Les orangs-outans

Les orangs-outans

Les orangs-outans
02.07.2017
Les orangs-outans
Animaux sauvages

Les orangs-outans (Pongo sp.) ont des capacités intellectuelles impressionnantes. Leurs relations sociales sont intenses et riches en émotions.

Deux sous espèces d’orang-outan occupent encore une partie des îles indonésiennes de Sumatra (Pongo abelii) et de Bornéo (Pongo pygmaeus). L’orang-outan, littéralement « homme de la forêt » en malais, possède un patrimoine génétique à 97% identique à celui de l’homme. A l’instar des gorilles, des chimpanzés et des bonobos, les orangs outans font partie des grands-singes. Ces primates, aux capacités intellectuelles impressionnantes, évoluent dans un environnement complexe. Leurs relations sociales sont intenses et riches en émotions qu’ils expriment avec une humanité souvent déconcertante aux yeux des humains.

 

Les Orangs-outans

Fiche sentience sur les outangs-outans / l’Ourang-outan

Les orangs-outans possèdent des cultures

En 2003, un groupe de chercheurs, dont le Dr Carel van Schaik et la Dre Biruté Mary Galdikas, ont décrit vingt-quatre comportements présents dans certaines populations d’orangs-outans mais absents chez d’autres.

Ces « coutumes » sont apprises auprès des autres individus locaux et transmises au fil des générations. Ainsi, dans certaines parties de Bornéo, les orangs-outans utilisent des poignées de feuilles comme serviettes pour essuyer leur menton, tandis que d’autres orangs-outans, dans certaines régions de Sumatra, se servent des mêmes feuilles en guise de gants pour enlever les fruits des branches épineuses, ou comme coussin dans les arbres inconfortables.

À Bornéo, comme à Sumatra, les orangs-outans envoient un baiser sifflant, en aspirant l’air avec leurs lèvres resserrées. Mais seuls les primates qui vivent à Bornéo ont découvert qu’ils pouvaient amplifier le son obtenu en plaçant leurs mains autour de leur bouche. Avant d’aller se coucher, certains émettent un sifflement en soufflant de l’air entre leurs lèvres pressées, comme pour se dire bonsoir. D’autres utilisent des brindilles pour attraper des insectes dans les troncs d’arbres ou pour ôter les graines des fruits.

Ces habitudes, qui ne se retrouvent qu’au sein de certaines populations, ne dépendent pas uniquement de l’environnement des animaux, et les similitudes sont plus importantes entre les populations proches les unes des autres. Elles constituent la preuve d’une transmission sociale des comportements, déjà mise en évidence chez les chimpanzés.

Les observations ont également montré des indices de l’utilisation de symboles, et une étude plus approfondie pourrait en révéler des preuves plus claires.

Van Schaik estime que l’instabilité politique et la destruction de l’habitat des orangs-outans pourraient empêcher de telles études :
« Certaines personnes nous ont demandé : « N’avez-vous pas appris assez en étudiant ces animaux pendant trente ans ? » Or il est évident, d’après ces constatations, que nous n’avons pas assez appris. Certaines des régions où ces études ont été menées sont déjà détruites par l’exploitation forestière illégale. Et même si, d’une certaine manière, nous pouvions restaurer la forêt et les animaux, c’est comme avec les cultures humaines, une fois qu’une culture est partie, elle est partie. »

Schaik, C.P. (2003).
Orangutan Cultures and the Evolution of Material Culture. Science, 299(5603), 102-105. DOI: 10.1126/science.1078004

Les orangs-outans se servent d’outils

Les orangs-outans font usage d’outils en plusieurs circonstances et selon leurs coutumes locales :

  • en utilisant des feuilles en guise de gants ou de serviettes de protection ;
  • en utilisant des bâtons pour fouiller dans les trous des arbres et en extraire les insectes. Ou encore, en les utilisant pour extraire les graines des fruits et gratter les piquants ;
  • en utilisant des branches feuillues pour chasser les insectes ou recueillir de l’eau ;
  • en pratiquant le hic-riding, une sorte de sport dans lequel les animaux chevauchent des arbres morts qui s’effondrent et saisissent les lianes juste avant qu’ils ne s’écrasent au sol ;
  • en utilisant leurs mains ou une sorte de cornet de feuilles pour amplifier les sons qu’ils émettent ;
  • en construisant des toits pour protéger leur nid quand le soleil est trop fort et, en cas de pluie, en bâtissant deux nids l’un au-dessus de l’autre, celui du dessous servant de chambre à coucher ;
  • en utilisant de longues tiges de bois pour sonder le fond des rivières et juger si elles peuvent être traversées.

Au contact des humains, dans les refuges par exemple, ou en zoo, les orangs-outans développent spontanément des capacités d’imitation proprement prodigieuses : naviguer sur un canot, scier du bois, allumer du feu, faire la lessive, pêcher au harpon, etc., sans aucun dressage.

Schaik, C.P., Fox, E.A., Sitompul, A.F. (1996).
Manufacture and use of tools in wild Sumatran orangutans. Naturwissenschaften, 83(4), 186-188. DOI: 10.1007/BF01143062

En 2007, des chercheurs allemands de l’institut Max Planck ont réussi à prouver que les orangs-outans pouvaient résoudre des problèmes en élaborant une stratégie complexe. Face à un tube étroit contenant une cacahuète inaccessible, il faudra en moyenne 9 minutes aux 5 singes testés pour récupérer la friandise. La solution était d’aller aspirer de l’eau de leur abreuvoir et de la recracher dans le tube pour faire remonter l’arachide.

https://gaiasphere.fr/201508311060-intelligence-des-orangs-outans-la-preuve-par-l-eau/

Les orangs-outans sont des artistes

Certaines compétences culturelles en matière de tissage des fibres semblent s’être perpétuées au sein d’une population d’orangs-outans de la Ménagerie du Jardin des Plantes :  « Watana est une mathématicienne préconceptuelle, spécialisée dans la géométrie spatiale des nœuds et des anneaux. Elle est née en 1995 à Anvers, a séjourné à Stuttgart et habite aujourd’hui Paris, du côté du Jardin des Plantes. Très exactement à la Ménagerie. Il faut la voir utiliser rouleaux de papier, cartons, morceaux de bois, tissus, ficelles, cordes, lacets… Elle noue et renoue, fait des boucles, les repasse les unes autour des autres, fabrique des colliers à deux rangées, attache des fils de couleur à des supports fixes et avec eux trace des formes d’un point à l’autre de l’espace. Après, elle défait tout. C’est un singe de l’espèce des orangs-outans. »

Wattana vit désormais dans un zoo allemand, où plus aucun fil de couleur ne lui est fourni.

http://next.liberation.fr/livres/2012/05/23/l-avis-des-betes_820872

https://www.youtube.com/watch?v=RLkYNiEizcQ

Les orangs-outans communiquent entre eux

Une étude a confirmé que les orangs-outans sauvages (et en captivité) se servent de la pantomime pour se faire comprendre. Ils créent ainsi une série de gestes complexes qui peuvent exprimer des contenus structurés. Certains gestes servent à entamer des interactions, à demander ou à partager des objets, à s’adresser à quelqu’un, à lui demander d’arrêter l’action en cours ou de revenir en arrière. L’articulation des mouvements est rapide. Lorsque le message n’est que partiellement compris, ils répètent leur charade gestuelle et la répètent encore en l’accentuant, comme s’ils parlaient plus fort.

Enfin, lorsque le message n’est pas du tout passé, les orangs outans utilisent une nouvelle gestuelle, complètement différente ; tout comme s’ils repartaient sur de nouvelles bases pour faire passer l’information.

Ils peuvent aussi lancer des appels sonores puissants, qui traversent sur des kilomètres la forêt tropicale, ainsi que des sons plus calmes, tels que les baisers sifflés quand ils sont perturbés, et les « grumph » quand ils ont peur. Ils utilisent aussi des signes visuels, tels que le pointage du doigt, l’agitation de la main ou le fait de frapper sur des objets pour les désigner.

Orangutan Pantomime :

http://rsbl.royalsocietypublishing.org/content/early/2010/08/05/rsbl.2010.0564.full

Orangutans Modify Their Gestural Signaling According to Their Audience’s Comprehension

http://www.cell.com/current-biology/fulltext/S0960-9822(07)01640-5

Les orangs-outans rient !

