Un an de planques et de filatures en vue de pouvoir offrir la liberté à Baby!

Un an de planques et de filatures en vue de pouvoir offrir la liberté à Baby!

Un an de planques et de filatures en vue de pouvoir offrir la liberté à Baby!
16.04.2020
Un an de planques et de filatures en vue de pouvoir offrir la liberté à Baby!
Exploitation pour le spectacle

Nous avons enquêté pendant des mois et documenté au maximum les conditions de détention auxquelles Gilbert (alias Yeuk) Bauer contraint Baby, éléphante qu’il exploite depuis plus de trente ans, pour les dénoncer et la sortir de cet enfer ! Mais pour obtenir une saisie, et pouvoir la placer dans un sanctuaire, la justice et les autorités nous demandent toujours plus de preuves de ce que nous avançons. Les infractions, les rapports… rien ne semble jamais suffire. Alors voici le compte rendu d’un an d’investigation assidue, au cours de laquelle nous avons traversé la France pour suivre Baby jusqu’aux premiers jours du confinement. Entre filatures, planques et quinze années de suivi et de signalements…

Depuis notre rencontre il y a plus de quinze ans alors qu’elle était exhibée aux côtés de Micha, Bony et Glasha, nous suivons Baby. Depuis sa capture au Kenya quand elle avait à peine deux ans et le massacre certain de sa famille, elle est traînée de force de cirques en parcs animaliers, sous des chapiteaux, dans des foires, des fêtes de village, des publicités, des émissions de télévision, des reconstitutions historiques, des films…

Elle est contrainte d’obéir, sous peine de recevoir des coups d’ankus ou d’être privée de repas… Pire : elle s’exécute docilement, car sortir du camion, son cachot, est malgré tout un soulagement, ne serait-ce que pour quelques pas. Au moins peut-elle, l’espace de quelques minutes, sentir le grand air circuler autour de son corps engourdi… Même si cela veut dire aussi qu’il faut effectuer des contorsions douloureuses sous un chapiteau bruyant.

Voilà à quoi se réduiront sa vie et son avenir si nous ne faisons rien. Car nous avons fait le calcul : Baby passe 96 % de la journée dans le camion lors des représentations, et 100 % les autres jours. Ce camion qui lui permet à peine de tourner sur elle-même.

D’avril à novembre 2019, quand «liberté» rime avec cachot

Depuis notre dernière procédure, nous avons voulu montrer au plus grand nombre le calvaire qu’est la vie de Baby. À deux pas du Parc Saint Paul, où Kid Bauer exhibe aussi ses bébés félins, et du village où sont détenus les dix tigres de Mario Masson, Baby a souffert des mois durant.

En avril, mai, août et septembre, nos enquêteurs se rendent au Parc Saint Léger de Kid Bauer, d’où ils reviennent atterrés : en alternance avec les tigres et les bébés photographiés avec le public, Baby fait également partie du programme pour la saison d’ouverture, à raison d’un spectacle d’une heure par jour, quand le parc est ouvert. Prévu fin juin 2019 à près de 1000 km de ce parc, le numéro de dressage de Baby dans une fête antique sera annulé grâce à la mobilisation de défenseurs des animaux sous l’impulsion de Code Animal.

Sur le plan du parc figure l’enclos de l’éléphante. Sur place, cependant, on n’y trouve qu’un terrain en friche, délimité par un fil mal accroché aux arbres, à la lisière de la forêt. Le dépliant stipule qu’elle se balade « en liberté » dans le parc, où il est possible de la voir après le spectacle. Et en effet, après le spectacle, Gilbert Bauer marche quelques minutes, Baby casse des branches à ses côtés, c’est l’illusion de la liberté. Il est possible de s’approcher d’elle. Aucun dispositif de sécurité n’est prévu. Seule la présence du dresseur semble suffire aux autorités…

Pendant plusieurs mois, le danger au quotidien!

… puis Gilbert l’éloigne des regards, le public se disperse. Et il lui fait quitter le parc. En traversant la nationale. Sans protection. Ni pour elle – qui peut se faire renverser par une voiture ou un camion sur cette route très fréquentée située à la sortie d’une voie rapide – ni pour les automobilistes susceptibles d’effrayer l’éléphante et de mettre les visiteurs du parc (ou eux-mêmes) en danger.

Car bien que Baby se déplace au ralenti, bien que son corps soit maigre et décharné, et à première vue soumise, elle reste un animal sauvage de plusieurs tonnes et représente donc un danger potentiel.

En janvier dernier, elle a d’ailleurs bousculé des gens en Espagne, et il s’en est fallu de peu qu’il n’y ait des blessés graves. Généralement, en cas d’accident, ce sont les animaux qui le payent de leur vie.

Des jours et des jours de planque derrière le camion

Sa liberté s’arrête là : même dans ce parc animalier, tout n’est que paillettes et faux-semblants ! En sept mois, jamais elle n’a mis les pieds dans « l’enclos de l’éléphant ». Car tandis que le parc promet monts et merveilles, nous qui avons planqué des jours durant en bordure de leur propriété avons pu constater le quotidien réel de Baby. De l’autre côté de la route, la pauvre éléphante aux pieds fragiles reste confinée dans le camion qui lui sert de cachot.

Quand le parc n’ouvre pas – autrement dit tous les jours sauf le week-end et les vacances scolaires – ou quand la représentation est annulée, faute de clients ou si le temps ne s’y prête pas, Baby ne sort pas non plus. Tout au plus Gilbert Bauer ouvre-t-il l’un des battants arrière du camion pour qu’elle ait un peu de lumière et d’air. Mais elle n’a même pas le droit de se dégourdir les jambes. Et n’ayant accès à de l’eau pour s’abreuver que le temps du nettoyage le matin et le soir, elle passe les jours de pluie à tâtonner du bout de la trompe le toit du camion, pour boire. Le reste du temps, elle tourne sur elle-même lentement, en veillant à ne pas se cogner aux parois, ou se balance de droite à gauche, comme le font tous les animaux sauvages captifs pour exprimer leur souffrance.

En décembre, le parc ferme avant la date prévue et Baby disparaît : plus de traces de la remorque. Joint par téléphone, le parc affirme que l’an prochain aucun spectacle ne mettra à l’affiche d’animaux sauvages, à la suite des remarques répétées des clients et de « la pression des associations de défense des animaux ». Pourtant en cette fin février 2020, le camion et la caravane du couple Bauer sont de retour sur place…

Aller à Aubevoye, le 11 mars en urgence

Alors que nous sommes sur le point de nous assurer de la présence de Baby sur le parc, on nous contacte en urgence le 11 mars pour nous rendre au Cirque de Paris afin de déterminer quelle est l’éléphante faisant partie du spectacle à Aubevoye, près de Gaillon. Serait-ce Dumba, « louée » à plusieurs reprises par ce cirque ? Sur la piste, pas de doute: c’est Baby ! Elle s’exécute sous le regard des spectateurs, inconscients de son malheur et du danger: ils sont en effet nombreux à se prendre en photo auprès d’elle pendant l’entracte ou à la suivre après le spectacle jusqu’à la remorque.

Plusieurs jours de suite, Baby restera confinée à l’intérieur du camion. Et comme toujours, elle ne sera autorisée à marcher qu’une fois dans la journée hors de sa boîte en tôle pour… se rendre sous le chapiteau. Enfermement et soumission, même refrain, ad nauseam.

Filature mouvementée au début du confinement!

En ce 16 mars, le cirque se prépare à lever le camp. Pour ne pas perdre la trace de Baby et afin de savoir où elle sera pendant le confinement, dont on ne connaît pas encore l’ampleur, nous organisons la filature du camion en urgence. Des heures durant, Baby est ainsi ballottée à l’intérieur de la remorque. Le convoi finit par s’arrêter à la nuit tombée près de Vierzon sur un terrain de cirque. Un nouvel emplacement ? La filature doit-elle se poursuivre le lendemain ? Des attestations doivent désormais être produites pour justifier de nos déplacements… Choix est fait de rester à proximité, au moins jusqu’au lendemain, tant que cela est possible. Au petit matin, le convoi repart. Après quelques heures de route, arrêtés pour contrôle, nous perdons le camion de vue. Nous finissons par le retrouver, et le suivons jusqu’à son arrivée sur une propriété dans le Sud de la France… Le camion remorque est parqué en face d’un hangar. Jusqu’à notre départ, Baby n’en sortira pas.

Nous avions tout prévu pour suivre à nouveau Baby, éléphante martyre dressée, soumise à une vie d’esclave. Ce confinement s’éternisant, il nous oblige à différer ce travail de fourmi qui consiste à accumuler les preuves manifestes des maltraitances dont elle est victime. Mais notre équipe est plus déterminée que jamais. Nous ne nous arrêterons pas tant que Baby sera aux mains de son dresseur! Sa place est dans un sanctuaire.

