Pendre des corps de renards : nouveau sport national ?

Pendre des corps de renards : nouveau sport national ?

Pendre des corps de renards : nouveau sport national ?
08.02.2023
Loire-Atlantique
Pendre des corps de renards : nouveau sport national ?
Animaux sauvages

Le 2 février 2023, One Voice a reçu le témoignage d’un promeneur choqué après avoir constaté qu’un corps de renard avait été pendu à un arbre sur un chemin forestier de la commune de Vallet. Face à la recrudescence des actes de profanation de cadavres d’animaux, nous alertons solennellement les autorités : Préfets, Maires, comment comptez-vous réagir face à ceux qui veulent faire régner la terreur dans les campagnes ?

Pendaison de cadavres de renards à l’entrée des villages, abandon d’une tête de sanglier sur un banc communal : les ennemis des animaux n’ont aucune limite dans l’abjection et ont le champ libre pour laisser cours à leur cruauté dans les villages français.

Le 2 février 2023, un témoin nous a transmis les photos d’un nouveau corps de renard, pendu à un arbre sur le territoire de la commune de Vallet (Loire-Atlantique). Ce cadavre est exposé aux yeux des passants depuis près de deux semaines, sans que personne n’ait songé à alerter les autorités.

Les renards sont déjà classés comme « espèce susceptible d’occasionner des dégâts » en Loire-Atlantique. Autrement dit, ils peuvent être tués toute l’année et en tout lieu, y compris par les pièges les plus cruels. Mais cela ne suffit pas : après une vie passée à résister aux assauts des chasseurs et des piégeurs, ils sont donc humiliés même dans la mort.

Face à la répétition de ces actes insupportables, nous avons à nouveau saisi le Maire, le Préfet et le directeur de l’Office français de la biodiversité. Au-delà de leur cruauté, ces faits constituent des infractions pénales et doivent être punis. En droit, les cadavres d’animaux sont considérés comme des déchets, dont l’abandon est réprimé par le Code de l’environnement. Par ailleurs, nous avons demandé aux autorités saisies de procéder aux vérifications nécessaires pour s’assurer que ce renard n’a pas été piégé en méconnaissance de la réglementation.

L’expérience nous conduit à être réalistes quant à l’issue de ces procédures : les élus locaux et l’administration répondent rarement et, lorsqu’ils le font, c’est bien souvent pour nous indiquer qu’ils ne peuvent rien faire de plus. Mais nous continuerons de signaler tous les actes de cette nature dont nous serons informés.

Cela ne rendra certes pas à ces animaux la dignité dont ils ont été dépouillés, mais peut-être les autorités prendront-elles enfin conscience de la nécessité d’agir contre la recrudescence de ces actes abjects, nouvelle preuve inquiétante, s’il en fallait une, de l’absence totale de morale et de compassion de ces tueurs d’animaux.

Signez la pétition « #Renards. Nuisibles, vraiment ?! »

Au salon du chiot d’Antibes, vous pouvez repartir avec votre chien-objet sans respecter le délai légal de réflexion

Au salon du chiot d’Antibes, vous pouvez repartir avec votre chien-objet sans respecter le délai légal de réflexion

Au salon du chiot d’Antibes, vous pouvez repartir avec votre chien-objet sans respecter le délai légal de réflexion
06.02.2023
Alpes-Maritimes
Au salon du chiot d’Antibes, vous pouvez repartir avec votre chien-objet sans respecter le délai légal de réflexion
Animaux familiers

Depuis le 1er octobre 2022, toute primo-acquisition d’un chien ou d’un chat est soumise à un délai de réflexion de sept jours. L’adoptant doit en effet signer un «certificat d’engagement et de connaissance» une semaine avant l’adoption. Pourtant, au salon du chiot d’Antibes qui a eu lieu ce week-end (4 et 5 février 2023), il était tout à fait possible de repartir avec son chien en une heure : le temps de payer et de signer quelques papiers. Le non-respect de cette obligation n’est malheureusement pas un cas isolé, comme nous l’avions déjà signalé concernant une animalerie en Bretagne.

Un certificat censé empêcher les achats coup de cœur…

Afin de stopper les achats impulsifs et les abandons survenant quelques jours plus tard par des acheteurs qui n’avaient pas compris qu’un animal n’est pas une peluche, un délai de réflexion obligatoire de sept jours a été instauré depuis le début du mois d’octobre 2022.

