One Voice au tribunal de Nancy, au secours de 500 renards traqués par la Préfecture!

One Voice au tribunal de Nancy, au secours de 500 renards traqués par la Préfecture!

One Voice au tribunal de Nancy, au secours de 500 renards traqués par la Préfecture!
21.11.2018
One Voice au tribunal de Nancy, au secours de 500 renards traqués par la Préfecture!
Animaux sauvages

Un recours pour abus de pouvoir avec demande urgente de suspension a été déposé par One Voice contre le préfet de Meurthe-et-Moselle. One Voice représentera aussi l’ASPAS, FLORE 54 et GEML au tribunal administratif de Nancy le 28 novembre à 11 h.

«Les renards doivent cesser d’être des boucs émissaires pour tout et n’importe quoi! Les chasseurs n’ont pas de limite, ils vont jusqu’à vouloir les tuer la nuit! Et malheureusement, même si cet arrêté préfectoral illégitime est annulé comme il se doit, on ne pourra jamais ressusciter les renards tués en ce moment même.» Muriel Arnal, présidente fondatrice de One Voice

90 % des personnes ayant pris part à la consultation publique sont du côté des renards et de leurs défenseurs. Cet avis quasi unanime de la population est pourtant méprisé par le préfet de Meurthe-et-Moselle, qui a fait paraître le 2 octobre 2018 un arrêté ordonnant le « prélèvement » — autrement dit l’abattage — de 500 renards roux, par des tirs effectués de nuit, dans le département d’ici au 31 décembre. Quelles sont ses justifications? Des arguments fallacieux murmurés à son oreille par les chasseurs.

Le statut des renards, leur traque toute l’année et l’abus de pouvoir du préfet

Dans le Nord et l’Est de la France, les renards sont traqués plus encore qu’ailleurs. S’appuyant sur leur statut d’ « espèce susceptible d’occasionner des dégâts » (auparavant « animaux nuisibles »), les préfectures ne cessent de publier des arrêtés pour agrandir le champ des possibles pour tuer ce petit canidé, pourtant particulièrement utile à la biodiversité et ayant toute sa place dans les écosystèmes.

Les renards sont considérés comme du gibier durant toute la saison de chasse, qu’elle soit conventionnelle ou à courre. En raison de ce statut particulier, ils sont piégés et déterrés tout le reste de l’année, y compris en période de reproduction. Les chasseurs peuvent ainsi s’adonner à leur « sport » 12 mois par an.

Les préfets prennent des arrêtés pour que les lieutenants de louveterie, payés par l’État, puissent leur tirer dessus même la nuit, pour acheter la paix sociale auprès de chasseurs qui veulent pouvoir tuer lièvres et perdrix sans concurrence. Mais voilà, rien ne prouve la mise en cause des renards

Les renards roux doivent être défendus et protégés!

Quel sens cela a-t-il de tuer plus d’un demi-million d’entre eux chaque année, sans même connaître leur état de conservation ?

Il est irrationnel de s’en prendre à un animal qui nous protège de la maladie de Lyme grâce à sa présence, en régulant naturellement les populations de campagnols qui en sont porteurs. En l’absence des renards roux, d’autres méfaits pour la nature et la santé (y compris celle des agriculteurs) ont lieu : les pesticides toxiques épandus dans ces mêmes cultures contre les campagnols… En un seul acte, celui de protéger les renards, on les respecte eux et leur écosystème, on sauve les cultures, on se prémunit de la maladie de Lyme, on régule la population de petits rongeurs et on se soustrait à une dose de pesticides dans l’alimentation !

One Voice continuera d’attaquer en justice la légitimité de tels arrêtés, dont les dégâts sont irréversibles. Il est urgent d’agir. Quand cet arrêté sera annulé, comme tant d’autres avant lui dans l’Est et le Nord de la France, les renards massacrés depuis son application le resteront.

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Trafic de bélugas et d’orques juvéniles découvert en Russie

Trafic de bélugas et d’orques juvéniles découvert en Russie

Trafic de bélugas et d’orques juvéniles découvert en Russie
19.11.2018
Trafic de bélugas et d’orques juvéniles découvert en Russie
Exploitation pour le spectacle

11 orques et 90 bélugas entassés dans des enclos flottants au fond d’une baie en mer d’Okhotsk, entre Sakhaline et le Kamtchatka… Une grue soulevant dans le ciel l’une de ces orques en partance pour la Chine… Ces terribles images relayées par la presse internationale nous montrent à quel point l’industrie de la captivité est devenue une poule aux œufs d’or sous le règne de Vladimir Poutine. Nous ne pouvons pas laisser le gouvernement russe vendre des orques et des bélugas aux 72 delphinariums géants qui couvriront bientôt la Chine ! Avec nous, interpellez les autorités responsables de ce crime contre la vie sauvage !

Suite au scandale international qui a suivi la découverte de cette détention, la Russie vient d’annoncer l’interdiction de la capture des orques et des bélugas à partir de 2019. C’est une belle victoire ! Battons-nous pour la libération des individus détenus dans la prison flottante de l’Extrême-Orient russe.

Aujourd’hui, le sort de 25 de ces petits bélugas est toujours en suspens, car ils sont âgés de moins d’un an et n’auraient jamais dû être capturés selon la loi russe.
Quant aux orques, dont le prix peut dépasser le million de dollars par individu, leur vente à l’étranger est elle aussi supposée interdite : seules les captures destinées au marché intérieur, au nom de la recherche et de la pédagogie, restent autorisées.

