Agression au cirque Muller-Zavatta : Communiqué de presse

Agression au cirque Muller-Zavatta : Communiqué de presse

Agression au cirque Muller-Zavatta : Communiqué de presse
31.08.2026
Anglet
Agression au cirque Muller-Zavatta : Communiqué de presse
Exploitation pour le spectacle

Le 30 août, à Anglet (Pyrénées-Atlantiques), une femme qui filmait depuis la voie publique les installations du grand cirque Zavatta, exploité par la famille Muller, a été frappée, traînée au sol, puis menacée à plusieurs reprises jusque devant les forces de l’ordre. Elle a porté plainte. One Voice, qui documente les exactions de ce cirque depuis 2016, lui apporte son soutien. Il est temps que l’Etat intervienne, avant qu’un drame ne survienne.

Les faits se sont déroulés hors de l’enceinte du cirque. Selon le récit de la victime et de témoins, une personne du cirque l’a insultée, lui a jeté des chaussures et des pierres, puis a franchi la barrière pour se jeter sur elle : tête frappée contre le sol, corps traîné à terre, téléphone pris pour cible. Un père de famille présent a lui aussi été agressé. Lorsque cette femme a annoncé qu’elle porterait plainte, les menaces ont continué : elle « prendrait pour tout le monde » si les images sortaient. Ses pneus ont été crevés à l’arrivée des forces de l’ordre, et elle a été suivie et menacée jusqu’au garage. Violences, intimidations, menaces, propos misogynes : voilà ce qu’elle a subi pour avoir voulu documenter ce qu’elle voyait. 

Un cirque au-dessus des lois, des autorités qui ferment les yeux

Cette agression n’est pas une surprise. Notre association suit ce cirque depuis 2016 et en documente les infractions, ville après ville. Plusieurs de nos militants ont fait l’amère expérience de l’agressivité de cette famille : l’un des circassiens a déjà été condamné pour des violences contre une militante, menacée au couteau. Anglet n’est pas un dérapage isolé, c’est une méthode : celle d’un établissement qui compte sur la peur pour que rien ne sorte. Et les autorités lui donnent raison en se taisant.

L’installation du cirque à Anglet le montre encore. La mairie s’est opposée à sa venue sur un terrain des Servantes de Marie, la congrégation a déposé plainte ; le cirque a finalement obtenu une solution de l’État — le parking de la base navale de l’Adour. Montauban, La Teste-de-Buch, Lormont, Mérignac, Orthez, Serres-Castet… : partout, les mêmes installations passant outre les décisions locales, les mêmes infractions constatées, les mêmes contrôles sans suite.

Une impunité qui va jusqu’à la détention illégale d’animaux sauvages

En 2020, One Voice avait obtenu la condamnation de deux membres de la famille Muller pour « exploitation irrégulière d’un établissement détenant des animaux non domestiques » et pour avoir maintenu des animaux dans des conditions sources de souffrance. Une saisie de Jumbo avait été ordonnée avant l’audience : elle a échoué face à la violence opposée par les circassiens, et l’hippopotame leur a été laissé. Depuis, les signalements et les plaintes se succèdent sans effet. En mai 2026, nous révélions l’acquisition de deux autruches, alors que toute acquisition d’animaux sauvages est interdite aux cirques itinérants depuis le 1er décembre 2023 : ni saisie, ni sanction, ni poursuites. Près de cinq ans après la loi du 30 novembre 2021, les décrets qui permettraient de sanctionner ne sont toujours pas publiés. Ce vide, l’État le connaît et ce cirque en vit.

À Anglet, Jumbo n’est pas visible du public mais reste aux mains de ces dresseurs, après près de quarante ans de remorque de tôle. Les tigres sont installés au bord de la route, sans ombre suffisante, à quelques mètres d’un chantier au marteau-piqueur ; l’un d’eux, un tigre blanc, fait quatre pas et recommence, indéfiniment. Ces stéréotypies sont la marque d’animaux enfermés, déplacés sans répit et maintenus dans une peur constante. Leur place est en refuge.

« Depuis dix ans, nous documentons ce cirque et l’État regarde ailleurs. Aujourd’hui, on frappe une femme dans la rue parce qu’elle filme. Cette violence, les animaux la subissent chaque jour derrière la tôle — Jumbo depuis près de quarante ans. Combien de temps encore avant que quelqu’un, un humain ou un animal, ne le paye très cher ? », déclare Muriel Arnal, présidente de One Voice.

Un hippopotame dont des vétérinaires jugent l’état alarmant, des fauves exposés au bitume et au bruit, des témoins frappés et menacés : le drame n’aura rien d’imprévisible. Cette agression est celle de trop. Nous demandons à l’État la saisie immédiate des animaux détenus illégalement, leur placement en refuge et des sanctions enfin appliquées. Ni les menaces ni les coups ne nous empêcheront de documenter ce que subissent ces animaux et de le dénoncer.