En théorie, vous venez donc rencontrer votre nouveau compagnon, vous signez ce fameux certificat d’engagement et de connaissance, vous rentrez chez vous, et c’est seulement une semaine plus tard, après avoir bien réfléchi, que vous pouvez venir chercher votre animal si vous n’avez pas changé d’avis.

Si l’idée peut sembler intelligente, dans les faits, elle n’est absolument pas viable : elle peut être aisément détournée, voire complètement ignorée, et les sanctions sont difficilement applicables.

… qui peut être facilement contourné

Certains éleveurs, animaleries ou même associations vous proposent de venir avec un certificat déjà signé et daté, que vous aurez préalablement téléchargé sur internet une semaine auparavant. Vous n’avez donc jamais rencontré le cédant ni l’animal, mais vous pouvez repartir avec ce dernier en toute légalité, puisque vous avez signé le Saint-Graal…

Cependant, comme ce fut le cas ce week-end au salon du chiot d’Antibes, nombreux sont ceux qui ont vendu leur « marchandise » sans respecter ce délai et en antidatant carrément le certificat, comme en témoignent les acquéreurs ou les vendeurs eux-mêmes !

Cette éleveuse de bouledogues français, par exemple, qui explique à l’une de nos militantes prétendant vouloir acheter un chiot : «Je l’ai, le certificat, j’en ai un et je le fais remplir aux gens qui ont pas eu le temps de le télécharger. Vous avez deux possibilités : ou vous signez le certificat aujourd’hui et vous venez chercher le chien dans sept jours, ou vraiment si vous voulez votre chien aujourd’hui, bah, on l’antidate, on est obligé de faire ça. »

Ou encore cet homme qui vient d’acheter un chaton et qui nous explique qu’il a signé le certificat le jour même, qu’il est donc en possession de l’animal, mais « qu’on peut se rétracter après ». On comprend donc que s’il change d’avis, il pourra rendre le chat, comme lorsqu’on achète un pull dans un magasin et qu’on le rapporte quelques jours plus tard car finalement, on n’en a pas vraiment l’utilité, ou car il ne nous va pas.

Des sanctions dérisoires

Les éleveurs qui ne respectent pas le délai de réflexion ne risquent de toute façon pas grand-chose : une amende prévue pour les contraventions de 3e classe, soit 450 euros. Mais 450 euros, qu’est-ce que cela représente pour un chiot qu’ils auront vendu entre 1500 et 2000 euros ? De plus, comment prouver que le certificat a été antidaté afin de faire sanctionner les mis en cause ?…

Nos militants étaient présents à l’entrée du salon pour des actions de sensibilisation et alerter les visiteurs sur le non-sens des élevages et animaleries qui exploitent les animaux et alimentent chaque année les refuges une fois que les acquéreurs se sont lassés du petit chiot mignon qui pèse désormais 15 kilos de plus et qu’il faut continuer de promener tous les jours. Grâce à nos bénévoles, plusieurs dizaines de personnes ont fait demi-tour pour aller visiter les refuges plutôt que le salon !

Signez nos pétitions pour demander le respect des lois contre les maltraitances animales et la stérilisation obligatoire des chats qui arrivent par dizaines de milliers chaque année en fourrière et y sont exterminés en masse !

Jura, Alpes-de-Haute-Provence : face aux préfets, One Voice au secours des loups

Jura, Alpes-de-Haute-Provence : face aux préfets, One Voice au secours des loups

Jura, Alpes-de-Haute-Provence : face aux préfets, One Voice au secours des loups
06.02.2023
France
Jura, Alpes-de-Haute-Provence : face aux préfets, One Voice au secours des loups
Animaux sauvages

Entre la mi-décembre et début janvier, sept arrêtés préfectoraux ont été pris pour autoriser des tirs de défense simple (TDS) contre les loups dans le Jura et les Alpes-de-Haute-Provence, sans faire référence à la moindre analyse précise pour prouver la nécessité de ces mesures dans les élevages de vaches concernés, contrairement à ce qui est exigé par les textes. One Voice a déposé des recours demandant l’annulation de chaque arrêté. En attendant ces audiences sur le fond, l’association sera présente le 8 février 2022 à 10 h au tribunal administratif (TA) de Besançon et le lendemain à 10h au TA de Marseille pour tenter de les faire suspendre en urgence.

