Je suis un animal, une exposition inédite à Paris

Je suis un animal, une exposition inédite à Paris

Je suis un animal, une exposition inédite à Paris
06.06.2017
Paris
Je suis un animal, une exposition inédite à Paris
Autre campagne de l’association (ou multiples)

Au cœur de Paris, le 29 juin prochain, à l’invitation de One Voice, Jo-Anne McArthur posera des mots sur une sélection de ses plus beaux clichés. Présentés dans une exposition accessible jusqu’au 28 août, chacun d’eux raconte une vie, une existence, une histoire… Et porte en lui l’espoir d’un changement de regard.

Du 29 juin au 28 août prochain, la mairie du 2e arrondissement de Paris accueillera une exposition de la photographe Jo-Anne McArthur, organisée avec One Voice.

Le 29 juin, l’artiste sera présente pour une conférence exceptionnelle au cours de laquelle elle racontera sa rencontre avec chacun des sujets exposés.

Une photo n’est pas qu’un instant figé. Elle peut aussi raconter une histoire. Chacun des individus immortalisés par Jo-Anne a une vie, une existence qui lui est propre. Depuis sa naissance jusqu’au moment du cliché, il a grandit, vécu, expérimenté, ressenti, partagé. Il fait partie intégrante de ce monde. Son destin, c’est ici l’humain qui l’a orienté. En le sauvant ou le condamnant, en l’enfermant ou le libérant, en l’exploitant ou le respectant, il a irrémédiablement influencé son parcours.

Le moment capturé par Jo-Anne est parfois beau, souvent terrible. Il provoque chez celui qui le découvre une émotion forte, cherchant la prise de conscience. Et ces existences, changées par l’humain, peuvent modifier celle de l’humain en retour. Ainsi, peut-être, contribueront-elles à sauver des vies, l’instant passé dessinant l’avenir…

Travailler avec Jo-Anne était pour One Voice une évidence tant son œuvre illustre l’individualité des êtres qu’elle a croisés, celle-là même que One Voice défend et veut faire connaître. Ils sont des personnes animales avec un vécu et, surtout, le besoin urgent d’être protégés. En organisant cette exposition, elle espère toucher le cœur des gens, changer le regard et, ainsi, influencer les pratiques.

Les hippopotames

Les hippopotames

Les hippopotames
02.06.2017
Monde
Les hippopotames
Animaux sauvages

L’hippopotame commun (Hippopotamus amphibius) tire son nom du grec hippos et potamos signifiant littéralement « cheval du fleuve ».
Il pèse entre 1300 et 3200 kilos, ce qui fait de lui le second plus gros mammifère terrestre derrière l’éléphant. Son aspect rond et pataud ne l’empêche pas d’être à l’aise sur terre comme dans l’eau.

L’hippopotame

Fiche sentience sur les hippopotames / l’hippopotame

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Le cheval du fleuve

L’hippopotame est capable de courir à une vitesse de 30 km/h pendant plusieurs centaines de mètres. Il nage autant qu’il marche dans l’eau. La position des yeux, des oreilles et des narines au sommet de sa tête lui permet de rester immergé dans l’eau tout en pouvant respirer. Il voit et entend parfaitement sous l’eau et peut rester six minutes en immersion.

Malgré une dentition impressionnante, les hippopotames sont principalement herbivores. Ils se nourrissent de graminées, de roseaux ou de jeunes pousses qu’ils arrachent délicatement grâce à leurs lèvres particulièrement musclées. Les canines, proéminentes, peuvent atteindre 45 cm long. L’hippopotame les exhibe en ouvrant sa mâchoire à 150° et impressionner ainsi ses congénères. Mais elles sont des armes redoutables lorsque les protagonistes en arrivent au combat, dont l’issue sera souvent fatale pour l’un des deux. En dehors de ces démonstrations de force, les hippopotames sont des animaux paisibles et très sédentaires.

La vie sociale des hippopotames

Les hippopotames sont des animaux très sociaux. Ils vivent en troupeau de 20 à 100 individus selon les ressources alimentaires disponibles. Le troupeau est constitué de plusieurs groupes distincts : celui des femelles avec petits, celui des femelles sans progéniture et enfin celui des mâles adolescents. Tout ce petit monde étant sous l’œil vigilant d’un mâle alpha qui assure leur protection. Pendant la journée, les hippopotames sont très grégaires. Ils passent leur journée immergés dans des mares, le plus souvent collés les uns aux autres. Tant qu’il y a du soleil, l’hippopotame protège sa peau du dessèchement en restant dans l’eau (1). Il économise aussi son énergie en restant inactif durant les heures les plus chaudes de la journée (2). Les adultes dorment ou se reposent et les jeunes jouent entre eux.

Si le jeu est important dans la vie des jeunes, de nombreuses observations montrent que les mâles adultes s’y livrent aussi dans des sortes de combats ritualisés au cours desquels les individus se confrontent lèvres contre lèvres.

Les femelles contrôlent le centre des mares de repos alors que les mâles restent en périphérie pour les protéger. À la tombée de la nuit, ils quittent leur zone de repos pour aller se nourrir dans les terres. Pendant quatre à cinq heures d’affilée, ils peuvent parcourir de trois à cinq kilomètres autour de leur zone de repos. En une nuit, ils sont capables d’ingérer près de 40 kilos de végétaux ! Pendant ces heures passées à se nourrir, les hippopotames sont solitaires. Chacun part de son côté et demeure silencieux. Ils restent en contact par des sons (grognements) émis de temps en temps. Le son portant jusqu’à un kilomètre le long de la rivière, une chaîne d’échos de proche en proche, et de groupe en groupe, retentit tout au long du fleuve (3). Les premières lueurs de l’aube sonnent le regroupement et tout le monde se dirige vers la mare de repos.

Relation mère-enfant

Les hippopotames se reproduisent pendant la saison sèche entre février et août. Le mâle dominant peut s’accoupler avec plusieurs femelles du groupe. Les femelles gestantes deviennent particulièrement agressives avec quiconque les approche. Pendant quelques mois, elles vont s’isoler à l’écart du groupe. Après huit mois de gestation, la femelle met au monde un seul petit qui pèse près de 50 kilos à la naissance, laquelle a généralement lieu sur la terre ferme. Il arrive qu’il naisse en eau peu profonde, auquel cas la mère prend un soin particulier à l’aider à se mettre au sec.