En vingt-quatre heures, deux portées de chatons abandonnées et tuées dans les Pyrénées-Orientales : derrière l’horreur, la responsabilité de l’État

En vingt-quatre heures, deux portées de chatons abandonnées et tuées dans les Pyrénées-Orientales : derrière l’horreur, la responsabilité de l’État

En vingt-quatre heures, deux portées de chatons abandonnées et tuées dans les Pyrénées-Orientales : derrière l’horreur, la responsabilité de l’État
26.08.2026
Pyrénées-Orientales En vingt-quatre heures, deux portées de chatons abandonnées et tuées dans les Pyrénées-Orientales : derrière l’horreur, la responsabilité de l’État
Animaux familiers

Des chatons jetés par la fenêtre d’une voiture. Quelques jours plus tard, des nouveau-nés jetés dans un sac plastique et emportés par le courant d’une rivière. Ces deux signalements, survenus dans le même département des Pyrénées-Orientales, sont d’une cruauté insoutenable. Mais ils racontent aussi autre chose : l’urgence de lutter contre la misère féline et de mettre enfin la stérilisation au cœur d’une véritable politique nationale. Parce que ces chatons ne doivent pas être oubliés, nous déposons plainte.

Des chatons traités comme des déchets

La scène est difficile à concevoir. Pourtant, c’est bien ce que cette automobiliste affirme avoir vu. Alors qu’elle circulait entre Saint-Jean-Pla-de-Corts et le péage du Boulou, elle a d’abord aperçu, à distance, des personnes jeter des « choses » par la fenêtre de leur voiture. Pendant plusieurs kilomètres, elle a cru qu’il pouvait s’agir de déchets. Puis, lors d’un nouvel épisode, elle a compris l’impensable : ce n’étaient pas des détritus qui étaient jetés sur la route, mais des chatons. Le témoin, aujourd’hui profondément choqué, a eu le bon réflexe de photographier la voiture. Ces éléments seront précieux pour identifier les auteurs des faits. Les chatons n’ont malheureusement pas été retrouvés à ce jour.

Et comme si ce drame ne suffisait pas, quelques jours plus tard, c’est un nouveau signalement qui nous parvient, depuis Thuir, toujours dans les Pyrénées-Orientales. Le 22 août, alors qu’elle promenait son chien, une femme a vu des gens jeter un sac plastique dans une rivière. En s’approchant, elle a découvert qu’il contenait des chatons nouveau-nés, emportés par le courant. Immédiatement, elle s’est jetée à l’eau. Elle n’a pu en récupérer qu’un seul. Un deuxième a été découvert mort en contrebas. Les autres n’ont pas pu être retrouvés.

Et qu’en est-il des deux mères, qui doivent depuis chercher inlassablement leurs petits ?…

Deux signalements dans le même département en quelques jours. Deux portées de chatons traités comme de vulgaires déchets. Est-ce une épidémie de cruauté ? Ou le symptôme d’un problème plus profond ? Les deux sans doute.

Derrière ces drames, le même problème : l’absence de stérilisation

Aussi terrible que soient ces histoires, elles n’ont malheureusement rien d’un fait isolé. Chaque année, des centaines de milliers d’animaux sont abandonnés en France. Les chats sont les plus nombreux. Derrière les chiffres, il y a des petits félins livrés à eux-mêmes, victimes de l’errance, de la faim, des maladies, des accidents, de la malveillance humaine et, souvent, d’une fin tragique.

L’absence de politique publique en dit long sur la place accordée aux chats dans notre société. Combien de temps encore seront-ils considérés comme des animaux dont on peut simplement se débarrasser lorsqu’ils deviennent trop nombreux ?

Les associations, elles, héritent des conséquences de l’incurie collective. Elles capturent, soignent, stérilisent et recueillent les félins, avec des moyens limités. Elles ne peuvent cependant pas, à elles seules, empêcher les naissances et prendre en charge indéfiniment la souffrance perpétuelle. En attendant, les chats continuent à payer de leur vie les conséquences de l’inaction générale.

L’histoire de ces chatons rappelle avec une violence particulière l’urgence d’agir. Derrière chaque abandon se trouve un animal qui paie le prix de l’irresponsabilité humaine. Nous ne pouvons pas accepter que des chats naissent, soient abandonnés, errent dehors et finissent souvent leur vie dans des conditions dramatiques alors que des solutions existent. Jeter des chatons par la fenêtre d’une voiture ou dans une rivière n’est pas un simple fait divers. C’est le symptôme le plus brutal d’un problème plus large : celui d’une société qui continue de produire des animaux, de les vendre et de les abandonner sans mettre en place les moyens nécessaires pour prévenir cette souffrance. Les chatons n’ont pas pu être sauvés. Mais leur sort tragique ne doit pas être oublié. En leur nom, nous déposons plainte auprès du tribunal judiciaire de Perpignan. Signez notre pétition pour la mise en œuvre d’un véritable plan national contre l’errance féline, à la hauteur de l’urgence.

One Voice porte plainte pour des chatons tués : Communiqué de Presse

One Voice porte plainte pour des chatons tués : Communiqué de Presse

One Voice porte plainte pour des chatons tués : Communiqué de Presse
26.08.2026
Pyrénées Orientales
One Voice porte plainte pour des chatons tués : Communiqué de Presse
Animaux familiers

En deux jours, dans les Pyrénées-Orientales, deux portées de chatons ont été éliminées dans des circonstances particulièrement violentes : l’une jetée par la fenêtre d’une voiture en marche, l’autre dans une rivière. One Voice dépose plainte et rappelle que ces drames auraient pu être évités par une politique coercitive de stérilisation.