C’est une note préfectorale bien fantaisiste que les préfectures du Jura et des Alpes-de-Haute-Provence ont ressorti de leur chapeau pour autoriser ces tirs contre les loups les 19 décembre 2022 et 3 janvier 2023. Selon ce document du 28 juin 2019, certains troupeaux seraient “non protégeables” par nature, et leurs propriétaires pourraient donc être autorisés à tuer les loups pour les en protéger sans avoir réalisé d’analyse préalable, simplement parce que les animaux d’élevage en question seraient… des bovins. Problème : ce texte contredit un arrêté ministériel obligeant bel et bien les éleveurs à établir la non-protégeabilité des troupeaux au cas par cas. Sans discrimination entre vaches et moutons, donc.

Comme ailleurs, One Voice a déposé des référés-suspension. En reprenant les textes autorisant les tirs, selon nous, les arrêtés ne démontrent pas suffisamment l’existence d’un risque de dommage important pour les élevages concernés, ne font référence à aucune analyse réalisée au cas par cas et exonèrent les éleveurs de mettre en place des mesures de protection.

Visiblement, le but premier – et réel ! Pourquoi poser la question ? – de ces arrêtés n’est pas de protéger les animaux des troupeaux, mais bien de tuer le plus de loups possible ! L’État veut-il les exterminer ? Ne peut-il pas trouver d’autres moyens pour aider les éleveurs et calmer la peur irrationnelle d’une population qui, dans sa très grande majorité, n’a jamais aperçu le moindre loup en liberté ? Au-delà du drame que cela représenterait pour les loups et pour leur écosystème, peut-on d’ailleurs vraiment croire que leur extinction aiderait les éleveurs à faire face à leurs difficultés ? L’impact des loups est dérisoire. Tous les animaux des troupeaux sont destinés à l’abattoir…

Ils étaient des dizaines de milliers dans notre pays au Moyen Âge. Les loups sont à peine 921 aujourd’hui et leur espèce n’est même pas viable. Pour preuve : ils sont classés vulnérables. Pourtant, chaque année, le nombre de loups que les humains sont autorisés à abattre augmente. Nous l’avions déjà dénoncé au Conseil d’Etat en 2022, année où le gouvernement avait prévu le massacre de 118 d’entre eux. Cette année, 174 pourront être tués. Deux l’ont déjà été pas plus tard qu’à la mi-janvier. Plutôt que de les faire assassiner en masse, les autorités devraient trouver des solutions alternatives et se réjouir de la présence dans notre pays de ces grands prédateurs qui jouent un rôle essentiel dans les écosystèmes, en plus d’être des individus sensibles, intelligents et à la vie sociale complexe.

One Voice demande la suspension immédiate des six arrêtés autorisant les tirs de défense simple pris par la préfecture du Jura et de celui pris par le préfet des Alpes-de-Haute-Provence. Il est déjà scandaleux que, sous des prétextes fallacieux, les loups se fassent abattre en toute légalité. Nous ne pouvons pas permettre qu’en plus ce massacre déroge à la loi pour faire encore davantage de victimes.

Dans le Lot-et-Garonne, des chiens «de chasse» livrés à eux-mêmes dans un hangar

Dans le Lot-et-Garonne, des chiens «de chasse» livrés à eux-mêmes dans un hangar

Dans le Lot-et-Garonne, des chiens «de chasse» livrés à eux-mêmes dans un hangar
01.02.2023
Lot-et-Garonne
Dans le Lot-et-Garonne, des chiens «de chasse» livrés à eux-mêmes dans un hangar
Animaux familiers

Une dizaine de chiens exploités pour la chasse et maintenus à l’année sous un hangar quasi désaffecté au fond d’un bois: loin des yeux, loin du cœur? Pas pour One Voice, qui lance l’alerte et dépose plainte au tribunal judiciaire d’Agen.