Signez la pétitionSoutenez notre combat pour Baby

Baby, la petite éléphante modèle

Baby, la petite éléphante modèle

Baby, la petite éléphante modèle
16.04.2020
Baby, la petite éléphante modèle
Exploitation pour le spectacle

Capturée en 1985 alors qu’elle était toute petite, Baby fait la joie des spectateurs de cirque et des plateaux télévisés. Sage et répondant au doigt et à l’œil, l’éléphante est parfaitement fréquentable… On peut même louer ses services dans son salon ! Cette «éducation irréprochable» n’est autre que le fruit d’années de dressage et de sévices… Stop à la maltraitance sous couvert de leçons de bienséance !

On peut tout lui demander ! Avancer, reculer, se lever, se coucher, se mettre à genoux, faire « la belle », s’asseoir sur un tabouret, monter dessus, y tenir en équilibre sur trois pattes, puis deux, voire une, danser la ronde, taper dans un ballon !… Quand le numéro approche de la fin, il suffit de la tirer par l’une de ses « défenses » qui ne lui servent à rien, pour l’entraîner à la rencontre du public. Caresses et petites tapettes « affectueuses » l’attendent à la chaîne ! Les plus « chanceux » pourront la chevaucher à tour de rôle et garder une photo-souvenir. Polie, elle saluera tout le monde avec un mouchoir blanc avant de s’en aller… Comme c’est émouvant ! Baby est sage, Baby est bien « éduquée », Baby est aussi souple que de la pâte à modeler… Baby est une éléphante de cirque.

Comme une automate

Bien sûr, son dresseur veille au grain. Toujours l’ankus et un paquet de friandises à la main. Entre les deux, Baby a choisi. D’expérience, elle sait qu’il vaut mieux être docile. Elle est prête à accepter n’importe quoi. D’ailleurs, elle nous le montre encore. Celui qui la séquestre, celui qui lui fait endurer l’enfer depuis toutes ces années, l’utilise comme un banc s’il veut ! Il pose alors son postérieur sur ses flancs en balançant ses jambes de contentement. Affalée à terre sur commande, chosifiée à l’extrême, statufiée, elle supporte autant le poids que l’humiliation de son « maître ». Pas l’ombre d’un mouvement de réaction, ni le moindre murmure… Seule la sidération se lit dans son regard, lorsqu’il n’est pas complètement éteint.

Des projecteurs au cachot

Baby a l’habitude. Baby est parfaitement formatée. Baby est devenue apathique. Voici plus de trente ans qu’elle a été capturée en Afrique lorsqu’elle était bébé. Depuis toutes ces décennies, elle enchaîne sans broncher les spectacles en tout genre. On peut même la louer « pour créer la surprise et l’inédit ». Mais les plateaux télévisés, vedettes de cinéma et autres amateurs d’événements insolites se préoccupent-ils de savoir à quel prix cette éléphante est devenue si obéissante et servile ? Se soucient-ils de son quotidien lorsque « la fête est terminée » ?

Nous suivons Baby depuis 2004, nous avons été témoins du pire. Loin des feux de la rampe, c’est dans un camion-cellule que la pauvre esclave passe la majorité du temps. Son « propriétaire », qui se targue de beaucoup l’aimer, n’a en effet aucun scrupule à l’y laisser enfermée nuit et jour ! Parfois, il sort son jouet vivant pour l’exposer aux yeux de badauds admiratifs. Sans aucune précaution, il lui fait alors traverser des routes, au mépris de la sécurité de l’animal autant que de celle des véhicules et des piétons ! Nos enquêteurs ont amassé des dizaines de vidéos, plus affolantes les unes que les autres. Toutes révèlent l’horreur de l’existence de Baby.

Le « destin » l’a même amenée, par le passé, à croiser la route des ours des Poliakov. Codétenus sur le même terrain de foire, chacun derrière les barreaux des cages de leurs dresseurs respectifs… Tout est lié… Pour Baby, le calvaire n’est pas terminé.

Nous avons réuni suffisamment de preuves de défauts de soin, d’exploitation irrégulière et de mauvais traitements pour porter plainte contre le cirque qui la détient !
Aidez-nous à l’en délivrer !

Signez la pétitionSoutenez notre combat pour Baby

Dans les cirques, actuellement, les animaux meurent à petit feu

Dans les cirques, actuellement, les animaux meurent à petit feu

Dans les cirques, actuellement, les animaux meurent à petit feu
14.04.2020
Dans les cirques, actuellement, les animaux meurent à petit feu
Exploitation pour le spectacle

Le confinement imposé par le gouvernement en raison de la pandémie du Covid-19 ne nous permet plus de surveiller les animaux exploités dans les cirques. Pour la deuxième fois depuis la mi-mars, nous avons écrit au ministère de la Transition écologique et solidaire pour lui demander d’agir au plus vite. Nous ne lâchons rien, et avons besoin de vous pour renforcer notre action.

En cette période de confinement, nous nous inquiétons vivement pour les animaux détenus dans les cirques en France : les circassiens étant privés de revenus, les animaux seront les premiers à en payer le prix. Parmi ceux que nous suivons sans relâche depuis des années, il y a huit éléphantes et deux hippopotames : Mina, Kamala, Nelly, Brigit, Samba, Baby, Bambi, Rosa, Jumbo et Boulie, ainsi que de nombreux fauves. Afin que la vie déjà misérable de ces individus ne se transforme en agonie, nous avons complété le contact permanent que nous maintenons par téléphone avec le cabinet d’Elisabeth Borne depuis l’envoi de notre première lettre mi-mars par une deuxième lettre. Celle-ci précise nos demandes de mise en place de mesures, urgentes et de plus long terme.

Les cirques à l’arrêt: insalubrité et enfermement au rendez-vous…

Car nous savons en quoi consistent de nombreux quartiers d’hiver pour les dresseurs de cirque quand ils existent… Les images d’Épinal avec de belles et grandes prairies, c’est pour les journalistes le jour où nous dévoilons des images d’enquêtes! En réalité, quand les dresseurs pensent être hors de vue, la réalité est tout autre.

Les animaux sont confinés dans des geôles moyenâgeuses comme chez les Poliakov, dans un camion-cage de la cour de l’usine désaffectée de Mario Masson, dans une remorque-boîte comme chez Gilbert/Yeuk Bauer ou chez les Muller

Pour décupler notre action, interpellez, vous aussi, la ministre et le Ministère!

Dans tous les cas, plus aucun animal ne doit être détenu dans des remorques, sous peine de saisie ! Une liste exhaustive des animaux doit être par ailleurs créée, sinon comment les protéger si on ne sait pas qu’ils existent? Un nouvel arrêté doit être publié dans cette perspective. Nous l’attendons depuis 8 mois !

Sur Twitter: 

@Elisabeth_Borne, @Ecologie_Gouv, les lieux de détention des animaux des cirques doivent être inspectés en urgence. Aucun animal n’a à vivre enfermé dans une remorque! #CirquesSansAnimaux

@Elisabeth_Borne, @Ecologie_Gouv, une liste exhaustive des animaux détenus dans les cirques doit être mise en place immédiatement. On attend aussi un nouvel arrêté. #CirquesSansAnimaux

Via Facebook :    

Elisabeth Borne @Ecologie_Gouv, les lieux de détention des animaux des cirques doivent être inspectés en urgence, aucun animal n’a à vivre enfermé dans une remorque. Il faut que la législation s’applique, qu’une saisie soit prévue en cas de non-conformité ! Une liste exhaustive des animaux détenus dans les cirques doit être mise en place immédiatement pour pouvoir les protéger! Un nouvel arrêté doit être publié dans cette perspective. #CirquesSansAnimaux

Par formulaire sur le site du ministère

Ou adresse postale : Ministère de la transition écologique et solidaire 246, boulevard Saint-Germain 75007 Paris

Lettre du 10 avril 2020 à Elisabeth Borne

Lettre du 10 avril 2020 à Elisabeth Borne

Lettre du 10 avril 2020 à Elisabeth Borne
14.04.2020
Lettre du 10 avril 2020 à Elisabeth Borne
Exploitation pour le spectacle

Dans le prolongement de notre lettre du 16 mars 2020 et de notre récent échange, nous restons très inquiets du sort des animaux détenus dans les établissements itinérants.

Madame Elisabeth Borne
Ministre de la Transition Écologique et Solidaire
246 boulevard Saint-Germain
75007 Paris

Madame la Ministre,

Dans le prolongement de notre lettre du 16 mars 2020 et de notre récent échange avec votre conseillère, nous restons très inquiets du sort des animaux détenus dans les établissements itinérants en raison d’une part de l’arrêt total d’activité de ces entreprises, mais également de l’absence d’infrastructures conformes et adaptées aux besoins comportementaux des animaux.

Les établissements itinérants, de par leur confinement, doivent pouvoir offrir à leurs animaux des soins et des installations qui répondent aux exigences de cette sédentarité qui leur est imposée.

Les animaux ont besoin d’une alimentation spécifique en quantité pour certains, mais également de soins et de surveillance vétérinaires adaptés.

Par ailleurs, des installations intérieures et extérieures doivent impérativement leur être aménagées et les remorques de transport doivent être interdites.

C’est la raison pour laquelle nous vous demandons de bien vouloir vous assurer que tous les établissements itinérants détenant des animaux d’espèces non domestiques disposent bien de quartiers d’hiver, et de faire procéder à une inspection de ces sites afin de s’assurer de leurs conditions de détention.

