Pour les chats errants, inauguration du Chatipi à Chanteloup-les-Vignes le samedi 9 avril à 11h

Pour les chats errants, inauguration du Chatipi à Chanteloup-les-Vignes le samedi 9 avril à 11h

Pour les chats errants, inauguration du Chatipi à Chanteloup-les-Vignes le samedi 9 avril à 11h
07.04.2022
Chanteloup les vignes
Pour les chats errants, inauguration du Chatipi à Chanteloup-les-Vignes le samedi 9 avril à 11h
Animaux familiers

One Voice, qui lutte contre l’errance féline depuis des années, met en place des partenariats triangulaires avec des municipalités et des associations locales, pour identifier, stériliser les chats sans abri et les relâcher en leur procurant un chalet en bois pour s’hydrater, se nourrir et se réconforter. L’inauguration du Chatipi aura lieu à Chanteloup-les-Vignes le samedi 9 avril à 11h.

Crédit photo: SOS Matous de Chanteloup

One Voice, qui lutte contre l’errance féline depuis des années, met en place des partenariats triangulaires avec des municipalités ou des lieux de vie, et des associations locales, pour identifier, stériliser les chats sans abri et les relâcher en leur procurant un chalet en bois pour s’hydrater, se nourrir et se réconforter. C’est donc ce qui s’est passé à Chanteloup-les-Vignes dans les Yvelines, où l’association locale « SOS Matous de Chanteloup » et la mairie ont fait appel à One Voice pour qu’elle prenne en charge la problématique des chats errants sur la commune. Le programme Chatipi permet aux chats sans famille humaine de ne plus souffrir de la misère. L’inauguration du Chatipi aura lieu à Chanteloup-les-Vignes, le samedi 9 avril à 11h.

L’inauguration aura lieu devant le chatipi le samedi 9 avril à 11h, rue d’Arlequin, près du Chapiteau de la Compagnie des Contraires, en présence de Sophie Chergui, présidente de l’association SOS Matous de Chanteloup, des associations et des élus locaux. Enfin, c’est Cindy Tucci, la référente du groupe militant Paris-Ile de France, qui représentera One Voice.

Le site dédié au programme Chatipi a été inauguré au début du mois de mars et présente de multiples informations sur ce programme pédagogique en faveur des chats.

Chatipi, une solution durable au cercle vicieux de l’errance féline

Chatipi est un dispositif à visée éthique visant à créer des espaces pour les chats errants afin de les secourir tout en sensibilisant les citoyens à leur détresse et leurs besoins. Une vingtaine sont en cours de développement. Plusieurs chatipis ont été établis près d’EHPAD, de maisons de santé ou d’hôpitaux pour également apporter du réconfort aux résidents, et à proximité d’écoles car le but de One Voice est fondamentalement de faire de la pédagogie sur les chats.
En effet, on décrit trop souvent par erreur ces petits félins comme des animaux indépendants, alors qu’ils sont très affectueux, fidèles et dépendants, ce qui les rend vulnérables en cas d’abandon.

L’errance féline, cela étant, n’a pas l’abandon comme seule source. Ce cercle vicieux part d’a priori erronés sur les chats, notamment qu’ils auraient un besoin intrinsèque de se reproduire pour être heureux, ce qui mène leur famille humaine à ne pas toujours les faire stériliser. De nombreuses naissances de chats ont ainsi lieu dans la nature. Ces chatons, quand ils survivent, sont dans tous les cas frappés par la faim, le froid et les maladies. Ils ne sont ni identifiés ni stérilisés, car leurs humains ne sont parfois même pas au courant que ces chatons existent. Or les portées, dans ces circonstances, ne font que se multiplier. Les municipalités ou lieux de vie doivent gérer ces individus confrontés à la misère, qui affectent également la biodiversité.

Répartition des tâches et des responsabilités à Chanteloup-les-Vignes

One Voice, qui a inventé le concept Chatipi, fournit le chalet et prend en charge les frais vétérinaires et d’alimentation d’une vingtaine de chats au démarrage de l’opération (stérilisation, identification, tests) ainsi que le panneau pédagogique. La mairie a construit la dalle en béton et, avec l’association locale, a réalisé le montage du chalet et son aménagement. L’association locale va gérer les trappages pour la stérilisation des chats et leur suivi sanitaire. Elle assurera aussi leur nourrissage et le nettoyage du chalet.

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Un peu moins d’animaux dans les labos en 2020?

Un peu moins d’animaux dans les labos en 2020?

Un peu moins d’animaux dans les labos en 2020?
07.04.2022
France
Un peu moins d’animaux dans les labos en 2020?
Expérimentation animale

Tous les ans, on attend les chiffres de l’expérimentation animale, et tous les ans, ils sont décevants. Entre les animaux oubliés par les statistiques, l’absence d’évolution des pratiques et la représentation des souffrances et des morts dans des tableaux dénués de toute émotion, on voit bien que le combat est loin d’être gagné.

Encore et toujours, les chiffres de l’expérimentation animale arrivent très tard en France. Fin février 2022, on vient tout juste de connaître ceux de l’année 2020. On nous dira que c’est deux mois plus tôt qu’en 2019 (où il avait fallu attendre fin avril et une plainte de notre part contre la France auprès de l’Europe pour avoir les chiffres de 2017) et quatre mois plus tôt qu’en 2020 (avec la publication fin juin des chiffres de 2018). Si cette « enquête statistique » était complète, bien présentée, et accompagnée de relevés détaillés comme en Angleterre, on pourrait pardonner ce retard. Mais quand on se retrouve face à un document de quelques pages qui oublie d’indiquer d’où proviennent les primates utilisés et qui n’établit aucune comparaison avec les années précédentes, on se dit que la « transparence », récemment devenue un leitmotiv dans la défense de l’expérimentation animale, n’est vraiment que de la poudre aux yeux.

