Gestion de la cohabitation du Loup et des activités pastorales : mieux protéger les troupeaux et reconnaître l’utilité des loups

Gestion de la cohabitation du Loup et des activités pastorales : mieux protéger les troupeaux et reconnaître l’utilité des loups

Gestion de la cohabitation du Loup et des activités pastorales : mieux protéger les troupeaux et reconnaître l’utilité des loups
05.10.2020
Gestion de la cohabitation du Loup et des activités pastorales : mieux protéger les troupeaux et reconnaître l’utilité des loups
Animaux sauvages

Tribune commune regroupant Animal Cross, ASPAS, Ferus, FNE AuRA, LPO AuRA et One Voice sur la protection des loups en France, après des tirs contre eux en Haute-Savoie.

Depuis quelques années, on assiste à un assouplissement très inquiétant des règles de gestion du Loup.

Alors qu’auparavant les tirs de défense ne pouvaient être ordonnés qu’en cas d’attaque avérée, la réglementation actuelle permet d’autoriser ces tirs en l’absence de toute attaque, « dès lors que des mesures de protection ont été mises en œuvre ou que le troupeau est reconnu comme ne pouvant être protégé » (art 13 de l’arrêté ministériel du 19.02.2018).

Des tirs d’effarouchement abandonnés, les exécutions privilégiées

Les tirs d’effarouchement (tirs non létaux avec « des munitions (balles ou chevrotines) en caoutchouc ou à grenaille métallique, du numéro 8 et au-delà, soit d’un diamètre inférieur ou égal à 2,25 mm » (Arrêté ministériel du 19-02-2018) sont pratiquement abandonnés.

Pourtant l’individu loup qui a subi un tel tir établira vraisemblablement un lien entre celui-ci et le troupeau convoité, et mémorisera le territoire ainsi protégé (1). Il y a de grandes chances qu’il ne renouvelle pas l’expérience et de plus, il pourra transmettre l’information à la meute à laquelle il appartient. Par contre, un loup tué sera remplacé tôt ou tard par un autre, ce qui est contre-productif et finalement inefficace ! C’est ce que montrent les dernières études scientifiques (2).

Au cours des ans, le législateur et les pouvoirs publics ont ainsi perdu de vue l’objectif premier des tirs, qu’ils soient d’effarouchement, ou simples, pour finir par satisfaire le désir d’éradication des loups exprimé par une partie du monde de l’élevage.

Des autorisations de tirs de défense sans attaque et sans protection des troupeaux

Aujourd’hui, sous la pression des organisations agricoles, les autorisations de tirs de défense sont accordées sans que le troupeau ait subi d’attaque et sans qu’il ait été prouvé que le cheptel domestique est protégé efficacement. Sur les 71 autorisations de tirs de défense accordées en 2020 en Haute-Savoie (au 20 septembre 2020, source DREAL), seulement 18 éleveurs avaient subi des dommages en 2020 et 18 en 2019 (dont 8 en 2019 et 2020). On peut lire dans les « considérants « des autorisations préfectorales de tir que la proximité (toute relative) d’élevages ayant connu une prédation, ou mieux encore, la proximité de communes ayant elles aussi connu des prédations, suffit à autoriser des tirs. C’est ainsi que sur un espace de quelques dizaines d’hectares, on peut avoir 8 autorisations préfectorales de tirs simultanées, comme c’est le cas sur le plateau des Glières.

Des protections de troupeau de plus en plus laxistes

Selon l’arrêté du 19/02/19, les tirs de défense peuvent être ordonnés dès lors que le troupeau est considéré comme protégé (condition remplie par l’installation effective et proportionnée de moyens de prévention » article 6) ou que son troupeau est reconnu comme non protégeable.

Et le choix des moyens de protection doit être « proportionné » aux risques encourus.

La DDT n’a pas les moyens de vérifier sur le terrain la réalité permanente de ces mesures de protection, elle se base sur la déclaration de l’éleveur. Des bénévoles d’associations de protection de la nature témoignent régulièrement, et alertent les pouvoirs publics, de l’absence ou de lacunes de protection dans certains élevages, alors que toutes les études montrent que le triptyque de protection berger-chien-clôture électrique est efficace pour diminuer la prédation.

Ainsi sur 17 troupeaux d’ovins ou de caprins visités cette année en Haute-Savoie, tous situés dans des zones à loup (cercle 1) :

  • Onze d’entre eux n’ayant aucune protection ou ayant une protection présentant des failles importantes, ont subi 49 attaques, soit plus de la moitié des attaques de Haute-Savoie (n=96).
  • Parmi ces onze, quatre bénéficiaient d’une autorisation de tir de défense simple (TDS pour un seul tireur) et deux d’une autorisation de tir de défense renforcée (TDR pour plusieurs tireurs).
  • Un troupeau avait des moyens de protection présentant des lacunes, mais n’a subi aucune attaque. Il bénéficiait d’une autorisation de tir de défense simple.
  • Et enfin cinq d’entre eux étaient bien protégés, et n’ont subi aucune attaque avant ou après notre visite. Parmi ces cinq, trois avaient une autorisation de tir de défense simple.

Les situations sur le terrain sont donc contrastées, depuis de très bonnes protections jusqu’à la libre circulation de très grands troupeaux.

Voici deux exemples en Réserve Naturelle dans le haut de la vallée de l’Arve. D’un côté, aux Contamines-Montjoie, un exploitant qui élève des brebis pour la fabrication de produits laitiers. Il possède en alpage, surveillées par quatre patous, une centaine de brebis qui évoluent dans des parcs électrifiés, gardées par deux bergers. Cette protection est très efficace puisque son troupeau, à ce jour, n’a jamais été attaqué ! (ref. suivi des dommages aux troupeaux depuis 2017). A noter que l’éleveur a demandé et obtenu une autorisation de tir de défense, alors que son troupeau est en plein cœur de la Réserve Naturelle où il est interdit de tirer «… en dehors des réserves naturelles nationales constituées » Arrêté ministériel du 19-02-2018.

