Drôme : la louve de Lus-la-Croix-Haute a été tuée illégalement

Drôme : la louve de Lus-la-Croix-Haute a été tuée illégalement

Drôme : la louve de Lus-la-Croix-Haute a été tuée illégalement
13.07.2017
Drôme : la louve de Lus-la-Croix-Haute a été tuée illégalement
Animaux sauvages

Les protecteurs ont prouvé l’illégitimité de cet acte, mais le mal est fait : la louve de Lus-la-Croix-Haute a été abattue. En effet, le Tribunal administratif de Grenoble vient de donner raison à l’ASPAS et à One Voice, en déclarant illégal l’arrêté du préfet de la Drôme (26) du 1er septembre 2015 qui avait autorisé l’abattage d’un loup par « tir de prélèvement renforcé » valable 6 mois sur 3 communes Drômoises, Lus-la-Croix-Haute, Treschenu-Creyers et Glandage.

Le juge des référés de Grenoble avait refusé à l’époque de suspendre d’urgence ce permis de tuer, et une louve avait rapidement été abattue par des chasseurs au cours d’une battue au grand gibier, le 12 décembre 2015, à Lus-la-Croix-Haute.

Le Tribunal administratif suit aujourd’hui notre argumentation : ce tir de prélèvement n’était pas justifié, cette louve a été illégalement abattue.

Le juge administratif rappelle ainsi que des battues aux loups ne peuvent pas être autorisées si tout n’a pas été mis en œuvre pour protéger les troupeaux exposés à un risque de prédation. Il existe en effet des moyens de protection des troupeaux ainsi qu’une
gradation des tirs que les préfets peuvent autoriser. Ces tirs ne visent à tuer des loups, espèce protégée, qu’en dernier recours, et uniquement si des dégâts persistent malgré la mise en œuvre de moyens de protection et de tirs de défense préalables.

Plus qu’illégale, la mort de cette louve a aussi été inutile ! Ainsi, les attaques ont été plus nombreuses après l’exécution de cette louve : 21 attaques en 2016 contre 19 l’année précédente (source : DDT 26- Bilans des attaques sur troupeaux domestiques – Année 2016 au 31/12/16 et année 2015 au 31/12/15 ). Tuer un loup ne permet pas de faire baisser les dégâts, c’est un constat relevé également par
l’expertise commandée au Muséum National d’Histoire Naturelle et à l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, la solution n’est donc pas l’abattage !

Pour permettre une cohabitation entre la biodiversité faunistique et le pastoralisme, un changement profond des pratiques d’élevage et du système de subventionnement français -qui n’incite actuellement pas suffisamment aux bonnes pratiques de certains éleveurs- est nécessaire.

L’ASPAS et One Voice renouvellent leur demande de mettre fin aux tirs de loups, et de supprimer les indemnisations versées aux éleveurs qui ne protègent pas leurs bêtes.

Personnalités et citoyens continuent leur mobilisation :
cyberaction #SOSloups

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Chaque jour est un jour de trop! One Voice en action à Granville pour les animaux des cirques en France

Chaque jour est un jour de trop! One Voice en action à Granville pour les animaux des cirques en France

Chaque jour est un jour de trop! One Voice en action à Granville pour les animaux des cirques en France
12.07.2017
Granville
Chaque jour est un jour de trop ! One Voice en action à Granville pour les animaux des cirques en France
Exploitation pour le spectacle

Déjà 20 pays dans le monde interdisent les animaux sauvages dans les cirques. 64 villes françaises ont aussi passé le pas. One Voice lance un compte-à-rebours inversé et demande à la France d’être le 21ème pays à refuser leur exploitation !

Elle était le 12 juillet à Granville, où se produit l’un des plus grands cirques avec animaux d’Europe, pour une action avec la mannequin Juliana Marques.

Enfermés dans des remorques exiguës, brinqueballés de ville en ville, les animaux sauvages n’ont pas leur place dans les cirques. Les experts mandatés par One Voice sont formels, rien ne peut-être fait pour satisfaire à leur bien-être dans les spectacles itinérants. L’hippopotame Jumbo ne sort que 30mn par jour de son camion. Il n’a droit qu’à un jet d’eau alors qu’il devrait passer de longues heures immergé. Les éléphantes telles que Maya ou Samba souffrent de la solitude à en devenir folles. On se souvient de la dramatique fugue de Samba en 2013, qui a couté la vie à un passant. L’éléphante Lechmee est aveugle et handicapée. Elle est incapable de se nourrir sans l’aide de ses compagnes et souffre à chaque pas. Et on a vu aussi le lion Chirkane se rebeller contre son dresseur.

La prise de conscience est internationale. 20 pays dans le monde ont déjà interdit intégralement les animaux sauvages dans les cirques, 16 ont pris des mesures au moins partielles. En Europe, 20 pays les interdisent au moins en partie. La France sera t’elle le 21ème pays du 21ème siècle à franchir ce cap ? 64 communes se sont déjà positionnées en ce sens. Et les cirques eux-mêmes ont entamé leur reconversion, à l’image d’André-Joseph Bouglione dernièrement.

Le 12 juillet, à l’occasion du lancement de sa nouvelle campagne « Un jour de trop dans les cirques », One Voice était à Granville où le plus grand cirque avec animaux d’Europe a dressé son chapiteau. À ses côtés, la mannequin Juliana Marques a porté son message. Après 5 heures d’un body-painting artistique par la talentueuse Ophélie Nezan, elle a représenté le combat que nous menons de la plus belle façon qui soit, sous la forme du tigre, logo de One Voice.

Un site spécifique a été lancé le 11 juillet, lançant un compte-à-rebours inversé et incitant le public à scier les barreaux des animaux détenus dans les cirques. Notre dernier sondage (IPSOS/One Voice en décembre 2016) indique qu’une large majorité de Français considère qu’ils sont stressés (80%) et malheureux (69%). Un tournant majeur s’annonce enfin dans ce combat que One Voice mène depuis 18 ans ! Avec le soutien du plus grand nombre, il peut être franchi. Offrir aux détenus une fin de vie paisible est à portée de clic.

Muriel Arnal déclare : « Ce que vivent les animaux sauvages dans les cirques est insupportable. Ce qu’ils y subissent s’apparente à un véritable esclavage. Dans cet univers carcéral, à force de coups et de privations, ils deviennent fous. Et c’est leur folie et leur soumission à la violence qu’il faudrait donner en spectacle aux enfants ? Il est temps d’en finir. Le monde est prêt. La France qui s’est déjà positionnée pour les dauphins doit aller plus loin. Le cirque de demain sera sans animaux ! »

Un jour de trop dans les cirques! One Voice en action à Granville pour les animaux

Un jour de trop dans les cirques! One Voice en action à Granville pour les animaux

Un jour de trop dans les cirques! One Voice en action à Granville pour les animaux
12.07.2017
Manche
Un jour de trop dans les cirques ! One Voice en action à Granville pour les animaux
Exploitation pour le spectacle

Devant l’un des plus grands cirques avec animaux d’Europe, One Voice a lancé sa nouvelle campagne pour que la France soit le 21ème pays dans le monde à interdire les animaux sauvages dans les cirques. Une jolie performance de body-painting artistique!

5 heures. Il aura fallu 5 heures de body-painting à la talentueuse Ophélie Nezan, pour transformer le mannequin Juliana Marques en tigre, à l’image du logo de One Voice. Ainsi transformée, la belle Juliana a porté notre message « Libérons les animaux des cirques! » jusque devant le chapiteau de l’un des plus grand cirques avec animaux d’Europe. En présence de médias, et sous les applaudissements des passants, elle a courageusement tenu notre pancarte. Le cirque, quant à lui, avait positionné tous ses camions pour que les journalistes ne puissent pas filmer les animaux… Et en a profité pour quelques insultes à notre encontre.

Déjà 64 villes en France et 20 pays dans le monde interdisent les animaux sauvages dans les cirques.
Depuis 18 ans, One Voice se bat pour faire connaître leur sort sous les chapiteaux et dans les remorques où ils vivent enfermés. Ses enquêtes ont révélé la violence de leur dressage. Et une large majorité de Français considère désormais qu’ils sont stressés (80%) et malheureux (69%). C’est un tournant historique qui s’annonce !

