Liberté pour Jumbo, l’hippo prisonnier du cirque!

Liberté pour Jumbo, l’hippo prisonnier du cirque!

Liberté pour Jumbo, l’hippo prisonnier du cirque !
14.08.2017
Liberté pour Jumbo, l’hippo prisonnier du cirque!
Exploitation pour le spectacle

Le 17 août, saisi par l’association One Voice, le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble examinera le cas de l’hippopotame Jumbo.

Dernière minute : l’audience est reportée au 28 août à 11H, le cirque présentera ses arguments.

Le 17 août, saisi par l’association One Voice, le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble examinera le cas de l’hippopotame Jumbo.

Depuis 30 ans, cet hippopotame amphibie, fait pour une vie semi-aquatique, est confiné dans un camion, privé de tout contact social avec ses congénères et de son milieu naturel, notamment de bains soulageant son corps et ses articulations. On ne le sort qu’une demi-heure par jour de cette remorque pour être arrosé au jet, mal nourri et exposé aux badauds. Jumbo est détenu dans des conditions inacceptables et illégales, d’autant qu’il ne participe pas aux spectacles.

Une bataille juridique

Plus tôt dans l’année, une demande d’annulation d’ouverture déposée par One Voice a essuyé le refus de la préfecture de Valence, qui estimait que le cirque offrait des conditions de captivité conformes à la règlementation en vigueur (l’arrêté du 18 mars 2011 fixe les conditions de détention et d’utilisation des animaux en établissements itinérants). Cette appréciation est erronée selon One Voice, car l’arrêté prévoit que les animaux puissent satisfaire leurs besoins biologiques et comportementaux, et qu’ils participent au spectacle. Or, aucun de ces critères n’est rempli pour Jumbo.

Des experts internationaux mobilisés

Dans un rapport établi en 1997 à la demande du Commissaire à l’environnement de la ville de Vienne, trois sommités autrichiennes –les Dr Gsandter, Pechlaner et Schwammer– avaient relevé que l’hippopotame est « particulièrement adapté à une vie dans l’eau et autour de l’eau, à laquelle il doit avoir continuellement accès. Le point d’eau dont disposent les hippopotames doit être assez profond pour qu’ils puissent s’immerger complètement. Le fait de les maintenir en captivité dans des bassins trop petits ou trop peu profonds pendant trop longtemps provoque des lésions articulaires. Seuls des enclos permanents peuvent permettre de satisfaire aux conditions mentionnées précédemment. Par ailleurs, les hippopotames sont des animaux grégaires, qui vivent en groupes […]. C’est pourquoi le maintien en captivité d’hippopotames dans des cirques est tout à fait inacceptable! ».

En mars 2017, le Dr Pierre Gallego, vétérinaire spécialiste et consultant de One Voice, a réalisé in situ plusieurs observations sur Jumbo, constatant qu’il « est nourri après le spectacle durant les 30 minutes que dure sa sortie. C’est un temps extrêmement court pour pouvoir faire de l’exercice en dehors de sa remorque et pour se nourrir. Il est nourri à base de foin et de granulés pour chevaux, et n’a donc pas accès à de l’herbe fraiche qui constitue la nourriture de base en liberté. Il n’y a de plus aucun enrichissement qui permette à Jumbo d’avoir un comportement naturel, voire de s’occuper […], se déplacer suffisamment, ni de prendre des bains comme c’est nécessaire pour son espèce. […] De plus les transports fréquents en remorque entre les différents sites de spectacle représentent un stress important pour cet animal, qui s’ajoute au stress d’être exposé aux visiteurs du cirque pendant le seul temps durant lequel il a accès à l’extérieur de la remorque ».

Pour Muriel Arnal, présidente de One Voice, il y a urgence: « Il faut sauver Jumbo ! Nous avons chronométré les sorties auxquelles il a droit, il reste enfermé dans une remorque obscure 23 h 30 sur 24 sans accès permanent à l’eau ni participation à aucune représentation. Pour un animal amphibie et grégaire, ce n’est pas une vie! Nous exigeons le respect des besoins physiologiques de Jumbo, comme le prévoit la loi, et sa libération. Nous assurerons son transfert et son accueil dans une structure partenaire qui lui offrira enfin des conditions de vie dignes ».

One Voice dénonce aussi l’illégalité de l’arrêté de 2011, qui permet de détenir captifs des animaux sauvages dans des cirques alors que précisément ils ne peuvent y exprimer leur comportement naturel.

Selon l’association, perpétuer une telle exploitation compromet également le travail de sensibilisation au respect et à la protection des espèces en danger.

Le cirque d’antan, qui exploite des animaux durement dressés pour des spectacles contre nature, est en perte de vitesse. De nombreux maires de France refusent que de tels entreprises déploient leur chapiteau sur le territoire communal, à la différence de troupes modernes, proposant des attractions sans cruauté. Dans de grands pays (États-Unis, Inde, Australie, Brésil…), des interdictions totales ou partielles (selon les espèces) ont été édictées. Au sein de l’Union européenne, 20 pays membres ont déjà pris de semblables mesures. One Voice se bat pour que la France soit le 21e.

Les dauphins

Les dauphins

Les dauphins
28.07.2017
Les dauphins
Animaux sauvages

Les dauphins disposent d’un ensemble de capacités cognitives incroyablement convergentes avec celles de nombreux grands primates, y compris les humains. Le cas du grand dauphin (Tursiops Truncatus) a été particulièrement étudié.

Les dauphins font partie de la famille des cétacés. Tout au long de leurs 55 millions d’années d’évolution, les cétacés ont acquis un ensemble de caractéristiques telles que l’écholocation (chez les cétacés à dents), des capacités auditives et communicatives sophistiquées ainsi qu’une organisation sociale complexe. Même si la séparation évolutive avec les primates s’est faite il y a plus de 90 millions d’années, ils disposent d’un ensemble de capacités cognitives incroyablement convergentes avec celles de nombreux grands primates, y compris les humains. Le cas du grand dauphin (Tursiops Truncatus) a été particulièrement étudié.

 

Les Dauphins

Fiche sentience sur les dauphins / le dauphin

La plupart des études réalisées sur les dauphins en captivité concerne les méthodes l’élevage plus que la conservation ou le bien-être. C’est principalement sur les dauphins libres que des découvertes sont faites concernant leurs capacités cognitives exceptionnelles. One Voice a cependant décidé de ne pas écarter certaines observations sur les dauphins captifs qui contribuent à attester que leur place n’est pas dans les étroits bassins des delphinariums.

Cerveau et intelligence

Les capacités cognitives des cétacés font appel à des caractéristiques anatomiques bien particulières et très différentes de celles des primates. Les cerveaux des cétacés et ceux des grands primates doivent donc être envisagés comme deux voies d’accès évolutives alternatives à la complexité neurobiologique et cognitive. En termes de capacités cognitives, les scientifiques placent les cétacés comme les dauphins entre les grands-singes et les humains. Le nombre élevé de circonvolutions, qui augmente la surface totale du cerveau, est souvent un repère pour juger de l’intelligence des animaux. La surface totale du cerveau du dauphin serait de 3.745 cm2, un chiffre qui surpasse celui des humains. (1)

Bien que très différent de celui des primates, le cerveau des dauphins possède des zones similaires identifiées comme étant utiles à l’attention, au jugement, à l’intuition et à la conscience sociale. De plus les dauphins possèdent un certain nombre de neurones spécifiques (neurones en fuseaux) dans le cortex, comme ceux présents chez les humains et les grands-singes. Ces neurones particuliers sont considérés comme responsables des réseaux neuronaux servant des aspects de la cognition sociale. (2)

Plusieurs recherches ont permis de compiler divers aspects de leurs capacités intellectuelles. Il s’agit notamment d’une compréhension des représentations symboliques des choses et des événements (connaissance déclarative), une compréhension de la façon dont les choses fonctionnent ou comment les manipuler (connaissances procédurales), une compréhension des activités, des identités et des comportements des autres (connaissances sociales) et enfin une compréhension de sa propre image, du comportement et des parties du corps (connaissance de soi). Toutes ces capacités reposent sur une base mémorielle solide. La mémoire auditive, visuelle et spatiale des dauphins Tursiops est précise et robuste.

Les capacités d’apprentissage flexibles et diversifiées des dauphins sont bien documentées, y compris, par exemple, l’apprentissage d’une variété de types de règles abstraites et la compréhension spontanée et l’exécution des instructions des formateurs seulement présents sur un écran vidéo. L’apprentissage d’un langage imposé est peut-être la tâche cognitive la plus difficile que les dauphins aient rencontrée. Les dauphins ont appris à comprendre non seulement les traits sémantiques des langages gestuels et acoustiques artificiels, mais aussi les traits syntaxiques.

Les dauphins apprennent spontanément les associations entre des sons et des événements appariés temporellement et démontrent des capacités imitatives étendues pour les sons et les comportements. Les dauphins peuvent développer le concept de « mimétisme » en copiant un comportement observé ou un son si on leur donne une instruction symbolique pour le faire. Les dauphins sont les seuls mammifères autres que les humains à être capables à la fois d’un mimétisme vocal et comportemental riche et vaste.

