De la production de dauphins ?

De la production de dauphins ?

De la production de dauphins ?
28.09.2016
Port-Saint-Père
De la production de dauphins ?
Exploitation pour le spectacle

Lors du suivi de Galéo, One Voice a pu voir le bébé à peine né de Amtan dans un bassin de Planète Sauvage. Depuis, Parel aussi a donné naissance à un delphineau. Au-delà des préoccupations immédiates quant à leur avenir, est-il raisonnable de produire ainsi du dauphin en série ?

Le 31 août dernier, One Voice s’est rendu à Planète Sauvage afin d’effectuer des constatations relatives au petit Galéo et aux autres dauphins. À cette occasion, ils ont observé pour la première fois le bébé de Amtan, né depuis peu. Mi-septembre, c’était au tour de Parel de donner naissance à un delphineau.

Voilà, bien sûr, qui inquiète, quand on se souvient qu’il y a un an, le nouveau-né de cette dernière se faisait tuer lors d’une bagarre avec Lucille. Mais il y a pire à craindre : cette production hâtive de dauphins, à la veille d’un prochain arrêté ministériel réglementant la captivité en France.

L’élevage industriel est apparu chez nous dans les années 1970, afin de produire à moindre coût de la viande, du lait et des œufs. À cette fin, les animaux sont traités comme une marchandise et le plus souvent élevés dans des bâtiments clos.

Il en va de même pour les dauphins, dont la production industrielle n’a commencé qu’au début des années 1990. Les règlements CITES avaient mis fin à l’afflux de dauphins depuis la Floride et Cuba. Il fallut instaurer des programmes de reproduction calqués sur ceux des zoos, ce qui fut assez facile. Les dauphins ont une sexualité naturellement très active, que l’ennui de l’enfermement exacerbe plus encore. On les dota donc de «bassins de maternité», tandis que les recherches des delphinariums se focalisaient sur l’insémination artificielle et le suivi des grossesses. Comme le savent les clients de Taiji, capturer un dauphin sauvage est beaucoup moins coûteux que de le faire se reproduire en bassin. Mais l’industrie de la captivité occidentale n’avait pas d’autre choix. Et elle «produisit» donc du dauphin en abondance.

Dans quel but ? Pas pour la viande ni pour le lait, ni moins encore pour repeupler les océans. Dès leur naissance, ces dauphins apprennent à vivre non comme de vrais dauphins, mais comme des animaux « artistes » exclusivement destinés aux spectacles. Certains deviennent d’ailleurs très compétents dans ce domaine limité du savoir et les sites des parcs d’attractions s’en émerveillent. Ainsi, à propos de Bahia au parc Astérix : « Très joueuse, elle imite souvent les adultes pendant les spectacles. Elle est toujours partante pour s’amuser, seule, avec les autres dauphins ou avec ses soigneurs ».

Éduqués de cette manière, ces dauphins seraient évidemment incapables de se saisir d’un poisson vivant. Leurs instincts, leur culture, leur conscience et leur dignité ont été savamment effacés sur deux générations à peine. Il en faudrait mille pour amorcer un processus de domestication réelle, mais deux générations suffisent à créer des êtres dépendants de l’humain, physiquement et intellectuellement diminués. À en croire le directeur du Zoo d’Amnéville, les delphinariums français en produiraient en quantités telles qu’ils ne savent plus où les mettre. D’où leur exportation en Grèce, en Espagne, en Belgique, comme de vulgaires colis postaux.

En termes strictement commerciaux, tout cela est-il bien raisonnable ? Aux USA, la descente aux enfers de SeaWorld se poursuit et l’Aquarium de Baltimore promet un sanctuaire à ses anciens détenus. En Finlande, le dernier delphinarium a fermé ses portes, faute d’audience. La plupart des delphinariums du nord de l’Europe peinent aujourd’hui à remplir leurs gradins.

Pour One Voice, il est temps que les delphinariums ferment et que des sanctuaires marins soient créés pour offrir une retraite bien méritée à tous les cétacés captifs. Signez et diffusez notre pétition !

Légende photo : En liberté, les bébés dauphins s’élèvent en famille. 

LETTRE OUVERTE à M. Gérard Landrieu, Maire de Prévenchères

Monsieur le Maire,
Le collectif CAP Loup regroupe 37 associations de protection de la nature et des animaux, réunies pour agir en faveur de la protection du loup, pour assurer la présence de l’espèce en France et permettre la cohabitation entre le loup et les activités humaines.

