Prohibés depuis trente ans, les pièges à mâchoire font une nouvelle victime : Cooper.

Prohibés depuis trente ans, les pièges à mâchoire font une nouvelle victime : Cooper.

Prohibés depuis trente ans, les pièges à mâchoire font une nouvelle victime : Cooper.
10.02.2023
Prohibés depuis trente ans, les pièges à mâchoire font une nouvelle victime : Cooper.
Animaux familiers

Le 23 janvier dernier, Cooper a été retrouvé blessé. Le border collie a eu la patte avant droite coincée dans un piège à mâchoire. Ces dispositifs de chasse non sélectifs sont pourtant interdits en Europe depuis 1995. Il est insupportable que près de trente ans plus tard, des animaux continuent à en être victimes. Pour lui, One Voice porte plainte.

Ce lundi aurait pu être une journée comme les autres pour ce chien de cinq ans. Mais au lieu de retourner profiter d’une sieste sur le porche de sa maison après sa balade matinale, Cooper s’est retrouvé prisonnier d’un piège à mâchoire dissimulé par de la paille, après que la dangereuse installation s’est brutalement refermée sur sa patte avant. Ce sont les gendarmes qui l’ont découvert ainsi, blessé et immobilisé, et ont prévenu son humaine. Emmené chez le vétérinaire en urgence avec une articulation à nu et un tendon déchiré, il a dû être mis sous sédation le temps que ses plaies soient suturées. À sa sortie le lendemain, c’étaient cinq jours sous médicaments qui l’attendaient !

Si Cooper a pu être retrouvé et soigné à temps, on n’ose à peine imaginer la terreur et la douleur qu’il a dû endurer lorsqu’il était prisonnier. Et tout ça à cause de quoi ? De pièges mutilant et tuant les animaux sans discrimination, en plus d’être interdits dans toute l’Union Européenne depuis 1995 ! Que faisait ce piège ici ? Qui plus est placé à proximité d’un sentier où aurait pu passer un promeneur ? Sa pose, en plus d’être illégale et dangereuse pour tous les animaux, sauvages comme domestiques, et les humains, témoigne d’une grande cruauté. One Voice a porté plainte contre X à la suite de la blessure infligée à Cooper, et se représentera elle-même ainsi que l’association des Sans-Voix d’Eden, qui l’a alertée sur la situation, et la famille de Cooper. Les deux associations ont par ailleurs pris en charge les frais vétérinaires.

One Voice demandait déjà en 2018 l’interdiction de ces pièges qui massacrent les animaux sans distinction aucune, qu’ils soient sauvages, domestiques ou protégés. Il est plus que temps de réformer radicalement la chasse et d’en interdire de toute urgence les pratiques les plus cruelles.

Le Conseil de l’Europe soutient la fin des tests pyrogènes sur les lapins

Le Conseil de l’Europe soutient la fin des tests pyrogènes sur les lapins

Le Conseil de l’Europe soutient la fin des tests pyrogènes sur les lapins
09.02.2023
Union Européenne
Le Conseil de l’Europe soutient la fin des tests pyrogènes sur les lapins
Expérimentation animale

Plus de vingt ans après la création des alternatives in vitro à ces tests et plus de quinze ans après leur validation, les lapins voient enfin le bout du tunnel : les tests pyrogènes seront bientôt de l’histoire ancienne en Europe. Une décision qui sera discutée en détail dans une conférence organisée mi-février à Bruxelles. Mais les données que nous avons récoltées montrent que la France refuse encore ces avancées. One Voice dénonce l’immobilisme des pouvoirs publics.

Muriel Arnal, présidente de One Voice, déclare :

«Non seulement des dizaines de milliers de lapins souffrent pour des tests pour lesquels des alternatives existent, mais en plus les laboratoires trompent le public en racontant qu’entre les expériences les lapins se déplacent “librement” alors qu’ils ont à peine l’espace de se mouvoir. Eux qui mourront sans connaître l’herbe tendre ou le soleil. »

 

Les tests pyrogènes consistent à injecter une substance dans les oreilles des lapins et à mesurer l’apparition de fièvre avant de les abattre. Du 14 au 16 février 2023, les autorités européennes organisent une conférence pour les industriels et les autorités publiques. Le but ? Promouvoir et accompagner la fin de l’utilisation des lapins et leur remplacement avec des alternatives in vitro réalisées sur des composants du sang humain : les Monocyte Activation Tests (MAT) ou tests d’activation des monocytes.