Certaines des formes de communication chez les orangs-outans sont extrêmement semblables à celles des humains. Par exemple, ils peuvent rire exactement comme nous, humains. Cela peut se produire quand ils jouent et quand ils se chatouillent les uns les autres. Plus étonnant, certaines situations les font rire comme des enfants : quelqu’un qui bute et tombe par terre, par exemple, est pour eux le summum de l’humour. Ce sont des animaux très ludiques, et ce comportement est souvent observé entre une mère et sa progéniture.

http://www.orangutan-world.com/orangutan-communication/

Les orangs-outans communiquent avec l’humain

Gary L. Shapiro a été l’un des chercheurs d’avant-garde dans le domaine de l’apprentissage par les orangs-outans du langage des signes. Ses travaux de recherche ont commencé en 1973 au zoo de la ville de Fresno, où il a étudié pendant dix-huit mois les capacités symboliques d’un orang-outan nommé Aazk. Ce dernier s’est montré en mesure d’apprendre à organiser des symboles de façon significative sur une planche afin de construire des phrases (Thompson, 2010).

Quelques années plus tard, Shapiro a voyagé à Bornéo pour mener des études plus étendues sur la communication gestuelle des orangs-outans sauvages. L’un des étudiants les plus brillants de Shapiro était une orang-outan juvénile nommée Princesse. Celle-ci avait développé un attachement très fort pour Shapiro, qui remplissait pour elle un rôle parental. Shapiro lui-même tendait à considérer Princesse comme sa fille, car il l’éleva lui-même, en l’absence d’une mère orang-outan. Princesse vivait chez Shapiro dans un environnement domestique, où elle disposait d’une liberté considérable. Elle apprit une variété de l’AMESLAN et put acquérir trente-sept signes au cours des dix-neuf mois de formation, d’une manière comparable à celle de Washoe, le chimpanzé, et du gorille Koko.

Chantek (Miles, 1994 ; PBS, 2014) réside actuellement dans un habitat pour orangs-outans au zoo d’Atlanta. En 1978, ce jeune orphelin âgé de neuf mois a été élevé par l’anthropologue Lyn Miles à l’Université du Tennessee à Chatanooga. Elle lui enseigna le langage des signes comme à un enfant sourd, dans un environnement complètement humain. Au cours des huit années passées à l’université, Chantek a été en mesure de produire plus de cent cinquante signes et d’en reconnaître beaucoup plus. Il a également développé une compréhension importante de l’anglais parlé. Lorsqu’un mot lui manquait, il combinait des signes qu’il connaissait pour en créer de nouveaux. Ainsi, il nommait le ketchup du « dentifrice-tomate » et un cheeseburger « viande-pain-fromage ». Lorsqu’on lui demandait qui il était, il se décrivait lui-même comme une « personne orang-outan ». En revanche, lorsqu’on l’interroge sur ses codétenus du zoo d’Atlanta où il se trouve actuellement, il les décrit comme des « chiens oranges », auxquels il ne s’identifie pas.

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/ajp.1350030111/abstract

Les orangs-outans doivent tout à leur mère

Après ceux des humains, ce sont les enfants orangs-outans qui restent le plus longtemps en contact étroit avec leur mère. Ils sont complètement dépendants d’elle pendant les deux premières années de leur vie, tant pour la nourriture que pour les déplacements. On voit la mère nourrir son enfant au sein, abritée sous des branches feuillues pour se protéger de la pluie et du soleil, ou parfois même drapée de grandes feuilles comme un poncho.

Un enfant peut téter sa mère jusqu’à cinq ans, voire huit ans ! Ils commencent à s’éloigner de leur mère lorsqu’elle ne peut plus les porter. Mais les adolescents restent auprès d’elle jusqu’à dix ans, puis la quittent pour la compagnie d’autres jeunes immatures. Certains deviendront des patriarches au large disque facial et, pour les autres, des subadultes permanents jusqu’à ce qu’une place de chef se libère. Les femelles reviennent souvent visiter leur mère jusqu’à ce qu’elle ait seize ans voire plus.

Une association aussi étroite et prolongée entre une mère et sa progéniture est rare chez les mammifères. On pense que les orangs-outans ont une enfance très longue car ils doivent apprendre une quantité de choses pour survivre dans la canopée tropicale. En outre, les mères leur apprennent à se déplacer dans les arbres, à faire des nids, à sélectionner leur aliments et aussi à se protéger des prédateurs tels que les léopards et les pythons de Bornéo, ou les tigres à Sumatra.

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/ajp.20525/abstract

 

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Les hérissons

Les hérissons

Les hérissons
02.07.2017
Les hérissons
Animaux sauvages

Le hérisson (Erinaceus europaeus) n’est pas un intellectuel, mais c’est un animal paisible et très indépendant à l’ouïe fine et à l’odorat très développé.

Le hérisson (Erinaceus europaeus) n’est pas un intellectuel, mais c’est un animal paisible et très indépendant (1). Il est nocturne et ses capacités visuelles sont limitées. Son monde est flou, sans détails ni couleurs. En revanche, son ouïe est fine et quand il lève le museau, le hérisson capte des parfums subtils qui nous échappent tout à fait. Il peut repérer l’odeur d’un ver de terre à trois centimètres sous l’humus et l’odeur de l’humain à dix mètres.

Les hérissons

Fiche sentience sur les hérissons / le hérisson

De l’apprivoisement du hérisson

Malgré leurs petits hémisphères cérébraux, les hérissons font preuve d’une certaine flexibilité dans leurs comportements individuels. Diverses tentatives ont été menées pour dresser et apprivoiser des hérissons et l’on a pu identifier chez certains individus une capacité à apprendre. Ainsi, les hérissons parvenaient à distinguer des formes symboliques. Dans certains cas, ils pouvaient même répondre à leurs noms lorsqu’ils étaient appelés par leurs soignants. Il existe manifestement des variations entre les hérissons quand il s’agit d’apprendre et d’être apprivoisés, certains y parvenant plus vite que d’autres. Toute une industrie du hérisson élevé en cage existe aux USA, qui produisent également des jouets spécifiques. Malgré plusieurs générations de naissances sous contrôle humain et des croisements sélectionnés pour obtenir les hérissons les plus esthétiques (blanc, pie, chamois, noir, etc.), l’animal socialise peu avec les humains et n’est certainement pas un animal de compagnie.(2)

Le monde social du hérisson

Le hérisson est un grand solitaire, que la présence des autres insupporte. Il ne s’agit pourtant pas pour lui de défendre un territoire, qui chevauche le plus souvent celui de ses congénères, mais d’un besoin de tranquillité propre à cette espèce. Tout est mis en œuvre pour éviter la violence et les rencontres, sauf lors des parades amoureuses avec une femelle, ou lorsque deux hérissons tombent nez à nez par hasard. Cela dit, les hérissons se nourrissent souvent tous ensemble autour d’un bol de nourriture dans le jardin.

Une étude a montré que sur 3460 interactions entre hérissons, dix-sept seulement étaient de type non sexuel. Celles-ci comprenaient uniquement quatre cas de combats physiques (coups de tête, morsures), quatre cas d’interactions avec «reniflement et marche flanc contre flanc» dans lesquels tous les individus étaient des mâles, les échanges étant brefs et sans aucune blessure. Neuf rencontres silencieuses ont été observées, où les individus sont passés à une distance proche l’un de l’autre. Selon les scientifiques, «Ils ont fait une pause, humé l’air un moment et changé de direction».

Chez des hérissons en captivité, on a pu observer un système de hiérarchie se développer autour d’un grand mâle mais cela n’a jamais été observé à l’état sauvage.

Seule la reproduction est l’occasion d’interactions sociales. Les hérissons se livrent à des parades amoureuses ritualisées sur des terrains ouverts, précédées d’affrontements entre les mâles convoitant la même femelle. Le rituel démarre par un face-à-face des deux animaux, qui se reniflent le museau mutuellement tout en urinant. L’accouplement dure plusieurs minutes puis la femelle et le mâle se séparent.(3)

Le petit monde du hérisson

Le hérisson vit dans un tout petit monde, constitué de son territoire de chasse, de son territoire de résidence et de ses nids. Il dispose d’une excellente mémoire géographique qui le guide dans ses déplacements. On connaît le cas d’un hérisson aveugle qui retrouvait sa route dans le jardin : il s’en souvenait dans les moindres détails. Mais, placé devant de nouveaux obstacles, le même hérisson était perdu.

Chaque nuit, sur les cinquante hectares qu’il occupe (la femelle occupant un territoire de dix hectares), le hérisson mâle peut se promener dans un rayon de trois kilomètres sans se presser. Il interrompt fréquemment son parcours pour renifler en l’air. Le hérisson dort beaucoup : 75% de son temps est consacré à la sieste.

La communication

Le hérisson a la curieuse habitude de recouvrir sa peau et ses piquants de salive. Si la signification n’est pas encore très claire, il est possible que cette pratique lui permette de laisser des marques olfactives sur son trajet à l’intention de ses congénères.