A l’autre extrémité de la vallée, dans la Réserve Naturelle de Passy, plusieurs centaines de brebis, élevées pour la viande, pâturent librement (sans parc) sur des centaines d’hectares. Il y a quand même un berger et un patou, mais ils sont totalement inefficients puisqu’il faut une bonne ½ journée en marchant à bon rythme pour faire le tour de l’alpage. Dans ce cas précis, la protection mise en œuvre, n’est ni adaptée ni efficace contre la prédation. Cette année, le troupeau a déjà subi 10 attaques (déclarées mais pas forcément imputables au loup) ayant causé la mort d’au moins 14 moutons.

Cette comparaison de situations géographiquement voisines montre bien, sauf exception toujours possible, qu’une bonne protection minimise les risques de prédation, et que les attaques ont tendance à se reporter sur les troupeaux les moins protégés, comme cela est montré depuis de nombreuses années par toutes les études scientifiques menées en Europe et en Amérique du Nord.

Cette absence de moyens de protection efficaces dans certains élevages s’explique d’autant moins que leur mise en œuvre est prise en charge à 100 % en R.N. et à 80 % ailleurs.

A titre d’illustration, pour l’achat d’un patou, l’éleveur reçoit 300 €, et  652 € annuellement pour son entretien et pour sa nourriture ; pour subvenir aux frais de gardiennage par un salarié (ou un prestataire), il reçoit 2500 €/mois (ref. Instruction technique sur la protection des troupeaux du  20-12-2019), pour un taux de prise en charge de 100 %. A cela s’ajoutent tout un ensemble de prestations remboursées, exhaustivement décrites dans la circulaire (4).

Des troupeaux de vaches déclarés improtégeables

On trouve dans l’arrêté ministériel du 19-02-2018 la phrase suivante : « Sur la base d’une analyse technico-économique réalisée au cas par cas par la DDT (M) et soumise pour avis au préfet coordonnateur du plan national d’actions sur le loup, un ou plusieurs troupeaux ou une partie d’un troupeau peuvent être reconnus comme ne pouvant être protégés par le préfet de département »).

Sous la pression des organisations agricoles, les troupeaux de bovins sont systématiquement déclarés improtégeables.

Il en découle le remboursement des dommages sans restriction, et l’autorisation de tirs de défense accordée sur simple demande (et actée en quelques jours par les services de la Préfecture).

Pourtant les dommages sur les bovins sont rares : en 2020, deux génisses ont été déclarées tuées et deux autres ont eu des morsures (sans qu’à ce stade la responsabilité du loup n’ait été démontrée); en 2019, un veau a été retrouvé mort avec des morsures, un autre complètement dépecé au vêlage et un veau de 4 jours a été  retrouvé mort. Des observateurs attentifs de la situation sur les Glières notent qu’en 2012, alors que l’on comptait une dizaine de loups sur le massif, aucune attaque ni prédation de bovin n’avait été recensée ! Que s’est-il donc passé en 2020 ? On pourrait aussi se référer aux bonnes pratiques pastorales d’il y a un demi-siècle où celui qui laissait vêler ses vaches sans protection se voyait rabrouer par tous ses pairs. Les enclos de vêlage espagnols peuvent aussi être présentés comme des modèles à suivre.

Plus près de nous, nos voisins du Val d’Aoste utilisent une ou deux vaches d’Hérens (ces vaches très combatives) comme moyen de protection. Celles-ci sont très présentes dans les vallées de Chamonix et des Gets où les troupeaux de bovins n’ont jamais été attaqués (3).

Bientôt des tirs dans les Réserves Naturelles ?

Lors de comités consultatifs des R.N. des Contamines et de Passy, la DDT a évoqué l’année dernière, la possibilité d’effectuer des tirs d’effarouchement dans les Réserves Naturelles.

Pourtant l’arrêté ministériel du 19-02-2018 est clair : « Les moyens d’effarouchement pouvant être mis en place sans demande préalable, en dehors des réserves naturelles nationales constituées ».

Le loup est une espèce protégée, s’il est également chassé des Réserves Naturelles (censées protéger la faune), où peut-il se réfugier ?

Deux loups tués en quelques jours

Deux loups ont été tués en Haute-Savoie en quelques jours, l’un aux Villards-sur-Thônes le 28 juin et l’autre à Cenise vers le 8 juillet.

Et nous avons constaté sur le terrain que l’alpage des Villards-sur-Thônes n’est pas protégé de jour : pas de berger, pas de parc, pas de patou, ce qui devrait remettre en question le tir de défense renforcé dont il bénéficie.

La population de loups en Haute-Savoie est estimée à 3 meutes établies (dont une en grande partie sur la Suisse), auxquelles s’ajoutent quelques individus isolés en dispersion, pour un total d’une vingtaine d’individus.

Des experts font le même constat aux Ministères de la transition écologique et de l’agriculture

Une mission interministérielle (5) a été chargée d’étudier les méthodes de gestion des loups et les mesures de protection de l’élevage dans différents pays européens, voici quelques-unes de ses conclusions :

« La France détient de très loin les records du nombre d’attaques de troupeaux (en valeur absolue ou rapportés au nombre de loups), du coût public de la protection, et du montant des indemnisations de dommages. Cette situation, qui a surpris de nombreux interlocuteurs rencontrés, conduit à s’interroger sur l’efficience du système mis en place au fil des ans par notre pays.

Le système d’indemnisation est également plus exigeant dans les autres pays européens dans la mesure où la mise en place effective des mesures décidées est généralement contrôlée sur le terrain et conditionne le droit à indemnisation.