En mai 2017, des chercheurs américains ont publié une étude sur l’utilisation d’écrans tactiles par les dauphins de l’aquarium de Baltimore. Créé spécialement pour être immergé, cet écran géant a déjà permis d’observer de nombreuses interactions. Les dauphins sont capables de faire des choix et utilisent leur rostre pour toucher l’écran et sélectionner les symboles et images qui leur sont proposées.

Sans entrainement préalable ni encouragements, les plus jeunes se sont intéressés à l’écran en jouant à un jeu où il faut pointer les poissons qui apparaissent de manière aléatoire sur l’écran.

Grâce à cette technologie et aux applications spécialement créées pour les dauphins, les chercheurs devraient recueillir de nouvelles informations sur leurs capacités cognitives. Ces avancées pourraient aussi accroitre l’empathie pour ces animaux et induire des projets globaux pour leur protection et leur conservation. (23)

Les nombreuses études sur les dauphins en milieu naturel, bien plus pertinentes que des études en captivité, montrent aussi l’étendue de leurs capacités cognitives. Les dauphins vivent dans de grands groupes complexes avec des relations très différenciées qui comprennent des liens à long terme, des alliances d’ordre supérieur et des réseaux coopératifs qui s’appuient sur l’apprentissage et la mémoire. Les « alliances d’alliances », observées chez les dauphins, sont rares hors de notre espèce, même chez les grands primates. Il est également prouvé que la prise de rôles individuels est apparue dans les sociétés de dauphins pour faciliter les relations de coopération et les processus décisionnels. (1) (2)

Conscience du monde, conscience de soi, conscience des autres

La capacité à se reconnaître dans un miroir est une capacité extrêmement rare dans le règne animal. À ce jour, seuls les humains et les grands-singes et certains oiseaux ont montré des preuves convaincantes de la reconnaissance de soi dans le miroir. Deux dauphins ont été exposés à des surfaces réfléchissantes, et les deux ont fait preuve de réponses compatibles avec l’utilisation du miroir pour étudier les parties marquées de leur corps. Cette capacité à utiliser un miroir pour inspecter des parties du corps est un exemple frappant de convergence évolutive avec les grands-singes et les humains. (3)

Les dauphins sont conscients de leurs propres comportements, capables de comprendre et d’agir sur des instructions gestuelles leur enjoignant de répéter ou de ne pas répéter un comportement précédemment effectué, ou de contrôler la forme et le mouvement des bulles qu’ils émettent par l’évent. Les dauphins révèlent également le contrôle conscient des parties de leur corps, en les utilisant de manière spécifique et souvent nouvelle, tel que dirigé par des instructions gestuelles. Enfin, les dauphins démontrent la conscience de leurs propres états de connaissance, c’est-à-dire la métacognition, en indiquant leur certitude ou leur incertitude quant à savoir lequel de deux sons a le ton le plus élevé. (4)

Si leur conscience de soi ne fait aucun doute, en revanche, peu de chercheurs se sont penchés sur la nature même de la conscience des dauphins, sur son aspect particulièrement exotique par rapport au nôtre. Dans un article important, le neurologue Harry J. Jerison a décrit ce que pourrait être le monde perceptuel des dauphins. L’appareillage sensoriel des dauphins construit pour ces derniers un monde perçu avec une vision à 360°, à très faible gravité, où le haut et le bas ne sont plus des références ni des freins dans le mouvement. Il insiste aussi sur le rôle de l’écholocation dans la mise en place d’un ego individuel. On sait que lorsqu’un dauphin focalise son faisceau de clicks sur une cible quelconque, l’écho lui revient mais également à tous ceux qui l’entourent, même s’ils sont relativement loin ou lui tournent le dos. Cette vision commune n’est pas sans conséquence sur le contenu mental de chaque dauphin du groupe, capable de fusionner son esprit avec celui des autres quand c’est nécessaire. Ceci explique sans doute l’exceptionnelle capacité d’empathie des dauphins, mais aussi leurs échouages ou le fait qu’ils ne fuient pas une baie où pourtant on les massacre. (5) (6)

Dialectes et langages

En 1990, une équipe scientifique du Severtsov Institute of Evolutionary Morphology and Ecology of Animals de Moscou, menée par le Dr Vladimir Markov et cofinancée par l’OTAN, capturait vingt dauphins adultes en Mer Noire, parmi lesquels sept mâles, treize femelles et trois nouveau-nés. Enregistrés soit dans des enclos en mer, soit dans des bassins, ces individus communiquaient entre eux directement ou via un canal électro-acoustique lorsqu’ils étaient isolés. Le total des enregistrements sur bande magnétique s’élevait à plus de 300 000 sons. Parmi ceux-ci, l’équipe reconnut une quarantaine de phonèmes de base, constitués de 51 sons pulsés — les clicks — et d’au moins neuf sifflements tonaux. Des régularités statistiques attestaient en outre que les séries de sons complexes émises par les dauphins constituent bien du « texte », susceptible de véhiculer tout un ensemble d’informations. (7) (8)

D’autres recherches menées en laboratoire par la même équipe ont prouvé que les dauphins pouvaient se transmettre des informations abstraites par le seul biais d’une communication sonore. (9) Ces recherches ont été menées en collaboration avec les services scientifiques de l’OTAN et du delfinarium de Harderwijk.

Une recherche russe très récente conforte cette approche. « Il est suggéré que l’ensemble des composantes spectrales de chaque impulsion est un ”mot” du langage parlé du dauphin et qu’un paquet d’impulsions est une phrase ». (10)

En utilisant des enregistrements audio haute-définition, une équipe de recherche a pu représenter l’architecture des sons en images. L’ingénieur acoustique John Stuart Reid et le chercheur américain Jack Kassewitz, directeur du projet, ont déclaré que les sons transformés en images sont connus sous le nom de « CymaGlyphs ». Selon les chercheurs, les CymaGlyphs devraient constituer la base du lexique du langage des dauphins, car chaque « mot d’image » des dauphins est représenté par un motif différent. Les dauphins peuvent donc utiliser une façon de produire du langage différente de celle des humains. (11)

Nom et identité

Les dauphins Tursiops développent des signatures sifflées individuelles distinctes, qu’ils utilisent pour maintenir la cohésion de groupe et s’interpeller les uns les autres. Contrairement aux signaux d’identification utilisés par la plupart des autres espèces, la signature sifflée du dauphin est fortement influencée par l’apprentissage vocal. Cette capacité d’apprentissage est maintenue tout au long de la vie, et les dauphins copient souvent les sifflements d’un autre dauphin en mer. On a émis l’hypothèse que les sifflets de signature peuvent être utilisés comme des noms, c’est-à-dire comme des signaux de référence entre congénères, car on sait que les dauphins captifs peuvent être formés à utiliser des signaux sonores nouveaux pour désigner (étiqueter) des objets. « Cette étude démontre que les dauphins sont les seuls animaux autres que les humains à transmettre des informations sur leur identité, indépendamment de la voix ou de l’emplacement de l’appelant. » (12) (13)

Cultures, outils et modes de chasse

À Shark Bay, en Australie, les dauphins sauvages utilisent des éponges marines comme outils pour fourrager dans les fonds marins caillouteux sans se blesser le rostre. Une étude démontre que les explications génétiques et écologiques de ce comportement sont inadéquates. […] Ainsi, le fait de se servir d’une éponge est le premier cas connu d’une culture matérielle présente chez une espèce de mammifère marin. Le « sponging » montre une transmission sociale verticale presque exclusive au sein d’une matrilinéaire unique de la mère à la progéniture femelle. (14)

À Shark Bay toujours, existe une autre culture, la chasse sur la grève. Celle-ci exige un échouage partiel ou presque total sur les plages de la côte. En dix années d’observation, seuls quatre adultes et leurs petits ont été observés en train de chasser de cette manière pendant plus d’une année. Seuls les petits nés de parents qui chassaient sur la grève développent cette tactique, bien que l’échouage total, très dangereux, ne s’observe pas avant l’âge de cinq ans. Les « chasseurs de grève » utilisent les habitats peu profonds près des côtes et sont plus susceptibles de chasser durant la marée montante. La chasse sur la grève implique vraisemblablement une transmission de la mère à l’enfant. Mais certains dauphins peuvent profiter d’un apprentissage juste en imitant les individus qui fréquentent les habitats côtiers peu profonds à leurs côtés. (15)

Les Keys en Floride sont constituées d’un mélange de mangrove et de petites îles reliées par des vasières couvertes d’eau peu profonde. La mer y est riche en nutriments et en poissons. Les dauphins ont trouvé un moyen d’attraper facilement les bancs de mulets en mouvement rapide. Ils localisent les bancs avec leur sonar. Une fois qu’ils ont trouvé un banc, un seul dauphin nage en cercle autour de lui, bas sur le fond marin, en frappant violemment sa nageoire caudale vers le bas. Ce geste remue la vase du fond et les poissons sont bientôt entourés par un mur de boue de plus en plus étroit. Les dauphins, avec le reste du groupe, s’alignent côte à côte autour de l’anneau de boue. Le poisson paniqué saute hors de l’eau, au-delà du mur de boue, et tombe dans la bouche ouverte des dauphins en attente. Cette technique est pratiquée uniquement par les dauphins dans une région précise et seuls certains dauphins de cette zone pratiquent réellement la technique, transmise de la mère à l’enfant. Les dauphins ont presque toujours plus d’une façon de chasser, et peuvent consommer une variété très vaste de proies. (16)