Après un signalement alarmant de chiens maintenus enfermés à l’année derrière les grilles d’un hangar perdu dans les bois aux environs d’Agen, nos enquêteurs se sont rendus sur place. Ils ont découvert, au détour d’un chemin boisé, un bâtiment en tôle, tout ce qu’il y a de plus banal en apparence, à ceci près qu’une dizaine de chiens s’y trouvent maintenus sans supervision. Ce lieu délabré, comportant des outils et objets en tout genre jetés çà et là, des sacs en plastique, des parpaings, des planches, des fils de fer, présente un sol dur et accidenté, jonché de déjections, entre terre battue et cailloux… Et au milieu de ces box faits de bric et de broc, à la merci du froid et du vent en ce moment, mais aussi de la touffeur de l’air dès le printemps, une dizaine de chiens qui appellent au secours.

Comme une arme : une vie d’ennui à la remise, ou la chasse

Des chiens « de chasse », comme on dit: poussés à travailler au service des chasseurs jusqu’à épuisement et maintenus loin des habitations comme à Chaux-du-Dombief, pour ne pas perturber le voisinage, mais aussi hors du regard et de l’attention de ceux qui pourraient s’inquiéter de leur bien-être.

Des chiens comme les autres!

Bien que rien ne les différencie des autres chiens au regard de la législation, ceux-là sont vus comme des outils par leurs exploitants et comme un collectif, non comme des individus. Seule la meute compte. L’intérêt pour les chasseurs, c’est qu’ils ne ménagent pas leur peine, ne soient pas effarouchés par les tirs des fusils, et obéissent au doigt et à l’œil. Et si l’un d’eux périt, il sera vite remplacé. Pour le reste, en dehors du temps de chasse, ils sont remisés dans des lieux comme celui-ci, pour ne « gêner » personne avec leurs aboiements.

Après une journée passée à la chasse, certains sont blessés à l’œil, boitent, d’autres se grattent intensément. Ils retrouvent les gamelles vides et dégoûtantes de la semaine précédente, ou alors un petit cocktail d’eau croupie jaune qui ressemble à de l’urine. Ils se partageront le contenu d’une caisse remplie de membres d’animaux coupés en tronçons laissés à l’air libre, ce qui risque de les rendre malades. On se rend compte que ce qu’on a pu prendre pour des cailloux au sol est en réalité un tapis d’ossements. Il y a même des crânes d’animaux dans de la paille!

#NotAllChasseurs

De nombreux chasseurs nient les faits que, pourtant, nous documentons, affirment qu’ils ne sont pas comme ça, qu’eux aiment leurs chiens et les traitent correctement, avec force photographies sur les réseaux sociaux. Mais où sont-ils quand nous défendons les chiens, s’ils les aiment tant? Pourquoi prennent-ils le parti de Goliath et non celui de David, dans ce combat du pot de fer contre le pot de terre, si, vraiment, ils veulent le meilleur pour les chiens dits « de chasse »? Pourquoi ne condamnent-ils pas au moins moralement ces exactions, et préfèrent-ils fanfaronner en publiant des photos qui n’ont rien à voir avec le problème?

Nous déposons plainte pour mauvais traitements au tribunal judiciaire d’Agen et écrivons à la préfecture de Lot-et-Garonne. Pour soutenir notre démarche et permettre que ces chiens soient saisis au plus vite et trouvent un foyer aimant, signez notre pétition pour les chiens de chasse!

Le Préfet des Pyrénées-Orientales joue à cache-cache avec ses arrêtés

Le Préfet des Pyrénées-Orientales joue à cache-cache avec ses arrêtés

Le Préfet des Pyrénées-Orientales joue à cache-cache avec ses arrêtés
30.01.2023
Pyrénées-Orientales Le Préfet des Pyrénées-Orientales joue à cache-cache avec ses arrêtés
Animaux sauvages

Depuis des années, la préfecture des Pyrénées-Orientales publie, en contradiction totale avec le droit français, des dizaines d’arrêtés qui autorisent de manière rétroactive des destructions pures et simples d’animaux réalisées le mois précédent. Dès qu’elle a eu connaissance de ce procédé, One Voice a alerté les services concernés. La seule réponse que l’association a obtenue en retour: le silence. Interpellez le préfet pour le contraindre à cesser cette pratique intolérable.

