Quand le Zimbabwe brade sa faune sauvage

Quand le Zimbabwe brade sa faune sauvage

Quand le Zimbabwe brade sa faune sauvage
09.05.2016
Zimbabwe
Quand le Zimbabwe brade sa faune sauvage
Animaux sauvages

Le Zimbabwe met en vente les animaux de ses réserves afin d’éviter qu’ils ne meurent de faim et de soif. One Voice dénonce cette mise en coupe réglée d’êtres sensibles menacés au profit des zoos, des réserves de chasse mais surtout d’un régime peu démocratique.

Alors qu’une grave sécheresse frappe le pays et menace plus d’un quart de sa population de précarité alimentaire, nous avons appris que l’autorité des parcs du Zimbabwe (ZIMPARKS) invitait les acheteurs potentiels à présenter leur déclaration d’intérêt : lions, éléphants, rhinocéros. Ces derniers iront dans des zoos mais aussi dans des réserves de chasse privées. Zimparks gère une superficie totale de 47.000 km2, répartie entre dix parcs nationaux sur l’équivalent de 12,5 % du territoire du pays. Aucune information précise n’a encore été livrée sur les espèces en vente ou sur leur prix, mais le bruit court qu’un bébé éléphant pourrait valoir jusqu’à 60.000 dollars.

En 2012 déjà, quatre éléphanteaux terrifiés avaient été arrachés à leur harde au Zimbabwe puis transportés dans des zoos du centre et du nord-ouest de la Chine. Ils ont survécu au voyage mais l’un d’eux est mort peu après son arrivée. Les trois autres sont en très mauvaise santé.

En 2014, le Zimbabwe récidivait : 24 nouveaux éléphants étaient enlevés à leur famille. Expédiés en Chine, ils apprennent aujourd’hui à danser sous les coups de pique de leur dresseur, au son d’une musique assourdissante. Car en Chine, comme à Amnéville, les zoos sont aussi des cirques. De rares images nous les montrent efflanqués, couverts de poussière et de blessures saignantes, agités de stéréotypies. La savane de leur mère est loin… À l’époque, leur vente fut justifiée non par la sécheresse, mais par la nécessité de payer le salaire des éco-gardes et de diminuer une population de pachydermes envahissants qui menaçaient les récoltes.

On le voit, les prétextes varient au fil du temps. Le Zimbabwe est pourtant bien le seul pays de la région à évoquer de tels problèmes économiques. Et le premier aussi à accueillir à bras ouverts des chasseurs de trophées richissimes, comme le dentiste américain Walter Palmer qui décapita le lion Cecil l’été dernier. Les rentrées financières issues de ces massacres sont fabuleuses, mais elles ne tombent sans doute pas dans la bonne poche. C’est que Robert Mugabe gère son pays de manière désastreuse, s’enrichissant comme tant de potentats africains sur le dos d’une population assommée par la pauvreté. Ce héros de la guerre d’indépendance a confié les cultures de son pays aux mains de courtisans corrompus, incapables d’en prendre soin et le poussant à la ruine. Il l’écrase aujourd’hui sous le poids d’une dictature sénile, homophobe, raciste, sexiste et liberticide. C’est le vieux Mugabe qui déclarait fièrement en 2003 :
« Hitler avait un seul objectif : la justice pour son peuple, la souveraineté pour son peuple, la reconnaissance de l’indépendance de son peuple et ses droits sur ses ressources. Si cela c’est Hitler, laissez-moi être le décuple de Hitler ». Que peut-on sérieusement attendre d’un tel homme en matière de sauvegarde de la nature et des animaux ?

D’autres pays comme le Kenya, la Tanzanie, le Rwanda, tentent aujourd’hui de rentabiliser par un tourisme écologique responsable, l’or vert qu’ils tiennent entre leurs mains : ces milliers d’hectares de forêts vierges, peuplés d’une faune rare et menacée. Le Zimbabwe abrite plusieurs espèces d’animaux sauvages, dont les célèbres «
Big Five » que sont le lion, le léopard, l’éléphant, le rhinocéros et le buffle. Une population de plus de 80.000 éléphants et 750 rhinocéros noirs y habite.

Le comportement de Robert Mugabe a de quoi inquiéter. Il pourrait inspirer en effet d’autres despotes qui n’hésitent pas, déjà, à livrer les Monts Virunga aux prospecteurs de pétrole. Jamais le trafic d’espèces menacées ne s’est si bien porté, qui alimente les zoos, les cirques ou les collections privées de milliardaires dubaïotes.

One Voice estime que la France doit intervenir, comme d’autres nations qui soutiennent l’effort de développement de l’Afrique. Elle doit exiger de ses partenaires africains que la préservation la plus stricte de la faune locale soit mise au rang des priorités majeures de tout accord de coopération. Quant au Zimbabwe, il mérite une condamnation diplomatique internationale.

Sharky et Lotty, doyennes des dauphins captifs

Sharky et Lotty, doyennes des dauphins captifs

Sharky et Lotty, doyennes des dauphins captifs
07.05.2016
Sharky et Lotty, doyennes des dauphins captifs
Exploitation pour le spectacle

Découvrez les histoires de Sharky et Lotty, deux dauphins captifs, de leur enfance à la capture en passant par leur triste vie dans les delphinariums.

La mémoire d’un dauphin vaut celle d’un éléphant. Si nous pouvions parler avec Sharky et Lotty, elles nous décriraient toutes les épreuves qu’elles ont traversées dans l’enfer des piscines étroites, des voyages en avion, des adieux et des deuils. Elles nous parleraient aussi de leur enfance. Mais les delphinariums ne veulent pas que leurs dauphins nous parlent. Alors, racontons leur histoire à leur place.