La France a, depuis plusieurs années, davantage recours aux tirs que les autres pays visités, lesquels l’utilisent de façon très exceptionnelle pour certains et pas du tout pour d’autres. Cela n’a pas empêché la solide installation du loup dans le quart sud-est du pays, ni la forte dynamique de son expansion actuelle. »

Moutons sans protection malgré un TDR au Mont – Les Villards sur Thônes

Plus de chiens divagants

Par ailleurs, et c’est bizarre, il n’y a plus de dommages dus aux chiens divagants, ils sont systématiquement déclarés comme étant imputables au loup. Pourtant, il y a seulement deux décennies, 84 sinistres étaient imputés aux chiens divagants et fleurissait dans tous les alpages ce petit écriteau, qui a vite disparu avec l’apparition du loup en Haute-Savoie :

A titre de comparaison avec les chiffres rappelés sur cet écriteau, en 2019 en Haute-Savoie, « 72 constats seraient indemnisables au titre du loup pour un minimum de 236 victimes » (DDT 74 Dommages sur troupeaux domestiques- Situation au 31 octobre 2019).

Et pourtant, les loups sont utiles à nos écosystèmes

S’il est revenu naturellement en France, ce n’est pas pour rien.

Dans le secteur Arve-Giffre, il est constaté une présence importante de cerfs et autres ongulés sauvages.
Au cours de l’hiver 2018, 120 grands ongulés (cerfs et chevreuils) ont été retrouvés morts sur les communes de Chamonix et des Houches. Les analyses, effectuées par un vétérinaire spécialisé dans la faune sauvage, ont montré qu’ils étaient victimes de sous-alimentation. Cette concentration importante de cerfs a plusieurs conséquences : régénération ralentie de la forêt, consommation préférentielle du sapin alors qu’avec le changement climatique et la crise sanitaire des forêts, il faudrait le favoriser par rapport à l’épicéa, arasement des myrtilliers impactant la gélinotte des bois et le tétras lyre, etc …. On voit par cet exemple, pris parmi d’autres, que le retour du loup est nécessaire à tout une chaîne écosystémique.

Alors, au lieu d’accuser le loup de tous les maux et d’en faire une cible, il est plus que jamais nécessaire de comprendre son utilité pour les écosystèmes de montagne tout en le dissuadant de s’en prendre aux troupeaux domestiques, partout où ceux-ci sont bien protégés. Et il reste beaucoup de progrès à faire dans ce domaine.

  1. Et cela d’autant plus qu’il est doué de sensibilité
  2. « Bruns et al., 2020, Global Ecology and Conservation » et les différents rapports et avis produits par le CNPN et le MNHN soulignent tous l’inefficacité des tirs létaux pour réduire la prédation
  3. Voir dans ce sens « Danvir et al., 2018, Reducing conflict with Grizzly bears, wolves and elk ; a western landowners’ guide. Published by Western Landowners Alliance ; p40«
  4. Circulaire « Instruction technique DGPE/SDPE/2018-124 12/02/2018 »
  5. Rapport de mission de conseil n°18097, https://agriculture.gouv.fr/le-loup-et-les-activites-delevage-en-europe
  6. CR de réunion CT ENS du 05/02/2020 de la CCVCMB

Animaux sauvages captifs : des mesures très floues

Animaux sauvages captifs : des mesures très floues

Animaux sauvages captifs : des mesures très floues
29.09.2020
France
Animaux sauvages captifs : des mesures très floues
Autre campagne de l’association (ou multiples)

Barbara Pompili vient d’annoncer les mesures sur le bien-être animal, attendues depuis plus d’un an, et résultant de groupes de travail dont nous avons fait partie avec les autres associations de défense animale, et les ministres concernés. D’ailleurs, de quoi parle-t-on exactement? D’une loi? D’ordonnances? D’arrêtés? Comme trop souvent en France à ce sujet, on a attendu bien longtemps pour des avancées floues et minimales. Mais personne n’est dupe. Ces mesures vont dans le bon sens, mais sont trop faibles, sont loin de balayer assez de sujets et se situent bien en deçà des attentes sociétales !

Cinq ans pour fermer 4 élevages de visons dont 2 sont traînés en justice ? Il était grand temps!

En quatre ans, sept élevages de visons ont fermé. Il n’en reste donc plus que quatre en fonctionnement. Et parmi ces quatre restants, nous avons engagé des procédures en justice contre deux d’entre eux. L’audience concernant celui de Montarlot est d’ailleurs fixée au 13 octobre prochain.

En tant qu’association rapporteuse du groupe sur la fourrure s’étant réuni au ministère de la Transition écologique durant le printemps et l’été 2019, c’est bel et bien grâce à nos campagnes incessantes et répétées que ces fermes à visons ont fermé au fil du temps ! Avec l’appui de nos partenaires de la Fur Free Alliance qui ont encore récemment interpellé les ambassades de France dans leurs pays.

Quand on pense que la Pologne, deuxième fournisseur de fourrure au monde, va les faire clore et que les Pays-Bas ferment leurs 160 élevages de visons en mars quand ils avaient prévu trois ans pour le faire, on voit que la France prend son temps. Mais nous prenons acte de cette décision tant attendue et poursuivons notre campagne pour que de nouveaux visons ne naissent pas au printemps prochain dans ces fermes maltraitantes et polluantes.

Pas de date pour la fin des cirques avec animaux… Le dressage occulté et des approximations dans la mise en œuvre !

Aucune date de fin des cirques avec animaux n’est annoncée, ni la manière dont cela se fera! Les hippopotames et éléphants seraient les premiers à bénéficier de la fin de la captivité et de l’itinérance. Cela se passerait par vagues. Les fauves en dernier… Mais la ministre oublie que le cirque, ce n’est pas seulement l’itinérance, c’est aussi le dressage, qui est, lui, totalement occulté! Et les animaux qui ne participent pas aux spectacles, qui ne devraient même pas être maintenus captifs?

La ministre de la Transition écologique a reçu les représentants des circassiens la semaine dernière, et les échanges furent « houleux » à en croire les professionnels du dressage. D’autres rendez-vous seraient à prévoir. Un délai de plusieurs années laissé aux cirques pour arrêter l’exploitation des félins est une nouvelle gifle assenée aux lions et tigres qui n’ont jamais connu autre chose de toute leur existence. C’est une gifle pour ceux qui ont été abattus… C’est une gifle aux hippopotames et éléphants qui resteront encore des mois voire des années, certains jusqu’à leur mort dans les camions des cirques. Pour Jumbo, Boulie, Mina et Kamala, Nelly et Brigit, tous sur les routes depuis des dizaines d’années… Pour Baby et Samba aussi.