Le droit français est sans ambiguïté: les actes administratifs n’entrent en vigueur qu’à compter de leur publication officielle. Or, depuis 2015, le préfet des Pyrénées-Orientales, sous la pression de ceux qui veulent pratiquer leur loisir mortel sans contestation, accepte de contourner la loi française.

En effet, au moment de la publication mensuelle du recueil des actes administratifs dit normal (RAA normal) sur son site internet, la préfecture en profite pour rendre public un nombre important d’arrêtés déjà en cours d’exécution, voire entièrement exécutés.

Plus de 200 arrêtés adoptés rétroactivement…

En 2022, elle a ainsi publié 238 arrêtés qui ont permis de manière rétroactive la « régulation » des populations de sangliers, de blaireaux, de renards, de chevreuils, de palombes, etc., par battues administratives et/ou par tirs individuels. Les « destructions » ont pu être réalisées de jour comme de nuit, avec des sources lumineuses sur de nombreuses communes, et parfois même à moins de 150 mètres des habitations.

Dans le plus grand secret, le préfet autorise un lieutenant de louveterie, accompagné des chasseurs locaux de son choix – voire des lieutenants de louveterie des secteurs voisins –, à tuer un nombre illimité d’individus sur une période allant de quelques jours à un mois environ.

Ce n’est qu’une fois les « opérations de régulation » terminées ou sur le point de s’achever, que l’acte d’autorisation est publié sur Internet, trop tard pour que nous puissions tous en prendre connaissance…

Des principes démocratiques piétinés!

Cette pratique est scandaleuse et parfaitement antidémocratique! Elle empêche toutes les personnes concernées de prendre connaissance de ces autorisations dans un délai raisonnable. Elle prive notamment les associations, comme One Voice, de la possibilité de saisir les juridictions compétentes pour tenter d’en obtenir l’annulation.

Nous luttons pour que soit instauré un délai minimal de quinze jours entre la publication des arrêtés autorisant des battues administratives ou des tirs individuels, et le début effectif des opérations – ce qui n’est pas encore prévu à l’heure actuelle. En effet, il est fréquent que la publication intervienne un jour ou deux avant la battue, rendant impossible et inutile tout recours juridictionnel, comme cela fut notamment le cas pour les bouquetins du Bargy.

En ce qui concerne les Pyrénées-Orientales, nous avons contacté à plusieurs reprises le préfet, Monsieur Rodrigue Furcy. Sans surprise, nous n’avons obtenu aucune réponse. Pire, malgré nos divers courriers, il continue à publier ses arrêtés bien après leur entrée en vigueur.

Le désintérêt de la quasi-totalité des élus politiques pour la cause animale est encore une fois clairement démontré: la préfecture prouve ici son absence de considération pour les animaux qui vont être tués ainsi que son mépris vis-à-vis de nos démarches pour plus de transparence et de licéité.

Demandons à la préfecture de respecter le droit!

Envoyez au préfet le courrier à télécharger ici. Grâce à vous, il n’aura d’autre choix que de reconnaître l’illégalité de cette pratique et de la stopper dans les plus brefs délais.

Pas de répit pour les loups : nouvelle année, nouveaux massacres

Pas de répit pour les loups : nouvelle année, nouveaux massacres

Pas de répit pour les loups : nouvelle année, nouveaux massacres
27.01.2023
France
Pas de répit pour les loups : nouvelle année, nouveaux massacres
Animaux sauvages

Les loups, qui appartiennent pourtant à une espèce protégée, peuvent être abattus en toute légalité en France. Cependant, ces massacres légalisés ne semblent même pas suffire à leurs opposants, puisque les loups sont en plus victimes de braconnage, tués en dehors de tout cadre légal.One Voice attaque régulièrement les arrêtés préfectoraux autorisant des tirs létaux sur les loups, et plus largement se bat pour faire cesser cette hécatombe.

Une dérogation à la protection de l’espèce appliquée sans aucune réflexion

Bien que les loups soient protégés par la Convention de Berne et la Directive Habitats de l’Union européenne, il est tout à fait possible de les abattre « pour prévenir des dommages importants notamment aux cultures, à l’élevage, aux forêts, aux pêcheries, aux eaux et à d’autres formes de propriété ; […] », selon l’article L. 411-2 du Code de l’environnement.