Il peut aussi s’enduire de salive écumeuse, peut-être pour décourager un prédateur qui voit une proie malade. La communication acoustique est relativement développée chez le hérisson. On dénombre aujourd’hui 8 types de vocalisations qui semblent être utilisées en complément de la communication chimique.

Parmi ces vocalises, on trouve le clappement de langue, principalement produit lors des déplacements et pendant les activités qui les précèdent. A l’instar de certains insectivores, il semblerait que ces clappements soient utilisés comme système d’écholocation.(4)

L’école du hérisson

Au mois de juin, après quatre semaines de gestation, la hérissonne accouche de deux à sept bébés au fond d’un nid douillet, dans un endroit bien abrité sous un buisson touffu. Les jeunes font leur première sortie à trois semaines, accompagnant leur mère lors de promenades nocturnes et la suivant en file indienne pour apprendre à reconnaître les invertébrés comestibles. Pendant une ou deux semaines, ils retourneront tous les matins au nid pour s’y nourrir du lait maternel, car la mère ne les allaite jamais à l’extérieur. À deux mois, les jeunes sont déjà indépendants et instruits de tout ce qu’il leur faut savoir.

Stratégies de défense

La principale stratégie de défense du hérisson est d’ordre instinctif et réflexe : se rouler en boule. Mais il est à même de moduler volontairement ce mouvement. Il peut aussi manifester d’autres comportements défensifs avant d’y avoir recours. C’est ainsi que dans une première réponse au danger, l’animal se contente de hérisser ses piquants. Il peut aussi choisir la fuite vers un endroit sûr pour échapper à la menace s’il dispose du temps nécessaire. Si le danger survient brusquement, comme une voiture sur une route, le hérisson restera sur place sans bouger, ce qui causera sa perte.

La contraction du muscle orbiculaire tend la peau du dos autour du corps de l’animal et l’enserre comme dans un sac, repliant vers l’intérieur la tête, les pattes et la queue. Le mouvement peut se produire à très grande vitesse, la flexion de la tête survenant dans les 0,01 secondes. Le hérisson devient alors une boule de piquants compacte. Une seule petite ouverture subsiste au niveau du ventre, mais aucun prédateur n’oserait aller la chercher dans cette forêt de piquants. Pour renforcer encore sa défense, le hérisson contracte les petits muscles présents à l’extrémité inférieure de chacun de ses piquants. Ceux-ci alors se hérissent en tous sens, et l’animal se met à ressembler à une pelote d’échardes. Quand le danger s’éloigne, il se déroule d’un coup et court vers l’abri le plus proche.

Les hérissons peuvent aussi tenter d’impressionner leur agresseur avec des cris de colère et des sifflements, voire même avec une sorte de crissement fort, « comme un cochon ». Il est rare qu’un hérisson morde pour se défendre, sauf s’il s’agit d’une femelle qui défend ses petits.(3)

RÉFÉRENCES:

1. Cortical Organization in Insectivora: The Parallel Evolution of the Sensory Periphery and the Brain. Catania, K. C.
http://www.karger.com/Article/Abstract/6666

2.
http://hedgehogclub.com/care.html

3.
http://wildpro.twycrosszoo.org/S/0MInsectivor/Erinaceidae/Erinaceus/Erinaceus_europaeus/14WEHBehSocial.htm
4
. ATTIE, C., 1990. Emissions sonores chez le Hérisson européen, Erinaceus europaeus, et signification comportementale. Mammalia. Volume 54, Issue 1, Pages 3–12

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Les pies bavardes

Les pies bavardes

Les pies bavardes
02.07.2017
Les pies bavardes
Animaux sauvages

Les capacités cognitives la pie eurasienne (pica pica) sont étudiées depuis une vingtaine d’année et apparaissent particulièrement développées.

Le comportement des oiseaux a toujours intéressé les scientifiques mais l’étude de leurs capacités cognitives est relativement récente. Chez la pie eurasienne (pica pica), ces compétences sont étudiées depuis une vingtaine d’année et apparaissent particulièrement développées.

 

Les pies bavardes

Fiche sentience sur les pies bavardes / la pie bavarde

L’intelligence des pies

Même si le cerveau des oiseaux a évolué de façon très différente de celui des mammifères depuis plus de 300 million d’années, il utilise les mêmes mécanismes et la même connectivité qu’eux. Une étude de 2004 suggère que l’intelligence des corvidés, famille à laquelle appartient la pie, équivaut à celle des grands-singes (chimpanzés, orangs-outans et gorilles) en matière de cognition sociale, de raisonnement causal, de flexibilité mentale, d’imagination et de prospection (1). Les pies sont capables de comprendre leur environnement social et physique.

La conscience de soi chez les pies

La pie est la seule espèce d’oiseau capable de se reconnaître dans un miroir. Lorsqu’une marque est peinte sur sa poitrine, la pie montre un comportement spontané dirigé vers cette marque. Elle rejoint le club très sélect des animaux ayant une conscience d’eux même, parmi les grands-singes et quelques rares mammifères et prouve que le néocortex des mammifères n’est pas un prérequis pour la reconnaissance de soi (2).

Des études comparatives suggèrent que certaines espèces d’oiseaux ont développé des compétences mentales similaires à celles trouvées chez les humains et les grands-singes. Ce fait est prouvé par des exploits cognitifs tels que l’utilisation de l’outil, la mémoire épisodique et la possibilité d’utiliser sa propre expérience pour prédire le comportement de ses congénères.

La vie sociale des pies : le couple comme pivot

Chez les pies, l’unité sociale de base est le couple. Ce partenariat dure une vie entière jusqu’à la mort de l’un des deux compagnons. Le mâle et la femelle élèvent ensemble leurs petits et défendent leur nid, qui reste le même d’année en année. Une fois adultes, ils restent près de leurs parents quelques années et les aident à élever les nouvelles portées annuelles. Comme les pies sont très sédentaires, la famille peut rester ensemble pendant des générations.

La relation est établie et renforcée par le lissage mutuel des plumes et le partage de la nourriture. Le couple se soutient lors de combats contre des tiers. Il peut aussi s’intégrer dans une communauté sédentaire plus importante composée d’autres couples et de jeunes célibataires qui se rassemblent la nuit en vastes dortoirs. Cette vie sociale élargie permet des attaques concertées en groupe contre les prédateurs tels que le chat, le renard ou les rapaces.

Les pies se reconnaissent entre elles grâce à leurs vocalisations individuelles, véritables « signature ». C’est par ce moyen que les individus fortement liés, tels que les couples monogames, les frères et sœurs ou les parents et leurs enfants, apprennent à se reconnaître.

La mémoire épisodique chez la pie

Les pies sont des oiseaux très ingénieux. Elles suivent les prédateurs avec l’espoir de ramasser les restes, vont chercher les insectes sur le dos des vaches, des moutons et des sangliers ou volent la nourriture stockée par d’autres oiseaux. Leur régime alimentaire varié comprend insectes, petits mammifères, petits oiseaux sauvages, oisillons, œufs, mais aussi graines, fruits et noix. Elles se nourrissent fréquemment des petits animaux tués sur les routes, mais elles peuvent aussi se rassembler autour des carcasses de plus grands animaux. Leur odorat est extrêmement développé en ce sens – une caractéristique assez rare chez les oiseaux. Les aliments peuvent être stockés dans des arbres, des buissons ou des trous peu profonds que les pies creusent dans le sol. Elles sont capables de les retrouver notamment grâce à leur mémoire épisodique ; le processus par lequel elles se souviennent des évènements vécus avec leur contexte.

Les invertébrés morts que la pie a dissimulés deviennent rapidement immangeables, contrairement aux noix. L’oiseau doit donc tenir compte de la nature de l’objet qu’il cache pour le récupérer au moment convenable. Certains corvidés, tels que les pies ou les geais, cachent ce type d’aliments régulièrement, en tenant compte de son caractère périssable dans le temps, tout autant que de sa localisation. Mais ce n’est pas le seul problème à régler : les pies s’observant entre elles, elles multiplient les fausses cachettes pour ne pas se faire dérober leurs proies ! Les pies disposent donc non seulement d’une mémoire épisodique mais aussi d’une « notion de l’avenir » à l’esprit (à savoir la planification du moment de la récupération) lorsqu’elles cachent leurs aliments et qu’elles agissent pour qu’on ne les voit pas faire.