En vingt-et-un ans de campagne pour l’arrêt des cirques en France, nous avons vu les deux tiers des cirques renoncer aux spectacles avec animaux. A l’époque, il y avait cinq cents félins dans les cirques. Comment l’État fera-t-il pour garantir le respect de ces mesures, quand il n’existe même pas de fichier des animaux sauvages captifs des cirques ? Depuis toujours les félins alimentent le trafic lucratif.

Pour Muriel Arnal, présidente de One Voice :

«Ces annonces arrivent après plus d’un an d’attente. Ce ne serait pas inquiétant si elles n’étaient pas si floues. Plus de vingt-trois pays en Europe ont déjà légiféré avec clarté ! L’Inde, New York ont légiféré ! On attendait de la France un rugissement pour tous ces animaux qui souffrent, elle a timidement miaulé…»

Les marathoniens de l’océan sortiront des bassines chlorées au minimum dans sept ans

Nous nous réjouissons de l’arrêt immédiat de la reproduction et de l’interdiction de l’acquisition de nouveaux cétacés captifs selon nos demandes. La ministre envisage la création d’un sanctuaire; nous proposons notre expertise avec nos partenaires pour cet accompagnement… Hier, deux bélugas retrouvaient une semi-liberté. C’est possible, et tellement souhaitable!

Depuis l’annulation en janvier 2018 de l’arrêté delphinarium adopté en mai 2017, l’État a laissé naître et mourir des dauphins dans les bassins sans agir. On déplore que pendant trois ans, des delphineaux soient nés dans ces bassins. Depuis que nous avons assigné l’État au Conseil d’État pour faute, il l’a fait attendre un an, assurant à la plus haute juridiction administrative que des mesures de bien-être animal arrivaient. Aujourd’hui, ces annonces sont constructives. Nous attendons à présent des précisions concernant le sort des individus actuellement captifs. Une autre question se pose : où vont aller les orques dans deux ans ?

Parmi ces annonces, on déplore l’absence de certains thèmes pourtant fondamentaux, et de décisions fortes, sans être surpris de la mollesse de notre pays en la matière. La France était et reste donc complètement à côté de la plaque, à rebours des attentes sociétales car la ministre ne fixe pas de cadre, ni de date, ni de moyens pour y parvenir. Évidemment, ces paroles ont le bénéfice d’exister, mais il ne faudrait pas que le gouvernement pense que nous nous contenterons de compromissions. On ne peut pas attendre encore dix, quinze ans avant les prochaines avancées ! Les animaux ne le pourront pas.

Éleveuse indigne, non à la récidive (1er acte) !

Éleveuse indigne, non à la récidive (1er acte) !

Éleveuse indigne, non à la récidive (1er acte) !
28.09.2020
France
Éleveuse indigne, non à la récidive (1er acte) !
Animaux familiers

Sud de la France… Des supérettes familiales de chats et de chiens proposent à la vente, en toute illégalité à force de conditions sanitaires ignobles, des animaux, appartenant à des espèces choisies et à la mode. Bien que condamnées, elles s’entêtent ! Audience à Bordeaux le 30 septembre 2020 à 14h.

L’audience a été renvoyée au 26 janvier prochain.

L’urgence s’imposait : nous étions en 2014, et l’élevage de Mme Marie-France Auchier, près de Bergerac en Dordogne, faisait l’objet d’une première saisie par la Cellule Zoé de One Voice, assistée par la gendarmerie. 181 animaux avaient été libérés, les chiens et la plupart des chats ayant ensuite trouvé une famille d’accueil. Son activité menacée, Mme Auchier a recelé ses « stocks » dans l’élevage de Mme Guerra situé dans le Lot-et-Garonne voisin, assistée d’un vétérinaire complaisant, voire complice. Nouvelles saisies, simultanées, prise en charge vétérinaire et transport des rescapés vers nos refuges partenaires. En dépit d’une interdiction préfectorale d’exercer prononcée en 2013, Mme Auchier avait délibérément poursuivi son activité, ce qui avait donné lieu à un nouveau procès en juillet 2018.

Aujourd’hui, elle persiste et signe

Voilà que cette dame réitère en faisant appel de sa condamnation prononcée en 2018 (un an de prison avec sursis, cinq ans d’interdiction d’exercer et saisie de tous ses animaux au profit de One Voice. Le vétérinaire fut quant à lui condamné à deux mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende). La récidiviste, a-t-elle donc le diable au corps qu’elle s’obstine dans des procédures censées, nous en sommes persuadés, lui donner le droit de faire n’importe quoi avec les animaux ?… Nous serons présents pour lui dire basta ce 30 septembre 2020 à 14 heures à la cour d’appel de Bordeaux !

Chiens et chats, biens de consommation que l’on peut malmener ? Comme nous, dites non ! #AnimaleriesjeRefuge

Jon, Hannah, Céleste, Patty et Marli vont de mieux en mieux !

Jon, Hannah, Céleste, Patty et Marli vont de mieux en mieux !

Jon, Hannah, Céleste, Patty et Marli vont de mieux en mieux !
25.09.2020
Loire
Jon, Hannah, Céleste, Patty et Marli vont de mieux en mieux !
Exploitation pour le spectacle

Les cinq lions faméliques que nous avons sauvés d’un cirque en début d’été ont bien changé ! Nourris, soignés, ils se métamorphosent de jour en jour. Malheureusement, les maltraitances passées ont laissé des marques et des blessures indélébiles, les empêchant de pouvoir un jour s’adapter à la vie sauvage. À défaut, nous leur préparons une retraite paisible dans un sanctuaire en Toscane.