Ils ne rejoindront le troupeau qu’au bout de 14 jours après la mise-bas. C’est durant ces premiers jours que les mères nouent des liens étroits avec leur petit. Leur relation est très forte et pleine de démonstration d’affection. Ils passent leur journée à se toiletter et à se câliner (2).

La mère va se montrer très protectrice envers son petit et devient agressive s’il est approché par des congénères ou des prédateurs. Le mâle alpha veille aussi sur les jeunes et attaque dès que le troupeau est menacé. Si le mâle n’est pas tolérant avec les autres mâles, il se laisse facilement entraîner dans des jeux avec les jeunes hippopotames. Les jeunes ont la particularité de pouvoir téter leur mère sous l’eau grâce à la présence de mamelles situées assez bas au niveau de l’aine. Mais même lorsque la femelle est sur terre, les petits tètent en apnée !

Communication

Les hippopotames sont des animaux très sociaux qui communiquent entre eux en permanence. Ils possèdent un large répertoire de sons sous l’eau comme à la surface.

Ce sont les seuls mammifères à posséder un appel amphibie ; une vocalisation qui peut être faite sur terre comme sous l’eau (4). Lorsqu’ils sont à la surface, les sons sont émis en expirant l’air par les narines alors que sous l’eau, les sons sont produits par le larynx.

Le honking call, sorte de klaxon, est le son le plus fréquemment utilisé. Il sert à prévenir les hippopotames immergés d’un danger. Quand il est lancé par le mâle dominant, il peut être repris en chœur par les autres mâles à plus d’un kilomètre à la ronde. Il peut aussi être émis pour indiquer le retour à la zone de repos au petit matin (5).

C’est en fin d’après-midi que les signaux acoustiques sont les plus nombreux et que la fréquence des bâillements augmente. C’est le signal qui va déclencher le déplacement pour aller se nourrir (3).

Plus le troupeau est grand, plus il y aura d’émissions sonores. Autres sons connus de leur répertoire vocal : la respiration sifflante, le bâillement, le rugissement et les bavardages.

La communication olfactive et visuelle la plus répandue se traduit chez eux par la dispersion des excréments. Ils projettent leur urine ou leur crottin grâce à des mouvements circulaires de la queue. Ce comportement va servir à marquer les limites de leur territoire et les chemins qui mènent aux zones de pâture, mais aussi à montrer leur soumission face à un mâle alpha. Ainsi, un animal dominé qui entre dans une mare va se retourner pour réaliser une « défécation de soumission » à la face du mâle alpha, lui montrant ainsi qu’il reconnaît son statut de chef. Celui qui ne respecte pas le code et qui garde la tête haute s’expose à de lourdes représailles car cela sera interprété comme un défi (3).

C’est généralement à l’âge de 7 ans que les jeunes mâles vont commencer à essayer de défier l’autorité de l’alpha. Cette compétition se traduit par des bâillements pour exhiber les dents, des rugissements, des claquements de mâchoire et des projections d’excréments (4). Les coups de canines pourront se révéler mortels mais dans la majorité des cas, les jeunes insolents seront simplement chassés du troupeau.

On peut aussi fréquemment observer les hippopotames absorber l’urine de leur congénère afin de vérifier leur statut reproductif. C’est leur organe voméronasal présent sur le palais qui leur permet d’analyser ces informations.

L’empathie chez les hippopotames

Selon le primatologue Franz de Waal, « l’empathie caractérise tous les mammifères » (8). Selon lui, cette faculté d’être sensible aux émotions ou à la situation de l’autre, découle naturellement des soins maternels. Au cours de safaris, plusieurs touristes ont pu photographier ou filmer des scènes prouvant que les hippopotames sont dotés de telles facultés.

Sur ces images, on peut y observer des hippopotames venant au secours d’antilopes ou de gnous piégés dans l’eau par les mâchoires d’un crocodile (6, 7). Au cours de ces véritables sauvetages, on peut voir l’hippopotame chasser et mettre en fuite le crocodile et pousser l’animal blessé pour essayer de le hisser hors de l’eau. Dans le cas de l’antilope filmée en 2009, l’hippopotame va lui prodiguer de véritables soins, en prenant délicatement sa tête dans sa gueule, tout comme il l’aurait fait avec un de ses congénères.

Références

1-
Le Règne animal (2002), in Encyclopédie universelle, Gallimard.
2-
http://www.slire.net/download/772/amoussou.pdf
3-
http://www.larousse.fr/encyclopedie/vie-sauvage/hi…
4-
http://animaldiversity.org/accounts/Hippopotamus_a…
5- Kingdom J. [1997]. The Kingdom Field Guide to African Mammals. London: Academic Press

6-
http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2…
7-
http://www.dailymotion.com/video/x1gv8fo_un-hippop…
8-
http://next.liberation.fr/livres/2010/03/11/l-empa…

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Les perroquets

Les perroquets

Les perroquets
02.06.2017
Monde
Les perroquets
Animaux sauvages

Les perroquets (famille des Psittacidés) ont une vie mentale et émotionnelle particulièrement riche. L’intelligence de certains d’entre eux est comparable à celle des grands singes, des dauphins ou des éléphants.

Le perroquet

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Tout commence avec Alex

A la fin des années 1970, à l’université d’Harvard, les travaux d’Irène Pepperberg avec Alex ont révolutionné notre regard sur l’intelligence des perroquets et plus largement sur celle des oiseaux. Alex, mort en 2007, était un perroquet gris du Gabon qui portait l’acronyme « Avian Learning EXperiment ». Ses capacités cognitives se sont révélées tout à fait stupéfiantes et ont ouvert la voie à d’autres études, notamment françaises, portant sur le langage « naturel » des perroquets sauvages ou sur leur vie émotionnelle.

Alex faisait usage de façon référentielle à de nombreux mots humains (Pepperberg, 1999). Il pouvait nommer correctement plus d’une centaine d’objets (Pepperberg, 1990). Il désignait sans difficulté les points communs ou les différences entre les objets (forme, couleur, texture, etc.). À la question : « De quelle matière est fait cet objet (bois, tissu, plastique) ? », Alex répondait correctement. Alex maîtrisait aussi le concept d’absence et de zéro, savait compter jusqu’à six et pouvait comparer des objets (« plus grand que » ; Pepperberg, 1999). Il était également capable de déterminer la quantité d’un type d’objets au sein d’un ensemble hétérogène variant selon deux paramètres : il pouvait ainsi indiquer le nombre de cubes bleus dans un ensemble constitué de sphères et de cubes bleus et rouges (Pepperberg, 1994a ; Pepperberg & Gordon, 2005 ; Pepperberg, 2006a ; Pepperberg, 2006b).