Grâce à ces observations, les scientifiques ont pu confirmer que les pies possédaient une véritable notion de « permanence de l’objet ». Elles ont en effet pleinement conscience de l’existence d’objets et ont surtout conscience qu’ils continuent d’exister même si elles ne les perçoivent pas via leurs cinq sens…

On sait que les pies aiment aussi rapporter des objets pour décorer leur nid. Une étude récente a cependant prouvé qu’elles ne choisissent pas nécessairement les objets brillants tels que les bijoux, mettant à bas la légende de la pie voleuse (6).

Le langage des pies

Les pies sont capables d’imiter la voix humaine, mais aussi l’appel d’un autre oiseau ou même le bruit d’un tracteur. Elles disposent également de toute une gamme d’appels spécifiques à certaines situations, comme par exemple l’irruption d’un rapace dans le ciel ou d’un renard au sol. Les autres espèces d’oiseaux tiennent également compte de ce cri d’alarme.
Des appels spécifiques pour l’attaque en groupe (mobbing) ou l’alerte ont été enregistrés en fonction du contexte. Ces cris ont été analysés pour déterminer si les appels utilisés communiquaient la nature du danger, l’identité du prédateur et les actions résultant de la présence du prédateur (par exemple, fuite ou attaque). Les résultats appuient l’idée que les pies varient la longueur des syllabes de leurs appels pour donner aux destinataires des informations sur la nature du danger et la manière appropriée d’y répondre. Des cris ont été diffusés pour déterminer si une forme d’appel suscite une réaction plus intense de la part des destinataires qu’une autre. Il a été constaté que les pies ont répondu à des appels avec plus de syllabes en s’approchant du haut-parleur, alors qu’elles s’en éloignaient quand l’appel comptait davantage de syllabes courtes (7).

Les couples de pies partagent aussi des vocalisations qui peu à peu convergent vers la même structure d’appel. Ce partage vocal est particulièrement frappant au sein des groupes de pies australiennes, qui développent un type de vocalisations particulier à ce groupe, à la manière d’un dialecte (4).

Le deuil et le chagrin chez les pies

Le Dr Bekoff, de l’Université du Colorado, a pu observer quatre pies qui se tenaient à côté du cadavre de l’un de leurs congénères. « La première pie approche le corps et le picore délicatement, tout comme un éléphant le ferait avec sa trompe sur le cadavre d’un autre éléphant. Puis elle recule et une autre pie vient prendre sa place pour picorer à son tour », raconte-t-il. « Ensuite, l’une des pies s’est envolée, a ramené un peu d’herbe et l’a déposée sur le cadavre. Une seconde pie a fait de même. Toutes les quatre se sont tenues immobiles, attentives pendant quelques secondes, avant de partir une par une » (3).

RÉFÉRENCES:

1. L’intelligence de la pie

http://rstb.royalsocietypublishing.org/content/361…

2. Le test du miroir chez la pie

http://journals.plos.org/plosbiology/article?id=10…/journal.pbio.0060202#pbio-0060202-g002

3. Rituel de deuil chez la pie
http://www.dailymail.co.uk/sciencetech/article-122…

4. La vie sociale des pies
http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1474-…

5. Development of object permanence in food-storing magpies (Pica pica).

http://dx.doi.org/10.1037/0735-7036.114.2.148

6. La légende de la pie voleuse
https://www.sciencenews.org/blog/wild-things/magpi…

7. Predators, risks and context for mobbing and alarm calls in magpies
http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S…

 

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Les visons

Les visons

Les visons
02.07.2017
Les visons
Animaux sauvages

Le vison américain (Neovison vison) est une espèce semi-aquatique de la famille des mustélidés, originaire d’Amérique du Nord. Elevé pour la première fois aux USA en 1872, introduit en Europe en 1936, c’est l’animal le plus fréquemment exploité pour sa fourrure, loin devant le renard argenté ou la zibeline.

Les visons

Fiche sentience sur les visons / le vison

Vison d’Europe et vison d’élevage

Les individus qui ont pu s’échapper des élevages ont peu à peu conquis toute l’Amérique du Nord et du Sud et l’Eurasie jusqu’en Sibérie. En Europe, il s’est installé au détriment de son cousin européen (Mustela lutreola), plus petit que lui et avec lequel il rentre en concurrence alimentaire. Il s’accouple avec les femelles européennes et, comme leur union est infertile, s’agissant d’espèces éloignées, les futures mères avortent et n’engendrent plus de toute l’année.(1)

Communiquer entre visons

Les visons utilisent des signaux visuels, sonores et chimiques pour communiquer. Les grandes anales produisent un musc fort, libéré pour marquer les limites de leur territoire et indiquer aux congénères leur état reproductif. Le musc est aussi libéré si l’animal se sent en danger. Les visons sont généralement silencieux, mais ils peuvent rire, gronder, siffler, hurler, crier et émettre des aboiements râpeux. Ces vocalisations sont apprises dans la prime enfance par la mère à ses petits.(3)(4) Le ronronnement a aussi été observé lorsque l’animal manifeste son bien-être.(5)

Vie sociale et territoires

Il existe peu d’études sur l’organisation sociale du vison d’Amérique natif ou féral en milieu naturel, qui diverge de celle du vison d’Europe.

Le vison est un solitaire mais il peut former des groupes familiaux et des couples d’adultes partageant leur repaire pendant la saison de reproduction. La population s’organiserait autour de trois catégories d’individus : des résidents, des résidents temporaires et des individus de passage, ces deux dernières catégories étant constituées de jeunes de l’année. Les estimations de densités varient de 5 à 7 individus sur dix kilomètres de cours d’eau dans les cas favorables, et de 1 à 2 individus dans les cas défavorables. Ces variations sont à mettre en relation avec les disponibilités en nourriture, en gîtes (terriers creusés par d’autres espèces que le vison réutilise) ainsi qu’avec des conditions climatiques parfois extrêmes, le plus au nord de son aire de répartition.

De mœurs promiscuitaires, une femelle s’accouple souvent avec plusieurs mâles, en s’associant pour une brève période avec chacun d’eux. Il arrive même parfois que le dernier mâle choisi reste avec sa compagne et l’aide dans les soins aux jeunes.

Le territoire moyen d’un vison varie de 7,8 à 20,4 hectares pour les femelles adultes et de 3,2 à 8,1 hectares pour les mâles adultes. Les territoires d’un mâle et d’unefemelle peuvent se chevaucher, mais pas ceux des mâles qui sont très intolérants entre eux.(6)

Les visons sont actifs la nuit, surtout à l’aube et au crépuscule. Ce sont d’excellents nageurs mais aussi de bons grimpeurs. Ils peuvent nager jusqu’à 30 mètres sous l’eau sans refaire surface et plonger à des profondeurs de 5 mètres. Ils creusent eux-mêmes leurs terriers le long des berges des rivières, des lacs et des ruisseaux, mais ils occupent aussi bien volontiers les tanières laissées par d’autres mammifères comme les rats musqués. Une fois installé, le vison couvre l’intérieur de son terrier avec de l’herbe sèche et des feuilles, ainsi qu’avec les fourrures de ses proies précédentes.(7)

RÉFÉRENCES:

1. Le Vison

http://www.larousse.fr/encyclopedie/vie-sauvage/vison/184863

2. Mink Biology

http://furcommission.com/mink-biology/

3. Neovison vison
American mink

http://animaldiversity.org/accounts/Neovison_vison/

4. Development of vocalization and hearing in American mink (
Neovison vison)

http://jeb.biologists.org/content/jexbio/216/18/3542.full.pdf

5. Chapman, J., G. Feldhamer. 1982. Wild Mammals of North America. Baltimore and London: The Johns Hopkins University Press.

6. Le vison d’Amérique

http://droitnature.free.fr/NouveauSite/visonamerique.htm

7. Baker River Project Terrestrial Working Group Analysis Species: Mink

https://www.pse.com/aboutpse/HydroLicensing/Documents/baker/reports/TerrestrialWGStudies/T04%20Analysis%20Species/An_sp_lit_review_mink_SN_V1_10_8_02.pdf

 

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Les éléphants

Les éléphants

Les éléphants
02.07.2017
Les éléphants
Animaux sauvages

L’éléphant, d’Afrique (genre Loxodonta) ou d’Asie (Elephas maximus), est le plus gros des mammifères terrestres. Animal à la vie sociale complexe, son intelligence aiguë et une grande sensibilité font de lui un être exceptionnel.

Les éléphants

Fiche sentience sur les éléphants / l’éléphant

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Cerveau et intelligence

D’un poids de 5 kg, le cerveau des pachydermes est plus grand que celui de n’importe quel autre animal terrestre ayant jamais existé… Mais c’est le poids du cerveau à la naissance qui détermine la capacité à apprendre.