Les quatre sociétés qui gèrent ce camp de regroupement dans l’Extrême-Orient russe font déjà l’objet d’enquêtes judiciaires pour des ventes antérieures de cétacés à des clients chinois. Mais certaines entreprises semblent trop proches du pouvoir pour être inquiétées, selon les médias russes qui accompagnaient la commission d’experts dépêchés sur les lieux par le parquet de Vladivostok.

Ceux-ci découvrent un spectacle dantesque : dans la baie perdue de Srednyaja baignée par le brouillard, des dizaines d’enclos s’alignent le long de la jetée. Des orques s’y meuvent à l’ombre d’auvents qui coiffent leurs cages flottantes, onze juvéniles répartis par groupes de trois ou quatre. Toutes ont été capturées près des îles Chantar durant l’été. La population de ces orques chasseuses de phoques se réduit aujourd’hui à moins de 300 individus. Leur culture alimentaire est totalement carnivore, aussi faut-il rééduquer les captifs pour qu’ils acceptent d’avaler du poisson mort. À Shanghai, quatre épaulards capturés dans la même mer d’Okhotsk ont déjà commencé leurs shows sous les applaudissements d’une foule enthousiaste.

Dans les enclos à ciel ouvert destinés aux bélugas, les inspecteurs stupéfaits voient se presser vers eux, comme une volée de moineaux, des juvéniles par dizaines avec la peau encore grisâtre de l’enfance. Leur bouche édentée s’ouvre misérablement pour quémander de la nourriture. Un seul enclos enferme jusqu’à treize de ces malheureux aux visages enfantins. L’un d’eux se met à cracher de l’eau maladroitement, un tour appris pour amuser les visiteurs. Plus loin, un béluga non sevré, tout à fait minuscule, attend seul dans un container de transport. Que vont devenir tous ces petits ? Pourra-t-on jamais les ramener chez eux ?

Comme dans un cauchemar en boucle, le succès commercial des delphinariums que nous avons subi dès les années 1960 se répète en Asie. Dauphins sauvagement capturés et stockés dans des enclos flottants en Floride avant la vente, bassins minuscules, morts précoces, spectacles vulgaires et bruyants, etc. Toutes ces pratiques cruelles que nos parcs marins tentent de faire oublier, ressurgissent tout à coup à la face du monde. La seule lueur d’espoir pour les orques et les bélugas russes, c’est la poignée de scientifiques courageux et de militants qui luttent sans relâche et non sans risques pour sauver la faune sauvage de leur magnifique pays.
Aidons-les !

Écrivez à l’ambassadeur de Russie (un modèle est à télécharger icipour lui demander que son pays cesse le trafic d’orques et de bélugas vers la Chine !

A l’attention de son Excellence,
Monsieur Mechkov,

Ambassadeur de la Fédération de Russie en France

40-50 Boulevard Lannes
75116 Paris

Twitter @ambruspresse

Facebook : www.facebook.com/ambassadeRussieFrance

Photo : ©Serena Livingston/Dreamstime.com

A Yulin, les vétérinaires découvrent que les chiens ne sont pas des objets

A Yulin, les vétérinaires découvrent que les chiens ne sont pas des objets

A Yulin, les vétérinaires découvrent que les chiens ne sont pas des objets
16.11.2018
A Yulin, les vétérinaires découvrent que les chiens ne sont pas des objets
Autre campagne de l’association (ou multiples)

A Yulin, connu pour son festival de la viande de chiens, notre partenaire ACTAsia enseigne aux vétérinaires chinois que les animaux souffrent et la compassion

En Chine, l’idée que l’animal est un être sensible émerge à peine ! Notamment à Yulin, où se tient tous les ans une gigantesque tuerie de chiens. Grâce au fabuleux travail de notre association partenaire ACTAsia, les vétérinaires de la région réalisent maintenant que les canidés ressentent la douleur et la peur.

On pourrait croire à un « scoop » satirique : en 2018, des vétérinaires chinois apprennent que les chiens ressentent de la peur et de la douleur ! Et pourtant, il s’agit là d’une réalité. Dans certaines contrées reculées de l’Empire du Milieu, les professionnels en charge de la santé animale ignoraient encore, il y a peu, qu’ils soignaient des êtres sensibles !

C’est le désolant constat qu’à fait l’association locale ACTAsia dont nous sommes partenaires au sein de la Fur Free Alliance et que nous soutenons depuis 10 ans pour financer notamment des actions d’éducation à l’empathie vis-à-vis des animaux dans les écoles chinoises. Comme cette ONG, nous sommes en effet convaincus que la conscientisation des esprits représente un travail de longue haleine et que les sensibiliser dès le plus jeune âge à certaines vérités permettra d’en finir, un jour ou l’autre, avec la notion d’animal-machine.

Former les professionnels

Mais se réfugier dans l’espoir d’une évolution des mentalités dans quelques décennies ne suffit pas. Trop de victimes innocentes endurent, à chaque seconde, des tortures qui pourraient être évitées si les humains, déjà adultes, acceptaient de remettre en question leurs croyances et leurs comportements.