Alex était donc à même de décrire des éléments et des événements de son environnement en employant un système arbitraire de communication, à savoir des mots, et donc de communiquer de façon fonctionnellement référentielle (Pepperberg, 1999 ; Pepperberg, 2001 ; Pepperberg, 2006a).

Ce perroquet possédait également la notion de permanence de l’objet (Pepperberg & Funk, 1990). Ces différentes études ont amené à s’interroger sur les capacités cognitives des perroquets. Ces derniers présentent une divergence nette en matière d’architecture du cerveau, par rapport aux grands singes. Et pourtant, ce sont des capacités cognitives convergentes que l’on peut observer chez ces deux groupes très éloignés du point de vue de la phylogénie (Emery & Clayton, 2004a ; Emery & Clayton, 2004b).

The Alex Studies : Cognitive and Communicative Abilities of Grey Parrots
Irène Pepperberg

Harvard University Press

https://books.google.be/books/about/The_Alex_Studi…

Aujourd’hui les chercheurs admettent que même si le cerveau des oiseaux est plus petit que celui des mammifères, la zone dédiée à l’intelligence est proportionnellement la même que celle d’animaux comme le chimpanzé. Les perroquets sont classés en 3e position sur l’échelle de l’intelligence animale derrière les dauphins et les singes. Comparé à l’homme, le perroquet Alex possédait l’intelligence d’un enfant de 5 ans. Sa communication égalait celle d’un enfant de 2 ans.

Les perroquets ont une vie sociale

Les perroquets gris africains sauvages sont discrets et permettent rarement aux humains de les approcher. Aussi leur observation est-elle difficile. Ils sont très sociables et nichent au sein de grands groupes dont chaque famille occupe son propre arbre pour élever ses petits.

Matin et soir, ils se rassemblent en nombre et s’appellent bruyamment. Pendant la journée, ils se répartissent en groupes plus petits et volent sur de longues distances pour trouver à manger. Ils se reposent souvent dans les arbres au-dessus de l’eau ou sur des îles dans les rivières. Les jeunes oiseaux restent avec leurs groupes familiaux pendant plusieurs années. Ils socialisent avec d’autres perroquets de leur âge dans les arbres où ils naissent et demeurent au sein de la grande communauté. Les jeunes perroquets gris sont pris en charge par les oiseaux plus âgés jusqu’à ce qu’ils soient assez instruits et assez vieux pour devenir des membres indépendants du groupe.

Les perroquets gris africains libres doivent acquérir un ensemble de compétences complexes. Ils doivent notamment apprendre à distinguer les plantes comestibles des plantes toxiques, à défendre leur territoire, à reconnaître et éviter les prédateurs, à trouver de l’eau potable et retrouver leur famille lorsqu’ils sont séparés. En outre, ils doivent apprendre à développer des comportements sociaux appropriés telles que la défense des sites de nidification et l’éducation de la progéniture. La concurrence autour des trous de nidification pendant la saison de reproduction rend alors les individus très agressifs.

Parce que les perroquets gris africains se nourrissent partiellement au sol, ils ont mis au point diverses stratégies de sécurité pour atterrir et manger sans crainte. Des groupes de perroquets se réunissent sur un arbre stérile jusqu’à ce qu’il soit complètement couvert de centaines d’oiseaux qui lissent leurs plumes, vocalisent et socialisent. Finalement, une première vague d’oiseaux descend au sol, pendant qu’une partie du groupe reste dans l’arbre pour ne jamais être sur le terrain en même temps. Une fois sur le sol, ils se montrent extrêmement vigilants, prêts à réagir à tout mouvement ou son, tandis que les autres perroquets montent la garde du haut de l’arbre.

The African Grey Parrot Handbook
Athan, M., D. Deter, 2000, Hauppauge, NY: Barron’s Educational Series

Consulté le 20 mars 2008 :
http://books.google.com/books?id=qqrxmrS2bXQC

Les perroquets utilisent la communication référentielle

« La communication référentielle correspond à la capacité de véhiculer des informations sur des objets et/ou événements de l’environnement. De plus en plus d’études suggèrent que la communication référentielle ne serait pas restreinte à la cognition humaine mais pourrait plutôt être basée sur des compétences complémentaires avec des origines diversifiées et évolutivement plus anciennes. C’est ce qu’a prouvé Nicolas Giret avec sa thèse sur les perroquets gris du Gabon (Psittacus erithacus). Ses études montrent la capacité des perroquets à produire des vocalisations spécifiques dans certaines situations, à apprendre quelques mots de façon référentielle et à faire la distinction de quantités dénombrables et indénombrables.

Communication référentielle chez le perroquet gris du Gabon (Psittacus erithacus)Nicolas Giret, thèse de doctorat en Neurosciences, 2008, sous la direction de Dalila Bovet et de Michel Kreutzer

http://www.theses.fr/2008PA100063

Les perroquets se parlent entre eux

« Quelques espèces animales sont capables d’apprentissage vocal. Les perroquets sont bien connus pour leurs capacités d’imitation vocale. Une étude a permis d’examiner si les perroquets gris d’Afrique émettent des vocalisations spécifiques dans des contextes spécifiques.

Cette étude montre que le répertoire vocale des perroquets gris en captivité est assez différent de celui des perroquets dans la nature ce qui suggère que les populations isolées développent des appels qui leur sont spécifiques.

