Contre vents et marées pour Samba, dernière éléphante « de cirque », dont la souffrance se brise sur l’indifférence de l’État

Contre vents et marées pour Samba, dernière éléphante « de cirque », dont la souffrance se brise sur l’indifférence de l’État

Contre vents et marées pour Samba, dernière éléphante « de cirque », dont la souffrance se brise sur l’indifférence de l’État
14.11.2023
Contre vents et marées pour Samba, dernière éléphante « de cirque », dont la souffrance se brise sur l’indifférence de l’État
Exploitation pour le spectacle

Alors que le Cirque d’Europe réapparaît une deuxième fois en ce mois de novembre 2023, après presque un semestre sans nouvelles de Samba, nous nous inquiétons du virage opéré par le gouvernement concernant la loi contre la maltraitance – déjà lacunaire – qui se confirme encore et encore. Après un dépliant vantant les mérites du spectacle mêlant exploitation et dressage d’animaux de la faune sauvage en danger, une note aux communes impose d’accepter les cirques avec animaux malgré l’imminence de la mise en application de la loi de 2021 (qui devrait leur interdire de se déplacer), et sous-entend que tout contrôle ne viserait qu’à prouver l’absence de souffrance… Exercice pratique à Épinay-sur-Orge.

En juillet, la publication de nos dernières images d’enquête accompagnées de l’annonce de notre plainte à laquelle étaient jointes des attestations de vétérinaires spécialistes des éléphants avait mis le feu aux poudres… Ou plutôt, Max Aucante, le dresseur de Samba, avait pris la poudre d’escampette, avant même le début des représentations annoncées.

Dès lors, nous craignions que la dernière éléphante de cirque en France ne soit envoyée à l’étranger, comme Dumba puis Kamala, et à peu près en même temps Bambi et Rosa ainsi que Nelly et Brigit, et enfin Baby… Avec l’aide ou sous les yeux fermés des autorités. Le calvaire de Samba aurait perduré, et nous n’aurions alors plus eu aucun levier légal pour lui offrir une meilleure vie.

Les autorités attendent-elles un « merci » de la part de Samba et de ses défenseurs…

Aussi, quand le Cirque d’Europe nous a été signalé à Morangis, une ville de banlieue jouxtant l’aéroport d’Orly, ni une ni deux : nous nous y sommes rendus pour confirmer sa présence et l’avons filmée… en proie à la stéréotypie. Nous avions dès lors un peu plus d’espoir, mais le délai était bien trop court pour qu’un contrôle de quelque sorte que ce soit ait lieu.

Capturée, battue, dressée, exploitée… Nous avons retrouvé Samba, entre piste et camion, à deux pas d’un aéroport… ce qui n’a rien de rassurant. Que va devenir la dernière éléphante de cirque que nous défendons depuis plus de 20 ans? #UnSanctuairePourSamba #CirquesSansAnimaux pic.twitter.com/24RsiI5p9B

— One Voice (@onevoiceanimal) November 2, 2023

Hier, un sympathisant nous a prévenus de sa présence à Épinay-sur-Orge, toujours en région parisienne. Et là, une fois de plus, les embûches s’accumulent. La ville a publié un communiqué de presse annonçant qu’un vétérinaire serait là « pour que la souffrance des animaux soit réduite ». La première réaction serait de se réjouir, mais qui peut encore se laisser duper ainsi ?

… ou un « mer** » ?

Une note d’instruction du ministère de la Transition écologique dont nous avons eu connaissance et datant de mi-octobre 2023, « relative à la procédure de contrôle des établissements itinérants détenant des animaux d’espèces non domestiques en vue de les présenter au public »,
vise expressément à faire pression sur les collectivités territoriales qui refuseraient la présence d’un cirque avec animaux dans leur commune.

Les formulations de ce document et du mail l’accompagnant sont totalement biaisées. Il y avait déjà eu un précédent il y a quelques années, entre l’annonce des mesures ministérielles et l’élaboration de la loi contre la maltraitance animale.

Cette mise à jour est délétère : elle préjuge que les contrôles dont elle organise la tenue « garanti[ront] l’absence de maltraitance animale » ! Dans les établissements itinérants, ceux précisément visés.

