Non, Dumba ne va pas bien !

Non, Dumba ne va pas bien !

Non, Dumba ne va pas bien !
28.01.2021
Non, Dumba ne va pas bien !
Cirques

Nous avons présenté des images de Dumba à des experts des éléphants d’Asie. Leurs constats sont unanimes : l’éléphante se porte mal. Elle a besoin d’être examinée d’urgence par des vétérinaires compétents et d’être placée dans un sanctuaire.

Au pays de Dumba, il y a des gentils et des gentils. Le couple de dresseurs qui l’exploite et qui lui a fait traverser la frontière espagnole pour éviter les poursuites judiciaires y est très attaché et la « doudoune ». Oui, oui. Il voue pour elle une affection telle qu’il n’hésite pas à la maintenir isolée dans des conditions de détention contraires à ses besoins les plus élémentaires et à louer ses services pour des parades et des spectacles de cirque. C’est bien connu, qui aime bien, châtie bien. Même le maire de la commune d’Euzet-les-Bains l’assure : « Dumba est très bien soignée ». Pour autant, nous ne partageons pas le même point de vue et nous avons répondu à l’édile pour nous en expliquer.

Expertises indéniables

Comme nous le soulignons dans notre courrier, nous n’avons pas pour habitude de déposer plainte en procédant par extrapolation. Ce n’est donc ni par excès de sensiblerie, ni sur un simple coup de tête que nous alertons l’opinion et nous tournons vers la justice pour défendre un animal sauvage. Non. Si nous remuons ciel et terre pour Dumba, c’est qu’elle se trouve dans une situation critique et que nous nous appuyons sur des évaluations scientifiques pour l’affirmer. Les spécialistes des éléphants d’Asie, indépendants de notre association, à qui nous avons montré les images prises par notre enquêtrice et par les journalistes, sont unanimes : l’éléphante pâtit de problèmes tant médicaux que comportementaux nécessitant d’être pris en charge au plus vite.

Il y a urgence !

En se basant sur ses propres observations, le Dr John A. Knight stipule dans son rapport que « Dumba doit être examinée de toute urgence par un vétérinaire compétent. Il est nécessaire de procéder à un bilan de santé complet, y compris – sans toutefois s’y limiter – des dents et des membres, ainsi qu’à un test de tuberculose et des analyses fécales ». L’expert note en effet des signaux alarmants démontrant que l’éléphante est « en mauvaise condition physique et se comporte comme si elle souffrait ou que sa santé mentale était altérée ». « Musculature déficiente », « position très peu naturelle », « stéréotypie », « comportement très contrôlé et inhabituel », « profonde détresse mentale », « peur », autant de mots que l’on retrouve sous sa plume et qui l’amène à déclarer que : « les propriétaires de Dumba sont manifestement dans l’incapacité de la sécuriser et de subvenir à ses besoins dans un environnement adéquat. » Par conséquent, il demande instamment aux autorités compétentes de confisquer l’éléphante à ses « propriétaires » et de la transférer dans un lieu où elle pourra être examinée et soignée comme son état l’exige, et placée en toute sécurité dans un sanctuaire où l’ensemble de ses besoins seront satisfaits en permanence.

Souffrances évidentes

Un avis largement partagé par la Dre Marion E. Garaï qui s’inquiète notamment de voir Dumba soulever très souvent ses pattes avant, « ce qui montre qu’elle souffre ». « Le fait pour un animal destiné à vivre sous un climat chaud de devoir rester de longues heures dans le froid et d’être dans l’impossibilité de bouger suffisamment peut entraîner de l’arthrite ainsi que d’autres pathologies », indique-t-elle. Et d’ajouter : « Dumba abaisse parfois ses postérieurs comme pour s’asseoir. Cela peut être le signe soit de douleurs abdominales, soit, dans le cas où un homme l’approche par derrière, qu’elle craint d’être frappée, car on la voit rentrer immédiatement ses pattes et courber l’échine. » Par ailleurs, elle pointe, entre autres, « de graves signes de frustration, d’ennui et de privation mentale », des stéréotypies reflétant « un mal-être certain et des inhibitions comportementales », « des symptômes typiques d’un éléphant de cirque maltraité ». Selon l’experte, le constat est sans appel : « Dumba éprouve une douleur intense ». Dans ses conclusions, elle recommande également que l’éléphante soit examinée immédiatement par un vétérinaire indépendant afin qu’elle reçoive les traitements nécessaires. Elle préconise, en outre, son placement dans un sanctuaire, où elle pourra passer le reste de son existence comme un pachyderme normal, avec des congénères. Car pour elle, aucun doute : « Le fait de maintenir un éléphant dans la solitude est de la cruauté ». À bon entendeur…