Cette action symbolique marque le lancement de la nouvelle campagne de One Voice « Un jour de trop dans les cirques », un compte à rebours inversé que vous pouvez retrouver sur cirques-animaux.fr.

Pour que la France soit le 21ème pays du 21ème siècle à refuser l’exploitation des animaux sauvages dans les cirques, mobilisons-nous! Leur liberté est à portée de clic!

Rendez-vous sur cirques-animaux.fr et partagez largement sur les réseaux!

Captivité des dauphins : One Voice répond à Marineland

Captivité des dauphins : One Voice répond à Marineland

Captivité des dauphins : One Voice répond à Marineland
11.07.2017
Captivité des dauphins : One Voice répond à Marineland
Exploitation pour le spectacle

Suite à la procédure engagée par Marineland devant le Conseil d’État contre l’arrêté delphinarium, One Voice souhaite prendre la parole. Le sort des dauphins en captivité ne doit pas être remis en question !

En mai dernier, au terme de plusieurs années de combat et de travail avec le ministère de l’Environnement, One Voice
obtenait l’interdiction de la reproduction des dauphins et de leur transfert entre delphinariums. Mais le 6 juillet, le parc Marineland a déposé un recours contre cet arrêté pour demander sa révision.

La France n’est pas dotée d’autorité administrative indépendante pour protéger les droits et libertés des animaux. One Voice entend défendre leurs droits à la liberté et à mener une vie digne d’être vécue, conforme à leurs besoins et leurs envies.

Les arguments de Marineland ne tromperont personne. À qui profite la reproduction des dauphins en captivité, si ce n’est précisément aux entreprises privées à but lucratif comme les delphinariums et à leurs actionnaires, car cela permet de pérenniser leur commerce ?

Les dauphins souffrent précisément de la captivité qui bafoue leurs liens familiaux et sociaux, et nie leurs besoins biologiques et psychologiques. Autoriser la reproduction et les échanges de dauphins entre delphinariums revient à chroniciser la souffrance de ces animaux grégaires et intelligents.

Il est d’ailleurs curieux que Marineland ne se soit pas inquiété du bien-être des orques alors qu’il annonçait arrêter la reproduction de ces dernières. En quoi cela serait-il différent pour les dauphins ?

Selon le delphinarium, la ministre ne serait pas compétente pour prendre cet arrêté qu’il n’a pas validé, cependant sa compétence n’a pas été remise en cause quand il s’agissait de prendre un arrêté décidant de la fin de la détention des orques !

C’est toujours ce même parc qui détient des ours polaires dans des enclos ensoleillés et clame à qui veut bien l’entendre que ces derniers y sont comme des poissons dans l’eau…

One Voice mettra tout en œuvre pour que l’arrêté soit maintenu sans concession. Trop de dauphins ont déjà souffert.

Le supplice de Maya

Le supplice de Maya

Le supplice de Maya
10.07.2017
Le supplice de Maya
Exploitation pour le spectacle

Nouvelle enquête de One Voice au pays des circassiens! Elle dévoile la souffrance de Maya, une éléphante d’Asie détenue dans des conditions épouvantables. L’association se bat pour obtenir sa libération.

Viendra le jour où le spectacle des éléphants exploités dans les cirques sera un mauvais souvenir. Celui d’une époque où des pachydermes arrachés à leur terre natale se contorsionnaient sur des tabourets sous les vivats de la foule. Hélas, ce temps n’est pas encore révolu. En France, la loi autorise toujours ces pratiques d’un autre âge.

C’est ce que prouve la nouvelle enquête de One Voice alertée par le sort de Maya, une éléphante d’Asie de 54 ans détenue par un cirque provincial.

De son lieu de détention à la piste, l’animal endure un véritable calvaire avec de multiples infractions à la réglementation en vigueur (1). Dans son enclos, aucun confort, juste un sol goudronné ruisselant d’urines et une mince couche de paille n’ayant de litière que le nom. Nul endroit non plus pour se mettre à l’abri des regards et du bruit lorsqu’ elle recherche un peu de répit. Seul un semblant d’auvent la protège des intempéries. Pour occuper ses journées qui s’étirent à l’infini, pas la moindre source de distraction. Elle ne dispose que de fourrage dont elle s’alimente à outrance.

A l’heure de son numéro, Maya apparaît sous le chapiteau épuisée, ralentie. Telle une somnambule, elle exécute les ordres du dresseur mécaniquement, les yeux mi-clos parfois, et l’on mesure toute la profondeur de sa détresse.

Quand son martyre prendra-t-il fin? Quand la cause des éléphants-esclaves sera-t-elle prise en compte? Quand briserons-nous définitivement les chaines de ces grands sages dont l’intelligence et l’extrême sensibilité devraient plutôt nous servir d’exemple? Les personnes animales ont des droits fondamentaux que nous devons respecter. A commencer par celui de leur dignité.

Sans compter qu’au-delà de la souffrance qu’ils endurent, les pachydermes restent des animaux sauvages, donc dangereux. Dans le cas de Maya, comme dans beaucoup d’autres, les mesures de sécurité pour protéger les spectateurs se révèlent insuffisantes, voire même inexistantes! Un stress inhabituel? L’éléphante peut très bien basculer du côté du public, même involontairement, et entraîner des personnes sous son poids. En outre, un contact aussi rapproché avec la foule comporte aussi des risques de zoonoses, pour elle comme pour les humains présents.

Plus que jamais, One Voice se mobilise faire évoluer les mentalités et travailler de concert avec les pouvoirs publics. D’ores-et-déjà, notre association a entrepris le 12 mai dernier une procédure judiciaire pour obtenir la libération de l’éléphante et son transfert vers un sanctuaire Nous avons également saisi la contrôleuse générale des lieux de privation de libertés. Cette démarche, habituellement réservée aux humains, se justifie aussi pleinement face aux conditions de détention de la personne animale qu’est Maya. A terme, c’est bien l’ensemble des animaux sauvages captifs que nous entendons sauver de ces exhibitions mortifères. Pour soutenir notre cause, signez et partagez notre pétition en ligne!

(1) Arrêté du 18 mars 2011 fixant les conditions de détention et d’utilisation des animaux vivants d’espèces non domestiques dans les établissements de spectacles itinérants.

Rapport: le cas alarmant de l’éléphante Maya

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Les orques

Les orques

Les orques
10.07.2017
Les orques
Exploitation pour le spectacle

L’orque, ou épaulard (Orcinus orca) est comme le dauphin un cétacé à dents, vivant en groupe familiaux selon des codes sociaux très développés. C’est également un prédateur intelligent et puissant, ce qui lui vaut d’être victime des cirques marins, comme son cousin…

Les orques

Fiche sentience sur les orques / l’orque

Cerveau et intelligence

Les orques font preuve de nombreuses qualités, y compris l’intelligence, l’usage d’une langue et une sensibilité émotionnelle exacerbée. Ces odontocètes aux dents puissantes sont partout chez eux dans le monde : dans les eaux froides de l’Atlantique Nord, du Pacifique Nord et de l’Antarctique, mais aussi en Indonésie, à Gibraltar ou au Japon. Les orques vivent au sein d’étendues immenses où elles nagent des centaines de kilomètres par jour.

Des études IRM post-mortem du cerveau d’une orque ont montré que cet organe est chez elle de 3,5 à 6,5 fois plus massif que chez le dauphin commun. Ce cerveau est replié en un nombre étonnant de circonvolutions, ce qui indique une capacité élevée de traiter des données. Trois zones particulières du cerveau sont nettement plus développées chez les orques que chez les humains. Il s’agit du cortex insulaire, de l’opercule qui l’entoure et du lobe limbique.L’opercule frontal est corrélé à l’usage de la parole chez l’humain, tandis que le cortex insulaire est impliqué dans l’audition, c’est-à-dire dans la capacité d’entendre et de traiter les sons. Ces zones se trouvent sur la surface supérieure du cortex temporal.

Il semble qu’une partie de l’opercule chez les orques innerve également les voies respiratoires nasales, qui permettent à l’animal de vocaliser. Cette zone remplirait donc des fonctions similaires à l’opercule chez les humains, c’est-à-dire à la production de la parole. Les schémas sonores émis par les orques démontrent en effet des niveaux de communication qui vont bien au-delà de simples sons instinctifs.