Après avoir répertorié une centaine de vocalises des perroquets captifs, les chercheurs ont pu en associer certaines à des émotions précises comme la colère ou la surprise. Présentés à d’autres perroquets, ces cris ne provoquaient aucune réaction. On peut en déduire que les perroquets émettent certaines catégories d’appels dans certains contextes : détresse, protestation, alarme, demande (quand un oiseau voulait obtenir quelque chose de l’expérimentateur) et des appels de contact. Ces résultats suggèrent que certains appels sont appris et peuvent être utilisés dans des contextes spécifiques. Les spécimens avaient inventé leur propre code de communication en se mettant d’accord pour associer un son à un contexte. »

Context-related vocalizations in African grey parrots (Psittacus erithacus)
Nicolas Giret & Aurélie Albert & Laurent Nagle & Michel Kreutzer & Dalila Bovet

https://www.researchgate.net/publication/251311800…

Les perroquets ont des dialectes régionaux

La relation entre l’évolution culturelle et génétique a été examinée chez l’Amazone à nuque d’or. On a déjà pu démontrer que cette espèce de perroquet utilisait des dialectes régionaux en identifiant des appels de contact de structures très différentes. En comparant l’ADN des oiseaux en fonction de leur dialecte, il apparait que les gènes et la culture ne sont pas étroitement associés chez l’Amazone à nuque jaune. Au contraire, ils suggèrent que la diversité régionale des vocalisations est due aux contraintes du milieu qui favorisent l’apprentissage social et permettent aux répertoires individuels de se conformer aux types d’appels locaux.

Notons que selon la chercheuse Dalila Bovet, le cerveau du perroquet s’est sans doute développé sous l’influence de la vie communautaire, comme celui des grands singes. À l’état sauvage, les perroquets gris du Gabon s’organisent autour d’un système de fission-fusion. Ils se rassemblent le soir pour se protéger des prédateurs, mais se séparent ou recréent de plus petits groupes le jour pour chercher de la nourriture. Cette organisation a pu contribuer au développement d’un cerveau social, car elle demande une souplesse intellectuelle et des capacités de reconnaissance individuelles et de catégorisation pour identifier la place de chaque congénère du groupe dans sa propre sphère. La monogamie de l’espèce pourrait aussi jouer un rôle dans le développement de l’intelligence pour gérer les relations du couple à long terme, ce qui — comme pour les humains — oblige à déployer parfois des trésors de patience et de négociation.

Population genetic structure and vocal dialects in an amazon parrot
Timothy F. Wright

Département de Biologie, Université du Maryland, College Park

http://citeseerx.ist.psu.edu/showciting?cid=174985…

Les perroquets donnent des ordres

Un perroquet gris d’Afrique, à qui avait déjà été enseignée la désignation vocale (vocal labeling) pour plusieurs objets, formes et couleurs, a également appris à utiliser le mot « vouloir » devant un objet désiré, et à discriminer ainsi clairement la fonction de désignation de la fonction de requête. L’utilisation de ce préfixe « want » a ensuite été généralisée par le perroquet à des situations nouvelles.

An interactive modeling technique for acquisition of communication skills: Separation of « labeling » and « requesting » in a psittacine subject
Applied Psycholinguistics, vol. 9, n° 1, mars 1988, pp. 59-76

http://journals.cambridge.org/action/displayAbstract;jsessionid=8730A2B00B0E302450E5466BB812799A.journals?fromPage=online&aid=2615000

Les perroquets savent compter

Lors d’une ultime expérience, publiée après sa mort, Alex a prouvé qu’il pouvait additionner avec précision un ensemble de chiffres arabes et en donner la somme.
Au cours de 12 essais, la question suivante lui a été posée : « Combien vaut le total ? » Alex a donné la réponse correcte neuf fois sur dix, déclarant que 3 + 4 égalent 7, 4 + 2 égalent 6, 4 + 4 égalent 8, etc.

Lorsqu’on lui a présenté successivement trois ensembles d’objets cachés sous trois tasses et qu’on lui a demandé combien faisait la somme, Alex a répondu correctement huit fois sur dix. Il a déterminé, par exemple, que un, plus deux, plus un bonbon faisaient quatre.
« Cette étude montre quatre modèles de comportement non signalés précédemment concernant la compétence numérique chez un sujet non-humain, non-primate et non mammifère. »

On peut notamment citer le fait de prendre l’initiative de compter, de pouvoir combiner des opérations, de comprendre la notion de zéro comme un humain ou un singe et enfin d’être capable d’établir des stratégies de comptage.

Further evidence for addition and numerical competence by a Grey parrot (Psittacus erithacus)
http://link.springer.com/article/10.1007%2Fs10071-…

Les perroquets coopèrent entre eux

« L’une des principales caractéristiques des sociétés humaines est le degré étendu de la coopération entre les individus. La coopération est un phénomène complexe, qui est également constaté chez les primates non humains au cours des études de laboratoire et lors des observations sur le terrain dans le comportement de chasse notamment. Certains auteurs suggèrent que les pressions supposées avoir favorisé l’émergence de l’intelligence sociale chez les primates sont similaires à celles qui ont permis l’émergence de capacités cognitives complexes chez certaines espèces d’oiseaux tels que les corvidés et les psittacidés. Dans la nature, les perroquets montrent des comportements coopératifs tels que les soins biparentaux. La résolution coopérative de problèmes chez les perroquets gris d’Afrique (Psittacus erithacus) a été étudiée par le Dr Dalila Bovet. Elle s’est intéressée aux différents niveaux d’organisation comportementale entre les oiseaux, qui diffèrent par la complexité temporelle et spatiale ».

Un test déjà effectué par d’autres chercheurs sur les chimpanzés et les éléphants a démontré que deux perroquets gris du Gabon étaient capables de collaborer ensemble, en tirant simultanément sur une ficelle formant une boucle — chacun prenant une des deux extrémités de celle-ci dans son bec —, seule façon d’amener à eux un support garni de nourriture. Lors d’un autre test, l’un des perroquets devait, cette fois-ci, grimper à une perche pour libérer le support plein de nourriture, afin que son congénère puisse tirer une ficelle et ramener l’objet convoité. Le test a été couronné de succès, même en inversant les rôles respectifs.

Enfin, en proposant aux trois oiseaux impliqués dans cette recherche le choix entre une manipulation solitaire rapportant une petite récompense et une manipulation à deux rapportant davantage de nourriture, la Dre Bovet a obtenu de surprenants résultats, révélant la personnalité de chaque oiseau. Si le mâle Leo a systématiquement choisi le travail en coopération, Shango a toujours opté pour la tâche solitaire, tandis que la femelle Zoe, enfin, préférait travailler en couple lorsque le partenaire proposé était son ami Leo, et l’option solitaire lorsque c’était Shango, avec lequel elle a obstinément refusé de collaborer.