En France, une fois les tirs autorisés par arrêtés préfectoraux, les loups s’approchant des troupeaux peuvent être tués sans état d’âme. Tant pis si les animaux éliminés ne sont pas ceux qui sont directement impliqués dans les attaques. Un non-sens que refusent nos voisins, qui font tout pour minimiser le déséquilibre des meutes et l’impact sur la conservation de la population lupine. La disparition d’un reproducteur détruit en effet la structure sociale de la meute et augmente le risque de dispersion de ses membres, mettant ainsi en cause leur survie, et multipliant le risque d’attaques désorganisées par des loups opérant désormais seuls. Mais n’est-ce pas finalement l’objectif de l’État français, sous la pression des lobbies, pour mieux diaboliser les loups ?

En Autriche, seuls des loups spécifiquement désignés peuvent être mis à mort. On s’assure donc que c’est le loup à l’origine des attaques qui sera abattu – loup qui, rappelons-le, ne tue pas par plaisir mais par nécessité, pour se nourrir. Tuer n’importe quel autre animal est interdit. Un tribunal autrichien a d’ailleurs annulé une autorisation de tir en décembre 2020, considérant que le risque de tuer un autre loup – non responsable des attaques passées – était trop élevé.

En Suisse, les loups choisis ne le sont pas au hasard : il doit s’agir d’un jeune animal afin de ne pas perturber la configuration hiérarchique, à condition que la meute se soit reproduite avec succès, et seulement si ladite meute a tué au moins dix animaux de rente en quatre mois.

En France, le nombre d’individus à décimer est en constante augmentation. Tant que cette politique d’extermination des loups n’aura pas cessé, One Voice veillera à ce que les conditions – minimales – nécessaires pour obtenir une autorisation de destruction soient respectées, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas.

Deux semaines après le début de la nouvelle année, déjà deux loups au tableau de chasse

La mise à mort des loups est suivie par la Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL) d’Auvergne-Rhône-Alpes, qui préfère comptabiliser ces tueries sous le doux nom de « protocole d’intervention sur la population de loups », certainement pour tenter d’en minimiser la gravité et de faire croire que, comme son nom l’indique, elle se soucie d’environnement.

En 2023, 174 loups pourront donc être abattus en toute légalité. À peine vingt jours après le début de la nouvelle année, c’est déjà le cas pour deux d’entre eux : le premier dans le département des Alpes-de-Haute-Provence dans le cadre de tirs dérogatoires, le deuxième, « détruit volontairement hors protocole » (en réalité braconné), quelque part en France sans autre précision, comme le démontre le tableau de suivi de la DREAL.

Il y a un an à peine, nous avions attaqué deux syndicats agricoles qui appelaient leurs membres à braconner les loups, se vantant de posséder « du plomb et du poison ». Cependant, « l’incitation à commettre le délit d’atteinte à une espèce protégée » n’est une infraction que si elle est suivie d’effet (un individu tue un loup en réponse à l’incitation des syndicats). Cette absence d’infraction est très contestable. Un amendement avait été déposé contre ce scandale dans le cadre de la loi Biodiversité, mais fut malheureusement rejeté…

Dans la presse, aucune information sur les deux premières victimes de 2023. Sur le site de la préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, pas davantage d’informations sur le loup concerné, mais un appel à candidature pour la nomination d’un lieutenant de louveterie qui participera, entre autres, « aux opérations prévues dans le protocole ‘‘loup” » – comprendre : « participera aux abattages de loups ».

Les loups sont des animaux à l’intelligence émotionnelle complexe. Mais du côté de l’État, ce ne sont que des têtes à couper pour faire plaisir aux éleveurs qui ne considèrent la nature et ses hôtes sauvages que par le prisme des profits immédiats qu’ils peuvent en tirer. On en est encore là, malgré la situation catastrophique dans laquelle se trouve la biodiversité.

C’est d’autant plus abject qu’aucune étude scientifique n’a démontré que le fait de tuer les loups réduirait de manière significative leur impact sur les animaux d’élevage, qui, ne l’oublions pas, finiront à l’abattoir après une – courte – vie d’exploitation dans un environnement surpâturé.

L’Initiative citoyenne européenne pour une Europe sans expérimentation animale a été validée avec plus de 1,2 million de signatures!