La troisième structure d’importance particulière chez l’orque est le lobe limbique élargi, situé sur la face médiane entre les deux hémisphères, directement au-Dessus du corps calleux. Chez l’humain, le système limbique est associé à la vie émotionnelle ainsi qu’à la formation des souvenirs. Les humains ne disposent que d’un gyrus cingulaire, situé au-dessus du corps calleux associé au système limbique. Le gyrus cingulaire des orques, ou lobe limbique, est pour sa part largement agrandi et composé de trois lobes distincts séparés par deux fentes : les fentes limbique et paralimbique.

Au-delà de l’expansion toute particulière de ces zones, l’architecture cellulaire fournit aussi des indices sur l’étendue de l’aptitude des orques à l’expression émotionnelle. Les cellules en fuseau, associées au traitement de l’organisation sociale et de l’empathie par le système limbique, étaient autrefois considérées comme seulement présentes chez les humains et les grands singes. On les a retrouvées depuis chez plusieurs espèces de cétacés, y compris l’orque et le dauphin. En fait, le nombre relatif de cellules en fuseau chez les orques est largement plus important que chez l’humain.L’expression par les orques d’un comportement de groupe extrêmement coordonné et d’interactions sociales comprenant des indices vocaux et non vocaux, est sans doute corrélée à cette extension des zones corticales mentionnées ci-dessus.

Il est évident qu’en observant des orques, qu’elles soient libres ou captives, on peut voir qu’elles possèdent une gamme d’émotions variées, qui vont de la joie à la peur en passant par la frustration, la jalousie, le désespoir ou la colère, et qu’elles sont conscientes d’elles-mêmes. À ce titre, de nouvelles questions éthiques surgissent quant à notre façon d’interagir avec les orques et les autres cétacés en les gardant en captivité ou en les tuant pour se nourrir de leur chair. (1)

Les sociétés des orques

On classe souvent les orques en trois catégories : les orques résidentes, les orques « transientes » ou vagabondes, et les orques hauturières. Des recherches récentes nous montrent que ces catégories sont en réalité bien plus complexes à définir et qu’elles se fondent davantage sur un type de culture particulier que sur un mode d’alimentation relativement flexible selon les circonstances.

La communauté d’orques la plus étudiée est celle de la Salish Sea, près de Vancouver. Cette famille élargie était composée à la fin de 2006 de seulement 86 membres. Ils ne sont plus que 80 aujourd’hui, toujours incapables de reprendre pied après les captures de SeaWorld qui les a décimés dans les années 1970.

Voyageant au sein d’un groupement de pods multigénérationnels centrés autour des femelles, cette communauté est dirigée par des matriarches âgées, dont la célèbre Granny, 104 ans.

Lorsque les orques résidentes du Sud se retrouvent après une séparation de quelques jours ou de quelques mois, elles s’engagent souvent dans un comportement de « salutation ». Les formations rituelles de chaque pod se font face pendant plusieurs minutes, puis se fondent progressivement en groupes actifs, composés chacun de membres des trois pods, accompagnées de vocalisations sous-marines intenses et d’un comportement spectaculaire de « jeu ». (2)

La Communauté des Orques Résidentes du Sud est composée d’un clan vocal (le J) et de trois pods distincts : le J, le K et le L. Le J Pod est le pod le plus susceptible d’être présent toute l’année dans les eaux des îles San Juan et dans le Golfe du sud, ou dans le détroit de Géorgie. Cette famille de 29 membres fréquente volontiers la côte ouest de l’île de San Juan à la fin du printemps. Le plus vieux membre du J pod est J2 (Granny), d’un âge estimé à 103 ans. Les mâles adultes du J pod sont maintenant J26, J27 et J34. Le pod a connu cinq naissances depuis décembre 2014, celles de J50, J51, J52, J53 et J54.

Avec seulement 19 membres, le K Pod est le plus petit des trois pods au sein de la Communauté des Orques Résidentes du Sud. Les deux matriarches du K pod sont K12 et K13, nées toutes deux en 1972. Le K pod comprend aussi trois mâles matures, K21, K25 et K26. L’enfant le plus jeune du K pod est K44, un mâle né en 2011. Le L Pod est de loin le plus grand des trois groupes. Ses membres sont actuellement au nombre de 36. Les mâles adultes du L pod sont L41, L84, L85, L87 et L88. L87 voyage avec le J pod depuis 2010. Le L pod a eu deux bébés en 2015, L121 et L123. (3)

Traversant régulièrement les eaux des Orques Résidentes du Sud, les orques de Bigg sont mieux connues sous le nom de « transientes » ou « vagabondes ». Cette population vit tout le long de la côte ouest de l’Amérique du Nord, de la Californie jusqu’à l’Alaska. Ces orques sont spécialisées dans la chasse aux petits mammifères marins tels que phoques, lions de mer, marsouins, dauphins et parfois les nouveau-nés des baleines. Les orques de Bigg s’organisent selon une structure matrilinéaire, semblable à celle des orques résidentes. Mais ici, les enfants ne restent pas toute leur vie avec leur mère, leur grand-mère ou leur arrière-grand-mère. Ils s’éloignent de leur mère à la maturité, surtout les femelles dès lors qu’elles ont elles-mêmes des enfants. Voyager en petit groupe est une stratégie nécessaire pour chasser efficacement les proies qui sont les leurs et se les partager, ce qui n’empêche pas les liens sociaux d’exister, mais sur de plus vastes distances et à intervalles moins fréquents.

Contrairement aux poissons, les phoques et les dauphins entendent très bien sous l’eau, aussi les orques de Bigg restent-elles parfaitement silencieuses lorsqu’elles chassent. On les voit longer le littoral, inspectant une crique après l’autre, utilisant l’écoute passive pour localiser les pinnipèdes et les petits cétacés. Mais dès que la proie est tuée, c’est une cacophonie de cris et d’échanges enthousiastes. Lorsque des orques résidentes et des orques de Bigg se croisent, elles font mine de ne pas se voir et poursuivent leur chemin sans échanger un seul sifflement.

En Antarctique, la société des orques piscivores est basée sur une première unité matrilinéaire constituée de la matriarche, de ses enfants et de ses petits-enfants, c’est-à-dire un minimum de cinq à six individus. Du fait que les femelles peuvent atteindre l’âge de 90 ans en liberté, il n’est pas rare de voir quatre générations se déplacer ensemble. Ces groupes matrilinéaires sont très stables. Leurs membres ne se séparent que quelques heures par jour, pour aller s’accoupler ailleurs ou se nourrir. À un deuxième degré, de deux à quatre unités matrilinéaires se regroupent pour former un pod, composé d’une vingtaine de personnes. Ces pods peuvent se diviser et se séparer durant plusieurs semaines avant de se retrouver.

Le troisième niveau de la structure sociale des orques est le clan. Il regroupe un ensemble de pods, qui partagent tout à la fois le même dialecte et une lointaine ancêtre commune. Le dernier stade de l’organisation des orques est appelé une « communauté ». Il s’agit d’un vaste ensemble de clans qui socialisent et se retrouvent régulièrement, mais ne partagent ni le même dialecte ni d’ancêtres communs. Les groupes de troisième degré communiquent donc entre eux à l’aide d’un dialecte commun particulier. De nombreuses autres communautés d’orques, vivant selon des moeurs différentes, vivent également en Antarctique ; certaines se nourrissent de manchots, d’autres de poissons des grands fonds. (4)

Dialectes et culture

Les orques émettent trois types de vocalisations : les clics, les sifflements et les appels pulsés. Les clics font partie du système sonar de l’orque et sont utilisés pour l’écholocalisation. Ils permettent de voir dans l’obscurité, de détecter des sources de nourriture même cachée par le sable, de définir la forme des objets dans l’océan et de se localiser par rapport au paysage. Les sifflements sont généralement des émissions de tonalité continue pouvant durer plusieurs secondes.

Les signaux pulsés sont des appels particuliers, qui peuvent être détectés par spectrogramme. Ils sont la composante principale du répertoire de communication de l’orque. Le Dr John Ford a classé les types d’appels distincts des orques de l’État de Washington et de celles de Colombie-Britannique. Il a découvert que chaque pod avait sa propre collection d’appels, qu’il a nommée son « dialecte ». Il a ensuite été en mesure de définir de plus grands groupes acoustiques, ou « clans », en regroupant des pods qui partageaient certains appels en commun. La Communauté des Orques Résidentes du Nord compte trois clans, alors que celle du Sud n’en a qu’un seul, le J, composé des pods J, K et L, de même que les orques transientes vivant sur cette côte. Ces appels ont été utilisés pour identifier les pods et les communautés parmi les orques capturées dans les années 1960 et 1970.