La division des tâches

La spécialisation des rôles individuels pendant la chasse de groupe est extrêmement rare chez les mammifères. Les observations menées sur deux groupes de dauphins (Tursiops truncatus) à Cedar Key, en Floride, ont révélé des rôles comportementaux distincts durant l’alimentation en groupe. Dans chaque groupe, un individu était systématiquement le « conducteur », rassemblant les poissons en cercle vers les autres dauphins qui se tenaient en « barrières ». Les taux de capture des poissons varient d’un groupe à l’autre, mais pas entre celui qui pousse les poissons et les autres. (17)

Les sociétés Tursiops

Les dauphins Tursiops sont des animaux très sociaux se déplaçant dans des groupes de deux à quinze individus pouvant constituer des groupes plus grands de 1000 à 10 000 individus, comme observé près de l’Afrique du Sud et dans l’océan Pacifique. Les petits groupes sont généralement situés près de la côte, tandis que les plus grands se trouvent au large. Bien que ces dauphins constituent des unités sociales distinctes, ils ne sont pas isolés des autres groupes. Mâles et femelles sont philopatriques, c’est-à-dire qu’ils ont tendance à rester sur leur territoire d’origine ou à y revenir toute leur vie.

Le type principal de groupement observé est celui de la « fission-fusion » où la composition des groupes change régulièrement. Des études menées à Shark Bay en Australie et à Sarasota Bay en Floride ont fourni plusieurs types de relations. Alors que certaines femelles préfèrent être en groupe, d’autres restent solitaires. Les associations entre femelles étaient vastes et complexes. Dans un même groupe, les femelles ayant des petits du même âge se regroupent en crèche commune alloparentale.

Les mâles coopèrent généralement avec les femelles lors des chasses communes et de la défense du territoire. Les associations avec les mâles s’intensifient lors de la saison des amours, quand les femelles sont réceptives. Mais en toute saison, les mâles et les femelles peuvent voyager, se nourrir et se reposer ensemble.

Les dauphins mâles à Shark Bay, en Australie, présentent le comportement social le plus complexe de tous les mammifères connus, hormis les humains. Des études menées dans les années 1990 ont révélé que deux à trois dauphins mâles coopèrent très étroitement les uns avec les autres pour isoler les dauphins femelles du groupe principal pour l’accouplement. Parfois, ces alliances dites de « premier ordre » unissent leurs forces pour voler des dauphines qui ont été monopolisées par d’autres alliances. Des alliances du deuxième voire du troisième ordre peuvent alors se constituer. Cependant, ce lien de plus haut niveau peut changer selon le contexte. La formation d’alliances chez les dauphins n’est comparable qu’à celle des humains en matière de complexité. (18)

L’organisation de la communauté des dauphins à
Doubtful Sound diffère considérablement de celle observée chez les autres populations de dauphins. Cette petite société vit dans de grandes écoles mixtes. Des associations fortes se tissent dans et entre les sexes. Il n’existe pas de sous-unités claires dans la communauté, mais trois groupes d’individus ont tendance à passer plus de temps ensemble qu’avec d’autres. Les associations durables sont une caractéristique forte de la structure de la communauté et sont plus répandues que dans les populations de dauphins précédemment étudiées. Cette stabilité dans la dynamique de l’association a été observée au sein et entre les sexes. […] On y a observé aussi des associations stables entre mâles et femelles sur une durée de plus de 7 ans, alors que dans d’autres sociétés dauphines, mâles et femelles vivent à l’écart les uns des autres. (19)

Relations avec d’autres espèces

Les dauphins Tursiops fréquentent volontiers d’autres espèces de delphinidés avec lesquels ils s’hybrident parfois. (20) Ils viennent en aide ou demandent secours à des humains lorsqu’ils sont en difficulté. (21) Diverses interactions ludiques ont été observées entre les baleines à bosse et les dauphins. (22)

RÉFÉRENCES:

1. “Cetaceans Have Complex Brains for Complex Cognition”,

http://journals.plos.org/plosbiology/article?id=10.1371/journal.pbio.0050139#pbio-0050139-b056

2. “Cortical complexity in cetacean brains”, Patrick R. Hof, Rebecca Chanis, Lori Marino, 2005,

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/ar.a.20258/full

3. “Mirror self-recognition in the bottlenose dolphin: A case of cognitive convergence”,
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC33317/

4. “The bottlenosed dolphin’s (
Tursiops truncatus) understanding of gestures as symbolic representations of its body parts”,

http://journals.plos.org/plosbiology/article?id=10.1371/journal.pbio.0050139#pbio-0050139-b056

5. HJ Jerison (1986) The perceptual world of dolphins, in Dolphin Cognition and Behaviour: A Comparative Approach ( RJ Schusterman, JA Thomas and FG Wood ed), pp. 141–166, Lawrence Erlbaum Associates, Hillsdale, NJ.

6. “How the Dolphin see the world”,
http://www.nature.com/articles/srep03717

7. “Organization of Communication System in Tursiops truncatus Montagu”,

http://link.springer.com/chapter/10.1007/978-1-4899-0858-2_42

8. “A Language to Describe the Structure of Pulsed Sounds in Bottlenose Dolphins (
Tursiops Truncatus Montagu) “, Vera M. Ostrovskaya, Vladimir I. Markov,

http://link.springer.com/chapter/10.1007/978-1-4615-3406-8_26

9. “The Ability of Bottlenose Dolphins, Tursiops Truncatus, to Report Arbitrary Information”,

http://link.springer.com/chapter/10.1007/978-1-4899-0858-2_49#page-1

10. “The study of acoustic signals and the supposed spoken language of the dolphins”,

http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2405722316301177

11. “Cymaglyphs”,

http://faculty.vetmed.ucdavis.edu/faculty/bjmccowan/Pubs/McCowanetal.JCP.2000.pdf

http://cordis.europa.eu/news/rcn/30407_fr.html

12. “Signature whistle shape conveys identity information to bottlenose dolphins”,

http://www.pnas.org/content/103/21/8293.long

13. “Bottlenose dolphins can use learned vocal labels to address each other”,

http://www.pnas.org/content/110/32/13216

14. “Cultural transmission of tool use in bottlenose dolphins”,

http://www.pnas.org/content/102/25/8939.full

15. “Specialization and development of beach hunting, a rare foraging behavior, by wild bottlenose dolphins (
Tursiops sp.)”,
http://www.nrcresearchpress.com/doi/pdf/10.1139/z05-136

16. « La chasse au mur de boue »,

https://www.hakaimagazine.com/article-short/tricky-hunting-tactics-dolphins

http://www.bbc.co.uk/programmes/p004p9mc

17. “A division of labour with role specialization in group–hunting bottlenose dolphins (
Tursiops truncatus) off Cedar Key, Florida”,
http://rspb.royalsocietypublishing.org/content/272/1559/135.short

18. Types de sociétés chez les grands dauphins Tursiops,

http://www.sarasotadolphin.org/juvenile-dolphin-behavioral-development-2/

https://www.sciencedaily.com/releases/2012/03/120329101510.htm

http://www.apa.org/science/about/psa/2012/09/bottlenose-dolphins.aspx

http://www.cbmwc.org/wp-content/uploads/2012/01/Social-structure-of-bottlenose-dolphins-in-Cardigan-Bay-by-Cally-Barnes.pdf

19. “The bottlenose dolphin community of Doubtful Sound features a large proportion of long-lasting associations”,

http://link.springer.com/article/10.1007/s00265-003-0651-y

http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0000348

20. “Dauphins au Bahamas”,

http://aquaticmammalsjournal.org/share/AquaticMammalsIssueArchives/1997/AquaticMammals_23-02/23-02_Herzing.pdf

21. “Dolphin asks help”,

https://www.thedodo.com/dolphin-swims-to-man-for-help-1725291967.html

22. Interactions ludiques entre une baleine et un dauphin,

http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0000348

23. Des écrans interactifs pour les dauphins

https://www.rockefeller.edu/news/19742-researchers-create-interactive-touchscreen-dolphins/

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Delphinariums : l’industrie attaque les mesures de protection, One Voice s’insurge !

Delphinariums : l’industrie attaque les mesures de protection, One Voice s’insurge !

Delphinariums : l’industrie attaque les mesures de protection, One Voice s’insurge !
27.07.2017
France
Delphinariums : l’industrie attaque les mesures de protection, One Voice s’insurge !
Exploitation pour le spectacle

L’arrêté pris le 7 mai dernier par le ministère de l’Environnement, sous l’autorité de Ségolène Royal, est aujourd’hui attaqué devant le Conseil d’État par les delphinariums, représentés par Marineland Antibes (06), le Parc Astérix de Plailly (60) et Planète Sauvage de Port-Saint-Père (44). Ce recours en annulation est doublé d’une demande de suspension, jugée par le Conseil d’État ce lundi 31 juillet à 10h30 en référé, afin d’obtenir un sursis dans la mise en oeuvre des mesures améliorant les conditions de détention des cétacés captifs…

Des arguments fallacieux

Rappelons que l’arrêté en question interdit la détention de tout nouveau cétacé à partir du 7 novembre prochain et exige des aménagements des conditions d’exploitation au profit des animaux actuellement détenus. Les exploitants vont arguer que ces aménagements (notamment le gros-oeuvre de bassins agrandis, à réaliser sous 3 ans) sont trop importants s’ils ne peuvent être amortis que pour la durée de vie des seuls individus déjà captifs. Curieux argument pour qui prétend avoir le bien-être des cétacés au coeur de ses préoccupations : l’espérance de vie moyenne de 20 ans prêtée aux cétacés concernés est tout à fait compatible avec l’amortissement des travaux prescrits, notamment au regard du chiffre d’affaires généré par cette activité chaque année.