Pour les cirques qui ne possèdent pas de tels lieux comme M. Mario Masson avec ses tigres, ou M. Gilbert Bauer avec son éléphante Baby, ou qui seraient, par exemple, illégalement installés sur des propriétés privées ou communales, il est urgent de procéder au retrait des animaux détenus dans les remorques.

À défaut de procéder à la saisie conservatoire des animaux détenus dans les remorques, il conviendrait d’autoriser les seuls capacitaires et transporteurs des cirques à rejoindre leurs quartiers d’hiver sous réserve que ces lieux soient adaptés à la détention des animaux concernés.

Au-delà de ces mesures urgentes et ponctuelles, cette crise sanitaire et ses graves répercussions sur les établissements recevant un large public appellent plus que jamais l’adoption d’une nouvelle réglementation en matière de détention des animaux dans les structures itinérantes.

Ce que nous dénoncions dans le cadre des travaux de la commission « Cirques avec animaux » se révèle avec plus d’acuité : les animaux appartenant à des espèces non domestiques n’ont rien à faire dans de telles structures qui sont totalement inadaptées à leurs besoins élémentaires.

Nous avons encore reçu de nombreuses évaluations de différents spécialistes qui condamnent ce mode de détention. Le Dr Schaftenaar a ainsi évalué cinq éléphantes d’Asie et d’Afrique détenues dans des cirques. Il dénonce fermement les conditions de vie des pachydermes ainsi que les numéros contre nature auxquels ils doivent se prêter et qui sont sources de blessures et de souffrances.

Les constats sont identiques pour les experts en félidés et en primates.

Il ne faut pas écarter non plus les risques que représentent ces déplacements d’animaux sauvages en matière de salubrité, sans aucune période d’isolement, dans un contexte sanitaire souvent dégradé avec des raccordements sauvages effectués sur les bornes d’incendie, des évacuations de déjections ou de sous-produits animaux non conformes et des interactions pourtant prohibées avec le public.

C’est également compter sans les reproductions non raisonnées des félidés, notamment hors programme européen, alimentant un juteux et mortifère trafic d’animaux, et qui aboutissent à des hybridations et à une surpopulation d’animaux hypothéquant leur placement futur.

Ainsi, les mesures d’interdiction de détention de certaines espèces d’animaux doivent être adoptées sans délai.

Dans cette perspective, un état des lieux exhaustif est nécessaire : le nombre précis d’animaux, leur genre et leur âge ne sont aujourd’hui pas connus en dépit de l’obligation de déclaration au fichier I-fap. Il en va de même des établissements eux-mêmes, des capacitaires, des remorques d’animaux et enfin des quartiers d’hiver.

Ces éléments que nous avons réclamés à maintes reprises lors des travaux de la commission n’ont pas été communiqués, or ils sont nécessaires pour construire un plan de démantèlement de cette activité.

Restant à votre disposition, nous vous remercions de l’attention portée à ce courrier, et vous prions de croire, Madame la Ministre, en l’assurance de notre parfaite considération.

Muriel Arnal
Présidente de One Voice

Décision historique pour les orques transientes de Russie!

Décision historique pour les orques transientes de Russie!

Décision historique pour les orques transientes de Russie!
08.04.2020
Décision historique pour les orques transientes de Russie!
Exploitation pour le spectacle

Vendredi 3 avril 2020, le gouvernement russe a confirmé que les orques transientes figuraient dorénavant sur le « Livre Rouge de la Fédération de Russie », sa liste officielle des espèces en danger. Cela signifie que ces orques ne peuvent plus y être chassées, capturées, ni vendues à aucun parc, que ce soit en Chine ou ailleurs dans le monde.

Nous avions participé à la venue en Russie de l’équipe internationale composée notamment de Charles Vinick, Jean-Michel Cousteau et Ingrid Visser. Ils avaient pu se rendre sur place pour travailler avec les autorités sur les protocoles et le programme de libération, et passer du temps avec des responsables du gouvernement, les exhortant personnellement à cesser les captures des orques vivant dans leurs eaux. La mobilisation populaire a été inestimable pour dénoncer d’abord l’existence de la «prison des baleines», puis pour rendre sa liberté à chaque orque et béluga.

«Le représentant du gouvernement russe nous a remerciés et félicités pour notre travail l’année dernière pour aider à libérer les 97 orques et bélugas détenus dans la « prison des baleines » et pour avoir joué un rôle si important dans la décision de les ajouter au Livre rouge. Ses remerciements et nos remerciements s’adressent particulièrement à vous parce que votre soutien a permis à Jean-Michel Cousteau et moi-même d’emmener notre équipe internationale en Russie pour travailler avec les Russes sur les protocoles et le programme de libération, et passer du temps avec des responsables du gouvernement russe, les exhortant personnellement à ne plus laisser de telles captures se reproduire. Je ne vous remercierai jamais assez pour votre soutien l’année dernière lorsque nous nous sommes efforcés de trouver les fonds pour notre voyage, ainsi que pour votre soutien à notre travail de création de sanctuaires (pour accueillir les orques des delphinariums). Votre apport a été inestimable. Nos remerciements vont également aux milliers de militants russes qui ont porté la nouvelle de la capture à l’attention du monde entier et préparé le terrain pour la participation de notre équipe. Et au gouvernement russe pour le leadership dont il fait preuve dans sa prise de décision.»

Extrait de la lettre de Charles Vinick, directeur exécutif du Whale Sanctuary Project, à Muriel Arnal, présidente-fondatrice de One Voice.

C’est une immense victoire, la première fois en 23 ans que des espèces sont ajoutées à cette liste. C’est une décision historique!

Les cétacés aussi meurent de coronavirus : fermons les delphinariums et interdisons leur envoi en Chine !

Les cétacés aussi meurent de coronavirus : fermons les delphinariums et interdisons leur envoi en Chine !

Les cétacés aussi meurent de coronavirus : fermons les delphinariums et interdisons leur envoi en Chine !
06.04.2020
Les cétacés aussi meurent de coronavirus : fermons les delphinariums et interdisons leur envoi en Chine !

Pendant que les humains du monde entier font face à la pandémie du Covid-19, les scientifiques experts des orques, dauphins et bélugas avec lesquels nous travaillons de longue date, font appel à nous pour les aider à alerter sur le fait que les cétacés aussi peuvent contracter ce type de virus, le transmettre et en mourir.

Bien avant la fermeture des parcs, imposée par le gouvernement français des arrêtés du 14 https://ufsecgt.fr/IMG/pdf/arrete_covid_19.pdf et du 15 mars 2020 https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=ADD4ACA261F4946FC6FD2F6555941161.tplgfr36s_2?cidTexte=JORFTEXT000041723302&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000041723291 , des experts internationaux des cétacés ont écrit à Emmanuel Macron et aux ambassadeurs de Chine, des États-Unis et de France en Chine, pour les informer et les exhorter à interdire d’urgence les importations et exportations de cétacés (notamment hors de France) vers la Chine. Leurs lettres restent à ce jour sans réponse…

Pendant que les humains du monde entier font face à la pandémie du coronavirus, et qu’au moins l’un des sept tigres et lions qui toussent au Zoo du Bronx vient d’être testé positif au Covid-19 après une contamination humaine, les scientifiques experts des orques, dauphins et bélugas avec lesquels nous travaillons de longue date, font appel à nous pour les aider à alerter sur le fait que les cétacés aussi peuvent contracter ce type de virus, le transmettre et en mourir. Bien avant la fermeture des parcs, imposée par le gouvernement français par les arrêtés du 14 et du 15 mars 2020, des experts internationaux des cétacés ont écrit à Emmanuel Macron, aux ambassadeurs de Chine, des États-Unis et de France en Chine, pour les informer et les exhorter à interdire d’urgence les importations et exportations de cétacés (notamment hors de France) vers la Chine. Leurs lettres restent à ce jour sans réponse…

Les experts internationaux avec lesquels nous travaillons depuis des années sont préoccupés par les transferts d’orques et d’autres cétacés libres et captifs en direction de la Chine, et notamment pour ceux détenus dans les delphinariums français.

En effet, ces experts ont montré que les cétacés sont touchés par des formes de coronavirus. Plusieurs dauphins à Hong Kong notamment n’ont jamais présenté de symptômes, ce qui en soi est très inquiétant car ils étaient donc des sujets « porteurs sains ». Un béluga est quant à lui mort avec de graves problèmes de foie associés à ce virus.

Les experts ont également noté que l’industrie de la captivité (delphinariums, aquariums et zoos) garde secrète la cause de nombreux décès, ce qui est vraiment problématique en matière de santé publique – car cela rend impossible l’évaluation de l’étendue des coronavirus chez les cétacés. Il se peut que beaucoup d’autres existent, et qu’ils ne soient pas rendus publics par les parcs.

De toute évidence, en empêchant l’industrie de la captivité de faire venir davantage d’orques, de dauphins et de bélugas de la nature, les autorités limiteraient le réservoir de virus qui pourraient être potentiellement transmis aux humains. En interdisant leur transfert d’un pays à l’autre également.