Les différences entre les types d’appels vocaux de clan à clan n’empêchent pas les divers groupes de se réunir et de fraterniser au sein d’une même communauté. Le rôle de ces appels n’est pas connu avec précision. Ils servent à garder contact avec les autres sur de grandes distances, dans l’obscurité, ou lorsque de vastes congrégations se réunissent avec grand tapage. Bien que cela n’ait pas encore été démontré, il existe certainement un potentiel de communication d’informations spécifiques complexes dans les appels. Parfois, les groupes sont extrêmement bavards, à d’autres moments ils restent parfaitement silencieux. (5) (6)

Contrairement aux dauphins, les orques ont peu fait l’objet de recherches sur la communication en laboratoire. Lorsque l’une des premières orques fut capturée, Ted Griffin et le Pr Thomas Poulter s’y essayèrent pourtant, en étudiant les échanges sonores entre deux orques récemment capturées, Namu et la femelle Shamu. Décrivant les signaux émis par chaque individu, d’une durée d’une demi-seconde à cinq secondes en moyenne et s’étendant sur deux octaves, le Pr Poulter suggère : « L’épaulard mâle semble donc organiser ses signaux sonores selon une structure extrêmement complexe, immédiatement reconnaissable sur n’importe quel fond sonore et qu’il peut modifier en accentuant les signaux, en les abrégeant, les ponctuant, les transformant en syllabes, préfixes, suffixes, et en leur conférant toutes sortes d’inflexions sans que l’on cesse de reconnaître l’auteur de l’émission. Je soupçonne que ces signaux font sens pour les autres orques. Il est aussi frappant de constater que Namu multiplie davantage la variété de ses signaux lorsqu’il s’adresse à la femelle que lorsqu’il le fait avec les autres orques libres qui tournent à l’extérieur de l’enclos où il est détenu. »

Poulter conclut qu’au regard des analyses statistiques du contenu de ces bandes magnétiques, on peut selon toute vraisemblance parler d’un authentique langage chez Namu. La manière dont le chercheur insiste sur cet ensemble de modifications sémantiques (ponctuation, « syllabification », préfixation, etc.) révèle à quel point il estime se trouver en présence d’une forme de communication extrêmement sophistiquée. (7)

Culture et modes de chasse

Grâce à leur intelligence et leur sociabilité, les pods d’épaulards ont développé de nouvelles stratégies de chasse qui sont transmises sur plusieurs générations, via un apprentissage concerté. Les techniques varient d’une région à l’autre selon les ressources, mais toutes sont un témoignage de l’intelligence prédatrice et de l’ingéniosité des orques.

Citons notamment :

  • Le « Wave Wash »

Les phoques sont l’une des proies préférées des orques vivant autour de la plate-forme glaciaire de l’Antarctique. En se perchant sur des blocs de glace, les phoques restent hors de leur portée. Cependant, les orques ont inventé une méthode habile pour les pousser dans l’eau. Elles chargent la banquise en formation serrée, créant un front d’onde énorme. Juste avant d’atteindre la glace, elles plongent pardessous, en donnant une poussée de dernière seconde à la vague avec leur caudale. Le mur d’eau qui en résulte s’écrase sur la banquise et balaie le phoque qui tombe à l’eau et se fait dévorer.

  • Le « Karaté Chop »

Le grand requin blanc n’a qu’un seul ennemi naturel : l’orque. Mais la chasse aux requins est une activité risquée pour les épaulards. Des rangées de dents pointues peuvent percer même la plus épaisse peau de baleine. En conséquence, l’orque a développé un moyen efficace de chasser ces proies si dangereuses. En se servant de sa large caudale, l’orque pousse le requin à la surface sur un vortex d’eau. Il tourne alors légèrement et soulevant haut sa caudale dans l’air, il l’écrase sur la tête du requin. Ensuite, parfaitement informé de la biologie des requins, l’orque renverse brusquement le squale ventre en l’air, ce qui provoque chez ce dernier une sorte de stupeur hypnotique que les scientifiques appellent « immobilité tonique ». Une fois paralysé, le requin peut être consommé sans danger.

  • Le « Carrousel »

Les petits poissons comme le hareng ne comptent pour rien dans l’estomac d’une orque. Aussi faut-il les chasser en masse pour que l’effort en vaille la peine. Les orques qui vivent au large de la côte norvégienne, comme la famille de Morgan, travaillent ensemble pour les rassembler. Elles utilisent à cet effet leur ventre
blanc, perçu sous l’eau comme des flashs brusques, et une vaste émission de bulles. Les bancs de harengs sont guidés ainsi vers la surface en leur donnant la forme d’une boule serrée. Cette « boule de viande »
tourbillonnante devient un carrousel pour les orques qui se tiennent autour et frappent la surface avec leurs
caudales, étourdissant les poissons qu’elles peuvent alors avaler par grosses bouchées.

  • Le « Pod Pin »

Les narvals se rassemblent pour se reproduire au milieu de la banquise arctique. Historiquement, les
épaulards n’ont jamais été en mesure d’accéder à leurs lieux de reproduction, mais avec la fonte de la
glace de mer, les choses sont en train de changer. Dans un documentaire, on peut voir comment les orques
rabattent les narvals le long de la plage puis les amènent dans des eaux de moins en moins profondes
avant de les dévorer.

  • Le « Blowhole Block »

Les orques peuvent s’en prendre à des cétacés bien plus grands qu’elles. Les baleines grises et même les baleines à bosse sont des proies potentielles. Comme le loup gris sur terre, elles sélectionnent d’abord les individus les plus jeunes ou les plus faibles. L’attaque suit un schéma familier : les orques se relaient en frappant, mordant et tirant sur les nageoires pectorales de la baleine afin de l’entraîner vers le bas. Puis elles lancent de l’eau sur son dos en essayant de l’empêcher de venir respirer en surface. Après des heures de combat, la baleine épuisée se noie. Les orques dépècent alors leur proie en n’y prenant que la graisse et la langue, laissant le reste de la carcasse aux charognards.

  • Le « D-Day »

Les lions de mer qui nagent au large de la côte atlantique de l’Amérique du Sud se sentent plus en sécurité une fois qu’ils sont revenus sur la plage. C’est une erreur car en Argentine, une tribu d’orques a développé la technique de chasse par échouage. Une orque charge vers la rive, s’échoue presque et saisit au passage un jeune lion de mer. Tout le danger réside dans le fait de ne pas pouvoir revenir en arrière. C’est pourquoi cette méthode fait l’objet d’un véritable enseignement donné, exemple à l’appui, par les orques les plus expertes aux plus jeunes. (8)

Entraide et compassion

C’est au large des côtes de l’Afrique du Sud que le photographe sous-marin Rainer Schimpf s’est retrouvé face à face avec une jeune orque gravement handicapée. Il lui manque sa nageoire dorsale et sa nageoire pectorale droite. Cela signifie qu’elle ne peut pas nager correctement, ni attraper sa propre nourriture. Mais au lieu d’être abandonnée à elle-même, cette jeune orque est prise en charge par le reste de la famille. Quand les autres chassent, elle reste à distance pour ne pas les gêner. Mais dès qu’une proie est prise, elle les rejoint pour manger. (9)

Ces dernières années, on a pu voir des baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) suivre des orques quand elles chassaient le hareng et partager leur repas avec celles-ci. Ces géantes migrent sur 8 000 km à travers l’Atlantique pour se nourrir pendant quelques semaines, avant de faire leur long voyage de retour vers les Caraïbes. « Nous avons eu plusieurs observations d’orques en train de rassembler le hareng en « boule de viande » à la surface. C’est alors qu’elles commencent à se nourrir que des baleines à bosse arrivent et avalent une partie du butin des orques, lesquelles s’écartent sans protester. » (10)

Les dégâts de la captivité

Sculptées par des millions d’années d’évolution pour vivre dans de vastes espaces marins au sein de sociétés complexes et solidaires, les orques souffrent en captivité, qu’elles soient nées libres ou emprisonnées. Plusieurs études indépendantes ont mis en lumière les dégâts provoqués par cette attraction commerciale sur leur santé physique et mentale. (11)