Pour One Voice et tous les experts scientifiques travaillant avec elle, les arguments aujourd’hui avancés par les delphinariums dans leurs actions en recours sont fallacieux. Soutenir que l’interdiction des reproductions programmées dans le cadre d’échanges est nuisible au bien-être des dauphins est discutable, plus encore de la part d’établissements où la logique commerciale prédomine.

De nombreux rapports scientifiques, notamment ceux remis par One Voice au Ministère, attestent que la captivité nuit par nature au bien-être des cétacés, faits pour le grand large et non des bassins de béton. Pour l’association, voir aujourd’hui les parcs marins s’ériger en défenseurs de la sexualité heureuse des captifs (pour peu qu’ils produisent de nouveaux détenus, sujets d’attractions), laisse vraiment songeur.

De nombreuses voix s’élèvent

Éminente biologiste marine, spécialiste mondialement reconnue, la Dre Naomi Rose explique : « Contrairement à ce qu’avance l’industrie, cette interdiction de la reproduction n’aura pas d’impact significatif sur le bien-être des dauphins – qui pourrait même s’améliorer. De nombreux centres pratiquent déjà une régulation des conceptions en séparant des individus mâles et femelles lors de leurs cycles hormonaux favorables, en vérifiant chaque matin les niveaux d’hormones dans les urines des dauphins femelles. Sans avoir à supporter physiquement une gestation et une mise au monde, et sans la menace psychologique de voir son nouveau-né mourir précocement dans un bassin de béton inadapté, ces dauphins pourraient même être effectivement moins stressés qu’ils ne le sont actuellement. Est-il besoin de rappeler que la captivité prive déjà les cétacés de nombreux comportements naturels, notamment leur faculté de nager en ligne droite sur des distances bien supérieures à quelques coups de queue, de plonger au-delà de quelques mètres de fond, de chasser pour se nourrir. Ce n’est pas par hasard si l’industrie parle de maltraitance sur les dauphins uniquement à propos de leur capacité à produire plus de dauphins captifs exploitables. »

Avocate des droits de l’animal, consultante pour One Voice,
Me Arielle Moreau renchérit : « Les delphinariums veulent continuer à jouir d’un droit de propriété absolu sur ces êtres et pouvoir les faire travailler à leur guise, les échanger, contrôler leur sexualité et leur maternité, disposer de leurs bébés et de leurs enfants à leur gré, sans aucun égard pour leurs désirs et leurs envies. Ils sont dans le déni de leurs besoins et de leur nature car pour eux, les orques et les dauphins leur appartiennent ils sont dépourvus d’existence propre et n’existent que pour servir les intérêts de leurs sociétés commerciales. Or les dauphins et les orques sont des individus autonomes, hautement intelligents et sensibles, ils ont le droit d’être protégés et reconnus en tant que personne. »

D’autres voix s’ajoutent au concert des oppositions face aux recours déployés par l’industrie de la captivité :
John Hargrove, soigneur spécialisé durant 14 ans, ancien responsable des orques du Marineland d’Antibes, apporte ici tout son soutien et son expérience de la souffrance vécue par les cétacés en captivité. Le témoignage adressé à One Voice par ce spécialiste américain, rappelle tout l’intérêt de l’actuel cadre réglementaire : « Il n’y a aucune raison d’ordre écologique ou de conservation de l’espèce à élever des dauphins en captivité et aucun de ceux qui l’ont été à Marineland n’a été relâché afin de repeupler les océans. Cela souligne clairement les motivations commerciales de l’exploitation animant Marineland, à l’heure où le parc tente de se soustraire par tous les moyens à cette nouvelle réglementation, qui signifie à terme la fin des cruelles souffrances endurées par ces animaux captifs. Merci à tous ceux qui en France se sont battus pour une telle législation. Vous êtes maintenant les fers de lance d’un combat repris dans d’autres pays, y compris aux États-Unis. »

Enfin, le
Dr. Pierre Gallego, vétérinaire-consultant, apporte quant à lui son point de vue médical sur le dossier : « Les dauphins sont des animaux extrêmement intelligents qui ont une vie sociale très complexe et des techniques de chasse extrêmement élaborées. Tous ces comportements ne peuvent pas être effectués en captivité. De plus les bassins sont totalement nus, il n’y a ni sable, ni rochers, ni algues, ni poissons, et l’eau est chlorée. Sans parler de la profondeur des bassins qui est au grand maximum de 5-7 mètres, ce qui ne leur donne aucune possibilité d’avoir un comportement naturel. De plus, les groupes en captivité sont formés par les managers des parcs, ce qui crée des groupes synthétiques, alors que dans la nature les groupes se font et se défont selon la structure sociale des Tursiops décrite comme fusion/fission. Ces groupes synthétiques sont figés et les individus n’ont aucune possibilité de s’éviter en cas d’agression, ce qui est assez fréquent chez les dauphins. Il en résulte un stress énorme qui peut mener à des ulcères gastriques et autres problèmes de bien-être, sans parler des blessures que les dauphins s’infligent, alors que dans la nature ils pourraient s’éviter. »

Pour toutes ces raisons, One Voice, représentant en France de la coalition Dolphinaria-Free Europe, appelle les autorités politiques et judiciaires à ne pas remettre en question les derniers textes encadrant cette activité commerciale. Rappelant que la reproduction contrôlée dans les bassins, par des moyens contraceptifs ou la gestion des groupes, devrait uniquement servir l’expression d’une sexualité naturelle parmi les détenus, non à perpétuer l’exploitation de générations de captifs dans une logique comptable totalement déshumanisée.

L’arrêté ministériel du 7 mai 2017 a donné aux dauphins et orques actuellement captifs de véritables espoirs : celui de voir leurs conditions de vie substantiellement améliorées et surtout celui d’être les derniers de leurs espèces à vivre en France une détention insupportable. L’éthique, le bons sens et l’humanité doivent ici continuer à prévaloir sur la logique commerciale.

Présidente de One Voice,
Muriel Arnal déclare : « On peut s’étonner du soudain caractère d’urgence invoqué par l’industrie et du moment choisi pour intenter ces recours… en plein été. L’arrêté ministériel du 7 mai dernier fait primer la dignité d’êtres sensibles dotés de cultures et de langages, sur les intérêts économiques. Il doit absolument être maintenu. En mettant un terme aux déchirements familiaux et aux deuils liés aux programmes de reproduction, ce texte va améliorer les conditions de vie des dauphins et des orques. Et ceux-ci seront les derniers détenus en France ainsi privés de liberté et de leurs droits fondamentaux. L’éthique, le bon sens et l’humanité doivent ici continuer à prévaloir sur la logique commerciale. »

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Delphinariums : la Corée du Sud va libérer deux dauphins captifs!

Delphinariums : la Corée du Sud va libérer deux dauphins captifs!

Delphinariums : la Corée du Sud va libérer deux dauphins captifs!
18.07.2017
Corée
Delphinariums : la Corée du Sud va libérer deux dauphins captifs!
Exploitation pour le spectacle

La Corée du Sud a décidé de remettre en liberté deux dauphins captifs depuis 20 ans à Seoul Grand Park ! Une excellente nouvelle pour One Voice qui se bat en France pour le maintien de l’arrêté, contesté par Marineland, qui doit mettre un terme à l’activité des delphinariums.

Geundeung et Daepo, deux dauphins à bosse mâles étaient captifs à Seoul Grand Park depuis 1997 et 1998. Nés sauvages, ils vont retrouver la liberté ce 18 juillet, dans les mers de l’île de Jeju au sein d’une population locale d’une centaine de cétacés. Ainsi en a décidé la Corée du Sud. Ce n’est pas la première fois que le parc coréen libère des dauphins capturés «illégalement» bien que, au regard des droits des animaux, toute capture le soit. En 2013, trois dauphins avaient déjà été libérés. Depuis, deux d’entre eux, Sampal et Chunsam, ont été vues chacune avec un delphineau… Voilà qui devrait clore une bonne fois la fable qui prétend que les cétacés seraient incapables de se réinsérer dans la nature après une longue captivité, un des arguments fallacieux des delphinariums.

En France, la libération des dauphins captifs n’est pas encore acquise. Les tenants de l’industrie du spectacle animal, qui engrangent des bénéfices à chaque tour de bassin, mettent tout leur poids pour obtenir l’annulation de l’arrêté concernant l’interdiction de la reproduction des dauphins et de leur transfert entre delphinariums. En mai dernier, au terme de plusieurs années de combat et de travail avec le ministère de l’Environnement, One Voice avait obtenu que soit ajoutée cette interdiction aux textes régissant les «règles de fonctionnement des établissements détenant des cétacés».