Lotty est la doyenne des dauphins du Marineland d’Antibes. Capturée en Floride en juin 1983, elle demeura dix ans en Grande-Bretagne, avant d’être envoyée en Suède puis de terminer son parcours à Antibes, en 2005. Sharky eut le même destin. Capturée en octobre 1983, toujours en Floride, elle survécut elle aussi aux delphinariums anglais et, semble-t-il, aux inondations qui ont submergé le Marineland le 5 octobre 2015.

Enfance à Charlotte Harbor

L’estuaire de Charlotte Harbor, au sud-ouest de la Floride, est un paradis pour les dauphins qui y demeurent depuis des siècles. L’eau douce de deux rivières s’y mêle aux flots salés du Golfe du Mexique, faisant naître de vastes prairies marines peuplées de crustacés et de poissons.

Les clans de dauphins se répartissent en petits villages marins, semés dans l’entrelacs d’îlots et de lagunes. Les eaux sont calmes, chaudes et peu profondes, les voyages limités à des visites entre voisins, la vie paisible, le temps suspendu. Lotty et Sharky vivaient là quand elles étaient petites. Elles jouaient à se poursuivre entre les racines des palétuviers, effrayaient les échassiers perchés sur le rivage en leur jetant de l’eau, et auraient pu grandir dans leur mangrove subtropicale et y devenir mères puis grand-mères.

Mais les delphinariums brisèrent ce destin et ravagèrent leur peuple. Depuis le début des années 1960 et pendant plus de trente ans, des razzias incessantes enlevèrent les enfants à leurs familles, dispersèrent les tribus et affaiblirent les populations désormais sujettes aux épidémies.

Aujourd’hui, les dauphins libres de Charlotte Harbor sont protégés. Ils se relèvent peu à peu de ces vagues de captures, mais Lotty et Sharky, elles, n’y ont pas échappé.

Foire au Flamingo Land

L’explosion délirante des dizaines de petits delphinariums commence en Grande-Bretagne avec Flamingo Land. Ouvert en 1961, cet établissement fut le premier à exhiber des dauphins vivants dans une joyeuse ambiance de foire. Ceux-ci ne survivaient pas longtemps et les importations se succédaient depuis la Floride. C’est en 1984 que le Flamingo Land se fit livrer ses trois derniers dauphins. Ils y restèrent jusqu’à la fermeture du parc en 1993. Dans l’intervalle, un combat citoyen magnifique venait de triompher. À la suite des campagnes incessantes, les delphinariums anglais durent se conformer à des règles si strictes qu’ils fermèrent tous, sans exception.

Rocky, Missie et Silver furent réhabilités dans les Caraïbes, accueillis par Jojo, le dauphin solitaire. Après avoir été détenus respectivement 20, 22 et 15 ans, les trois dauphins retrouvèrent la liberté avec succès. Mais la générosité du public n’alla pas jusqu’à financer le retour en mer de tous les cétacés captifs. Pour les trois derniers prisonniers du Flamingo Land, le cauchemar continuait. C’est au nord de l’Europe qu’on les expédia.

De la Suède à Antibes

Ouvert en 1969, le delphinarium de Kolmärden fut le premier construit dans un pays scandinave. Dès son inauguration, quantité de dauphins de Floride vinrent y échouer, arrachés à la lumière de leur mangrove pour venir mourir dans un bassin sombre. Lotty et Sharky survécurent pourtant au parc suédois. Lotty y donna même naissance à Fénix. En 2005, Lotty et Sharky furent transportées au Marineland avec Fénix. Loin de profiter du soleil parfois accablant, le petit ne supporta pas l’environnement du parc. Il mourut quatre ans plus tard, âgé de huit ans à peine.

En 2011, Sharky mis Jo au monde. Lotty n’eut pas d’autres bébés. Aujourd’hui, les deux amies nagent toujours côte à côte. Elles ont passé 33 ans de leur vie en captivité. Pourraient-elles encore retrouver les petites îles de leur enfance, dans l’estuaire de Charlotte Bay? Au terme d’une procédure de réhabilitation bien menée, sans doute. Tout dépend du dauphin et de son envie de vivre, et nos deux amies n’en manquent pas. Lotty et Sharky ont chassé le poisson ensemble quand elles avaient trois ans. Elles ne se sont plus jamais quittées depuis leur capture, et c’est cette amitié si forte qui leur a permis de tenir le coup.

À défaut d’être libérées, ces dauphines mériteraient au moins d’être déplacées dans une baie marine avec toute leur famille.
Car il y a urgence. Lotty et Sharky doivent avoir 37 ans. Au Marineland d’Antibes, aucun dauphin n’a jusqu’ici dépassé l’âge de 38 ans…

Plongée en enfer

Plongée en enfer

Plongée en enfer
03.05.2016
Plongée en enfer
Animaux familiers

Cellule Zoé : One Voice a effectué une saisie dans une mer de détritus pour sauver des chiens et d’autres animaux dans un triste état. Bienvenue en enfer !

Au milieu d’une mer de détritus, des chiens faméliques, atteints de mille maux, guettent, apeurés. Des ossements gisent ici et là. Des cadavres aussi. Ici, les morts nourrissent les vivants. Bienvenue en enfer.

Saisie en urgence

De cette affaire, les enquêteurs de One Voice, les autorités et tous les partenaires présents cauchemardent encore. Ce devait être un élevage de Dogues du Tibet. Ils ont découvert un mouroir. L’intervention de One Voice s’est faite sans délai. À peine huit jours après un contrôle effectué aux côtés des autorités, nos équipes étaient mobilisées pour mettre un terme à cet enfer. Tous ont souhaité agir dans l’urgence pour sauver d’une mort épouvantable non seulement des dizaines de chiens mais aussi trois ânesses.