Sécurité menacée

Le Dr John A. Knight se dit aussi gravement préoccupé par la sûreté et la sécurité de Dumba, et donc aussi par celles des personnes se trouvant à proximité. Il remarque que l’éléphante, à juste titre, n’est pas enchaînée, mais retenue par une clôture électrifiée à quatre fils, dans un espace d’environ 8 à 10 m2. En plus de dénoncer « une surface bien trop petite pour un éléphant adulte, d’autant que l’endroit est dénué de tout enrichissement et que Dumba y est confinée pendant de longues périodes », il souligne que : « Les fils barbelés électriques ne devraient jamais être utilisés en guise de clôture principale pour garder un éléphant quel qu’il soit. Non seulement ils peuvent lâcher, mais les éléphants apprennent à tenir leur trompe loin d’eux lorsqu’ils mangent du foin, peuvent les renverser ou se prendre dedans. » Par ailleurs, le fait que Dumba puisse accéder avec une relative liberté aux mâts qui soutiennent sa tente lui fait craindre le pire : « Il ne faudrait pas grand-chose pour qu’elle les pousse, les plie ou les torde, ce qui pourrait faire tomber toute la structure sur elle. Ce serait un désastre, provoquant sa panique et lui donnant l’occasion de s’échapper. […] En plus des mâts et des piquets de clôture, Dumba a potentiellement accès à d’autres objets à l’intérieur de la tente dont elle peut s’emparer et qu’elle peut jeter, avec lesquels elle est susceptible de se blesser ou de blesser quelqu’un. » Bref, tout porte à redouter la survenue potentielle d’un drame. La France a déjà connu la fuite d’éléphants captifs ainsi que la mort d’un membre du public provoquée par un tel animal. Comme nous, l’expert considère qu’ « on ne doit pas permettre que cela se reproduise ».

Dumba : un avenir loin des cirques est possible

Dumba : un avenir loin des cirques est possible

Dumba : un avenir loin des cirques est possible
27.01.2021
Dumba : un avenir loin des cirques est possible
Cirques

Elephant Haven, un nom qui fait rêver et des promesses bien réelles. Situé dans le sud-ouest de la France, c’est le seul refuge d’Europe dédié aux éléphants. Sa mission : offrir une retraite paisible et heureuse aux pachydermes détenus par les zoos et les cirques.

Ce 27 janvier 2021 est un grand jour. Alors que Dumba s’affiche sur l’immeuble Veepee grâce au soutien de Jacques-Antoine Granjon et que la proposition de loi pour les animaux est discutée à l’Assemblée nationale, nous savons que l’avenir de l’éléphante est en train de se jouer. Car en statuant sur le destin des animaux de cirque, en décidant de les laisser ou non entre les mains de leurs dresseurs en cas de sédentarisation des établissements, notre pays fera le choix de reconnaître leurs souffrances ou de continuer à les ignorer

Elephant Haven, le paradis des éléphants

Les rescapés des cirques n’éprouveront aucun soulagement tant qu’ils resteront sous la coupe de ceux qui les ont exploités pendant tant d’années. Seuls des sanctuaires dont la vocation est de venir en aide aux animaux traumatisés et formés aux besoins biologiques spécifiques de chaque espèce, sont en mesure de leur offrir le répit qu’ils méritent. C’est le cas d’Elephant Haven, un formidable projet porté depuis six ans par Sofie Goetghebeur et Tony Verhulst pour abriter les éléphants d’Asie ou d’Afrique en détresse. En 2016, nous étions les seuls à y croire avec eux. Nous sommes heureux que les choses aient changé et que d’autres soutiens se soient manifestés… Implanté dans le Limousin, Elephant Haven est désormais bien préparé pour accueillir ses premiers pensionnaires. C’est la seule installation du genre en Europe où tout a été pensé pour apporter les soins nécessaires aux individus hautement sensibles qui leur sont confiés.