Or comment faire quand même les supposés détenteurs du savoir présentent d’énormes lacunes dans le domaine de la neurologie ?  Comment agir quand des vétérinaires chinois considèrent encore que les animaux ne ressentent ni douleur physique ni angoisse mentale ? Beaucoup d’entre eux n’utilisent toujours pas d’anesthésie, même pour les stérilisations ! Et cela par simple méconnaissance…

Dans son combat contre l’obscurantisme, ACTAsia s’est donc aussi lancée dans l’élaboration d’une formation des vétérinaires asiatiques avec l’ONG australienne Vets for compassion (VFC). Objectif : encourager la pratique des anesthésies pour toutes les opérations et, à travers cette nouvelle approche, changer le regard des professionnels sur les animaux et leurs souffrances.

Atteindre la région de Yulin

Cette année, ce programme « Train the trainer » a gagné la province pauvre et reculée de Guangxi au sud de la Chine. Il s’agit là d’un progrès sans précédent dans une région rurale réputée pour son appétit pour la viande de chien et son manque de compréhension du bien-être animal.

La route pour se rapprocher du centre de contrôle des maladies animales de Yulin et des vétérinaires y officiant, s’est révélée ardue. Cette ville est tristement connue pour le festival qui s’y tient chaque année. Tous les 21 juin, on y célèbre en effet le solstice d’été dans un bain de sang lors du « Yulin Dog Meat Festival ». En cause, une superstition bien ancrée voulant que consommer de la viande de canidé, notamment pendant les jours les plus longs, favoriserait une bonne santé. Des milliers de chiens, et aussi de chats, y sont donc régulièrement transportés – avec un pic à cette saison – dans des conditions épouvantables. Ils endurent l’enfer : entassés les uns sur les autres dans des cages, au bord de l’asphyxie, ils attendent d’être ébouillantés et dépecés, parfois vivants, pour être mangés.

En 2017, pas moins de 11 millions de personnes dans le monde ont signé des pétitions, dont celle de One Voice, afin de tenter d’abolir ce festival de l’horreur. Malgré un bref espoir de répit, la gigantesque tuerie n’a malheureusement connu aucune trêve à ce jour. Pire, un second marché a émergé sous l’impulsion de certaines associations qui achètent les chiens pour les sauver. Plutôt que de mettre un frein aux atrocités, cela n’a fait qu’entraîner une explosion de l’offre et du commerce : les marchands continuent de vendre les « beaux » chiens pour la viande, tout en s’en procurant d’autres, plus malingres, plus malades, destinés aux défenseurs des animaux. Mais ceux-ci se retrouvent submergés et incapables de s’occuper correctement des pauvres rescapés.

Gagner les esprits

Dans ce difficile contexte, ACTAsia ne s’est pas découragée. Ses formateurs, originaires d’Australie et de Nouvelle-Zélande, ont pu collaborer avec les vétérinaires chinois et disent avoir été très impressionnés et émus par leur volonté d’apprendre. Ils ont pu leur enseigner la vaccination des chiens contre la rage, l’utilisation des dernières techniques de stérilisation pour contrôler le nombre d’individus errants et, peut-être le plus important, le respect de l’animal en tant qu’être sensible.

Mieux encore, ACTAsia constate qu’en proposant ainsi des solutions pratiques aux professionnels et en leur démontrant l’importance de la compassion, leur regard se transforme, modifiant du même coup celui des citoyens autour d’eux.

One Voice salue le remarquable travail de fond mené par son partenaire et la persévérance de tous ses acteurs de terrain. Un long chemin reste encore à parcourir pour que leur message gagne tous les esprits. Mais nous soutiendrons leurs efforts sans relâche pour favoriser une véritable révolution sociétale.

La chronologie de la grossesse de Morgan soulève de nombreuses questions

La chronologie de la grossesse de Morgan soulève de nombreuses questions

La chronologie de la grossesse de Morgan soulève de nombreuses questions
15.11.2018
La chronologie de la grossesse de Morgan soulève de nombreuses questions
Exploitation pour le spectacle

Capturée et enfermée entre quatre murs, Morgan vient de donner naissance à un bébé. Et malgré leurs affirmations, les delphinariums SeaWorld et Loro Parque, qui les détiennent tous les 3: elle, le père et le petit, savaient parfaitement ce qu’ils faisaient. Les dates ne mentent pas, les faits sont là.

Morgan, l’orque libre capturée aux Pays-Bas et enfermée dans le bassin de Loro Parque par SeaWorld, n’aurait jamais dû tomber enceinte. Pourquoi ?! Car dès l’instant où SeaWorld a annoncé la fin de son programme de reproduction d’orques, tous ceux captifs à Loro Parque – alors la « propriété » de SeaWorld – auraient dû être soumis aux mêmes conditions.

Depuis l’annonce de la grossesse de Morgan, tous ses défenseurs – comme l’a parfaitement décrit Ingrid Visser et son avocat, cet été à Superpod – cherchent à savoir de quand date le début de celle-ci. Une seule possibilité: la déduire de la date de naissance de sa fille! Ô surprise, la conception a lieu un mois après l’arrêt de la reproduction des orques en captivité, et les orques du Loro Parque appartenaient encore tous à SeaWorld à ce moment là, y compris le mâle qui l’a fécondée!