Des chiffres en baisse… sur le papier

L’enquête signale une bonne nouvelle du côté du nombre d’animaux utilisés, puisqu’il est inférieur de 200 000 au nombre calculé pour 2019 – mais le ministère reconnaît lui-même dans le document que « cette baisse s’explique en partie par l’épidémie de COVID-19 qui a conduit à la suspension de l’activité de certains établissements ». Bonne nouvelle, dans ce cas? Pas vraiment : dès mai 2020, un chercheur mentionnait à la radio le « sacrifice » de milliers d’animaux dans les laboratoires « puisqu’on n’avait plus la possibilité pour le personnel de venir s’en occuper ». L’OPAL, association de professionnels de l’expérimentation animale, avait même publié des directives indiquant des seuils d’absence à partir desquels prévoir des procédures d’euthanasie (15% d’absents), commencer les euthanasies (40% d’absents) ou euthanasier massivement les animaux (60-75% d’absents).

S’il faut encore le rappeler, les chiffres fournis par le ministère ne désignent pas un nombre d’individus utilisés et/ou tués, mais un nombre de procédures. Les euthanasies seules n’étant pas considérées comme des procédures, les animaux tués à cause du manque de personnel ne sont pas décomptés dans l’enquête. Nous avions d’ailleurs déjà dénoncé cette mauvaise pratique d’enquête statistique à propos des animaux tués pour récupérer leurs tissus ou pour gérer les surplus d’élevage, dans la mesure où cela permet de réduire artificiellement les chiffres de moitié. La baisse des chiffres de l’enquête ne veut donc pas dire que moins d’animaux sont morts dans les laboratoires en 2020, mais simplement qu’il y a eu moins d’expériences.

En bref : espèces et but des expériences

Comme d’habitude, les rongeurs, les poissons et les lapins forment l’immense majorité des animaux utilisés en 2020. Mais il y a encore des chiens, des chats, des primates, des furets, des vaches, des cochons, des équidés, des oiseaux, des céphalopodes, des reptiles, des amphibiens… À part les grands singes (pour lesquels, a priori, aucune dérogation n’a été donnée ces dernières années en France), très peu d’espèces échappent tout à fait à l’expérimentation animale.

Quant au but des expériences, il n’a pas changé. Environ 90% d’entre elles se répartissent entre la recherche fondamentale, la recherche appliquée et les études toxicologiques, de manière variée selon les espèces: autant les reptiles, les céphalopodes, certains rongeurs, les chèvres et les prosimiens sont presque tous utilisés pour la recherche fondamentale, autant les lapins, les chiens, les cochons d’Inde et les macaques crabiers sont principalement utilisés pour tester la toxicité de médicaments pour humains, tandis que les chats et certains oiseaux servent surtout à tester des produits vétérinaires.

Les animaux viennent-ils tous d’élevages agréés?

On nous répète en boucle depuis des années que les animaux doivent venir d’élevages spécialisés et agréés spécifiquement pour l’expérimentation animale – comme si cela justifiait l’expérimentation animale! Pourtant, seulement 82-83% des animaux proviennent de ces élevages ces dernières années, et ce chiffre est très variable selon les espèces. On voit notamment que 30% des chiens et 21% des chats utilisés pour la première fois en 2020 ne viennent même pas d’élevages européens non agréés, mais d’élevages situés ailleurs dans le monde, sur lesquels il serait bien difficile d’avoir des informations. Encore un bel exemple de transparence, sur lequel on n’entend jamais s’exprimer les partisans de l’expérimentation animale.

La situation des macaques crabiers (aussi appelés macaques à longue queue ou macaques cynomolgus) est encore moins enviable. Avec plusieurs milliers de procédures chaque année, ce sont les primates les plus utilisés dans les expériences. Pourtant, le ministère n’a pas daigné renseigner dans les enquêtes 2019 et 2020 les provenances de ces animaux. Si l’on en croit les enquêtes des années précédentes, les macaques crabiers proviennent majoritairement de pays extérieurs à l’Europe – ce qui nous étonne peu, vu que l’on dénonce depuis longtemps les élevages mauriciens qui se réapprovisionnent régulièrement en animaux sauvages, et plus récemment les captures de primates sauvages en Indonésie, destinés principalement aux États-Unis et à la Chine (dont les élevages peuvent fournir aussi les primates utilisés en France).

Le rapport émis par la Commission européenne en 2017 mentionnait que, d’après les résultats de l’étude de faisabilité réalisée les années précédentes, tous les primates utilisés à partir de novembre 2022 devront être issus de deuxième génération en captivité au moins (primates « F2 »[1]) – à l’exception des études impliquant de vieux primates, qui pourront utiliser des primates F1 vieillissants. On se demande bien comment la France va pouvoir atteindre cet objectif, quand on constate que de 66,9% de primates F2 en 2018, on est passé à 66% en 2019 avant de remonter légèrement à 69% en 2020. Cela indique que près de 30% des primates utilisés en 2020 étaient de première génération en captivité. En d’autres termes, leurs parents avaient été capturés dans la nature. D’après le rapport de la Commission européenne, il s’agit principalement des macaques crabiers – ce qui nous ramène encore une fois aux élevages mauriciens et aux captures en Indonésie…

[1] Les primates utilisés dans les laboratoires sont recensés en trois catégories: les « colonies autonomes » (qui n’achètent pas de primates à l’extérieur et dont le renouvellement des individus se fait par la reproduction au sein de la colonie), les primates « F1 » (première génération en captivité, c’est-à-dire que leurs parents ont été capturés dans la nature) et les primates « F2 » (deuxième génération ou plus en captivité, c’est-à-dire que leurs parents sont des primates F1). Au-delà de la deuxième génération, on parle de primates « F2+ ».

Ceux dont on ne parle pas

À côté de ces animaux dont on parle souvent, on entend rarement parler des espèces auxquelles font référence les « autres mammifères », « autres carnivores », « autres oiseaux » de l’enquête statistique. À y regarder de plus près en ayant recours aux chiffres détaillés (obtenus sur demande au ministère), on voit que ces espèces sont principalement utilisées en éthologie et en biologie animale en ce qui concerne des chevreuils, des sangliers, des cerfs, des phoques, des baleines, des dauphins, énormément d’oiseaux et quelques espèces de rongeurs – avec des procédures impliquant un stress ou une douleur au moins équivalente à l’introduction d’une aiguille, puisqu’elles sont enregistrées comme de l’expérimentation animale. Quant aux « autres oiseaux », ils regroupent beaucoup de canards, d’oies, de dindes… qui subissent entre autres choses des expériences destinées à améliorer la productivité de leur espèce en matière de consommation humaine (notamment dans la filière foie gras…).