Le 21 août, entre Saint-Jean-Pla-de-Corts et le péage du Boulou, une automobiliste voit des objets jetés par la fenêtre du véhicule qui la précède. Elle croit à des déchets. C’étaient des chatons. Ils n’ont pas été retrouvés.

Le lendemain, à Thuir, une promeneuse voit un sac plastique jeté dans une rivière. Des chatons nouveau-nés s’y trouvaient : elle ne parvient à en sauver qu’un. Un deuxième est retrouvé mort en contrebas. Les autres disparus, emportés par le courant.

Ce que ces deux gestes disent d’abord, c’est le peu de valeur accordée à une vie. Au-delà de la cruauté insoutenable du geste, est mis en exergue le manque de cadrage en France quant à la stérilisation des chats. Une chatte non stérilisée, ce sont des portées chaque année, puis des dizaines de chats en quelques années, et à chaque fois la même impasse. Stériliser évite tout le reste : les naissances non désirées, l’errance, la faim, la maladie — et ces fins tragiques. C’est le geste le plus élémentaire de respect envers un animal que l’on a fait entrer dans nos foyers.

En France, la stérilisation reste facultative. La loi autorise les maires à faire stériliser les chats errants, elle ne les y oblige pas. Le soutien de l’État s’est résumé à une enveloppe de 3 millions d’euros pour la seule année 2024, 164 communes aidées, puis plus rien. Dans beaucoup de mairies, les chats errants relèvent encore de la ligne budgétaire des déchets… Comptés comme des encombrants… avant d’être traités comme tels au bord d’une route.

One Voice dépose plainte auprès du tribunal judiciaire de Perpignan, aux côtés du refuge animalier de Céret, et invite toute personne disposant d’éléments à se manifester. Ces chatons n’ont pas pu être sauvés ; d’autres naîtront la semaine prochaine, dans les mêmes conditions, tant que rien ne change. 

L’association demande :

  • La stérilisation obligatoire des chats de plus de six mois.
  • Un lieu de vie pour les chats libres dans chaque commune.
  • La fin des cessions de chats par petites annonces, en animalerie et en salon animalier.
  • Un financement durable de la stérilisation, et non une enveloppe sans lendemain.

C’est l’objet de notre pétition #UrgenceErranceFéline, pour un plan national contre l’errance féline.

Actions pour les chiens de labo : Communiqué de presse

Actions pour les chiens de labo : Communiqué de presse

Actions pour les chiens de labo : Communiqué de presse
26.08.2026
France
Animaux familiers

Chaque année, plus de 2500 chiens* sont utilisés dans des laboratoires en France, et plus de la moitié y sont tués. One Voice organise ce vendredi 28 août à Fréjus (83) et Lille (59), et samedi 29 à Antibes (06), Metz (57), Amiens (80) et Salève (74), des actions de sensibilisation du grand public. Notre association réclame l’interdiction de l’élevage et de la vente des chiens pour les laboratoires en France. 

Chaque année, plus de 2500 chiens sont utilisés dans des laboratoires en France, et plus de la moitié y sont tués. Ils sont enfermés toute leur existence, en attente de chirurgies, prélèvements ou encore empoisonnements entre les mains des expérimentateurs. Dans ces laboratoires, les chiens sont principalement utilisés dans des tests de toxicité. D’autres sont intégrés à des recherches appliquées ou fondamentales, à l’enseignement ou à la production de substances biologiques comme leur sang.

Un chien sur trois en Europe est expérimenté en France !

Ils représentent un tiers des chiens expérimentés en Europe, faisant de la France le premier pays européen expérimentant sur les animaux depuis plus de 10 ans… Ce chiffre de la honte se maintient sur le territoire français, alors même que de nombreux pays tendent à une baisse du nombre d’animaux expérimentés grâce à des plans nationaux ambitieux. 

Malgré une époque propice au changement avec une forte attente citoyenne (3 personnes sur 4 sont défavorables à l’expérimentation animale), le développement des alternatives, et une Europe incitant au changement par sa directive européenne de 2021 et tout récemment, par sa feuille de route de sortie progressive publiée en juin 2026, la France continue de financer massivement l’expérimentation animale notamment sur les chiens, conservant son statut de mauvaise élève de l’Europe.

Des élevages français pour des laboratoires qui dépassent nos frontières

Les deux grands élevages français (beagles et goldens retriever destinés aux laboratoires français et internationaux) se trouvent à Gannat (03) et à Mézilles (89), et appartiennent à la société Marshall BioRessource, dont le siège français est à Lyon. Le géant américain a récemment dû fermer Ridglan Farms, l’un des plus grands élevages de beagles destinés à l’expérimentation animale aux États-Unis, après des années de combats des associations et militants dénonçant maltraitances et cruautés : ce sont plus de 2000 beagles sortis de l’enfer qui vont pouvoir enfin connaître une vie heureuse loin des cages. 

Dans les élevages français, où plus de 2000 chiens sont reproduits, les conditions sont misérables. Les femelles servent d’incubatrices à la chaîne, les chiots décèdent souvent avant la fin du sevrage, les plus résistants seront transférés dès 4 mois vers des laboratoires. Certains chiens sont rendus malades pour observer les effets des pathologies, notamment sur des lignées entières. Une chose est sûre : tous sont finalement vendus et envoyés vivants ou morts, entiers ou en morceaux et ce, plusieurs fois par semaine. 