Deuxième point important à prouver, que les directeurs des delphinariums Loro Parque et SeaWorld étaient au courant de cette grossesse lors de leur déclaration sous serment qu’aucune orque n’était enceinte le 9 octobre. La Free Morgan Foundation, membre, comme One Voice de Dolphinaria-Free Europe, défend Morgan depuis sa capture. Elle a annoncé que sa grossesse n’était en rien un hasard: ce n’était pas un « accident » comme le prétend Javier Almunia (responsable de la Fondation Loro Parque et « en charge » de Morgan) mais bien une tentative des delphinariums d’encore et toujours faire de l’argent sur le dos des animaux, quoi qu’il en coûte, quitte à contourner les règles. On ne met pas deux orques de sexe différent, sans contraception et en âge de se reproduire dans le même bassin par hasard.

 

 

Donc que ce soit pour Morgan ou pour le père de la petite orque née le 22 septembre 2018 dans un bassin, et qui jamais ne verra l’océan, il est à présent difficile de nier l’évidence: les deux entreprises étaient au courant et ont bel et bien agi en toute connaissance de cause!

Article librement traduit du site de la Free Morgan Foundation – tous droits réservés

Les cirques bafouent l’intelligence et la sensibilité des éléphants

Les cirques bafouent l’intelligence et la sensibilité des éléphants

Les cirques bafouent l’intelligence et la sensibilité des éléphants
14.11.2018
Les cirques bafouent l’intelligence et la sensibilité des éléphants
Exploitation pour le spectacle

Ils sont encore une trentaine. Une trentaine d’éléphants sur les routes de France, transportés de ville en ville, enfermés, isolés parfois, en souffrance. Parmi eux, Lechmee aveugle et paralysée mais toujours brinqueballée. Les soins que lui dispensent ses amies sont bouleversants. Ils illustrent bien l’identité des éléphants, si sensibles, capables de compassion et de consolation… Car les découvertes concernant leurs capacités cognitives s’accumulent. Combien en faudra-t-il encore pour obtenir la fin de leur calvaire dans les cirques?

On connaît déjà leur mémoire, leur empathie, leur altruisme. On sait qu’ils honorent leurs morts, qu’ils coopèrent. Peut-être même, la sagesse de leur savoir vivre ensemble devrait être source d’inspiration pour les humains. Pourtant, ils continuent à être exploités de la pire façon qui soit.
Les éléphants sont les esclaves des cirques. Contraints à coups de pique de lever une patte, de faire le poirier, un tour de piste… puis renvoyés dans leur sombre remorque. Comment cela est-il encore possible, alors que nous savons, et qu’il est même scientifiquement prouvé, à quel point ils sont intelligents?

Une récente étude a montré les étonnantes capacités mathématiques d’une éléphante d’Asie. Elle a prouvé son aptitude à évaluer des quantités relatives, ce qu’on ne croyait le fait que de l’espèce humaine jusqu’à présent. Pour cela, plusieurs éléphants ont été confrontés à des images représentant diverses quantités de fruits. Parmi les quatre individus testés, seule Authai a réussi le test, c’est à dire à déterminer, entre deux images, sur laquelle il y avait le plus grand nombre de fruits, quelle qu’en soit la taille. D’autres recherches sont nécessaires afin de généraliser ce résultat, déjà enthousiasmant, à l’espèce.

Bien sûr, il ne devrait pas être nécessaire de prouver la souffrance engendrée par une pratique pour y mettre un terme. Mais concernant les éléphants, et comme pour de nombreuses autres espèces, il semblerait que quelles que soient les découvertes faites à leur propos, rien ne soit suffisant! Il n’y a pourtant qu’à observer la pauvre Lechmee regarder Mina et Kamala l’entourer de mille soins et l’aider à se nourrir, pour appréhender la compréhension dont les éléphants sont capables, la complexité de leurs liens sociaux et de leurs capacités cognitives… Pas même la cécité de Lechmee, sa patte handicapée, son âge et celui de ses amies, les violences que nous avons filmées, la réglementation non respectée, ne semblent réussir à convaincre les autorités de mettre un terme à leur terrible exploitation…

Mais pour Lechmee, Mina et Kamala et pour tous les autres détenus des cirques nous continuerons à nous battre sans relâche!

Dans l’élevage fermé d’Emagny, des visons sont encore encagés!

Dans l’élevage fermé d’Emagny, des visons sont encore encagés!

Dans l’élevage fermé d’Emagny, des visons sont encore encagés!
12.11.2018
Dans l’élevage fermé d’Emagny, des visons sont encore encagés!
Exploitation pour la Mode

A l’heure où Jean-Paul Gaultier vient d’annoncer qu’il cesserait d’utiliser de la fourrure, à Emagny, près d’un an après l’annonce de la fermeture de l’élevage, il y a toujours des visons dans les cages et les conditions de détention n’ont changé en rien! Dans le cadre de notre plainte, nous avons envoyé un huissier pour attester de leur présence. One Voice est la première à lancer ce genre de procédure, c’est inédit.

Un huissier dans un élevage de fourrure, une première!

L’élevage de visons d’Emagny est l’un des six élevages français dans lesquels nous avons fait une enquête en 2016. Nous y avions relevé un grand nombre d’irrégularités: hygiène, pollution des sols et de l’eau, visons survivant les uns sur les autres dans des cages minuscules… Lors de sa demande d’agrandissement en avril 2017, nous avons porté plainte pour actes de cruauté, défaut de soins, mauvais traitements et pollutions variées, contre le propriétaire, déjà condamné par le passé. L’élevage dit avoir fermé mais a néanmoins déposé, en mai dernier, un recours pour faire annuler l’arrêté préfectoral lui refusant l’agrandissement.

