Les fauves du Cirque Hartini : Communiqué de presse

Les fauves du Cirque Hartini : Communiqué de presse

Les fauves du Cirque Hartini : Communiqué de presse
17.09.2026
France
Les fauves du Cirque Hartini : Communiqué de presse
Exploitation pour le spectacle

Traumatisés par des années passées enfermés dans une remorque, les fauves du cirque Hartini-Muller sont arrivés mardi 15 septembre dans un sanctuaire, en Italie, où les attendent de grands enclos que One Voice a fait construire pour eux. Ils vont devoir tout réapprendre de la vie de lions et de tigres. Ils sont enfin à l’abri des cruautés du cirque. One Voice prend en charge l’intégralité de leur avenir.

En avril dernier, à Melun, un enquêteur de One Voice avait découvert quatre fauves – deux lions, Clarence et Savane, et deux tigres, Clara et Pablo – tournant en rond dans une seule remorques exiguë et présentant des stéréotypies, ces comportements répétitifs qui trahissent un désarroi profond. Ces fauves ne participaient pas au spectacle : ils étaient simplement présentés au public dans leur cage, alors que la loi conditionne leur détention à leur participation aux numéros. One Voice avait déposé plainte auprès du tribunal judiciaire de Melun. 

Le cirque a ensuite multiplié les déplacements ; à chacun d’eux, les signalements du public ont permis de retrouver sa trace. Après pas moins de six enquêtes et quatre plaintes déposées dans quatre départements, ces animaux auraient dû en toute logique être saisis par les autorités, qui encore une fois ont laissé le cirque poursuivre son activité dans l’illégalité. 

Ils resteront ensemble et ne seront plus jamais enfermés et exploités

Mais suite à nos investigations et à nos plaintes, sous la pression de notre mobilisation continue, le cirque Hartini a cédé ses animaux à Action Protection Animale qui a contacté le sanctuaire Animatura en Italie. 

Ces fauves dont 2 tigres gravement traumatisés, vont enfin avoir une vie digne, loin de leurs cages exiguës dont ils ne sortaient quasiment jamais. Après des années de confinement cruel, les fauves vont progressivement découvrir les enclos construits pour eux. Soins vétérinaires (ils seront lourds au regard de leur état), nourriture, entretien, surveillance : notre association assume désormais l’intégralité de leur prise en charge à vie. Ils ne seront plus jamais exploités.

Un cirque indemnisé pour des animaux qu’il détenait illégalement

Cette victoire laisse cependant un goût amer : le cirque devrait percevoir 20 000 € de dédommagement de l’Etat pour avoir accepté cette cession « volontaire ». Une subvention payée par le contribuable, avec nos impôts ! 

En février, One Voice avait saisi l’Agence de service et de paiement ainsi que trois ministères pour demander l’exclusion des établissements condamnés ou ne respectant pas la loi de tout dispositif d’aide publique – un plan de plus de 35 millions d’euros prévu par le décret n° 2025-396 du 30 avril 2025. Les fauves du cirque Hartini-Muller étaient pourtant détenus illégalement, puisqu’ils ne participaient à aucun spectacle. 

« Ces fauves sortent d’une remorque où ils ont passé des années à mourir d’ennui à petit feu. Nous allons prendre soin d’eux. Mais qu’un cirque touche 20 000 € pour se séparer d’animaux qu’il n’aurait jamais dû détenir en dit long : j’aimerais rappeler la gravité de ce qui se passe dans notre pays. Les autorités ferment les yeux sur les illégalités à répétition, et financent avec l’argent public ce cirques hors-la- loi. Pendant ce temps, les associations doivent assumer seules le coût et l’organisation du sauvetage de ces animaux en grande souffrance, après parfois des mois de combats dans les tribunaux. L’argent ne doit plus récompenser la maltraitance », déclare Muriel Arnal, présidente de One Voice. 

One Voice remercie toutes celles et ceux qui ont envoyé des signalements et refusé de détourner le regard : cette victoire est aussi la leur. Ces quatre fauves sont sauvés, mais plus de 600 animaux sauvages restent détenus sous les chapiteaux français, exhibés en spectacle par des établissements qui sont loin d’envisager une mise en conformité avec la loi du 30 novembre 2021 et l’interdiction de leur détention à partir de décembre 2028. One Voice poursuit donc son combat pour que tous ces animaux finissent à leur tour par rejoindre des refuges ou sanctuaires.

Chasse aux tourterelles des bois : Communiqué de presse

Chasse aux tourterelles des bois : Communiqué de presse

Chasse aux tourterelles des bois : Communiqué de presse
11.09.2026
France
Chasse aux tourterelles des bois : Communiqué de presse
Animaux sauvages

Le juge des référés du Conseil d’État a rejeté ce vendredi 11 septembre la demande de suspension  déposée par One Voice contre l’arrêté du 26 août 2026, qui autorise la mise à mort de 12 000  tourterelles des bois. La voie est libre pour les chasseurs qui en ont déjà abattu près de 8000 en 12  jours… Notre recours pour excès de pouvoir, lui, reste d’actualité : c’est l’annulation de cet arrêté  que nous demandons, comme nous l’avions obtenue en 2021. Le Conseil d’Etat statuera alors sur sa  légalité.