Après l’adoption de la faible loi de 2021, l’écrasant retour en arrière

Plus rien ne nous étonne de la part de ce ministère dit « de l’Écologie », qui n’a toujours pas écrit ni publié le moindre décret d’application alors que la mise en œuvre de la loi devait avoir lieu lors de son deuxième anniversaire, à la fin du mois. Ni sur les animaux détenus dans les camions-cages, ni pour le reste d’ailleurs (errance féline, delphinariums, etc.). Il ne s’agit même plus d’inertie : on a dépassé ce stade il y a bien longtemps.

Le maroquin de la captivité animale, de son exploitation et de sa disparition dans la nature

Les rares avancées entrevues en 2020-2021 sont réduites à néant. Les certificats de capacité des circassiens sont désormais équivalents à ceux des zoos, et la réglementation de ceux-ci en passe d’être revue au rabais. Nous irons au Conseil d’État pour résister à ce nivellement par le bas.

Pire, un dépliant à la gloire du cirque, rédigé, mis en page et publié avec les deniers publics est distribué par les préfectures.

Nous n’avons de cesse d’interpeller les ministres et les secrétaires d’État qui se succèdent : seul un silence coupable répond à nos courriers… Mais pour Samba et tous les autres, après plus de vingt ans d’un combat acharné, rien ne nous arrêtera.

Poules en cages : lors de l’audience devant le Conseil d’État, la rapporteure publique donne raison aux ONG

Poules en cages : lors de l’audience devant le Conseil d’État, la rapporteure publique donne raison aux ONG

Poules en cages : lors de l’audience devant le Conseil d’État, la rapporteure publique donne raison aux ONG
14.11.2023
France
Poules en cages : lors de l’audience devant le Conseil d’État, la rapporteure publique donne raison aux ONG
Elevage et alimentation

Neuf organisations de protection animale demandaient au Conseil d’Etat l’annulation partielle du décret du 15 décembre 2021 portant sur le réaménagement de bâtiments d’élevage de poules pondeuses en cages. Ce vendredi après-midi, lors de la séance publique, la rapporteure a appelé la juridiction administrative suprême à suivre la requête des ONG en annulant ce décret qui “revient à pérenniser l’élevage en cage”. Elle a ajouté que “retenir une interprétation restrictive du réaménagement ne rendrait pas nécessairement service aux intérêts économiques de la filière” alors que “la suppression des cages paraît inéluctable”.

Un engagement gênant pour le gouvernement…

En 2017, durant sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron prend « l‘engagement d‘interdire d‘ici 2022 de vendre des œufs pondus par des poules élevées en batterie ». À Rungis, à l’occasion de son discours en tant que Président, il réitère son engagement et promet que « les œufs vendus aux consommateurs ne seraient issus que d’élevages en plein air d’ici 2022 ».

En 2018, la loi Egalim voit quasiment tous les amendements visant à interdire ce système d’élevage balayés. Seule reste l’interdiction des bâtiments nouveaux ou réaménagés de poules en cages. Cette maigre avancée reste de surcroît en suspens puisque le ministère de l’Agriculture, qui a d’abord tardé à prendre un décret d’application et ne s’est exécuté qu’après y avoir été contraint par le Conseil d’Etat, a publié en décembre 2021 un texte qui diminue la portée de l’interdiction et que les ONG ont donc décidé d’attaquer.

Et pour cause : nous avons découvert que le gouvernement s’était engagé auprès de la filière à limiter la notion de réaménagement aux seuls bâtiments réaménagés qui augmenteraient leur capacité de production, méprisant et déformant de façon scandaleuse les termes de la loi. Le Ministre de l’Agriculture de l’époque, Stéphane Travert, avait en effet fait cette promesse aux lobbys de l’industrie, dans un courrier que CIWF a réussi à obtenir devant le tribunal administratif … après deux ans de procédure !