France-Turquie : l’insoutenable calvaire des vaches exportées

France-Turquie : l’insoutenable calvaire des vaches exportées

France-Turquie : l’insoutenable calvaire des vaches exportées
27.09.2016
Europe
France-Turquie : l’insoutenable calvaire des vaches exportées
Autre campagne de l’association (ou multiples)

L’association CIWF vient de diffuser les terribles images de son enquête sur les transports de bovins depuis l’Europe vers la Turquie. La France, qui en est un acteur majeur, doit cesser d’y participer et interdire ce commerce cruel, et nous devons repenser notre consommation pour un mode de vie sans cruauté.

Elles ont soif, elles lèchent les barreaux des camions. Elles ont faim. Elles mangent leurs excréments. Elles sont à terme et mettent bas d’un bébé, immédiatement retiré. Elles sont épuisées et elles meurent là, dans les camions. Là, c’est la frontière turque. Certaines sont nées en France, les autres viennent d’ailleurs en Europe. Leur calvaire est indescriptible, les images sont insoutenables.

L’enquête de CIWF

CIWF est une association amie de One Voice. Ses partenaires Tierschutzbund ZurichAnimal Welfare Foundation et Eyes on animals ont enquêté à Kapikule, à la frontière entre la Bulgarie et la Turquie, en juin dernier dans le cadre d’une investigation débutée en 2010. Sur les 200 camions qui sont passés, 109 ont été inspectés. Les bovins y étaient enfermés plusieurs jours, en plein soleil, sans eau propre ni nourriture. La température excédait 38°C dans les véhicules, où l’odeur d’ammoniaque se mélangeait à celle des cadavres. Car dans ces conditions, tous ne survivent pas. 5 veaux y sont nés. L’un d’eux par césarienne : à vif, dans la rue, on a éventré sa mère. Lui était déjà mort. Elle, épuisée, le ventre toujours ouvert, n’a pas réussi à remonter dans la remorque. Alors elle a été égorgée en pleine conscience. A côté du camion.

La France coupable

L’implication de la France dans ce véritable scandale est loin d’être anecdotique. La France était le premier pays exportateur d’animaux vivants vers la Turquie en 2015. Leur nombre a ensuite diminué du fait de l’épidémie de fièvre catarrhale ovine, mais des accords sont actuellement en cours de négociation pour augmenter à nouveau les exportations. Notons aussi que sur les 6 années d’investigation, 350 camions transportant ovins et bovins ont été inspectés. Parmi eux, 89% de ceux provenant de France étaient en infraction à la législation européenne. Et cette situation est déjà connue de longue date des autorités françaises et européennes !

Il faut dire stop !

Face à cette horreur qui a déjà bien trop duré, One Voice soutient la demande adressée par CIWF à Stéphane Le Foll de cesser toute exportation d’animaux vivants vers la Turquie. Vous aussi vous pouvez agir et lui envoyant une requête sur la page dédiée du ministère.
Et aidez-nous à faire évoluer les habitudes de consommation, le véganisme n’est plus une utopie! Car ces vaches, ce sont celles de l’industrie laitière, nul doute là-dessus. Jusqu’au bout traitées comme des machines à produire, et leurs veaux comme des sous-produits. Alors, pour accompagner le changement vers une alimentation végétale, rendez-vous sur Vegan Pratique !

Crédit photo : www.AWF-TSB.org & Eyes on Animals

One Voice et l’ECEAE satisfaites de la décision de la Cour de justice de l’UE

One Voice et l’ECEAE satisfaites de la décision de la Cour de justice de l’UE

One Voice et l’ECEAE satisfaites de la décision de la Cour de justice de l’UE
26.09.2016
One Voice et l’ECEAE satisfaites de la décision de la Cour de justice de l’UE
Animaux familiers

One Voice et la Coalition européenne pour mettre fin à l’expérimentation animale (ECEAE) se sont félicitées de la décision rendue le 21 septembre par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Cette dernière a en effet rejeté l’argumentaire de la Fédération européenne des ingrédients cosmétiques (EFfCI) qui avait obtenu le soutien du gouvernement français. Elle aurait permis aux entreprises de se soustraire à l’interdiction des cosmétiques testés et à leur commercialisation en expérimentant sur des animaux en vertu d’autres lois européennes ou étrangères, puis d’utiliser les données obtenues pour accéder au marché des cosmétiques de l’UE. Les associations exhortent à présent les régulateurs nationaux à s’assurer que la décision est bien appliquée dans toute l’UE.

L’affaire a été portée l’année dernière par l’EFfCI, qui représente la plupart des fabricants d’ingrédients cosmétiques en Europe [1]. La Fédération, soutenue par le gouvernement français, a fait valoir que les entreprises devraient être en mesure de vendre au sein de l’UE des cosmétiques contenant des ingrédients testés sur les animaux — pour autant que les tests aient été effectués nominalement dans le cadre de certaines législations autres que la Réglementation européenne sur les produits cosmétiques.