Près de 8 000 tourterelles tuées avant même l’audience 

Le fond reste entier. L’arrêté, publié le 29 août et applicable dès le 30, porte le quota de 10 560 à 12 000  oiseaux et avait avancé de cinq jours l’ouverture : cinq jours de tirs de plus, au pic de la migration. 

En douze jours d’ouverture, 1 113 chasseurs ont tué 7 995 tourterelles des bois. Ils se sont jetés sur leurs  fusils pour en abattre le plus possible avant que le juge ne statue, ne laissant aucune raison de sauver  celles qui n’ont pas encore été tuées. Ces oiseaux avaient mené leurs couvées dans des habitats brûlés  par les incendies et la sècheresse de l’été, et entamaient leur migration vers l’Afrique, au moment où ils  sont les plus nombreux et les plus faciles à tuer. 

À l’audience, le déclin français n’a pas été contesté 

Personne n’a soutenu qu’il y avait davantage de tourterelles des bois en France. La défense de cette  chasse a consisté à déplacer la focale à l’échelle européenne, comme si la disparition de l’espèce dans  notre pays était un détail. Les données n’ont pas bougé : l’UICN classe l’espèce « vulnérable », le  programme européen PECBMS relève une chute de 88 % des effectifs entre 1980 et 2024, le Muséum  national d’Histoire naturelle une baisse de 54,7 % en France entre 2001 et 2025, et le comité d’experts  sur la gestion adaptative ne recommande pas cette chasse. Le 30 décembre 2021, le Conseil d’État  annulait un arrêté semblable (n° 443460) : un quota ne suffit pas. C’est sur ce terrain que nous  poursuivons. 

« Douze jours ont suffi pour en tuer près de huit mille. Voilà ce que vaut un quota : l’Etat n’a jamais  défendu ces oiseaux, il a organisé leur mise à mort, et les chasseurs ont couru pour les exécuter avant  la décision du juge. Qu’est-ce qui justifie ce massacre ? Rien si ce n’est un abjecte loisir. » Muriel Arnal,  présidente et fondatrice de One Voice. 

One Voice remercie les scientifiques qui ont éclairé cette procédure de leur avis, et le cabinet Gossement Avocats, qui a remué ciel et terre pour ces oiseaux. Les tourterelles des bois ne sont tuées ni pour  empêcher une surpopulation, ni pour préserver des cultures mais pour l’activité aussi écœurante que  scandaleuse d’un millier d’individus. Nous continuerons notre combat pour l’interdiction de cette chasse. 

« Cou de l’oie » : Communiqué de presse

« Cou de l’oie » : Communiqué de presse

« Cou de l’oie » : Communiqué de presse
10.09.2026
Saint-Bonnet-près-Riom
« Cou de l’oie » : Communiqué de presse
Exploitation pour le spectacle

Le « jeu du cou de l’oie » serait de nouveau au programme de la fête patronale de Saint-Bonnet-près-Riom (Puy-de-Dôme), du 19 au 21 septembre. One Voice va écrire à la la préfète. À Arfeuilles, dans l’Allier, la même animation se tiendra désormais avec une oie factice : la preuve qu’une fête peut se passer de cadavres.

Lors de ces fêtes, le corps d’un animal tué pour l’occasion (oie, lapin, faisan) est suspendu par les pattes à plusieurs mètres du sol. Les participants, hissés sur un cheval, doivent lui arracher la tête à mains nues ou la trancher, sous les applaudissements. En 2023, l’enquête de One Voice sur place avait révélé des images d’une grande violence, où de jeunes gens étaient félicités pour ces gestes.

Deux fois l’État a rappelé le droit, deux fois en vain

L’édition 2024 avait été annulée après un rappel préfectoral : tuer un animal sans nécessité est un délit, l’abattage hors d’un abattoir est interdit, et les corps d’animaux ne peuvent servir de support à un divertissement. En 2025, la préfecture a demandé au maire d’agir. Le « jeu » s’est tenu malgré tout, le 21 septembre, avec l’appui des chasseurs, qui ont fourni les faisans et les lapins qu’ils avaient tués. La préfecture a transmis des éléments au parquet de Clermont-Ferrand. Arfeuilles a prouvé qu’une tradition survit sans cadavre

Dans l’Allier, le maire et l’ensemble des conseillers municipaux l’ont écrit noir sur blanc : « la manifestation du cou de l’oie est autorisée sous réserve que l’oie soit factice ». La municipalité y voit la garantie de « la pérennité » de sa fête. Le rassemblement, la fête, la transmission demeurent ; seule la violence s’en va. À Saint-Bonnet-près-Riom, l’enquête ethnologique annoncée par la municipalité après 2024 n’a, elle, jamais donné signe de vie.

« À Arfeuilles, il a suffi de quelques lignes du conseil municipal : une oie factice, et la fête continue. Faire arracher la tête d’un animal par des adolescents qu’on applaudit, ce n’est pas une tradition, c’est leur apprendre la violence et l’insensibilité», déclare Muriel Arnal, présidente de One Voice.