N’oublions pas non plus les cas où les « élevages non agréés » de l’Union européenne sont des zoos — One Voice avait déjà relayé l’alerte d’une association allemande en 2014, qui dénonçait les expériences réalisées sur des primates nés dans des zoos français près de Nantes. D’ailleurs, les statistiques du ministère pour l’année 2018 mentionnent explicitement les « parcs zoologiques » comme provenance pour le requin roussette. Sans parler du Muséum national d’Histoire naturelle, dont nous avons récemment dénoncé l’élevage de centaines de microcèbes mignons pour la recherche. Là encore, avec cette seule mention en petits caractères dans un document obscur, on ne peut pas vraiment parler de transparence: comment savoir si les zoos près de chez vous fournissent des animaux aux laboratoires?

D’année en année, les souffrances perdurent

On en arrive au plus grave, au cœur du rejet de l’expérimentation animale: les animaux souffrent. On nous parle de « raffinement » des expériences et des conditions de détention, mais il s’agit quand même de mettre des souris dans des boîtes en plastique, des chiens dans des box, des lapins dans des cages, dont ils ne sortiront que pour subir les expériences auxquelles on les destine.

Et ces expériences sont loin d’être bénignes : en 2020, presque 225 000 procédures « sévères » ont été réalisées. La réglementation affirme que ces procédures sont susceptibles de provoquer chez les animaux « une douleur, une souffrance ou une angoisse intense ou une douleur, une souffrance ou une angoisse modérée de longue durée » ou « d’avoir une incidence grave sur le bien-être ou l’état général des animaux ». Ce sont des transplantations, des maladies génétiques provoquées ou facilitées, des irradiations et autres brûlures, des chocs électriques auxquels les animaux ne peuvent pas échapper…

Depuis 2016, les procédures sévères représentent environ 15% des expériences réalisées en France, sans diminution significative. Bien que les chiens et les chats soient proportionnellement moins concernés, certains n’y échappent pas: 118 chiens et 27 chats ont subi ces procédures en 2020. Le nombre d’animaux élevés pour présenter des modifications génétiques délétères augmente quant à lui depuis 2016, pour atteindre presque 84 000 animaux sur l’année 2020 – il s’agit principalement de souris, mais aussi de rats, de chiens et de poissons-zèbres.

Presque 50% des procédures sont « modérées », c’est-à-dire susceptibles de provoquer « une douleur, une souffrance ou une angoisse modérée de courte durée ou une douleur, une souffrance ou une angoisse légère de longue durée » ou d’avoir « une incidence modérée sur le bien-être ou l’état général des animaux ». Il peut s’agir d’inductions de tumeurs, de jeûnes forcés, de chirurgies sous anesthésie, de tests de toxicité, de certaines modifications génétiques et ainsi de suite… Ce chiffre qui augmente chaque année légèrement au détriment des procédures « légères » (30%) telles que les prises de sang, les biopsies ou les confinements courts en cage métabolique. En fait, au-delà des procédures légères que les défenseurs de l’expérimentation animale aiment mettre en avant, 65% des expériences impliquent des souffrances qui sont loin d’être négligeables.

Que retenir ?

L’expérimentation animale est une injustice à laquelle nous devons mettre fin. Les personnes qui la défendent masquent leurs victimes derrière des chiffres, des pourcentages et des graphiques. Elles cherchent à nous faire croire que ces animaux sont mis au service du bien commun, tout en refusant l’opinion publique et en tentant de l’infléchir quand elle ne leur est pas favorable. C’est pourtant bien le grand public qui finance la plupart des centres de recherche. C’est bien au grand public que les résultats sont censés profiter.

Finalement, les chiffres de 2020 révèlent surtout que cette aberration morale qu’est l’expérimentation animale se poursuit, et qu’il nous faudra encore nous battre pour arriver à en sortir – en réclamant plus d’investissements dans le développement des méthodes non animales, en exigeant une obligation stricte de rechercher et d’appliquer ces méthodes dès qu’elles existent et, à l’échelle individuelle, en soutenant l’Initiative Citoyenne Européenne qui demande l’interdiction stricte des tests d’ingrédients cosmétiques sur les animaux.

Nouvelle enquête: Jumbo et ses compagnons de misère, toujours enfermés au Cirque Muller

Nouvelle enquête: Jumbo et ses compagnons de misère, toujours enfermés au Cirque Muller

Nouvelle enquête: Jumbo et ses compagnons de misère, toujours enfermés au Cirque Muller
06.04.2022
Bouches-du-Rhône
Nouvelle enquête: Jumbo et ses compagnons de misère, toujours enfermés au Cirque Muller
Exploitation pour le spectacle

Depuis le dépôt de notre recours en cassation en février dernier, nos enquêteurs sont retournés voir comment se portait Jumbo au sein du cirque des Muller, à Vitrolles. Début mars 2022, donc, nous l’avons filmé dans le camion, dont la porte était entrebâillée mais jamais ouverte. Comme toujours. Et une fois encore, la piscine était remplie d’eau sale, et par là même inaccessible. Jusqu’à ce qu’arrive le dernier jour où il put enfin, sortir du camion quelques minutes. Nos plaintes suivent leur cours. Jumbo, lui, reste au cirque.

Notre combat pour sauver Jumbo de cet enfer en tôle est un chemin semé d’embûches. Entre ceux qui ne veulent pas que les choses changent et ceux qui sont convaincus du bien-fondé de l’enfermement des animaux pour le divertissement, les animaux captifs semblent avoir parfois peu d’alliés. Pourtant, depuis plus de vingt ans les chapiteaux se vident, de nombreux circassiens choisissent de cesser d’exploiter des animaux. Nous pouvons les aider dans cette démarche. Nous sommes partenaires de sanctuaires en France, en Europe, mais aussi en Afrique et en Inde.