Les delphinariums prétendent aujourd’hui protéger une espèce qui n’en a guère besoin en la faisant se reproduire à la chaîne, souvent de manière incestueuse, ou à l’aide de sperme et d’ovules prélevés manuellement. Les enfants de plus en plus chétifs nés dans ces conditions décèdent pour la plupart avant 30 ans, le plus souvent à l’adolescence, soit au moment où, statistiquement, les orques libres ne risquent plus de mourir avant le terme normal, soit 40 ou 50 ans d’âge moyen et 100 ans d’espérance de vie. (12) (13)

RÉFÉRENCES (EN ANGLAIS) :

(1) « Killer Whales Are Non-Human Persons »,
http://greymattersjournal.com/killer-whales-are-no…
(2) « Orcas of the Salish Sea »,
http://www.orcanetwork.org/nathist/salishorcas1.ht…
(3) « Southern Resident Killer Whales (SRKW) »,
http://www.whaleresearch.com/orca-population
« Bigg’s orcas of the Salish Sea »,
http://wildwhales.org/killer-whale/
(4) « Mysteries of Killer Whales uncovered in the Antarctic »,

http://e360.yale.edu/feature/mysteries_of_killer_w…
(5) « Orca communication »,
http://orcalab.org/orcas/orca-communication/
(6)
http://www.dfo-mpo.gc.ca/fm-gp/mammals-mammiferes/…
(7) « Apetalk & Whalespeak: The Quest of Interspecies Communication » Ted Crail. Contemporary Books inc. Chicago Editions, 1983,

https://www.kirkusreviews.com/book-reviews/ted-cra…

http://www.pbs.org/wgbh/pages/frontline/shows/whal…

(8) « The Killer Whale’s Killer Weapon — Its Brain »,
http://www.pbs.org/wnet/nature/killer-whales-kille…
(9) « Orca Family Cares for Disabled Calf »,

http://www.nonhumanrightsproject.org/2013/05/23/or…

http://www.takepart.com/article/2013/05/19/killer-…

http://www.dailymail.co.uk/news/article-2326868/Di…

(10) « Humpbacks filmed gatecrashing orcas’ fish feast »,
http://www.bbc.com/earth/story/20150729-humpbacks-…
(11) « Killer Controversy Why orcas should no longer be kept in captivity »,
http://www.hsi.org/assets/pdfs/orca_white_paper.pd…
(12) «Study Shows Captivity Curtails Orca Lifespan »,

https://awionline.org/awi-quarterly/2015-summer/st…

(13) « The Case Against Marine Mammals in Captivity »,

https://www.worldanimalprotection.us.org/sites/def…

CRÉDITS PHOTOS : Remerciements auteurs Pixabay

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Jumbo, un hippopotame au fond du gouffre

Jumbo, un hippopotame au fond du gouffre

Jumbo, un hippopotame au fond du gouffre
06.07.2017
Jumbo, un hippopotame au fond du gouffre
Exploitation pour le spectacle

Il porte le nom d’un illustre prédécesseur. Mauvais augure. Le célèbre pachyderme avait beau être une star, sa vie au cirque fut un calvaire. Celle de cet hippopotame contemporain aussi. One Voice milite pour le sauver.

Il n’y a que chez Walt Disney que les Jumbo ont des ailes. Dans la réalité, les animaux captifs connaissent souffrance et désespoir, sans aucune échappatoire. Jumbo l’hippopotame est de ceux-là. Il croupit depuis des années dans la ménagerie d’un cirque français.

Alertée sur ses conditions de vie déplorables, One Voice a mandaté, en mars dernier, un enquêteur et un vétérinaire pour constater la situation. Leurs conclusions sont accablantes. Il apparaît que les besoins physiologiques et biologiques de cet animal ne sont absolument pas respectés.

Reclus 23h30 sur 24h dans la remorque d’un camion de 15m de longueur sur 3m de large, Jumbo manque cruellement d’espace pour se déplacer. En outre, il ne dispose d’aucune possibilité pour se baigner. Dans la nature, comme le veut son espèce, cet imposant mâle passerait le plus clair de son temps en apesanteur dans un fleuve ou un lac. Ici, rien ne l’aide à supporter sa masse corporelle ni à soulager ses membres. Son seul contact avec l’eau a lieu au cours de sa «sortie» quotidienne d’une demi-heure. Il est alors aspergé au tuyau sous les regards intrigués des badauds. Quelle sombre ironie que cette douche brutale pour un animal amphibie! Et quel stress que cette agitation soudaine autour de lui après une journée entièrement coupé du monde. Pour alimentation, le vieil hippopotame reçoit du foin et des granulés pour chevaux… Un régime ridicule pour un herbivore capable de brouter 68 kilos en 4-5 heures à l’état sauvage. Ensuite, on le renvoie à son enfermement dénué de toute distraction. Et pour ajouter encore à ses mauvais traitements, on lui impose des transports fréquents en remorque entre les différents sites de représentation.

Devant ce mépris total des droits fondamentaux de la personne animale et de la réglementation en vigueur(1), One Voice réclame la libération immédiate de Jumbo et son transfert vers un sanctuaire. D’autant que l’hippopotame ne participant pas au spectacle, sa détention s’avère complètement illégale. Parallèlement, notre association a entrepris une procédure auprès de la contrôleuse générale des lieux de privation de libertés afin qu’elle se saisisse du dossier. Cette démarche habituellement réservée aux prisonniers humains, et également engagée pour 5 éléphantes, trouve aussi tout son sens face à l’enfer enduré par Jumbo.

Au-delà de cette affaire, One Voice va plus loin et poursuit son combat pour l’abolition définitive de l’exploitation des animaux sauvages dans les cirques. Aucun d’entre eux n’y a sa place ! Pour soutenir notre action, signez et partagez notre
pétition!

(1) Arrêté du 18 mars 2011 fixant les conditions de détention et d’utilisation des animaux vivants d’espèces non domestiques dans les établissements de spectacles itinérants.

Les renards

Les renards

Les renards
02.07.2017
Les renards
Animaux sauvages

Les renards roux (Vulpes vulpes) sont dotés d’une intelligence trop souvent ignorée !

Les renards roux (Vulpes vulpes) ont une extraordinaire capacité à s’adapter rapidement à des situations inédites et à trouver de nouvelles stratégies de survie, signes d’une intelligence trop souvent ignorée !

Les renards

Fiche sentience sur les renards / le renard

Le monde social des renards

Quand il y a peu à manger, le renard vit seul et ne forme un couple qu’en période de reproduction. Si le gibier est plus abondant, il vivra toute l’année en couple et si, comme en ville, la nourriture abonde en permanence, il formera des groupes sociaux plus importants, structurés comme des meutes, où seul le couple alpha se reproduit. Les autres femelles aident à l’élevage des petits et occupent un territoire voisin de celui du couple. Notons que tout le monde chasse seul, mais ramène la nourriture au terrier.

Il existe une organisation très stricte au sein de ces grupes sociaux. L’approche d’un alpha se fait presque en rampant. Le renard s’incline ou se tortille sur le dos aux pieds de son « chef » en reproduisant les gestes d’apaisement du chiot.
Cette hiérarchie se met en place dès que les petits sortent du terrier et se livrent à des jeux de combat assez violents. Les affrontements commencent néanmoins sous terre, autour des mamelles de la mère. Une fois les rôles sociaux bien établis, dès la huitième semaine, les combats se raréfient. Les renardeaux les plus forts ont un accès privilégié à la nourriture. Ils grandissent donc plus vite et renforcent encore leur avantage. Ils font aussi l’objet d’un toilettage social plus intense de la part des adultes. Leur intégration dans le groupe social est ainsi facilitée, y favorisant leur maintien à l’automne.

Les grands groupes sociaux sont composés de trois, quatre, voire dix adultes des deux sexes. Jusqu’à trois femelles peuvent avoir des portées mais, le plus souvent, une seule se reproduit. Les petits sont élevés séparément ou au sein d’une grande « crèche » commune. Pendant les premières semaines, leur mère reste la plupart de son temps avec eux sous terre. Le mâle apporte de la nourriture puis les grandes sœurs prennent le relais.