Sous le soleil d’Antibes ou d’ailleurs, le ciel bleu a beau se refléter à la surface de l’eau de ces arènes aquatiques, les dauphins n’en demeurent pas moins prisonniers et malheureux. Ils souffrent de l’absence de liens familiaux et sociaux, leurs besoins biologiques et psychologiques essentiels leurs étant refusés.

A l’annonce de la signature de cet arrêté, un certain monsieur Nicolas Hulot avait tweeté : «notre civilisation ne devrait plus tolérer la captivité des dauphins. Il est temps d’en finir avec les #delphinariums», avec la photo du petit
Galéo. Au large de la Corée du Sud, Geumdeung et Daepo, les dauphins libérés, seront ravis d’apprendre que leurs congénères captifs sur notre territoire, pourront compter sur le soutien de Monsieur le ministre Nicolas Hulot…

Drôme : la louve de Lus-la-Croix-Haute a été tuée illégalement

Drôme : la louve de Lus-la-Croix-Haute a été tuée illégalement

Drôme : la louve de Lus-la-Croix-Haute a été tuée illégalement
13.07.2017
Drôme : la louve de Lus-la-Croix-Haute a été tuée illégalement
Animaux sauvages

Les protecteurs ont prouvé l’illégitimité de cet acte, mais le mal est fait : la louve de Lus-la-Croix-Haute a été abattue. En effet, le Tribunal administratif de Grenoble vient de donner raison à l’ASPAS et à One Voice, en déclarant illégal l’arrêté du préfet de la Drôme (26) du 1er septembre 2015 qui avait autorisé l’abattage d’un loup par « tir de prélèvement renforcé » valable 6 mois sur 3 communes Drômoises, Lus-la-Croix-Haute, Treschenu-Creyers et Glandage.

Le juge des référés de Grenoble avait refusé à l’époque de suspendre d’urgence ce permis de tuer, et une louve avait rapidement été abattue par des chasseurs au cours d’une battue au grand gibier, le 12 décembre 2015, à Lus-la-Croix-Haute.

Le Tribunal administratif suit aujourd’hui notre argumentation : ce tir de prélèvement n’était pas justifié, cette louve a été illégalement abattue.

Le juge administratif rappelle ainsi que des battues aux loups ne peuvent pas être autorisées si tout n’a pas été mis en œuvre pour protéger les troupeaux exposés à un risque de prédation. Il existe en effet des moyens de protection des troupeaux ainsi qu’une
gradation des tirs que les préfets peuvent autoriser. Ces tirs ne visent à tuer des loups, espèce protégée, qu’en dernier recours, et uniquement si des dégâts persistent malgré la mise en œuvre de moyens de protection et de tirs de défense préalables.

Plus qu’illégale, la mort de cette louve a aussi été inutile ! Ainsi, les attaques ont été plus nombreuses après l’exécution de cette louve : 21 attaques en 2016 contre 19 l’année précédente (source : DDT 26- Bilans des attaques sur troupeaux domestiques – Année 2016 au 31/12/16 et année 2015 au 31/12/15 ). Tuer un loup ne permet pas de faire baisser les dégâts, c’est un constat relevé également par
l’expertise commandée au Muséum National d’Histoire Naturelle et à l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, la solution n’est donc pas l’abattage !

Pour permettre une cohabitation entre la biodiversité faunistique et le pastoralisme, un changement profond des pratiques d’élevage et du système de subventionnement français -qui n’incite actuellement pas suffisamment aux bonnes pratiques de certains éleveurs- est nécessaire.

L’ASPAS et One Voice renouvellent leur demande de mettre fin aux tirs de loups, et de supprimer les indemnisations versées aux éleveurs qui ne protègent pas leurs bêtes.

Personnalités et citoyens continuent leur mobilisation :
cyberaction #SOSloups

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Chaque jour est un jour de trop! One Voice en action à Granville pour les animaux des cirques en France

Chaque jour est un jour de trop! One Voice en action à Granville pour les animaux des cirques en France

Chaque jour est un jour de trop! One Voice en action à Granville pour les animaux des cirques en France
12.07.2017
Granville
Chaque jour est un jour de trop ! One Voice en action à Granville pour les animaux des cirques en France
Exploitation pour le spectacle

Déjà 20 pays dans le monde interdisent les animaux sauvages dans les cirques. 64 villes françaises ont aussi passé le pas. One Voice lance un compte-à-rebours inversé et demande à la France d’être le 21ème pays à refuser leur exploitation !

Elle était le 12 juillet à Granville, où se produit l’un des plus grands cirques avec animaux d’Europe, pour une action avec la mannequin Juliana Marques.

Enfermés dans des remorques exiguës, brinqueballés de ville en ville, les animaux sauvages n’ont pas leur place dans les cirques. Les experts mandatés par One Voice sont formels, rien ne peut-être fait pour satisfaire à leur bien-être dans les spectacles itinérants. L’hippopotame Jumbo ne sort que 30mn par jour de son camion. Il n’a droit qu’à un jet d’eau alors qu’il devrait passer de longues heures immergé. Les éléphantes telles que Maya ou Samba souffrent de la solitude à en devenir folles. On se souvient de la dramatique fugue de Samba en 2013, qui a couté la vie à un passant. L’éléphante Lechmee est aveugle et handicapée. Elle est incapable de se nourrir sans l’aide de ses compagnes et souffre à chaque pas. Et on a vu aussi le lion Chirkane se rebeller contre son dresseur.

La prise de conscience est internationale. 20 pays dans le monde ont déjà interdit intégralement les animaux sauvages dans les cirques, 16 ont pris des mesures au moins partielles. En Europe, 20 pays les interdisent au moins en partie. La France sera t’elle le 21ème pays du 21ème siècle à franchir ce cap ? 64 communes se sont déjà positionnées en ce sens. Et les cirques eux-mêmes ont entamé leur reconversion, à l’image d’André-Joseph Bouglione dernièrement.

Le 12 juillet, à l’occasion du lancement de sa nouvelle campagne « Un jour de trop dans les cirques », One Voice était à Granville où le plus grand cirque avec animaux d’Europe a dressé son chapiteau. À ses côtés, la mannequin Juliana Marques a porté son message. Après 5 heures d’un body-painting artistique par la talentueuse Ophélie Nezan, elle a représenté le combat que nous menons de la plus belle façon qui soit, sous la forme du tigre, logo de One Voice.

Un site spécifique a été lancé le 11 juillet, lançant un compte-à-rebours inversé et incitant le public à scier les barreaux des animaux détenus dans les cirques. Notre dernier sondage (IPSOS/One Voice en décembre 2016) indique qu’une large majorité de Français considère qu’ils sont stressés (80%) et malheureux (69%). Un tournant majeur s’annonce enfin dans ce combat que One Voice mène depuis 18 ans ! Avec le soutien du plus grand nombre, il peut être franchi. Offrir aux détenus une fin de vie paisible est à portée de clic.

Muriel Arnal déclare : « Ce que vivent les animaux sauvages dans les cirques est insupportable. Ce qu’ils y subissent s’apparente à un véritable esclavage. Dans cet univers carcéral, à force de coups et de privations, ils deviennent fous. Et c’est leur folie et leur soumission à la violence qu’il faudrait donner en spectacle aux enfants ? Il est temps d’en finir. Le monde est prêt. La France qui s’est déjà positionnée pour les dauphins doit aller plus loin. Le cirque de demain sera sans animaux ! »

Un jour de trop dans les cirques! One Voice en action à Granville pour les animaux

Un jour de trop dans les cirques! One Voice en action à Granville pour les animaux

Un jour de trop dans les cirques! One Voice en action à Granville pour les animaux
12.07.2017
Manche
Un jour de trop dans les cirques ! One Voice en action à Granville pour les animaux
Exploitation pour le spectacle

Devant l’un des plus grands cirques avec animaux d’Europe, One Voice a lancé sa nouvelle campagne pour que la France soit le 21ème pays dans le monde à interdire les animaux sauvages dans les cirques. Une jolie performance de body-painting artistique!

5 heures. Il aura fallu 5 heures de body-painting à la talentueuse Ophélie Nezan, pour transformer le mannequin Juliana Marques en tigre, à l’image du logo de One Voice. Ainsi transformée, la belle Juliana a porté notre message « Libérons les animaux des cirques! » jusque devant le chapiteau de l’un des plus grand cirques avec animaux d’Europe. En présence de médias, et sous les applaudissements des passants, elle a courageusement tenu notre pancarte. Le cirque, quant à lui, avait positionné tous ses camions pour que les journalistes ne puissent pas filmer les animaux… Et en a profité pour quelques insultes à notre encontre.

Déjà 64 villes en France et 20 pays dans le monde interdisent les animaux sauvages dans les cirques.
Depuis 18 ans, One Voice se bat pour faire connaître leur sort sous les chapiteaux et dans les remorques où ils vivent enfermés. Ses enquêtes ont révélé la violence de leur dressage. Et une large majorité de Français considère désormais qu’ils sont stressés (80%) et malheureux (69%). C’est un tournant historique qui s’annonce !