Alors que le remplacement de ces protocoles par des alternatives sans animaux est possible depuis une quinzaine d’années, il n’est pas mis en œuvre. Les chercheurs français se montrent particulièrement réticents, employant et tuant même de plus en plus de lapins entre 2015 et 2019 pour ces tests alors que, dans le même temps, les autres pays diminuaient leur utilisation. Une évolution qui reflète l’augmentation continue du nombre de lapins exploités dans les laboratoires français et des souffrances qu’ils y endurent, tous usages confondus.

La France persiste et signe

Et ce n’est pas fini : l’année dernière, le ministère de la Recherche a publié sur la base de données européennes ALURES un projet prévoyant l’utilisation de près de 40 000 lapins sur cinq ans pour des tests pyrogènes. Mais le résumé nous rassure : ils pourront « se déplacer librement sur toute la surface de la cage »… Une cage métallique dans laquelle ils pourront à peine tourner en rond.

À cause des souffrances qu’elle génère, le Code rural prévoit pourtant de limiter l’expérimentation animale aux cas de « stricte nécessité ». Les intérêts industriels sont-ils considérés comme tels ? La conférence du Conseil de l’Europe apportera peut-être des éléments de réponse…

Le public attend un réel engagement

L’évolution de la Pharmacopée européenne résonne avec l’actualité européenne et internationale récente. En effet, fin décembre, les États-Unis ont adopté une loi permettant d’approuver la mise sur le marché de médicaments sans passer par des expériences sur les animaux : une belle avancée, qui ouvre la voie au développement et à l’application des méthodes alternatives. Et fin janvier, plus de 1,2 million de signatures ont été validées pour l’Initiative Citoyenne Européenne “Save Cruelty Free Cosmetics”. L’année 2023 s’annonce donc importante pour la lutte contre l’exploitation des animaux par les laboratoires.

N’hésitez pas à consulter notre site web consacré aux chiffres et aux expériences autorisées récemment.

Microcèbes mignons élevés pour l’expérimentation animale : le MNHN va devoir communiquer ses documents à One Voice !

Microcèbes mignons élevés pour l’expérimentation animale : le MNHN va devoir communiquer ses documents à One Voice !

Microcèbes mignons élevés pour l’expérimentation animale : le MNHN va devoir communiquer ses documents à One Voice !
08.02.2023
France
Microcèbes mignons élevés pour l’expérimentation animale : le MNHN va devoir communiquer ses documents à One Voice !
Expérimentation animale

Le 7 février 2023, le tribunal administratif de Versailles a donné raison à One Voice et ordonné que la préfecture de l’Essonne communique à l’association des documents concernant l’élevage de microcèbes mignons de Brunoy appartenant au Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN). Si les petits primates continuent pour l’instant d’y subir des expériences, l’obtention de ces informations constitue une première victoire !

Nous en parlions déjà en 2021 et avions organisé un rassemblement à Paris en octobre de la même année. Le 7 janvier 2023, le tribunal administratif de Versailles fait un pas dans notre direction dans notre combat pour les microcèbes mignons victimes d’expérimentation animale de la part du MNHN.

Outrés par l’exploitation de ces petits lémuriens, nous avions demandé à avoir accès à des documents faisant la lumière sur ce qu’ils subissent exactement. En 2021, le préfet de l’Essonne avait refusé d’accéder à notre demande mais aujourd’hui, la justice en a décidé autrement. Elle a ordonné que nous soient communiqués les rapports d’inspection réalisés entre 2014 et 2021 et les informations statistiques sur l’utilisation des animaux, y compris celles sur la gravité réelle des procédures.

Malgré une certaine mauvaise volonté de la part de la préfecture, qui prétextait un manque de temps et de personnel pour ne pas avoir à traiter notre demande, c’est une première victoire importante que nous venons de remporter cette semaine pour ces microcèbes de Brunoy.

Avec nous, demandez l’arrêt des expériences sur les microcèbes mignons en signant la pétition.

Lot-et-Garonne: les chiens du hangar sont bien victimes de mauvais traitements. Il est facile de prétendre le contraire une fois que tout a été nettoyé.

Lot-et-Garonne: les chiens du hangar sont bien victimes de mauvais traitements. Il est facile de prétendre le contraire une fois que tout a été nettoyé.