Le théâtre de l’horreur

La scène est indescriptible. Un cheval mort, dans un état de décomposition avancée, est partiellement dissimulé dans la boue et recouvert d’une bâche. Une centaine de cadavres de chiots et de chiens adultes, certains dans des sacs plastiques, sont aussi découverts : à l’air libre, stockés dans des congélateurs hors d’usage, ou même enfermés dans une malle… Les survivants sont éparpillés sur le site. Ici, une carcasse de voiture renferme une mère et ses petits. Là, un autre est attaché au milieu des détritus et des ossements — car les cadavres servent aussi de nourriture… Sous la maison, d’autres encore sont enchaînés, dans une obscurité quasi totale, au milieu de leurs excréments. Et dans le ventre de ce chiot, on retrouvera des cailloux. Partout, les vétérinaires ont noté l’absence totale d’eau et de nourriture… En tout, One Voice sortira, outre les trois ânesses, soixante et un chiens de ce lieu sordide. Soixante et un chiens traumatisés, malades et dans un état terrifiant de maigreur pour la plupart. L’association prendra en charge l’intégralité des soins vétérinaires et coordonnera leur placement.

La tortionnaire condamnée !

Dans cette affaire, Me Fabienne Filpi, l’avocate de One Voice qui était partie civile, a obtenu une condamnation exemplaire. La tortionnaire des animaux a écopé d’une peine de prison ferme ! Depuis, les rescapés pansent leurs plaies dans des familles d’accueil. Zoé, qui a donné son nom à la Cellule de lutte contre la cruauté, mais également Lhassa qui, bien qu’encore traumatisée, a trouvé un foyer aussi patient que sécurisant pour se reconstruire. Les premiers temps, elle ne mangeait que du bois et des cailloux… Quant aux ânesses, elles étaient attachées depuis si longtemps qu’il leur a fallu un long temps d’adaptation pour comprendre qu’elles n’étaient plus obligées de rester collées les unes aux autres, et que désormais elles pouvaient s’ébattre dans les prés !

Soutenir le travail de la Cellule Zoé, c’est lui permettre d’intervenir dans l’urgence pour sauver des vies !

La mort de Jo

La mort de Jo

La mort de Jo
22.04.2016
La mort de Jo
Autre campagne de l’association

Jo a passé un week-end à souffrir. Abandonné sous la pluie battante, le bassin fracturé, sans eau ni nourriture. Il devait être abattu de toute façon, paraît-il. One Voice s’est portée partie civile.

Si le refuge SPA de Vannes n’avait pas partagé un mur avec l’abattoir incriminé, la mort de Jo — One Voice a tenu à lui donner un nom — serait sans doute passée inaperçue. Pourtant, grâce à la vigilance de l’une de ses bénévoles, nul ne pourra ignorer le mépris scandaleux dont ce veau a été l’objet. Mais combien d’autres à travers la France subissent un sort équivalent, voire pire, faute de témoin ?

Jo est tombé. Il s’est fracturé le bassin en descendant du camion qui l’amenait à l’abattoir. Il ne venait pas de bien loin : filière courte, bio, vente en caissettes aux particuliers, loin des grands réseaux de distribution. L’illusion d’une vie parfaite… Mais personne n’a réussi à le relever. On pourrait croire, alors, que ses souffrances ont été abrégées. Mais non. Le week-end, on n’abrège pas les souffrances. Parce que Jo est tombé un samedi soir, il devra attendre près de deux jours. Deux jours ! Sous la pluie d’octobre, dans le froid, incapable de bouger sur un sol rugueux, sans litière, sans eau, sans nourriture, sans même une bâche pour le protéger un peu…

Jo a souffert malgré les sollicitations adressées à la gérante de l’abattoir par le personnel de la SPA et son vétérinaire qui était prêt à intervenir si on l’y autorisait. Elle leur aurait finalement demandé de s’occuper plutôt de leurs affaires. Pourquoi ? Pour économiser des frais vétérinaires ? Pour laisser un animal ainsi, il faut avoir une bonne raison, non?

Jo ne souffre plus. Il a été anesthésié le lundi matin avant d’être abattu. Sa chair ne sera pas vendue. La gérante de l’abattoir est accusée de mauvais traitements. One Voice s’est portée civile, elle espère que le calvaire de Jo sera reconnu et sévèrement puni…

À la suite des récents scandales concernant les abattoirs, le ministre de l’Agriculture a annoncé que les maltraitances ne seraient bientôt plus considérées comme de simples infractions (que l’on punit d’une amende), mais comme des délits pénaux (qui sont jugés devant un tribunal). Pour One Voice, cette mesure est totalement inadaptée. Son objectif est clairement de rassurer les consommateurs pour qu’ils continuent à manger de la viande en toute tranquillité. Pendant ce temps, les abattoirs resteront ce qu’ils sont intrinsèquement : des lieux d’une insondable cruauté.

L’enquête de One Voice, réalisée dans vingt-cinq abattoirs, choisis au hasard, a révélé partout la même barbarie. Mais peut-on vraiment attendre humanité, éthique et compassion dans un lieu de mort ? La société occidentale n’assume pas son rôle de tueur, elle le dissimule, l’industrialise. Or finalement, de quoi dépend l’abattage ? De la consommation…

24 juin 2016 : à la demande de notre avocate le ministère public a requalifié l’infraction en contravention de mauvais traitements. L’abattoir de Vannes a ainsi été condamné à 800€ d’amende pour mauvais traitements et 600€ d’amende pour défaut de soins. Il a fait appel de cette décision.

15 mai 2017 : la cour d’appel de Rennes a confirmé la culpabilité de l’abattoir pour mauvais traitements et durcit les sanctions. Le montant des amendes a été porté à 2000€ par infraction et à 1000€ de dommages et intérêts pour les associations.