One Voice appelle à interpeller respectueusement la mairie de Saint-Bonnet-près-Riom et la préfecture du Puy-de-Dôme pour demander l’annulation du jeu, et à signer la pétition « Stop au jeu du cou de l’oie » : https://one-voice.fr/petition/stop-au-jeu-du-cou-de-loie/

L’été de la tourmente pour les ours des Pyrénées, harcelés par les tirs d’effarouchement

L’été de la tourmente pour les ours des Pyrénées, harcelés par les tirs d’effarouchement

L’été de la tourmente pour les ours des Pyrénées, harcelés par les tirs d’effarouchement
10.09.2026
France
L’été de la tourmente pour les ours des Pyrénées, harcelés par les tirs d’effarouchement
Animaux sauvages

Pendant que les Pyrénées s’animent, les ours subissent. Depuis le 15 juin 2026, une pluie d’arrêtés préfectoraux a autorisé des tirs d’effarouchement — ces détonations à double explosion qui peuvent terroriser les ours, séparer les mères de leurs petits et causer des dommages auditifs irréversibles. One Voice tente de les protéger devant les tribunaux.

L’été, les Pyrénées se transforment en pâturages géants pour des troupeaux comptant des milliers de brebis et les vallées bourdonnent d’activités humaines. Pour les ours bruns, cette saison est la plus dure : celle où les arrêtés préfectoraux s’accumulent, où les tirs d’effarouchement claquent dans la montagne et où chaque détonation peut briser une famille.

Deux détonations, un monde de stress

Les tirs d’effarouchement sont souvent présentés comme une mesure anodine, presque bienveillante : des tirs à blanc, envoyés en l’air, pour éloigner l’ours sans le blesser. Mais la réalité est bien plus brutale. Chaque munition génère deux explosions successives : une première à distance, une seconde quelques instants plus tard. Double détonation, double choc. Pour les ourses accompagnées de leurs petits, l’effet peut être dévastateur : fuite désordonnée, séparation accidentelle entre une mère et ses oursons… Ce que l’on présente comme une solution de cohabitation peut, concrètement, détruire une famille.

Depuis le 15 juin dernier, 27 arrêtés préfectoraux ont été pris. Une moyenne de plus d’un par semaine, la plupart publiés le vendredi soir et les veilles de jours fériés ! La préfecture de l’Ariège, particulièrement zélée, a clairement affiché ses priorités. One Voice tente d’attaquer ces arrêtés en justice et se rend aux audiences pour demander leur suspension. Car derrière ces arrêtés, il y a des ours en danger et des éleveurs qui veulent confisquer la nature pour leurs animaux, bientôt envoyés à l’abattoir. Mais, alors que la justice nous avait donné raison le 4 août pour l’estive d’Arreau, le ministère de la Transition écologique a fait appel de cette décision au Conseil d’État et obtenu gain de cause. Cette décision, aussi décevante soit-elle pour les ours des Pyrénées, ne tranche cependant pas la question de la légalité de ces arrêtés pris en cascade. Par ailleurs, nous avons constaté que nos recours en justice obligent les préfets à exiger la mise en place de mesures de protection des troupeaux et à en augmenter les contrôles. 

Pour Trepador et Claverina

Ces ours ont des noms. Trepador, fils de Claverina, est né en 2025 à Aragon. Comme tous les oursons, il a passé ses premiers mois collé à sa mère, apprenant à grimper, à chercher sa nourriture, à exister dans la montagne. Comment imaginer cette famille soumise à des détonations répétées ? Quand pourront-ils vivre en paix, sans être constamment harcelés ? 

Trepador et Claverina ne sont pas seuls. En 2025, selon le Réseau Ours Brun (ROB), la population totale est estimée entre 109 et 143 individus, avec une valeur moyenne de 130. Une progression qui ne doit pas masquer la fragilité de l’espèce : les ours bruns sont classés « en danger d’extinction » sur la liste rouge nationale des espèces menacées de l’UICN, et le niveau de consanguinité reste préoccupant. On ne parle pas d’une espèce florissante, mais d’une population qui survit. 

Les chiffres que certains préfèrent ignorer

Toujours selon le Réseau Ours Brun dont l’OFB fait partie, 289 attaques sur cheptel domestique ont été recensées en 2025 pour lesquelles la responsabilité de l’ours ne peut être écartée (mais pas confirmée). C’est moins qu’en 2024 (310 attaques) et qu’en 2023 (349 attaques), alors même que le nombre d’ours a augmenté, passant de 83 à 108 individus sur la même période. Trois ans de baisse consécutive. Peut-on légitimement supposer que les mesures de protection fonctionnent ? 

D’autant que les ours ne sont pas nécessairement responsables de toutes les attaques observées. La présence de chiens errants dans les Pyrénées constitue un enjeu réel et sous-estimé. Et quoi qu’il en soit, moins d’1 % du cheptel ovin, caprin et bovin français est victime des ours, qui restent, rappelons-le, la seule cause de mortalité systématiquement indemnisée dans les Pyrénées. Les accuser rapporte de l’argent aux éleveurs.

Ces chiffres, certains préfèrent les ignorer. La FDSEA des Pyrénées-Atlantiques l’a redit sans détour le 23 avril dernier : « Nous sommes et avons toujours été pour l’éradication ou le retrait de l’ours dans les zones où il y a de l’élevage ». Le ton est donné, et le camp clairement choisi : celui de ceux qui ont toujours considéré qu’une cohabitation entre les ours et les activités humaines est impossible, et qui entendent bien en rester là.