Lot-et-Garonne: les chiens du hangar sont bien victimes de mauvais traitements. Il est facile de prétendre le contraire une fois que tout a été nettoyé.
08.02.2023
Lot-et-Garonne
Lot-et-Garonne: les chiens du hangar sont bien victimes de mauvais traitements. Il est facile de prétendre le contraire une fois que tout a été nettoyé.
Chasse

Il y a quelques jours, nous dénoncions les conditions de vie intolérables d’une dizaine de chiens de chasse emprisonnés dans un hangar de Lot-et-Garonne, vivant au milieu des détritus et de montagnes de déjections, à la merci du froid et de la chaleur, sans même un bol d’eau fraîche. Sans surprise, le détenteur des chiens de chasse et sa mère nous accusent de mentir. “Non, les chiens ne sont pas maltraités, ils sont nourris et sortent”, viennent-ils pleurer dans la presse. Et – quelle surprise! – depuis la médiatisation de l’affaire, le hangar a été rangé et nettoyé pour accueillir la presse, le maire, et même la présidente d’une association de protection animale – un comble! -, qui trouvent tous le moyen de prendre leur défense et de justifier les conditions de détention des chiens. Pour tous les chiens de chasse maltraités, One Voice continuera de se battre.

Mesdames et Messieurs, défenseurs acharnés d’une pauvre famille que la “méchante association One Voice” a pris pour cible au hasard: à aucun moment nous n’avons prétendu que ce monsieur battait ses chiens ou qu’il les affamait, au contraire! Nous avons d’ailleurs pu constater par nous-mêmes que ces chiens ont bien la “chance” d’être nourris – d’ossements à même le sol, sur le tapis d’excréments faisant office de literie!

Mais ouvrez donc le Code pénal, article R. 215-4: la maltraitance, ce n’est pas seulement affamer ou frapper un animal. La maltraitance, c’est détenir des animaux dans des enclos inadaptés, c’est les maintenir dans des conditions abjectes, c’est les laisser croupir et dormir dans leurs excréments, au milieu des détritus, les priver du besoin primaire de disposer d’une eau propre et renouvelée quotidiennement, comme ce qu’ont subi ces chiens pendant des mois, peut-être même des années!

Maintenant qu’ils ont pris soin de ranger le hangar, de fournir de l’eau propre et de nettoyer les montagnes de déjections qui gisaient au sol depuis des mois, ils ont pu convoquer la presse, le maire et même une association de protection animale, pour leur montrer que One Voice les prend pour cible gratuitement, sans raison, eux qui s’occupent si bien de leurs chiens.

Monsieur le Maire de Madaillan, qui initialement niait les faits (“Tous les bois en Lot-et-Garonne se ressemblent”, affirme-t-il, “je vous dis que ces images n’ont pas été filmées à Madaillan”), reconnaît finalement la réalité puisqu’il prend désormais la défense du propriétaire: “Ce sont des chiens de chasse […], ils sont fait pour ça (NDLR: par “ça”, comprendre: vivre enfermés dans un hangar en pourrissant dans leurs excréments), pas pour rester au coin de la cheminée”. Tous les moyens sont bons pour flatter son électorat.

À ceux qui prétendent que ce sont des chiens de chasse et non pas des “animaux de compagnie”, et qu’il est normal qu’ils soient stockés comme du matériel quand on a fini de les exploiter: il n’existe aucune distinction dans la législation pouvant justifier cette différence de traitement. Aucun animal n’est fait pour vivre au milieu des immondices, à boire de l’eau croupie et dormir dans ses excréments.

Respecter les normes sanitaires minimales n’était donc pas si compliqué, puisque le détenteur a réussi à le faire en seulement quelques jours… Comme vous pouvez le voir sur ces images prises lors de notre dernière visite sur place en date des 28 et 29 janvier – le week-end précédant la diffusion des images, donc -, le désordre et l’insalubrité étaient bien visibles.

Comme quoi, avec un peu de bonne volonté, il n’est pas si difficile de tout nettoyer en vitesse, une fois que l’affaire est médiatisée et que les soucis vont arriver.