Les 9 ONG qui ne se laissaient pas faire

Le décret litigieux indique que « constitue un réaménagement de bâtiment :

  • 1° Les travaux ou aménagements d’un bâtiment existant pour le destiner à l’élevage de poules pondeuses en cage ;
  • 2° Les travaux ou aménagements d’un bâtiment existant conduisant à augmenter le nombre de poules pondeuses pouvant y être élevées en cage. »

Le 10 février 2022, 9 ONG françaises, issues de la coalition qui a mené au succès historique de l’initiative citoyenne européenne « Pour une ère sans cage », déposent une requête commune devant le Conseil d’État et demandent l’annulation de ces alinéas.

Pour les ONG requérantes, il s’agit d’une restriction illégale de la notion de réaménagement, puisqu’un exploitant d’un bâtiment déjà utilisé pour l’élevage de poules pondeuses en cage peut y entreprendre tous travaux et aménagements, aussi conséquents soient-ils, et échapper à l’interdiction de réaménagement de l’article L. 214-11 du code rural et de la pêche maritime, à la simple condition de continuer à détenir le même effectif de poules pondeuses.

Elles estiment que le texte de la loiEgalim est très clair : un réaménagement n’est pas un agrandissement. Sinon, un bâtiment d’élevage en cages existant pourrait être entièrement rénové à l’identique et les cages repartir en production pour une durée de 20 ans !

Espoir dans l’arrêt à venir du Conseil d’État

Aujourd’hui, le 10 novembre 2023, lors de l’audience, la rapporteure publique a défendu devant le Conseil d’État l’annulation partielle du décret, comme demandé par les ONG. Elle a estimé que ”le décret méconnaît l’objectif poursuivi par la loi”. En citant les débats parlementaires et les positions exprimées par le Ministre et le Président de la République, elle a considéré que “la loi visait à mettre fin à l’élevage en cage pour répondre à l’attente sociétale tout en laissant le temps aux éleveurs de s’adapter à ces changements”. Pour la rapporteure publique, “le cap était clairement fixé par la loi, et le décret y contrevient en permettant les réinvestissements” alors que “l’article L214-11 vise précisément à aménager une transition progressive afin d’éviter de plein fouet une mesure brutale d’interdiction.” Elle conclut à l’annulation du décret qui “revient à pérenniser l’élevage en cage”. Au surplus, elle a indiqué que “retenir une interprétation restrictive du réaménagement ne rendrait pas nécessairement service aux intérêts économiques de la filière” alors que “la suppression des cages paraît inéluctable.”.

Le Conseil d’État doit trancher. Il rendra son arrêt d’ici quelques semaines.

Agathe Gignoux, responsable des affaires juridiques de CIWF France a déclaré : « Les ONG fondent leurs espoirs sur l’arrêt qui sera rendu par le Conseil d’État après l’audience de ce jour, afin que soient sanctionnées les manœuvres par lesquelles le Gouvernement a tenté de faire obstruction à une avancée attendue par les citoyens et obtenue au Parlement. On attendrait du Gouvernement qu’il accompagne les transitions plutôt que de pérenniser des systèmes qui mènent l’élevage français dans l’impasse».

Pour Frédéric Freund, directeur de l’OABA : « l’avis de la rapporteure publique est un cinglant revers pour le ministère de l’Agriculture qui s’obstine, depuis plusieurs années, à ignorer les remarques constructives des ONG de protection animale lorsque des textes réglementaires leur sont présentés pour avis, lors des réunions du CNOPSAV (Conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale).« 

Avalanche de victoires contre le déterrage de blaireaux : motif retenu par Berne pour rejeter la plainte de 10 ONG…

Pour dénoncer les périodes complémentaires de chasse sous terre autorisées en France à l’encontre des blaireaux, 10 associations de protection des animaux et de la nature* avaient déposé plainte devant le Comité de la Convention de Berne, le 15 mai 2023, à l’occasion de la 2e Journée Mondiale des Blaireaux. Après 5 mois d’attente, sous prétexte que les périodes de vénerie sous terre sont en diminution du fait des nombreuses victoires locales obtenues depuis 2020 devant les tribunaux administratifs, le Bureau du Comité a décidé de rejeter notre plainte, sans consulter les études qui y étaient mentionnées.
Nous regrettons cette (non) décision peu ambitieuse et purement diplomatique. En conséquence, nous nous retournons désormais vers le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu, afin d’obtenir de sa part un acte politique fort, devant la cruauté inhérente à la pratique de la vénerie sous terre, et à hauteur de la jurisprudence positive accumulée ces dernières années en faveur des blaireaux.