Depuis trente ans, One Voice se bat pour l’interdiction de ces élevages français, l’association a déjà réussi à empêcher l’ouverture ou l’agrandissement de certains d’entre eux. 

Une opacité systémique et une efficacité hautement questionnable

L’expérimentation animale demeure un système opaque et fermé : documents publics difficiles d’accès, contrôles sans sanctions significatives, souffrances infligées sous-estimées etc.  Même les élevages dédiés échappent au regard public et c’est un problème. L’origine des animaux est souvent floue. Concernant les chiens, certains viennent d’élevages français ; d’autres sont importés en dehors de l’Union européenne, sans traçabilité, ce qui ouvre la porte à de possibles trafics.

D’autant que ce système en plus d’être cruel s’avère également peu efficace :91% des médicaments candidats échouent malgré des expériences concluantes sur les animaux**.

Il est temps de changer de cap !

Nous ne pouvons plus détourner le regard. Une recherche moderne, fiable et éthique est possible. Au-delà d’être possible, elle est nécessaire et attendue. Il est temps de rompre avec la cruauté.  Mettons fin à l’expérimentation sur les chiens, interdisons leur élevage et leur vente pour les laboratoires en France!

Notre combat : https://one-voice.fr/nos-combats/experimentation-animale/

Notre pétition : https://one-voice.fr/…/stop-a-lutilisation-des-chiens…/


Programme des actions 

Vendredi 28 août

  1. Fréjus (83) – 19h-20h30 – Boulevard de la Libération, Rond-Point des Sablettes – stand, happening, tractage
  2. Lille (59) – 15h-17h – 1 rue du Professeur Calmette – stand, tractage

Samedi 29 août

  1. Antibes (06) – 19h-20h30 – Esplanade près du port – stand, happening, tractage
  2. Metz (57) – 14h-17h – rue Winston-Churchill – stand, happening, tractage
  3. Amiens (80) – 14h-16h – place René-Goblet – stand info
  4. Salève (74) – 9h30-11h30 – Mont Salève – randonnée, tractage

 

* 2593 chiens pour 4080 utilisations lors d’expériences, chiffre 2023, source: ALURES – AnimalUse Reporting -EU System Statistics Database on the use of animals for scientific purposes under directive 2010/63/EU.

** Filipova D. et al. Need for NAMs: A systematic evidence synthesis revealing over half a century of drug development failure. NAM Journal. 2026; 2:100119.

Beauval renonce à son delphinarium: Communiqué de presse

Beauval renonce à son delphinarium: Communiqué de presse

Beauval renonce à son delphinarium: Communiqué de presse
25.08.2026
Saint Aignan
Beauval renonce à son delphinarium: Communiqué de presse
Exploitation pour le spectacle

Le zoo de Beauval a annoncé ce matin l’abandon de son projet de delphinarium à Saint-Aignan (Loir-et-Cher). One Voice, qui combat ce projet et a déposé plusieurs recours, prend acte d’une décision de raison. Mais rien n’est réglé pour les dauphins, ni pour les deux orques encore à Marineland : l’association demande au gouvernement de travailler enfin aux solutions de sanctuaire et maintient son action le 5 septembre à Antibes.

Beauval a choisi la raison. Ouvrir un troisième delphinarium en France en 2026 était un anachronisme, à contre-courant de ce qui se passe partout dans le monde et singulièrement en Europe, où ces établissements ferment les uns après les autres. La loi du 30 novembre 2021 contre la maltraitance animale devait mettre fin à la captivité des cétacés ; ce projet la contournait, sous l’appellation de « centre d’études, de recherche scientifique et de sauvegarde », avec des bassins, la reproduction et des transferts possibles vers d’autres delphinariums.

En homme d’affaires sensé, Rodolphe Delord a bien compris qu’au-delà du montant colossal à investir, le retour sur investissement serait nul au regard de la désaffection du public pour les delphinariums. En France mais aussi en Europe, aux USA, en Russie… 

Il faut le redire aussi : ce projet n’aurait pas aidé les dauphins de Marineland. Huit d’entre eux ont déjà été expédiés à Malaga dans la nuit du 22 au 23 juillet, dans un delphinarium qui venait d’envoyer ses propres dauphins en Chine. Quatre autres vont sous peu être envoyés à Valence. Il aurait fallu plusieurs années pour que ce delphinarium soit opérationnel. Pour quoi ? Des familles brisées, des années de bassin supplémentaires : voilà ce que promettait Beauval. La captivité ne se répare pas par un autre bassin.

Des sanctuaires, maintenant

Le ministère et le gouvernement doivent cesser de n’écouter que l’industrie de la captivité et travailler enfin aux solutions de sanctuaire. Elles existent. À Tarente, en Italie, le San Paolo Dolphin Refuge, que One Voice a contribué à financer, est opérationnel – et facilement duplicable. L’association ne demande aucun investissement à l’État : seulement la volonté politique d’engager cette transition.