Une dérogation qui devient la règle

Le lobby agricole extrémiste a obtenu davantage. Une modification de l’arrêté-cadre est parue le 13 juillet, élargissant considérablement le champ des « effarouchements renforcés »   : éleveurs, bergers, membres de groupements pastoraux, gestionnaires d’estives et lieutenants de louveterie pourront désormais procéder à ces tirs dévastateurs. Ce qui était censé rester une dérogation exceptionnelle devient un outil ordinaire, banalisé, multiplié. 

Le plus édifiant ? Lors de la consultation publique organisée avant cette modification, plus de 80 % des avis exprimés étaient défavorables ! 80 %. Or ce résultat n’a rien d’étonnant. Un sondage One Voice effectué fin 2024 le confirmait : neuf Français sur dix sont favorables à la présence des ours. 83 % estiment qu’ils jouent un rôle clé dans les écosystèmes. 87 % considèrent qu’ils ont largement leur place dans la nature en France. Les Français ne sont pas contre les ours : ils sont pour eux. Ce sont les préfectures qui choisissent délibérément de ne pas les entendre. 

La seule voie viable est celle de la cohabitation réelle entre activités humaines et faune sauvage, grâce à des moyens de protection efficaces, une meilleure sensibilisation du public, un accompagnement sérieux des éleveurs… Les ours ont leur place dans les Pyrénées. Pas comme cibles de dérogations administratives en série, mais comme habitants à part entière d’une montagne qui leur appartient autant qu’à nous.

27 arrêtés en deux mois et demi, une modification réglementaire imposée contre l’avis de 80 % des citoyens : l’été 2026 a été brutal pour les ours des Pyrénées. One Voice ne les abandonne pas. Pour Trepador, Claverina et tous ceux dont on ne connaît pas encore le nom : signez la pétition et rejoignez le combat.

Tourterelles des bois : Communiqué de presse

Tourterelles des bois : Communiqué de presse

Tourterelles des bois : Communiqué de presse
08.09.2026
France
Tourterelles des bois : Communiqué de presse
Animaux sauvages

Le Conseil d’État examine ce vendredi 11 septembre à 11 h le référé-suspension déposé par One Voice contre l’arrêté du 26 août 2026, qui autorise la mise à mort de 12 000 tourterelles des bois pour la saison 2026-2027, soit 1 440 de plus que la saison précédente. Le ministère chargé de l’Écologie a de surcroît avancé l’ouverture au 30 août, au sortir d’un été d’incendies et de sécheresses. Représentée par Gossement Avocats, notre association demande la suspension immédiate de cette chasse.

L’arrêté, publié le 29 août, porte le quota à 12 000 oiseaux contre 10 560 la saison précédente, avec une ouverture de la chasse depuis le 30 août Le Conseil d’État a été saisi d’un référé-suspension et d’un recours pour excès de pouvoir par notre association.

Des nids brûlés et des oiseaux en phase de migrer

Les tourterelles des bois mènent deux à trois couvées de mai à août, et leurs petits ne s’envolent pas avant trois semaines. Les régions frappées par les incendies de cet été coïncident avec les aires de présence de ces oiseaux : ce sont leurs habitats de reproduction qui ont brûlé. Deux études publiées en 2025 le confirment : la disponibilité en eau est le facteur qui influe le plus sur la densité d’occurrence de l’espèce, et un seul grand incendie, survenu en 2023 dans la région d’Evros en Grèce, a affecté près du quart des habitats favorables identifiés dans la zone étudiée. Espèce migratrice, la tourterelle des bois est essentiellement tuée dans les premières semaines de septembre : avancer l’ouverture de cinq jours ajoute cinq jours de tirs au moment où les oiseaux sont les plus nombreux, et où ils entament leur voyage vers l’Afrique.

Un risque pour la survie de l’espèce

Le comité d’experts sur la gestion adaptative ne recommande pas la chasse de cette espèce : dans son avis du 17 juillet 2026, il retient une évolution de la population française seulement de +3 % depuis 2021. Le reste des données va dans un seul sens. L’UICN classe l’espèce « vulnérable ». Le programme européen PECBMS relève une chute de 88 % des effectifs entre 1980 et 2024, et encore 11 % sur la seule période 2015-2024. En France, les tendances calculées par le Muséum national d’Histoire naturelle donnent une population en baisse de 54,7 % entre 2001 et 2025.

Le Conseil d’État a déjà jugé qu’un quota ne suffisait pas

Le 30 décembre 2021, saisie par One Voice et la LPO, la haute juridiction annulait l’arrêté pour excès de pouvoir (décision n° 443460) : la chasse portait atteinte à l’état de conservation de l’espèce, malgré la présence d’un quota. Cinq ans plus tard, les chiffres sont plus mauvais encore, et le quota plus élevé.

« Le ministère recommence, et il choisit pour cela la fin d’un été de feu, quand les nids viennent de brûler et que les tourterelles des bois prennent la route. Il n’y a rien à réguler, aucun dommage à prévenir : il y a juste un loisir morbide, et un ministère qui une fois encore sert des oiseaux fragiles aux chasseurs sur un plateau. » Muriel Arnal, présidente et fondatrice de One Voice.