Tout vaut mieux, en tout cas, que de se sédentariser ou d’envoyer les animaux à l’étranger pour mieux continuer à les exploiter! Ou pire, de les abattre pour les vendre à des taxidermistes en prévision des décrets d’application de la loi sur la maltraitance animale votée mais toujours en suspens sans ces textes essentiels.

Des images exceptionnelles, une vue d’ensemble jamais montrée

Les singes, les tigres et Jumbo sont enfermés quasiment tout le temps. Des tigreaux sans leur mère, sont confiés à une lionne… Le seul événement qui rompt leur ennui est le spectacle et ses numéros indigents et humiliants, pour un seul des singes et pour les tigres, et sous la menace permanente des accessoires de coercition, trois ou quatre jours par semaine. Le reste du temps et pour le reste d’entre eux, c’est les barreaux, les chaînes, les regards, le bruit, le fouet… Comment peut-on rester en bonne santé ainsi? Des animaux qui ont tant besoin d’exercice. Et pour les tigres, tant besoin de solitude, et pour les hippopotames, de compagnie.

Nos images, inédites, témoignent une fois de plus du fait que les animaux sont enfermés à longueur de journée. Elles dévoilent ce que, depuis le sol on ne peut montrer, car les circassiens montent la garde, et mieux vaut ne pas se frotter aux Muller… De nombreux militants pacifistes en ont fait les frais, ainsi que les forces de l’ordre, en tentant de mettre à exécution une décision de justice.

Nos procédures en cours

Notre recours en cassation, engagé par l’association en février 2022, devra déterminer si les consorts Muller peuvent se voir octroyer le remboursement de leurs frais d’avocat et intervenir au soutien d’un mémoire de l’État qui n’existe pas, d’une part, ainsi que, d’autre part, déterminer si le préfet est bien habilité en tant qu’autorité administrative à procéder au retrait des animaux placés dans des conditions susceptibles de leur occasionner des souffrances. Car si le préfet n’est pas habilité et que les tribunaux classent les plaintes des associations, qui a la responsabilité de la protection des animaux alors?

Depuis, l’association a introduit une nouvelle demande auprès du préfet, puis du tribunal administratif pour demander, au vu des condamnations pénales des Muller, qu’il soit procédé au retrait des autorisations d’ouverture et des certificats de capacité de ces exploitants défaillants. Cette procédure est toujours en cours.

Enfin, une nouvelle plainte déposée pour non-conformité des conditions de détention de l’hippopotame a abouti à une médiation pénale à laquelle les Muller n’ont pas daigné répondre. Le dossier est reparti au parquet de Valence pour suite à donner.

Pour les animaux de ce cirque et pour Jumbo en particulier, jamais nous n’abandonnerons le combat. Signez la pétition!

Déterrage des blaireaux en Gironde: les chasseurs et la préfète déboutés

Déterrage des blaireaux en Gironde: les chasseurs et la préfète déboutés

Déterrage des blaireaux en Gironde: les chasseurs et la préfète déboutés
05.04.2022
Gironde
Déterrage des blaireaux en Gironde: les chasseurs et la préfète déboutés
Animaux sauvages

En mai 2021, la préfète de Gironde autorisait les chasseurs à bénéficier d’une large période complémentaire pour déterrer les blaireaux. Nous avions attaqué cette décision. Le tribunal administratif de Bordeaux vient d’annuler cette décision, jugée illégale et dangereuse pour le renouvellement des populations.

Les chasseurs n’en ont jamais assez et ne cessent de réclamer des périodes d’ouverture complémentaire pour tuer notamment des petits qui ne sont pas encore sevrés. Le 7 mai 2021, au mépris flagrant du Code de l’environnement, la préfète de Gironde leur avait ainsi accordé la possibilité d’aller déterrer des blaireaux entre le 15 mai 2021 et le 14 septembre 2021. Pour éviter ce carnage, nous avions aussitôt déposé une requête en urgence. Le tribunal avait rejeté notre requête, estimant que la préfecture avait suffisamment encadré cette activité et que la vénerie sous terre en Gironde n’avait pas d’impact sur les populations de blaireaux. Et pourtant…

Un scénario qui se répète partout en France

Dans les documents que les chasseurs ont soumis au tribunal, on peut lire que les blaireaux n’auraient pas de prédateurs naturels, causeraient des dégâts sur les cultures et des collisions routières. Ils se proposaient donc de les éliminer et ainsi de « rendre service » à la population qui ne leur a en réalité rien demandé! On le voit, cette rhétorique hypocrite est bien huilée et ce mauvais scénario se rejoue partout en France. Comme dans le Morbihan, en Saône-et-Loire et dans l’Ain, où des blaireaux sont à chaque fois en danger de mort.

Pour le seul plaisir des chasseurs

En Gironde comme ailleurs, la préfète s’est appuyée sur les données fournies par les chasseurs pour justifier sa décision. Outre que la méthode est discutable, ces données manquent de précisions. Quels sont les dégâts causés? Sont-ils réellement le fait des blaireaux? Si oui, où? Combien? Quels sont les impacts réels? La préfecture n’a pas correctement justifié sa décision pour ordonner cette période de chasse complémentaire.

Et nous posons la question: qui va contrôler les chasseurs? Comment connaître les dégâts collatéraux qu’ils commettent, notamment sur des espèces protégées? Pour cela, il faudrait une police indépendante de la chasse et une réforme radicale de ces pratiques barbares. On en est loin. Notre enquête le prouve. La vénerie sous terre est particulièrement violente et synonyme de mort cruelle pour, entre autres, de jeunes blaireaux.

Une victoire qui pointe l’illégalité des procédures

Avec cette victoire, nous n’avons pas pu empêcher le massacre des blaireaux de Gironde à l’été 2021. Mais la décision du tribunal administratif de Bordeaux a le mérite de mettre en lumière les manœuvres des chasseurs qui veulent en permanence allonger la saison de chasse par tous les moyens possibles. Oui, cette décision déclare illégales les tueries des chasseurs de fait, en complicité avec les services de l’État. Elle nous met du baume au cœur et fournit des arguments supplémentaires pour les combats futurs en faveur des blaireaux.

Vous pouvez continuer à signer notre pétition pour une réforme radicale de la chasse, qui comprend l’abolition de la vénerie sous terre!