Cependant, la CJUE est aujourd’hui tombée d’accord avec un avis consultatif de l’avocat général de mars 2016 préconisant que la Cour refuse l’argumentaire de l’industrie et qu’une entreprise ne saurait s’appuyer sur des données issues de l’expérimentation animale (où qu’elles soient générées et à quelque fin que ce soit) pour assurer la sécurité d’un produit cosmétique [2]. La Cour a également rejeté les arguments du gouvernement britannique et de la Commission européenne qui auraient également beaucoup affaibli l’interdiction des tests sur les animaux.

En décembre 2015, la Coalition, dont One Voice est la représentante pour la France, a présenté un argumentaire à la Cour contre les tentatives de l’industrie d’édulcorer l’interdiction historique des tests cosmétiques sur les animaux. La CJUE a aujourd’hui rendu plus difficile pour les entreprises le fait de vendre des produits cosmétiques au Royaume-Uni et dans l’UE si ceux-ci ont été expérimentés sur des animaux ailleurs dans le monde [3].

Muriel Arnal, présidente de One Voice, déclare : « Cette tentative de l’EFfCI montre une fois de plus l’importance de rester vigilants, d’autant plus en France où le gouvernement a encore affiché clairement sa position. La décision prise par la Cour est une vraie victoire de l’éthique. La souffrance des animaux importe peu à certains industriels, quelles que soient les avancées de la science. Aujourd’hui une vraie justice a été appliquée et elle est de bon augure pour l’avenir. »

Dans le but d’aider le marché des cosmétiques dans l’UE, les entreprises ont déjà essayé de recourir à l’expérimentation animale en vertu d’autres lois européennes telles que le programme de sécurité chimique REACH, ce qui sape l’esprit d’interdiction des tests cosmétiques. L’EFfCI a tenté de limiter l’interdiction en l’appliquant seulement aux cas où l’expérimentation animale était spécifiquement réalisée dans l’esprit de la Réglementation sur les cosmétiques (ce qui ne concernait pratiquement aucun test).

NOTES :

[1] L’affaire a été portée par la Fédération européenne des ingrédients cosmétiques (EFfCI), techniquement contre le ministère des Entreprises, de l’Innovation et des Compétences du Royaume-Uni. Elle a été renvoyée devant la Cour européenne de justice par la Haute Cour de Londres et affecte l’interprétation dans toute l’Union européenne. Les recommandations de l’avocat général ne lient pas la Cour mais sont acceptées dans la majorité des cas.

[2]
http://curia.europa.eu/juris/document/document.jsf?text=&docid=183602&pageIndex=0&doclang=en&mode=req&dir=&occ=first&part=1&cid=641808
[3] Le maintien de l’interdiction des tests cosmétiques sur les animaux et de leur commercialisation dans la période post-Brexit sera l’une des nombreuses questions qui se poseront au gouvernement britannique. Pour le moment, le Royaume-Uni est lié par cette décision.

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Les Français ont peur de la chasse

Les Français ont peur de la chasse

Les Français ont peur de la chasse
19.09.2016
France
Les Français ont peur de la chasse
Habitat naturel

La majorité des Français ne se sent pas en sécurité dans la nature en période de chasse, comme le prouve ce récent sondage de l’IFOP pour l’ASPAS et One Voice (1), du 12 au 14 septembre 2016.
Il confirme que 8 Français sur 10 souhaitent que le dimanche devienne un jour non chassé, et révèle que 9 sur 10 sont favorables à une réforme de l’organisation et de la réglementation sur la chasse.

Un dimanche sans chasse ? La question ne divise pas ! 78 % des sondés y sont favorables (contre 54% en 2009 (2)). Une demande qui n’est pas portée par des « bobos écolos urbains » tant vilipendés par le monde de la chasse, mais bien par 76% de la population vivant en milieu rural.

Les accidents de chasse restent un sujet tabou en France. Pourtant, aucune autre activité de loisir que la chasse ne pose un tel problème de sécurité publique. Ce week-end en Loire-Atlantique, une femme a pris une balle de sanglier dans la cuisse, pendant qu’elle jardinait. Un accident qui est survenu alors que l’ouverture de la saison de chasse au gibier ne débutait que le lendemain dans ce département ! Sur les 71% de Français fréquentant régulièrement la nature (plusieurs fois par mois), 61% ne se sentent pas en sécurité lors de leurs sorties, en période de chasse. L’an dernier, près de 2 victimes sur 10 n’étaient pas chasseurs. La mort de Samuel (20 ans) en Isère, puis celle de Gaël (43 ans) en Haute-Savoie avaient souligné une nouvelle fois la difficile cohabitation de l’activité chasse avec toutes les autres activités de plein air.