Parler renard

Généralement silencieux, le répertoire vocal des renards est néanmoins très riche. Ils peuvent émettre une trentaine d’appels différents. Leurs glapissements retentissent surtout lors de la saison des amours, lorsqu’ils s’appellent les uns les autres et joutent pour leur territoire. Même leurs jeux sont peu bruyants. Souvent, les appels de renard sont confondus avec ceux de la chouette hulotte. Le célèbre « cri de la renarde » (vixen call) peut aussi être émis par les mâles, dans des échanges sonores complexes.

Le panel des sons est varié : des cliquètements et gémissements organisent les rapports interindividuels. Les adultes avertissent les jeunes d’un danger par un aboiement brusque. Chaque renard semble porter une sorte de « carte d’identité vocale » qui lui permet d’être reconnu par ses congénères. La gestuelle est aussi importante dans la communication des renards. La position des oreilles, de la queue, du corps, et diverses expressions faciales, indiquent l’humeur de l’animal et ont même été comparées aux expressions des primates. Ainsi, l’apaisement se traduit par les oreilles rabattues en arrière, la gueule ouverte et les lèvres rétractées. Lors d’une dispute, l’animal voute son dos et tourne son arrière-train vers l’agresseur. Lorsqu’un renard rencontre un alpha, il le salut en agitant sa queue de gauche à droite.

La science de la chasse chez le renard

La détection des proies et leur capture nécessitent des sens affinés et des réflexes rapides. Généralement actif au crépuscule ou durant la nuit, le renard roux utilise surtout son audition qui lui permet de les localiser avec précision. Comme chez le chat, les rétines de ses yeuxsont tapissées de cellules qui réfléchissent la lumière et en double l’intensité, ce qui lui permet de distinguer ses proies même lorsque la luminosité est minimale. Le renard roux est également capable de bondir en modifiant l’angle de son décollage et en ajustant sa trajectoire au cours du saut. Il peut aussi varier la force de son impact à l’atterrissage. Le renard roux fait preuve d’une grande endurance. Il peut galoper sur plusieurs kilomètres et atteindre 60 km/h, tout en sautant des clôtures de deux mètres de haut, en grimpant sur les toits, ou en traversant les rivières à la nage.

Le renard a l’habitude de faire des réserves qu’il cache sous terre et revient visiter en cas de disette. Il est également connus pour employer de véritables ruses. Il est notamment capable de faire semblant d’être mort ou de se livrer à des ébats ludiques pour attirer une proie.

Les renards urbains

Depuis une quarantaine d’années, les renards se sont installés dans les villes européennes de manière spontanée et naturelle. Ils font aujourd’hui partie intégrante de la faune urbaine, notamment en Grande-Bretagne, en Suisse, en Belgique et même en Australie.

Le principal avantage de la vie en ville est l’abondance de la nourriture. Les renards ont élargi leur régime alimentaire pour consommer tout ce qui se trouve dans les poubelles. Ils s’y nourrissent aussi de fruits, d’insectes, de rongeurs et d’oiseaux. Malgré les doutes de certains, le renard ne représente pas de menace pour les animaux domestiques. Il ne cherche absolument pas le conflit dont il pourrait ressortir blessé.

La tentation de l’élevage

Pendant 51 ans, un chercheur russe a mené des expériences contestées dans le seul but dedomestiquer les renards. Aujourd’hui, à force d’une sélection cruelle, il est parvenu à ce qu’ils obéissent à des gestes basiques de l’homme comme le font les chiens et à des vocalises tendant vers l’aboiement. Mais dans ce projet fou, qui ne permet en aucun cas de tirer des conclusions pertinentes sur les processus de domestication, les 3000 renards finissent pour la plupart dans les fermes à fourrure.

RÉFÉRENCES:

Vulpedia 

Urban Foxes

The Red Fox (bioweb)

The Red Fox (Journal of Mammalogy)

Red Fox: The Catlike Canine, by J. David Henry (1996)

Fox Farm Experiment: hunting for behavioral genes, Kukekova & al. (2008)

Variation in fur farm and wild populations of the red fox, Zatoń-Dobrowolska (2016)

Le guide des mammifères de France et d’Europe, Barret, P. ; Macdonald, D. (1999)

Fox, M. W. (1970) : A Comparative Study of the Development of Facial Expressions in Canids; Wolf, Coyote and Foxes.
Behaviour, Vol. 36, No. 1/2, pp. 49-73

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Les orangs-outans

Les orangs-outans

Les orangs-outans
02.07.2017
Les orangs-outans
Animaux sauvages

Les orangs-outans (Pongo sp.) ont des capacités intellectuelles impressionnantes. Leurs relations sociales sont intenses et riches en émotions.

Deux sous espèces d’orang-outan occupent encore une partie des îles indonésiennes de Sumatra (Pongo abelii) et de Bornéo (Pongo pygmaeus). L’orang-outan, littéralement « homme de la forêt » en malais, possède un patrimoine génétique à 97% identique à celui de l’homme. A l’instar des gorilles, des chimpanzés et des bonobos, les orangs outans font partie des grands-singes. Ces primates, aux capacités intellectuelles impressionnantes, évoluent dans un environnement complexe. Leurs relations sociales sont intenses et riches en émotions qu’ils expriment avec une humanité souvent déconcertante aux yeux des humains.

 

Les Orangs-outans

Fiche sentience sur les outangs-outans / l’Ourang-outan

Les orangs-outans possèdent des cultures

En 2003, un groupe de chercheurs, dont le Dr Carel van Schaik et la Dre Biruté Mary Galdikas, ont décrit vingt-quatre comportements présents dans certaines populations d’orangs-outans mais absents chez d’autres.

Ces « coutumes » sont apprises auprès des autres individus locaux et transmises au fil des générations. Ainsi, dans certaines parties de Bornéo, les orangs-outans utilisent des poignées de feuilles comme serviettes pour essuyer leur menton, tandis que d’autres orangs-outans, dans certaines régions de Sumatra, se servent des mêmes feuilles en guise de gants pour enlever les fruits des branches épineuses, ou comme coussin dans les arbres inconfortables.

À Bornéo, comme à Sumatra, les orangs-outans envoient un baiser sifflant, en aspirant l’air avec leurs lèvres resserrées. Mais seuls les primates qui vivent à Bornéo ont découvert qu’ils pouvaient amplifier le son obtenu en plaçant leurs mains autour de leur bouche. Avant d’aller se coucher, certains émettent un sifflement en soufflant de l’air entre leurs lèvres pressées, comme pour se dire bonsoir. D’autres utilisent des brindilles pour attraper des insectes dans les troncs d’arbres ou pour ôter les graines des fruits.

Ces habitudes, qui ne se retrouvent qu’au sein de certaines populations, ne dépendent pas uniquement de l’environnement des animaux, et les similitudes sont plus importantes entre les populations proches les unes des autres. Elles constituent la preuve d’une transmission sociale des comportements, déjà mise en évidence chez les chimpanzés.

Les observations ont également montré des indices de l’utilisation de symboles, et une étude plus approfondie pourrait en révéler des preuves plus claires.

Van Schaik estime que l’instabilité politique et la destruction de l’habitat des orangs-outans pourraient empêcher de telles études :
« Certaines personnes nous ont demandé : « N’avez-vous pas appris assez en étudiant ces animaux pendant trente ans ? » Or il est évident, d’après ces constatations, que nous n’avons pas assez appris. Certaines des régions où ces études ont été menées sont déjà détruites par l’exploitation forestière illégale. Et même si, d’une certaine manière, nous pouvions restaurer la forêt et les animaux, c’est comme avec les cultures humaines, une fois qu’une culture est partie, elle est partie. »

Schaik, C.P. (2003).
Orangutan Cultures and the Evolution of Material Culture. Science, 299(5603), 102-105. DOI: 10.1126/science.1078004

Les orangs-outans se servent d’outils

Les orangs-outans font usage d’outils en plusieurs circonstances et selon leurs coutumes locales :

  • en utilisant des feuilles en guise de gants ou de serviettes de protection ;
  • en utilisant des bâtons pour fouiller dans les trous des arbres et en extraire les insectes. Ou encore, en les utilisant pour extraire les graines des fruits et gratter les piquants ;
  • en utilisant des branches feuillues pour chasser les insectes ou recueillir de l’eau ;
  • en pratiquant le hic-riding, une sorte de sport dans lequel les animaux chevauchent des arbres morts qui s’effondrent et saisissent les lianes juste avant qu’ils ne s’écrasent au sol ;
  • en utilisant leurs mains ou une sorte de cornet de feuilles pour amplifier les sons qu’ils émettent ;
  • en construisant des toits pour protéger leur nid quand le soleil est trop fort et, en cas de pluie, en bâtissant deux nids l’un au-dessus de l’autre, celui du dessous servant de chambre à coucher ;
  • en utilisant de longues tiges de bois pour sonder le fond des rivières et juger si elles peuvent être traversées.