En soutien à notre campagne, des experts ont alerté les autorités des pays concernés

Il y a plusieurs semaines, ces experts, en soutien à notre campagne, ont écrit aux ambassadeurs de Chine, des États-Unis et de France en Chine ainsi qu’à Emmanuel Macron.
Il était important de les informer de ces risques de zoonoses entre orques, bélugas, dauphins et humains, tout d’abord; de leur demander de fermer les delphinariums et zoos, lieux de contact entre espèces; et également de faire interdire l’envoi d’orques et autres cétacés notamment vers la Chine, à cause du risque de transmission du virus.
Les autorités de ces trois pays n’ont pas daigné répondre. Le problème est pourtant très préoccupant.

Nous avions déjà fait campagne contre le transfert des orques détenues à Marineland à la suite des informations confidentielles qui nous étaient parvenues en fin d’année dernière. Mais depuis l’émergence de la pandémie au Covid-19, le problème s’élargit encore.

Il y a quelques semaines, la Chine ainsi que le Vietnam avaient annoncé l’arrêt de leurs exportations d’animaux sauvages. En réalité, cette interdiction est très incomplète : aucune mention n’est faite des cétacés.

La Dre Ingrid Visser, biologiste spécialiste des cétacés (Orca Research Trust, Nouvelle-Zélande), la Dre Naomi Rose, PhD, scientifique spécialiste des mammifères marins (Animal Welfare Institute, USA) et Muriel Arnal, présidente fondatrice de One Voice (France), dans un texte commun, en appellent aux autorités :

« Alors que les inquiétudes grandissent concernant le risque de propagation du COVID-19 via de grands rassemblements de personnes à travers le monde, un certain nombre de scientifiques, vétérinaires et défenseurs des animaux dont nous faisons partie, ont alerté les ambassadeurs concernés des impacts potentiels des spectacles de dauphins dans les delphinariums et les zoos.

 

Les stades de ces spectacles sont similaires aux stades sportifs, concentrant le public dans un seul endroit. Or par le passé, un certain nombre de cétacés ont dû être traités pour des maladies respiratoires et en sont morts. Suite à cela, les aquariums et delphinariums n’ont généralement pas divulgué les détails des maladies impliquées. Les quelques rares éléments disponibles indiquent que les maladies sont souvent résistantes aux médicaments et que certaines sont également zoonotiques (transférables aux humains). Des photographies, parlantes, jointes à notre lettre, montrent l’étendue de certaines de ces maladies.

 

Il a été prouvé par les experts des cétacés qu’au moins deux espèces de baleines et de dauphins avaient un coronavirus spécifique. Nous demandons aux autorités de veiller à ce que l’interdiction du commerce des espèces sauvages mise en œuvre en Chine comprenne les baleines, les dauphins et les marsouins et que les spectacles s’arrêtent. »

Depuis la rédaction de ce texte, contraint par le gouvernement pour éviter les transmissions entre spectateurs et personnel du delphinarium, Marineland Antibes a fermé ses portes, ainsi que SeaWorld aux États-Unis.

Ces fermetures interviennent bien tard et semblent bien timorées, au regard de ces éléments accablants. Les autorités doivent aller plus loin : interdire la reproduction des animaux sauvages en captivité ainsi que leurs transfert et importation d’un parc à un autre. En France, la publication d’un arrêté ministériel suffirait à cela.

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La bile d’ours : la fin d’une torture séculaire au Vietnam

La bile d’ours : la fin d’une torture séculaire au Vietnam

La bile d’ours : la fin d’une torture séculaire au Vietnam
06.04.2020
La bile d’ours : la fin d’une torture séculaire au Vietnam
Animaux sauvages

Depuis la survenue de la pandémie de Covid-19, en Asie comme partout ailleurs, la population, face à la mort et à la maladie, cherche des traitements en urgence. Guidée par la peur, mauvaise conseillère, les pensées magiques peuvent prendre le pas sur la raison. Parmi les nombreux « remèdes » qui n’en sont pas, la bile d’ours est l’un des ingrédients vendus à prix d’or, pour le pire malheur des ours. Dès 2003, nous avions enquêté au Vietnam et rapporté des images qui exposaient cette torture aux yeux de tous, pour y mettre fin. La pratique y est devenue illégale en plusieurs étapes au fil du temps. Espérons que cette fois sera la bonne. Nous continuerons à défendre les ours partout où perdurera cette abomination.

Les vertus curatives de la bile d’ours sont, pour l’essentiel, un mythe.  On pourrait en boire des litres que les multiples maladies et performances sexuelles n’en seraient pas plus soignées ou améliorées qu’avec un placebo (et pour son utilité prouvée, des alternatives à base de plantes ou synthétiques existent). En Chine, cette exploitation s’entend à l’échelle industrielle. Le Vietnam en était le second plus gros producteur.

La torture par l’industrie pharmaceutique, associée à la disparition des ours

Ces ours sauvages endémiques du Vietnam étant les plus prisés, c’est auprès d’eux que nous avons donc mené l’enquête en 2003, car ils étaient également de ce fait, en cours de disparition ! Les ours sauvages des espèces Ursus Thibetanus et Ursus Malayanus ne se reproduisant pas en captivité, les éleveurs achetaient donc les oursons à des braconniers qui tuaient souvent les mères pour capturer les petits. Mais la demande est telle sur l’ensemble du continent asiatique, qu’elle concerne, notamment en Chine, de nombreuses autres races d’ours, plus faciles à élever, et dont la bile est vendue moins cher. Ce sont ceux-là qui restent enfermés des années.

Nos enquêteurs avaient reçu à l’hôtel la visite inopinée de militaires, car il était illégal de photographier les ours, et les élevages étaient pour beaucoup d’entre eux sous l’autorité de l’État. La même année, accompagnés du dessinateur de presse Jean Cabu, autre parrain de l’association, nous avions également été reçus à l’ambassade par les représentants du gouvernement vietnamien pour leur faire part de notre vive préoccupation quant aux souffrances des ours et au braconnage intensif… Conscients du problème, les autorités avaient très bien accueilli nos demandes. Nous avions alors compris qu’à la différence de la Chine, l’exploitation des ours au Vietnam allait prendre fin. Les mentalités sont toutefois longues à changer, d’autant plus lorsque persistent des traditions séculaires. Pour sensibiliser encore davantage la population, nous avions organisé de nombreux rassemblements.

Extraire la bile d’un ours vivant : une torture qui finit toujours par la mort

En 2003 au Vietnam, cela concernait des milliers d’ours sauvages captifs à travers le pays, dont plusieurs centaines près d’Hanoï, dans des centaines de fermes à bile. L’horreur de la captivité commence par des cages de 8 m2, le plus souvent dans des bâtiments au fond d’un jardin contenant cinq à quatorze ours. À peine atteignent-ils leur premier anniversaire, que la torture peut à proprement parler commencer.

Les méthodes d’extraction sont extrêmement douloureuses, et faites sur les ours drogués, partiellement endormis. Leur abdomen est percé à plusieurs reprises pour l’installation du matériel : une aiguille de 20 cm directement enfoncée dans la vésicule biliaire, bien souvent sans stérilisation ni désinfection. Les prélèvements ont lieu quatre fois par an, et les ours ne survivent pas au-delà de cette année d’enfer.

Parfois, quand l’ours est endormi, on lui coupe une patte pour faire de la soupe, sans le tuer, comme nous l’avons documenté. Dans tous les cas, les animaux finissent à la boucherie, leur chair étant également très convoitée.

La fin de l’exploitation des « ours à bile » au Vietnam ?

Pendant des années, cette pratique a diminué, au point que de nombreux élevages ont fermé leurs portes. Les sanctuaires asiatiques ont accueilli des « ours à bile » qui n’avaient jamais connu que l’enfer sur terre.

Le Vietnam ayant décidé de mettre un point final à cette activité dans l’ensemble du pays à l’échéance de 2022, nous nous réjouissons pour les ours, tout en restant vigilants quant à l’application de cette décision. L’association Animals Asia a signé un accord avec le gouvernement pour la fin des fermes à bile et le sauvetage d’un maximum des 600 ours encore exploités.

Un risque de reprise de l’activité lié au coronavirus !

En Chine, des industriels sans scrupules, soutenus par le ministère de la Santé, vantent, une fois de plus, les vertus alléguées de la bile d’ours, pour combattre cette fois-ci le SARS-CoV-2, responsable de la pandémie actuelle. Nous dénonçons de toutes nos forces cette publicité mensongère, et son impact mortifère sur les ours libres et captifs, où qu’ils soient en Asie.

En Norvège, la chasse aux phoques autorisée sans inspecteurs de protection animale !

En Norvège, la chasse aux phoques autorisée sans inspecteurs de protection animale !

En Norvège, la chasse aux phoques autorisée sans inspecteurs de protection animale !
04.04.2020
En Norvège, la chasse aux phoques autorisée sans inspecteurs de protection animale !
Animaux sauvages

Le gouvernement norvégien a annoncé que la chasse aux phoques pourrait se dérouler sans inspecteur de protection animale à bord des bateaux cette année, mais avec le reste de l’équipage au complet. La raison invoquée : le risque de contracter le COVID-19. One Voice s’insurge et interpelle les autorités !