L’abandon du projet de Beauval ouvre une fenêtre, il ne clôt rien. Les douze dauphins de Marineland, comme les onze de Planète Sauvage, mais aussi les orques Wikie et Keijo, attendent toujours une issue digne. One Voice maintient son action le samedi 5 septembre à Antibes qui sera suivie d’autres. L’association appelle à amplifier la mobilisation : il faut aujourd’hui accélérer la pression pour que des solutions de sanctuaire soient identifiées, et vite.

« Le sanctuaire de Tarente en Italie est là, opérationnel et duplicable. Si 1/10e du temps passé en réunions au ministère l’avait été à discuter des solutions de sanctuaires au lieu du delphinarium de Beauval, nous aurions déjà des solutions. Nous ne demandons pas un euro à l’État, seulement la volonté politique de cesser de n’écouter que l’industrie de la captivité. Nous sommes à leur disposition pour avancer enfin, pour les dauphins, mais aussi pour les deux orques, Wikie et Keijo » annonce Muriel Arnal, présidente de One Voice.

Action pour les loups : Communiqué de Presse

Action pour les loups : Communiqué de Presse

Action pour les loups : Communiqué de Presse
22.08.2026
Limoges
Action pour les loups : Communiqué de Presse
Animaux sauvages

Samedi 22 août, de 11 h 30 à 13 h, place de la Motte à Limoges, l’association One Voice tient une action publique d’information sur la situation des loups en France. Alors que le statut de protection des loups a été revu à la baisse et que les tirs sont facilités, l’association rappelle qu’un cinquième de la population lupine est tué chaque année et défend la cohabitation comme seule réponse durable. Le Limousin est directement concerné : sur le plateau de Millevaches vivent des loups et louveteaux au patrimoine génétique unique en France.

Pendant une heure et demie, les militantes et militants de One Voice iront à la rencontre des Limougeauds pour présenter la réalité des loups, loin des représentations héritées des contes et alimentées par la Coordination Rurale de Haute-Vienne et la FDSEA Corrèze qui avaient appelé à leur braconnage, ce pour quoi l’association les avait fait condamner. Documentation, pétition et échanges avec les bénévoles seront proposés sur place.

 

Rendez-vous samedi 22 août 2026, de 11 h 30 à 13 h, place de la Motte, à Limoges.

 

Un statut de protection affaibli, des tirs facilités

 

Revenus naturellement en France après y avoir été exterminés, les loups ne sont plus strictement protégés et les dérogations de tir se multiplient. Le plafond national fixé par l’État peut s’élever à 248 animaux pour une population estimée à 1 082 individus : un loup sur cinq peut être tué chaque année, et le ministère de l’Agriculture a annoncé une augmentation de 10 % de ce quota. Depuis janvier, 85 loups ont déjà été abattus légalement, quand les scientifiques situent le seuil de viabilité entre 2 500 et 5 000 individus. Les louveteaux ne sont pas épargnés. Adopté le 21 juillet, l’article 14 de la loi d’urgence agricole va plus loin encore : simple déclaration a posteriori au lieu d’une autorisation de tir, troupeaux bovins, équins et asins réputés « non protégeables », tirs permis jusque dans les réserves naturelles.

À cette curée légale s’ajoute celle de l’ombre : neuf loups tués par un réseau de braconnage dans les Hautes-Alpes, dont trois membres seront jugés en janvier 2027 — One Voice est partie prenante de la procédure. Le 16 juillet, Pomme était abattue dans les Alpes à La Bréole alors que les données de son collier GPS démontrent qu’elle n’avait attaqué aucun troupeau.

Le système fonctionne à l’envers. Un éleveur est indemnisé dès lors que la responsabilité du loup « n’est pas écartée », et ce sont ces mêmes constats qui servent ensuite à justifier les tirs. One Voice demande que l’argent public aille à ce qui protège réellement les troupeaux — clôtures, chiens de protection, bergers, regroupement nocturne — et que l’indemnisation y soit conditionnée. Sur le terrain juridique, l’association attaque les arrêtés qu’elle estime illégaux : plusieurs décisions récentes nous ont donné raison, rappelant que la protection des loups est une obligation légale.

 

En Limousin une famille de loups objet de nombreuses menaces

 

Sur le plateau de Millevaches, Milo et Mina formaient un couple au patrimoine génétique unique en France. Malgré la traque et les blessures subies, des naissances ont été constatées en mai 2025. Milo a depuis disparu… Mina et un nouveau mâle ont eu deux petits en mai 2026 : Girolle et Truffe. Ce qui devrait être une excellente nouvelle pour la biodiversité du territoire est devenu, pour d’autres, une cible. 

Face à la multiplication des discours hostiles, notamment de la part de syndicats agricoles particulièrement virulents dans le Limousin, One Voice continue de porter la seule approche qu’elle juge tenable et qui reste écartée par les pouvoirs publics : la cohabitation entre les activités humaines et une espèce protégée infiniment utile. C’est le message que l’association portera samedi à Limoges, où le public est invité à venir échanger avec les bénévoles.

 

One Voice appelle par ailleurs le grand public à signer sa pétition « Une vague d’attaques sans précédent contre les loups » qui a déjà collecté près de 125 000 signatures. 