Depuis 1982, il n’existe plus de périmètre de sécurité autour des habitations (3). En 2003, l’obligation d’un jour national sans chasse par semaine était supprimée par Roselyne Bachelot. Il n’existe pas de validation régulière des connaissances ni des aptitudes physiques des chasseurs, et les contrôles d’alcoolémie ne sont pas possibles pendant un acte de chasse : un laxisme que la majorité des Français trouvent injustifié.

Il n’est pas surprenant qu’aujourd’hui, 91% de nos concitoyens soient favorables à une réforme de l’organisation et de la réglementation sur la chasse pour l’adapter à la société actuelle !

Depuis plus de 20 ans, l’ASPAS demande aux divers gouvernements une mesure simple et démocratique du partage de l’espace entre un petit million de chasseurs et la majorité des citoyens : la trêve de la chasse le dimanche. Vous avez dit lobby ?

One Voice se bat contre la pratique de la chasse en France et dans le monde, et milite pour un dimanche sans chasse depuis sa création en 1995 sous le parrainage de Théodore Monod.

(1)
Télécharger les résultats de l’étude

(2) Sondage IFOP/ASPAS réalisé en juillet 2009.

(3) Extrait de
Comment se promener dans les bois sans se faire tire dessus « Depuis la circulaire Deferre du 15 octobre 1982, les préfets sont invités à ne plus interdire la chasse dans un périmètre autour des habitations, mais à réglementer le tir en direction de ces habitations. Ainsi, les tirs « à portée de fusil » ou à moins d’une certaine distance (de 150 mètres bien sou- vent) sont généralement interdits en direction des « habitations, routes et chemins publics, voies ferrées et emprises des chemins de fer, des lignes électriques, des aéroports, des lieux de réunions publiques et des stades ». Dans ce cadre, rien n’empêche les chasseurs d’être adossés à une maison et de tirer vers l’extérieur ! »

One Voice infiltre la filière et révèle la torture des lapins angoras dans les élevages français

One Voice infiltre la filière et révèle la torture des lapins angoras dans les élevages français

One Voice infiltre la filière et révèle la torture des lapins angoras dans les élevages français
15.09.2016
France
One Voice infiltre la filière et révèle la torture des lapins angoras dans les élevages français
Exploitation pour la Mode

Le 15 septembre, One Voice, association de défense des animaux active depuis 1995, rendra publics une vidéo et un rapport d’enquête résumant des mois d’infiltration dans plusieurs élevages français de lapins angoras. Les images comme les commentaires des éleveurs recueillis à cette occasion sont sans appel : non seulement les lapins sont élevés en batterie dans des conditions d’alimentation, de confort et d’hygiène plus que douteuses, mais ils sont surexploités dans une cruauté sourde à leurs cris durant toute une vie.

Empilés dans des cages sommaires, les lapins angoras filmés par les enquêteurs One Voice dans les élevages français n’ont finalement pas de sort plus enviable que ceux de Chine.
On se rappellera qu’un film diffusé par l’association PETA sur les élevages chinois de lapins (90 % de la production mondiale) avait glacé les opinions en 2013.

Il semble hélas que les bonnes pratiques en matière de bien-être animal, pourtant recommandées par le ministère de l’Agriculture comme lignes conductrices d’un plan quinquennal à échéance 2021, n’aient pas d’actualité concrète plus engageante.
Et pourtant, ici et là on vante la qualité de l’angora français, finalement juste liée au poil d’une race d’élevage, mais pas aux méthodes de ceux qui l’exploitent à profit.

Une enquête à rebrousse poil…

C’est un travail d’investigation d’importance. Les enquêteurs de l’association lanceuse d’alertes ont infiltré ce milieu pendant des mois (En France il existerait une quarantaine d’élevages exploitant des milliers de lapins, chiffres obtenus lors de notre enquête et pour lesquels nous n’avons pu obtenir aucun document officiel tant la filière semble peu encadrée). Leur objectif était d’étudier l’ensemble de la filière, de documenter l’épilation des lapins car elle n’a pas lieu tous les jours. La rotation dans les activités joue : phases de reproductions, sexage des lapereaux, productions alimentaires avec la chair des mâles (moins fournis en poils, ils sont surtout destinés au pâté ou au bûcher), et beaucoup d’attente entre les épilations, trois fois l’an, qui signifient un stress permanent pour les lapins, dénudés après les « récoltes » et exposés aux chocs thermiques, sans plus de protection dans leurs clapiers.