Parmi les marins qui prennent part à la chasse, plusieurs membres d’équipage ont été reconnus coupables de cruauté envers les animaux après plusieurs infractions lors de la chasse aux phoques en 2009. En 2010, ces membres d’équipage ont reçu certaines des amendes les plus élevées jamais infligées pour cruauté envers les animaux en Norvège. Les chasseurs ont été condamnés sur la base des documents d’un rapport des inspecteurs de protection animale et de preuves enregistrées sur vidéo.

Autorisés à « tuer à volonté »

Nous nous associons à NOAH-pour la défense des animaux, notre partenaire norvégien au sein de la Fur Free Alliance, coalition qui défend les animaux élevés et tués pour leur fourrure, dont nous sommes le représentant français. Il est gravement préoccupant d’autoriser cette chasse, déjà extrêmement cruelle – mais légale -, sans même la présence d’inspecteurs de protection animale à bord pour la superviser ! Sans eux, les autorités invitent les chasseurs, nombreux à avoir déjà été condamnés, à tuer à volonté…

Des considérations pour la santé qui devraient s’appliquer à tous !

Il est absurde d’autoriser des équipages entiers à partir en mer pour tuer au total 18 548 phoques du Groenland (quota de 2020) en n’interdisant qu’aux inspecteurs d’y aller, en le justifiant par les risques pour leur santé. Ces risques sont les mêmes pour tous !

Par ailleurs, compte tenu des problèmes de cruauté gravissimes déjà relevés par le passé, la chasse devrait être annulée dès lors que les contrôles sont impossibles.

Des passe-droits pour les chasseurs, en France jusqu’en Norvège !

Chasser les phoques pour vendre ensuite leur fourrure n’est pas un « service essentiel » qui pourrait légitimer des changements temporaires de lois pendant la crise du coronavirus ! Au contraire, la chasse aux phoques est – et c’est heureux ! – très controversée et interdite dans plusieurs pays en raison de problèmes évidents de bien-être animal. Tout au contraire, chez nos voisins nordiques, elle est subventionnée à 80 % !

Tout comme NOAH, nous sommes fortement préoccupés par le fait qu’en Norvège, les règles relatives au bien-être et à la protection des animaux soient allégées du fait de la crise du coronavirus, tandis que leur exploitation se poursuit sans entraves.

 

Pour obtenir l’arrêt de la chasse aux phoques en Norvège, et a minima sa suspension pour 2020 puisque aucun inspecteur de protection animale n’est présent à bord, joignez vos forces aux nôtres !

Contactez les autorités norvégiennes :

La ministre du commerce et de l’industrie : Iselin Nybø
Le ministre de la pêche : Odd Emil Ingebrigtsen
Le ministère de l’industrie, du commerce et de la pêche : Nærings- og fiskeridepartementet
La direction de la pêche : Fiskeridirektoratet

Par email:

postmottak@nfd.dep.no
postmottak@fiskeridir.no 

Sur Twitter:
Comme le demandent @NOAHaktiv et @onevoiceanimal, il est nécessaire de suspendre la saison de chasse aux phoques puisque les inspecteurs de protection animale @fiskeridir ne peuvent la superviser. Mieux encore, @NFdep, @IselinNybo, abolissez-la totalement!

 

Sur Facebook: 

Comme le demandent @dyrsrettigheter et @onevoiceanimal, il est nécessaire de suspendre la saison de chasse aux phoques puisque les inspecteurs de protection animale @fiskeridirektoratet ne peuvent pas la superviser. Mieux encore, @oddemilingebrigtsen, @IselinNybo, abolissez-la totalement!

Chiens « de chasse » dans le Jura : une vie de misère

Chiens « de chasse » dans le Jura : une vie de misère

Chiens « de chasse » dans le Jura : une vie de misère
03.04.2020
Chiens « de chasse » dans le Jura : une vie de misère
Animaux familiers

Ce n’est pas la première fois que nous évoquons les sinistres conditions de vie des chiens « de chasse ». Force est de constater que leur situation est la même dans la majorité des élevages. Ceux que nous avons trouvés au fond d’un bois dans le Jura ne font pas exception à la règle. Nous avons enquêté sur les maltraitances dont ils sont victimes, et portons plainte en leur nom.

C’est dans le Jura que vingt-deux chiens « de chasse » aboyant de désespoir ont alarmé nos lanceurs d’alerte. Personne ne semble se soucier de leur existence, et pour cause : leur enclos est au milieu d’un bois, à l’abri des regards, à deux kilomètres du village le plus proche.

Vingt-deux chiens en souffrance

Leurs conditions de vie sont sordides. Ils sont livrés à eux-mêmes, cachés dans un terrain jonché de débris et d’objets abandonnés, sans ombrage et en plein vent. Parqués dans treize enclos ouverts, ils sont confinés à deux toute la journée dans ces espaces exigus et n’ont pour seul abri qu’une vieille niche en bois non étanche ne les protégeant ni de la chaleur ni des basses températures pouvant avoisiner les -20° en hiver. Ne disposant d’aucun espace pour s’ébattre, ils tournent en permanence en rond au milieu de leurs excréments dans des enclos non nettoyés depuis des jours. Ils vivent sur un sol bétonné dépourvu d’évacuation et de litière. Des carcasses proches laissent supposer qu’ils sont nourris avec les restes de la chasse. Ils ont, en guise de « gamelle », de vieux seaux où croupit une eau verdâtre sans doute récupérée des pluies.

Certains sont malades et doivent souffrir le martyre. Leurs pathologies semblent ne pas avoir été traitées depuis des mois. Nous avons montré nos images à un vétérinaire indépendant pour expertise. L’un des chiens présente une rétraction de l’œil droit, et une chienne, une énorme grosseur mammaire, probablement cancéreuse. Le propriétaire, ne se suffisant pas d’utiliser ses chiens pour la chasse, se livre très certainement à la reproduction puisque la chienne est enfermée avec un mâle.

Une situation qui dure

Alertés depuis huit ans pourtant, les services vétérinaires de la préfecture n’agissent pas. À nouveau contacté ces dernières semaines, le chef-lieu n’a pas souhaité donner suite, c’est dire combien la vie de ces animaux compte peu ! Il nous était donc impossible d’attendre davantage. Nous avons déposé plainte contre le propriétaire en demandant le retrait de tous ses chiens.

Le sort de ces chiens « oubliés »

Le cas de ces chiens jurassiens, dernier en date, est loin d’être isolé. Nous vous avions déjà parlé des chiens du chasseur périgourdin pour lesquels nous nous battons toujours, mais aussi de ceux du chasseur du Morbihan. Les autorités, elles, entonnent toujours le même leitmotiv : ce ne sont « que » des chiens de chasse.

Lorsqu’on sait combien les chasseurs sont protégés, on n’est pas surpris de ce qu’ils puissent continuer à les traiter comme des objets sans en être inquiétés.
Les chiens « de chasse » doivent bénéficier de la même protection que nos fidèles compagnons à quatre pattes. Comme eux, ce sont des êtres doués de sensibilité, affectueux et ayant besoin de soins et d’attention. Nous en sommes très loin et nous continuons le combat!

Pour eux, notre plainte vient d’être envoyée.

Lettre d’Ingrid Visser et de spécialistes aux ambassadeurs pour interdire l’import d’animaux sauvages vers la Chine, Orcinus orca, potentiels vecteurs

Lettre d’Ingrid Visser et de spécialistes aux ambassadeurs pour interdire l’import d’animaux sauvages vers la Chine, Orcinus orca, potentiels vecteurs

Lettre d’Ingrid Visser et de spécialistes aux ambassadeurs pour interdire l’import d’animaux sauvages vers la Chine, Orcinus orca, potentiels vecteurs
22.03.2020
Lettre d’Ingrid Visser et de spécialistes aux ambassadeurs pour interdire l’import d’animaux sauvages vers la Chine, Orcinus orca, potentiels vecteurs
Exploitation pour le spectacle

En soutien à la campagne de One Voice, la biologiste Ingrid Visser et un groupe d’experts interpelle les ambassadeurs de Chine et de France et des États-Unis en Chine pour plaider la cause des orques captives en France afin qu’elles n’y soient pas envoyées, à cause de la présence du coronavirus.

