Nouvelle enquête au Parc Saint Léger : rien ne change pour les animaux du cirque fixe

Nouvelle enquête au Parc Saint Léger : rien ne change pour les animaux du cirque fixe

Cirques
17.08.2023
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One Voice mène une autre enquête et porte plainte contre le Parc Saint Léger pour exploitation irrégulière et mauvais traitements.

Après la saisie d’avril 2022 au Parc Saint Léger, Kid Bauer a-t-il fait le nécessaire pour transformer son cirque fixe en havre de paix pour les makis cattas, les lions et les autres animaux ? Pas vraiment ! Notre enquête du mois de mai 2023 montre que leur situation est toujours aussi alarmante, entre félins et ratons laveurs prisonniers d’espaces ridicules et makis cattas exposés aux visites de quinzaines de touristes directement dans leur enclos. Alors que la précédente est toujours en cours, nous portons plainte à nouveau pour exploitation irrégulière et mauvais traitements commis par un professionnel.

Rien ou presque n’a changé depuis la saisie de deux muntjacs, d’un porc-épic, d’un cygne, de deux aras, de quatre tortues et d’un python l’année dernière obtenue grâce aux images de nos enquêteurs et notre plainte pour maltraitance. Loin de se remettre en question, le cirque fixe de Saint-Léger-en-Braye continue d’exploiter les animaux qu’il expose sans rien changer à leurs conditions de détention.

Les jours d’ouverture du parc, les makis cattas voient passer des groupes de quinze à vingt personnes dans leur enclos. Toute cette foule parle à qui mieux mieux. Amenés par des adultes, certains enfants effrayés pleurent tandis que d’autres crient d’excitation sans que le « soigneur » les appelle au calme. Il n’avertit pas non plus du risque, bien réel, de zoonoses, alors que les visiteurs donnent à manger à même leurs mains aux animaux perchés sur leurs épaules. Envahis de toutes parts, les makis cattas doivent endurer ces moments de stress s’ils veulent manger, quitte à se faire piétiner. Un scénario qui n’a rien d’improbable, puisque même le membre du personnel qui fait visiter l’enclos avoue avoir marché sur la queue d’un des lémuriens plus tôt dans la journée. Une scène surréaliste !

Des ratons laveurs qui essaient de s’échapper

Dans le minuscule enclos des ratons laveurs, les gamelles sont vides et des planches de bois et des plaques de béton jonchent le sol pour toute distraction. Aucun arbre ni aucune zone de baignade ne sont mis à leur disposition, alors que dans la nature ils adorent grimper, nager et parcourir des territoires d’un à trois kilomètres carrés. Comment s’étonner, dans de telles conditions, que l’un d’eux, nous fixant de son regard perçant à travers la grille, semble désespérément chercher une ouverture assez grande pour s’enfuir ?

Absents du plan du parc, des lionnes et des tigres toujours captifs

Si le Parc Saint Léger n’a pas présenté de spectacle d’éléphant depuis les numéros imposés à Baby en 2019 et semble avoir abandonné les représentations au cours desquelles il faisait entrer un spectateur dans la cage aux lionnes, les félins dressés sont toujours là. On aurait pu croire le contraire, lionnes et tigres ne figurant plus ni sur le plan du cirque fixe, ni parmi les photos des animaux détenus…

Enfermés dans des enclos qui ne leur permettent ni de se cacher, ni de trouver de l’ombre, tous souffrent de stéréotypies, exprimant leur stress et leur ennui par des va-et-vient qui laissent de longs sentiers nus au milieu de l’herbe de ces prisons à ciel ouvert.

Rien, ni les révélations de nos enquêtes, ni la saisie ou les rappels à l’ordre des autorités compétentes, ne semble avoir d’impact sur Kid Bauer. Attendent-elles que le dresseur prenne exemple sur son frère et envoie ses prisonniers mourir ailleurs, comme au Belvédère, ce zoo tunisien où Gilbert Bauer a abandonné Baby ? Le Parc Saint Léger doit fermer et tous les animaux présents ici doivent être placés en sanctuaire.

Nos images ont à chaque fois mis au jour les conditions de détention désastreuses des animaux. En 2023, la situation n’a guère évolué. Pour les pumas, les tortues géantes, les kangourous et tous les autres, nous portons une nouvelle fois plainte contre l’établissement.

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