Un havre de paix pour Dumba

Nous allons tout mettre en œuvre pour que Dumba soit transférée dans ce havre de paix bordé de collines verdoyantes. Seules six heures de transport et l’aval des autorités l’en séparent. Pourtant, une équipe attentionnée et compétente l’attend : soignants, ainsi qu’experts vétérinaires nationaux et internationaux en éléphants, seront accessibles à tout moment pour veiller sur elle. Sur place, la vieille dame disposera également d’un enclos et d’une étable chauffée. Des monticules de sable lui permettront de trouver les positions les plus confortables pour reposer son corps meurtri et ses pattes et, si elle en est capable, elle pourra retrouver à loisir des comportements naturels : mares de boue, poteaux à gratter, zones d’ombrage, de roches, de sable et de tas de poussière seront à sa disposition. Nous avons tellement hâte de la voir se détendre, se baigner, brouter… vivre, tout simplement ! Nous plaiderons sa cause tant qu’il le faudra. Aux politiques d’entendre nos appels et d’admettre que des dresseurs, sédentaires ou non, restent des dresseurs.

Deux dauphins du Parc Astérix, Cessol et Guama, sont déjà en Suède

Deux dauphins du Parc Astérix, Cessol et Guama, sont déjà en Suède

Deux dauphins du Parc Astérix, Cessol et Guama, sont déjà en Suède
26.01.2021
Ile-de-France
Deux dauphins du Parc Astérix, Cessol et Guama, sont déjà en Suède
Delphinariums

Quel cynisme… Quand le Parc Astérix communique dimanche 24 janvier 2021 sur le transfert progressif des dauphins exploités dans son delphinarium, plusieurs d’entre eux – voire tous ? – sont déjà partis ! Deux sont arrivés samedi 23 janvier 2021 en Suède. Et pas dans un sanctuaire.

Hier, l’aéroport de Norrköping en Suède a publié des photos d’un avion-cargo transportant des dauphins depuis la France. Djurrättsalliansen, notre partenaire suédois au sein de la coalition Dolphinaria-Free Europe, nous a alertés. Nous avons alors récupéré les numéros de transporteurs, leur âge… et le but de leur transfert.

Il s’agit de Guama, un dauphin né libre, capturé à Cuba en 1987 alors qu’il n’avait que cinq ans, et de Cessol, l’autre mâle du Parc Astérix, né dans les bassins de Seaworld Orlando en 1984. Tous les deux sont très âgés; pourtant, ils ont été envoyés pour la reproduction à Kolmårdens, un delphinarium suédois, ouvert en 1969. Où déjà plus de soixante dauphins sont morts !

Parmi les petits de Guama, chez Astérix, il y a Bahia, née en 2015, sa sœur Bélize, née deux ans plus tard, et avant elles, leur grand frère Naska né en 2010 et leur demi-frère Ekinox, fils de Femke. Les deux jeunes mâles ont été vendus en Grèce en 2016. Guama est aussi le père d’Aïcko et de Galéo… envoyés dans les bassins de Planète Sauvage. Avant le drame que l’on sait pour Aïcko.

C’est bien la raison pour laquelle, quand nous avions travaillé en 2017 avec les conseillers de Ségolène Royal, alors ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, nous avions demandé (et obtenu!) la fin de la reproduction ET des échanges de cétacés entre delphinariums. Pour l’industrie de la captivité, qui sentait le vent tourner depuis les annonces de Barbara Pompili fin septembre, il était impensable de laisser à ces animaux la chance de vivre quelques années de retraite d’une vraie vie de dauphin. Les documents étaient déjà préparés dès le 25 novembre et le 21 décembre 2020 ! Soit il y a deux mois. Voilà pourquoi nous combattons ces parcs sans relâche.