Cooperative problem solving in African grey parrots (Psittacus erithacus)
Animal Cognition, juillet 2011, vol. 14, n° 4, pp. 545-553

http://link.springer.com/article/10.1007%2Fs10071-…
http://link.springer.com/article/10.1007/s10071-01…

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Des procédures inédites lancées pour sauver cinq éléphantes

Des procédures inédites lancées pour sauver cinq éléphantes

Des procédures inédites lancées pour sauver cinq éléphantes
23.05.2017
Des procédures inédites lancées pour sauver cinq éléphantes
Exploitation pour le spectacle

Cinq éléphantes, cinq histoires tragiques. Enfermées dans des cirques, ces personnes animales doivent être sauvées en urgence. Pour elles, One Voice réclame la liberté et lance pour la première fois des procédures habituellement réservées aux humains.

Lechmee, Mina et Kamala

La souffrance permanente de Lechmee, causée par un problème de rigidité à la patte avant qui l’empêche de marcher correctement, est particulièrement préoccupante. Sa cécité est déjà un lourd handicap, au point que c’est Mina qui doit l’aider à s’alimenter!

Elle ne participe pas aux spectacles, contrairement à ses deux compagnes Mina et Kamala qui, malgré leur âge avancé, continuent d’être exploitées.

Le Dr Pierre Gallego, spécialiste de la faune sauvage, a décrit le cas de Lechmee comme une maltraitance avérée et jugé que les trois éléphantes de ce cirque étaient dans un état de misère physiologique ! Selon lui, il est « impératif de les sortir du milieu du cirque afin de leur offrir une retraite dans un environnement adapté à leur espèce. De plus, il est nécessaire de prévoir de garder ces trois éléphants ensemble car ils ont tissé des liens sociaux très importants dont leur survie dépend. »

Samba et Maya

Deux autres éléphantes: Samba, pour qui One Voice se bat depuis 2005, ainsi que Maya, sont également dans une situation d’urgence. Elles ne disposent, dans leurs cirques respectifs, d’aucun enrichissement pour s’occuper ni même d’un minimum de confort. Leur isolement rend leur quotidien insupportable au point que
Samba s’est échappée en décembre 2013, bousculant et tuant dans sa course un riverain…

Les éléphants sont des animaux pour qui les liens sociaux et familiaux sont d’une extrême importance. Selon un rapport établi en 1997 par les Drs Gsandter, Pechlaner et Schwammer à la demande du Commissaire à l’environnement de Vienne,
« à cause de leurs caractéristiques biologiques entraînant un comportement social très développé, il est impossible pour les cirques de détenir des éléphants dans des conditions en accord avec les besoins de chaque animal.. »

Des personnes animales

La loi reconnaît que les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité et qu’ils doivent être détenus dans des conditions conformes à leurs besoins physiologiques. Pour One Voice, qui s’est engagée dans cette réflexion avec l’association Nonhuman Right Project de Steve Wise, ceci est suffisant pour leur reconnaître la qualité de personnes animales et leur accorder des libertés fondamentales et, notamment, le droit de vivre conformément à leur nature et leurs besoins.

Deux procédures inédites pour les sauver

Pour Lechmee, Mina et Kamala dont la situation est particulièrement grave, One Voice a donc souhaité engager une procédure particulière parallèlement à une procédure classique. Leurs droits fondamentaux étant clairement bafoués, l’association a saisi le 12 mai dernier le juge des référés de Toulouse d’une demande de référé liberté. Cette demande est habituellement destinée à des personnes humaines dont les libertés sont violées. Mais, pour One Voice, ces personnes animales doivent pouvoir également en bénéficier. Par ailleurs, l’association a également saisi la contrôleure générale des lieux de privation de liberté pour elles et pour les éléphantes Samba et Maya (ainsi que pour l’hippopotame Jumbo). Cette démarche, classiquement réservée aux seuls détenus humains, se justifie par les conditions totalement indignes dans lesquelles ils sont maintenus.

One Voice demande le transfert immédiat vers un sanctuaire de Lechmee, Mina, Kamala, Samba et Maya.
Et pour mettre un terme définitif à l’exploitation des animaux sauvages dans les cirques, l’association a lancé une pétition pour l’annulation de l’arrêté 2011. À signer et partager!

Eleveurs sous surveillance: saisie chez des récidivistes

Eleveurs sous surveillance: saisie chez des récidivistes

Eleveurs sous surveillance: saisie chez des récidivistes
22.05.2017
Oise
Eleveurs sous surveillance: saisie chez des récidivistes
Animaux familiers

Le 5 mai dernier, la Cellule Zoé de One Voice était de retour dans l’Oise. Grâce à la vigilance de ses enquêteurs, des éleveurs qu’elle avait déjà fait condamnés pour actes de cruauté ont été mis en garde à vue pour récidive.

7h du matin. Les volets sont fermés. La maison est toujours aussi triste et délabrée. On dirait qu’elle pousse dans la boue qui l’entoure, jonchée de détritus. Les gendarmes entrent d’abord, suivis des vétérinaires de la DDPP puis de One Voice.

Sur le terrain : des dizaines de chèvres naines livrées à elles-mêmes, certaines avec des chevreaux. L’état de leurs sabots dénote de l’absence d’entretien. Et puis un bouc, dans un box de béton sale, exposé à la pluie et au vent, sans eau, ni nourriture. Un autre, effrayé, dans un enclos grillagé boueux, s’abrite tant bien que mal sous une planche posée là. Une vieille niche en plastique est remplie d’urine.

Des chats sont là aussi, certains libres, d’autres enfermés dans des enclos au sol recouvert d’excréments. L’odeur est insupportable. Leurs abris, bricolés et crasseux, ne les protègent même pas du froid. Ils n’ont pas confiance en l’humain et restent tapis dans un coin, à l’abri des regards. Comment sont-ils nourris ? Des os traînent là, ainsi qu’une gamelle remplie de pâtes.

Derrière une porte, nous découvrons un cadavre de chat, abandonné depuis semble t’il déjà longtemps.

Dans la maison, tout est sale. Très sale. Les images de la
première saisie, il y a 6 ans déjà, nous reviennent. Moins de chiens cette fois, « seulement » 4 bouledogues français. Une chienne a subi une césarienne, visiblement sans l’intervention d’un vétérinaire. Et puis des chats encore. Et une poule, du moins ce qu’il en reste. Son pauvre corps, déjà sec, git dans une caisse de transport, dans la cuisine. Depuis combien de temps ?