Depuis notre sauvetage du lion Jon et de ses quatre compagnes du cirque qui les martyrisait, les cinq fauves découvrent ce à quoi peut ressembler une existence qui ne soit pas torture.

Premiers soins

Malgré leurs séquelles physiques et psychiques lourdes, les premiers soins qu’ils ont reçus ont permis de traiter les urgences et d’apaiser leurs souffrances. Jon n’est plus en danger depuis les opérations de sa queue et de ses dents à vif. Nous attendons la prochaine intervention et la pose, par un spécialiste, de prothèses en chrome-cobalt pour remplacer ses deux crocs manquants. Des bilans de santé complets des quatre lionnes ont également été effectués. Pour l’occasion, Hannah, Céleste, Patty et Marli ont été anesthésiées. Des échographies ont permis de s’assurer qu’aucune d’entre elles n’était gestante. Mais les auscultations ont confirmé leur état dramatique : corps couvert de plaies et de cicatrices, dentition extrêmement abîmée. La pointe de la queue blessée de Céleste a pu être traitée mais malheureusement ses pattes avant dégriffées sont condamnées à le rester. De leur côté, Marli et Patty sont, comme Jon, dans l’attente d’une intervention pour soigner chacune un croc ravagé par les caries. Et Patty aura besoin d’examens plus approfondis pour trouver la cause de sa fragilité au niveau des hanches et de l’arrière-train.

Convalescence et rapprochement

En attendant, les cinq rescapés mènent une existence paisible et douce chez notre partenaire Tonga Terre d’Accueil. Ils ont besoin de temps pour se reconstruire. Mais ils ne l’ont pas perdu pour manger à leur faim et atteindre leur poids de forme ! Quelle joie de les voir, repus, le pelage brillant, étendus sur la terre, respirant l’odeur de l’herbe… Les lionnes s’avèrent particulièrement joueuses, Céleste notamment qui s’est déjà amusée à démonter complètement son auge. Pendant ce temps, dans l’enclos voisin, Jon adore somnoler au soleil, comme il le ferait dans la nature. Mais les appels d’Hannah dans sa direction le réveillent souvent ! Nous avons donc entrepris d’entamer les rapprochements entre le mâle et ses compagnes, le 21 septembre dernier, en commençant par Hannah puisqu’elle semblait la plus pressée. La rencontre a cependant été furtive : si Jon a fait preuve de beaucoup de courtoisie, la dame s’est – contre toute attente – montrée réticente… Un mystère dont seuls les deux félins connaissent, sans doute, la raison ! Mais si l’expérience n’était pas concluante pour cette première fois, cela ne présage pas de l’issue des prochaines tentatives. Nous irons à leur rythme et selon leurs désirs.

L’horizon de la Toscane

Tandis que les grands convalescents continuent d’apprendre à goûter les bonheurs simples de la vie et reprennent des forces, nous préparons leur futur transfert en Toscane avec deux partenaires : la LAV et la Born Free Foundation. Puisque, privés de griffes et brisés, Jon, Hannah, Céleste, Patty et Marli ne pourront plus jamais s’adapter à la vie sauvage, nous allons leur aménager un vaste enclos entouré de verdure, au sein du sanctuaire de Semproniano, afin de leur offrir un avenir le plus radieux possible.

Expérimentation animale : mettons fin aux souffrances des chiens myopathes !

Expérimentation animale : mettons fin aux souffrances des chiens myopathes !

Expérimentation animale : mettons fin aux souffrances des chiens myopathes !
23.09.2020
France
Expérimentation animale : mettons fin aux souffrances des chiens myopathes !
Expérimentation animale

Trois établissements français détiennent encore des chiens myopathes pour l’expérimentation animale. Ainsi, des éleveurs font délibérément naître des individus malades qui endurent des souffrances atroces tout au long de leur vie, plutôt que d’encourager le recours aux méthodes alternatives. Réclamons la fin du supplice de ces victimes en écrivant massivement à la ministre de ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation !

La recherche a bon dos. En son nom, on « produit » à la chaîne et de façon intentionnelle des chiens atteints de myopathie pour étudier la maladie et ses conséquences. Ainsi, trois structures françaises détiennent des cobayes à qui l’on a inoculé volontairement cette terrible affection : le Centre d’Élevage du Domaine des Souches (CEDS), à Mézilles en Bourgogne ; l’école vétérinaire de Maisons-Alfort ; et le Centre d’Élevage ONIRIS, à Nantes.

Aussitôt nés, les chiots connaissent les premiers symptômes de la dystrophie musculaire de Duchenne: handicaps moteurs et respiratoires, incapacité déjà pour certains à s’alimenter, douleurs atroces. Au cours de leur existence qui s’apparente à une longue agonie, les individus sont enfermés dans les cellules lugubres des laboratoires. Les scientifiques les y observent, prennent des notes sur les étapes de leur dégradation, font subir à certains une batterie de tests, tentent des protocoles et … ne leur apportent aucun soulagement.

Le but officiel : mieux connaître la myopathie et peut-être un jour parvenir à la soigner. Sauf que les expériences obsolètes sur le modèle animal ont surtout prouvé leurs limites, et que ces chiens martyrs sont sacrifiés pour rien, par « habitude »… pour faire perdurer des pratiques sans éthique d’un autre âge au lieu de se tourner vers les méthodes alternatives.

Nous ne pouvons fermer les yeux sur cette abomination. Aux États-Unis, l’école vétérinaire Texas A&M a fait le choix l’an passé d’y renoncer, après plus de trente ans d’échecs à développer un traitement efficace contre la myopathie. En parallèle, des chercheurs de l’Université de Chicago ont analysé des millions de données de patients et mis au point une carte génétique unique susceptible d’offrir un espoir pour les malades.

Nous demandons à notre ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation de mettre fin à l’élevage de chiens myopathes pour la recherche. La France doit résolument se tourner vers l’avenir et mettre un terme à ces souffrances créées de toutes pièces, aussi horribles que dépourvues d’utilité scientifique.

Avec nous, joignez vos voix à la nôtre en envoyant un courrier. Nous comptons sur vos nombreuses signatures !

