berceau et sa tombe, comme elle en souleva tant d’autres avant lui. Depuis son ouverture en 1970, au Marineland d’Antibes, neuf orques adultes sont décédées avant l’âge—compte non tenu des fausses couches. Calypso est morte à 11 ans, Clovis à 4 ans, Kim à 14 ans, Betty à 13 ans, Kim2 à 27 ans, Sharkane à 23 ans, Tanouk à 14 ans, Freya à 32 ans. L’âge moyen des orques sauvages est de 50 à 80 ans. Granny, la matriarche du J Pod, a fêté ses 104 ans. Valentin, lui, n’avait que 19 ans…

Si ses parents n’avaient pas été capturés, Val serait aujourd’hui un mâle superbe fendant les flots de la mer d’Islande de son immense aileron dressé. Il nagerait aux côtés de sa mère, toujours vivante et pour longtemps, avec toute une tribu de frères, de sœurs, d’oncles et de tantes. Il chasserait le hareng, jouerait, aurait de nombreuses amies de cœur dans d’autres tribus, quelques enfants ici et là. Sa vie serait chaque jour une nouvelle aventure dans l’eau glacée des fjords.
Mais des hommes en ont décidé autrement. Valentin a vécu au cachot toute sa vie, l’estomac ravagé par les ulcères, le menton lacéré de trop se frotter au béton des cuves, l’aileron dorsal se courbant peu à peu…

Ce n’est pas ainsi que vivent les orques.