Au salon du chiot d’Antibes, vous pouvez repartir avec votre chien-objet sans respecter le délai légal de réflexion

Au salon du chiot d’Antibes, vous pouvez repartir avec votre chien-objet sans respecter le délai légal de réflexion

Au salon du chiot d’Antibes, vous pouvez repartir avec votre chien-objet sans respecter le délai légal de réflexion
06.02.2023
Alpes-Maritimes
Au salon du chiot d’Antibes, vous pouvez repartir avec votre chien-objet sans respecter le délai légal de réflexion
Animaux familiers

Depuis le 1er octobre 2022, toute primo-acquisition d’un chien ou d’un chat est soumise à un délai de réflexion de sept jours. L’adoptant doit en effet signer un «certificat d’engagement et de connaissance» une semaine avant l’adoption. Pourtant, au salon du chiot d’Antibes qui a eu lieu ce week-end (4 et 5 février 2023), il était tout à fait possible de repartir avec son chien en une heure : le temps de payer et de signer quelques papiers. Le non-respect de cette obligation n’est malheureusement pas un cas isolé, comme nous l’avions déjà signalé concernant une animalerie en Bretagne.

Un certificat censé empêcher les achats coup de cœur…

Afin de stopper les achats impulsifs et les abandons survenant quelques jours plus tard par des acheteurs qui n’avaient pas compris qu’un animal n’est pas une peluche, un délai de réflexion obligatoire de sept jours a été instauré depuis le début du mois d’octobre 2022.

En théorie, vous venez donc rencontrer votre nouveau compagnon, vous signez ce fameux certificat d’engagement et de connaissance, vous rentrez chez vous, et c’est seulement une semaine plus tard, après avoir bien réfléchi, que vous pouvez venir chercher votre animal si vous n’avez pas changé d’avis.

Si l’idée peut sembler intelligente, dans les faits, elle n’est absolument pas viable : elle peut être aisément détournée, voire complètement ignorée, et les sanctions sont difficilement applicables.

… qui peut être facilement contourné

Certains éleveurs, animaleries ou même associations vous proposent de venir avec un certificat déjà signé et daté, que vous aurez préalablement téléchargé sur internet une semaine auparavant. Vous n’avez donc jamais rencontré le cédant ni l’animal, mais vous pouvez repartir avec ce dernier en toute légalité, puisque vous avez signé le Saint-Graal…

Cependant, comme ce fut le cas ce week-end au salon du chiot d’Antibes, nombreux sont ceux qui ont vendu leur « marchandise » sans respecter ce délai et en antidatant carrément le certificat, comme en témoignent les acquéreurs ou les vendeurs eux-mêmes !

Cette éleveuse de bouledogues français, par exemple, qui explique à l’une de nos militantes prétendant vouloir acheter un chiot :

«Je l’ai, le certificat, j’en ai un et je le fais remplir aux gens qui ont pas eu le temps de le télécharger. Vous avez deux possibilités : ou vous signez le certificat aujourd’hui et vous venez chercher le chien dans sept jours, ou vraiment si vous voulez votre chien aujourd’hui, bah, on l’antidate, on est obligé de faire ça. »

Ou encore cet homme qui vient d’acheter un chaton et qui nous explique qu’il a signé le certificat le jour même, qu’il est donc en possession de l’animal, mais « qu’on peut se rétracter après ». On comprend donc que s’il change d’avis, il pourra rendre le chat, comme lorsqu’on achète un pull dans un magasin et qu’on le rapporte quelques jours plus tard car finalement, on n’en a pas vraiment l’utilité, ou car il ne nous va pas.

Des sanctions dérisoires

Les éleveurs qui ne respectent pas le délai de réflexion ne risquent de toute façon pas grand-chose : une amende prévue pour les contraventions de 3e classe, soit 450 euros. Mais 450 euros, qu’est-ce que cela représente pour un chiot qu’ils auront vendu entre 1500 et 2000 euros ? De plus, comment prouver que le certificat a été antidaté afin de faire sanctionner les mis en cause ?…

Nos militants étaient présents à l’entrée du salon pour des actions de sensibilisation et alerter les visiteurs sur le non-sens des élevages et animaleries qui exploitent les animaux et alimentent chaque année les refuges une fois que les acquéreurs se sont lassés du petit chiot mignon qui pèse désormais 15 kilos de plus et qu’il faut continuer de promener tous les jours. Grâce à nos bénévoles, plusieurs dizaines de personnes ont fait demi-tour pour aller visiter les refuges plutôt que le salon !

Signez nos pétitions pour demander le respect des lois contre les maltraitances animales et la stérilisation obligatoire des chats qui arrivent par dizaines de milliers chaque année en fourrière et y sont exterminés en masse !