Neuf louveteaux : Communiqué de Presse

Neuf louveteaux : Communiqué de Presse

Neuf louveteaux : Communiqué de Presse
18.08.2026
Haute Marne
Neuf louveteaux : Communiqué de Presse
Animaux sauvages

Neuf louveteaux ont été photographiés ensemble le 2 août par l’Office français de la biodiversité, en
Haute-Marne. Ils appartiennent à la seule famille de loups du département, celle d’Aria et de Charlie, qui
a perdu quatre des siens en dix mois. One Voice se réjouit de ces naissances mais redoute ce qui les
attend.

C’est une nouvelle rare qui devrait réjouir tout un chacun. Aria a donné naissance à neuf louveteaux cet été en Haute-Marne. Pourtant, leur naissance vient nourrir un discours anti-loup plus que préoccupant porté par l’Etat lui-même. One Voice s’inquiète de l’avenir de ces petits, dans une famille déjà endeuillée par la mort de quatre des siens en 10 mois.

Le communiqué de la préfecture de Haute-Marne est édifiant. Elle énumère les soi-disant victimes des loups pour mieux organiser le massacre des louveteaux. Le clientélisme vis-à-vis des syndicats d’éleveurs les plus extrémistes et des chasseurs, dans ce qu’il a de plus abject.

La réalité, c’est que les 477 victimes imputées aux loups cachent la problématique de l’errance des chiens abandonnés, qui sont plus souvent responsables des attaques de troupeaux que les loups. Les éleveurs sont cependant plus enclins à désigner les loups, puisque cela leur ouvre droit à une indemnisation.
La menace la plus immédiate qui pèse sur ces neuf petits, ce sont ces éleveurs, en l’absence d’obligation de protéger leurs troupeaux. One Voice se bat pour que l’argent public aille aux clôtures, aux chiens de protection, aux bergers, au regroupement nocturne, et que l’indemnisation y soit conditionnée.

Au lieu de cela, le plafond national de destruction peut atteindre 248 animaux pour une population estimée à 1 082 individus, et l’article 14 de la loi du 21 juillet remplace l’autorisation de tir par une simple déclaration a posteriori. La préfecture dans son communiqué ne manque pas de rappeler sans ciller « s’agissant d’une espèce protégée, l’État a pris des mesures renforcées depuis février 2026 pour simplifier les procédures de tir ». Protégée, donc plus facile à tuer ?

Sans évoquer tous les loups tués dans l’ombre. Ceux qui, comme la Coordination rurale de Haute-Vienne et la FDSEA de Corrèze, ont appelé publiquement au braconnage des loups : dans le 87, One Voice a fait condamner le syndicat. Ceux qui, dans les Hautes-Alpes, ont monté un réseau et tué neuf loups dans l’ombre : trois d’entre eux seront jugés en janvier 2027, et notre association est partie prenante de la procédure.

« La biodiversité, le patrimoine des générations futures, cette faune sauvage agressée en permanence par les chasseurs et les éleveurs, dans une nature en feu sous les canicules et la sécheresse, cela n’intéresse pas les autorités, qui rampent devant les syndicats dont elles ont peur », s’indigne Muriel Arnal, Présidente de l’association One Voice.

Mobilisation pour un renardeau: Communiqué de Presse

Mobilisation pour un renardeau: Communiqué de Presse

Mobilisation pour un renardeau: Communiqué de Presse
17.08.2026
Lyon
Mobilisation pour un renardeau: Communiqué de Presse
Animaux sauvages

Un jeune renard est menacé d’être tué dans l’ouest lyonnais après avoir mordu des personnes qui cherchaient à l’attraper ou à jouer avec lui. Le centre de sauvegarde de la faune sauvage l’Hirondelle a proposé de le capturer et de le placer en quarantaine : sa proposition n’a pas été retenue. One Voice demande la suspension immédiate de toute mesure visant à abattre ce renardeau et l’autorisation de sa capture.

Depuis le début du mois d’août, un jeune renard est observé dans le quartier des Trois-Renards, à Tassin-la-Demi-Lune, dans la métropole de Lyon. L’animal, sans crainte de l’homme et possiblement orphelin, a mordu à plusieurs reprises — après que des personnes ont voulu jouer avec lui ou tenter de l’attraper, selon le centre de sauvegarde L’Hirondelle, qui a alerté sur son sort.

 

Le 9 août, ce centre, installé à SaintForgeux a saisi par courrier la direction départementale des territoires, avec copie à la direction départementale de la protection des populations et à la mairie de TassinlaDemiLune. Il y détaille ses moyens : capture, mise en quarantaine, relâché loin des zones habitées ou placement en captivité si l’animal est imprégné. 

 

Cette proposition n’a pas été retenue. Écarter cette offre pour lui préférer la mort est tout simplement inenvisageable pour l’association One Voice.

 

L’argument de la rage ne résiste pas aux faits

 

La mise à mort serait motivée par la possibilité que l’animal soit porteur de la rage. Or, le dernier cas de rage vulpine y remonte à 1998, et l’élimination a été acquise en 2001 à l’issue des campagnes de vaccination orale des renards. Le dicton lié à la rage n’a jamais été aussi bien illustré… 

 

Le risque lié à une morsure est réel, c’est pourquoi il est indispensable de respecter les règles en matière d’interactions avec les animaux de la faune sauvage : on les laisse tranquilles. Ils ne sont ni des doudous, ni des jouets. Cet important respect des distances est le message dont le rappel devrait occuper les autorités pas la gestion à coups de fusil de la biodiversité dont nous avons encore la chance d’être entourés.