Le cerveau d’un éléphant nouveau-né est à environ 35 % de son poids adulte, ce qui annonce une période de développement prolongée durant laquelle l’empreinte de l’environnement social et environnemental agira significativement sur la microstructure neuronale. Chez le nouveau-né humain, ce chiffre est de 28 %, contre 54 % chez le jeune chimpanzé et 90 % chez le veau. L’hippocampe occupe environ 0,7 % des structures centrales du cerveau de l’éléphant, contre 0,5 % chez l’humain et 0,1 % chez le dauphin de Risso. Cette zone du cerveau est essentielle à l’émotion et à l’apprentissage. Elle joue un rôle majeur dans les capacités de rationalisation. Elle est liée à la mémoire, notamment spatiale, dont on sait qu’elle est extraordinairement développée chez les éléphants.(1)

De plus, à l’image des cétacés, des humains et des autres grands singes, le cerveau des éléphants contient des neurones von Economo, responsables de l’empathie et de la vie sociale.(2)

Vie sociale

Jeannin, en 1947, est le premier scientifique à souligner que trois tendances dominent la vie psychique des éléphants : ils sont intelligents, sociables et portés plus que les autres mammifères à des sentiments familiaux.(3)

Une famille d’éléphants est dirigée par une matriarche, l’éléphante la plus âgée et la plus expérimentée du troupeau. La société matriarcale s’articule autour de ses filles, de ses demi-soeurs et de leurs enfants.

L’unité familiale de base compte de six à douze membres. Un ou deux mâles adultes peuvent être de passage ou rester en périphérie du groupe. C’est ce contact étroit et ces échanges constants qui permettent au reste des éléphants d’acquérir les connaissances qui leur sont nécessaires.

Les jeunes éléphants mâles grandissent au sein de la société des femelles. Ils participent aux nombreux événements sociaux qui affectent leur famille, bien qu’avec un moindre intérêt que leurs soeurs du même âge.

Les adolescents quittent leur famille natale entre 9 et 18 ans – un processus long et difficile qui peut prendre de un à quatre ans. Ils doivent alors apprendre une série de nouvelles règles fondées sur le rang et la force de chacun des autres mâles des environs. Le passage de l’univers douillet de la famille maternelle à cette société plus dure se fait donc progressivement, sur une période de huit ans ou plus.

Les mâles adultes devenus indépendants se déplacent en petits groupes d’amis, cependant moins liés que les femelles. Pendant les périodes sexuellement actives, ils se déplacent d’un groupe familial à l’autre à la recherche de femelles réceptives. Les interactions avec les membres de leur propre famille sont douces et courtoises, mais rarement plus. Une fois qu’un mâle a localisé une femelle réceptive et qu’il a pu écarter ses rivaux, il restera à ses côtés deux ou trois jours avant d’en chercher une autre.

Même lorsque les familles se scindent et se séparent, elles gardent des contacts étroits. Cela inclut notamment le fait de voyager ensemble sur de longues distances. Ces groupes liés ont été nommés « bond groups » par Joyce Poole et Cynthia Moss. Ces bond groups forment eux-mêmes des unités plus vastes nommées « clans ».

Après un certain laps de temps déterminé par des influences environnementales et sociales, une partie du groupe se séparera pour former une nouvelle famille. La cause peut en être des tensions au sein du groupe entre deux individus, ou bien des ressources en diminution. Lorsqu’une matriarche meurt, c’est le plus souvent l’une de ses descendantes parmi les plus âgées et les plus expérimentées qui guidera le groupe.(4)

Empathie et solidarité

Les soins maternels chez les éléphants sont exceptionnellement intenses. Le jeune est l’objet de toutes les attentions. Mais la compassion ne lui est pas réservée ; tous les autres membres de la harde en bénéficient. Ainsi, on a pu observer un troupeau d’éléphants africains qui marchait plus lentement pour ne pas laisser derrière lui l’un de ses membres à la jambe cassée et mal ressoudée. Et un autre parce qu’une femelle en deuil portait son enfant mort. Un éléphant adulte a également été vu essayant avec persévérance de sortir un bébé rhinocéros coincé dans la boue.

Dans les années 1970, aux États-Unis, une éléphante d’Asie du nom de Bandula parvenait toujours à se libérer de ses chaînes, quel que soit le système utilisé. Elle aidait ensuite les autres éléphants à s’échapper et, ensemble, ils prenaient la fuite en faisant attention à ce que personne ne les voie.

Il existe un grand nombre de témoignages similaires. Ils nous révèlent une créature qui pleure, se réjouit ou se met en rage, laissant présumer l’étendue de la capacité émotionnelle de l’éléphant.(5)

Usage d’outils

Les éléphants utilisent les branches comme outils, notamment pour construire des barrages sur les rivières et faire ainsi monter le niveau d’eau afin de faciliter leur baignade. On les a aussi vus creuser un trou au bord d’un étang d’eau croupie afin d’obtenir une eau plus pure. En Asie, on a pu observer des éléphants captifs remplir de boue la cloche que leur soigneur leur avait mise autour du cou afin de pouvoir aller manger les bananes de la plantation voisine en toute discrétion, sans que le son de la cloche signale leur activité.

On en a vu également creuser des puits pour boire de l’eau, puis arracher l’écorce d’un arbre, la mâcher pour en faire une sorte de bouchon, refermer le trou avec cette boule ligneuse puis recouvrir le tout avec du sable pour éviter l’évaporation. Ainsi pouvaient-ils revenir plus tard pour se désaltérer. Les éléphants se servent couramment de branches en guise de chasse-mouches ou de gratte-dos. Certains ont été observés en train de poser de grosses pierres sur une clôture électrique afin de la faire s’effondrer et de couper l’électricité pour pouvoir passer.(6)

Résolutions de problèmes

L’effet « eurêka », c’est-à-dire la découverte soudaine d’une solution à un problème, est une expérience humaine courante. La résolution spontanée de problèmes sans phase antérieure d’essais et d’erreurs a été appelée « perspicacité » chez les humains et d’autres animaux.

Trois éléphants d’Asie (Elephas maximus) ont été soumis à un test afin de voir s’ils utiliseraient des bâtons ou d’autres objets pour obtenir des aliments placés en hauteur, hors de leur portée. Sans préalable, un premier éléphant d’Asie mâle âgé de 7 ans a spontanément résolu le problème en déplaçant un grand cube en plastique, sur lequel il est monté pour atteindre la nourriture. Lors de tests supplémentaires, il a fait preuve de souplesse comportementale en utilisant cette technique pour atteindre d’autres objets et en déplaçant le cube pour s’en servir comme outil. En l’absence du cube, il a généralisé cette technique d’utilisation d’outil à d’autres objets similaires. Lorsqu’on lui a donné des objets plus petits, il les a empilés pour tenter d’atteindre la nourriture. Le comportement global de l’éléphant était cohérent avec la définition de la perspicacité.

Des expériences antérieures avaient pourtant conclu à un échec. Elles imposaient aux éléphants de tenir directement le bâton, ce qui interférait avec le rôle olfactif de la trompe, biaisant les résultats.(7)

Conscience de soi

Un miroir de 2,5 m a été placé dans l’enceinte des pachydermes au zoo du Bronx à New York. On a ensuite observé les réactions de trois éléphants face à lui. La première question était de savoir s’ils salueraient leur reflet comme s’ils rencontraient une autre personne, ou s’ils ne commettraient pas cette erreur et utiliseraient le miroir pour s’inspecter eux-mêmes.

« Des éléphants avaient déjà subi le test du miroir, mais les études précédentes utilisaient des miroirs relativement petits maintenus à l’écart des éléphants », a déclaré le Dr Plotnik. « Cette étude est la première à tester les animaux devant un énorme miroir qu’ils pouvaient toucher, contre lequel ils pouvaient se frotter et qu’ils pouvaient contourner pour en voir l’autre côté. »

Inspecter le miroir et essayer de regarder derrière – comme l’ont fait les éléphants du Bronx – est un autre indicateur de la conscience de soi. L’un des trois éléphants, du nom de Happy, a également passé avec succès le test de la « marque » peinte sur un endroit de son corps et qu’il ne peut voir que dans le miroir en la touchant de sa trompe tout en se regardant.(8)

Deuil et rituels funéraires

Les scientifiques qui étudient les éléphants ont observé d’innombrables cas d’éléphants tentant de ramener à la vie des membres de leur famille morts ou agonisants. La biologiste kenyane Joyce Poole, qui étudie les éléphants d’Afrique depuis 1976, déclare que l’attitude de ces animaux face à la mort de l’un des leurs « ne laisse que très peu de place au doute quant à leurs émotions profondes et leur compréhension de la mort. »

Lorsque l’un des leurs décède, tout le groupe familial entoure et veille son corps, que l’on recouvre de feuillages et de branches brisées. Chacun vient doucement effleurer le mort de sa trompe et la troupe ne quitte le corps qu’à regret le lendemain.