Nos refuges partenaires sont là. Certains ont fait plusieurs heures de route pour pouvoir mettre en sécurité les animaux au plus vite.

Depuis 2004, nous enquêtons sur ce couple qui se dit éleveurs. En 2011, nous avions obtenu qu’ils soient condamnés à une interdiction définitive de détenir des animaux, ainsi qu’à de la prison ferme pour sévices graves et actes de cruauté. Nous avions sorti 46 chiens de leur domicile. Aujourd’hui, grâce à la surveillance que nous avions heureusement maintenue, ils ont été placés en garde à vue et les animaux qui étaient chez eux ont été saisis. Une procédure est en cours. Nous ferons tout pour que leur peine soit exemplaire.

One Voice tient particulièrement à remercier les gendarmes et la DDPP qui travaillent sur ce dossier à ses côtés depuis le début.

Réponse aux dresseurs du Marineland

Réponse aux dresseurs du Marineland

Réponse aux dresseurs du Marineland
18.05.2017
Antibes
Réponse aux dresseurs du Marineland
Exploitation pour le spectacle

L’arrêté du 3 mai 2017, en plus d’imposer quelques mesures visant à rendre un peu moins pénible la privation de liberté imposée aux cétacés, a réservé une surprise de taille aux delphinariums : la fin de la reproduction des individus captifs – assortie d’une interdiction d’importation – et donc à terme, la fin de la captivité en France.

L’annonce a fait l’effet d’une bombe du côté des delphinariums, en particulier au Marineland d’Antibes. Et pour cause, elle sonne le glas, à moyen terme d’une industrie lucrative, particulièrement pour le fond de pension britannique
Arle Capital Partners, principal actionnaire de Parques Reunidos, multinationale aujourd’hui propriétaire du Marineland, qui affichait en 2014 un résultat net de 5,5 millions d’euros.
Dans une lettre ouverte en réaction au passage de l’arrêté les dresseurs du Marineland s’insurgent contre les accusations de maltraitance qui ne s’appuient selon eux, sur rien de scientifique.

Pourtant, de nombreuses études scientifiques attestent d’une évidence qui n’est plus contestée que par les delphinariums eux-mêmes : les dauphins nés ou vivant en captivité mènent une existence bien plus courte et plus morose que leurs congénères libres, bien en deçà de leurs besoins physiologiques, de leur organisation sociale complexe et de leurs aptitudes émotionnelles extraordinaires qui par bien des aspects, dépassent celles des humains. En plus de les renseigner sur leur environnement, leur sonar agit comme un décodeur des émotions qui leur donne accès à un monde sensoriel que nous n’imaginons même pas.

Dans leur lettre, les dresseurs jurent leur amour des dauphins mais le caractère cruel et douloureux de la captivité n’a pas grand-chose à voir avec le sentiment d’attachement réel que peuvent éprouver les dresseurs pour les dauphins captifs. Les dresseurs- pour la plupart-aiment certainement les dauphins. Les dresseurs repentis de cette industrie comme John Hargrove, ancien dresseur à Sea World et Marineland, apportent à ce sujet un témoignage éclairant et parlent d’un aveuglement, d’une forme de naïveté profonde qui les a conduits malgré tout l’amour qu’ils portaient aux dauphins, à se rendre complices de leur calvaire.

Mais si nous ne doutons pas de l’amour des dresseurs pour les dauphins, ils restent dans un rapport de domination et d’exploitation d’animaux qui n’ont pas choisi d’être là et dont les conditions de vie en bassins interdisent à leurs besoins et aptitudes naturels les plus élémentaires de s’exprimer, à savoir utiliser leur sonar pour appréhender le vaste monde qui les entoure, chasser en groupe, sonder jusqu’à 100 mètres de profondeur, parcourir une centaine de kilomètres par jour, surfer sur les vagues, choisir leurs partenaires parfois pour la vie…

Etrangement, de toutes ces privations, la seule qui semble insupportable aux yeux des dresseurs est celle-là même qui perpétue leur triste destin, génération après génération : la reproduction. Souvent obtenue par insémination artificielle, et/ou imposée à des dauphins qui ne se sont pas choisis ou encore par rapport incestueux. Combien de morts nés ? (l’orque Freya à Antibes a eu au moins 4 mort-nés). Combien d’infanticides ? (le jeune Aicko à Planète Sauvage ou encore la petite Aloa au Parc Astérix) Combien de petits arrachés à leur mère et de séparations, comme la dauphine Femke qui se laisse actuellement mourir de chagrin au parc Astérix depuis qu’on lui a enlevé son fils Ekinox, transféré dans un autre delphinarium ?

Les dresseurs d’Antibes prétendent que grâce aux delphinariums, les visiteurs apprennent à respecter le monde animal. Mais il n’ y a pas de respect dans la contrainte et dans la privation de liberté. Le message transmis par les delphinariums est qu’il est acceptable d’enfermer dans des bassins minuscules des animaux physiologiquement taillés pour parcourir le vaste océan. Des travaux récents démontrent une évidence déjà induite par le bon sens, à savoir que les spectacles d’animaux captifs amènent les enfants à chosifier ces derniers et ne leur permet pas de développer rapport respectueux et empathique au monde vivant.

Dans cette relation du dresseur à l’animal, même parée des meilleurs sentiments, il n’ y a pas de respect. L’animal reste soumis à la domination humaine.

Vous, dresseurs du Marineland, qui « vivez avec les dauphins et les orques au quotidien », vous ne partagez pas leur prison. Chaque jour, c’est de votre plein gré que vous entrez dans le bassin et chaque soir, contrairement aux dauphins, c’est en toute liberté que vous en sortez et rentrez chez vous, retrouver ceux que vous aimez, ceux que vous avez choisi. Vous qui savez à quel point la psychologie et les aptitudes émotionnelles des dauphins sont proches des nôtres, vous qui de toute évidence les aimez, ne pouvez-vous pas faire preuve de davantage d’empathie ? Echangeriez-vous votre place avec la leur ? Si la réponse est non, alors au lieu de nous combattre, aidez-nous à leur donner les clés d’une nouvelle vie.