Ces tourterelles si jolies ne sont pas tuées pour empêcher une surpopulation, ni pour préserver des cultures. Elles sont cruellement décimées pour un loisir. Vendredi, One Voice sera au Conseil d’État.

Cirque Franco-Belge : Communiqué de presse

Cirque Franco-Belge : Communiqué de presse

Cirque Franco-Belge : Communiqué de presse
03.09.2026
Corbas
Cirque Franco-Belge : Communiqué de presse
Exploitation pour le spectacle

Le cirque Franco-Belge s’est installé le 31 août sur un terrain privé de Corbas (Rhône) sans aucune autorisation communale. Les services de l’État sont saisis pour contrôler les conditions de détention des animaux. Ce cirque détient illégalement plusieurs fauves et d’autres animaux dans des conditions plus que préoccupantes. One Voice salue cette fermeté et demande la saisie des animaux, dont deux lionceaux de quatre mois nés en violation de l’interdiction de reproduction.

Dans un communiqué du 2 septembre, le maire de Corbas indique avoir réclamé à l’exploitant les pièces réglementaires, en cours d’instruction, et précise qu’à ce jour « la commune n’a autorisé ni l’installation ni l’exploitation de ce cirque ». Le 1er septembre, jour de rentrée, des salariés du cirque distribuaient des tracts devant les écoles : la municipalité leur a demandé de cesser. Elle annonce des passages de la police municipale et la saisine des services de l’État. Le 28 juin, ce même cirque s’installait sans autorisation sur un parking commercial de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), où le maire avait pris un arrêté d’interdiction d’ouverture au public. 

Le cirque Franco-Belge appartient à la famille Muller, dont One Voice documente les agissements depuis des années : en mai encore, ses enquêteurs constataient dans trois cirques de cette famille des fauves enfermés dans des remorques métalliques surchauffées, présentant des stéréotypies, sortis uniquement dans de petites cages posées sur le bitume, parfois sans accès visible à l’eau. Il y a seulement quelques jours, une militante a été agressée par un membre d’un de ces cirques actuellement basé à Anglet, qui détient par ailleurs l’hippopotame Jumbo, en grande souffrance.  En 2020, deux membres de la famille ont été condamnés pour exploitation irrégulière d’un établissement détenant des animaux non domestiques et pour maintien d’animaux dans des conditions sources de souffrance. Depuis, aucun animal n’a été saisi et les tournées se poursuivent de commune en commune, ce qui complique les contrôles. La plainte de One Voice contre ce cirque est toujours en cours. Et pendant ce temps, ce cirque continue impunément à s’asseoir sur les réglementations en vigueur.

Des lionceaux qui n’auraient jamais dû naître

Le cirque détient deux lionceaux de quatre mois. Or la reproduction des animaux d’espèces non domestiques dans les établissements itinérants est interdite depuis 2023 : ces naissances sont illégales. 

Des lions sont aussi visibles dans les cages mais ne sont même pas présentés au public — seuls les tigres sont exhibés. Là encore, la législation est piétinée, car la détention d’animaux sauvages est illégale s’ils ne font pas de spectacle. 

À trois ans de l’échéance de la loi qui interdira toute détention d’animaux sauvages dans ces établissements au 1er décembre 2028, des fauves continuent de naître et de vivre dans des remorques. Enfermés là, ils n’ont aucune distance de fuite, subissent la route, le bruit, les démontages, et vivent dans une peur constante.

« Un cirque s’installe sans autorisation sur un terrain qui n’est pas le sien, y détient des lionceaux qui n’auraient jamais dû naître et des lions qui ne servent même pas au spectacle : à Corbas, tout est illégal, et pourtant les animaux sont toujours là. Le maire a fait son travail. Il reste à l’État de faire le sien : ces fauves doivent être saisis et conduits en refuge. » Muriel Arnal, présidente de One Voice.

One Voice appelle la préfecture du Rhône et les services de l’État à contrôler sans délai les conditions de détention, puis à saisir ces animaux et à les placer en refuge, seule issue acceptable. L’association invite le public à ne pas cautionner ces spectacles et à signer sa pétition.

Braconnage dans l’Aisne: Communiqué de presse

Braconnage dans l’Aisne: Communiqué de presse

Braconnage dans l’Aisne: Communiqué de presse
03.09.2026
Aisne
Braconnage dans l’Aisne: Communiqué de presse
Animaux sauvages

Des gluaux par centaines, des filets tendus entre des piquets, des oiseaux morts jetés dans une poubelle de tri : à Bohain-en-Vermandois (Aisne), l’Office français de la biodiversité a constaté le flagrant délit le 30 septembre 2025 et découvert une vingtaine d’oiseaux protégés détenus illégalement : chardonnerets élégants, pinsons des arbres, mésanges bleues, rouges-gorges, bouvreuils pivoines. Trois personnes seront jugées ce mardi 8 septembre devant le tribunal judiciaire de Saint-Quentin, à 13H30. One Voice est partie civile.