Jura, Alpes-de-Haute-Provence : face aux préfets, One Voice au secours des loups

Jura, Alpes-de-Haute-Provence : face aux préfets, One Voice au secours des loups

Jura, Alpes-de-Haute-Provence : face aux préfets, One Voice au secours des loups
06.02.2023
Jura, Alpes-de-Haute-Provence : face aux préfets, One Voice au secours des loups
Animaux sauvages

Entre la mi-décembre et début janvier, sept arrêtés préfectoraux ont été pris pour autoriser des tirs de défense simple (TDS) contre les loups dans le Jura et les Alpes-de-Haute-Provence, sans faire référence à la moindre analyse précise pour prouver la nécessité de ces mesures dans les élevages de vaches concernés, contrairement à ce qui est exigé par les textes. One Voice a déposé des recours demandant l’annulation de chaque arrêté. En attendant ces audiences sur le fond, l’association sera présente le 8 février 2022 à 10 h au tribunal administratif (TA) de Besançon et le lendemain à 10h au TA de Marseille pour tenter de les faire suspendre en urgence.

C’est une note préfectorale bien fantaisiste que les préfectures du Jura et des Alpes-de-Haute-Provence ont ressorti de leur chapeau pour autoriser ces tirs contre les loups les 19 décembre 2022 et 3 janvier 2023. Selon ce document du 28 juin 2019, certains troupeaux seraient “non protégeables” par nature, et leurs propriétaires pourraient donc être autorisés à tuer les loups pour les en protéger sans avoir réalisé d’analyse préalable, simplement parce que les animaux d’élevage en question seraient… des bovins. Problème : ce texte contredit un arrêté ministériel obligeant bel et bien les éleveurs à établir la non-protégeabilité des troupeaux au cas par cas. Sans discrimination entre vaches et moutons, donc.

Comme ailleurs, One Voice a déposé des référés-suspension. En reprenant les textes autorisant les tirs, selon nous, les arrêtés ne démontrent pas suffisamment l’existence d’un risque de dommage important pour les élevages concernés, ne font référence à aucune analyse réalisée au cas par cas et exonèrent les éleveurs de mettre en place des mesures de protection.

Visiblement, le but premier – et réel ! Pourquoi poser la question ? – de ces arrêtés n’est pas de protéger les animaux des troupeaux, mais bien de tuer le plus de loups possible ! L’État veut-il les exterminer ? Ne peut-il pas trouver d’autres moyens pour aider les éleveurs et calmer la peur irrationnelle d’une population qui, dans sa très grande majorité, n’a jamais aperçu le moindre loup en liberté ? Au-delà du drame que cela représenterait pour les loups et pour leur écosystème, peut-on d’ailleurs vraiment croire que leur extinction aiderait les éleveurs à faire face à leurs difficultés ? L’impact des loups est dérisoire. Tous les animaux des troupeaux sont destinés à l’abattoir…

Ils étaient des dizaines de milliers dans notre pays au Moyen Âge. Les loups sont à peine 921 aujourd’hui et leur espèce n’est même pas viable. Pour preuve : ils sont classés vulnérables. Pourtant, chaque année, le nombre de loups que les humains sont autorisés à abattre augmente. Nous l’avions déjà dénoncé au Conseil d’Etat en 2022, année où le gouvernement avait prévu le massacre de 118 d’entre eux. Cette année, 174 pourront être tués. Deux l’ont déjà été pas plus tard qu’à la mi-janvier. Plutôt que de les faire assassiner en masse, les autorités devraient trouver des solutions alternatives et se réjouir de la présence dans notre pays de ces grands prédateurs qui jouent un rôle essentiel dans les écosystèmes, en plus d’être des individus sensibles, intelligents et à la vie sociale complexe.

One Voice demande la suspension immédiate des six arrêtés autorisant les tirs de défense simple pris par la préfecture du Jura et de celui pris par le préfet des Alpes-de-Haute-Provence. Il est déjà scandaleux que, sous des prétextes fallacieux, les loups se fassent abattre en toute légalité. Nous ne pouvons pas permettre qu’en plus ce massacre déroge à la loi pour faire encore davantage de victimes.