L’Initiative citoyenne européenne pour une Europe sans expérimentation animale a été validée avec plus de 1,2 million de signatures!

L’Initiative citoyenne européenne pour une Europe sans expérimentation animale a été validée avec plus de 1,2 million de signatures !
26.01.2023
Union Européenne
L’Initiative citoyenne européenne pour une Europe sans expérimentation animale a été validée avec plus de 1,2 million de signatures !
Expérimentation animale

Signée, cachetée et distribuée ! L’Initiative citoyenne européenne (ICE) « Save Cruelty Free Cosmetics – Commit to a Europe Without Animal Testing » a relevé le défi qui consistait à réunir un million de signatures valides, puisqu’elle a recueilli plus de 1,2 million de voix de la part des citoyens européens. One Voice se réjouit de ce résultat. En France en particulier, le seuil minimal de signatures a été multiplié par quatre!

La Commission européenne doit maintenant rencontrer les militants et répondre aux préoccupations des citoyens. Alors que plus de dix millions d’animaux souffrent chaque année dans des expériences menées au sein de l’UE et que de nouvelles technologies non animales sont développées plus rapidement que jamais, il est temps de changer de cap.

«Des méthodes sans animaux destinées à garantir la sécurité des cosmétiques et autres produits de consommation sont couramment utilisées dans l’UE depuis des décennies. Il n’y a aucune raison de tester des ingrédients sur les animaux lorsque des stratégies d’évaluation éthiques sont disponibles et offrent des alternatives fiables. Avec cette ICE, nous exhortons la Commission européenne à assurer la protection de la santé humaine et environnementale en gérant les produits chimiques sans utiliser d’animaux, ainsi qu’à investir dans des méthodes éthiques, non animales, pour les prises de décisions réglementaires.»

Muriel Arnal, présidente de One Voice et Membre du comité d’organisation de l’ICE

«Gaver d’ingrédients cosmétiques des animaux sans défense, leur inoculer délibérément des maladies incapacitantes ou percer leur crâne de trous sont des pratiques qui doivent cesser. Une refonte radicale du système au niveau de l’UE est nécessaire pour assurer cette transition.»

Sabrina Engel, présidente du comité d’organisation de l’ICE, PETA Allemagne.

«Cette Initiative citoyenne européenne soutient avec force la demande du Parlement européen d’éliminer définitivement les tests sur les animaux. Avec la voix des citoyens qui vient s’ajouter au chœur des protestations, la Commission ne peut ignorer les appels véhéments à hâter le passage à une science non animale.»

Tilly Metz, députée européenne (Groupe des Verts/Alliance libre européenne)

«Avec la menace que la stratégie sur les produits chimiques fait peser sur les animaux dans les laboratoires, cette ICE ne pouvait être plus opportune. À partir d’aujourd’hui, aucun test supplémentaire sur les animaux ne devrait être exigé pour combler les lacunes en matière d’information sur les produits chimiques. Nous devons passer à un système d’évaluation de ces derniers plus sûr et plus éthique.»

Sirpa Pietikäinen, députée européenne (Parti populaire européen)

«Le message des citoyens n’a jamais été aussi clair ni plus aligné sur les voix des scientifiques, de l’industrie, des ONG et des politiques. Tout le monde comprend qu’un plan d’élimination progressive de l’expérimentation animale s’impose pour le bien de tous : les humains, les autres animaux et l’environnement. À présent, la Commission doit écouter les citoyens et agir enfin pour concrétiser ce plan.»

Anja Hazekamp, eurodéputée de gauche

«Les citoyens européens réclament depuis longtemps des cosmétiques sans cruauté. Cette Initiative citoyenne européenne est un autre rappel à la Commission qu’ils ne resteront pas sans rien faire tant que les lacunes de la législation ne seront pas comblées pour mettre fin à tous les tests de cosmétiques sur les animaux.»

Niels Fuglsang (Alliance progressiste des socialistes et démocrates)

Les trois demandes essentielles de l’ICE sont :

  • la mise en œuvre rigoureuse de l’interdiction par l’UE des tests sur les animaux pour les ingrédients cosmétiques ;
  • un passage complet à des méthodes non animales pour les tests de sécurité chimique ;
  • l’engagement en faveur d’un plan visant à éliminer progressivement toutes les expériences sur les animaux.