A la fin de l’été, nous avons obtenu du Tribunal de Grande Instance de Besançon qu’un huissier visite l’élevage, afin de faire constater la présence de visons vivants dans les cages. Le vétérinaire que nous avons missionné pour accompagner l’huissier, confirme leur présence, les mauvais traitements qu’ils subissent, et l’extrême urgence à sauver les animaux.
Nous réclamons que les visons restants nous soient confiés afin de les placer dans un sanctuaire.

Vers une mode sans fourrure, visons le respect

Nous n’avons de cesse de dénoncer les conditions de vie et l’existence même des élevages pour la fourrure. Ces lieux doivent être bannis, non seulement à cause de la souffrance qu’ils font subir à ces êtres sensibles et intelligents, enfermés et entassés à vie dans de minuscules cages grillagées, douloureuses pour les pattes et stressantes au point de susciter agressions et automutilation.

Les pouvoir publics doivent aussi prendre la mesure du danger de cette pollution durable des sols et des cours d’eau (déjections, cadavres, et autres) pour nous, et pour la biodiversité elle-même. Les visons d’Amérique, exploités par cette industrie, sont plus gros et plus forts que ceux qui vivent depuis des milliers d’année en Europe. Dès lors, le peu qui s’échappe empire la situation déjà dramatique de ces petits mammifères habitants des zones humides, et en cours de disparition sur notre territoire.

Un engagement communicatif

Avec la fourrure, l’industrie du luxe et de la mode cherche à nous vendre du superflu et du « beau ». En elle, nous ne voyons que cruauté, mauvais traitements et mort lente. Tant de personnes partagent ce point de vue! D’ailleurs, Jean-Paul Gaultier, l’un de nos créateurs les plus emblématiques vient d’annoncer samedi 10 novembre sa décision de ne plus recourir à la vraie fourrure, même d’occasion, pour ses prochaines collections. C’est une excellente nouvelle, qui nous invite plus que jamais à renforcer le combat pour ces animaux.

 

.@JPGaultier vient d’annoncer sur @canalplus qu’il arrêtait la fourrure dès la prochaine collection automne-hiver. Les visons, les renards,… vous disent merci. #stopfourrure #furfree #visonslerespect pic.twitter.com/f75KR9nbgl

— One Voice (@onevoiceanimal) 10 novembre 2018

Pour les visons, les renards, les chinchillas, tous les moyens légaux doivent être entrepris contre cette industrie morbide. Les animaux ont trop souffert, la planète est trop mal en point pour que nous continuions à agir comme par le passé. L’industrie textile doit se réinventer.
Pour vous aider à faire des achats éclairés garantis par nos labels, visitez notre site dédié. Vous pouvez également signer notre pétition pour interpeller le Premier Ministre au sujet des élevages qui demandent à s’agrandir alors que nous réclamons leur fermeture.

Photographies extraites de la plainte déposée auprès du procureur de Besançon $(document).ready(function(){ $(‘.diaporama’).bxSlider(); });

Les oies cendrées elles aussi dans le viseur du ministère de la Transition écologique et solidaire!

Les oies cendrées elles aussi dans le viseur du ministère de la Transition écologique et solidaire!

Les oies cendrées elles aussi dans le viseur du ministère de la Transition écologique et solidaire!
09.11.2018
Les oies cendrées elles aussi dans le viseur du ministère de la Transition écologique et solidaire!
Animaux sauvages

Vous vous souvenez, l’an dernier, quand Willy Schraen était sorti colère du bureau de Nicolas Hulot? Il n’avait pas obtenu de pouvoir tuer des oies cendrées, – espèce protégée (ce terme a l’air compliqué à comprendre) – dès le mois de février! Les chasseurs ayant « eu la peau » de l’ancien ministre de la Transition écologique et solidaire, devinez ce qui est de retour… A nous de mettre ce projet de loi au tapis!

Edit du 3 janvier 2019

Ça y est, le Ministère de la Transition écologique et solidaire lance la consultation publique sur l’allongement de la période de chasse des oies cendrées, rieuses et des moissons.
Comme nous, prenez part à cette consultation: laissez votre avis!
Les oies sauvages ne doivent pas payer de leur vie leur passage dans le ciel français.
Pour l’instant, seuls les chasseurs ont pris la parole sur le sujet, et bénéficient de l’oreille bienveillante du gouvernement.

Maintenir la durée de la saison de chasse de l’oie cendrée fut, en matière de protection de la faune sauvage, le seul point sur lequel Nicolas Hulot alors ministre d’Etat avait réussi à tenir bon contre la Fédération des chasseurs et son lobby. En février 2018, tels des casseurs, des chasseurs mécontents avaient alors vandalisé une voiture de la gendarmerie en la jetant sur le flanc, pendant leur manifestation!

