le mardi 01 mars 2016 | 35

Clubs canins en perdition

Il y a probablement des exceptions. Mais ce que les enquêteurs de One Voice ont filmé est pourtant bien une triste généralité. Oui, les clubs canins ont des pratiques violentes, certes plus ou moins évidentes pour le néophyte, mais pas pour les vétérinaires spécialistes…

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Le pourquoi de l'enquête

Des troubles comportementaux toujours plus nombreux, des morsures, des euthanasies et des abandons qui se multiplient, ont alerté One Voice, qui travaille depuis longtemps avec des vétérinaires. Plus troublant encore, les chiens concernés sont des chiens de race, payés au prix fort. Des chiens dont le parcours indique qu'ils ont fréquenté des écoles du chiot et des clubs canins. Tout ce qui devrait donc faire d'eux des chiens parfaits. Mais parfaits selon quels critères ? Ceux du chien rêvé par cet humain désireux d'un chien robot, télécommandé, dépourvu de toute volonté propre, ou de tout ce que son imaginaire aura projeté. Pourtant, chaque race a ses aptitudes, chaque chien a son caractère. Alors pour tenter de faire coïncider le chien rêvé et le chien acheté, de nombreuses personnes se retrouvent à fréquenter des écoles du chiot puis des clubs canins. Le feraient-elles si elles savaient le traumatisme que cela engendre ? C'est pour que tous soient alertés sur ce qui se passe vraiment que les enquêteurs de One Voice ont filmé en caméra cachée des séances dans plusieurs clubs. Ils ont ensuite fait visionner les images à la Dre Nathalie Simon, vétérinaire comportementaliste.

Ce que nous dénonçons

Rien n'est plus difficile que de remettre en question ces pratiques. Pourtant, après des années à prêcher la famille meute et une éducation hiérarchisante où il fallait priver le chien de toute prérogative de « dominant », les scientifiques ont compris qu'après des millénaires de coévolution, le chien n'était pas un loup et fonctionnait de manière bien plus complexe. Mais dans les clubs, de nombreuses pratiques perdurent et font mal. Le coup de sonnette et la boîte à clous (pour faire peur avec du bruit) sont très répandus, mais il y en a d'autres, comme secouer un chiot par la peau du cou. Souvent ce sont des méthodes qui permettent d'obtenir un résultat rapide, car le chien prend vite peur et se soumet, même a priori le plus rebelle. Mais ce faisant, il est traumatisé. La blessure profonde aura des conséquences parfois dramatiques : depuis l'anxiété jusqu'à l'agressivité… L'accident n'est pas loin quand la relation n'est plus basée sur la confiance.

Ce que nous faisons

One Voice dénonce et agit. Il ne s'agit pas seulement de faire fermer quelques clubs, mais bien de repenser en profondeur notre relation au chien. Un laxisme exacerbé, parfois observé en contrecarrant des méthodes dures, n'est pas une solution. Le vivre-ensemble implique un apprentissage. Mais ce dernier n'a rien de rigide, il doit tenir compte de qui est le chien et de qui sont ceux qui partagent sa vie, de même que l'endroit où ils habitent. Finalement, pour bien vivre avec un chien, il faut du respect, de la cohérence et de la confiance. Toute forme de violence doit être bannie pour que se bâtisse une relation saine, durable et épanouissante.

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Des scéances de maltraitance collective

Rapport sur les séances de maltraitances au sein des clubs canins

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Commentaires 35

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JCC | mardi 09 janvier 2018

Les images montrées sont assez extrêmes mais force est de constater que l'éducation basée sur la hiérarchisation reste très, trop répandue en France. Ce n'est pas acceptable et pour l'avoir vu, les maître ne disent généralement rien.

Faut bien comprendre aussi que ce type de rapport est très humain. La grande majorité arrive dans un club canin en disant "J'ai des soucis avec mon chien, il faut qu'il comprenne qui est le maître" et très très rarement en disant "nous avons instaurés entre nous des mauvaises bases, j'aimerais comprendre comment communiquer et établir une relation de complicité".

tatami | lundi 18 décembre 2017

Un chien s'éduque dans la "bienveillante fermeté "ou parfois si son comportement est difficile, dans la" fermeté bienveillante". Sur ce forum on constate que certains ont une approche stalinienne (il faut interdire aux vieux d'avoir un chien...).Ils ont une attitude idéologique alors qu'en tout il faut être "raisonnable".
La méthode dite "naturelle" a ses limites avec un chien de fort caractère, donc comment faire ?
Le chien n'a pas "d'amour pour son maître "(c'est encore un mythe)(égo quand tu nous tient) mais de" l'attachement". Il faut donc pouvoir communiquer avec lui et ne pas lui prêter nos indignations et fantasmes divers et s'imaginer avoir une relation amoureuse avec lui...
Dans les années 75 quand j'allais en concours, les chiens étaient acceptés partout (hôtels,restaurants,campings,plages etc..) Aujourd'hui ils sont refusés quasi partout.
Pourquoi ??
Ils sont trop mal éduqués, voilà la réponse..
On est donc passé d'un excès à un autre .
Soyons raisonnables, luttons contre celles et ceux qui emploient des moyens violents, mais arrêtons de prêter à nos chiens nos indignations et nos fantasmes.
La bienveillante fermeté est l'attitude à apprendre, comme avec nos enfants..
À méditer donc

Vanessa | jeudi 21 septembre 2017

Attention à ce que vous écrivez dans cet article. Je suis vice présidente d un club canin et nous ne pratiquons pas ces méthodes. Nous utilisons la méthode douce ou positive alors ne généralisez pas. Les clubs evoluent dans leurs pratiques même si je suis daccord qu il existe encore des la maltraitance chez certains

Loustic123 | mercredi 20 septembre 2017

Comment avez-vous effectué votre enquête ? Certes, des clubs comme ceux là doivent encore exister.. mais ce n'est pas la majorité.