23 octobre 2017 : suite à l’exécution de la peine, One Voice a décidé de reverser l’intégralité des sommes perçues aux titre de dommages et intérêts à la SPA de Vannes et de prendre à sa charge l’intégralité des frais de procédure.

Derrière les portes des abattoirs de France

Rapport sur les coulisses des abattoirs de France

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Semaine mondiale pour les animaux victimes de l’expérimentation animale

Semaine mondiale pour les animaux victimes de l’expérimentation animale

Semaine mondiale pour les animaux victimes de l’expérimentation animale
17.04.2016
France
Semaine mondiale pour les animaux victimes de l’expérimentation animale
Expérimentation animale

À l’occasion de la semaine mondiale dédiée aux animaux exploités dans les laboratoires, Aroma-Zone s’associe à One Voice pour vous proposer une recette inédite.

Être en bonne santé, prendre soin de soi, sentir bon, entretenir sa maison, etc. Les actes du quotidien ne nécessitent aucun sacrifice animal. Mieux : vos choix de consommateurs sont pris en compte par les industriels qui veulent répondre à vos besoins et désirs. Vivre éthiquement, c’est donc contribuer à l’effet boule de neige qui peut bouleverser la société… Muriel Arnal, présidente de One Voice, était à Berlin la semaine dernière dans le cadre de la révision de la directive sur l’expérimentation animale. Le futur est en train de s’éclaircir pour les animaux de laboratoire… C’est le moment d’agir!

Aroma-Zone est un partenaire de longue date de One Voice, qui certifie leurs produits depuis dix ans. Aujourd’hui, il nous offre une recette exclusivement formulée pour l’occasion: le sérum huileux, bonne mine pour le printemps! Retrouvez-la en bas de page.

En choisissant les produits labellisés par One Voice, vous vous assurez d’une certification indépendante, exigeante et dénuée d’intérêt financier : ce sont vos dons seuls qui nous permettent de développer le label… qui est actuellement d’autant plus important que les firmes françaises ne sont toujours pas aux normes à propos des cosmétiques, et qu’il est question d’initier à nouveau les enfants dès le lycée à la dissection !

Tout au long de cette semaine spéciale, One Voice vous proposera des actions sur les réseaux. Suivez-nous sur Facebook et Twitter ! Mettons un terme à la souffrance animale dans les laboratoires.

Pour agir aussi, nous vous proposons d’écrire aux marques que vous souhaiteriez voir labelliser leurs produits.

Ensemble, nous avons le pouvoir de changer les choses!

 

Dernière minute. Le Conseil D’État vient de permettre à nouveau les dissections dans les collèges et lycées mais le ministère de l’Éducation nationale a la possibilité de les interdire.
Écrivez à la ministre de l’Éducation Nationale pour qu’il prenne un arrêté en vue d’interdire la dissection et plus généralement l’utilisation des organes et/ou des tissus d’animaux vertébrés et de céphalopodes dans tout l’enseignement secondaire.

Quand les visons mangent les baleines…

Quand les visons mangent les baleines…

Quand les visons mangent les baleines…
12.04.2016
Norvège
Quand les visons mangent les baleines…
Autre campagne de l’association (ou multiples)

Tandis que le Japon lance sa flotte à la chasse aux baleines de Minke pour alimenter ses épiceries fines, la Norvège revend leur chair martyrisée aux fermes à fourrure. One Voice appelle la France à condamner fermement ces actes barbares.

Ce week-end, la flotte baleinière japonaise a commencé à se diriger vers le Pacifique Nord pour sa chasse annuelle menée au nom de la « science ». Elle ciblera un quota de 51 petits rorquals, ou baleines de Minke. La tuerie reprend quelques semaines à peine après que d’autres navires japonais sont revenus de l’Antarctique avec 333 baleines de Minke, dont de nombreuses femelles enceintes. Pour la science, donc, sauf qu’aucune science sérieuse ne se construit plus sur les cadavres de baleines, et que l’agence qui fixe les quotas propose aussi sur son site web des recettes pour cuisiner la chair de cétacé.

On apprend dans le même temps que les Norvégiens mangent si peu de cette viande qu’elle sert désormais à nourrir renards et visons des fermes à fourrure. Plus de 113 tonnes de chair de baleines de Minke, l’équivalent de 75 individus, ont été utilisés par Rogaland Pelsdyrfôrlaget, le plus grand fabricant d’aliments pour l’industrie de la fourrure en Norvège. Peu importe qu’elle soit si toxique que le Japon a dû cesser d’en importer : les visons seront écorchés bien avant qu’ils n’aient le temps d’en mourir.

Mais ces tueurs savent-ils QUI ils tuent ? Savent-ils qu’ils assassinent des consciences merveilleuses ? Le petit rorqual est, comme son nom l’indique, une minuscule baleine à fanons, à peine trois fois plus grande que nous. Un poids plume dans sa catégorie ! Ces créatures adorables se déplacent seules ou par petits groupes, s’assemblant parfois en communautés plus vastes, lorsque le krill est abondant. Ce sont des nageuses très rapides. Elles s’approchent des navires ou des ports, et se lancent volontiers dans des sauts acrobatiques à l’instar des dauphins. Nous en savons fort peu sur elles, car aucun scientifique ne s’est encore penché sur leurs dialectes ou leurs mœurs sociales, qui semblent très curieuses. Leur chant, par exemple, est des plus remarquables. C’est un langage de « Boïnxx », comme le son du sabre laser de Star Wars. Les baleines de Minke aiment jouer avec les humains. Leur curiosité est insatiable : notre attirail de plongeurs les amuse tout particulièrement !