Au contact des humains, dans les refuges par exemple, ou en zoo, les orangs-outans développent spontanément des capacités d’imitation proprement prodigieuses : naviguer sur un canot, scier du bois, allumer du feu, faire la lessive, pêcher au harpon, etc., sans aucun dressage.

Schaik, C.P., Fox, E.A., Sitompul, A.F. (1996).
Manufacture and use of tools in wild Sumatran orangutans. Naturwissenschaften, 83(4), 186-188. DOI: 10.1007/BF01143062

En 2007, des chercheurs allemands de l’institut Max Planck ont réussi à prouver que les orangs-outans pouvaient résoudre des problèmes en élaborant une stratégie complexe. Face à un tube étroit contenant une cacahuète inaccessible, il faudra en moyenne 9 minutes aux 5 singes testés pour récupérer la friandise. La solution était d’aller aspirer de l’eau de leur abreuvoir et de la recracher dans le tube pour faire remonter l’arachide.

https://gaiasphere.fr/201508311060-intelligence-des-orangs-outans-la-preuve-par-l-eau/

Les orangs-outans sont des artistes

Certaines compétences culturelles en matière de tissage des fibres semblent s’être perpétuées au sein d’une population d’orangs-outans de la Ménagerie du Jardin des Plantes :  « Watana est une mathématicienne préconceptuelle, spécialisée dans la géométrie spatiale des nœuds et des anneaux. Elle est née en 1995 à Anvers, a séjourné à Stuttgart et habite aujourd’hui Paris, du côté du Jardin des Plantes. Très exactement à la Ménagerie. Il faut la voir utiliser rouleaux de papier, cartons, morceaux de bois, tissus, ficelles, cordes, lacets… Elle noue et renoue, fait des boucles, les repasse les unes autour des autres, fabrique des colliers à deux rangées, attache des fils de couleur à des supports fixes et avec eux trace des formes d’un point à l’autre de l’espace. Après, elle défait tout. C’est un singe de l’espèce des orangs-outans. »

Wattana vit désormais dans un zoo allemand, où plus aucun fil de couleur ne lui est fourni.

http://next.liberation.fr/livres/2012/05/23/l-avis-des-betes_820872

https://www.youtube.com/watch?v=RLkYNiEizcQ

Les orangs-outans communiquent entre eux

Une étude a confirmé que les orangs-outans sauvages (et en captivité) se servent de la pantomime pour se faire comprendre. Ils créent ainsi une série de gestes complexes qui peuvent exprimer des contenus structurés. Certains gestes servent à entamer des interactions, à demander ou à partager des objets, à s’adresser à quelqu’un, à lui demander d’arrêter l’action en cours ou de revenir en arrière. L’articulation des mouvements est rapide. Lorsque le message n’est que partiellement compris, ils répètent leur charade gestuelle et la répètent encore en l’accentuant, comme s’ils parlaient plus fort.

Enfin, lorsque le message n’est pas du tout passé, les orangs outans utilisent une nouvelle gestuelle, complètement différente ; tout comme s’ils repartaient sur de nouvelles bases pour faire passer l’information.

Ils peuvent aussi lancer des appels sonores puissants, qui traversent sur des kilomètres la forêt tropicale, ainsi que des sons plus calmes, tels que les baisers sifflés quand ils sont perturbés, et les « grumph » quand ils ont peur. Ils utilisent aussi des signes visuels, tels que le pointage du doigt, l’agitation de la main ou le fait de frapper sur des objets pour les désigner.

Orangutan Pantomime :

http://rsbl.royalsocietypublishing.org/content/early/2010/08/05/rsbl.2010.0564.full

Orangutans Modify Their Gestural Signaling According to Their Audience’s Comprehension

http://www.cell.com/current-biology/fulltext/S0960-9822(07)01640-5

Les orangs-outans rient !

Certaines des formes de communication chez les orangs-outans sont extrêmement semblables à celles des humains. Par exemple, ils peuvent rire exactement comme nous, humains. Cela peut se produire quand ils jouent et quand ils se chatouillent les uns les autres. Plus étonnant, certaines situations les font rire comme des enfants : quelqu’un qui bute et tombe par terre, par exemple, est pour eux le summum de l’humour. Ce sont des animaux très ludiques, et ce comportement est souvent observé entre une mère et sa progéniture.

http://www.orangutan-world.com/orangutan-communication/

Les orangs-outans communiquent avec l’humain

Gary L. Shapiro a été l’un des chercheurs d’avant-garde dans le domaine de l’apprentissage par les orangs-outans du langage des signes. Ses travaux de recherche ont commencé en 1973 au zoo de la ville de Fresno, où il a étudié pendant dix-huit mois les capacités symboliques d’un orang-outan nommé Aazk. Ce dernier s’est montré en mesure d’apprendre à organiser des symboles de façon significative sur une planche afin de construire des phrases (Thompson, 2010).

Quelques années plus tard, Shapiro a voyagé à Bornéo pour mener des études plus étendues sur la communication gestuelle des orangs-outans sauvages. L’un des étudiants les plus brillants de Shapiro était une orang-outan juvénile nommée Princesse. Celle-ci avait développé un attachement très fort pour Shapiro, qui remplissait pour elle un rôle parental. Shapiro lui-même tendait à considérer Princesse comme sa fille, car il l’éleva lui-même, en l’absence d’une mère orang-outan. Princesse vivait chez Shapiro dans un environnement domestique, où elle disposait d’une liberté considérable. Elle apprit une variété de l’AMESLAN et put acquérir trente-sept signes au cours des dix-neuf mois de formation, d’une manière comparable à celle de Washoe, le chimpanzé, et du gorille Koko.

Chantek (Miles, 1994 ; PBS, 2014) réside actuellement dans un habitat pour orangs-outans au zoo d’Atlanta. En 1978, ce jeune orphelin âgé de neuf mois a été élevé par l’anthropologue Lyn Miles à l’Université du Tennessee à Chatanooga. Elle lui enseigna le langage des signes comme à un enfant sourd, dans un environnement complètement humain. Au cours des huit années passées à l’université, Chantek a été en mesure de produire plus de cent cinquante signes et d’en reconnaître beaucoup plus. Il a également développé une compréhension importante de l’anglais parlé. Lorsqu’un mot lui manquait, il combinait des signes qu’il connaissait pour en créer de nouveaux. Ainsi, il nommait le ketchup du « dentifrice-tomate » et un cheeseburger « viande-pain-fromage ». Lorsqu’on lui demandait qui il était, il se décrivait lui-même comme une « personne orang-outan ». En revanche, lorsqu’on l’interroge sur ses codétenus du zoo d’Atlanta où il se trouve actuellement, il les décrit comme des « chiens oranges », auxquels il ne s’identifie pas.

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/ajp.1350030111/abstract

Les orangs-outans doivent tout à leur mère

Après ceux des humains, ce sont les enfants orangs-outans qui restent le plus longtemps en contact étroit avec leur mère. Ils sont complètement dépendants d’elle pendant les deux premières années de leur vie, tant pour la nourriture que pour les déplacements. On voit la mère nourrir son enfant au sein, abritée sous des branches feuillues pour se protéger de la pluie et du soleil, ou parfois même drapée de grandes feuilles comme un poncho.

Un enfant peut téter sa mère jusqu’à cinq ans, voire huit ans ! Ils commencent à s’éloigner de leur mère lorsqu’elle ne peut plus les porter. Mais les adolescents restent auprès d’elle jusqu’à dix ans, puis la quittent pour la compagnie d’autres jeunes immatures. Certains deviendront des patriarches au large disque facial et, pour les autres, des subadultes permanents jusqu’à ce qu’une place de chef se libère. Les femelles reviennent souvent visiter leur mère jusqu’à ce qu’elle ait seize ans voire plus.