Python et cacatoès exhibés dans une boîte de nuit : One Voice porte plainte

Python et cacatoès exhibés dans une boîte de nuit : One Voice porte plainte

Python et cacatoès exhibés dans une boîte de nuit : One Voice porte plainte
13.11.2023
Python et cacatoès exhibés dans une boîte de nuit : One Voice porte plainte
Faune sauvage

Le 7 octobre 2023, la discothèque perpignanaise « Nova Club » a organisé une soirée « jungle ». Au programme : musique, danse, boissons alcoolisées et, au milieu de cette atmosphère électrique… un serpent et un perroquet exhibés comme attraction phare de l’événement, pris en photos et manipulés sans répit par la foule, en toute illégalité. Nous avons porté plainte et demandé que les deux animaux nous soient confiés.

Des êtres sentients pour attirer le chaland

Désorienté par les spots lumineux et le volume sonore qu’on peut attendre d’un groupe festif, un python birman albinos s’est retrouvé malgré lui au cœur d’une soirée dans laquelle il a été utilisé comme vulgaire produit d’appel. L’inscription « photos avec le serpent », en grosses lettres sur le prospectus de l’événement, annonçait déjà la couleur…

Les photos prises le 7 octobre dernier n’ont malheureusement pas démenti l’exploitation honteuse que laissait présager ce programme. Le grand reptile s’est vu présenté à bout de bras par une, voire deux personnes, pendant de longs moments, pour que les noctambules puissent être photographiés à côté de lui, certains allant même jusqu’à le tripoter.

Et il n’a pas été le seul à être manipulé et montré comme un objet curieux dans cet environnement hostile : un cacatoès aux yeux bleus a lui aussi fait les frais de l’éthique douteuse des patrons comme des dresseurs, forcé à passer d’épaule en épaule pour amuser des clients vraisemblablement ivres, au risque de tout débordement ou accident.

La loi change, pas les pratiques, devenues illégales

Comme si plonger ces animaux dans un état de stress avancé en les exposant à autant de stimuli à la fois ne suffisait pas, ces actes sont illégaux. Depuis le 1er décembre 2021, la loi contre la maltraitance animale interdit la présentation d’animaux, qu’ils soient considérés comme domestiques ou non, en discothèque.

Presque deux ans plus tard, les rares mesures claires de ce texte à être entrées en vigueur ne sont même pas respectées ! Rien n’a changé depuis que l’ours Micha a servi d’attraction dans un restaurant parisien pour la Saint-Valentin en 2018 ou qu’un lionceau a été livré à la foule dans une boîte de nuit de Deauville en 2019.

Une fois de plus, nous prenons la défense de ces êtres sensibles traités comme de simples jouets et déposons plainte devant le tribunal judiciaire de Perpignan. Nous demandons également au préfet des Pyrénées-Orientales que le serpent et le perroquet victimes de la bêtise des patrons de l’établissement et de la cupidité cynique des dresseurs nous soient remis au plus vite pour que leur calvaire cesse.

One Voice saisit la justice pour faire la lumière sur le jeu du cou de l’oie de Saint-Bonnet-près-Riom

One Voice saisit la justice pour faire la lumière sur le jeu du cou de l’oie de Saint-Bonnet-près-Riom

One Voice saisit la justice pour faire la lumière sur le jeu du cou de l’oie de Saint-Bonnet-près-Riom
13.11.2023
One Voice saisit la justice pour faire la lumière sur le jeu du cou de l’oie de Saint-Bonnet-près-Riom
Exploitation pour le spectacle

Le 19 septembre 2023, après avoir diffusé nos images d’enquête sur le jeu du cou de l’oie organisé le week-end précédent dans une commune du Puy-de-Dôme, nous avons appelé à interdire cette pratique sadique qui consiste à arracher la tête d’animaux tués au nom de la tradition. Aujourd’hui, nous allons plus loin en demandant à la justice de mettre au jour les conditions d’abattage de ces oies, poules et lapins dont les corps sans vie ont été exhibés et violentés sous les applaudissements de la foule.