Et ce sont ces personnes-là que l’on assassine pour alimenter les épiceries en mets réputés fins et les visons en viande toxique ? Ces mêmes visons qui vivent l’enfer dans des cages minuscules, avant d’être écorchés pour le plaisir de riches ignares ! Eux aussi sont des
êtres pensants et sensibles, qui n’aiment rien tant que de vivre libres auprès de leur ruisseau !

Face à de tels scandales, la France doit se montrer plus ferme à l’égard des pays baleiniers. Il faut que notre gouvernement porte plainte contre le Japon, comme l’Australie l’a fait, mais aussi contre l’Islande et la Norvège. Il faut qu’il réclame haut et fort des sanctions de la part de l’Europe, car ces deux pays foulent aux pieds les accords de la Commission Baleinière Internationale.

Mais comment la France pourrait-elle s’indigner, direz-vous, elle qui réduit sans état d’âme la chair de ses propres orques captives en fertilisant pour le sol ?…

La marche de Raspoutine, l’ours polaire

La marche de Raspoutine, l’ours polaire

La marche de Raspoutine, l’ours polaire
05.04.2016
La marche de Raspoutine, l’ours polaire
Animaux sauvages

Raspoutine marche le long de la clôture. Au départ, toujours de la même manière, il bascule la tête dans un mouvement tournant, puis poursuit son chemin jusqu’au mur de l’enclos. Il répète le même geste et repart dans l’autre sens, et encore, et encore, jusqu’à ce qu’il s’épuise.

Raspoutine souffre de stéréotypie. Ce rituel compulsif, très fréquent dans les zoos, se manifeste chez un animal lorsque celui-ci ne parvient pas à satisfaire ses besoins comportementaux
normaux au sein d’un environnement anormal. Avec ses températures estivales frisant les 40°C, la ville d’Antibes, sur la Côte d’Azur, n’est pas vraiment l’endroit idéal pour accueillir des ours polaires.

Bien sûr, le Marineland a dépensé 3,5 millions d’euros dans l’aménagement de leur enclos : bassins d’eau de mer et d’eau douce, plantes de prairie simulant la toundra, cascades, rocailles, abris ombragés et pour couronner le tout, deux grottes réfrigérées avec lit de glace. La classe !

Sauf que, malheureusement, Raspoutine ne la voit même pas, sa toundra méditerranéenne. Il n’a aucune envie de rester couché toute la journée dans un frigidaire ni de se trémousser dans une piscine exiguë, où les humains collent leurs faces aux vitres. Ce que ses gènes d’ours polaire veulent, ce que son corps de colosse exige, ce que ses griffes, ses crocs, ses pattes énormes faites pour fouler la neige et nager sous la glace désirent plus que tout au monde, c’est la banquise, l’océan, les phoques, d’immenses étendues blanches où marcher jusqu’à l’épuisement, loin de cette odeur de kermesse et de ce bruit incessant, loin de cette clôture métallique, de cet enclos étouffant.

Raspoutine est né au zoo de Moscou. Il a rejoint la petite Flocke à Nuremberg en 2008, puis le couple a été expédié au Marineland d’Antibes en avril 2010.

Pourquoi les avoir fait venir ? Pourquoi investir tant d’argent dans cette nouvelle attraction ?

À cause de Knut, sans doute, et de la « Knutmania ». Lorsqu’en 2007 l’ourson mignon naquit au zoo de Berlin, il s’attira un incroyable succès populaire. Knut était partout : à la télévision, dans les livres, les blogs, les chansons. On en fit même des jouets, des sonneries de téléphone et des bonbons ! Le zoo se réjouissait fort de cette folie médiatique : ses actions à la Bourse de Berlin doublèrent en une semaine.

La même année, Flocon-Flocke voyait le jour au zoo de Nuremberg. Rapidement enlevée à Véra, sa mère, qui la jetait contre les rochers, on tenta aussitôt d’en faire une « Mme Knut ». Son nom devint une marque déposée. Son image fut déclinée sur tous les supports, mais le succès ne fut pas au rendez-vous. Et une association écologique traîna le zoo en justice, au motif que la surexploitation de Flocke nuisait à son bien-être. De toute façon, quand les oursons grandissent, le public ne s’intéresse plus à eux. On expédia donc Flocke et Raspoutine à Antibes. La petite Hope naquit en 2011, mais il n’y eut pas vraiment de « Hopemania » en France.

Le Marineland affirme aujourd’hui que « la reproduction et la préservation des ours polaires est un enjeu essentiel pour le Parc. Ils sont les ambassadeurs d’une espèce très menacée par le réchauffement climatique mondial qui impacte leur écosystème ». En fait, quelque 330 ours polaires survivent dans 120 zoos dans le monde. Aucun d’eux ne sera jamais relâché, ni aucun de leurs petits. Ceux-ci n’aideront donc pas à la préservation de l’espèce. La seule solution pour sauver les ours blancs, c’est de limiter la chasse sportive et de protéger leurs territoires, plutôt que d’y chercher du pétrole. C’est de renoncer aux énergies fossiles, plutôt que de construire des grottes réfrigérées génératrices de gaz à effet de serre. Car de toute façon, quoi qu’on fasse, jamais les ours polaires ne seront heureux au zoo. Leur vie y est à l’image de la marche de Raspoutine : totalement privée de sens et désespérée.

One Voice prépare actuellement un dépôt de plainte. Le préfet va être sollicité pour une saisie conservatoire de Raspoutine en urgence.

Un grand jour pour les animaux,une pression de plus pour les cirques!

Un grand jour pour les animaux,une pression de plus pour les cirques!

Un grand jour pour les animaux,une pression de plus pour les cirques!
05.04.2016
Un grand jour pour les animaux,une pression de plus pour les cirques!
Exploitation pour le spectacle

Un grand jour pour les animaux: nous y sommes. Plus de délai, plus de recul possible. L’arrêté du 18 mars 2011 va enfin devoir être intégralement appliqué. Dès aujourd’hui, les cirques ont des normes à respecter qui pourraient bien nous aider à en libérer les animaux!