En France, on ne peut plus coller les oiseaux, mais les pendre et les écraser, oui

En France, on ne peut plus coller les oiseaux, mais les pendre et les écraser, oui

En France, on ne peut plus coller les oiseaux, mais les pendre et les écraser, oui
22.09.2020
France
En France, on ne peut plus coller les oiseaux, mais les pendre et les écraser, oui
Animaux sauvages

Les six arrêtés concernant les « chasses traditionnelles » (autres que la glu) n’ont pas été suspendus en urgence par le Conseil d’État. Une bien triste décision pour la nature et les oiseaux. Mais nous continuerons à les défendre, quoi qu’il arrive ! Nous déposons plainte au niveau européen.

Un massacre en règle

Les six arrêtés que nous avons attaqués devant le Conseil d’État concernant les « chasses traditionnelles » de petits oiseaux : alouettes des champs, vanneaux, pluviers, grives…, ont de respectables noms pour évoquer des méthodes de piégeage et de chasse particulièrement sadiques et douloureuses, puisqu’il s’agit de procédés mécaniques les attirant avec des baies pour mieux les pendre ou les écraser sous une pierre…. Tenderies, matoles, tendelles, pantes sont autant de noms chantants qui semblent sentir le pin et la lavande, et qui cachent une réalité bien moins poétique : celle d’os brisés, d’hémorragies internes, de spasmes, de battements d’ailes désespérés à la recherche d’un filet d’air, d’agonie et de totale détresse.

Une vaste farce qui donne lieu à des milliers de morts

Notre recours visait une suspension des arrêtés ministériels, permettant ainsi d’épargner un maximum d’oiseaux. L’État attend-il que ces types de chasses disparaissent « naturellement » quand il n’y aura plus d’oiseaux ? Combien d’entre eux, y compris en déclin, devront encore périr dans d’atroces souffrances dans le seul but que des chasseurs assouvissent leur plaisir sadique de les faire agoniser ? Quel est le rôle de ces mêmes chasseurs dans la « régulation » des espèces quand ils piègent et tuent les vanneaux et pluviers dorés dont l’espèce est en tel danger ?

Quelle justification pour ces pièges qui tuent les oiseaux par pendaison ? Qui les écrasent sous de lourdes pierres ? Qui les attrapent dans les mailles des filets ?

Le combat n’est pas terminé !

Nous venons d’apprendre que tous les arrêtés sur les chasses traditionnelles étaient maintenus. Il n’y aura pas de suspension en urgence. On attend désormais la décision au fond. Une question demeure : y aura-t-il un bis repetita ? Est-ce que pour les pantes, matoles et tenderies, le Conseil d’État fera, comme en 2019 à la suite de notre requête, appel à la Cour de Justice de l’Union Européenne, en renvoyant cela en question préjudicielle ? Lors de cette même audience, nous avions découvert que la Fédération nationale des chasseurs avait attaqué le quota porté à zéro par Barbara Pompili pour la chasse à la glu pour la saison 2020-21. Pour le coup, il y a de quoi se réjouir un peu : il n’y aura bel et bien pas d’oiseaux collés sur des branches cette année ! Le Conseil d’État a rejeté leur recours.

L’an dernier et déjà avant, en 2018 nous avions attaqué ces arrêtés. Nous avons gagné contre la glu ; pour les autres nous recommencerons aussi longtemps que nécessaire.

Et sans attendre la décision au fond, nous déposons plainte auprès de l’Europe pour faire interdire les chasses traditionnelles en France.

Fourrure en France : la Fur Free Alliance hausse le ton !

Fourrure en France : la Fur Free Alliance hausse le ton !

Fourrure en France : la Fur Free Alliance hausse le ton !
21.09.2020
France
Fourrure en France : la Fur Free Alliance hausse le ton !
Exploitation pour la Mode

La FFA (Fur Free Alliance), coalition internationale contre la fourrure dont nous sommes les représentants en France, a suivi nos récentes enquêtes sur les élevages d’animaux à fourrure. Aujourd’hui, la coupe est pleine. Elle appelle l’ensemble de ses associations membres à réagir pour faire pression sur notre gouvernement. Et nous aider à obtenir la fermeture des quatre derniers établissements de notre pays avant la fin de l’année.

À la suite de nos récentes enquêtes sur les dernières fermes à fourrure françaises, la Fur Free Alliance s’insurge. Cette coalition internationale de plus de 50 organisations et dont nous sommes les représentants dans notre pays, incite ses membres à faire pression sur notre gouvernement pour le forcer à faire fermer les établissements sévissant encore sur notre territoire et promulguer une interdiction totale de tout élevage d’animaux à fourrure. Elle se montre révoltée par nos images de 2017, 2019 et août 2020 qui ont «révélé des exemples choquants de souffrance animale, notamment des visons souffrant de blessures physiques gardés dans des conditions épouvantables et affichant un comportement stéréotypé, ce qui est profondément angoissant à voir.»

Risques de zoonoses

Outre l’exploitation cruelle et inutile des animaux pour la mode, la FFA dénonce également le risque de zoonoses engendré par ces élevages et mis en évidence par la pandémie actuelle. Elle souligne que «À ce jour, plus de 2 millions d’animaux ont été abattus dans plus de soixante élevages de visons aux Pays-Bas, au Danemark, en Espagne et aux États-Unis à la suite de la détection du SRAS-CoV-2 parmi la population de visons. Selon des recherches scientifiques menées aux Pays-Bas et au Danemark, il existe des preuves solides que le virus a été transmis du vison à l’humain.»

Rejoignez-nous !