Cette action symbolique marque le lancement de la nouvelle campagne de One Voice « Un jour de trop dans les cirques », un compte à rebours inversé que vous pouvez retrouver sur cirques-animaux.fr.

Pour que la France soit le 21ème pays du 21ème siècle à refuser l’exploitation des animaux sauvages dans les cirques, mobilisons-nous! Leur liberté est à portée de clic!

Rendez-vous sur cirques-animaux.fr et partagez largement sur les réseaux!

Captivité des dauphins : One Voice répond à Marineland

Captivité des dauphins : One Voice répond à Marineland

Captivité des dauphins : One Voice répond à Marineland
11.07.2017
Captivité des dauphins : One Voice répond à Marineland
Exploitation pour le spectacle

Suite à la procédure engagée par Marineland devant le Conseil d’État contre l’arrêté delphinarium, One Voice souhaite prendre la parole. Le sort des dauphins en captivité ne doit pas être remis en question !

En mai dernier, au terme de plusieurs années de combat et de travail avec le ministère de l’Environnement, One Voice
obtenait l’interdiction de la reproduction des dauphins et de leur transfert entre delphinariums. Mais le 6 juillet, le parc Marineland a déposé un recours contre cet arrêté pour demander sa révision.

La France n’est pas dotée d’autorité administrative indépendante pour protéger les droits et libertés des animaux. One Voice entend défendre leurs droits à la liberté et à mener une vie digne d’être vécue, conforme à leurs besoins et leurs envies.

Les arguments de Marineland ne tromperont personne. À qui profite la reproduction des dauphins en captivité, si ce n’est précisément aux entreprises privées à but lucratif comme les delphinariums et à leurs actionnaires, car cela permet de pérenniser leur commerce ?

Les dauphins souffrent précisément de la captivité qui bafoue leurs liens familiaux et sociaux, et nie leurs besoins biologiques et psychologiques. Autoriser la reproduction et les échanges de dauphins entre delphinariums revient à chroniciser la souffrance de ces animaux grégaires et intelligents.

Il est d’ailleurs curieux que Marineland ne se soit pas inquiété du bien-être des orques alors qu’il annonçait arrêter la reproduction de ces dernières. En quoi cela serait-il différent pour les dauphins ?

Selon le delphinarium, la ministre ne serait pas compétente pour prendre cet arrêté qu’il n’a pas validé, cependant sa compétence n’a pas été remise en cause quand il s’agissait de prendre un arrêté décidant de la fin de la détention des orques !

C’est toujours ce même parc qui détient des ours polaires dans des enclos ensoleillés et clame à qui veut bien l’entendre que ces derniers y sont comme des poissons dans l’eau…

One Voice mettra tout en œuvre pour que l’arrêté soit maintenu sans concession. Trop de dauphins ont déjà souffert.

Le supplice de Maya

Le supplice de Maya

Le supplice de Maya
10.07.2017
Le supplice de Maya
Exploitation pour le spectacle

Nouvelle enquête de One Voice au pays des circassiens! Elle dévoile la souffrance de Maya, une éléphante d’Asie détenue dans des conditions épouvantables. L’association se bat pour obtenir sa libération.

Viendra le jour où le spectacle des éléphants exploités dans les cirques sera un mauvais souvenir. Celui d’une époque où des pachydermes arrachés à leur terre natale se contorsionnaient sur des tabourets sous les vivats de la foule. Hélas, ce temps n’est pas encore révolu. En France, la loi autorise toujours ces pratiques d’un autre âge.

C’est ce que prouve la nouvelle enquête de One Voice alertée par le sort de Maya, une éléphante d’Asie de 54 ans détenue par un cirque provincial.

De son lieu de détention à la piste, l’animal endure un véritable calvaire avec de multiples infractions à la réglementation en vigueur (1). Dans son enclos, aucun confort, juste un sol goudronné ruisselant d’urines et une mince couche de paille n’ayant de litière que le nom. Nul endroit non plus pour se mettre à l’abri des regards et du bruit lorsqu’ elle recherche un peu de répit. Seul un semblant d’auvent la protège des intempéries. Pour occuper ses journées qui s’étirent à l’infini, pas la moindre source de distraction. Elle ne dispose que de fourrage dont elle s’alimente à outrance.

A l’heure de son numéro, Maya apparaît sous le chapiteau épuisée, ralentie. Telle une somnambule, elle exécute les ordres du dresseur mécaniquement, les yeux mi-clos parfois, et l’on mesure toute la profondeur de sa détresse.

Quand son martyre prendra-t-il fin? Quand la cause des éléphants-esclaves sera-t-elle prise en compte? Quand briserons-nous définitivement les chaines de ces grands sages dont l’intelligence et l’extrême sensibilité devraient plutôt nous servir d’exemple? Les personnes animales ont des droits fondamentaux que nous devons respecter. A commencer par celui de leur dignité.

Sans compter qu’au-delà de la souffrance qu’ils endurent, les pachydermes restent des animaux sauvages, donc dangereux. Dans le cas de Maya, comme dans beaucoup d’autres, les mesures de sécurité pour protéger les spectateurs se révèlent insuffisantes, voire même inexistantes! Un stress inhabituel? L’éléphante peut très bien basculer du côté du public, même involontairement, et entraîner des personnes sous son poids. En outre, un contact aussi rapproché avec la foule comporte aussi des risques de zoonoses, pour elle comme pour les humains présents.

Plus que jamais, One Voice se mobilise faire évoluer les mentalités et travailler de concert avec les pouvoirs publics. D’ores-et-déjà, notre association a entrepris le 12 mai dernier une procédure judiciaire pour obtenir la libération de l’éléphante et son transfert vers un sanctuaire Nous avons également saisi la contrôleuse générale des lieux de privation de libertés. Cette démarche, habituellement réservée aux humains, se justifie aussi pleinement face aux conditions de détention de la personne animale qu’est Maya. A terme, c’est bien l’ensemble des animaux sauvages captifs que nous entendons sauver de ces exhibitions mortifères. Pour soutenir notre cause, signez et partagez notre pétition en ligne!

(1) Arrêté du 18 mars 2011 fixant les conditions de détention et d’utilisation des animaux vivants d’espèces non domestiques dans les établissements de spectacles itinérants.

Rapport: le cas alarmant de l’éléphante Maya

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Les orques

Les orques

Les orques
10.07.2017
Les orques
Exploitation pour le spectacle

L’orque, ou épaulard (Orcinus orca) est comme le dauphin un cétacé à dents, vivant en groupe familiaux selon des codes sociaux très développés. C’est également un prédateur intelligent et puissant, ce qui lui vaut d’être victime des cirques marins, comme son cousin…

Les orques

Fiche sentience sur les orques / l’orque

Cerveau et intelligence

Les orques font preuve de nombreuses qualités, y compris l’intelligence, l’usage d’une langue et une sensibilité émotionnelle exacerbée. Ces odontocètes aux dents puissantes sont partout chez eux dans le monde : dans les eaux froides de l’Atlantique Nord, du Pacifique Nord et de l’Antarctique, mais aussi en Indonésie, à Gibraltar ou au Japon. Les orques vivent au sein d’étendues immenses où elles nagent des centaines de kilomètres par jour.

Des études IRM post-mortem du cerveau d’une orque ont montré que cet organe est chez elle de 3,5 à 6,5 fois plus massif que chez le dauphin commun. Ce cerveau est replié en un nombre étonnant de circonvolutions, ce qui indique une capacité élevée de traiter des données. Trois zones particulières du cerveau sont nettement plus développées chez les orques que chez les humains. Il s’agit du cortex insulaire, de l’opercule qui l’entoure et du lobe limbique.L’opercule frontal est corrélé à l’usage de la parole chez l’humain, tandis que le cortex insulaire est impliqué dans l’audition, c’est-à-dire dans la capacité d’entendre et de traiter les sons. Ces zones se trouvent sur la surface supérieure du cortex temporal.

Il semble qu’une partie de l’opercule chez les orques innerve également les voies respiratoires nasales, qui permettent à l’animal de vocaliser. Cette zone remplirait donc des fonctions similaires à l’opercule chez les humains, c’est-à-dire à la production de la parole. Les schémas sonores émis par les orques démontrent en effet des niveaux de communication qui vont bien au-delà de simples sons instinctifs.

La troisième structure d’importance particulière chez l’orque est le lobe limbique élargi, situé sur la face médiane entre les deux hémisphères, directement au-Dessus du corps calleux. Chez l’humain, le système limbique est associé à la vie émotionnelle ainsi qu’à la formation des souvenirs. Les humains ne disposent que d’un gyrus cingulaire, situé au-dessus du corps calleux associé au système limbique. Le gyrus cingulaire des orques, ou lobe limbique, est pour sa part largement agrandi et composé de trois lobes distincts séparés par deux fentes : les fentes limbique et paralimbique.

Au-delà de l’expansion toute particulière de ces zones, l’architecture cellulaire fournit aussi des indices sur l’étendue de l’aptitude des orques à l’expression émotionnelle. Les cellules en fuseau, associées au traitement de l’organisation sociale et de l’empathie par le système limbique, étaient autrefois considérées comme seulement présentes chez les humains et les grands singes. On les a retrouvées depuis chez plusieurs espèces de cétacés, y compris l’orque et le dauphin. En fait, le nombre relatif de cellules en fuseau chez les orques est largement plus important que chez l’humain.L’expression par les orques d’un comportement de groupe extrêmement coordonné et d’interactions sociales comprenant des indices vocaux et non vocaux, est sans doute corrélée à cette extension des zones corticales mentionnées ci-dessus.