Urgence absolue pour les blaireaux du Morbihan

Urgence absolue pour les blaireaux du Morbihan

Urgence absolue pour les blaireaux du Morbihan
01.04.2022
Morbihan
Urgence absolue pour les blaireaux du Morbihan
Animaux sauvages

Dans le Morbihan, un arrêté préfectoral menace d’élargir la période de vénerie des blaireaux du 15 mai au 14 septembre. Ensemble, nous pouvons empêcher ce massacre. Nous appelons tous ceux qui s’opposent à la barbarie à se mobiliser et à répondre à la consultation publique. Nous avons jusqu’au 15 avril pour ce faire.

Début mai, les blaireautins pointent le museau hors du nid. Âgés d’environ huit semaines, ils sont encore allaités par leur mère et aiment jouer dans l’herbe fraîche. Leur vie commence à peine. Va-t-elle s’arrêter net sous les coups de pioche des chasseurs du Morbihan? Dans ce département, les services de l’État, encore une fois sous l’influence de la Fédération des chasseurs, projettent en effet d’élargir l’autorisation de la vénerie sous terre pour une période complémentaire du 15 mai au 14 septembre 2022. Une consultation publique est en ligne, ouverte jusqu’au 15 avril. Nous sommes donc invités à nous prononcer sur ce massacre annoncé. Faisons-le.

Des pratiques mortelles pour de nombreux animaux

Cette fois, le préfet n’impose pas sa décision de façon arbitraire et la soumet à la consultation publique. Peut-être parce que l’an dernier, il n’a pas eu gain de cause et a été débouté par le tribunal administratif. Pour justifier cinq mois de traque supplémentaires, les chasseurs invoquent les dégâts causés par les blaireaux sur les cultures agricoles. L’argument ne tient pas. Il n’est absolument pas nécessaire d’assassiner des animaux pour protéger les plantations: les clôtures et des barrages olfactifs sont une solution. D’autant que ces pratiques barbares ne sont pas seulement mortelles pour les blaireaux: des chats forestiers, des loutres ou des chauves-souris, (autant d’espèces protégées) en font aussi les frais. Par ailleurs, la destruction des blaireaux au mois de mai met en péril le renouvellement de leur population.

La France, à la traîne de ses voisins européens

Particulièrement violente, la vénerie sous terre consiste à introduire des chiens dans les galeries de blaireaux pour les acculer à sortir. Brutalement saisis par des pinces, ils sont abattus d’un coup de fusil. Sous terre, chiens et blaireaux se livrent à de véritables combats, dont les chiens sortent aussi blessés. Notre enquête en infiltration en témoigne.

En Europe, le Royaume-Uni, l’Espagne, le Portugal, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg ou encore la Suisse ont interdit la vénerie sous terre. Pourquoi pas la France?

Nos actions ont déjà permis de belles victoires pour les blaireaux, récemment en Saône-et-Loire où nous avons réussi à faire suspendre un arrêté similaire, ainsi que dans l’Ain où nous avons eu gain de cause.

Aujourd’hui, il est temps de monter au front pour les blaireaux du Morbihan. Nous invitons les services de l’État de ce département à ne pas céder à la pression d’une minorité de chasseurs défendant un loisir d’un autre âge. Nous vous invitons à consulter notre article sur les arguments pouvant être opposés à ce type d’arrêtés, à reformuler avec vos propres mots. Ensemble, emparons-nous de cette consultation publique et battons-nous pour la protection de la faune sauvage et le respect des animaux.

Les animaux du cirque Franco-Belge toujours exploités…

Les animaux du cirque Franco-Belge toujours exploités…

Les animaux du cirque Franco-Belge toujours exploités…
01.04.2022
Ain
Les animaux du cirque Franco-Belge toujours exploités…
Exploitation pour le spectacle

Depuis des mois les signalements pleuvent concernant le cirque Franco-Belge, que nous étions allés visiter il y a tout juste deux ans à Milly-la-Forêt. Le 1er mars, il était à Villelaure, mi-février à Digne-les-Bains, l’été dernier à Villefontaine, à la Tour du Pin ou encore à Meylan… De nouveau, cette fois dans la périphérie de Bourg-en-Bresse, le public se révolte de voir des animaux derrière des barreaux, enfermés dans des camions-cages, et devant exécuter sur la piste des numéros indigents sous la contrainte. Nous avons besoin de vous pour écrire à la mairesse de la commune!

Ce jeudi 31 mars, le cirque de Jackson Muller a été signalé dans l’Ain, à Péronnas, une petite ville jouxtant Bourg-en-Bresse. En plus des « classiques » animaux domestiques, poneys et chameaux, le cirque exploite aussi des zèbres, des singes, des lionnes et des tigres dont un tigre blanc (« produit d’appel » pour les cirques, toujours friands de nouveautés), issu d’un croisement qui entretient une maladie génétique, menant souvent ces animaux à des problèmes de vue, respiratoires et cardiaques…

Des animaux stressés qui s’ennuient profondément et un danger pour les riverains

Les images filmées par la lanceuse d’alerte montrent que les tigres tournent en rond dans les camions-cages, un symptôme de mal-être lié à la captivité. En effet, dans la nature, les animaux sauvages peuvent se soustraire à la vue de tous, et circuler comme bon leur semble.

De plus, le cirque n’assure aucune surveillance des animaux, alors qu’ils représentent un danger pour quiconque ne respecterait pas les barrières ou les écriteaux.

Une loi toujours pas en application

Les décrets d’application de la loi sur la maltraitance animale concernant les cirques itinérants ne sont toujours pas publiés. Or, les délais votés et inscrits dans la loi sont déjà longs avant l’arrêt de la reproduction (deux ans) et celui de l’itinérance (sept ans). Mais ils ne prendront effet qu’à la publication desdits décrets. Il est grand temps que les maires, indépendants du pouvoir en place (contrairement aux préfets), tapent du poing sur la table. Ils peuvent agir et ne plus laisser faire en refusant d’accueillir ces établissements de souffrance mobiles sur leur territoire.