À l’heure où un nombre croissant de pays européens prennent des mesures drastiques afin d’interdire la production de fourrure pour des raisons éthiques et de bien-être animal, où l’on connaît les dommages environnementaux provoqués par ces fermes polluantes, où l’on découvre leur danger sanitaire potentiel, où de plus en plus de marques renoncent à l’utilisation de la fourrure dans leurs collections et où 77 % du public français la rejette… qu’attendent nos dirigeants ? Depuis nos premières investigations, notre combat a porté ses fruits. En quatre ans, les usines de l’horreur sont passées de onze à quatre ! Mais c’est encore quatre de trop ! Ne désarmons pas, joignez vos voix à la nôtre et celle de la FFA pour faire fermer les derniers élevages de visons de notre pays en soutenant notre campagne :

Signez la pétition sur stop-fourrure.fr

Organisations partenaires de One Voice, membres de la Fur Free Alliance participant à l’opération:

ACTAsia
Anima
Animal
Bont voor Dieren
Born Free USA
Deutscher Tierschutzbund e.V.
Djurens Rätt
Dzīvnieku brīvība
EVA BiH
Gaïa
HSI
Humánny pokrok
Java
NOAH
Respect for animals
Tu Abrigo Su Vida
UAnimals
VeGaia
Vier Pfoten
Voices For Animals

Flogas Sunset Cruise, mort en plein galop

Flogas Sunset Cruise, mort en plein galop

Flogas Sunset Cruise, mort en plein galop
19.09.2020
France
Flogas Sunset Cruise, mort en plein galop
Exploitation pour le spectacle

Cravaché et talonné, ce cheval « de » compétition a été victime de la frénésie de son cavalier. Alors qu’il montrait tous les signes d’épuisement, il a dû obéir à celui qui le chevauchait et galoper… jusqu’à la mort. Rendez-vous au tribunal de grande instance de Grasse, le 23 septembre 2020 à 8h30.

Image : capture d’écran YouTube

Il s’appelait Flogas Sunset Cruise… Un cheval flamboyant, comme un coucher de soleil. Hélas, son prénom ne lui a pas porté chance. Il s’est couché, définitivement, après avoir tout donné. C’était le 10 octobre 2016, lors d’une séance de travail à l’hippodrome de Cagnes-sur-Mer. Il n’avait que dix ans.

Poussé à bout

À l’époque, ce drame avait défrayé la chronique. Bien sûr, en plein effort, le jeune étalon n’était pas mort de sa belle mort. Il s’est effondré d’épuisement. Flogas Sunset Cruise n’était pas un cheval entraîné pour la course mais pour le saut d’obstacles. Or, de nombreux témoins ont attesté qu’ils avaient vu son cavalier irlandais, Kevin Thornton, le pousser au grand galop bien trop longtemps et au-delà de ses limites. Pire, plusieurs ont déclaré que l’homme lui avait assené de multiples coups de talon et de cravache alors qu’il montrait des signes évidents de harassement. L’un des principaux observateurs a souligné qu’à l’évidence, Flogas Sunset Cruise était à bout lorsqu’il s’est affaissé sur ses pattes postérieures. D’après ses dires, Kevin Thornton aurait continué à le frapper sur la croupe pour le forcer à se redresser. Mais le cheval hennissait à mort, puis s’est écroulé… Après quelques râles d’agonie, Flogas Sunset Cruise a succombé. Il était 17 h.

Maltraitance avérée

Le tribunal de la Fédération équestre internationale (FEI) s’est aussitôt saisi de l’affaire. Après plusieurs longs mois d’enquête, il a rendu son verdict en juin 2017, jugeant que Kevin Thornton « avait été au-delà de ce qui est considéré comme une conduite acceptable envers un cheval » et que « même si le cheval avait survécu, une accusation pour maltraitance du cheval aurait quand même été ouverte par la FEI ». Le cavalier s’est alors vu condamner à une amende de 10 000 CHF et quatre mois de suspension. Une sanction jugée trop légère par la secrétaire générale de FEI qui avait requis, quant à elle, deux ans de mise à pied.

Renvoi devant le tribunal correctionnel

Depuis, de l’eau est passée sous les ponts. Mais de notre côté, nous n’avons jamais oublié cette horrible tragédie. L’information judiciaire a largement démontré que les faits reprochés à Kevin Thornton étaient établis et que la preuve de sévices graves dans le but de provoquer la souffrance avait été apportée. C’est pourquoi nous nous sommes constitués partie civile pour que le renvoi du cavalier irlandais devant le tribunal correctionnel soit ordonné. C’est chose faite. L’audience aura lieu devant le tribunal de grande instance de Grasse, ce 23 septembre. Et nous comptons bien obtenir une condamnation exemplaire… En mémoire de Flogas Sunset Cruise, dont la flamme s’est éteinte bien trop tôt…

Arrêté delphinarium au Conseil d’État : un rapporteur hors sujet

Arrêté delphinarium au Conseil d’État : un rapporteur hors sujet

Arrêté delphinarium au Conseil d’État : un rapporteur hors sujet
18.09.2020
France
Arrêté delphinarium au Conseil d’État : un rapporteur hors sujet
Exploitation pour le spectacle

Le rapporteur public a fait un hors sujet complet sur notre mémoire et notre requête lors de l’audience au Conseil d’État le 17 septembre dernier portant sur ce que nous considérons comme une faute de l’État de ne pas avoir publié de nouvel arrêté similaire à celui de 2017 sur les delphinariums. Nous faisons une note en délibéré.En plus de cela, il se permet de faire des sous-entendus douteux sur ce que nous ferions des dommages et intérêts. Pourtant le ministère de la Transition écologique lui-même ne semblait pas opposé à nos demandes…

Le hors sujet de celui qui est censé éclairer le Conseil d’État

La demande de notre association portait sur la mesure de l’arrêté de 2017, d’interdiction de la reproduction et de la détention de tout nouveau spécimen de cétacés dans les parcs français :

«Pour assurer la protection des espèces, améliorer le bien-être et supprimer la souffrance animale, la détention en captivité de spécimens de cétacés est interdite, à l’exception des spécimens de l’espèce Orcinus orca et de l’espèce Tursiops truncatus régulièrement détenus à la date d’entrée en vigueur du présent arrêté au sein d’établissements dûment autorisés sur le territoire national.»