Il est évident qu’en observant des orques, qu’elles soient libres ou captives, on peut voir qu’elles possèdent une gamme d’émotions variées, qui vont de la joie à la peur en passant par la frustration, la jalousie, le désespoir ou la colère, et qu’elles sont conscientes d’elles-mêmes. À ce titre, de nouvelles questions éthiques surgissent quant à notre façon d’interagir avec les orques et les autres cétacés en les gardant en captivité ou en les tuant pour se nourrir de leur chair. (1)

Les sociétés des orques

On classe souvent les orques en trois catégories : les orques résidentes, les orques « transientes » ou vagabondes, et les orques hauturières. Des recherches récentes nous montrent que ces catégories sont en réalité bien plus complexes à définir et qu’elles se fondent davantage sur un type de culture particulier que sur un mode d’alimentation relativement flexible selon les circonstances.

La communauté d’orques la plus étudiée est celle de la Salish Sea, près de Vancouver. Cette famille élargie était composée à la fin de 2006 de seulement 86 membres. Ils ne sont plus que 80 aujourd’hui, toujours incapables de reprendre pied après les captures de SeaWorld qui les a décimés dans les années 1970.

Voyageant au sein d’un groupement de pods multigénérationnels centrés autour des femelles, cette communauté est dirigée par des matriarches âgées, dont la célèbre Granny, 104 ans.

Lorsque les orques résidentes du Sud se retrouvent après une séparation de quelques jours ou de quelques mois, elles s’engagent souvent dans un comportement de « salutation ». Les formations rituelles de chaque pod se font face pendant plusieurs minutes, puis se fondent progressivement en groupes actifs, composés chacun de membres des trois pods, accompagnées de vocalisations sous-marines intenses et d’un comportement spectaculaire de « jeu ». (2)

La Communauté des Orques Résidentes du Sud est composée d’un clan vocal (le J) et de trois pods distincts : le J, le K et le L. Le J Pod est le pod le plus susceptible d’être présent toute l’année dans les eaux des îles San Juan et dans le Golfe du sud, ou dans le détroit de Géorgie. Cette famille de 29 membres fréquente volontiers la côte ouest de l’île de San Juan à la fin du printemps. Le plus vieux membre du J pod est J2 (Granny), d’un âge estimé à 103 ans. Les mâles adultes du J pod sont maintenant J26, J27 et J34. Le pod a connu cinq naissances depuis décembre 2014, celles de J50, J51, J52, J53 et J54.

Avec seulement 19 membres, le K Pod est le plus petit des trois pods au sein de la Communauté des Orques Résidentes du Sud. Les deux matriarches du K pod sont K12 et K13, nées toutes deux en 1972. Le K pod comprend aussi trois mâles matures, K21, K25 et K26. L’enfant le plus jeune du K pod est K44, un mâle né en 2011. Le L Pod est de loin le plus grand des trois groupes. Ses membres sont actuellement au nombre de 36. Les mâles adultes du L pod sont L41, L84, L85, L87 et L88. L87 voyage avec le J pod depuis 2010. Le L pod a eu deux bébés en 2015, L121 et L123. (3)

Traversant régulièrement les eaux des Orques Résidentes du Sud, les orques de Bigg sont mieux connues sous le nom de « transientes » ou « vagabondes ». Cette population vit tout le long de la côte ouest de l’Amérique du Nord, de la Californie jusqu’à l’Alaska. Ces orques sont spécialisées dans la chasse aux petits mammifères marins tels que phoques, lions de mer, marsouins, dauphins et parfois les nouveau-nés des baleines. Les orques de Bigg s’organisent selon une structure matrilinéaire, semblable à celle des orques résidentes. Mais ici, les enfants ne restent pas toute leur vie avec leur mère, leur grand-mère ou leur arrière-grand-mère. Ils s’éloignent de leur mère à la maturité, surtout les femelles dès lors qu’elles ont elles-mêmes des enfants. Voyager en petit groupe est une stratégie nécessaire pour chasser efficacement les proies qui sont les leurs et se les partager, ce qui n’empêche pas les liens sociaux d’exister, mais sur de plus vastes distances et à intervalles moins fréquents.

Contrairement aux poissons, les phoques et les dauphins entendent très bien sous l’eau, aussi les orques de Bigg restent-elles parfaitement silencieuses lorsqu’elles chassent. On les voit longer le littoral, inspectant une crique après l’autre, utilisant l’écoute passive pour localiser les pinnipèdes et les petits cétacés. Mais dès que la proie est tuée, c’est une cacophonie de cris et d’échanges enthousiastes. Lorsque des orques résidentes et des orques de Bigg se croisent, elles font mine de ne pas se voir et poursuivent leur chemin sans échanger un seul sifflement.

En Antarctique, la société des orques piscivores est basée sur une première unité matrilinéaire constituée de la matriarche, de ses enfants et de ses petits-enfants, c’est-à-dire un minimum de cinq à six individus. Du fait que les femelles peuvent atteindre l’âge de 90 ans en liberté, il n’est pas rare de voir quatre générations se déplacer ensemble. Ces groupes matrilinéaires sont très stables. Leurs membres ne se séparent que quelques heures par jour, pour aller s’accoupler ailleurs ou se nourrir. À un deuxième degré, de deux à quatre unités matrilinéaires se regroupent pour former un pod, composé d’une vingtaine de personnes. Ces pods peuvent se diviser et se séparer durant plusieurs semaines avant de se retrouver.

Le troisième niveau de la structure sociale des orques est le clan. Il regroupe un ensemble de pods, qui partagent tout à la fois le même dialecte et une lointaine ancêtre commune. Le dernier stade de l’organisation des orques est appelé une « communauté ». Il s’agit d’un vaste ensemble de clans qui socialisent et se retrouvent régulièrement, mais ne partagent ni le même dialecte ni d’ancêtres communs. Les groupes de troisième degré communiquent donc entre eux à l’aide d’un dialecte commun particulier. De nombreuses autres communautés d’orques, vivant selon des moeurs différentes, vivent également en Antarctique ; certaines se nourrissent de manchots, d’autres de poissons des grands fonds. (4)

Dialectes et culture

Les orques émettent trois types de vocalisations : les clics, les sifflements et les appels pulsés. Les clics font partie du système sonar de l’orque et sont utilisés pour l’écholocalisation. Ils permettent de voir dans l’obscurité, de détecter des sources de nourriture même cachée par le sable, de définir la forme des objets dans l’océan et de se localiser par rapport au paysage. Les sifflements sont généralement des émissions de tonalité continue pouvant durer plusieurs secondes.

Les signaux pulsés sont des appels particuliers, qui peuvent être détectés par spectrogramme. Ils sont la composante principale du répertoire de communication de l’orque. Le Dr John Ford a classé les types d’appels distincts des orques de l’État de Washington et de celles de Colombie-Britannique. Il a découvert que chaque pod avait sa propre collection d’appels, qu’il a nommée son « dialecte ». Il a ensuite été en mesure de définir de plus grands groupes acoustiques, ou « clans », en regroupant des pods qui partageaient certains appels en commun. La Communauté des Orques Résidentes du Nord compte trois clans, alors que celle du Sud n’en a qu’un seul, le J, composé des pods J, K et L, de même que les orques transientes vivant sur cette côte. Ces appels ont été utilisés pour identifier les pods et les communautés parmi les orques capturées dans les années 1960 et 1970.

Les différences entre les types d’appels vocaux de clan à clan n’empêchent pas les divers groupes de se réunir et de fraterniser au sein d’une même communauté. Le rôle de ces appels n’est pas connu avec précision. Ils servent à garder contact avec les autres sur de grandes distances, dans l’obscurité, ou lorsque de vastes congrégations se réunissent avec grand tapage. Bien que cela n’ait pas encore été démontré, il existe certainement un potentiel de communication d’informations spécifiques complexes dans les appels. Parfois, les groupes sont extrêmement bavards, à d’autres moments ils restent parfaitement silencieux. (5) (6)

Contrairement aux dauphins, les orques ont peu fait l’objet de recherches sur la communication en laboratoire. Lorsque l’une des premières orques fut capturée, Ted Griffin et le Pr Thomas Poulter s’y essayèrent pourtant, en étudiant les échanges sonores entre deux orques récemment capturées, Namu et la femelle Shamu. Décrivant les signaux émis par chaque individu, d’une durée d’une demi-seconde à cinq secondes en moyenne et s’étendant sur deux octaves, le Pr Poulter suggère : « L’épaulard mâle semble donc organiser ses signaux sonores selon une structure extrêmement complexe, immédiatement reconnaissable sur n’importe quel fond sonore et qu’il peut modifier en accentuant les signaux, en les abrégeant, les ponctuant, les transformant en syllabes, préfixes, suffixes, et en leur conférant toutes sortes d’inflexions sans que l’on cesse de reconnaître l’auteur de l’émission. Je soupçonne que ces signaux font sens pour les autres orques. Il est aussi frappant de constater que Namu multiplie davantage la variété de ses signaux lorsqu’il s’adresse à la femelle que lorsqu’il le fait avec les autres orques libres qui tournent à l’extérieur de l’enclos où il est détenu. »

Poulter conclut qu’au regard des analyses statistiques du contenu de ces bandes magnétiques, on peut selon toute vraisemblance parler d’un authentique langage chez Namu. La manière dont le chercheur insiste sur cet ensemble de modifications sémantiques (ponctuation, « syllabification », préfixation, etc.) révèle à quel point il estime se trouver en présence d’une forme de communication extrêmement sophistiquée. (7)

Culture et modes de chasse

Grâce à leur intelligence et leur sociabilité, les pods d’épaulards ont développé de nouvelles stratégies de chasse qui sont transmises sur plusieurs générations, via un apprentissage concerté. Les techniques varient d’une région à l’autre selon les ressources, mais toutes sont un témoignage de l’intelligence prédatrice et de l’ingéniosité des orques.