Les « One Voice » ont donc travaillé un semestre durant, de février à juillet 2016, dans six élevages différents : leurs constats prennent valeur d’état des lieux d’une filière en déclin, mais toujours nocive, si l’on en juge par ce simple commentaire d’acteur enregistré, parmi d’autres : « Les femelles sont un peu plus fragiles que les mâles au niveau de la peau. Il arrive que ça déchire. Il y en a des fois, tiens, pouf, il y a un bout de peau qui vient avec. Quand ça commence, j’ai vu des fois je lui aurais arraché tout, j’étais obligé de finir aux ciseaux parce que toute la peau venait, alors là tu passes du temps. J’ai vu des fois passer deux heures sur un lapin qui se déchirait de partout. Des fois tu te dis, il faut mieux lui foutre un coup sur la tête, celui-là. »

Une action citoyenne d’envergure

Écœurée à l’écoute des cris poussés par les lapins épilés brutalement, et non simplement peignés comme on voudrait le faire croire, Muriel Arnal, présidente-fondatrice de One Voice, prend ici les mêmes positions que sur la fourrure animale en général : « L’angora doit être banni de France, et nous avons un grand espoir de faire changer les choses pour ces animaux. Notre enquête fonde juridiquement notre demande : nous avons hier obtenu l’interdiction de la vente de fourrure de chiens et chat importés de Chine. Il n’y a aucune raison que des produits de l’angora, obtenu dans de telles conditions, puissent librement circuler chez nous. »

La médiation de l’État est indispensable pour agir auprès des acteurs de la filière, qui visiblement bénéficient d’une grande souplesse en matière de réglementation et de contrôles auprès des Directions Départementales de la Protection des Populations (DDPP). « Pour cesser de telles pratiques, survivance du Moyen Âge assise sur une cruauté indigne, nous sommes prêts à travailler avec les éleveurs pour les accompagner dans leur reconversion » précise Muriel Arnal.

One Voice (représentant France de la coalition internationale Free Fur Alliance) a choisi de déposer une plainte contre le principal élevage local, situé en Loire-Atlantique (44), sur le fondement de plusieurs manquements aux réglementations en vigueur (conditions d’élevage et d’abattage, actes de cruautés). Pratique jugée inacceptable, la vente de lapines ayant développé des tumeurs mammaires à un laboratoire d’expérimentation, où elles vivront un second calvaire, a pesé dans le choix d’une action judiciaire ciblant le haut de la filière.

L’angora, hors des élevages et des placards

Sur le site stopangora.fr, une pétition est également lancée à l’adresse du ministre de l’Agriculture afin que des mesures d’urgences, conservatoires ou de contrôles, soient prises dans les élevages, et qu’à terme tant leur activité que le commerce de produits en angora soient interdits en France. Par ailleurs, l’association invite le public à cesser d’acheter des fabrications en laine angora et à en vider leurs placards. « Au vu des images tournées, je ne comprendrais pas que l’on puisse continuer à porter en souriant des pulls en angora. Nous pourrons en assurer la collecte et les apporter à des refuges pour chats, où ils seront bien plus utiles » conclut Muriel Arnal, qui espère un afflux de cartons contenant des vêtements siglés « angora », issus de la souffrance animale, aux bureaux de son association…


Télécharger le communiqué en version pdf

Un petit esclave est né à Port-Saint-Père

Un petit esclave est né à Port-Saint-Père

Un petit esclave est né à Port-Saint-Père
09.09.2016
Port-Saint-Père
Un petit esclave est né à Port-Saint-Père
Exploitation pour le spectacle

Un delphineau vient de naître à Planète Sauvage. Mais quel sera le destin de ce petit esclave? One Voice réclame la fin de la reproduction des dauphins captifs, ainsi que la fermeture de tous les delphinariums en France.

Collé au flanc de sa mère, un delphineau tourne dans l’eau tiède sous un soleil de feu

Il a dû naître il y a quelques jours à peine, et respire encore maladroitement au-dessus de la surface en dodelinant un peu de la tête. Sa mère, Amtan, est une jeune dauphine de seize ans, née au Dolfinarium de Harderwijk. Présente à Planète Sauvage depuis 2008, elle met ici au monde son premier enfant.

Personne ne peut guider sa découverte des gestes maternels. La confier aux soins de Lucille serait trop dangereux. L’an dernier, cette malheureuse lourdement dépressive avait tué dans une bagarre le bébé de Parel, elle aussi primipare. Un acte insensé en milieu naturel mais fréquent en bassin. Pourtant, Lucille est la seule à savoir comment on élève un enfant, la seule à l’avoir appris auprès de sa propre mère.

Où est la mère d’Amtan ?