 

À la date de ce communiqué, One Voice n’a pas eu connaissance d’un arrêté autorisant de tuer ce renardeau. Une mise à mort décidée sans acte publié ni motivation opposable n’est pas acceptable.

 

One Voice réclame la suspension immédiate de toute opération visant à tuer ce renardeau et l’autorisation, sans délai, de la capture et de la mise en quarantaine proposées par le centre de sauvegarde L’Hirondelle.

Tirs sur les ours : Communiqué de Presse

Tirs sur les ours : Communiqué de Presse

Tirs sur les ours : Communiqué de Presse
17.08.2026
Pyrénées
Tirs sur les ours : Communiqué de Presse
Animaux sauvages

Le 7 août, en Ariège, un éleveur s’est retrouvé face à un ours sur une crête, au-dessus de l’estive d’Arreau. Cinq jours plus tard, la préfecture a déclenché contre l’animal un protocole de « conditionnement aversif » : balles en caoutchouc et cartouches à double détonation. Le même jour, l’État a fait appel de la suspension des tirs d’effarouchement que nous avions obtenu le 4 août. En une semaine, l’État a trouvé le temps de tirer et de plaider — jamais celui d’organiser la cohabitation.

Parti chercher un chien de troupeau disparu, un éleveur accompagné de sa chienne se retrouve nez à nez avec un ours brun le 7 août dernier. Selon son récit, l’animal se dresse sur ses pattes arrière, grogne gueule ouverte, puis effectue une charge d’intimidation — il fonce, puis s’arrête net à quelques mètres, sans jamais aller au contact. Sa chienne aurait chuté d’une falaise au cours de la scène ; elle serait aujourd’hui entre la vie et la mort. Nous ne minimisons rien de ce que cette rencontre représente pour celui qui l’a vécue, ni de la
gravité de l’état de son chien. Mais l’ours s’est éloigné. L’histoire pouvait s’arrêter là.

Un comportement d’ours normal, requalifié en danger

Se dresser, grogner, charger sans contact : ce répertoire n’est pas de l’agressivité, c’est de l’appréhension. L’ours brun a peur des humains, et ces gestes-là sont ceux d’un animal qui cherche à faire reculer ce qui l’inquiète et qui se trouve soudain sur son territoire. La préfecture de l’Ariège a pourtant déclenché, le 12 août, le protocole réservé aux ours « présentant un comportement anormal ou dangereux ». Rien, dans cette scène, ne le justifiait.
Le protocole national exige que « l’individu ait préalablement été clairement identifié ». L’arrêté préfectoral, lui, ouvre les opérations à « tout individu subadulte présentant un comportement similaire ». N’importe quel jeune ours qui aurait la mauvaise idée de se comporter comme un jeune ours pourra donc être assailli de ces projectiles. Cette décision sort donc du cadre que l’État s’est lui-même fixé. Pourtant, l’Etat a également décidé de saisir le Conseil d’Etat, pour demander l’annulation de la suspension des tirs d’effarouchement sur l’estive du groupement pastoral d’Arreau que nous avions obtenu le 4 août dernier.

Ce qui manquait le 7 août, ce ne sont pas des cartouches

Les bonnes pratiques existent : signaler sa présence en parlant fort, tenir son chien en laisse, ne pas jeter de pierres, s’éloigner sans tourner le dos. Les mesures qui réduisent réellement les conflits sont connues : clôtures électriques, présence humaine renforcée, chiens de protection en nombre suffisant. Un chien protège environ cent brebis ; un troupeau de mille animaux gardé par deux patous n’est pas protégé, il est exposé. L’Etat doit imposer et prendre en charge à 100% la mise en œuvre de ces mesures et la taille des troupeaux doit être adaptée à ce qu’il est possible de protéger. « Nous passons l’été à empêcher des tirs, arrêté après arrêté. Pendant ce temps, les éleveurs ne protègent pas leurs troupeaux, ils cherchent à provoquer des incidents pour justifier de “nettoyer” la nature de toute biodiversité pour reprendre leur expression. L’État au service des lobbys a de l’argent pour les cartouches et les frais d’avocats ; jamais pour la préservation des animaux sauvages », déclare Muriel Arnal, présidente de One Voice.
L’audience en appel aura lieu ce mercredi 19 août à 15h au Conseil d’Etat. One Voice sera là. Représentée par le cabinet Gossement Avocats, notre association défendra la suspension obtenue le 4 août. Nous continuerons à surveiller et attaquer chaque arrêté. Les
ours bruns sont une espèce strictement protégée. Ils sont chez eux dans les Pyrénées.

Grands tétras et lagopèdes alpins : Communiqué de presse

Grands tétras et lagopèdes alpins : Communiqué de presse

Grands tétras et lagopèdes alpins : Communiqué de presse
08.08.2026
France
Grands tétras et lagopèdes alpins : Communiqué de presse
Animaux sauvages

Après des années de recours menés par One Voice, les grands tétras et les lagopèdes alpins, deux galliformes de montagne, quittent définitivement la liste des espèces chassables et rejoignent la liste des oiseaux protégés. C’est une victoire pour ces oiseaux et pour celles et ceux qui se battent pour eux. One Voice salue une décision de bon sens. Mais quatre autres galliformes de montagne, tout aussi fragiles, restent aujourd’hui dans le viseur des chasseurs.