One Voice l’attendait avec impatience. La date butoir pour la mise en conformité des cirques aux normes fixées par l’arrêté du 18 mars 2011 est arrivée. Pour eux, désormais évincés d’un nombre croissant de villes, il va devenir de plus en difficile de poursuivre l’exploitation des animaux. One Voice, comme elle le fait depuis quinze ans, propose de les aider dans cette reconversion. Dans cette attente, ses enquêteurs vont redoubler de vigilance et obtenir les éléments nécessaires aux actions juridiques qui s’annoncent nombreuses!

Voici quelques-uns des points importants mis en place par l’arrêté:

Une liste d’espèces autorisées y figure (voir l’encadré en bas de l’article). Les cirques pourront en présenter d’autres à condition d’obtenir une dérogation. Mais le point le plus important est qu’il est clairement précisé que seuls les animaux participant au spectacle (dont ceux en cours de dressage) peuvent être détenus. Or, les enquêtes de One Voice ont régulièrement dévoilé l’existence d’animaux qui ne sortaient jamais de leur cage, du fait en particulier de leur âge… La loi oblige désormais clairement les cirques à leur offrir un hébergement fixe pour leur retraite…

Par ailleurs, l’arrêté interdit que participent aux spectacles les animaux:

  • dont l’état de santé ne le permet pas;
  • si le type de participation est susceptible de nuire à leur état de santé (on pense alors aux éléphants ainsi qu’à tous ceux à qui l’on fait adopter une position contre nature);
  • si la sécurité du public et du personnel ne peut être assurée, en raison notamment de leur comportement ou de l’insuffisance de leur maîtrise (or, nos rapports d’experts indiquent clairement que la sécurité du public ne peut être respectée…).

En outre, les animaux malades doivent être soustraits à toute présentation au public, même en dehors des spectacles. En d’autres termes, ils ne doivent pas se trouver dans la ménagerie si celle-ci peut être visitée…

Un paragraphe en particulier est important. Il stipule que les « animaux doivent être entretenus et entraînés dans des conditions qui visent à satisfaire leurs besoins biologiques et comportementaux, à garantir leur sécurité, leur bien-être et leur santé. […] Les conditions d’hébergement des animaux doivent être conformes aux exigences minimales fixées, en fonction des espèces, en annexes I et III du présent arrêté. » Par ailleurs, des obligations de sortie sont instaurées, sauf conditions météorologiques contraires…

Sur tous ces points, les enquêteurs de One Voice vont multiplier les contrôles, et des recours en justice seront réalisés aussi souvent que nécessaire!

Engagez-vous à nos côtés: signalez-nous les cirques qui vous semblent enfreindre la réglementation. Faites circuler l’information!

Ensemble, nous allons mettre un terme à l’esclavage des animaux dans les cirques!

Les espèces suivantes bénéficient d’autorisations préfectorales:

– mammifères: Macaca spp. (macaque), Papio spp. (babouin), Puma concolor (puma), Panthera leo (lion), Panthera pardus (panthère, léopard), Panthera tigris (tigre), Otaria byronia (otarie à crinière), Zalophus californianus (lion de mer de Californie), Arctocephalus pusillus (otarie à fourrure d’Afrique du Sud), spécimens femelles de l’espèce Elephas maximus (éléphant d’Asie), spécimens femelles de l’espèce Loxodonta africana (éléphant d’Afrique), Equus burchellii (zèbre de Chapmann, zèbre de Grant);

– oiseaux: Psittaciformes (perroquets, perruches), Accipiter spp (autours, éperviers), Buteogallus (buses), Parabuteo spp. (buses), Buteo supp. (buses), Aquila spp. (aigles), Hieraaetus spp. (aigles), Spizaetus spp. (spizaètes), Falco spp. (faucons), Bubo bubo (grand duc), Struthio camelus (autruche);

– reptiles: Python regius (python royal), Python molurus bivittatus (python molure), Python reticulatus (python réticulé), Boa constrictor (boa constricteur), Crocodilus niloticus (crocodile du Nil), Alligator mississippiensis (alligator du Mississipi);

Les autres espèces peuvent faire l’objet d’une dérogation.

Un monde sans lions?

Un monde sans lions?

Un monde sans lions?
02.04.2016
Un monde sans lions?
Animaux sauvages

Il y a 50 ans, 450000 lions vivaient encore à travers le monde. En 2015, il ne reste que quelque 20000 lions en Afrique et 500 en Inde, regroupés dans le Gujarat. Les 5 derniers lions d’Iran –une femelle et ses petits- ont été abattus en 1963 et leur massacre célébré par la presse nationale. A ce rythme et si rien n’est fait, nos enfants grandiront dans un monde sans lions, hormis quelques spécimens consanguins et psychotiques exhibés dans les zoos.

Ces grands félins sont menacés de toutes parts: la chasse aux trophées, la chasse en boîte, le braconnage, les empoisonnements, la perte d’habitat, les captures pour les zoos et la demande en os de lion par la médecine chinoise traditionnelle les poussent désormais au bord extrême de l’extinction.

Plusieurs pays d’Afrique autorisent la chasse au trophée, dont le lion Cecil fut l’une des plus récentes victimes. L’argent des permis permettrait de financer des programmes de conservation, mais ces pays sont précisément ceux où la population de lions connaît le plus fort déclin. Ce loisir barbare réservé aux riches tue en outre bien plus que le seul félin dont on scie la tête pour décorer le salon. Lorsqu’un grand mâle est tué, c’est toute sa horde qui se retrouve déstabilisée et sans protection.