L’Honorable Lu Shaye Ambassadeur

Ambassade de la République Populaire de Chine

20, Rue Monsieur
75007 Paris
France

chinaemb_fr@mfa.gov.cn

L’Honorable Laurent Bili Ambassadeur

Ambassade de la République de France
Faguo Zhuhua Dashiguan 60 Tianze Lu
100600 Pékin
République Populaire de Chine

presse@ambafrance-cn.org

L’Honorable Cui Tiankai Ambassadeur

Ambassade de la République Populaire de Chine
3505, International Place, N.W.
Washington, D.C. 20008
USA

chinaembpress_us@mfa.gov.cn

L’Honorable Terry Branstad Ambassadeur

Ambassade des États-Unis N° 55 An Jia Lou Lu
100600 Pékin
République Populaire de Chine

Agbeijing@fas.usda.gov
office.beijing@trade.gov

 

Objet : Interdiction des importations d’animaux sauvages en Chine – Vecteur potentiel Orcinus orca

Chers Ambassadeurs,

 

Je vous écris au nom des scientifiques, vétérinaires et organisations soussignés. Nous avons suivi attentivement l’évolution de l’épidémie du nouveau coronavirus (2019-nCoV, baptisé désormais SARS-CoV-2), lequel semble provenir de la ville de Wuhan, province du Hubei, en Chine. Nous avons bien pris note que la Chine interdit actuellement d’importer des espèces sauvages (1) afin d’empêcher de nouvelles épidémies causées par des agents pathogènes similaires, et nous félicitons de cette décision.

Cette lettre concerne avant tout les orques (Orcinus orca, également connues sous le nom d’épaulards). Cependant, nous souhaitons aussi attirer votre attention sur le fait que, jusqu’à présent, deux espèces de cétacés (baleines, dauphins et marsouins) ont été identifiées comme porteuses de coronavirus. Un beluga (Delphinapterus leucas) de 13 ans, né en captivité à SeaWorld aux États-Unis, était porteur d’un coronavirus, en cause dans son décès (CDD). Ce beluga présentait « une maladie pulmonaire généralisée et une insuffisance hépatique aiguë en phase terminale. […] Le virus (SW1) était un nouveau coronavirus hautement divergent, très similaire dans l’ensemble aux coronavirus du groupe 3 » (2). Les auteurs ont conclu : « […] l’identification d’un virus jusque-là inconnu chez un animal en captivité souligne la grande diversité des virus qui reste inexplorée chez les animaux. Ces virus ont le potentiel d’être transmis aux humains ou à d’autres animaux, avec des conséquences importantes pour la santé humaine et animale. »

Un autre coronavirus, le « coronavirus du cétacé » (également connu sous le nom de CoV (BdCoV) HKU22), a été isolé à partir d’échantillons de matières fécales de trois Grands dauphins de l’océan Indien (Tursiops aduncus) détenus à l’Ocean Park de Hong Kong. Les résultats de l’analyse ont montré qu’il s’accompagnait d’infections aiguës et que « la clairance virale était associée à une réponse spécifique en anticorps adaptatifs lorsque les Grands dauphins guérissaient des infections […]. Aucun des trois Grands dauphins testés positifs à BdCoV HKU22 n’a développé de symptômes notables » (3). Ce dernier point est préoccupant dans la mesure où les dauphins qui paraissent « en bonne santé » peuvent toujours être infectés par un coronavirus.

Si nous vous contactons, c’est en vertu de rapports récents faisant état de l’importation, par la Chine, de cinq orques captives (4) en provenance de France et des États-Unis, ainsi que de certaines tentatives également récentes d’introduire en Chine des orques capturées en Russie dans la nature (5).

Les orques hébergent une variété d’agents pathogènes. Une orque détenue aux États-Unis en abritait ainsi une « charge normale », mais plus de quarante organismes potentiellement pathogènes ont été détectés dans ses tissus, exhalations et excréments. Au moins quatre ont été signalés comme « résistants aux médicaments » et certains ont aussi été identifiés chez les humains (6).

En règle générale, les agents pathogènes trouvés chez des orques captives n’ont pas été signalés autrement qu’à travers de vagues descriptions de maladies « bactériennes » ou « respiratoires ». Par exemple, une orque adulte de sexe mâle capturée au large des côtes islandaises et détenue ensuite pendant des décennies à SeaWorld (Floride, États-Unis), est décédée en janvier 2019 après des années de traitement. Elle aurait été atteinte d’une infection respiratoire bactérienne résistante aux médicaments (7).

Au cours des vingt-cinq dernières années, les établissements détenant des orques ont refusé de publier des rapports d’autopsie (8) ou se sont contentés de fournir de vagues descriptions de la cause du décès (CDD), en dépit du fait qu’entre autres avantages, les détails des autopsies donnent des informations vitales pour identifier les zoonoses (c’est-à-dire les maladies transmissibles des animaux aux humains). Scientifiques et vétérinaires estiment que les rapports d’autopsie des animaux sauvages captifs revêtent une importance capitale (9). Plusieurs professionnels en quête d’informations ont déposé un dossier aux États-Unis (10) afin d’accéder aux rapports d’autopsie de plusieurs orques récemment décédées.

À la lumière de l’épidémie de 2003 du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), de l’épidémie de 2012 du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) et aujourd’hui de l’épidémie de SRAS-CoV-2 — toutes maladies respiratoires affectant l’humain et considérées comme zoonotiques —, les autorités et les responsables de la santé publique doivent être attentifs aux risques potentiels associés à l’exposition et au contact non seulement des/avec les petites espèces sauvages présentes sur les marchés commerciaux, mais également des/avec les espèces plus grandes comme les orques exploitées par l’industrie du divertissement.

Pour corroborer nos inquiétudes, au moins quarante orques captives sont mortes de maladies respiratoires, et les trois décès les plus récents ont été signalés comme suit :

  • Kasatka (décédée en août 2017 après des années de traitement infructueux). CDD : infection respiratoire (11) (ci-joint, les photos de cette orque).
  • Tilikum (décédé en janvier 2019 après des années de traitement infructueux). CDD : infection respiratoire d’origine bactérienne.
  • Kyara (décédée en juillet 2017 à l’âge de 3 mois seulement). CDD : maladie pulmonaire.

Dans les très rares cas où l’agent pathogène associé à l’infection respiratoire est publiquement nommé, le micro-organisme était aussi connu pour infecter l’humain :

  • Orque femelle sans nom (décédée en octobre 2003 ; capturée dans les eaux russes, elle n’a survécu que treize jours). CDD : bactérie Pseudomonas aeruginosa (12).
  • Haïda (décédée en 1982 après quinze ans de captivité). CDD : infection pulmonaire par des bactéries Staphylococcus sp. (13).
  • Orque femelle sans nom (décédée en août 1971 après vingt mois de captivité). CDD : salmonellose (14).

En outre, deux décès au moins d’orques captives sont dus à des maladies transmises par les moustiques, lesquelles ont également été enregistrées chez les humains (15). Deux entraîneurs d’orques, qui ont depuis quitté l’industrie de la captivité, décrivent la situation avec éloquence dans leur article scientifique revu par leurs pairs :

«Bien qu’elles ne soient pas signalées parmi les populations d’orques sauvages, les maladies transmises par les moustiques ont tué au moins deux orques captives (Orcinus orca) dans les parcs à thème états-uniens. Le virus de l’encéphalite de Saint-Louis (VESL) a été mis en cause dans la mort en 1990 de l’orque mâle Kanduke, détenue à SeaWorld en Floride. Dans le second cas, le virus du Nil occidental (VNO) a provoqué le décès de l’orque mâle Taku à SeaWorld au Texas en 2007. L’environnement de la captivité augmente la vulnérabilité à ces maladies de diverses manières. Contrairement à leurs congénères sauvages qui sont rarement stationnaires, les orques captives passent généralement des heures à flotter immobiles (planche), principalement la nuit. Leur aire dorsale est alors exposée et donc accessible aux moustiques, attirés par les exhalations de CO2, la chaleur et les surfaces sombres. De plus, les orques captives sont souvent détenues dans des lieux géographiques bénéficiant d’un fort rayonnement ultraviolet, qui agit comme un immunosuppresseur. La plupart de ces installations n’offrent malheureusement aux animaux que très peu d’ombre. De nombreuses orques captives ont en outre des dents creuses, cassées ou broyées, à travers lesquelles les bactéries peuvent pénétrer dans la circulation sanguine, compromettant ainsi davantage leur capacité à lutter contre divers agents pathogènes. Eu égard à la santé souvent compromise de ces animaux et au fait que des épidémies virales sont susceptibles de se produire à l’avenir, les maladies transmises par les moustiques telles que le VESL et le VNO représentent des risques persistants pour la santé des orques captives détenues aux États-Unis.»

Les humains sont réceptifs aux maladies comme le VESL et le VNO, et il n’existe aucun vaccin pour les prévenir, ni de médicaments pour les traiter, que ce soit chez les humains ou les animaux.

Les maladies dont il faut s’inquiéter ne sont pas seulement de nature respiratoire, comme le montrent ces deux exemples :

  • K’yosha (décédée en janvier 1992 à l’âge de 5 mois seulement). CDD : infection cérébrale.
  • Haida II (décédée en août 2001 après dix-neuf ans de captivité). CDD : abcès cérébral, infection fongique.

On sait depuis longtemps que les orques captives sont victimes de stress chronique et que beaucoup d’entre elles, sinon toutes, sont immunodéprimées (16). On sait aussi que « les conditions parfaites pour l’émergence de nouveaux virus » se développent sur les marchés de « produits frais » en Chine où les animaux sont commercialisés et « massivement stressés et immunodéprimés » (17).