Face aux atrocités que nous avons révélées en septembre, les réactions indignées ont fusé de toutes parts. Deux conseillers régionaux se sont notamment prononcés contre les mutilations infligées aux animaux victimes du jeu cruel organisé par la commune de Saint-Bonnet-près-Riom et ont demandé au préfet du Puy-de-Dôme d’interdire cette pratique.

Les responsables s’obstinent…

Mais les organisateurs et les participants persistent et signent. Pour eux, rien de problématique à mutiler des corps d’animaux puisque ceux-ci sont déjà morts et seraient consommés après avoir été martyrisés. Le maire de la commune défend corps et âme ce « patrimoine à sauvegarder par tous les moyens ». À le lire, la violence viendrait uniquement de ceux qui la dénoncent. Et lorsqu’on tue et s’amuse avec les cadavres de ses victimes, ce ne serait que « joie », « amour » et « amitié » ! Un plaisir à faire couler le sang si intense que le maire et ses administrés seraient incapables de trouver d’autres idées de divertissement pour entretenir l’ « ambiance chaleureuse » de leur village.

… nous contre-attaquons

Nous prenons ces mordus de décapitation au mot et saisissons le tribunal judiciaire de Clermont-Ferrand pour savoir comment ces oies, ces poules et ces lapins ont été tués. Ont-ils été abattus dans un établissement dédié à cette activité et dans le respect des règles d’hygiène propres à l’alimentation ? Chaque famille de participant ayant dû, selon nos informations, fournir personnellement un ou deux animaux aux organisateurs, cela semble peu probable… Nous demandons à la justice de trancher. Pour notre part, nous maintenons qu’il ne devrait pas avoir besoin pour « festoyer » de décapiter des animaux, qu’ils soient vifs ou morts.

Continuez à vous mobiliser à nos côtés pour les victimes de cette pratique d’un autre âge en signant notre pétition pour interdire ces événements morbides partout en France.

Vénerie sous terre : dans l’Orne et la Manche, après la suspension, en route vers l’annulation ? Nouvelles audiences pour les blaireaux

Vénerie sous terre : dans l’Orne et la Manche, après la suspension, en route vers l’annulation ? Nouvelles audiences pour les blaireaux

Vénerie sous terre : dans l’Orne et la Manche, après la suspension, en route vers l’annulation ? Nouvelles audiences pour les blaireaux
13.11.2023
Vénerie sous terre : dans l’Orne et la Manche, après la suspension, en route vers l’annulation ? Nouvelles audiences pour les blaireaux
Chasse

Cette année, l’acharnement insupportable que subissent les blaireaux a pris un sérieux coup. Des dizaines de départements avaient autorisé leur déterrage dans le cadre de « périodes complémentaires », en dehors de la saison de chasse, ce printemps et en été. La justice a suspendu en urgence près de 30 arrêtés, suivant nos requêtes, nous permettant de sauver 4000 blaireaux. Désormais, les juges vont se prononcer sur le fond des dossiers et, espérons-le, annuler les textes. Le 14 novembre 2023 à 11 h 15, le tribunal administratif de Caen ouvrira le bal des audiences, avec trois dossiers : l’Orne pour les saisons 2022-2023 et 2023-2024, et la Manche.

Vénerie sous terre

Dans ces départements, des centaines de blaireautins tout juste nés s’apprêtaient à subir l’enfer de la vénerie sous terre. Année après année, l’État fait la preuve de son extrême proximité avec le milieu cynégétique. La vénerie sous terre illustre tristement ce constat : malgré les jugements, les préfectures s’acharnent à autoriser cette pratique cruelle pour le plaisir d’un petit nombre, quitte à recourir à des subterfuges qui ne trompent personne.