Les observations montrent que les éléphants, comme les humains, se sentent concernés par des individus en détresse ou décédés. Ils portent assistance à leurs malades en essayant de les nourrir et montrent un intérêt particulier pour les cadavres de leur propre espèce, qu’ils leur soient ou non apparentés.(9)

Le langage et les éléphants

Une vie sociale aussi développée suppose un langage véritable passant par le toucher, l’odorat et la gestuelle, mais surtout par des sons.

Les sons

On pense aussitôt au barrissement lancé par la trompe, mais la plupart des sons produits par les éléphants proviennent de leur gorge et sont si bas qu’il nous est impossible de les entendre. En revanche, nous pouvons les enregistrer et les rendre audibles à nos oreilles. Ces infrasons sont tels que leurs vibrations transmises par la terre peuvent être entendues par d’autres éléphants au-delà de 5 kilomètres. Ils peuvent
ainsi s’avertir les uns les autres à longue distance d’un danger éventuel, ou bien faire savoir où se trouve de l’eau. En communiquant de cette façon, il est également possible pour une femelle de trouver un étalon, ou bien pour deux mâles en musth, de se tenir à l’écart de la route l’un de l’autre. Ils peuvent également appeler à l’aide ou simplement rester en contact.

Les éléphants dans un troupeau bavardent constamment. Une chercheuse américaine, Katy Payne, étudie le langage des éléphants depuis longtemps et commence à le comprendre. Elle a déjà identifié le son qu’un bébé éléphant émet pour dire à sa mère qu’il ne veut plus de lait, ou celui que poussent des éléphants surpris ou qui veulent en apaiser un autre. La matriarche lance un certain cri pour dire au troupeau de se lever ou de se réunir tous autour d’elle. Elle émet aussi d’autres vocalisations pour indiquer au mâle de rester très prudent quand il approche des femelles trop jeunes. Katy Payne espère déchiffrer toute la langue des éléphants afin qu’un jour les humains puissent communiquer avec eux.

Les éléphants sont très sensibles aux vibrations de la surface du sol. Le bourdonnement tellurique d’un éléphant frappant du pied ou celui d’un troupeau qui s’enfuit, peut être ressenti à des milliers de kilomètres de là. De cette façon, les éléphants sont probablement capables de se transmettre des messages tout en étant extrêmement éloignés les uns des autres. Une récente étude prouve aussi qu’ils entendent les orages de très loin et se déplacent dans leur direction pour profiter de la pluie.(10)

Un éléphant peut reconnaître les voix de centaines de congénères jusqu’à deux kilomètres de distance. Les membres de la famille disposent en particulier d’un vaste répertoire vocal et d’un réseau de communication exceptionnellement étendu. Il s’agit sans doute d’un phénomène unique dans le monde animal à l’exception des humains et des mammifères intelligents aux systèmes sociaux fluides, disposant de capacités de communication à très longue distance associées à la capacité mentale d’une reconnaissance sociale et individuelle étendue.(4)

Le toucher

Les éléphants sont des animaux d’une extrême sensibilité tactile. Les interactions tactiles se produisent dans un large éventail de contextes, agressifs, défensifs, affiliatifs, sexuels, ludiques, de prise en charge ou de comportement exploratoire.

Ils interagissent avec leur trompe, leurs oreilles, leurs pieds, leur queue et leurs défenses. Celles-ci sont bien sûr utiles dans les conflits mais aussi pour soulever doucement un bébé ou pour exprimer la solidarité pendant une cérémonie de salutation. Les oreilles sont utilisées pour les caresses ou le jeu. Les éléphants peuvent également frotter leurs queues l’une contre l’autre ou s’assurer doucement de la présence d’un nouveau-né au sol.

La trompe est quant à elle utilisée pour caresser, rassurer ou aider un bébé. C’est grâce à elle qu’on explore les organes génitaux, la bouche ou les glandes temporales d’un membre de la famille. Elle sert aussi à toucher et explorer les restes d’un éléphant mort, ou à toucher ou pousser un congénère pour jouer. Dans un contexte plus agressif ou défensif, un éléphant peut utiliser sa trompe pour frapper ou bloquer un adversaire, ou appeler à l’aide lorsqu’il fait face à un prédateur.

Les éléphants utilisent leurs pattes pour frapper le sol agressivement mais aussi pour caresser ou aider quelqu’un. Ils se servent de tout leur corps pour pousser ou se frotter sensuellement contre un congénère, que ce soit amical ou sexuel.

La vue

Bien qu’un certain nombre de gestes aient une visée tactile, la plupart envoient également un message visuel. Les éléphants utilisent de façon étonnante toutes les particularités de leur anatomie pour communiquer les moindres nuances de leur émotivité, y compris dans le cadre d’interactions interspécifiques.

Par exemple, un éléphant menaçant ou dominant indique son statut en se faisant plus grand qu’il n’est : il porte la tête haute au-dessus des épaules en écartant les oreilles, tandis qu’un éléphant subordonné garde la tête basse et les oreilles en arrière. Un éléphant effrayé soulève sa queue et son menton. Un éléphant socialement excité agite rapidement ses oreilles en écarquillant les yeux.

La richesse de la communication gestuelle des éléphants est telle qu’on établit aujourd’hui des bases de données pour les répertorier.(11)

Les éléphants et les humains

Des recherches menées à l’Amboseli National Park au Kenya ont permis de montrer que les éléphants peuvent différencier les langues humaines et réagir face à celles qui sont considérées comme des menaces.

Face à des voix d’hommes s’exprimant en langue Masai – des chasseurs potentiellement dangereux pour eux – les éléphants se regroupent et agissent en mode « alerte », quittant précautionneusement l’endroit où ils se trouvent.

En revanche, face à des voix d’hommes s’exprimant en langue Kamba – qui sont le plus souvent des fermiers ou des employés de la réserve et donc moins susceptibles de représenter une menace – les éléphants n’avaient pas l’air autrement perturbés.

Plus subtil encore : face aux voix d’enfants et de femmes s’exprimant en langue Masai, les pachydermes restaient également sereins.

Les chercheurs sont formels : leur étude suggère que les éléphants sont non seulement capables de différencier les diverses langues auxquelles ils sont confrontés, mais également d’adapter leurs réactions avec beaucoup plus de subtilité que d’autres espèces.(12)

De même, selon Pierre Pfeffer, tous les observateurs peuvent constater une différence de comportement d’un même éléphant selon qu’il se trouve à l’intérieur ou à l’extérieur d’une zone protégée. Il en connaît d’ailleurs parfaitement les limites grâce à l’expérience des anciens, irremplaçable mémoire collective du groupe familial.(3)

RÉFÉRENCES
1. Elephant are large brained.
https://www.elephantvoices.org/elephant-sense-a-so…

2. Von Economo Neurons in the Elephant Brain.
http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/ar.2082…
;jsessionid=94A790B6BF8DD48E303E08D7F34A7FE1.f02t02
3. Pierre Pfeffer, Vie et mort d’un géant (1989).
4. Elephant Sense & Sociality.
https://www.elephantvoices.org/elephant-sense-a-so…

5. Elephant Emotions.
http://www.pbs.org/wnet/nature/echo-an-elephant-to…

6. Elephantine Intelligence.
http://www.natureinstitute.org/pub/ic/ic5/elephant…

7. Insightful Problem Solving in an Asian Elephant.
http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.137…
/journal.pone.0023251
8. Elephants Recognize Selves in Mirror, Study Says.
http://news.nationalgeographic.com/news/2006/10/06…

9. Behavioural reactions of elephants towards a dying and deceased matriarch.
http://www.appliedanimalbehaviour.com/article/S016…
(06)00101-8/abstract
http://www.abc.net.au/science/news/stories/s149763…

http://www.abc.net.au/science/articles/2005/11/04/…

10. Elephant acoustic communication.
https://www.elephantvoices.org/elephant-communicat…

11. Elephant communication.
https://www.elephantvoices.org/elephant-communicat…

https://www.elephantvoices.org/multimedia-resource…

12. Elephants can determine ethnicity, gender, and age from acoustic cues in human voices.
www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.1321543111

Chiens errants à Maurice: une euthanasie de masse évitée

Chiens errants à Maurice: une euthanasie de masse évitée

Chiens errants à Maurice: une euthanasie de masse évitée
20.06.2017
Ile Maurice
Chiens errants à Maurice : une euthanasie de masse évitée
Animaux familiers

Le Gouvernement mauricien renonce à ses desseins de captures et d’euthanasies massives des chiens errants à Maurice, mais c’est la règlementation sur l’errance animale qu’il faut transformer. One Voice se veut force de propositions.