Âgés comme ils le sont, le stress aurait pu aisément les tuer. Guama, pour qui la liberté est un si lointain souvenir, et Cessol, qui jamais ne l’aura connue… Nous sommes extrêmement inquiets pour Femke, déjà si fragile. Où a-t-elle été envoyée? Se séparer de dauphins aussi vieux pour les envoyer à la reproduction, quel mépris.

Certes, à ce jour, aucun sanctuaire n’existe en Europe, mais il n’y a eu aucune volonté de la part du parc d’attractions d’aller dans cette direction. Le Parc Astérix aura bien profité des dauphins, sans jamais leur faire grâce de quoi que ce soit ni même leur témoigner un minimum de considération. Quand on pense aux profits que la direction du delphinarium a réalisés sur leur dos, elle aurait pu, en contrepartie, créer un espace dédié à leur retraite, à l’abri de toute exploitation. Le système continue, notre combat aussi.

« Jungle Park » : le visage d’un cirque fixe

« Jungle Park » : le visage d’un cirque fixe

« Jungle Park » : le visage d’un cirque fixe
26.01.2021
Gard
« Jungle Park » : le visage d’un cirque fixe
Cirques

À l’heure où les députés planchent sur une proposition de loi pour interdire l’exploitation des animaux dans les cirques, nous mettons en garde contre la possibilité qui sera laissée aux dresseurs de se sédentariser. Et donc de maintenir les animaux dans des conditions de détention toujours aussi dramatiques. À la façon du « Jungle Park » de Medrano.

À quoi ressemble un cirque fixe ? Regardez le « Jungle Park » où sont enfermées Mina et Kamala et vous en aurez une idée. Après des années à faire des spectacles sur les routes ou sur des tabourets, ces éléphantes de 55 ans végètent désormais sur la base technique du cirque Medrano à Aimargues (30). Grâce à nos recours administratifs successifs, nous avons obtenu la suspension de l’ouverture de l’établissement au public en septembre 2020. C’est déjà une avancée qui prouve que l’inspection de la DDSCPP et de l’OFB ont constaté des irrégularités. Mais le propriétaire n’a pas été condamné pour autant : il a simplement reçu une mise en demeure.

Mina et Kamala toujours dans la souffrance

Pendant ce temps, notre plainte est toujours en cours pour ces éléphantes abandonnées à leur triste sort. C’est pourquoi nous venons d’adresser un complément de plainte au procureur du tribunal judiciaire de Nîmes. En décembre dernier, nos enquêteurs sont parvenus à rapporter de nouvelles images de Mina qui se trouvait séparée de Kamala au moment de la prise de vue. Laissée à l’extérieur par des températures de 4 à 8° C, elle luttait contre le froid dans un barnum ouvert et continuait à présenter des comportements stéréotypés, symptômes éloquents de sa détresse mentale.

Expertise

Le Dr Schaftenaar, docteur vétérinaire et zoologue, qui a visionné les vidéos, s’inquiète également de son état de santé physique. Il constate des mouvements de l’articulation de son genou gauche « anormaux » : « il semble que la rotule ne se meuve pas en douceur dans la trochlée patellaire du fémur. Ce problème doit être confirmé au moyen d’un examen clinique effectué par un vétérinaire qualifié ». Par ailleurs, il observe des « contractions musculaires rythmiques […] au niveau de la jonction entre le corps et la jambe avant droite et sur le reste du corps ». Là encore, l’expert recommande un examen clinique comprenant analyse sanguine et hématologie car « cette affection est connue pour survenir lors d’une maladie rénale ».