Une association aussi étroite et prolongée entre une mère et sa progéniture est rare chez les mammifères. On pense que les orangs-outans ont une enfance très longue car ils doivent apprendre une quantité de choses pour survivre dans la canopée tropicale. En outre, les mères leur apprennent à se déplacer dans les arbres, à faire des nids, à sélectionner leur aliments et aussi à se protéger des prédateurs tels que les léopards et les pythons de Bornéo, ou les tigres à Sumatra.

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/ajp.20525/abstract

 

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Les hérissons

Les hérissons

Les hérissons
02.07.2017
Les hérissons
Animaux sauvages

Le hérisson (Erinaceus europaeus) n’est pas un intellectuel, mais c’est un animal paisible et très indépendant à l’ouïe fine et à l’odorat très développé.

Le hérisson (Erinaceus europaeus) n’est pas un intellectuel, mais c’est un animal paisible et très indépendant (1). Il est nocturne et ses capacités visuelles sont limitées. Son monde est flou, sans détails ni couleurs. En revanche, son ouïe est fine et quand il lève le museau, le hérisson capte des parfums subtils qui nous échappent tout à fait. Il peut repérer l’odeur d’un ver de terre à trois centimètres sous l’humus et l’odeur de l’humain à dix mètres.

Les hérissons

Fiche sentience sur les hérissons / le hérisson

De l’apprivoisement du hérisson

Malgré leurs petits hémisphères cérébraux, les hérissons font preuve d’une certaine flexibilité dans leurs comportements individuels. Diverses tentatives ont été menées pour dresser et apprivoiser des hérissons et l’on a pu identifier chez certains individus une capacité à apprendre. Ainsi, les hérissons parvenaient à distinguer des formes symboliques. Dans certains cas, ils pouvaient même répondre à leurs noms lorsqu’ils étaient appelés par leurs soignants. Il existe manifestement des variations entre les hérissons quand il s’agit d’apprendre et d’être apprivoisés, certains y parvenant plus vite que d’autres. Toute une industrie du hérisson élevé en cage existe aux USA, qui produisent également des jouets spécifiques. Malgré plusieurs générations de naissances sous contrôle humain et des croisements sélectionnés pour obtenir les hérissons les plus esthétiques (blanc, pie, chamois, noir, etc.), l’animal socialise peu avec les humains et n’est certainement pas un animal de compagnie.(2)

Le monde social du hérisson

Le hérisson est un grand solitaire, que la présence des autres insupporte. Il ne s’agit pourtant pas pour lui de défendre un territoire, qui chevauche le plus souvent celui de ses congénères, mais d’un besoin de tranquillité propre à cette espèce. Tout est mis en œuvre pour éviter la violence et les rencontres, sauf lors des parades amoureuses avec une femelle, ou lorsque deux hérissons tombent nez à nez par hasard. Cela dit, les hérissons se nourrissent souvent tous ensemble autour d’un bol de nourriture dans le jardin.

Une étude a montré que sur 3460 interactions entre hérissons, dix-sept seulement étaient de type non sexuel. Celles-ci comprenaient uniquement quatre cas de combats physiques (coups de tête, morsures), quatre cas d’interactions avec «reniflement et marche flanc contre flanc» dans lesquels tous les individus étaient des mâles, les échanges étant brefs et sans aucune blessure. Neuf rencontres silencieuses ont été observées, où les individus sont passés à une distance proche l’un de l’autre. Selon les scientifiques, «Ils ont fait une pause, humé l’air un moment et changé de direction».

Chez des hérissons en captivité, on a pu observer un système de hiérarchie se développer autour d’un grand mâle mais cela n’a jamais été observé à l’état sauvage.

Seule la reproduction est l’occasion d’interactions sociales. Les hérissons se livrent à des parades amoureuses ritualisées sur des terrains ouverts, précédées d’affrontements entre les mâles convoitant la même femelle. Le rituel démarre par un face-à-face des deux animaux, qui se reniflent le museau mutuellement tout en urinant. L’accouplement dure plusieurs minutes puis la femelle et le mâle se séparent.(3)

Le petit monde du hérisson

Le hérisson vit dans un tout petit monde, constitué de son territoire de chasse, de son territoire de résidence et de ses nids. Il dispose d’une excellente mémoire géographique qui le guide dans ses déplacements. On connaît le cas d’un hérisson aveugle qui retrouvait sa route dans le jardin : il s’en souvenait dans les moindres détails. Mais, placé devant de nouveaux obstacles, le même hérisson était perdu.

Chaque nuit, sur les cinquante hectares qu’il occupe (la femelle occupant un territoire de dix hectares), le hérisson mâle peut se promener dans un rayon de trois kilomètres sans se presser. Il interrompt fréquemment son parcours pour renifler en l’air. Le hérisson dort beaucoup : 75% de son temps est consacré à la sieste.

La communication

Le hérisson a la curieuse habitude de recouvrir sa peau et ses piquants de salive. Si la signification n’est pas encore très claire, il est possible que cette pratique lui permette de laisser des marques olfactives sur son trajet à l’intention de ses congénères.

Il peut aussi s’enduire de salive écumeuse, peut-être pour décourager un prédateur qui voit une proie malade. La communication acoustique est relativement développée chez le hérisson. On dénombre aujourd’hui 8 types de vocalisations qui semblent être utilisées en complément de la communication chimique.

Parmi ces vocalises, on trouve le clappement de langue, principalement produit lors des déplacements et pendant les activités qui les précèdent. A l’instar de certains insectivores, il semblerait que ces clappements soient utilisés comme système d’écholocation.(4)

L’école du hérisson

Au mois de juin, après quatre semaines de gestation, la hérissonne accouche de deux à sept bébés au fond d’un nid douillet, dans un endroit bien abrité sous un buisson touffu. Les jeunes font leur première sortie à trois semaines, accompagnant leur mère lors de promenades nocturnes et la suivant en file indienne pour apprendre à reconnaître les invertébrés comestibles. Pendant une ou deux semaines, ils retourneront tous les matins au nid pour s’y nourrir du lait maternel, car la mère ne les allaite jamais à l’extérieur. À deux mois, les jeunes sont déjà indépendants et instruits de tout ce qu’il leur faut savoir.

Stratégies de défense

La principale stratégie de défense du hérisson est d’ordre instinctif et réflexe : se rouler en boule. Mais il est à même de moduler volontairement ce mouvement. Il peut aussi manifester d’autres comportements défensifs avant d’y avoir recours. C’est ainsi que dans une première réponse au danger, l’animal se contente de hérisser ses piquants. Il peut aussi choisir la fuite vers un endroit sûr pour échapper à la menace s’il dispose du temps nécessaire. Si le danger survient brusquement, comme une voiture sur une route, le hérisson restera sur place sans bouger, ce qui causera sa perte.

La contraction du muscle orbiculaire tend la peau du dos autour du corps de l’animal et l’enserre comme dans un sac, repliant vers l’intérieur la tête, les pattes et la queue. Le mouvement peut se produire à très grande vitesse, la flexion de la tête survenant dans les 0,01 secondes. Le hérisson devient alors une boule de piquants compacte. Une seule petite ouverture subsiste au niveau du ventre, mais aucun prédateur n’oserait aller la chercher dans cette forêt de piquants. Pour renforcer encore sa défense, le hérisson contracte les petits muscles présents à l’extrémité inférieure de chacun de ses piquants. Ceux-ci alors se hérissent en tous sens, et l’animal se met à ressembler à une pelote d’échardes. Quand le danger s’éloigne, il se déroule d’un coup et court vers l’abri le plus proche.

Les hérissons peuvent aussi tenter d’impressionner leur agresseur avec des cris de colère et des sifflements, voire même avec une sorte de crissement fort, « comme un cochon ». Il est rare qu’un hérisson morde pour se défendre, sauf s’il s’agit d’une femelle qui défend ses petits.(3)

RÉFÉRENCES:

1. Cortical Organization in Insectivora: The Parallel Evolution of the Sensory Periphery and the Brain. Catania, K. C.
http://www.karger.com/Article/Abstract/6666

2.
http://hedgehogclub.com/care.html

3.
http://wildpro.twycrosszoo.org/S/0MInsectivor/Erinaceidae/Erinaceus/Erinaceus_europaeus/14WEHBehSocial.htm
4
. ATTIE, C., 1990. Emissions sonores chez le Hérisson européen, Erinaceus europaeus, et signification comportementale. Mammalia. Volume 54, Issue 1, Pages 3–12

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