Les #chasseurs réclament le droit de tuer les #oies cendrées encore plus longtemps en retournant une voiture de #gendarmerie car ils n’ont pas ce qu’ils veulent! Tout à fait normal. https://t.co/08QZB5DUKt

— One Voice (@onevoiceanimal) 12 février 2018

Les chasseurs sont insistants, et le Président de la République leur voue tous les égards. La durée de la saison de chasse des oies cendrées est remise en cause par un projet de loi en ce moment même en cours d’élaboration dans les bureaux du ministère de la Transition écologique et solidaire.

La dérogation de la directive « oiseaux », permettant la protection des oiseaux migrateurs et donc des oies cendrées se base sur l’argument qu’elles feraient des dégâts. Pourtant, si les dégâts sont avérés… non seulement ils sont principalement aux Pays-Bas mais ils concernent principalement des oies qui ne passent pas par la France, sans compter qu’une grande partie y est sédentaire! En février, avec cette loi, les oies cendrées seront chassées, alors que cela était interdit jusqu’à présent à cette période!

L’article commence ainsi: « Nul ne peut chasser en dehors des périodes d’ouverture de la chasse fixées par l’autorité ». Si l’on comprend bien, pour éviter que des personnes tirent sur les oies en dehors de la saison de chasse (cela s’appelle du braconnage), le ministère augmente cette période. Ainsi, ces personnes tirent sur les oies en toute légalité… (et cela s’appelle alors de la régulation par la chasse). De qui se moque-t-on? Les oiseaux ont le plus grand mal à survivre de nos jours, et les oiseaux migrateurs ne sont pas protégés pour rien!

Notons aussi qu’à aucun moment, ces oies ne sont considérées comme des individus sentients. Pourtant, ce sont des êtres particulièrement sensibles. L’abattage d’un individu n’est pas anodin ! Les couples sont fidèles et le plus souvent à vie, au point que lorsque l’un des partenaires décède, l’autre peut rester seul des années, voire ne plus jamais se remettre en couple… Même en vol, ils restent près l’un de l’autre. Et lorsque la femelle couve ses oeufs, c’est son compagnon qui en prend soin et la protège. Si on lui propose une friandise, il ne la mangera pas pour la lui donner !

Il ne faut pas que ce projet de loi soit voté! Et si toutefois c’était le cas, nous l’attaquerons immédiatement devant le Conseil d’Etat.

Au cirque Lydia Zavatta, on « dresse » même les humains

Au cirque Lydia Zavatta, on « dresse » même les humains

Au cirque Lydia Zavatta, on « dresse » même les humains
09.11.2018
Val-de-Marne
Au cirque Lydia Zavatta, on « dresse » même les humains
Exploitation pour le spectacle

Les circassiens ont encore frappé! Une fois de plus, l’une de nos militantes a été agressée alors qu’elle militait pacifiquement pour des chapiteaux sans animaux. L’affaire a eu lieu à La Queue-en-Brie le 24 octobre dernier. La violence envers et contre tout-e-s semble être le maître mot chez les oppresseurs de la vie sauvage.

L’ouverture d’esprit et le dialogue ne sont décidément pas le fort de certains cirques. Il faut dire que lorsqu’on a l’habitude d’exercer son pouvoir sur les grands fauves, pourquoi s’arrêter devant une femme sans défense, ayant pour seules armures un appareil photographique et quelques questions dérangeantes?

Une militante agressée

Christine Laure (il s’agit d’un pseudonyme) l’une  de nos fidèles militantes, en a fait l’amère expérience. C’était le 24 octobre dernier, à La Queue-en-Brie (Val de Marne). Alors que le cirque Lydia Zavatta s’était installé pour quelques jours sur cette commune, notre sympathisante s’est rendue sur place pour réaliser une série de prises de vue des lions, tigres, chameaux, lamas, dromadaires, zébus et équidés végétant à l’extérieur du chapiteau. Particulièrement émue par les comportements stéréotypés des félins et leurs conditions de détention épouvantables, Christine s’est ensuite dirigée vers le magasin (une grande enseigne de jouets) dont le parking hébergeait les forains. Son objectif était de sensibiliser la marque au calvaire des animaux otages des spectacles vivants. Mal lui en a pris… À l’accueil, elle s’est retrouvée nez à nez avec deux circassiens, puis un troisième qui, selon son témoignage, l’ont d’abord outrageusement insultée alors qu’elle leur demandait poliment s’il était concevable d’exercer leur métier autrement qu’avec des animaux.  Malgré le flot d’injures qui pleuvait et l’ordre de « dégager », Christine ne s’est pas démontée. Elle rapporte que dans les cinq minutes qui ont suivi, l’un des hommes s’est saisi violemment du haut de son bras et de son poignet pour lui indiquer de force la sortie. Résultat de l’opération : Dépôt de plainte contre l’agresseur présumé, vives douleurs et I.T.T de quatre jours…

La violence comme métier

La mésaventure de Christine Laure n’est malheureusement pas un cas isolé. Pas plus tard qu’en septembre dernier, d’autres membres de notre équipe ont également fait les frais de la brutalité de circassiens différents dans la ville de Narbonne. Face à de tels agissements, force est de constater qu’engager un semblant de réflexion constructive avec des partisans endurcis de la maltraitance relève de la mission impossible. L’hostilité et la violence se révèlent coutumières dans ce milieu. Il n’y a qu’à observer l’état de détresse absolue des lions, tigres et autres victimes sauvages, séquestrées dans des boites entre deux numéros où on les transforme en clowns, pour s’en convaincre.