Dans la Manche et dans l’Orne, c’était compter sans notre intervention et celle d’AVES, notre partenaire sur ce dossier : le 10 mai et le 4 août 2023, le tribunal administratif de Caen suspendait les arrêtés préfectoraux. Des décisions limpides, qui ont balayé les arguments des autorités et immédiatement mis un terme au déterrage supplémentaire demandé. Et les résultats furent les mêmes quasiment partout en France, faisant de 2023 une année de tous les records pour les blaireaux.

L’enjeu : la fin pure et simple des périodes complémentaires

Le 14 novembre, le tribunal administratif de Caen se prononcera définitivement sur les arrêtés qu’il avait lui-même suspendus, quelques semaines avant que le Conseil d’État proclame sans ambiguïté l’interdiction absolue de tuer les petits blaireaux. Alors que la Cour administrative d’appel de Nantes vient tout juste de confirmer l’illégalité de la période complémentaire de vénerie sous terre de 2021 dans le Calvados, nous avons bon espoir que celui de Caen ne se dédise pas, et annule les arrêtés.

Et nous ne nous arrêtons pas aux juridictions nationales : parce que ce loisir morbide viole la convention de Berne, qui protège les blaireaux, nous avons déposé, avec dix autres associations, une plainte contre la France devant le Comité de Berne. Plus que jamais, ces actions permettent d’envisager la fin du déterrage au printemps et en été.

Aujourd’hui, 84 % des Français sont opposés à la chasse des animaux dans leurs terriers. Pour nous aider à porter leur voix et sauver autant de blaireaux, blairelles et blaireautins que possible, soutenez-nous et signez notre pétition pour dire stop à la vénerie sous terre, y compris en dehors des périodes complémentaires !

Nous défendrons les animaux du Cirque Franco-Belge devant la justice

Nous défendrons les animaux du Cirque Franco-Belge devant la justice

Nous défendrons les animaux du Cirque Franco-Belge devant la justice.
12.11.2023
Strasbourg
Nous défendrons les animaux du Cirque Franco-Belge devant la justice
Exploitation pour le spectacle

Du 13 au 24 septembre 2023, le Cirque Franco-Belge a occupé un parking strasbourgeois. Installation illégale, lionnes et babouins pétris d’ennui, cages minuscules… Une fois de plus, Serge Muller s’est illustré par le peu d’importance qu’il accorde au bien-être de ceux qu’il exploite. Nous avons déposé une plainte contre son établissement pour mauvais traitements commis par un professionnel.

En septembre, de nombreuses personnes inquiètes de l’installation du Cirque Franco-Belge sur le parking d’une zone commerciale de Strasbourg, dans le Bas-Rhin, nous ont alertés. La mairie, opposée depuis longtemps à l’accueil d’établissements avec des animaux, a immédiatement porté plainte, tout comme le directeur du magasin Intersport dont les circassiens auraient occupé le parking sans y avoir été autorisés.

Quelques semaines auparavant, le dresseur avait téléphoné à l’association, menaçant d’aller en justice si nous ne retirions pas des images des animaux de son cirque, postées sur les réseaux sociaux. De l’intimidation, comme toujours.

Des conditions de détention inadmissibles

Sur place, le lion, les lionnes et les tigres détenus par le dresseur en chef se partagent une cage « de détente » posée en plein soleil, à même le goudron. Peu importe d’ailleurs que les tigres soient des animaux solitaires qui, dans la nature, n’ont aucun territoire commun avec les lions, puisqu’ils ne vivent même pas sur le même continent. Pour faire toujours plus de profit sur leur dos, les circassiens les forcent à cohabiter dans cet espace ridicule. Quand ils n’y sont pas, ils croupissent dans les camions obscurs qui les transportent de ville en ville ou subissent les coups par lesquels le dresseur les soumet. Où qu’ils soient, ils ne peuvent échapper ni aux regards des humains, ni à l’ennui, ni à l’impossibilité de courir et sauter. Comment s’étonner, dans de telles circonstances, des va-et-vient incessants des lionnes aux prises avec leur mal-être ?