Est-ce par compassion pour ces animaux ou parce que la photo de centaines de corps sans vie de ces bêtes abandonnées n’aurait pas fait très glamour sur un dépliant touristique ?

L’essentiel reste que le combat de One Voice pour le respect des droits des animaux et les protestations des associations de protection animale ont fait que le gouvernement mauricien a renoncé à son plan de lutte contre l’errance des chiens. D’ailleurs, le plan ne brillait pas par son élaboration : «catch and kill», tu captures, tu flingues. En d’autres termes, une euthanasie massive des chiens errants dans des conditions souvent peu scrupuleuses du bien-être animal.

Avec cette annonce du 13 juin de renoncer à son plan macabre, l’Ile Maurice a pris une décision de bon sens, souligne Muriel Arnal, présidente de One Voice et elle invite les autorités françaises notamment dans les départements d’outre-mer voisins comme La Réunion et Mayotte, à prendre exemple. D’autant que la réglementation existe déjà. D’ailleurs One Voice a engagé un recours contre le préfet de La Réunion. Le procès est toujours en cours.

Soucieuse de ne pas se contenter de protestations aussi véhémentes soient elles, One Voice propose des alternatives et des solutions pérennes. Dans le courrier que notre association a adressé au premier ministre mauricien le 15 mai dernier, nous dénonçons l’abattage programmé des chiens errants, rappelant son inutilité à résorber les nuisances associées à leur divagation. «Des solutions plus efficaces et plus humaines existent qui s’attaquent à la vraie cause de l’errance animale. Elles font d’ailleurs parties des recommandations de l’organisation mondiale de la santé animale et ont fait leurs preuves dans d’autres pays».

One Voice prône des campagnes d’éducation et de sensibilisation, de les associer à une répression effective et efficace contre l’abandon par les propriétaires, de généraliser le recours à l’identification et à la stérilisation et les rendre obligatoire pour tout chien âgé de plus de 6 mois détenu par un particulier. Pour les animaux errants, une fois identifiés et stérilisés, soit les accueillir en refuge, soit les relâcher sous le contrôle d’association de protection animale de quartier.

Comme nous étions dans la relation épistolaire avec le gouvernement mauricien, Nous lui avons rappelé que L’île risquait un deuxième accroc à son image paradisiaque avec l’ouverture prévue d’un laboratoire d’expérimentation animale et qu’il pouvait compter sur nous pour le faire savoir et le dénoncer.

Et pour une meilleure protection des chiens et des chats en France, signez et partagez notre pétition en ligne : « Chiens et chats : notre famille« 

Cruelty Free International et One Voice révèlent des informations scandaleuses concernant le transport, par la compagnie Air France, de singes de l’île Maurice destinés à l’expérimentation.

Cruelty Free International et One Voice révèlent des informations scandaleuses concernant le transport, par la compagnie Air France, de singes de l’île Maurice destinés à l’expérimentation.

Cruelty Free International et One Voice révèlent des informations scandaleuses concernant le transport, par la compagnie Air France, de singes de l’île Maurice destinés à l’expérimentation.
16.06.2017
Union Européenne
Cruelty Free International et One Voice révèlent des informations scandaleuses concernant le transport, par la compagnie Air France, de singes de l’île Maurice destinés à l’expérimentation.
Expérimentation animale

Les associations de protection animale Cruelty Free International (Royaume-Uni) et One Voice (France) réitèrent leur appel à Air France pour mettre fin au transport de singes destinés à la recherche à la suite de la publication d’informations choquantes concernant les transports secrets de primates sur les vols passagers d’Air France totalisant plus de 16 000 kilomètres.

Des primates, enfermés dans des caisses et expédiés par fret, soumis à un calvaire de plus de 37 heures.

Les associations de protection animale
Cruelty Free International (Royaume-Uni) et One Voice (France) réitèrent leur appel à Air France pour mettre fin au transport de singes destinés à la recherche à la suite de la publication d’informations choquantes concernant les transports secrets de primates sur les vols passagers d’Air France totalisant plus de 16 000 kilomètres.

Selon les informations recueillies par les enquêteurs de Cruelty Free International,
120 macaques à longue queue ont été expédiés par Air France de l’île Maurice à Chicago (USA) via Paris (France) le 26 avril 2017. Les singes, entassés dans des caisses de transport en bois, ont été acheminés d’un élevage local à l’aéroport international Sir Seewoosagur Ramgoolam de l’île, puis placés sur le vol passager AF 463 à destination de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle (CDG).

Les singes, après avoir effectué plus de
9 600 kilomètres en 11 heures et 30 minutes, ont été retenus à Roissy-Charles-de-Gaulle pendant neuf heures avant de repartir pour un nouveau voyage de plus de 6 600 kilomètres sur le vol AF 6730 à destination de l’aéroport international O’Hare de Chicago (ORD) où ils ont atterri le 27 avril — soit un temps supplémentaire de vol de 8 heures et 50 minutes. Les singes étaient destinés aux Laboratoires Charles River, société de recherche sous contrat effectuant des tests de toxicologie précliniques (empoisonnement) sur les animaux pour des produits pharmaceutiques, chimiques et agrochimiques.

Sarah Kite, directrice des projets spéciaux de Cruelty Free International, déclare : « Les touristes du vol 463 d’Air France, qui jouissaient d’un confort maximal et se relaxaient après leurs vacances passées sur la paradisiaque île Maurice, ne pouvaient absolument pas deviner que, juste sous leurs pieds, 120 primates non-humains, embarqués de force comme « passagers », arrachés à leurs familles et emprisonnés dans des caisses en bois minuscules, souffraient dans la cale sombre et bruyante de l’appareil. À la fin de ce voyage cauchemardesque, ces animaux intelligents et sensibles étaient destinés à passer le reste de leur vie dans des cages métalliques à des milliers de kilomètres de leur jungle natale pour être soumis à des expériences horribles et douloureuses. »

Muriel Arnal, Présidente de One Voice, s’indigne : « Air France est la dernière compagnie aérienne de passagers en Europe à continuer le transport cruel de primates destinés à une recherche devenue obsolète grâce aux avancées de la science. Cette société française envoie chaque année des milliers de singes souffrir et mourir dans les laboratoires du monde entier. Nous appelons son PDG à cesser cette pratique aujourd’hui ! »

La compagnie aérienne constitue un lien vital entre l’île Maurice, l’un des plus gros fournisseurs de singes au monde, et les laboratoires d’Europe et des États-Unis. En 2016, 8 425 singes ont été exportés de Maurice vers l’Europe, les États-Unis et le Canada. Il est probable qu’Air France ait convoyé la majorité, sinon la totalité, des singes de Maurice à Paris où ils ont été inscrits sur un autre vol d’Air France à destination des États-Unis, ou acheminés par route vers des laboratoires français, britanniques, espagnols et allemands.

Cruelty Free International et One Voice ont travaillé sans relâche pour mettre fin à ces transports de primates. Nos enquêtes de choc ont révélé la cruauté et la souffrance infligées aux animaux dans les laboratoires et durant leur capture, leur élevage et leur transport. Notre campagne a reçu un soutien mondial et nous avons vu de nombreuses compagnies internationales (autrefois principaux transporteurs de singes vers les laboratoires), parmi lesquelles American Airlines, British Airways, United Airlines, Northwest Airlines, South African Airways, Delta Airlines, Eva Air, Air Canada et China Airlines, renoncer à ce commerce cruel en refusant de livrer de nouveaux primates aux laboratoires. Plusieurs autres compagnies aériennes de passagers ont également fait part de leur intention de ne jamais s’impliquer dans ce business sordide.

Notes

Au cours des dernières semaines, les enquêteurs de Cruelty Free International ont été informés d’au moins trois transports de singes provenant d’élevages mauriciens sur des vols Air France. Cruelty Free International et One Voice appellent le public à envoyer un courriel au vice-président exécutif des Opérations et dirigeant responsable d’Air France Frank Terner :
frterner@airfrance.fr, afin d’exiger qu’Air France rejoigne le nombre croissant de compagnies aériennes ayant pris la décision de ne plus participer à cette barbarie.
Découvrez les compagnies aériennes qui acceptent de transporter des singes pour la recherche et celles qui le refusent :
https://www.crueltyfreeinternational.org/airlines

La Redoute en mode « sans fourrure »

La Redoute en mode « sans fourrure »

La Redoute en mode « sans fourrure »
15.06.2017
France
La Redoute en mode « sans fourrure »
Exploitation pour la Mode

C’est une grande victoire : l’un des poids lourds français de la vente à distance adhère au programme « sans fourrure animale » porté en France par One Voice.