Bras de fer

Pour autant, nous ne relâchons pas nos efforts. Puisque c’est un combat qu’il faut mener, nous le poursuivons. En guerriers pacifiques, mais en guerriers tout de même. Pour sauver les lions et les tigres détenus par les propriétaires de Lydia Zavatta, nous portons donc plainte contre ce cirque et nous continuerons à militer contre tous les oppresseurs de la vie sauvage, qu’on appelle « dompteurs », aussi longtemps qu’il y en aura. Vous pouvez nous aider dans ce bras de fer en soutenant notre pétition ainsi qu’en vous mobilisant en contactant les municipalités et les grandes surfaces qui accueillent encore ces « divertissements » d’un autre âge. En revanche, évitez l’affrontement direct si vous tenez à vos poignets. L’histoire de Christine Laure en témoigne.

Crédits photographiques : Christine Laure

En l’absence d’un nouvel arrêté delphinarium, One Voice attaque l’Etat et lui réclame 500 000 euros

En l’absence d’un nouvel arrêté delphinarium, One Voice attaque l’Etat et lui réclame 500 000 euros

En l’absence d’un nouvel arrêté delphinarium, One Voice attaque l’Etat et lui réclame 500 000 euros
08.11.2018
En l’absence d’un nouvel arrêté delphinarium, One Voice attaque l’Etat et lui réclame 500 000 euros
Exploitation pour le spectacle

Suite à l’annulation de l’arrêté dit delphinarium de mai 2017 qui destinait ces parcs à une fermeture inéluctable à terme, en interdisant la reproduction en captivité et les échanges et importations de nouveaux cétacés, un nouvel arrêté était attendu. Après mise en demeure, One Voice attaque l’Etat pour refus implicite de republier un arrêté identique sur le fond, et lui réclame 500 000 € pour préjudice moral. La réglementation actuelle, totalement obsolète, date de 1981.

Publié le 8 novembre 2018 à 7h00

Suite à l’annulation, pour vice de procédure, de l’arrêté dit « delphinarium » de mai 2017 qui destinait ces parcs à une fermeture inéluctable à terme, en interdisant la reproduction en captivité et les échanges et importations de nouveaux cétacés, un nouvel arrêté était attendu. Après mise en demeure, One Voice attaque l’Etat pour faute car il refuse de republier un arrêté identique sur le fond, et lui réclame 500 000 € pour préjudice moral. La réglementation actuelle, totalement obsolète, date de 1981.

En mai 2017, Ségolène Royal alors ministre de l’Ecologie avait adopté l’arrêté dit « delphinarium », qui mettait fin, entre autres, à la reproduction en captivité des cétacés, et interdisait les échanges et imports de nouveaux mammifères marins, condamnant in fine les delphinariums à fermer. One Voice avait félicité la prise de position en faveur des animaux.
Mais en janvier 2018, le Conseil d’Etat l’a annulé pour un détail technique: l’arrêté n’avait été soumis qu’à deux consultations du public. Pour le Conseil d’Etat, il en aurait fallu une troisième.
Entre l’annulation et septembre 2018, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, pourtant opposé à la captivité des animaux comme il en a fait part sur France Inter en août 2017, n’a pas publié d’arrêté reprenant le fond du précédent, sur les delphinariums, malgré ses annonces et les demandes répétées de One Voice et de ses partenaires (Sea Shepherd France, Réseaux-Cétacés, la Dolphin Connection).

Nous avons mis en demeure le ministre de la Transition écologique et solidaire de publier un nouvel arrêté interdisant la reproduction et les échanges de cétacés.
Sans réponse de sa part, One voice a engagé un recours pour faute contre l’Etat face à son refus de prendre un nouvel arrêté. Nous demandons à l’Etat 500 000 € pour le préjudice moral causé par cette carence. L’Etat est en faute. A partir du moment où il a reconnu que les dauphins et les orques souffraient, pourquoi n’a-t-il pas pris un nouvel arrêté ?

L’arrêté qui réglemente les delphinariums en France actuellement date de 1981*. Les connaissances scientifiques internationales et le droit des animaux en France ont bien changé en 37 ans!
Les 500 000 € de dommages réclamés à l’Etat seront entièrement consacrés à la création d’un sanctuaire marin pour accueillir les dauphins captifs des delphinariums.

à laquelle s’ajoute la partie spécifique aux cétacés dans l’arrêté de 2004 régissant les parcs zoologiques.

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La seconde vie de Maya

La seconde vie de Maya

La seconde vie de Maya
07.11.2018
Italie
La seconde vie de Maya
Exploitation pour le spectacle

Libérée du cirque grâce à la mobilisation citoyenne, Maya a entamé une nouvelle vie, en Italie, sous notre regard attentif et celui de nos partenaires locaux. Car elle reste détenue, fragile… et toujours dans nos cœurs.

Libérée des chaînes du cirque! Finis les camions-cage, les aires de parking répétées à l’infini, les douleurs muettes mais bien réelles endurées par son corps fatigué. Tout en actant sa libération, l’État français n’a pas entendu notre association qui avait organisé son placement en semi-liberté dans un sanctuaire situé en France. Le cirque qui détenait Maya a pu choisir librement ce qui sera sans doute sa dernière demeure, un zoo italien, proche des réseaux circassiens et qui lui-même organise des spectacles avec animaux.