Sur ce point, le rapporteur n’a manifestement rien compris au sujet ! Il dit que nous ne faisons pas la démonstration que l’arrêté de 1981 n’est pas bon. On a envie de lui répondre : « Évidemment ! » Nous ne tenons pas compte de cet arrêté-là, étant donné qu’il fixe des règles sur la captivité, que nous contestons ici.
Si des mesurettes cosmétiques peuvent en satisfaire certains, ce n’est pas notre cas, car ça ne changera rien à la racine du mal !

Ce qui est essentiel, c’est que la captivité prenne fin. Et ça ce n’était évidemment pas dans l’arrêté de 1981.

La démonstration que la captivité est une maltraitance en soi

Nous avons fait la démonstration que c’est en tant que telle, que la captivité est maltraitante pour les dauphins et les orques. Là-dessus, nous avons décliné sur plus de quarante pages en tout, de nombreux arguments étayés de pièces annexées au dossier, comme le fait que la captivité porte atteinte à la biodiversité, que les cétacés sont des personnes non humaines. Nous avons aussi produit des attestations de biologistes experts internationaux des cétacés qui démontraient que la captivité est contraire à leur bien-être.

Le rapporteur public indépendant mais pas neutre…

Normalement, le rapporteur public est un conseiller au Conseil d’État qui fait une présentation,  rapporte les arguments des uns et des autres, et conseille les juges. Pourquoi n’a-t-il pas présenté les deux parties ? Pourquoi n’a-t-il pas dit que le ministère ne s’est jamais opposé à nos demandes et a reconnu implicitement leur bien-fondé en déclarant :

«Malgré le retard pris, la volonté d’adopter de telles mesures s’agissant notamment des cétacés demeure entière et les travaux seront repris dès que possible.»

Son hors sujet nous laissait penser à un malentendu, une incompréhension de l’enjeu du dossier. Était-ce du désintérêt pour la cause animale ou pire, un parti pris contre ?

Notre probité remise en question, des propos d’une extrême gravité !

À son sous-entendu douteux et déplacé, sa « remarque tout à fait gratuite » (sic), nous opposons la nôtre ! Les comptes de l’association sont certifiés et l’affectation des dons, contrôlée.

La France laisse actuellement se reproduire et naître de petits dauphins en captivité alors que cela avait pris fin il y a trois ans !
One Voice est membre fondateur d’une coalition dont l’objet est notamment d’étudier des solutions de sanctuaires pour accueillir les dauphins et les orques actuellement captifs. Un sanctuaire marin coûte plus de dix millions d’euros à construire. Autrement dit, la somme demandée représente 5 % de ce montant ou l’équivalent d’un an de coûts de fonctionnement. Des dommages et intérêts de 500 000 euros semblent bien peu d’argent pour les dauphins et les orques victimes de préjudices irréversibles !

Nouvelle enquête : hurlements en musique pour les lapins angoras de France

Nouvelle enquête : hurlements en musique pour les lapins angoras de France

Nouvelle enquête : hurlements en musique pour les lapins angoras de France
14.09.2020
France
Nouvelle enquête : hurlements en musique pour les lapins angoras de France
Exploitation pour la Mode

Une fois de plus, nous sommes obligés de publier des images révoltantes pour dénoncer la violence de l’élevage et de l’exploitation des lapins angoras. En 2020, la méthode usuelle pour récolter leur « laine » est toujours de les attacher par les pattes à une planche, les étirer pour qu’ils ne puissent plus bouger, et leur arracher la quasi-intégralité des poils par poignées. Nous avons déposé plainte auprès de la Cour européenne de justice, à la suite de la décision du Conseil d’État de maintenir cette méthode.

Après avoir entendu les cris stridents des lapins se faire épiler à vif lors de notre première enquête sous infiltration en 2016, après les images révélées en 2018 et celles de cette année, on ne peut que s’indigner une fois de plus de l’aveuglement et du silence assourdissant de nos autorités. Lors de notre recours devant le Conseil d’État, les services du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation avaient assuré que le processus de la « dépilation » était non invasif. Ils avaient maintenu la légalité de celui-ci, se basant sur les conclusions d’un rapport de l’INRA qui s’est avéré n’avoir jamais existé !

Une plainte auprès de l’Europe

Parallèlement à de multiples actions menées auprès du public avec notre partenaire PETA France, nous avons décidé de porter plainte auprès de l’Europe, car cela ne peut plus durer. Les cris glaçants de ces lapins à qui l’on arrache les poils sans anesthésie plusieurs fois par an, parfois en leur arrachant des lambeaux de peau, ça suffit !

 

Action de @PETA_France et @onevoiceanimal devant American Vintage pour dénoncer l’utilisation des lapins angora ? dans l’industrie textile. pic.twitter.com/8dkj9sa4Eq

— D Anthony (@AnthonyDepe) October 2, 2019

 

Notre nouvelle enquête renforce notre détermination à sauver ces lapins

Les lapins se débattent à qui mieux mieux, tentant de toutes leurs forces de s’arracher aux liens qui les enserrent. Et quand l’éleveur reprend l’arrachage, ils hurlent tant la terreur et la douleur de l’épilation sont une torture. Dans la nature, les lapins sont des êtres qui n’utilisent leur voix que très exceptionnellement : dans des circonstances de grand danger.

Dans ces lieux de supplice, la plupart des animaux exploités sont des lapines. Les mâles, eux, sont tués peu après leur naissance, car moins étoffés en poils. Seuls sont gardés les plus rentables financièrement parlant, en fonction de la masse de leurs poils, pour la reproduction. Environ 170 lapines sont enfermées à vie dans les clapiers de cet éleveur bien connu, épilées ainsi plusieurs fois par an et tout au long de leur existence, souvent devant le chien de l’éleveur et parfois leurs congénères… Lors de notre infiltration, nous avions même découvert, comble de l’horreur, qu’il vendait les malades à des laboratoires d’expérimentation animale.

Soutenez notre action auprès de la Cour européenne de justice en signant notre pétition !