Trois perquisitions, les 30 septembre et 20 octobre 2025 sur trois sites distincts, ont livré le matériel : trois filets japonais, 134 gluaux, neuf cages, des oiseaux vivants enfermés pour servir d’appelants et une carabine. Trois oiseaux ont été retrouvés morts – un pinson des arbres, un chardonneret élégant, un bouvreuil pivoine, dont deux jetés dans une poubelle de tri, trois autres blessés ; les 17 survivants ont été relâchés dans leur milieu naturel. Les poursuites portent sur la destruction, la capture, le transport, la mise en vente et la détention illégales de spécimens d’espèces protégées. Les prévenus – un père, son fils et la mère de famille, encourent trois ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende.

Les gluaux n’ont plus aucune existence légale en France

Le gluau est une tige encollée dont l’oiseau ressort le plumage abîmé, quoi qu’on fasse ensuite ; le filet japonais, tendu entre deux piquets, prend sans aucun tri tout oiseau qui vole bas. Le Conseil d’État l’a jugé le 28 juin 2021, sur les recours de One Voice et de la LPO, en annulant les derniers arrêtés du ministère de l’Ecologie qui autorisaient encore la pratique du gluau, avant d’enjoindre en mai 2023 l’abrogation de l’arrêté-cadre de 1989. Cent trente-quatre gluaux étaient pourtant stockés dans l’Aisne, un département où cette chasse n’a jamais été autorisée. Ce qui les alimente est un marché : le chardonneret élégant, première cible, est négocié entre 30 et 200 euros et fournit des collections privées et des concours de chant organisés pour l’essentiel en Belgique.

« Des tiges encollées et des filets pour attraper des chardonnerets, des oiseaux morts jetés à la poubelle : voilà ce que devient l’amour des oiseaux quand il s’agit de les posséder. Nous avons obtenu l’interdiction de la glu devant le Conseil d’État. Le 8 septembre, à Saint-Quentin, nous serons du côté de ces oiseaux. » Muriel Arnal, présidente de One Voice.

Audience d’Olivier Bouygues : Communiqué de presse

Audience d’Olivier Bouygues : Communiqué de presse

Audience d’Olivier Bouygues : Communiqué de presse
02.09.2026
Sologne
Audience d’Olivier Bouygues : Communiqué de presse
Animaux sauvages

Les 7 et 8 septembre 2026, le tribunal correctionnel d’Orléans examine ce que l’Office français de la biodiversité et les gendarmes ont trouvé au domaine de Fontenaille, à La Ferté-Saint-Aubin, en Sologne : un charnier d’oiseaux protégés recouvert de chaux, des pièges interdits, une liste d’animaux à abattre et une prime pour chaque cadavre. Pendant des années, derrière les clôtures, des hérons, des buses, des aigrettes et des faucons ont été tués pour un macabre loisir. One Voice est partie civile et demande une condamnation exemplaire.

Le 4 juin 2025, sur signalement, les agents de l’OFB et les gendarmes perquisitionnent ce domaine, propriété d’Olivier Bouygues, d’environ 750 hectares. Ce qu’ils trouvent ne relève d’aucune autorisation : des rémiges de hérons, des plumes de buses variables, le bec d’un héron cendré, le crâne et le croupion d’un grand cormoran. Des dépouilles jetées dans un charnier avec les déchets de chasse, puis coulés à la chaux pour les faire disparaître plus vite. L’enquête a également identifié des faucons crécerelles, des grandes aigrettes et des busards. Autour du charnier, tout l’attirail : de nombreux pièges, dont des pièges à mâchoires interdits – ces engins qui broient une patte et laissent l’animal agoniser des heures, une pelleteuse, des documents recensant les animaux à abattre, d’autres établissant qu’une prime était versée selon le nombre de mises à mort. Ces mises à mort étaient plus fréquentes au printemps, quand ces oiseaux ont des petits au nid.

Une liste d’animaux à abattre, et une prime pour chaque cadavre

Un livret de chasse de 2023, saisi au domicile du régisseur du domaine, énumère les animaux à éliminer : les chats, les hérissons, laes buses, les hérons, les  cormorans. Aucun ne pouvait être tué légalement. Cette liste ne dit rien d’une nuisance, elle dit tout d’une gêne : ces animaux mangeaient du poisson, occupaient un territoire, passaient là où l’on élevait d’autres animaux destinés à servir de cibles. Alors on les a payés à la tête. L’enquête ne décrit pas le dérapage de quelques gardes-chasse, mais une entreprise de destruction tenue à jour dans des carnets, financée, poursuivie année après année sans que rien ne vienne l’inquiéter. C’est bien ainsi qu’elle est qualifiée : atteinte à la conservation d’espèces protégées, en bande organisée.

Les enclos de chasse, zones de non-droit pour chasseurs fortunés

Les enquêteurs ont aussi relevé environ 500 sangliers et 120 cervidés sur quelque 160 hectares clôturés. À cette densité, un enclos de chasse n’en est plus un : c’est un élevage, et il n’était pas déclaré comme tel. Des animaux enfermés, nourris, comptés, puis attendus au fusil. Nous avons documenté ces enclos, en Sologne notamment, lors de nos enquêtes en infiltration de 2020 et 2021 : derrière les grillages, à l’abri des regards, une poignée d’hommes assez fortunés pour s’offrir des terres y tuent sans limite ni saison. Il ne s’agit même plus de se croire au-dessus des lois : on vit depuis si longtemps sans qu’elles s’appliquent qu’on a cessé d’imaginer qu’elles existent.