La victoire aurait donc pu être plus belle encore. Maya, héroïne d’un long combat pour la liberté, aurait été paisible en son sanctuaire limousin, entourée de l’amour de tous ceux qui l’ont soutenue, une icône en somme… mais une icône bien gênante alors que tant d’autres animaux restent exploités derrières des grilles itinérantes, durement dressés à contre-emploi d’une vie sauvage, encagés, soumis, brisés.

Si nous sommes bien sûr heureux pour elle, nous avons décidé de suivre Maya, pour nous assurer de son confort, refuser l’oubli, la distance. Maya vit désormais au Safari Park de Pombia, près de Novare (Piémont). Sur 45 hectares, l’établissement propose un concept de « safari », avec un lacis de routes goudronnées d’où les visiteurs peuvent en circulant en voiture approcher de animaux de la savane en semi-liberté ou l’enclos de certains autres. C’est le cas pour Maya.

Nos enquêteurs ont pu l’observer et constater qu’elle allait mieux. Arrivée éreintée au début de l’été, dénutrie, percluse d’arthrose et souffrant d’une infection au postérieur droit, Maya a désormais plus d’allant. Nourrie de foin frais, elle peut circuler dans son « domaine », un terrain pentu de 5 000 m2, agrémenté d’un toit pour la protéger du soleil (mais le climat du Lac Majeur, tout proche, n’est pas celui de l’Asie!), un bassin de béton qui lui donne accès à l’eau. Maya joue avec la terre qu’elle prend au sol de sa trompe et s’en asperge le dos avec ravissement. De la terre, plus de bitume!

Nous avons observé qu’une sorte de parcours de grosses pierres levées réduit l’espace disponible, sans beaucoup d’enrichissement, et surtout que l’accès aux stalles (un hangar de 220 m2), où Maya pourrait se reposer à l’abri des regards, est fermé dans la journée.

Le Safari Park de Pombia s’est félicité sur Internet de l’arrivée de Maya, son unique éléphante, qui accrédite l’utilité de son association « SOS Elefanti Onlus », revendiquant une activité de sauvegarde des éléphants d’Asie. Les tickets d’entrée sont ainsi clairement censés aider à financer ce programme… sur lequel il est impossible d’obtenir des informations concrètes. Claudio Aimone, son directeur scientifique, n’a jamais répondu à nos demandes de renseignements, pas plus sur la raison motivant à barrer l’accès aux stalles en journée, une pratique courante dans les zoos, quoi que peu conforme avec les exigences du bien-être des animaux.

Alors, vigilants, épaulés par nos partenaires italiens de la LAV, nous allons agir pour être éclairés sur les choix encadrant la seconde vie de Maya. Nous avons sollicité un éminent expert vétérinaire, le Docteur Willem Schaftenaar, conseiller de l’association européenne des parcs zoologiques, qui a visionné les vidéos récemment tournées au Safari Park par nos équipes. C’est également le cas du Pr Donald Broom, de l’Université de Cambridge, qui a trouvé les conditions bonnes, sans commune comparaison avec celles qu’a connues Maya pendant des décennies dans le cirque. Les opinions de ces deux experts ont été jointes au courrier que nous avons adressé au ministre italien de l’Environnement, afin que, là-bas comme ici, on soit informé en plus haut lieu que le destin de ces bagnards du cirque est devenu une cause commune, et non le seul fait d’exploitants.

Maya souffre des séquelles d’une vie volée, éreintée par les transports répétés et les expositions en lieux et modes inadaptés. Alors qu’elle pourrait retrouver goût à des gestes qui lui étaient interdits depuis des dizaines d’années de vie de cirque, voilà qu’il lui faut à l’évidence se réadapter, mais surtout être entourée de soins appropriés, y compris dans son alimentation, ses exercices physiques. Un enclos très enrichi, un tas de sable où se reposer, une vraie possibilité de tranquillité à l’abri des regards semblent, de l’avis des spécialistes, importants pour reconstituer Maya, l’apaiser les maux physiques et mentaux (stéréotypie) qui lui pèsent après une vie si dure. Tout cela a été relayé au ministre d’un pays ayant officiellement banni les animaux sauvages et domestiques des cirques. Espoir? En Italie, comme ici, il nous faut surveiller, interroger, débattre voire combattre…

Goûtons néanmoins et sans modération cet épisode plus heureux, qui n’effacera pas une vie de misère, celle de tant d’éléphants, grands félins et autres animaux sauvages n’ayant rien à faire sur les routes et derrière les grilles des cirques avec animaux. Le Professeur Broom et le Docteur Schaftenaar expliquent tous deux qu’une stéréotypie installée est extrêmement difficile voire impossible à faire partir. Alors même si le transfert dans ce parc n’était pas l’idéal, cela aura permis d’améliorer de façon très nette ses conditions de détention et plus encore de supprimer le traumatisme lié à l’itinérance: transports incessants et changements de lieu. Notre courrier fait ainsi suite à notre étroite surveillance de Maya.

One Voice reste auprès de Maya, ne la laissera pas seule et vous donnera de ses nouvelles dès que possible. Car remarquable est sa nature : brisée par 40 années de détention, elle montre aujourd’hui des signes évidents, simples, d’une joie nouvelle. Un vrai bien-être après tant de souffrance, c’est le moins qu’on lui doive…