Des tigres confinés « à la Masson »

Mina et Kamala ne sont pas les seules à être détenues dans des conditions contrevenant aux normes légales minimales pourtant dérisoires. Des tigres sont aussi parqués les uns sur les autres dans un camion-cage, comme chez Mario Masson. Certains tendent la patte à travers les barreaux, d’autres ont le regard éteint. Rien n’est prévu pour leur permettre de tuer les heures. C’est illégal et insupportable ! Nous sollicitons la saisie conservatoire des éléphantes et de ces tigres pour les mettre à l’abri dans un sanctuaire. Et nous nous battrons de la même manière pour tous les animaux qui resteront à la merci des cirques, que ceux-ci soient itinérants ou sédentaires.

Urgence pour Inouk!

Urgence pour Inouk!

Urgence pour Inouk!
26.01.2021
Alpes-Maritimes
Urgence pour Inouk!
Delphinariums

Inouk va très mal. Son confinement depuis plus de vingt ans a eu raison de son état de santé. Nous venons de déposer pour lui un complément de plainte sur la base d’une nouvelle expertise d’Ingrid Visser. Aidons-le au plus vite avant qu’il n’abandonne complètement la partie!

Le temps s’étire interminablement pour Inouk. À seulement vingt-deux ans, la jeune orque a déjà tout du vieillard. Rien, rien n’est venu soulager son désespoir depuis sa naissance dans un bassin minuscule du Marineland d’Antibes. Survivra-t-elle assez longtemps pour découvrir à quoi ressemble l’océan?

Nous renforçons notre plainte

Nous avons attaqué en justice le delphinarium en 2019 et notre plainte pour actes de cruauté est toujours en cours d’instruction. Entre raisons saisonnières et Covid-19, l’établissement a été fermé plusieurs mois. Inouk, lui, a continué de tourner en rond… Confinement : voilà un mot qui n’a rien de nouveau pour lui. Et son état s’est encore dégradé tout au long de l’année passée comme en témoigne une nouvelle expertise de la Dre Ingrid N. Visser :

«Les gencives autour de ses dents abîmées prolifèrent dans les cavités dentaires, ce qui signifie une augmentation du risque d’infection et une probable aggravation de ses problèmes buccaux.»

De nouvelles images et expertise alarmantes

La biologiste marine, spécialiste des orques, s’appuie sur des images récentes d’Inouk. Nos enquêteurs les ont rapportées à l’occasion des manifestations devant le Marineland l’été dernier, à la suite de sa réouverture le 27 juin. Elles permettent d’actualiser le précédent rapport de 2019. Celui-ci mettait déjà en évidence l’état déplorable de la dentition d’Inouk, source d’une grande souffrance, et pointait la responsabilité de l’exploitant. Aujourd’hui, le constat de la scientifique est toujours aussi alarmant. Elle déplore également le comportement de régurgitation de l’orque, lié « aux attaques des compagnons de bassin et au stress », ainsi que « la présence de lésions importantes dans la région du menton et de la gorge ». Dans ses conclusions, elle recommande :

«qu’Inouk passe sa retraite dans un sanctuaire côtier où il disposerait de plus d’espace, d’eau de mer naturelle et de soins médicaux appropriés. À tout le moins, il ne devrait plus exécuter de tours de cirque en échange de sa nourriture, et sa participation aux spectacles devrait cesser immédiatement »

Le message est donc clair, très clair : pour sauver Inouk, c’est maintenant qu’il faut agir ! Nous venons de déposer un complément de plainte sur la base de ce nouveau rapport. Continuez à signer et à partager notre pétition.

Loi contre la maltraitance animale : entre espoir et inquiétudes

Loi contre la maltraitance animale : entre espoir et inquiétudes

Loi contre la maltraitance animale : entre espoir et inquiétudes
25.01.2021
Loi contre la maltraitance animale : entre espoir et inquiétudes
Cirques

À partir du 26 janvier prochain, une proposition de loi contre la maltraitance animale sera présentée à l’Assemblée nationale. Un grand pas dans la bonne direction. Malheureusement, le texte ne va pas assez loin sur certains points. S’il est appliqué en l’état, il ne résoudra pas le drame des animaux exploités par les cirques.