70 % des zoonoses identifiées à ce jour proviennent de la faune sauvage (18) et en tant que telles, ces CDD servent d’avertissement pour toutes les formes de contact avec la faune sauvage et les maladies zoonotiques. Par conséquent, nous sommes également préoccupés par les orques déjà présentes en Chine, et non seulement par celles qui sont et seront potentiellement importées, car ces animaux se produisent ou se produiront devant un très large public.

Rappelons que le genre de spectacle typique (y compris en Chine) consiste, pour l’orque, à éclabousser le public avec sa queue, dégageant ainsi d’énormes volumes d’eau (voir les photos ci-jointes, prises à des jours et années différents pour illustrer la fréquence de ce type de représentation). Il s’agit de la même eau dans laquelle les orques défèquent et urinent, et qui circule dans les bassins « hors exposition » – les mêmes au fond desquels, en Chine, nous avons relevé la présence de poissons morts en décomposition (cf. photos ci-jointes). Les microbes identifiés dans les fèces d’orques se sont révélés résistants aux médicaments (l’érythromycine, l’ampicilline, la tétracycline et le chloramphénicol se sont avérés inefficaces contre les bactéries mises en culture) (19). Récemment, des scientifiques chinois ont découvert des traces de SARS-CoV-2 dans les excréments de certains humains, ce qui tend à prouver l’existence d’un mode de contamination supplémentaire (20).

Ajoutons que l’orque, particulièrement après les exercices qui réclament beaucoup d’énergie tel le breaching (où l’animal saute complètement hors de l’eau – un spectacle fréquent dans les parcs à thème), a l’habitude d’expirer avec force. Or son souffle contient une large variété d’agents pathogènes (cf. le tableau en annexe, où quinze agents pathogènes potentiels connus ont été identifiés à partir d’exhalations d’orques en liberté) (21).

Outre que ces exhibitions présentent des risques évidents pour la santé humaine, les orques devant être importées de France et des États-Unis souffrent de graves problèmes dentaires (22) (cf. photos en annexe) accompagnés d’infections et d’écoulements purulents – tous fluides corporels qui se retrouvent dans l’eau des bassins. À titre illustratif, nous fournissons plusieurs photos (également jointes à cette lettre) de deux orques détenues aux États-Unis (l’une en Californie, l’autre en Floride) montrant certains des maux qui les affectent en dépit de soi-disant « soins vétérinaires de première classe ».

Étant donné l’épidémie actuelle de SRAS-CoV-2, nous estimons que les niveaux d’alerte et le statut de quarantaine doivent être revus à la hausse concernant ce genre de spectacle. Nous avons bien pris note que la province de Shandong a correctement appliqué l’interdiction de toutes les importations d’animaux aquatiques (y compris aux fins de reproduction). Il y est interdit de visiter les aquariums, les établissements de ce type sont fermés, et toutes les exhibitions et activités liées à la faune aquatique ont été stoppées (23).

En 2019, la Chine, devant le Japon (16 %), détenait 23 % des cétacés captifs dans le monde, soit davantage que tous les autres pays (24). S’y trouvent environ mille cétacés d’au moins treize espèces (25). Bien qu’on n’ait jamais enregistré de transmission de coronavirus de cétacé à l’humain, on a en revanche relevé des cas de contamination de l’humain par de petits mammifères (ex. : civettes masquées et chauves-souris dans le cas du SRAS) (26) et aussi de plus gros (ex. : chameaux dans le cas du MERS) (27). On sait depuis longtemps que de nombreuses espèces animales fonctionnent comme des « réservoirs » de maladies infectieuses telles que les coronavirus, et que des épidémies continueront d’advenir tant chez les mammifères marins que chez les humains.

Il est donc nécessaire de prendre les mesures de précaution qui s’imposent. Nous vous invitons fermement à transmettre ces informations aux autorités chinoises compétentes et à exiger que les orques, ainsi que tous les autres cétacés, soient ajoutés à la liste des animaux sauvages dont l’importation en Chine est interdite de façon permanente. Nous demandons également à ce que l’interdiction des spectacles et la fermeture des aquariums en vigueur dans la province de Shandong soient appliquées à l’échelle nationale, en veillant particulièrement à ce que les animaux détenus en captivité bénéficient d’un bien-être adéquat.

Très cordialement,

Dre Ingrid N. Visser  

 

Scientifique spécialiste des cétacés
Orca Research Trust
Nouvelle Zélande

De la part de: (co-signataires par ordre alphabétique)

Gitte Andersen, Docteure en médecine vétérinaire
Vétérinaire et propriétaire

Park Animal Hospital Mississauga

Canada

Monica K. H. Bando, BS, MS, BVSc, PhD

Vétérinaire spécialiste de la faune sauvage

Conseil, Global Animal Welfare

Maddalena Bearzi, PhD
Présidente
Ocean Conservation Society
USA

Jean-Michel Cousteau Environnementaliste / Éducateur / Producteur de films
Fondateur

OCEAN Futures Society
USA

Chris Draper, PhD
Chef du département de bien-être animal et de la captivité
Fondation Born Free

Royaume-Uni

Silvia Frey, PhD

Biologiste de la conservation marine

KYMA Sea Conservation & Research

Suisse

Toni Frohoff, PhD

Biologiste comportementale de la faune sauvage

TerraMar Research
USA

Deborah Giles, PhD

Directrice scientifique et de recherche

Directrice

Wild Orca
USA

Julie Hébert, Docteure en médecine vétérinaire, ABVP Vétérinaire (cheffe du service des animaux exotiques)
Centre Vétérinaire Laval, Laval

Canada

Sophie Hébert-Saulnier, Docteure en médecine vétérinaire
Vétérinaire spécialiste des animaux exotiques et de la faune sauvage

Hôpital pour oiseaux et animaux exotiques de Montréal, Montréal

Canada

Erich Hoyt 
Chercheur associé

Whale and Dolphin Conservation
Royaume-Uni

Samuel Hung, PhD

Biologiste spécialiste des dauphins

Hong Kong Dolphin Conservation Society

Hong Kong

Mark Jones, BVSc, MSc (Stir), MSc (UL), MRCVS, vétérinaire et directeur stratégique

Fondation Born Free

Royaume-Uni

Rob Laidlaw, CBiol et MRSB
Fondateur et PDG

Zoocheck
Canada

Heather Rally, Docteure en médecine vétérinaire

Vétérinaire spécialiste de la faune sauvage

Application des lois relatives aux animaux détenus en captivité

Fondation PETA
USA

Naomi A. Rose, PhD

Scientifique spécialiste des mammifères marins

Animal Welfare Institute
USA

Christelle Roy-Corbin, Docteure en médecine vétérinaire, MSc Vétérinaire spécialiste des animaux exotiques et de la faune sauvage

Hôpital pour oiseaux et animaux exotiques de Montréal, Montréal

Canada

Jan Schmidt-Burbach, Docteur en médecine vétérinaire, PhD
Directeur de recherche sur la faune et le bien-être animal
World Animal Protection

Allemagne / Thaïlande

Thomas I. White, PhD

Éthicien
Oxford Centre for Animal Ethics
Royaume-Uni

Lindy Weilgart, PhD

Biologiste spécialiste des cétacés

Université Dalhousie
Canada

photo prise le 17/12/2018, © Ingrid N. Visserphoto prise le 17/12/2018, © Ingrid N. Visser

Orque sur le flanc en train d’éclabousser le public avec sa queue, au Shanghai Haichang Ocean Park, Shanghai, Chine.

Orque sur le flanc en train d’éclabousser le public avec sa queue, au Shanghai Haichang Ocean Park, Shanghai, Chine (photo prise le 23/12/2018, © Ingrid N. Visser).L’une des grosses vagues éclaboussant le public, générées par les mouvements de queue de l’orque, au Shanghai Haichang Ocean Park, Shanghai, Chine (capture d’écran d’une vidéo prise le 23/12/2018, © Ingrid N. Visser).Une autre grosse vague éclaboussant le public au Shanghai Haichang Ocean Park, Shanghai, Chine (capture d’écran d’une vidéo prise le 23/12/2018, © Ingrid N. Visser).Certains spectateurs s’arment de parapluies afin de s’abriter partiellement des grands éclaboussements générés par l’orque au Shanghai Haichang Ocean Park, Shanghai, Chine (photo prise le 4/4/2019, © Ingrid N. Visser).Trois enfants (en imperméables blancs) dans la zone d’éclaboussement générée par l’orque (notez également la présence de parapluies dans le public), au Shanghai Haichang Ocean Park, Shanghai, Chine (photo prise le 4/4/2019, © Ingrid N. Visser).Poissons en décomposition et morceaux de poisson au fond d’un des bassins des orques, au Shanghai Haichang Ocean Park, Shanghai, Chine (photo prise le 17/12/2018, © Ingrid N. Visser).Poissons en décomposition et morceaux de poisson au fond d’un des bassins des orques, au Shanghai Haichang Ocean Park, Shanghai, Chine (capture d’écran d’une vidéo prise le 17/12/2018). © Ingrid N. Visser).Poissons en décomposition et morceaux de poisson au fond d’un des bassins des orques, au Shanghai Haichang Ocean Park, Shanghai, Chine (photo prise le 18/12/2018). © Ingrid N. Visser).Photo prise autour du 6/8/2017 par hunter.d.photography au SeaWorld de San Diego, Californie, USA.