Qui est-elle ? C’est Molly, née dans le golfe du Mexique en 1980. Sa fille aurait tellement eu besoin d’elle aujourd’hui ! Mais Molly est restée en Hollande. Car c’est ainsi qu’agissent les delphinariums : ils séparent les enfants des mères bien avant qu’ils ne soient adultes. Alors la jeune maman s’inquiète. Elle ne sait pas trop comment faire pour prendre soin de son petit. Une dresseuse lui offre un poisson, elle ne s’approche même pas du bord. Le poisson est jeté à l’eau, la dauphine n’y touche pas. Est-elle malade ? Stressée ? On peut la comprendre. Jamais aucun bébé n’a encore grandi dans les bassins de Planète Sauvage. Il y eut surtout beaucoup de morts en peu d’années.

Il y eut d’abord Sammy, un jeune dauphin bleu et blanc

Il s’est éteint en 1999 dans les bassins fraîchement construits de Planète Sauvage. Puis ce fut le tour de Théa, une jeune femelle arrivée de Hollande avec ses amies Parel et Amtan en 2008. Elle est morte trois ans plus tard à l’âge de dix-neuf ans sans avoir jamais eu de petit. Arrivé du Parc Astérix, Minimos a disparu à huit ans. On ignore toujours la cause de son décès. Et puis il y eut Little, la fille de Parel, qui survécut moins d’une semaine.

Ce petit être fragile qui nage contre sa mère Amtan vivra-t-il plus longtemps ? Faut-il même le lui souhaiter quand on sait la vie qui l’attend ?… Dès cinq ou six ans, ce delphineau vivra ce que vivent aujourd’hui Galéo et Aïcko : il devra se battre, sans cesse, dans une sorte de feuilleton interminable où ce sont toujours les caïds qui gagnent. Et si c’est une femelle, elle sera engrossée jusqu’à l’épuisement. Ce jeune dauphin, au corps taillé pour la vitesse, ne nagera jamais en ligne droite plus de quelques mètres sans rencontrer un mur. Il ne plongera jamais profondément à la poursuite de poissons fugaces. Ce mammifère marin ne saura jamais ce qu’est la mer.

Signez et diffusez notre pétition !

Légende photo : la vie de famille est essentielle aux dauphins 

De la violence à n’en plus finir

De la violence à n’en plus finir

De la violence à n’en plus finir
24.08.2016
Bretagne
Animaux familiers

C’est grâce à ses lanceurs d’alerte que la Cellule Zoé a eu connaissance de ce cas. Dans cet élevage breton, plus de 200 cochons sont détenus dans de terribles conditions. Pire, ils servent d’exutoire à un éleveur violent.

Dans les stabulations intérieures, on trouve des cochons enfermés dans le noir. Ils n’ont pas d’eau, pas de nourriture, pas de litière. Ils sont trop nombreux, entassés dans la boue. Certains suffoquent.

Dans les stabulations extérieures, où elles ne devraient rester que le temps de se nourrir, les truies gestantes sont enfermées durant des heures. Sur le béton, sans eau et quel que soit le temps, soleil brûlant ou pluie battante, elles doivent attendre qu’il se souvienne qu’elles existent.

Avouons que parfois, pourtant, il vaut mieux l’éviter. Car cet éleveur frappe — les porcelets, les truies… Il frappe, avec un gourdin, jusqu’à ce que le sang coule. Il frappe malgré les hurlements. Il frappe même souvent jusqu’à tuer. Mais les cadavres encombrants, les cadavres suspects, l’équarrisseur ne les voit pas. Ceux-là, l’éleveur les abandonne dans la nature…

Sa femme a pu se sauver avec le chien — car ici le lien, encore, s’exprime dans toute son horreur. Mais elle a réussi, finalement, à survivre à sa violence, à s’échapper. Cependant, pour ses autres innocentes victimes, c’est à One Voice d’agir. Déjà, une plainte a été déposée. La procédure est en cours. Nous devons mettre un terme à leur martyre et empêcher cet éleveur de nuire à nouveau ! Nous nous battons pour ça. Nous nous battons pour eux.

Un nouveau cas de lien entre toutes les violences, One Voice porte plainte contre un éleveur breton

Un nouveau cas de lien entre toutes les violences, One Voice porte plainte contre un éleveur breton

Un nouveau cas de lien entre toutes les violences, One Voice porte plainte contre un éleveur breton
23.08.2016
Bretagne
Un nouveau cas de lien entre toutes les violences, One Voice porte plainte contre un éleveur breton
Animaux familiers

Morbihan (56) – L’épouse de l’éleveur s’est enfuie. Elle n’a pas hésité à prendre position contre son mari brutal, car si elle est désormais à l’abri de ses violences, elle sait ce qui se passe à la ferme. Elle dénonce les coups de barre de fer ou de gourdin tombent sans ménagement sur les porcelets, les truies, le chien. Dans sa déposition, elle évoque que l’éleveur va jusqu’à planter ses doigts dans les yeux des animaux, les bat jusqu’au sang. Les cadavres des plus malmenés n’iront pas jusqu’à l’équarisseur, qui pourrait donner l’alerte. Ils seront abandonnés discrètement dans la nature. One Voice a porté plainte afin que les 200 cochons de l’élevage soient mis en sécurité.