« Des chasseurs qui se croient au-dessus des lois, qui considèrent que la nature leur appartient et que les animaux sont des jouets à leur disposition : voilà ce que nous dénonçons depuis des années. Nos enquêtes en infiltration de 2020 et 2021 l’avaient déjà montré. En Sologne particulièrement, les enclos de chasse sont de véritables zones de non-droit, où des chasseurs fortunés massacrent des animaux sans aucune limite. Ce dossier en est la criante illustration. », déclare Muriel Arnal, présidente de One Voice.

One Voice sera présente à l’audience, représentée par Géo-Avocats, et demande une condamnation exemplaire de toutes les personnes qui ont participé à ces faits, y compris de celui qui rémunérait les hommes qui les ont commis. En coalition avec le Conservatoire d’espaces naturels et Loire Nature Environnement, nous demandons réparation du préjudice écologique. Aucune somme d’argent ne rendra la vie à ces animaux : nous demandons donc que cette réparation serve à acquérir, avec les associations locales, des terrains durablement soustraits à la chasse. Transformer l’argent en hectares où plus personne ne peut tirer.

Six personnes sont poursuivies ; elles encourent jusqu’à sept ans d’emprisonnement et 750 000 euros d’amende.

Notre association est opposée à la chasse. Elle l’est plus encore à ces domaines clos où l’on élève des animaux pour qu’ils soient tués pour un loisir abject, et où l’on élimine au piège et à la prime les autres qui ont eu le malheur de passer par là. 

Alouettes des champs : communiqué de presse

Alouettes des champs : communiqué de presse

Alouettes des champs : communiqué de presse
02.09.2026
France
Alouettes des champs : communiqué de presse
Animaux sauvages

Vendredi 4 septembre à 14 heures, le Conseil d’État examine au fond notre recours contre les deux arrêtés du 28 août 2025 qui rouvraient le piégeage des alouettes des champs aux pantes — des filets refermés à la volée sur des oiseaux attirés par les appels de congénères captifs, attachés par la patte — en Gironde, dans les Landes, le Lot-et-Garonne et les Pyrénées-Atlantiques. Ces textes autorisaient d’en tuer 98 702 en une seule saison. Nous avions obtenu la suspension du quota ; nous demandons aujourd’hui l’annulation d’une pratique que la haute juridiction a déjà jugée illégale.

Le premier arrêté ouvrait le piégeage du 1er octobre au 20 novembre. Le second fixait le nombre d’alouettes des champs pouvant être piégées pendant la saison 2025-2026 : 56 672 dans les Landes, 38 600 en Gironde, 2 200 dans les Pyrénées-Atlantiques et 1 230 dans le Lot-et-Garonne, sans compter la chasse au fusil. Saisi en urgence, le Conseil d’État a suspendu ce second arrêté. L’audience de vendredi porte cette fois sur le fond : c’est la légalité même de ces textes qui est en jeu.

Des oiseaux attachés par la patte pour attirer les leurs, puis tués à la main

Les chasseurs piégeurs tendent au sol des filets horizontaux, puis attachent par la patte des oiseaux vivants dont les appels font descendre leurs congénères. Quand ceux-ci sont posés, les pièges sont déclenchés et se rabattent violemment par le bas. Les alouettes prises dessous sont écrasées, immobilisées, ramassées, puis tuées à la main. Cette chasse est violente, barbare et cruelle : elle repose sur des oiseaux réduits à l’état d’appâts vivants, elle tue sans distinguer, et elle ne poursuit aucun autre objectif que le loisir de quelques-uns.

La tradition n’a jamais été un motif d’exception au droit

C’est l’argument que l’État avance depuis des années, et il a été tranché. En 2021, nous avons obtenu de la Cour de justice de l’Union européenne une décision qui juge que la tradition ne suffit pas à autoriser des modes de capture par ailleurs interdits, et qui rappelle l’obligation de sélectivité. Depuis, le Conseil d’État a annulé les quotas année après année, puis les arrêtés cadres eux-mêmes : en 2021 pour la chasse à la glu, en 2023 pour les tendelles de l’Aveyron et de la Lozère, en 2024 pour les pantes, matoles et filets de Gironde, du Lot-et-Garonne, des Pyrénées-Atlantiques, des Landes et des Ardennes.

En 2025, le gouvernement a pourtant rouvert le piégeage aux pantes par un texte en tout point identique à l’arrêté du 4 octobre 2022, que le Conseil d’État avait annulé le 6 mai 2024. Cet acharnement à servir à tout prix le lobby des chasseurs est le cœur de notre recours.

Des filets qui ne trient rien, sur des populations qui s’effondrent

Un filet qui se rabat prend tous les oiseaux présents, y compris ceux d’espèces protégées, qu’il blesse et qu’il tue. Aucune sélectivité n’est possible : c’est ce défaut que le droit européen sanctionne. S’y ajoute l’état des populations. L’UICN relève un déclin « lent mais régulier » de l’alouette des champs en France, soit 20 % des effectifs perdus en moins de quinze ans ; les programmes ACT et FLASH de l’OFB font état d’une baisse de 36 % des populations nicheuses entre 1996 et 2019 et de 49 % des populations hivernantes entre 2000 et 2019. Ces oiseaux sont par ailleurs chassés au fusil : près de 180 000 pour la seule saison 2013-2014 selon la dernière enquête nationale de l’OFB sur les tableaux de chasse. Les pantes s’ajoutent à ce total.