Kasatka, orque femelle née dans la nature (à droite), victime d’un agent pathogène dont le nom n’a pas été divulgué. Comme on le voit sur l’image, ce pathogène cause de vastes lésions sur l’ensemble de son corps. Soulignons le fait qu’au cours de cette épidémie, Kasatka est détenue en compagnie d’une autre orque.

Kasatka, victime du même agent pathogène, peut-être à un stade plus précoce (étant donné qu’on ignore la date de la photo ainsi que son auteur), au SeaWorld de San Diego, Californie, USA.Photo prise autour du 16/6/2017 par un lanceur d’alerte au SeaWorld de San Diego, Californie, USA.

Kasatka (également en gros plan, ci-dessous), victime d’un agent pathogène dont le nom n’a pas été divulgué. Comme on le voit sur l’image, ce pathogène cause des lésions étendues sur l’ensemble de son corps.

Photo prise autour du 16/6/2017 par un lanceur d’alerte au SeaWorld de San Diego, Californie, USA.

Kasatka, photo postée en ligne le 8/8/2017 par « seaworldtruthteam » (la date à laquelle la photo a été prise n’est pas claire). Cette publication a paru une semaine avant que Kasatka ne soit euthanasiée par SeaWorld. L’entreprise a déclaré que l’orque était victime d’un agent pathogène résistant aux médicaments et non traitable (le nom de cet agent pathogène n’a pas été divulgué).

Gros plan du côté droit de la nageoire caudale de Kasatka, présentant les « traces » des piqûres du traitement du pathogène dont le nom n’a pas été divulgué. Notez la présence de lésions ouvertes le long des axes veineux au centre de la nageoire et près de son extrémité. Photo prise autour du 16/6/2017 par un lanceur d’alerte au SeaWorld de San Diego, Californie, USA.

Une orque femelle (née en captivité) connue sous le nom de Malia, victime d’un agent pathogène dont le nom n’a pas été divulgué. Comme on le voit sur l’image, ce pathogène entraîne une large décoloration de la peau ainsi que quelques lésions ouvertes. Photo postée en ligne le 30/12/2017 par « makaiolover_lisag », SeaWorld d’Orlando, Floride, USA.

Prise une semaine plus tard, cette photo de Malia atteste que la décoloration de la peau s’étend sur la zone du menton. Un examen attentif montre que ce phénomène affecte également son côté droit. Photo postée en ligne le 7/1/2018 par « sworlandophotography », SeaWorld d’Orlando, Floride, USA.

Inouk, orque mâle adulte détenue en France. Il fait partie des animaux qui auraient été envoyés en Chine. On constate que toutes ses dents sont usées jusqu’aux gencives et qu’elles ont toutes été percées pour exposer la pulpe dentaire. Les documents internes indiquent qu’Inouk est souvent sujet aux infections (voir note 22).

Inouk, orque mâle adulte détenue en France. Il fait partie des animaux qui auraient été envoyés en Chine. On constate que toutes ses dents sont usées jusqu’aux gencives et qu’elles ont toutes été percées pour exposer la pulpe dentaire. Les documents internes indiquent qu’Inouk est souvent sujet aux infections (voir note 22).

Source : Raverty, S. A., Rhodes, L. D., Zabek, E., Eshghi, A., Cameron, C. E., Hanson, M. B. et Schroeder, J. P. (2017), “Respiratory microbiome of endangered Southern Resident killer whales and microbiota of surrounding sea surface microlayer in the East

Notes:

1.      https://web.archive.org/web/20…

2.      Mihindukulasuriya, K. A., Wu, G., St. Leger, J., Nordhausen, R. W. et Wang, D., 2008, “Identification of a novel coronavirus from a beluga whale by using a panviral microarray”, Journal of Virology, 82 : 5084 – 5088,

http://dx.doi.org/10.11…

3.      Woo, P. C. Y., Lau, S. K. P., Lam, C. S. F., Tsang, A. K. L., Hui, S. W., Fan, R. Y.Y., Martelli, P. et Yuen, K. Y. (2014), “Discovery of a novel bottlenose dolphin coronavirus reveals a distinct species of marine mammal coronavirus in Gammacoronavirus”, Journal of Virology, 88 (2) : 1318 – 1331.

4.      https://one-voice.fr/news/s…

5.      https://www.nationalgeographic…

6. Voir le rapport (publié par la Cour) de la Dre Ingrid N. Visser concernant une orque captive détenue au Seaquarium de Miami, et faisant référence à un certain nombre d’agents pathogènes résistants aux médicaments : les « super bugs » Staphylococcus aureus (MRSA) (résistant à la méthicilline S. aureus), Staphylococcus sp. (CoNS, coagulase négative), Escherichia coli sp. #2 (résistant). Cas 1 : 15-cv-22692-UU, Florida Southern District Docket, 2016. En outre, plusieurs décès récents d’orques survenus à SeaWorld sont liés à des agents pathogènes résistants aux médicaments. Cf. par exemple le cas de l’orque femelle Unna : https://slate.com/news-and-pol…

7.  https://www.thedodo.com/seawor…

8.  Cf. l’article de presse où il est écrit que SeaWorld n’a pas publié le rapport d’autopsie de l’orque figurant dans le documentaire Blackfish : https://web.archive.org/web/20…

9.  Rally, H. D., Baur, D. C., McFeeley, M. (2018), “Looking behind the Curtain: Achieving Disclosure of Medical and Scientific Information for Cetaceans in Captivity through Voluntary Compliance and Federal Enforcement”, Animal Law. Lewis & Clark Law School, 24 : 303.

10.  https://web.archive.org/web/20…

11.  https://web.archive.org/save/h…

12.  Rozanova, E. I., Alekseev, A. Y., Abramov, A. V., Rassadkin, Y. N. et Shestopalov, A. M. (2007), “Death of the killer whale Orsinus [sic] orca from bacterial pneumonia in 2003”, Russian Journal of Marine Biology, 33 (5) : 321-323.

13.  Kielty, J. (2011), Marine Mammal Inventory Report (Deficiencies), St Pete Beach, Floride, USA, The Orca Project Corp (rapport non publié, disponible sur : https://theorcaproject.wordpress.com/2011/03/18/noaa-nmfs-marine-mammal-inventory-report-deficiencies/), 25 pages.

14.  Ridgway, S. H. (1979), “Reported causes of death of captive killer whales (Orcinus orca)”, Journal of Wildlife Diseases,

15 (1) : 99-104. 15.  Buck, C., Paulino, G. P., Medina, D. J., Hsiung, G. D., Campbell, T. W. et Walsh, M. T. (1993), “Isolation of St. Louis encephalitis virus from a killer whale”, Clinical and Diagnostic Virology, 1 : 109-112.
Jett, J., Ventre, J., Vail, C. et Dodson, L. (2012), “Evidence of lethal mosquito transmitted viral disease in captive Orcinus orca”, 4e Conférence sur la santé des mammifères marins, Mote Marine Laboratory and Aquarium, Sarasota, Floride. 5.
Jett, J. et Ventre, J. M. (2012), “Orca (Orcinus orca) captivity and vulnerability to mosquito-transmitted viruses”, Journal of Marine Animals and Their Ecology, 5 (2) : 9-16.
St. Leger, J., Wu, G., Anderson, M., Dalton, L., Nilson, E. et Wang, D. (2011), “West Nile Virus infection in killer whale, Texas, USA, 2007”, Emerging Infectious Diseases, 17 (8) : 1531-1533.

16.  Marino, L., Rose, N. A., Visser, I. N., Rally, H. D., Ferdowsian, H. R. et Slootsky, V. (2019), “The harmful effects of captivity and chronic stress on the well-being of orcas (Orcinus orca)”, Journal of Veterinary Behavior : https://doi.org/10.1016/j.jveb.2019.05.005.

17.  https://web.archive.org/web/20…

18.  https://ghss.georgetown.edu/ih…

19.  Potter, S. L. (2013), Antimicrobial resistance in Orcinus orca scat: Using marine sentinels as indicators of pharmaceutical pollution in the Salish Sea, thèse de Master, p. 125, Evergreen State College.

20.  https://www.scmp.com/news/chin…

21.  Raverty, S. A., Rhodes, L. D., Zabek, E., Eshghi, A., Cameron, C. E., Hanson, M. B. et Schroeder, J. P. (2017), “Respiratory microbiome of endangered Southern Resident killer whales and microbiota of surrounding sea surface microlayer in the Eastern North Pacific”, Scientific Reports, 394 : 1-12.

22.  Visser, I. N., Jett, J. et Ventre, J. (2019), INOUK – Captive 20-year-old male orca, with chronic and extensive tooth damage, Rapport préparé pour One Voice (www.one-voice.fr), mars 2019, 25 pages.

23.  https://web.archive.org/web/20…

24.  https://www.worldanimalprotect…

25.  http://chinacetaceanalliance.o…

26.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/p…

27.  https://web.archive.org/web/20…