Comment l’Etat prévoit d’arroser d’argent public les cirques se sédentarisant et de les laisser martyriser les animaux sauvages
Le 2 décembre 2025, le gouvernement a annoncé le lancement prochain d’un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour soutenir les cirques itinérants dans leur reconversion en établissements fixes. Dans ces zoos au rabais, totalement illégaux, l’enfermement et le dressage des animaux sauvages se poursuivront, l’État ayant définitivement renoncé à leur offrir une retraite dans des sanctuaires. One Voice dénonce une énième trahison de l’esprit de la loi contre la maltraitance animale votée en 2021 et n’hésitera pas à aller en justice si ce projet se concrétise.
Dès janvier 2021, nous avons sonné l’alerte sur les conséquences dramatiques qu’aurait une loi visant uniquement les cirques itinérants. En permettant à ces établissements de se sédentariser, l’ambition de mettre un terme à l’exploitation des animaux sauvages dans les cirques a été abandonnée au profit d’une simple interdiction de l’itinérance… Une mesure de surface qui, si elle épargne de longs trajets aux individus captifs, ne les protège ni des violences du dressage ni de la cruauté du confinement… Le parc Saint-Léger, contre lequel nous avons à nouveau porté plainte en 2023, donne déjà un aperçu glaçant de ce qui attend les animaux sédentarisés: enclos minuscules, gamelles vides, spectateurs invités à rentrer dans les enclos, au risque de blesser ceux qui en sont prisonniers…
L’État abandonne les animaux: nous contre-attaquons
Le 3 juillet 2023, une nouvelle étape avait déjà été franchie, avec la publication d’un arrêté ministériel établissant une équivalence entre les certificats de capacité des circassiens et ceux des zoos, permettant aux dresseurs qui se sédentariseraient de détenir des animaux de nouvelles espèces, comme des girafes par exemple. Nous avons évidemment attaqué ce texte scandaleux. Pendant ce temps, le ministère de la Transition écologique manquait sciemment de publier les décrets d’application de la loi, à commencer par celui sur la reproduction des grands félins, et de financer des sanctuaires. Depuis des mois, il laisse ainsi les circassiens faire naître lionceaux et tigreaux à tour de bras pour alimenter des trafics illégaux et se débarrasser dans les pires conditions des éléphantes qu’ils avaient enfermées toute leur vie.
En 2024, nous avons interpellé le Conseil d’État à propos de la distinction entre établissements fixes et itinérants. Notre requête a été transmise au Conseil constitutionnel, auprès duquel nous avons plaidé pour l’interdiction des animaux sauvages dans tous les cirques.
Lorsqu’il répond à la question écrite de la députée Corinne Vignon en proposant un soutien à la sédentarisation des établissements itinérants, le gouvernement s’obstine donc dans son irrespect de l’esprit de la loi de novembre 2021 et dans sa volonté de poursuivre à tout prix la pire maltraitance des animaux sauvages dont beaucoup appartiennent à des espèces menacées. Si cet appel à manifestation d’intérêt honteux est lancé, nous réagirons immédiatement. Signez notre pétition pour joindre votre voix à la nôtre en demandant l’interdiction des animaux dans les cirques.