S’il était encore besoin d’exemplifier le lien existant entre la maltraitance des animaux et les violences commises à l’encontre des humains, voici un nouveau cas individuel qui convaincra. La cellule Zoé, chargée des enquêtes au sein de l’association One Voice, a été alertée avant l’été d’une situation intenable. Les investigations sont sans appel. L’épouse a porté plainte pour violences conjugales, mais elle s’est inquiétée du sort des cochons de l’élevage, livrés au libre arbitre du maître des lieux.

Chacun est roi chez soi, jusqu’à ce que la maltraitance, sanctionnable par la loi, nécessite des interventions extérieures. Le récit de l’épouse en fuite et de premières constatations d’enquête sur les conditions de détention des animaux ont amené One Voice à déposer plainte et à mobiliser autour de tels comportements, indignes.

Plantés dans un périmètre sans grand entretien, les bâtiments sont en parpaings bruts, à toit de tôle. Ces boxes primaires n’ont ni lumière, ni litière, et la zone de caillebotis bien plus réduite que la boue où croupissent les porcelets amassés en nombre. Certains suffoquent, tous sont sales, soit nerveux, soit résignés. Des truies gestantes restent enfermées dans des stabulations métalliques, exposées sans eau en plein soleil, les lèvres moussues de déshydratation. Le vent ou la pluie battante sera également leur lot, des heures durant jusqu’à ce que l’éleveur se rappelle d’elles. Un sort totalement inapproprié pour des animaux sensibles aux conditions climatiques, comme à la propreté des bâtiments qu’ils occupent.

L’éleveur n’en a cure. Sa cruauté s’exerce librement. Il est à craindre que le départ de sa femme accentue le ressentiment à l’égard des animaux placés sous sa responsabilité. De telles conditions sont inacceptables, quel que soit le contexte économique.

One Voice, association engagée depuis 1995 dans la défense de la cause animale, a décidé de porter plainte afin que soient prises de premières mesures conservatoires avant placement définitif des cochons de l’élevage. Cette plainte, faisant soi-disant doublon avec celle de l’épouse battue, a été dans un premier temps classée sans suites. Une seconde plainte a donc été déposée insistant sur les éléments nouveaux, afin que les autorités interviennent d’urgence. Une pétition circule également sur le site Internet et les réseaux sociaux de l’association.

Muriel Arnal, présidente-fondatrice de One Voice, justifie ainsi la volonté d’action de son association : «
La souffrance infligée quotidiennement à des animaux sans défense nous est intolérable. Quand elle est l’œuvre d’individus violents, également coupables de maltraitance envers d’autres humains, ce qui est généralement le cas de tels propriétaires, nous ne restons pas sans agir. J’espère que celui-ci sera mis hors d’état de nuire et que nous trouverons rapidement une solution de placement définitive pour ses cochons dont on oublie qu’ils sont des êtres sentients. »

Contact presse, Muriel Arnal

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Le monde selon les orangs-outans

Le monde selon les orangs-outans

Le monde selon les orangs-outans
19.08.2016
Bornéo Le monde selon les orangs-outans
Animaux sauvages

L’histoire de Jambu est une histoire vraie. C’est celle d’un peuple sauvage qui s’éteint sous nos yeux, riche d’une culture et d’une sagesse que nous perdrons à jamais si nous n’agissons pas. C’est l’histoire des derniers orangs-outans de Bornéo, chassés de leurs forêts par les exploitants de palmiers à huile et qui s’entassent dans des réserves.

Le nid

Au travers du rideau d’orchidées en guirlande, l’orang-outan scrute anxieusement l’horizon de la forêt de Gunung Tarak. Il se tient à vingt mètres du sol, achevant de construire son nid sur la fourche d’une branche maîtresse. Sa mère lui a longuement montré comment tisser les lianes et tapisser sa couche de brindilles et de mousse pour la rendre douillette. Il y même adjoint un toit de branchages, en prévision de la pluie qui vient. Des humains l’ont nommé Jambu. C’est un mâle encore jeune, dont le visage lisse aux yeux rêveurs révèle toute la douceur propre aux gens de son peuple.