Une vie où leurs instincts, leurs comportements physiologiques, leurs capacités cognitives et affectives extraordinaires seront libres de s’exprimer à nouveau. Des dauphins captifs ont déjà retrouvé la liberté, c’est possible. Pour monter de nouveaux programmes de réhabilitation de ces orques et dauphins à la vie sauvage, toutes les bonnes énergies seront nécessaires, la vôtre y aurait tout son sens. Comme vous le dites dans votre lettre, vous leur devez tout. Alors vous leur devez bien ça.

Que cette génération de dauphins captifs soit la dernière mais qu’elle ne soit pas pour autant une génération sacrifiée.

Nous protégeons ce que nous aimons.

Nous aimons ce que nous comprenons.

L’amour ne connaît pas de prison.

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Urgence pour Femke : One Voice saisit les tribunaux

Urgence pour Femke : One Voice saisit les tribunaux

Urgence pour Femke : One Voice saisit les tribunaux
16.05.2017
Ile-de-France
Urgence pour Femke : One Voice saisit les tribunaux
Exploitation pour le spectacle

Femke, dauphin femelle détenue par le parc Astérix, est au plus mal depuis qu’on lui a retiré son fils. Pour tenter de l’aider, One Voice lance une procédure d’urgence.

Femke a été capturée par l’industrie de la captivité au large de la Floride il y a près de 40 ans. Depuis 2008, elle est enfermée au parc Astérix. L’an dernier, Ekinox, son fils unique, a été envoyé dans un autre delphinarium. Depuis, elle ne cesse de dépérir.

Inquiète pour elle, One Voice a sollicité le Dr Pierre Gallego, vétérinaire spécialiste des mammifères marins. Il s’est rendu sur place et ses conclusions sont sans appel : outre de multiples lésions cutanées, le corps de Femke présente des symptômes alarmants dont un embonpoint excessif et des boursoufflures au niveau du ventre et du cou. Elle souffre probablement d’une atrophie musculaire, ce qui l’empêche de bouger correctement. Elle ne nage d’ailleurs que très peu et très lentement, se laissant plutôt flotter la plupart du temps. La façon dont elle prend ses virages laisse soupçonner également un problème de mobilité de la tête ou du rachis et elle a beaucoup de mal à plonger et à se maintenir sous l’eau. Elle reste régulièrement prostrée dans un coin du bassin, ce qui n’est pas un comportement normal et peut être un signe de souffrance ou de dépression.
Il conclut ainsi son observation :

Il est de mon avis professionnel que l’état de santé physique et mental de Femke est extrêmement alarmant et nécessite une expertise vétérinaire spécialisée urgente. De plus, la situation dans laquelle Femke est maintenue en captivité n’est pas du tout adaptée. Pierre Gallego Vétérinaire spécialiste des cétacés

Devant cette situation alarmante, le 24 avril 2017, One Voice a adressé à la préfecture d’Amiens une demande d’expertise. Face à leur silence et au regard de l’urgence de la situation, One Voice a saisi le 15 mai 2017 les tribunaux en référé. Le récent arrêté qui officialise la fermeture à terme des delphinariums ne doit pas faire oublier les dauphins encore captifs. Et contrairement aux propos des delphinariums, l’absence de reproduction ne va pas nuire à leur bien-être. Rappelons que c’est la possibilité de présenter un comportement sexuel normal qui est important pour les dauphins, pas l’accès à la reproduction. Le Dr Gallego, à qui nous avons posé la question, nous l’a confirmé. En captivité les cétacés sont souvent sous contraception pour éviter toute consanguinité et c’est d’ailleurs bien souvent par insémination que sont provoquées les grossesses.

La contraception n’a pas d’effet sur le comportement naturel des cétacés et ne les empêche aucunement d’avoir un comportement sexuel normal qui puisse remplir toutes les fonctions sociales nécessaires. Il est de mon avis professionnel en tant que vétérinaire expert en cétacés que la reproduction n’est aucunement un élément clé pour le bien-être des cétacés en captivité. Pierre Gallego Vétérinaire spécialiste des cétacés La sage décision prise par la France est actuellement relayée dans le monde entier, de Sainte Lucie à la Turquie ou à l’Allemagne. Partout, nos homologues et partenaires dans le combat pour la fermeture des delphinariums saluent cet engagement courageux. Mais ce progrès immense, qui se veut prise de conscience, doit aussi bénéficier aux cétacés qui y souffrent le plus. Femke est de ceux-là. Sa situation est extrêmement préoccupante. Nous devons agir pour elle. Muriel Arnal Présidente de One Voice Il est des espèces animales pour lesquelles la captivité est une véritable sanction. C’est le cas pour les humains mais également pour les cétacés comme les orques et les dauphins. Ce ne sont pas des peluches ou des jouets mais des êtres dotés d’une grande sensibilité avec des besoins à la hauteur de leurs performances. Les priver de liberté par agrément n’est pas digne d’une société civilisée. Avec cet arrêté, la France renoue avec sa tradition de liberté et de pays des droits des personnes. Arielle Moreau avocate des droits de l’animal et consultante pour One Voice

Delphinarium : un clip pour des faits réels

Delphinarium : un clip pour des faits réels

Delphinarium : un clip pour des faits réels
12.05.2017
Delphinarium : un clip pour des faits réels
Exploitation pour le spectacle

Il y a ce que les delphinariums racontent, il y a ce qu’ils montrent au public, ce qu’ils veulent faire croire aux enfants. Et puis il y a les faits. L’histoire des individus qu’ils exploitent n’a rien de festif. Pour eux, le combat de One Voice continue.

One Voice vous propose de découvrir ce clip, réalisé avec la coalition européenne Sosdelfines.org dont elle est membre. Il raconte en dessins la vie de
Femke, d’Inouk, de Galéo et Aïcko. Pensé pour les enfants, qui ont le droit de connaître la vérité, il se veut un support pour les aider à s’engager contre les delphinariums, comme Melvil, 8 ans, qui a prêté sa voix pour la conclusion.

Les enfants sont le premier public visé par l’industrie de la captivité. Ils y sont exposés à une violence maquillée mais réelle.

La fermeture enfin programmée des cirques marins en France ne doit pas le faire oublier car les spectacles vont encore continuer tant qu’ils auront des détenus.

One Voice poursuit son combat pour offrir aux individus captifs une fin de vie dans la dignité.