Dans le Lot-et-Garonne, des chiens «de chasse» livrés à eux-mêmes dans un hangar: One Voice enquête et dépose plainte

Dans le Lot-et-Garonne, des chiens «de chasse» livrés à eux-mêmes dans un hangar: One Voice enquête et dépose plainte

Dans le Lot-et-Garonne, des chiens «de chasse» livrés à eux-mêmes dans un hangar: One Voice enquête et dépose plainte
01.02.2023
Lot-et-Garonne
Dans le Lot-et-Garonne, des chiens «de chasse» livrés à eux-mêmes dans un hangar: One Voice enquête et dépose plainte
Chasse

Une dizaine de chiens exploités pour la chasse et maintenus à l’année sous un hangar quasi désaffecté au fond d’un bois: loin des yeux, loin du cœur? Pas pour One Voice, qui lance l’alerte et dépose plainte au tribunal judiciaire d’Agen.

Après un signalement alarmant de chiens maintenus enfermés à l’année derrière les grilles d’un hangar perdu dans les bois aux environs d’Agen, nos enquêteurs se sont rendus sur place. Ils ont découvert, au détour d’un chemin boisé, un bâtiment en tôle, tout ce qu’il y a de plus banal en apparence, à ceci près qu’une dizaine de chiens s’y trouvent maintenus sans supervision. Ce lieu délabré, comportant des outils et objets en tout genre jetés çà et là, des sacs en plastique, des parpaings, des planches, des fils de fer, présente un sol dur et accidenté, jonché de déjections, entre terre battue et cailloux… Et au milieu de ces box faits de bric et de broc, à la merci du froid et du vent en ce moment, mais aussi de la touffeur de l’air dès le printemps, une dizaine de chiens qui appellent au secours.

Comme une arme : une vie d’ennui à la remise, ou la chasse

Des chiens “de chasse”, comme on dit: poussés à travailler au service des chasseurs jusqu’à épuisement et maintenus loin des habitations comme à Chaux-du-Dombief, pour ne pas perturber le voisinage, mais aussi hors du regard et de l’attention de ceux qui pourraient s’inquiéter de leur bien-être.

Des chiens comme les autres!

Bien que rien ne les différencie des autres chiens au regard de la législation, ceux-là sont vus comme des outils par leurs exploitants et comme un collectif, non comme des individus. Seule la meute compte. L’intérêt pour les chasseurs, c’est qu’ils ne ménagent pas leur peine, ne soient pas effarouchés par les tirs des fusils, et obéissent au doigt et à l’œil. Et si l’un d’eux périt, il sera vite remplacé. Pour le reste, en dehors du temps de chasse, ils sont remisés dans des lieux comme celui-ci, pour ne “gêner” personne avec leurs aboiements.

Après une journée passée à la chasse, certains sont blessés à l’œil, boitent, d’autres se grattent intensément. Ils retrouvent les gamelles vides et dégoûtantes de la semaine précédente, ou alors un petit cocktail d’eau croupie jaune qui ressemble à de l’urine. Ils se partageront le contenu d’une caisse remplie de membres d’animaux coupés en tronçons laissés à l’air libre, ce qui risque de les rendre malades. On se rend compte que ce qu’on a pu prendre pour des cailloux au sol est en réalité un tapis d’ossements. Il y a même des crânes d’animaux dans de la paille!

#NotAllChasseurs

De nombreux chasseurs nient les faits que, pourtant, nous documentons, affirment qu’ils ne sont pas comme ça, qu’eux aiment leurs chiens et les traitent correctement, avec force photographies sur les réseaux sociaux. Mais où sont-ils quand nous défendons les chiens, s’ils les aiment tant? Pourquoi prennent-ils le parti de Goliath et non celui de David, dans ce combat du pot de fer contre le pot de terre, si, vraiment, ils veulent le meilleur pour les chiens dits “de chasse”? Pourquoi ne condamnent-ils pas au moins moralement ces exactions, et préfèrent-ils fanfaronner en publiant des photos qui n’ont rien à voir avec le problème?

Nous déposons plainte pour mauvais traitements au tribunal judiciaire d’Agen et écrivons à la préfecture de Lot-et-Garonne. Pour soutenir notre démarche et permettre que ces chiens soient saisis au plus vite et trouvent un foyer aimant, signez notre pétition pour les chiens de chasse!

Le Préfet des Pyrénées-Orientales joue à cache-cache avec ses arrêtés

Le Préfet des Pyrénées-Orientales joue à cache-cache avec ses arrêtés

Le Préfet des Pyrénées-Orientales joue à cache-cache avec ses arrêtés
30.01.2023
Pyrénées-Orientales Le Préfet des Pyrénées-Orientales joue à cache-cache avec ses arrêtés
Chasse

Depuis des années, la préfecture des Pyrénées-Orientales publie, en contradiction totale avec le droit français, des dizaines d’arrêtés qui autorisent de manière rétroactive des destructions pures et simples d’animaux réalisées le mois précédent. Dès qu’elle a eu connaissance de ce procédé, One Voice a alerté les services concernés. La seule réponse que l’association a obtenue en retour: le silence. Interpellez le préfet pour le contraindre à cesser cette pratique intolérable.