Un peu plus loin, chèvres et chevaux n’ont pas droit à plus d’égards. À leurs côtés, un chien est attaché au grillage, le cou à vif à force de tirer sur sa laisse…

Des problèmes que nous dénonçons de longue date

En mars 2020 déjà, deux chameaux s’étaient effondrés en plein spectacle, alors qu’ils étaient forcés à faire des tours de piste. Dans les cages qui les maintiennent prisonniers, les tigres et les lions manifestent depuis longtemps toute l’ampleur de leur souffrance.

Le 26 septembre, nous avons ainsi porté plainte contre l’établissement du frère du patron du Cirque Zavatta-Muller qui détient entre autres Jumbo.

Annonces illégales d’animaux en ligne : One Voice porte plainte contre Leboncoin

Annonces illégales d’animaux en ligne : One Voice porte plainte contre Leboncoin

Annonces illégales d’animaux en ligne : One Voice porte plainte contre Leboncoin
07.11.2023
France
Annonces illégales d’animaux en ligne : One Voice porte plainte contre Leboncoin
Animaux familiers

Il n’est un secret pour personne que les ventes et dons d’animaux sur Internet sont bien souvent faits en toute illégalité. Ce qui est plus flou cependant, c’est l’ampleur de ce trafic. Depuis avril 2023, plus de 4500 annonces concernant près de 11000 animaux ont été signalées par notre partenaire car elles ne respectaient pas la loi : animaux cédés non identifiés, parfois avant l’âge légal, ou encore sans faire apparaître les mentions obligatoires… One Voice a porté plainte contre Leboncoin et demande l’interdiction des cessions d’animaux en ligne, principale source des abandons et des abattages en fourrière.

Il y a quelques mois, l’École du Chat Libre de Toulouse a sollicité notre aide après un travail minutieux de recensement d’annonces illégales sur Leboncoin. Pour que ce travail ne soit pas vain, nous avons uni nos forces en engageant une procédure en justice afin de mettre fin à ce commerce honteux impliquant des êtres vivants.

Si l’identification des chiens et des chats est obligatoire, dans les faits, sur Internet, aucun contrôle n’est mené et de nombreux chiots et chatons sont cédés sans être identifiés. Pourtant, cette obligation permet de limiter les dérives avec des animaux issus d’« usines à chiots », cédés avant l’âge minimal, ou provenant de particuliers refusant de faire stériliser leurs animaux. Elle contribue également à mettre un terme à l’irresponsabilité des acquéreurs qui pour certains abandonneront sans état d’âme des animaux sans identité quelques mois plus tard.

Une obligation légale bafouée et c’est encore les animaux qui en sont les victimes

Depuis 2021, la loi est pourtant claire : les sites hébergeurs doivent mettre en place un système de contrôle préalable à la parution de l’offre, afin de vérifier le numéro de puce ou de tatouage des animaux. Les publications avec de faux numéros ne devraient donc même pas être mises en ligne, et encore moins celles concernant des chiens et chats non identifiés ! Malgré cela, des dizaines d’annonces non conformes affluent quotidiennement sur le site ! Si la majorité d’entre elles ont heureusement été supprimées, combien sont passées sous les radars ? Pas moins de cinq plaintes ont été déposées en commun avec notre partenaire l’École du Chat Libre de Toulouse. Une sixième partira très bientôt.

Jusqu’à la fin des ventes et dons de tous les animaux sur Internet

Il y a un mois, Leboncoin déclarait mettre fin au commerce d’animaux d’espèces sauvages. Difficile de se réjouir quand on se rend compte qu’il a fallu attendre 2023 pour obtenir une telle avancée, et qu’il était donc tout à fait possible de s’y procurer un perroquet ou une tortue il y a encore quelques semaines.

Les chiens et les chats, eux, n’ont pas cette « chance ». Les vendeurs peu scrupuleux peuvent continuer leur business juteux sans sourciller, avec la complicité de cette plate-forme. Encore une fois, ce sont les animaux qui en payent le prix fort : cédés en ligne aux premiers venus, sans aucune vérification, alors que des milliers d’entre eux sont abattus en fourrière chaque année par manque de place dans les refuges.

Vous aussi, agissez !