Vers la sédentarisation des cirques…

Dans son chapitre 3 consacré à la « Fin de la maltraitance d’espèces sauvages utilisées à des fins commerciales », le projet de loi n’évoque que les établissements « mobiles ». Bien sûr, il faut mettre fin à l’itinérance dramatique des animaux brinqueballés en permanence dans les remorques des circassiens. Mais cela ne suffit pas ! Il faut aussi et surtout placer d’urgence tous ces êtres captifs à l’abri de leurs dresseurs. Or, si l’article 12 entend interdire la détention et l’acquisition d’animaux sauvages dans des établissements « mobiles », il ne prévoit pas de prohiber leur reproduction ni leur présentation au public dans des structures fixes. Ainsi ne verra-t-on peut-être plus d’éléphants, de lions ni d’hippopotames sur les routes ; mais on va laisser se multiplier une nouvelle catégorie de cirques sédentarisés, à l’image du « Jungle Park » où Mina et Kamala sont toujours exploitées. Et des espèces extrêmement fragiles et menacées vont continuer à être séquestrées dans des conditions terribles ! En outre, c’est aussi une occasion manquée d’en finir avec les trafics d’animaux protégés : les circassiens sont passés maîtres dans les programmes de reproduction illicites et pourront poursuivre, sous le manteau, leur commerce juteux.

Deux listes qui complexifient une situation déjà critique

Autre point problématique, la proposition de loi établit une distinction entre l’interdiction de « détenir » et celle d’« acquérir » des animaux sauvages à des fins de divertissement dans les cirques itinérants. Ces deux listes ajoutent de la complexité alors que l’arrêté faune sauvage captive existant était déjà si difficile à faire appliquer. À l’heure actuelle, la majorité des cirques a beau se trouver en infraction, aucun n’a encore été sanctionné ! Pourquoi ? Parce que les autorités sont dans une logique de régularisation plutôt que de répression. Ainsi, par exemple, Gilbert Bauer qui détient l’éléphante Baby et que nous avons poursuivi pour exploitation irrégulière d’animal non domestique s’est vu délivrer tous les papiers et le certificat de capacité qui lui manquaient au lieu d’être condamné. L’accepterions-nous pour des conducteurs sans permis ? Pourtant, dans le milieu du cirque, tout semble toléré… En pratique, les contrevenants sont juste sommés de se mettre en conformité. Ensuite, ils laissent traîner les choses et continuent de maltraiter les animaux en toute illégalité, sachant qu’ils n’ont rien à craindre. Ainsi avons-nous retrouvé, le 1er janvier dernier, l’éléphante Dumba cachée par un cirque dans une décharge sauvage du Gard ! Mais au premier abord, selon le procureur d’Alès, l’état de l’animal ne « suscite pas d’inquiétude ». Comme d’habitude, tout va très bien, donc, passez votre chemin…

Renforcer les moyens, le personnel qualifié et les sanctions

Les contrôles en France pâtissent de nombreux dysfonctionnements : déficit de personnel et de vétérinaires qualifiés, méconnaissance des besoins spécifiques de chaque espèce et des souffrances des individus prisonniers (ennui, manque d’espace, défaut de soins, violence du dressage), outre les problèmes de sécurité et d’atteinte à l’environnement réguliers. C’est d’ailleurs pourquoi tous les dresseurs poursuivis à l’étranger se retrouvent dans notre pays : on les y laisse si tranquilles ! Une réforme des services décentralisés de l’État en charge des contrôles et de l’application de la loi est nécessaire. Et, sans attendre de texte, il faut donner d’urgence les moyens de travailler correctement aux Directions départementales de protection des populations (DDSCPP), plus de personnel et la formation de vétérinaires spécialisés. Ce n’est qu’ainsi qu’un cadre digne de ce nom pourra être posé et que l’on arrêtera de tergiverser : les régularisations à tout prix doivent enfin laisser place à de vraies sanctions ! Nous avons fait des retours aux députés en ce sens. Cette proposition de loi représente un véritable espoir, une chance à saisir pour améliorer la condition animale. Il serait regrettable qu’elle n’aboutisse qu’à un statu quo. Nous remercions Laëtitia Romeiro Dias, Loïc Dombreval, Dimitri Houbron, Vincent Ledoux, Anne-Laurence Petel et Cédric Villani d’avoir accueilli nos observations.