Le droit français est sans ambiguïté: les actes administratifs n’entrent en vigueur qu’à compter de leur publication officielle. Or, depuis 2015, le préfet des Pyrénées-Orientales, sous la pression de ceux qui veulent pratiquer leur loisir mortel sans contestation, accepte de contourner la loi française.

En effet, au moment de la publication mensuelle du recueil des actes administratifs dit normal (RAA normal) sur son site internet, la préfecture en profite pour rendre public un nombre important d’arrêtés déjà en cours d’exécution, voire entièrement exécutés.

Plus de 200 arrêtés adoptés rétroactivement…

En 2022, elle a ainsi publié 238 arrêtés qui ont permis de manière rétroactive la “régulation” des populations de sangliers, de blaireaux, de renards, de chevreuils, de palombes, etc., par battues administratives et/ou par tirs individuels. Les “destructions” ont pu être réalisées de jour comme de nuit, avec des sources lumineuses sur de nombreuses communes, et parfois même à moins de 150 mètres des habitations.

Dans le plus grand secret, le préfet autorise un lieutenant de louveterie, accompagné des chasseurs locaux de son choix – voire des lieutenants de louveterie des secteurs voisins –, à tuer un nombre illimité d’individus sur une période allant de quelques jours à un mois environ.

Ce n’est qu’une fois les “opérations de régulation” terminées ou sur le point de s’achever, que l’acte d’autorisation est publié sur Internet, trop tard pour que nous puissions tous en prendre connaissance…

Des principes démocratiques piétinés!

Cette pratique est scandaleuse et parfaitement antidémocratique! Elle empêche toutes les personnes concernées de prendre connaissance de ces autorisations dans un délai raisonnable. Elle prive notamment les associations, comme One Voice, de la possibilité de saisir les juridictions compétentes pour tenter d’en obtenir l’annulation.

Nous luttons pour que soit instauré un délai minimal de quinze jours entre la publication des arrêtés autorisant des battues administratives ou des tirs individuels, et le début effectif des opérations – ce qui n’est pas encore prévu à l’heure actuelle. En effet, il est fréquent que la publication intervienne un jour ou deux avant la battue, rendant impossible et inutile tout recours juridictionnel, comme cela fut notamment le cas pour les bouquetins du Bargy.

En ce qui concerne les Pyrénées-Orientales, nous avons contacté à plusieurs reprises le préfet, Monsieur Rodrigue Furcy. Sans surprise, nous n’avons obtenu aucune réponse. Pire, malgré nos divers courriers, il continue à publier ses arrêtés bien après leur entrée en vigueur.

Le désintérêt de la quasi-totalité des élus politiques pour la cause animale est encore une fois clairement démontré: la préfecture prouve ici son absence de considération pour les animaux qui vont être tués ainsi que son mépris vis-à-vis de nos démarches pour plus de transparence et de licéité.

Demandons à la préfecture de respecter le droit!

Envoyez au préfet le courrier à télécharger ici. Grâce à vous, il n’aura d’autre choix que de reconnaître l’illégalité de cette pratique et de la stopper dans les plus brefs délais.


Exemple : arrêté du 1er décembre… publié le 4 janvier 2023

Pas de répit pour les loups : nouvelle année, nouveaux massacres

Pas de répit pour les loups : nouvelle année, nouveaux massacres

Pas de répit pour les loups : nouvelle année, nouveaux massacres
27.01.2023
Pas de répit pour les loups : nouvelle année, nouveaux massacres
Animaux sauvages

Les loups, qui appartiennent pourtant à une espèce protégée, peuvent être abattus en toute légalité en France. Cependant, ces massacres légalisés ne semblent même pas suffire à leurs opposants, puisque les loups sont en plus victimes de braconnage, tués en dehors de tout cadre légal.One Voice attaque régulièrement les arrêtés préfectoraux autorisant des tirs létaux sur les loups, et plus largement se bat pour faire cesser cette hécatombe.