En attendant l’interdiction totale des cessions d’animaux sur Internet, nous avons porté plainte pour que les contrôles obligatoires soient enfin mis en place. Rejoignez notre combat et signez notre pétition pour une meilleure protection de nos compagnons.

Galliformes de montagne : plus de mille oiseaux épargnés de la chasse

Galliformes de montagne : plus de mille oiseaux épargnés de la chasse

Galliformes de montagne : plus de mille oiseaux épargnés de la chasse
06.11.2023
Galliformes de montagne : plus de mille oiseaux épargnés de la chasse
Chasse

Afin que les oiseaux des sommets aient du répit, nous avons veillé à ce que les chasseurs, eux, n’en aient pas. Depuis fin août, nous avons attaqué en référé les nombreuses décisions prises par des préfets ou directement par les fédérations de chasseurs. Leur objet était de permettre la mise à mort de tétras lyres, perdrix bartavelles, gélinottes des bois, lagopèdes alpins et perdrix grises des Pyrénées. Les juges ont prononcé de nombreuses suspensions, épargnant ainsi la vie d’un nombre considérable de galliformes de montagne.

Dans les Alpes, plus d’un millier d’oiseaux ne seront pas criblés de balles

Les tribunaux administratifs (TA) de Grenoble et Marseille ont suspendu la chasse en se fondant tantôt sur notre raisonnement lié au caractère intolérable de la traque d’animaux déjà ébranlés par les conséquences du réchauffement climatique et les nombreuses perturbations liées à la fréquentation touristique des massifs, tantôt sur des arguments plus techniques. Plus d’une fois, les préfets ont tout bonnement donné carte blanche aux chasseurs en les laissant déterminer eux-mêmes les quotas d’animaux à tuer.

L’absurdité de continuer d’occire des individus dont l’espèce est en mauvais état de conservation a également fait mouche s’agissant des gélinottes des bois en Isère et devant le juge marseillais dont les ordonnances ont permis d’épargner massivement les tétras lyres et perdrix bartavelles.

Malgré quelques revers, le combat se poursuivra

Il y a malheureusement plusieurs ombres au tableau du côté des départements pyrénéens et dans les Alpes-Maritimes où nous nous sommes heurtés aux raisonnements à contre-courant des tribunaux administratifs de Montpellier, Toulouse, Pau et Nice qui ont rejeté nos requêtes. La déception est particulièrement amère car faute de suspension, le bain de sang des perdrix, tétras et lagopèdes alpins a bel et bien eu lieu.

Mais nous ne nous décourageons pas pour autant. Si les annulations que nous obtiendrons a posteriori ne ramèneront pas les oiseaux à la vie, elles serviront dans le cadre de futurs recours pour potentiellement épargner les suivants. En effet, vu l’énergie dépensée par l’État pour faire les quatre volontés des chasseurs – en témoigne la reprise d’un nouvel arrêté juste après la suspension du précédent, obtenue dans les Pyrénées-Orientales, ou les expérimentations douteuses destinées à réhabiliter les chasses traditionnelles aux alouettes, vanneaux, etc. -, il est certain que le massacre des oiseaux de montagne, pourtant menacés de toutes parts, sera autorisé lors de la saison 2024-2025.

Au total, ce sont les vies de 20 gélinottes des bois en Isère, 422 perdrix bartavelles (6 en Haute-Savoie, 219 en Savoie, 35 dans les Alpes-de-Haute-Provence et 162 dans les Hautes-Alpes) et de 723 tétras lyres (201 en Haute-Savoie, 404 en Savoie, 45 dans les Alpes-de-Haute-Provence et 73 dans les Hautes-Alpes) qui ont été sauvées par notre action ! Comment accepter que nous, défenseurs des animaux, devions en arriver à entraver les préfectures, qui elles-mêmes autorisent cela ?

Notre mobilisation contribue à donner de la visibilité à ces animaux fragiles, témoins silencieux de leur propre déclin, et à les protéger des fusils. Aucun oiseau ni aucun animal ne doivent mourir de la main d’un petit groupe d’humains, pour le divertissement de ces derniers. Nous continuerons à le marteler jusqu’à ce que l’État entende raison.