A l’issue d’une consultation publique menée jusqu’au 4 août, l’arrêté retirant définitivement les grands tétras et les lagopèdes alpins (aussi appelés perdrix des neiges) de la liste des espèces chassables et leur accordant le statut d’espèce protégée, vient d’être publié au journal officiel.

Jusqu’ici, ces oiseaux ne bénéficiaient que de suspensions de chasse, arrachées une à une devant les juges et limitées dans le temps grâce aux efforts sans relâche de notre association et d’autres. Le classement parmi les espèces protégées est d’une autre nature : il interdit de manière pérenne de les tuer, de les capturer ou de les perturber — et il ouvre la voie à la protection de leurs habitats.

Pour les lagopèdes alpins, le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) rappelle que la seule suspension de la chasse ne suffit pas pour enrayer leur déclin. Le grand tétras, lui, est une espèce parapluie : le protéger, c’est protéger avec lui des forêts anciennes tout entières et le cortège d’espèces qui y vit. La chasse n’était jamais qu’une pression de plus, ajoutée à la destruction et au morcellement de leurs habitats, au dérangement permanent lié aux activités humaines et touristiques, et au réchauffement climatique. Une pression de trop, pour un loisir.

Des années de tribunaux pour obtenir l’évidence

Rien de tout cela n’a été donné. Il a fallu attaquer, systématiquement, des autorisations préfectorales d’un cynisme absolu : quelques oiseaux à tuer par chasseur, pour des espèces que l’on savait au bord du gouffre.

Par une décision du 1er juin 2022, le Conseil d’État avait enjoint au ministre chargé de la chasse de suspendre la chasse des grands tétras pendant cinq ans ; l’arrêté du 1er septembre 2022 en a pris acte, jusqu’en 2027.

Le 2 mars 2026, saisi par One Voice aux côtés de la LPO et du Comité écologique ariègeois, le Conseil d’État a annulé le refus du ministère de la Transition écologique d’instaurer un moratoire et ordonné, là aussi, la suspension de la chasse des lagopèdes alpins pour cinq ans. Un ministère pourtant informé de la situation dramatique de ces oiseaux, mais qu’il a fallu contraindre par le juge.

Saisi de ces projets d’arrêtés, le Conseil national de la chasse et de la faune sauvage a rendu, le 18 avril 2026, un avis défavorable à la protection des lagopèdes alpins. Là où les scientifiques du CNPN votaient à l’unanimité pour la protection, le lobby de la chasse s’est employé jusqu’au bout à défendre son droit de tirer sur une espèce en déclin.

Quatre autres galliformes de montagne toujours chassables

Cette victoire ne referme pas le dossier. Quatre espèces de galliformes de montagne demeurent inscrites parmi les espèces chassables, alors que leur état de conservation est défavorable ou que leurs effectifs continuent de baisser : la gélinotte des bois, le tétras lyre, la perdrix bartavelle et la perdrix grise des Pyrénées.

One Voice demande au ministère d’étendre sans attendre à ces quatre espèces la démarche qu’il vient enfin d’appliquer aux grands tétras et aux lagopèdes alpins.

Il est incohérent et inacceptable que des espèces fragilisées puissent encore être chassées pendant que l’on documente leur déclin. 

Deux survivants des temps glaciaires

Les grands tétras vivent entre 1 000 et 1 800 mètres d’altitude, dans les forêts anciennes. Ces oiseaux massifs, qui peuvent peser jusqu’à quatre kilos, ont déjà disparu des Alpes dans les années 1990 ; seuls quelques noyaux de population subsistent dans le Jura, les Vosges et les Pyrénées. Coupes forestières, remontées mécaniques, fréquentation touristique, réchauffement climatique : ils s’adaptent mal à tout cela. Ils figurent sur la liste rouge française de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) avec le statut « vulnérable » ou « en danger » selon les régions.

Les lagopèdes alpins, ou perdrix des neiges, sont les ermites des sommets : ils vivent au-delà de 2 000 mètres, parfois jusqu’à 3 000. Leur plumage change avec les saisons — blanc l’hiver, brun tacheté l’été — pour les rendre invisibles. Ils nichent sous les pierres, se nourrissent de lichens, de graines et de bourgeons, et sont faits pour le vent, le froid et l’hostilité. Ce qu’ils ne supportent pas, ce sont les pistes de ski, le pastoralisme et les hélicoptères.

Ces deux espèces ont traversé les millénaires depuis les glaciations. Ce sont nos activités qui, en quelques décennies, ont fait vaciller leurs populations. 

« Ces oiseaux ont failli disparaître pendant qu’on discutait de la quantité que l’on pouvait encore en tuer. Leur protection est une victoire, et nous la devons à des années d’acharnement devant les tribunaux. Mais nous n’allons pas nous en contenter : quatre autres galliformes de montagne sont encore chassables, et nous continuerons à saisir les juges aussi longtemps qu’il le faudra pour eux. » Muriel Arnal, présidente de One Voice