Agneau brûlé vif… One Voice plaide en Corse

Agneau brûlé vif… One Voice plaide en Corse

Agneau brûlé vif… One Voice plaide en Corse
12.05.2017
Agneau brûlé vif… One Voice plaide en Corse
Autre campagne de l’association

One Voice plaidera la cause des agneaux dans le procès de Mr D. Un cas inacceptable d’actes de cruauté, et une vraie question sur un site pénitentiaire hors normes…

Né en 1961, Mr D. n’est pourtant pas un adolescent fiévreux… D’ailleurs, s’il est en cette fin 2016 placé en détention au centre pénitentiaire de Casabianda, situé sur la commune d’Aléria (Haute-Corse), c’est qu’il n’a pas un casier de toute beauté.

Casabianda est l’unique prison ouverte de France, mi-maison d’arrêt, mi-ferme expérimentale, avec accès à la plage. Un régime très spécifique est ici accordé aux détenus, pour la plupart jugés pour des violences sexuelles : la privation de liberté est relative et ils sont surtout considérés comme des ouvriers agricoles sur ce domaine, propriété du ministère de la Justice.

À Casabianda, on élève des moutons, des cochons aussi, dans des standards très aléatoires car les détenus ne sont pas particulièrement formés. Élever est d’ailleurs un bien grand mot : les agneaux des brebis, dont le lait est le produit recherché, sont ainsi destinés à un abattage rapide, plus économique et pratiqué sur place, à l’emporte-pièces… Environ 200 agneaux sont ici tués chaque année.

Si Mr D. a jeté un agneau qu’il savait vivant,dans un brasier ardent (« Il était malade » plaidera-t-il) ce qui lui vaut aujourd’hui d’être jugé au titre de l’article 521 du Code Pénal, pour actes de cruauté envers une animal domestique, est-ce donc la faute d’un individu particulièrement pervers ou celle d’un système sans garde-fou ?

Le tribunal jugera. One Voice, partie civile, ne peut laisser l’acte individuel impuni. Elle a également écrit au Garde des Sceaux, pour faire toute la lumière sur le fonctionnement de ce centre pénitentiaire. Car laisser des pervers sexuels s’occuper d’animaux, fragiles et très vulnérables, interroge, et faire des prisons des zones de non-droit plus encore.

Note : One Voice a décidé de donner un nom à cet agneau traité comme un déchet de l’industrie laitière : Luka.

La fin d’un esclavage

La fin d’un esclavage

La fin d’un esclavage
10.05.2017
France
La fin d’un esclavage
Exploitation pour le spectacle

C’est une victoire historique ! Le fruit d’un travail sans relâche, entamé il y a déjà plusieurs années par One Voice. La décision ministérielle qui vient d’être prise marque un grand tournant. Bientôt, les delphinariums ne seront plus qu’un triste souvenir. Retour sur notre campagne.

Depuis le 3 mai dernier, le destin des cirques marins français est scellé. Le ministère de l’Environnement a interdit la reproduction des orques et des dauphins captifs, ainsi que les échanges entre parcs, signant ainsi la fermeture à terme des delphinariums. Si son combat pour ceux qui y sont encore détenus continue, One Voice – membre de la coalition Dolphinaria Free Europe – se réjouit de ce résultat auquel elle œuvre sans relâche depuis déjà plusieurs années.

Ce courageux arrêté intervient alors que l’industrie sollicitait de nouveaux aménagements, pesant économiquement pour imposer une souffrance animale dénoncée par One Voice depuis 20 ans. Rétrospective d’une année de combat vers la victoire…

  • Avril 2016 : One Voice apprend que l’industrie tente de renégocier l’arrêté du 24 août 1981, régissant l’activité des delphinariums. Ingrid Visser, biologiste néo-zélandaise de réputation mondiale, visite les sites français à l’invitation de One Voice. L’état de Galéo, détenu à Port-Saint-Père, l’inquiète particulièrement…
  • Mai 2016 : publication du rapport d’Ingrid Visser, traduit par un expert assermenté auprès des tribunaux, et envoi de dossiers au ministère de l’Environnement. Dépôt de plainte pour Galéo.
  • Juin 2016 : requête auprès du tribunal pour visite, en présence d’huissier, de la cité marine de Port-Saint-Père. Libération publie une tribune de Corine Pelluchon, philosophe, sur la vérité des delphinariums et pour sauver Galéo.
  • Août 2016 : la visite sous huissier est effectuée, mais le delphinarium attaque One Voice en référé afin que le constat réalisé ne puisse être utilisé.
  • Octobre 2016 : visites des delphinariums avec Naomi Rose, Dre en biologie et spécialiste américaine des mammifères marins. Un rapport d’urgence concernant Aïcko (Port-Saint-Père) motive une nouvelle plainte ; découverte de l’état de Femke (parc Astérix), suivi enclenché.
  • Novembre 2016 : mort d’Aïcko (6 ans), lancement d’un référé pour expertise des conditions de ce décès. Réunion au ministère, remise de tous les rapports établis : demande explicite d’interdire la reproduction en captivité et les échanges inter-delphinariums.
  • Février 2017 : un expert judiciaire est désigné par le Tribunal de Grande Instance de Nantes, dont le président reprend les arguments juridiques de One Voice et évoque les droits fondamentaux des dauphins, une première en France !
  • Février 2017 : One Voice mène campagne dans la cadre de la consultation publique ouverte par le ministère de l’Environnement sur la révision de l’arrêté de 1981. Plus de 16 000 citoyens protesteront à notre demande dans le cadre de cette consultation…
  • Mars 2017 : réunion d’experts (avocats et vétérinaires spécialistes) à Port-Saint-Père dans le cadre de l’expertise judiciaire.
  • Avril 2017 : visite des parcs ayant rouvert, prises de vue de Femke (parc Astérix), évaluation de son état critique par le Dr Pierre Gallego, vétérinaire spécialiste des cétacés ; notre vidéo est reprise à l’étranger (plus d’1 million de vues). Derniers contacts avec le ministère, envoi d’arguments dans un courrier/dossier le 13 avril.
  • Mai 2017 : décision finale du ministère. Victoire ! La reproduction et le transfert des cétacés entre parc est désormais interdit. Les delphinariums vont devoir fermer.

One Voice continue son combat pour les cétacés captifs. Ils ne seront pas remplacés mais leur calvaire est toujours d’actualité. Un référé a été déposé concernant Femke pour laquelle nous sommes très inquiets.