Citons notamment :

  • Le « Wave Wash »

Les phoques sont l’une des proies préférées des orques vivant autour de la plate-forme glaciaire de l’Antarctique. En se perchant sur des blocs de glace, les phoques restent hors de leur portée. Cependant, les orques ont inventé une méthode habile pour les pousser dans l’eau. Elles chargent la banquise en formation serrée, créant un front d’onde énorme. Juste avant d’atteindre la glace, elles plongent pardessous, en donnant une poussée de dernière seconde à la vague avec leur caudale. Le mur d’eau qui en résulte s’écrase sur la banquise et balaie le phoque qui tombe à l’eau et se fait dévorer.

  • Le « Karaté Chop »

Le grand requin blanc n’a qu’un seul ennemi naturel : l’orque. Mais la chasse aux requins est une activité risquée pour les épaulards. Des rangées de dents pointues peuvent percer même la plus épaisse peau de baleine. En conséquence, l’orque a développé un moyen efficace de chasser ces proies si dangereuses. En se servant de sa large caudale, l’orque pousse le requin à la surface sur un vortex d’eau. Il tourne alors légèrement et soulevant haut sa caudale dans l’air, il l’écrase sur la tête du requin. Ensuite, parfaitement informé de la biologie des requins, l’orque renverse brusquement le squale ventre en l’air, ce qui provoque chez ce dernier une sorte de stupeur hypnotique que les scientifiques appellent « immobilité tonique ». Une fois paralysé, le requin peut être consommé sans danger.

  • Le « Carrousel »

Les petits poissons comme le hareng ne comptent pour rien dans l’estomac d’une orque. Aussi faut-il les chasser en masse pour que l’effort en vaille la peine. Les orques qui vivent au large de la côte norvégienne, comme la famille de Morgan, travaillent ensemble pour les rassembler. Elles utilisent à cet effet leur ventre
blanc, perçu sous l’eau comme des flashs brusques, et une vaste émission de bulles. Les bancs de harengs sont guidés ainsi vers la surface en leur donnant la forme d’une boule serrée. Cette « boule de viande »
tourbillonnante devient un carrousel pour les orques qui se tiennent autour et frappent la surface avec leurs
caudales, étourdissant les poissons qu’elles peuvent alors avaler par grosses bouchées.

  • Le « Pod Pin »

Les narvals se rassemblent pour se reproduire au milieu de la banquise arctique. Historiquement, les
épaulards n’ont jamais été en mesure d’accéder à leurs lieux de reproduction, mais avec la fonte de la
glace de mer, les choses sont en train de changer. Dans un documentaire, on peut voir comment les orques
rabattent les narvals le long de la plage puis les amènent dans des eaux de moins en moins profondes
avant de les dévorer.

  • Le « Blowhole Block »

Les orques peuvent s’en prendre à des cétacés bien plus grands qu’elles. Les baleines grises et même les baleines à bosse sont des proies potentielles. Comme le loup gris sur terre, elles sélectionnent d’abord les individus les plus jeunes ou les plus faibles. L’attaque suit un schéma familier : les orques se relaient en frappant, mordant et tirant sur les nageoires pectorales de la baleine afin de l’entraîner vers le bas. Puis elles lancent de l’eau sur son dos en essayant de l’empêcher de venir respirer en surface. Après des heures de combat, la baleine épuisée se noie. Les orques dépècent alors leur proie en n’y prenant que la graisse et la langue, laissant le reste de la carcasse aux charognards.

  • Le « D-Day »

Les lions de mer qui nagent au large de la côte atlantique de l’Amérique du Sud se sentent plus en sécurité une fois qu’ils sont revenus sur la plage. C’est une erreur car en Argentine, une tribu d’orques a développé la technique de chasse par échouage. Une orque charge vers la rive, s’échoue presque et saisit au passage un jeune lion de mer. Tout le danger réside dans le fait de ne pas pouvoir revenir en arrière. C’est pourquoi cette méthode fait l’objet d’un véritable enseignement donné, exemple à l’appui, par les orques les plus expertes aux plus jeunes. (8)

Entraide et compassion

C’est au large des côtes de l’Afrique du Sud que le photographe sous-marin Rainer Schimpf s’est retrouvé face à face avec une jeune orque gravement handicapée. Il lui manque sa nageoire dorsale et sa nageoire pectorale droite. Cela signifie qu’elle ne peut pas nager correctement, ni attraper sa propre nourriture. Mais au lieu d’être abandonnée à elle-même, cette jeune orque est prise en charge par le reste de la famille. Quand les autres chassent, elle reste à distance pour ne pas les gêner. Mais dès qu’une proie est prise, elle les rejoint pour manger. (9)

Ces dernières années, on a pu voir des baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) suivre des orques quand elles chassaient le hareng et partager leur repas avec celles-ci. Ces géantes migrent sur 8 000 km à travers l’Atlantique pour se nourrir pendant quelques semaines, avant de faire leur long voyage de retour vers les Caraïbes. « Nous avons eu plusieurs observations d’orques en train de rassembler le hareng en « boule de viande » à la surface. C’est alors qu’elles commencent à se nourrir que des baleines à bosse arrivent et avalent une partie du butin des orques, lesquelles s’écartent sans protester. » (10)

Les dégâts de la captivité

Sculptées par des millions d’années d’évolution pour vivre dans de vastes espaces marins au sein de sociétés complexes et solidaires, les orques souffrent en captivité, qu’elles soient nées libres ou emprisonnées. Plusieurs études indépendantes ont mis en lumière les dégâts provoqués par cette attraction commerciale sur leur santé physique et mentale. (11)

Les delphinariums prétendent aujourd’hui protéger une espèce qui n’en a guère besoin en la faisant se reproduire à la chaîne, souvent de manière incestueuse, ou à l’aide de sperme et d’ovules prélevés manuellement. Les enfants de plus en plus chétifs nés dans ces conditions décèdent pour la plupart avant 30 ans, le plus souvent à l’adolescence, soit au moment où, statistiquement, les orques libres ne risquent plus de mourir avant le terme normal, soit 40 ou 50 ans d’âge moyen et 100 ans d’espérance de vie. (12) (13)

RÉFÉRENCES (EN ANGLAIS) :

(1) « Killer Whales Are Non-Human Persons »,
http://greymattersjournal.com/killer-whales-are-no…
(2) « Orcas of the Salish Sea »,
http://www.orcanetwork.org/nathist/salishorcas1.ht…
(3) « Southern Resident Killer Whales (SRKW) »,
http://www.whaleresearch.com/orca-population
« Bigg’s orcas of the Salish Sea »,
http://wildwhales.org/killer-whale/
(4) « Mysteries of Killer Whales uncovered in the Antarctic »,

http://e360.yale.edu/feature/mysteries_of_killer_w…
(5) « Orca communication »,
http://orcalab.org/orcas/orca-communication/
(6)
http://www.dfo-mpo.gc.ca/fm-gp/mammals-mammiferes/…
(7) « Apetalk & Whalespeak: The Quest of Interspecies Communication » Ted Crail. Contemporary Books inc. Chicago Editions, 1983,

https://www.kirkusreviews.com/book-reviews/ted-cra…

http://www.pbs.org/wgbh/pages/frontline/shows/whal…

(8) « The Killer Whale’s Killer Weapon — Its Brain »,
http://www.pbs.org/wnet/nature/killer-whales-kille…
(9) « Orca Family Cares for Disabled Calf »,

http://www.nonhumanrightsproject.org/2013/05/23/or…

http://www.takepart.com/article/2013/05/19/killer-…

http://www.dailymail.co.uk/news/article-2326868/Di…

(10) « Humpbacks filmed gatecrashing orcas’ fish feast »,
http://www.bbc.com/earth/story/20150729-humpbacks-…
(11) « Killer Controversy Why orcas should no longer be kept in captivity »,
http://www.hsi.org/assets/pdfs/orca_white_paper.pd…
(12) «Study Shows Captivity Curtails Orca Lifespan »,

https://awionline.org/awi-quarterly/2015-summer/st…

(13) « The Case Against Marine Mammals in Captivity »,

https://www.worldanimalprotection.us.org/sites/def…

CRÉDITS PHOTOS : Remerciements auteurs Pixabay

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