Les spectacles commencent dès ce vendredi 1er avril, et auront lieu jusqu’à dimanche. Ecrivons tous en masse à la maire de Péronnas, afin de lui demander de ne plus accueillir de cirques qui exploitent des animaux.

 

Adresse et email de la commune:

Mairie de Péronnas
Place de la Mairie, BP 20
01960 PERONNAS

Formulaire de contact

Lettre/email type:

À l’attention de Madame Hélène Cedileau, mairesse de Péronnas

Madame la Mairesse,

Je suis outré(e) que votre municipalité accueille sur son territoire un cirque exploitant des animaux parmi lesquels figurent des animaux sauvages, dont la place n’est pas dans des camions, à subir jour après jour la terreur du dressage, la promiscuité et l’itinérance.

Le cirque Franco-Belge, actuellement installé à Péronnas, exploite des tigres, qui sont de grands solitaires, ainsi que des lionnes qui, en liberté, règnent sur des centaines de kilomètres carrés de territoire. Les singes et les zèbres, eux aussi, ont besoin de vivre dans des espaces naturels et non derrière des barreaux ou à l’attache, sous la menace du fouet. La place des animaux des cirques est dans des sanctuaires, pas derrière des grillages à la vue de tous, ni sous les projecteurs, harcelés par les bravos des spectateurs ou la musique tonitruante des circassiens.

Sans parler du grand danger que représentent de tels animaux pour les riverains, sachant qu’aucune surveillance n’est assurée par les employés du cirque.

Dans l’espoir qu’à l’avenir vous ne renouvellerez pas l’autorisation d’installation du cirque Franco-Belge sur votre commune ni d’aucun autre cirque détenant des animaux ; dans l’espoir aussi que vous diligenterez une visite de l’OFB ou, à défaut, de la DDDPP sur place avant son départ, je vous prie d’agréer, Madame la Mairesse, mes respectueuses salutations.

Signature

La mission de sauvetage de One Voice pour les chats d’Ukraine

La mission de sauvetage de One Voice pour les chats d’Ukraine

La mission de sauvetage de One Voice pour les chats d’Ukraine
26.03.2022
Ukraine
La mission de sauvetage de One Voice pour les chats d’Ukraine
Animaux familiers

Dès le 24 février dernier, nos équipes se sont mises en action autour de nos partenaires ukrainiens au sein des coalitions européennes et internationales dont nous faisons partie. Abasourdis par le début de la guerre mais conscients du danger pour les animaux -qui subiraient, en plus du risque de bombardements, inévitablement les rationnements voire la famine à plus ou moins court terme dans les refuges-, nous avons immédiatement proposé notre aide. Et quand nos amis ukrainiens sous les bombes ont saisi la perche que nous leur tendions, nous étions au rendez-vous.

Les premières semaines, la violence des combats a beaucoup ému en France comme partout au sein de l’Union européenne. La générosité des Français était au rendez-vous. Et nous pouvions voir, comme tout un chacun dans les médias, l’exil de millions d’Ukrainiens, leurs animaux dans des sacs à dos, refusant de les laisser derrière eux, pendant qu’en France les beaux jours et la levée des restrictions sanitaires laissaient craindre les premiers abandons…

Dessin de Pascal Vaucher de la Croix et Chantal Teano pour One Voice – Noé 103

Au cours des échanges avec nos collègues d’Ukraine, nous avons appris que de nombreux dons monétaires et en nature étaient amassés, mais que leur problème essentiel n’était ni les denrées ni l’argent, mais le transport de la frontière polonaise jusqu’à leur localité, dans le centre du pays. Nous désespérions de pouvoir leur venir en aide. Le groupe de soutien s’est mis en place: l’«Animals from Ukraine task force» était née regroupant des ONG de tous les pays d’Europe, dont One Voice pour la France.

Trois semaines après le début de la guerre, il était enfin possible de se rendre sur place pour secourir la soixantaine de chats du refuge de UAnimals, et se préparer à l’imprévu, inhérent à ce type de situations. Il restait à trouver un point de chute pour ces animaux. Nous avons sollicité nos refuges partenaires en France ainsi qu’à l’étranger.

Un mois après le début de la guerre en Ukraine, la mission de sauvetage peut avoir lieu

Et jeudi 24 mars, à 8h30 un appel à l’aide est arrivé, une soixantaine de chats avaient besoin d’être évacués d’Ukraine. Nous avons alors affrété deux camionnettes avec deux chauffeurs dans chacune afin qu’ils puissent se relayer pour conduire et qu’ils n’aient pas à s’arrêter en chemin. Tout ce monde équipé de caisses de transport, de pâtée réhydratante, de linges, de caisses grand format en cas de besoin pour des chiens… et un van de sept places pour de potentiels réfugiés et leurs animaux, une cause chère à One Voice, construite autour de l’harmonie entre les humains, les animaux et la planète. Dès 14h l’équipée était en route.

Fallait-il une quarantaine dans chaque pays qu’ils traverseraient? Quels étaient les impératifs légaux? Quel serait le point de rendez-vous? Une grande partie de la logistique fut réglée avant le départ, mais il restait tout de même encore des incertitudes.

Vendredi, après trente heures de route, les camions sont arrivés en Pologne. Nos six équipiers se sont réunis dans les environs de Cracovie, à environ 270 kilomètres de la frontière ukrainienne menant à Lviv, pour finir d’évaluer la situation et se reposer quelques heures avant le jour J.

Aujourd’hui, vingt chats auront été sauvés!

Samedi matin à la première heure, notre équipe s’est alors rendue à la frontière la plus proche de Lviv, où le poste de Budomierz, des pompiers français et de nombreuses infrastructures leur ont donné des conseils.

Notamment, les dons que nous avions apportés devaient être bien étiquetés, de nombreux paquets étant en train de s’abîmer faute de transport à partir de la frontière polonaise en direction de l’Ukraine, puisque les flux se font principalement en sens inverse. Le matériel et la nourriture ont ainsi pu repartir vers Lviv avec nos amis ukrainiens. Sur place, nous avons également été informés que les réfugiés autorisés à passer la frontière devaient avoir un point de chute officiel pour pouvoir traverser. Les seuls présents attendaient donc leurs amis. Mais mieux valait être prêts à toute éventualité que de devoir refuser notre aide à qui que ce soit.