Une dérogation à la protection de l’espèce appliquée sans aucune réflexion

Bien que les loups soient protégés par la Convention de Berne et la Directive Habitats de l’Union européenne, il est tout à fait possible de les abattre « pour prévenir des dommages importants notamment aux cultures, à l’élevage, aux forêts, aux pêcheries, aux eaux et à d’autres formes de propriété ; […] », selon l’article L. 411-2 du Code de l’environnement.

En France, une fois les tirs autorisés par arrêtés préfectoraux, les loups s’approchant des troupeaux peuvent être tués sans état d’âme. Tant pis si les animaux éliminés ne sont pas ceux qui sont directement impliqués dans les attaques. Un non-sens que refusent nos voisins, qui font tout pour minimiser le déséquilibre des meutes et l’impact sur la conservation de la population lupine. La disparition d’un reproducteur détruit en effet la structure sociale de la meute et augmente le risque de dispersion de ses membres, mettant ainsi en cause leur survie, et multipliant le risque d’attaques désorganisées par des loups opérant désormais seuls. Mais n’est-ce pas finalement l’objectif de l’État français, sous la pression des lobbies, pour mieux diaboliser les loups ?

En Autriche, seuls des loups spécifiquement désignés peuvent être mis à mort. On s’assure donc que c’est le loup à l’origine des attaques qui sera abattu – loup qui, rappelons-le, ne tue pas par plaisir mais par nécessité, pour se nourrir. Tuer n’importe quel autre animal est interdit. Un tribunal autrichien a d’ailleurs annulé une autorisation de tir en décembre 2020, considérant que le risque de tuer un autre loup – non responsable des attaques passées – était trop élevé.

En Suisse, les loups choisis ne le sont pas au hasard : il doit s’agir d’un jeune animal afin de ne pas perturber la configuration hiérarchique, à condition que la meute se soit reproduite avec succès, et seulement si ladite meute a tué au moins dix animaux de rente en quatre mois.

En France, le nombre d’individus à décimer est en constante augmentation. Tant que cette politique d’extermination des loups n’aura pas cessé, One Voice veillera à ce que les conditions – minimales – nécessaires pour obtenir une autorisation de destruction soient respectées, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas.

Deux semaines après le début de la nouvelle année, déjà deux loups au tableau de chasse

La mise à mort des loups est suivie par la Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL) d’Auvergne-Rhône-Alpes, qui préfère comptabiliser ces tueries sous le doux nom de « protocole d’intervention sur la population de loups », certainement pour tenter d’en minimiser la gravité et de faire croire que, comme son nom l’indique, elle se soucie d’environnement.

En 2023, 174 loups pourront donc être abattus en toute légalité. À peine vingt jours après le début de la nouvelle année, c’est déjà le cas pour deux d’entre eux : le premier dans le département des Alpes-de-Haute-Provence dans le cadre de tirs dérogatoires, le deuxième, « détruit volontairement hors protocole » (en réalité braconné), quelque part en France sans autre précision, comme le démontre le tableau de suivi de la DREAL.

Il y a un an à peine, nous avions attaqué deux syndicats agricoles qui appelaient leurs membres à braconner les loups, se vantant de posséder « du plomb et du poison ». Cependant, « l’incitation à commettre le délit d’atteinte à une espèce protégée » n’est une infraction que si elle est suivie d’effet (un individu tue un loup en réponse à l’incitation des syndicats). Cette absence d’infraction est très contestable. Un amendement avait été déposé contre ce scandale dans le cadre de la loi Biodiversité, mais fut malheureusement rejeté…

Dans la presse, aucune information sur les deux premières victimes de 2023. Sur le site de la préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, pas davantage d’informations sur le loup concerné, mais un appel à candidature pour la nomination d’un lieutenant de louveterie qui participera, entre autres, « aux opérations prévues dans le protocole ‘‘loup” » – comprendre : « participera aux abattages de loups ».

Les loups sont des animaux à l’intelligence émotionnelle complexe. Mais du côté de l’État, ce ne sont que des têtes à couper pour faire plaisir aux éleveurs qui ne considèrent la nature et ses hôtes sauvages que par le prisme des profits immédiats qu’ils peuvent en tirer. On en est encore là, malgré la situation catastrophique dans laquelle se trouve la biodiversité.

C’est d’autant plus abject qu’aucune étude scientifique n’a démontré que le fait de tuer les loups réduirait de manière significative leur impact sur les animaux d’élevage, qui, ne l’oublions pas, finiront à l’abattoir après une – courte – vie d’exploitation dans un environnement surpâturé.