L’incendie

Jambu a eu beaucoup de chance. Six mois plus tôt, un incendie criminel a détruit tout son univers. Sa mère a péri dans les flammes, avec sa jeune soeur et bien d’autres encore. Alors, pendant des jours, Jambu a erré. Il a marché dans les cendres brûlantes, butant sur les corps carbonisés des siens, cherchant en vain de grands arbres où grimper, mais rien, plus rien.

Au loin, des camions se pressaient déjà autour des ruines fumantes de la forêt, tandis que des planteurs amenaient les premiers palmiers à huile, ces arbres aux troncs sans ramures et aux fruits immangeables.

Alors, Jambu a fui aussi loin qu’il a pu. Il a marché à s’en blesser les pieds, si semblables à des mains et si peu faites pour fouler le sol, jusqu’à ce qu’il découvre un soir un grand verger de ramboutans. Toute la nuit, il a mangé mais quand il est revenu la nuit suivante, les paysans l’ont reçu à coups de fusil. Treize impacts de plombs ont pénétré sa peau. Qu’avait-il fait de mal ? Il avait tellement faim et ces fruits rouges velus étaient si bons ! Il y en avait d’ailleurs bien assez pour tout le monde. Mais non. Ils l’ont chassé. Alors, Jambu s’est réfugié au sommet d’un kempas.

Les humains

Des humains sont venus et ils lui ont tiré dessus, comme les fermiers. Mais quand il s’est réveillé, on l’a soigné et nourri dans un lieu clos très étrange. Il y avait des humains partout, des grands et des petits. Ils faisaient beaucoup de sons et de gestes, ils manipulaient plein d’objets bizarres mais c’était bien des singes comme lui, d’une espèce différente ! Ces humains-là étaient gentils et pas seulement avec Jambu. Depuis l’enclos où il reprenait des forces, il pouvait voir plein de petits orphelins. On les soignait et on les nourrissait, eux aussi, et même, on les maternait quand ils étaient bébés.

Gunung Tarak

Le temps a passé et puis un jour, on l’a emmené dans une petite caisse pour le libérer dans une autre forêt. Il s’est jeté sur le premier tronc, il a grimpé jusqu’au sommet et a découvert un nouveau territoire.

Les arbres y sont hauts et serrés, les fruits abondants, les écorces savoureuses et le paysage magnifique qu’il contemple depuis son nid. Des lianes s’enroulent autour des troncs moussus qui s’élèvent jusqu’au ciel, des branches énormes relient chaque géant l’un à l’autre, comme des routes sous la canopée que les orangs-outans empruntent avec lenteur. Ce sont là trois femelles avec leurs petits, qui font équipe ensemble.

Il les regarde passer tranquilles, se déplaçant de branche en branche avec des mouvements réfléchis, en se servant de leurs mains et de leurs pieds pour assurer leur prise. Autour d’eux, des singes nasiques plus légers bondissent d’arbre en arbre. Un calao rhinocéros au bec orange les salue en cornant.

Il y a du monde, ici, pense Jambu. Trop peut-être. Il a aussi aperçu des jeunes mâles ce matin, il devra les affronter bientôt, l’un après l’autre, en combat loyal. En attendant, c’est un ancien patriarche qui leur sert de guide à tous. Il est très vieux et il est né ici.

Le matin, son rugissement puissant amplifié par son goitre leur donne toutes sortes d’informations. Il annonce où sont les fruits du jour bien mûris, les gros durians, les figues et même le miel quand il y a en a. Jambu écoute et il apprend le cycle des floraisons. Il construit la carte complète de la forêt dans sa tête, il observe bien tout autour de lui, il retrouve les plantes qui guérissent et les écorces tendres que sa mère lui avait montrées. Il est heureux.

La fumée

Mais des images de flammes font tourner dans sa tête des questions qu’un orang-outan ne devrait pas poser. Il voit que les choses s’aggravent, que le vrai monde rétrécit chaque jour un peu plus, que son peuple est décimé, qu’il y a des réfugiés partout. Certains d’entre eux imitent même les humains, ils font la lessive, scient des planches, se servent d’un marteau ou conduisent un canot. Ils ont vécu longtemps chez les hommes !

Ce soir encore, avant que le soleil ne se couche sur la jungle brumeuse, Jambu scrute l’horizon. L’averse se met à tomber sur son cocon de lianes fleuries. Petit à petit, sa peur s’apaise. Aucune fumée ne s’est élevée à l’horizon aujourd’hui, aucun incendie, aucune menace. Il se retourne et se roule en boule. Et il s’endort en paix jusqu’à demain…

One Voice demande la reconnaissance du statut de personne animale pour les orangs-outans, il y a urgence!