Pour mettre un terme au drame de l’errance féline

Nous approuvons l’article 4 de la proposition de loi qui rappelle les maires à leur obligation d’identifier et de stériliser les chats errants sur leur commune. Mais cette mesure doit être plus encadrée, sous peine d’assister à des captures massives de chats qui finiront – comme c’est déjà le cas – euthanasiés au lieu d’être relâchés. Le problème de l’errance féline est complexe et les chats en sont les premières victimes. Pour le solutionner, il faut s’intéresser à ses causes, pas seulement à ses conséquences. Tout comme, en cas de dégât des eaux, se contenter d’écoper ne sert à rien tant que l’on n’a pas trouvé l’origine de la fuite, la stérilisation des chats sans domicile ne suffira pas à endiguer leur surpopulation. Il faut donc agir en amont, en luttant contre les abandons et la divagation des animaux des particuliers s’ils ne sont pas stérilisés. Concrètement, cela implique que les futures familles d’accueil s’engagent à respecter des règles. Tarir la source suppose d’interdire les cessions de chats en dehors des refuges et des élevages agréés, ainsi que la systématisation des stérilisations.

Euzet-les-Bains : un havre de paix pour les cirques avec animaux sauvages

Euzet-les-Bains : un havre de paix pour les cirques avec animaux sauvages

Euzet-les-Bains : un havre de paix pour les cirques avec animaux sauvages
22.01.2021
Gard Euzet-les-Bains : un havre de paix pour les cirques avec animaux sauvages
Cirques

Notre association reste perplexe quant aux propos tenus par le Maire d’Euzet-les-bains qui font fi des besoins élémentaires de l’éléphante Dumba mais également de la sécurité de ses justiciables.

Notre association prend bonne note que pour Monsieur le Maire*, il est normal de détenir des animaux de la faune sauvage, aussi socialement complexes que les éléphants, dans les arrière-cours des habitations des communes françaises. Cette croyance est désolante et pose problème en termes de rapport à la biodiversité.

Lorsque nous déposons plainte concernant un animal de la faune sauvage, nous ne procédons pas par extrapolation mais au contraire demandons toujours des évaluations scientifiques préalablement à toute démarche pour nous assurer précisément du bien-fondé de la plainte. Dans le cas précis de Dumba, plusieurs évaluations ont été réalisées par des spécialistes des éléphants d’Asie et mettent en lumière à la fois des problèmes d’ordre médical et d’ordre comportemental.

En outre cette situation est source d’une grande souffrance et d’une grande détresse psychologique pour un animal véritablement grégaire mais condamné à la solitude alors que l’ONU a reconnu la nécessité de protéger la culture de cette espèce, confirmant la complexité de ses interactions sociales et de sa cognition.

Si le Maire n’est pas sensible à ces arguments, un dernier aspect devrait normalement l’alerter : la sécurité des citoyens. En effet, le risque de collision est réel et il est important de rappeler que toute interaction avec le public, même indirecte, est strictement interdite avec des éléphants qui sont considérés comme des animaux dangereux. Pourtant, le propriétaire de Dumba a l’habitude de la photographier avec le public et de la faire promener sans dispositif de sécurité.

Enfin, comment taire les risques de zoonoses, spécialement dans le contexte actuel de pandémie COVID-19 ? Les interactions de ce type avec la faune sauvage sont à risques, notamment concernant la tuberculose.

Muriel Arnal
Présidente de l’association One Voice

* Cette lettre est une réponse au message posté par le Maire d’Euzet-les-Bains sur la page Facebook de la ville et également envoyé par mail (Vous pouvez retrouver la capture d’écran de la publication Facebook ici)