« Année après année, l’État réécrit le même arrêté. Ce n’est pas une tradition qu’il défend sans souci pour la préservation du vivant, c’est un piégeage barbare, au profit des chasseurs qui tiennent les politiques à leur botte. Quand le ministère de l’Ecologie va-t-il enfin s’armer de courage pour dire non au lobby des fusils et protéger notre biodiversité déjà tellement mise à mal ? », déclare Muriel Arnal, présidente de One Voice.

Devant le Conseil d’État, notre association est représentée par le cabinet Gossement Avocats. L’audience est publique et se tient au Palais-Royal, à Paris ; la décision sera rendue dans les semaines qui suivent.

Conseil d’Etat pour les tourterelles des bois : Communiqué de Presse

Conseil d’Etat pour les tourterelles des bois : Communiqué de Presse

Conseil d’Etat pour les tourterelles des bois : Communiqué de Presse
31.08.2026
France
Conseil d’Etat pour les tourterelles des bois : Communiqué de Presse
Animaux sauvages

L’arrêté encadrant la chasse de la tourterelle des bois en France métropolitaine pour la saison cynégétique 2026-2027 vient d’être publié. Il porte à 12 000 le nombre d’oiseaux qui peuvent être tués, en hausse par rapport à la saison précédente. One Voice a déposé devant le Conseil d’État un référé demandant la suspension immédiate de cette chasse, désormais ouverte depuis ce dimanche 30 août.

Chaque jour d’ouverture se compte en oiseaux tués… La chasse à la tourterelle des bois est ouverte depuis ce dimanche 30 août, et jusqu’à 12 000 d’entre elles pourraient succomber aux tirs des chasseurs sur cette nouvelle saison. Un chiffre en hausse de près de 14% par rapport à la précédente saison. 

Discrètes et fragiles, les tourterelles des bois migrent sur des milliers de kilomètres pour venir se reproduire en France, avant de repartir vers l’Afrique. Leurs populations ont connu un effondrement dramatique en Europe. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) les classe « vulnérables » et compte, parmi les menaces qui pèsent sur elles, la poursuite de la chasse pendant la migration – celle qui vient de s’ouvrir. Ces tourterelles subissent déjà la disparition de leurs habitats, les sécheresses, les canicules, les incendies, l’urbanisation. Le ministère chargé de l’Écologie y ajoute les fusils.

Un arrêté déjà annulé pour les mêmes raisons

En septembre 2020, nos référés, avec ceux de la LPO, avaient convaincu le Conseil d’État d’arrêter le massacre autorisé, mais des milliers de tourterelles avaient déjà péri avant que la suspension ne tombe. Le 30 décembre 2021, la haute juridiction annulait définitivement l’arrêté pour excès de pouvoir, jugeant qu’en autorisant cette chasse l’Etat méconnaissait les objectifs de la directive Oiseaux du 30 novembre 2009 ainsi que les dispositions du Code de l’environnement. Pendant plusieurs années, les fusils se sont tus. Puis, en 2025, le ministère est revenu avec l’autorisation d’abattre 10 560 tourterelles. Cette année, 12 000.

Ce qu’un quota ne dit pas

Un plafond de tirs ne dit rien de ce que vivent ces oiseaux. Tous les tirs ne tuent pas net : des tourterelles tombent blessées et agonisent, hors de tout comptage, les survivantes endurent le deuil de leur partenaire pour ces oiseaux qui forment des couples durables Les autres passent la saison dans la peur, pourchassées au moment même où elles entament leur migration.

En 2021, au lendemain de l’annulation, nous avions annoncé que si le gouvernement tentait une fois encore de déposer un arrêté de chasse des tourterelles des bois, nous l’attaquerions à nouveau. C’est ce que nous faisons aujourd’hui.

Ces oiseaux ne sont pas chassés pour empêcher une surpopulation. Ils ne le sont pas pour protéger des cultures. Ils ne le sont pas pour préserver un quelconque équilibre. Ils le sont pour un loisir. On appellera cela « gestion adaptative », on parlera de quotas, de modèles et de prélèvements « soutenables » : aucun vocabulaire technocratique ne change ce qui se passe. Un quota ne protège pas une espèce en danger, il organise sa mise à mort. C’est son interdiction que nous demandons.

« Ces oiseaux ont traversé un désert pour venir nicher chez nous. Le Conseil d’État avait dit le droit, et les fusils s’étaient tus. Cinq ans plus tard, on les remet sur la liste des animaux que l’on peut tuer, et en plus grand nombre. Et le ministère qui n’a d’Ecologie que le nom publie son arrêté un samedi. Il ne faudrait pas priver les chasseurs de leur plaisir de tuer ces oiseaux aussi jolis qu’emblématiques à l’heure où la biodiversité est déjà à terre. » Muriel Arnal, présidente et fondatrice de One Voice.