Dans la matinée, notre contact en Allemagne a confirmé qu’elle pouvait prendre en charge une partie des chats sur le trajet de retour de notre délégation, permettant un trajet plus court pour les animaux. Un premier camion est alors entré en Ukraine, direction Lviv, pour aller chercher une vingtaine de chats au camp, un humain ne pouvant en ramener légalement que cinq à la fois en Pologne… A midi, ils étaient dans le camion, en sécurité de l’autre côté de la frontière, avec des passeports en règle.

Une première partie de l’équipe a donc pris en charge les chats et ceux-ci sont à présent en route pour Berlin à l’heure où nous publions cet article. Ils devraient arriver tard dans la nuit pour entamer leur nouvelle vie. L’autre partie de l’équipe attend demain où il serait possible de récupérer les autres félins rescapés pour les emmener loin de la guerre, sous des cieux plus cléments. Nous avons également gardé des caisses de transport pour les chiens. Tout pour être réactifs et porter secours le plus efficacement.

Samba, ou la sempiternelle exploitation d’une éléphante de cirque

Samba, ou la sempiternelle exploitation d’une éléphante de cirque

Samba, ou la sempiternelle exploitation d’une éléphante de cirque
25.03.2022
Val-d’Oise
Samba, ou la sempiternelle exploitation d’une éléphante de cirque
Exploitation pour le spectacle

Nous suivons le Cirque d’Europe depuis plus de vingt ans, pour défendre Samba. Cet automne, elle nous a été signalée tantôt à Salouël, tantôt à Mouroux ou encore à Malesherbes… Plus récemment, mi-février, nous l’avons repérée à Marolles-en-Hurepoix, puis à Goussainville ces derniers jours, où l’un de nos enquêteurs s’est rendu. Il a filmé l’éléphante, quand elle n’était pas cachée par le personnel du cirque.

Le 14 mars 2022, le Cirque d’Europe a donc garé ses camions et camping-cars à Goussainville, comme il le fait depuis des années, et comme le font aussi des dizaines d’autres cirques. La ville ne semble pas très regardante sur la misère des animaux soumis à l’itinérance et au dressage, tant elle est une étape clé des circassiens…

Samba, toujours loin des regards

Comme à chaque fois, les employés du dresseur Max Aucante positionnent les camions de manière à cacher au maximum les animaux, et en particulier, Samba, bien sûr. Il ne faudrait pas que les défenseurs des animaux puissent la filmer.

Un combat de plus de vingt ans, mené pour Samba par les équipes de One Voice

Au printemps de l’année dernière avait lieu l’audience en appel de notre assignation du préfet des Bouches-du-Rhône pour obtenir le retrait de l’autorisation d’ouverture du cirque. La Cour d’appel n’a pas tranché en notre faveur… Mais nous n’avons pas cessé le combat pour autant.

En janvier, nous avons fait parvenir au ministère de la Transition écologique un courrier pour expliquer une énième fois à quel point la vie de Samba est épouvantable, à quel point elle ne peut que souffrir dans de telles conditions. Nous demandions à la ministre d’intervenir pour qu’elle soit placée, enfin, dans un sanctuaire.

Car cela fait plus de vingt ans que One Voice défend cette éléphante… Et nous ne céderons rien. Sa place est à Elephant Haven où, depuis notre participation à ce magnifique projet dès son origine, elle est attendue. Ce sanctuaire n’attend qu’elle. Samba pourra y vivre en semi-liberté, loin du camion et des regards, de la baguette, des coups de pique et de l’isolement forcé.

Est-ce la politique du ministère de la Transition écologique que de laisser les circassiens disposer de tous les animaux captifs des cirques français? De les laisser les envoyer à l’étranger? Le décret d’application de la loi du 30 novembre 2021 concernant les animaux des cirques n’est toujours pas paru (ce n’est pas le seul)! Cela permettra certainement au gouvernement de crier victoire alors que leur exploitation continuera hors de France jusqu’à ce que mort s’ensuive… (C’est sûr qu’il n’y aurait alors nul besoin d’une loi et de décrets). Loin des yeux, loin du cœur… Mais pas pour nous!

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Chasse en Sologne : quand la mort des oiseaux est une bonne affaire

Chasse en Sologne : quand la mort des oiseaux est une bonne affaire

Chasse en Sologne : quand la mort des oiseaux est une bonne affaire
22.03.2022
Sologne
Chasse en Sologne : quand la mort des oiseaux est une bonne affaire
Animaux sauvages

En novembre dernier, nos enquêteurs ont infiltré un groupe de chasseurs de Sologne. À leurs risques et périls, ils ont filmé les coups de feu, les oiseaux affolés qui tombent par dizaines, puis qui agonisent sous les sarcasmes. Des scènes d’horreur, monnayées à coups de billets. La chasse est un marché juteux. La mise à mort des oiseaux rapporte gros.

Les oiseaux essaient de fuir, de voler vite et haut, mais ils sont encerclés. Leur seule chance de survie, c’est la médiocrité des tueurs et leurs erreurs de tir. Certains tombent de plusieurs dizaines de mètres en plein vol, encore vivants. Le choc est violent, leur corps percute le sol, ils se débattent, pattes cassées, poumons perforés. L’agonie est longue… raconte un de nos enquêteurs, encore très ébranlé par les scènes dont il vient d’être témoin

En novembre dernier, nous avons ainsi infiltré une traque en Sologne. Si nos images – tournées pour la plupart discrètement– révèlent la barbarie de ces pratiques que certains osent encore défendre au nom de la tradition, elles mettent aussi au jour ce que l’on sait moins : le trafic juteux de la chasse.