Mais la chasse aux lions sauvages est coûteuse et l’on risque d’en revenir bredouille. C’est pourquoi certains choisissent une solution plus facile: la chasse en boîte. En Afrique du Sud, des lions captifs sont élevés à la main dans des espaces clôturés. Apprivoisés, ils sont abattus sans effort par des chasseurs de trophées trop paresseux ou trop pressés. Les ossements prélevés sur la carcasse de ces lions sont vendus en Asie pour la médecine traditionnelle chinoise. Ils peuvent être exportés légalement, car les lions ne sont pas inscrits à l’Annexe 1 de la CITES. Entre 2003 et 2012, quelque 6782 trophées ont été ainsi exportés depuis l’Afrique du Sud, ainsi que des tonnes d’os et des peaux. On peut craindre que ce commerce légal ne fournisse également une couverture pour le trafic des os de lions sauvages.

La progression de l’agriculture en Afrique entraîne pour les fauves perte de territoires et raréfaction des proies. Ceux-ci attaquent alors les animaux d’élevage, créant un cercle vicieux où les agriculteurs protègent les bêtes qu’ils exploitent en abattant les lions au fusil ou en les empoisonnant.

Enfin, les zoos et les cirques se procurent régulièrement des lions sauvages et les soumettent à une vie d’ennui et de confinement pour distraire le public. Le nombre exact de grands félins captifs en Europe n’est pas connu, faute d’un suivi sérieux de ces populations. Rien qu’aux Etats-Unis, on estime ce chiffre à près de 10000 tigres, panthères, pumas et lions détenus.

Un roi devenu marchandise

Un roi devenu marchandise

Un roi devenu marchandise
01.04.2016
Un roi devenu marchandise
Animaux sauvages

Piégé, tué, empoisonné, enfermé, contaminé, dépossédé du territoire sur lequel il pouvait survivre, traité comme de la marchandise, dompté et humilié: une mobilisation urgente de notre part est nécessaire pour sauver celui qui était autrefois reconnu comme le roi des animaux!

Piégé, tué, empoisonné, enfermé, contaminé, dépossédé du territoire sur lequel il pouvait survivre, traité comme de la marchandise, dompté et humilié: une mobilisation urgente de notre part est nécessaire pour sauver celui qui était autrefois reconnu comme le roi des animaux!

Tout au long de l’histoire humaine, les lions ont frappé notre imagination. En France, il y a 35000 ans, des artistes ont peint des lions des cavernes sur les parois de la Grotte Chauvet, dans des poses qui dénotent une observation très fine du comportement animal. Ces représentations décrivent même des comportements observés chez les lions d’Afrique d’aujourd’hui (1). Depuis ce temps, le lion est devenu le symbole de la noblesse, de la bravoure, du pouvoir et de la force, et plus récemment, le symbole de la maison des Lannister, avec sa devise “Hear Me Roar” (Entendez-moi rugir) dans ce phénomène mondial qu’est Trône de fer (Game of Thrones), de HBO. Dans toute l’Histoire et dans le monde entier, on retrouve un peu partout des statues, des images et des histoires de lions ; mais pour ces animaux, le coût de cette attention que les hommes leur accordent est très élevé.

Menacé d’extinction

Une cartographie comparative des populations humaine et léonine sur les cinquante dernières années montre que le nombre de lions sauvages en Afrique a diminué de moitié pour chaque milliard supplémentaire d’êtres humains dans le monde (2). Dans les années quarante, on dénombrait quelque 450 000 lions en Afrique. Dans les années quatre-vingt, il en restait moins de 100 000. Aujourd’hui, on estime qu’il subsiste entre 23 000 et 39 000 lions, confinés dans seulement 20 % de leur aire de distribution initiale, et seuls sept pays d’Afrique abriteraient encore des populations de plus de 1000 lions sauvages: l’Afrique du Sud, le Botswana, l’Éthiopie, le Kenya, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe. Sur la Liste rouge des espèces menacées dressée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le lion est actuellement classé comme espèce “vulnérable”, seules les populations de lions d’Afrique de l’Ouest et Centrale étant classées comme “en danger”. En Afrique de l’Ouest, il ne reste plus que 400 à 500 spécimens (3).

Dépossédé de son territoire, abattu et empoisonné

Le développement de l’agriculture et de l’élevage en Afrique a pour conséquence que les lions se retrouvent confinés sur des territoires toujours plus réduits, sur lesquels les proies peuvent ne plus être assez abondantes pour assurer leur subsistance, si bien qu’ils s’attaquent parfois au bétail pour survivre. Il s’ensuit un cercle vicieux car les éleveurs et les agriculteurs, afin de protéger leur gagne-pain, se mettent à tuer les lions qu’ils considèrent comme des «nuisibles», en les abattant au fusil ou en les empoisonnant. Le carbofuran, un pesticide utilisé dans l’agriculture, tellement toxique qu’il est interdit aux États-Unis et dans l’Union européenne, est utilisé pour tuer les lions, notamment en Afrique de l’Est. Il suffit d’un quart de cuillerée à café de ce produit pour tuer un lion en quelques minutes. Les agriculteurs enduisent une carcasse d’animal de carbofuran, ce qui peut suffire à éliminer toute une tribu de lions s’ils viennent la dévorer. Les animaux qui viennent ensuite finir la carcasse, par exemple les hyènes, les vautours, les chacals et divers insectes, en meurent également.

Exposé à la maladie

Le contact avec les humains et le bétail expose les lions à des maladies contre lesquelles ils ne sont pas immunisés et qui constituent une menace à leur survie (4). Il s’agit surtout du virus de la maladie de Carré (CDV), du virus de l’immunodéficience féline et de la tuberculose bovine. La tuberculose bovine a été introduite, par exemple, chez les buffles du parc Kruger par le biais du bétail domestique, et les buffles l’ont transmise aux lions. Quant à la maladie de Carré, elle menace aujourd’hui les lions de la région du Serengeti, en Tanzanie. Le parc Kruger et le parc Serengeti abritent certaines des plus importantes populations de lions qui subsistent, et la menace que ces maladies représentent est considérable (5).