On a désormais tous une raison de plus d’aimer La Redoute ! Le leader national du e-commerce en mode et maison s’était déjà engagé début 2017 à soutenir l’agriculture raisonnée et responsable du coton en adhérant à l’initiativeBetter Cotton. Voici que le groupe mondialement implanté vient d’adhérer au programme Fur Free Retailer développé par notre coalition internationale, la Fur Free Alliance : vous ne trouverez donc plus dans les collections proposées par La Redoute d’articles confectionnés en fourrure animale.

Nathalie Balla, co-présidente de La Redoute, s’est exprimée sur ce choix éthique :
« Je suis fière d’annoncer l’adhésion de La Redoute auprès de One Voice, représentant en France de l’Alliance Internationale sans fourrure (Fur Free Alliance). Nous avons, il y a de nombreuses années, fait le choix responsable de ne pas avoir de vraie fourrure dans la conception de nos produits ou dans la sélection des produits distribués par La Redoute. La décision de rejoindre en 2017 le programme Fur Free Retailer s’inscrit dans la continuité de notre plan de développement durable et dans notre résolution à soutenir une conviction éthique autour des droits des animaux. Cet engagement public de La Redoute envers la société correspond à une volonté d’être porteur d’influences et de contribuer à un monde plus beau. »

Cet engagement vient officialiser et pérenniser une politique déjà menée depuis plusieurs années par La Redoute. Il concerne bien évidemment les filiales internationales de l’enseigne de l’Union européenne et en dehors (Belgique, Portugal, Espagne, Royaume-Uni, Suisse, Russie).

En France, 91 enseignes grand public adhèrent à ce jour au programme (Armani, C&A, Esprit, H&M, Hugo Boss, Zara…), et près de 500 dans le monde entier. Rappelons que la maison haute-couture de Franck Sorbier s’est également engagée récemment à nos côtés.

One Voice œuvre et mobilise pour que les enseignes fassent ce choix responsable, qui permet à la souffrance animale de reculer dans notre pays, éleveur de visons dans des conditions épouvantables, comme dans toute l’Union européenne, où l’on sacrifie chaque année quelque 48 millions d’animaux pour leur fourrure.

En marche contre la violence !

En marche contre la violence !

En marche contre la violence !
13.06.2017
En marche contre la violence !
Animaux familiers

One Voice participera le 17 juin à la manifestation pour le chat Chevelu, torturé à mort. Une autre récente affaire de violence sur une femme et ses compagnons animaux montre qu’il est urgent que la France se dote enfin d’une vraie politique pénale des violences domestiques intégrant les animaux de la famille !

En cette fin mai, dans le centre-ville de Draguignan (Var), Chevelu est venu, confiant, vers ces jeunes barbares qui allaient devenir ses bourreaux. A coup de tessons de bouteille, ils l’ont supplicié, lui ont arraché les yeux avant de jeter son corps sans vie. Les auteurs de ces actes immondes sont toujours recherchés mais s’inquiètent-ils vraiment des conséquences pénales de leur violence ? Ces brutes sans nom se sont acharnées sur cet être vivant sans crainte d’avoir à en répondre, ou si peu, devant la loi. De nom, ce chat en avait un, Chevelu. C’est pour lui rendre justice que One Voice a porté plainte.

C’est également pour demander protection et réparation pour le chat Gandja et la chienne Moana que l’association s’est portée partie civile dans le procès qui s’est déroulé à Lorient, ce 8 juin.

Le 1er mars 2017. Monsieur B, en état d’ébriété, rentre à son domicile, s’en prend à la jeune chienne Moana et à un des chats, Gandja. Il fait subir à ces deux animaux des traitements d’une extrême sauvagerie : enfermement dans une cage, coup de couteaux, il les asperge de détergents et d’eau de javel. C’est pour avoir tenté de protéger ses bêtes que Madame H a été, à son tour, violentée. Monsieur B a été condamné à 6 mois assortis de sursis pour violence sur sa compagne Madame H. Pour l’infractionde mauvais traitements, il ne paiera que 150 euros. Et 150 euros de dommages et intérêts ainsi que 400 euros de frais d’avocat à One Voice. Une peine bien légère. L’enquête a permis d’établir que ces violences conjugales et domestiques n’étaient pas les premières. Malheureusement, la femme a décidé de reprendre la vie conjugale et de garder près d’elle ses compagnons.

One Voice veut alerter les pouvoirs publics et, en particulier, le ministre de la justice, pour que le traitement pénal s’applique à l’acte de violence en soi, à la nature du geste commis et qu’importe l’espèce ou le genre de la victime.

Depuis des années, des études ont démontré le lien entre la maltraitance des animaux et la violence envers les humains. Dans de nombreux pays anglophones, les juges en tiennent compte dans leurs condamnations. Tous les êtres vivants qui subissent des brutalités sont des victimes et un salaud reste un salaud. Certes le mot n’est pas des plus élégants mais c’est le premier qui vient à l’esprit.

Venez nombreux manifester à nos côtés le samedi 17 juin ! Rendez-vous à 15 h devant l’Hôtel de Ville de Paris.

Yulin 2017, pas de trêve!

Yulin 2017, pas de trêve!

Yulin 2017, pas de trêve !
09.06.2017
Yulin
Yulin 2017, pas de trêve !
Autre campagne de l’association (ou multiples)

Le prochain festival de Yulin en Chine devrait interdire temporairement la vente de viande de chien! Une première depuis l’existence de massacre tuant chaque année au minimum 10000 chiens. La mobilisation de One Voice et des défenseurs de la cause animale a payé. Ne relâchons pas notre vigilance!

Bonne nouvelle! Le tristement célèbre « Yuling Dog Meat Festival », en Chine, devrait faire couler moins de sang cette année. La vente de viande de chien pourrait, selon nos sources, se voir interdire par les autorités municipales à partir du 15 juin prochain jusqu’à la date de l’évènement le 21 juin. Il est rapporté qu’en cas d’infraction, les restaurants, vendeurs de rues et commerçants encourront une amende susceptible d’atteindre 100 000 yuans (soit environ 14 500$ US) et/ou une arrestation pour violation.

One Voice se réjouit de ce premier pas dans la bonne direction ! Souvenez-vous, l’année dernière, nous demandions votre mobilisation pour dénoncer cette gigantesque tuerie à ciel ouvert, responsable de la mort d’au moins 10 000 chiens tous les ans dans d’atroces souffrances. La pétition que nous avions remise à l’ambassadeur de Chine en France a porté ses fruits! La mobilisation a été internationale et les médias se sont emparés du sujet! Ainsi, les autorités locales ont commencé à mesurer l’ampleur du scandale et tenté de calmer la colère internationale par cette avancée positive…

Pour autant, One Voice demeure vigilante. L’interdiction officielle de la vente de viande de chien ne sera que temporaire. En outre, nous craignons que des assassinats continuent d’être perpétués, à l’abri des regards cette fois, dans les arrière-cours, et simplement en dehors de la ville de Yulin où le commerce restera légal. Notre travail vise donc à initier un changement des pratiques en profondeur. A travers le programme « Caring for Life » (« Prendre soin de la vie »), notre partenaire ACTAsia s’efforce justement de sensibiliser la population sur le terrain, notamment les plus jeunes, afin de faire évoluer les mentalités pour jeter les bases d’une vie plus compatissante vis-à-vis de tous les êtres, quels qu’ils soient.

Cette approche nous paraît bien plus efficace que les pseudo tentatives de sauvetage et leurs dérives. On assiste en effet, depuis quelque temps, à l’explosion d’un nouveau marché: pour satisfaire les associations qui veulent « sauver » des chiens, on leur vend ceux qui sont malades et seraient boudés par les consommateurs… Ce juteux « business » est né suite à la démarche d’un certain Marc Ching, en 2016. Cet entrepreneur a fait grand bruit en lançant un appel à la générosité publique, officiellement pour financer l’achat de 1000 chiens et les placer dans des foyers occidentaux. L’opération s’est avérée une sombre escroquerie. Une enquête de l’hebdomadaire britannique Mail on Sunday a révélé, quelques mois plus tard, que près des deux tiers des soi-disant « rescapés » étaient finalement morts, entassés dans des cages et abandonnés à leur sort.

Seules l’action des acteurs locaux et l’éducation des esprits ont des chances d’entraîner un changement social durable vis-à-vis des animaux. La conscientisation prend du temps. De nombreux Chinois sont toujours convaincus que les chiens ne valent pas mieux que des « objets en mouvement ». One Voice n’est donc pas prête de rabattre ses manches et continue le combat!