Des cartons de fête foraine sur des êtres sensibles

Nos vidéos le prouvent : la chasse n’est pas une balade de santé en plein air, une harmonie de l’humain avec la nature et le vivant. Arrêtons avec ces images galvaudées. Pour remplir leurs besaces, les chasseurs paient les propriétaires des domaines. Ils négocient la date de la tuerie, le nombre d’oiseaux qu’ils pourront tirer. La mort est un marché, une affaire rentable.
Ce jour-là, faisans et perdreaux sont lâchés dans un ciel plombé. Ils sont au rendez-vous. Les chasseurs ont payé. Affolés, les oiseaux tentent de s’enfuir. Hélas, pris dans l’œil de mire des hommes armés, ils ne sont que de vulgaires cartons de fête foraine, qui s’écroulent sur le sol. À terre, les hommes les ramassent et les alignent.

Certains bougent encore, tressautent, agonisent.

« J’ai vu ce magnifique faisan vénéré se débattre, puiser désespérément dans ses dernières réserves de vie pour apaiser la douleur qui le transperce. Impassibles, les chasseurs l’observent. Finalement, l’un d’eux l’attrape par la queue, les pattes, le secoue et le repose parmi les cadavres. Mais l’oiseau s’agite toujours. « Fais le mort », ordonne un autre. De longues minutes s’écoulent encore avant que ses ailes s’immobilisent. Définitivement. Voilà à quoi ressemble l’agonie d’un faisan frappé en plein vol . » témoigne encore notre enquêteur.

Des carnages chaque année

Le soir, après la battue, les hommes comptent leurs prises. 124 faisans, perdreaux et pics verts sont tombés sous les balles. Les hommes applaudissent. Ils ont bien mérité l’apéro.

Chaque année, des millions d’oiseaux tombent ainsi, abattus en pleine migration ou après des mois d’élevage en captivité. Nos enquêteurs infiltrent les traques depuis trois ans. Ils peuvent témoigner des « cadeaux » dont les autorités abreuvent les chasseurs en permanence. En cette période électorale, les lobbies cynégétiques vont faire pression sur les élus plus que jamais. Nous ne les laisserons pas faire.

Pour les loups, One Voice au Conseil d’État, ce 23 mars

Pour les loups, One Voice au Conseil d’État, ce 23 mars

Pour les loups, One Voice au Conseil d’État, ce 23 mars
18.03.2022
Pour les loups, One Voice au Conseil d’État, ce 23 mars
Animaux sauvages

Contre la politique d’éradication des loups en France, nous ne décolérons pas. Cette année encore, le ministère de la Transition écologique et le préfet en charge du Plan Loup prévoient l’abattage de cent dix-huit loups, alors que la population de ces animaux dont l’espèce est protégée n’est toujours pas stabilisée au-dessus de 500 individus. Nous avons donc déposé deux requêtes en annulation des arrêtés « cadre » et « plafond » du 23/10/2020 sur les loups devant le Conseil d’État. L’audience est prévue le 23 mars prochain à 14h.

Nous avons attaqué les deux arrêtés du 23 octobre 2020, le premier fixant les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de « destruction » peuvent être accordées par les préfets concernant les loups, et l’arrêté pris le même jour qui fixe le nombre maximum de loups dont le massacre pourra être autorisé chaque année. Le second arrêté autorise le tir de 19 % des effectifs de loups par an (ce seuil peut aller jusqu’à 21 % sous certaines conditions). Cette proportion correspond à 118 loups en 2021, et autant en 2022.

Ces arrêtés sont pris alors que :

  • Le Conseil National de la Protection de la Nature (CNPN) a rendu un avis défavorable sur ces deux projets d’arrêtés (comme pour les précédents arrêtés).
  • Les loups sont une espèce protégée qui est toujours classée comme « vulnérable » par l’UICN, ce qui signifie qu’ils sont confrontés à un risque élevé d’extinction.
  • Le pourcentage de la population dont le tir est autorisé a été fixé à la hausse sans évaluation des effets sur les populations de loups et alors que les augmentations exponentielles des plafonds ces dernières années ont a minima ralenti la croissance de l’espèce.
  • Plusieurs études scientifiques soulignent qu’une politique de gestion indexée sur les effectifs de loups est inadéquate. Il faut prendre en compte le tissu social de cette population, ce qui n’est pas fait à l’heure actuelle.

Par ailleurs, l’arrêté « cadre » supprime le recours préalable obligatoire à l’effarouchement avant les tirs alors que des études ont démontré son efficacité.

Nous avons souligné deux aspects qui nous semblent de première importance : l’insuffisance du dispositif relatif aux mesures de protection des troupeaux alors que le triptyque clôtures électriques, chiens de protection, gardiennage renforcé est efficace, et l’absence de démonstration de l’efficacité des tirs létaux et même leur caractère contre-productif (en raison de la déstructuration des meutes notamment).

Une réputation à restaurer et des individus à protéger, qui ont toute leur place dans les écosystèmes

Nous sommes, comme tous les ans, écœurés par cette politique infondée, basée sur la régulation par les tirs au lieu d’être animée par la volonté de protéger les animaux de cette espèce. Pendant notre action de sensibilisation partout en France sur le terrain, nos militants l’ont expliqué au public. Nous demandons donc l’annulation de ces arrêtés devant le Conseil d’État.

Dénoncée par le CNPN, cette politique du gouvernement n’a aucun fondement. Disons-le tout net : elle est criminelle. L’Office Français pour la Biodiversité en pointe clairement les effets mortifères. Le taux de survie des loups gris est passé de 74 % avant 2014 à 58 % pour la période 2014-2019. Des chiffres alarmants, qui sont clairement imputables à la gestion de nos gouvernants.

Par ailleurs, l’étude publiée par le Muséum national d’Histoire naturelle et l’OFB en février 2019 établit clairement une absence de corrélation entre le nombre de tirs et le volume des dégâts subis par les élevages. Pourtant, au 2 novembre 2020, 97 loups avaient été abattus. Un chiffre glaçant.

Hors braconnage, ce chiffre officiel monte à 100 en 2021. La réalité est bien pire. Les braconniers sont très actifs, et nous ne prenons pas à la légère leurs menaces. Plusieurs fois, nous avons d’ailleurs déposé plainte contre des groupes de braconniers assumés ces dernières années (en août 2020 et l’année précédente, en 2019), mais cette année ce sont carrément des syndicats agricoles qui profèrent des menaces, et appellent au massacre.

Au 23 février 2022, selon les chiffres officiels, cinq loups étaient déjà morts…