Chassé pour le plaisir

La chasse au trophée est autorisée dans plusieurs pays d’Afrique qui considèrent qu’elle rapporte des fonds pour la conservation du patrimoine naturel. Pourtant ces pays sont précisément ceux dans lesquels les populations de lions diminuent le plus vite, et une étude montre que la chasse au trophée n’apporte pas grand chose aux économies locales (6). Le lion fait partie des 5 grands animaux qui sont prisés des chasseurs.

La chasse au lion sauvage peut coûter très cher et être infructueuse. C’est pourquoi de nombreux chasseurs de trophées sont attirés par l’Afrique du Sud où on leur garantit la possibilité de tuer un animal. Entre 2003 et 2012, les exportations sud-africaines d’articles provenant de lions maintenus en captivité comprenaient 6782 trophées, plus 734 peaux et des tonnes d’os de lions. En Afrique du Sud, selon les sources (7), il y aurait jusqu’à 8000 lions en captivité contre 2700 individus sauvages. Les fermes à lions ont été l’objet d’uneenquête de One Voice. Les lionceaux rapportent, car les gens paient pour les voir et pour les caresser. Les lions adolescents rapportent, car les gens paient pour les promener. Les lions plus âgés rapportent car les gens paient pour les abattre et emporter leur tête empaillée en guise de trophée, ou leur peau tannée en guise de tapis. La viande de lion rapporte, et même les os rapportent. Ces derniers sont très demandés en Asie pour la fabrication des médicaments traditionnels chinois.

La souffrance dans les cirques

Il y a seulement quelques années, One Voice a organisé le sauvetage de 3 lions, Shada, Djunka et Nalla, qui avaient toujours vécu dans un cirque en Dordogne. Ils étaient maintenus en isolement dans des cages mesurant seulement 1.83mx1.83m et servaient à la reproduction. Chaque fois que Nalla et Shada mettaient bas, leurs lionceaux leur étaient retirés pour être vendus. Grâce à One Voice et à la Born Free Foundation en France et au Royaume-Uni, ces trois lions ont été accueillis par un sanctuaire de confiance en Afrique du Sud. Dans les cirques, les animaux sauvages sont privés de tout ce qui rend la vie digne d’être vécue.

La souffrance dans les zoos

Les lions sont prisés des collectionneurs d’animaux depuis le Moyen-âge et même depuis un temps plus reculé dans certaines régions du monde. Il existerait aujourd’hui dans le monde entre 7000 et 10 000 collections d’animaux en captivité, que l’on appelle des zoos ou des sanctuaires et qui sont ouverts au public (8), sans compter un nombre inconnu de collections privées. Il serait difficile de déterminer combien de lions y croupissent et il serait encore plus difficile de dire combien d’entre eux ont une existence digne d’être vécue. D’après une enquête réalisée auprès des zoos en France en 2011, sur 726 enclos sélectionnés de façon aléatoire dans 25 zoos, 1 sur 4 ne présentait pas une complexité environnementale adaptée. L’enquête (9) concluait à “l’absence apparente de prise en compte des besoins spécifiques à chaque espèce animale sauvage concernée et des soins nécessaires en captivité”. Ainsi, par exemple, “certaines espèces étaient enfermées dans des petits enclos absolument incompatibles avec leurs besoins en termes d’espace”.

Il est temps d’agir

En raison des activités humaines, le roi des animaux se trouve au bord de l’extinction. Depuis la nuit des temps, on capture et on emprisonne des lions pour distraire et amuser le public. En guise de première étape pour rétablir l’équilibre, One Voice demande le classement du lion en Annexe I de la CITES, afin de faire cesser tout commerce de lions ou de parties de lions. One Voice demande aussi à la communauté internationale de soutenir des programmes pour protéger les lions sauvages qui existent encore dans le monde et pour mettre fin aux privations dont souffrent les lions en captivité dans le monde entier.

Découvrez notre campagne pour rétablir la souveraineté des lions!

Notes:

  1. Craig Packer et Jean Clottes, « When Lions Ruled France », Natural History, 11/00 pp. 52-57.
  2. Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique (2010) ) Global Biodiversity Outlook 3. Montréal, 94 pages, http://www.cbd.int/doc/publications/gbo/gbo3-final…
  3. Henschel et al, « The Lion in West Africa Is Critically Endangered », PLOS ONE, 11 janvier 2014, volume 9, 1reéd. http://www.panthera.org/sites/default/files/The%20…
  4. Roelke et al., Pathological manifestations of feline immunodeficiency virus (FIV) infection in wild African lions. Virology, 390(1), 2009; Cleaveland et al., The conservation relevance of epidemiological research into carnivore viral diseases in the Serengeti. Conservation Biology, 21(3), 612-622
  5. http://www.lionaid.org/news/2015/02/lion-stronghol…
  6. http://www.ecolarge.com/work/the-200-million-quest…
  7. http://www.lionaid.org/news/2014/08/south-africa-d…
  8. Walker S. et al (2004): “The ‘other’ zoo world. Unaffiliated zoos and their impact on global zoo image and on conservation. What is to be done?” In WAZA conferences: proceedings of the 58th annual meeting, hosted by AMACZOOA, San José, Costa Rica, 16–20 November 2003. Cooperation between zoos in in situ and ex situ conservation programmes: 178–181. Dollinger, P. (Ed.). Bern: World Association of Zoos and Aquariums.
  9. http://www.bornfree.org.uk/zooreports/Francefr