Lancée en août 2021 par Cruelty Free Europe, la Coalition européenne pour mettre fin à l’expérimentation animale (les deux coalitions dont One Voice est la représentante française  historique), Eurogroup for Animals et PETA, l’ICE a été soutenue par les entreprises mondiales de beauté et de soin The Body Shop, Dove et Lush, et activement promue par une coalition d’associations et de militants de toute l’Europe. Des centaines de célébrités ont également soutenu la campagne, dont Sir Paul McCartney, Ricky Gervais, le groupe de heavy metal finlandais Lordi, le chanteur italien Red Canzian, le journaliste français Hugo Clément et l’actrice Evanna Lynch.

Aucune autre ICE n’a bénéficié d’un tel soutien dans autant de pays différents. Pour réussir, une ICE doit recueillir au moins un million de signatures valides et atteindre un nombre minimum de signatures dans au moins sept pays de l’UE. Cette ICE a dépassé cet objectif dans 22 pays, démontrant une volonté paneuropéenne d’abolir les tests sur les animaux.

Merci encore à tous les signataires qui se sont engagés à nos côtés pour la fin de  l’expérimentation animale en Europe toute l’année passée!

Expérimentation animale : One Voice demande le contrôle d’un laboratoire récidiviste du Finistère

Expérimentation animale : One Voice demande le contrôle d’un laboratoire récidiviste du Finistère

Expérimentation animale : One Voice demande le contrôle d’un laboratoire récidiviste du Finistère
26.01.2023
Bretagne
Expérimentation animale : One Voice demande le contrôle d’un laboratoire récidiviste du Finistère
Expérimentation animale

Le Centre de documentation, de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (Cedre), situé à Brest, utilise diverses espèces de poissons pour tester sur eux les effets de produits contaminants. En 2016, la préfecture du Finistère y a relevé un irrespect flagrant de la réglementation… sans que cela donne lieu à une sanction, ni même à une nouvelle inspection réglementaire. One Voice demande aujourd’hui au tribunal de Rennes d’ordonner un nouveau contrôle du Cedre et l’adoption de mesures appropriées.

Le 23 mai 2022, après avoir consulté le rapport de l’inspection du Cedre en 2016 (dernière en date), One Voice a demandé à la préfecture du Finistère de fournir les preuves que les nombreux problèmes constatés avaient été réglés. Il a fallu plusieurs échanges de courrier pour obtenir des documents et constater que rien ne prouve actuellement la résolution des problèmes graves relevés en 2014 puis en 2016 au sein du Cedre.

Le contrôle des laboratoires

Au mieux, la préfecture du Finistère aurait contrôlé le Cedre en 2020 et constaté que la réglementation y était désormais respectée. Sauf qu’il n’existe aucune trace de ce contrôle, puisqu’aucun rapport n’en aurait été fait par l’inspecteur… ce qui est contraire à la réglementation.

D’après celle-ci, les laboratoires d’expérimentation animale doivent être inspectés tous les trois ans (ou tous les ans s’ils détiennent des primates, des chats ou des chiens). Et cette fréquence doit être augmentée si le laboratoire ne respecte pas la réglementation, pour le contrôler de plus près.

«On ose encore nous affirmer que, dans les laboratoires qui expérimentent sur les animaux, les inspections et la réglementation sont très strictes. Mais dès qu’on y regarde de plus près, la réalité est tout autre. Ici, on parle d’un laboratoire qui s’est affranchi de la loi pendant des années (et peut-être encore aujourd’hui) et qui n’a jamais été pénalisé ni même sanctionné pour ça !»

Muriel Arnal, présidente de One Voice

En effet, le Cedre n’a pas été contrôlé pendant au moins quatre ans après qu’une inspection y a révélé de nombreuses non-conformités jugées « majeures » par les services vétérinaires, ce qui aurait dû donner lieu, au strict minimum, à une mise en demeure.

Le Cedre récidiviste

Le 23 juin 2016, la préfecture a relevé onze non-conformités, dont six « majeures ». Les problèmes portaient notamment sur l’absence de qualification du personnel, sur la réalisation d’expérimentations sans autorisation ni avis du comité d’éthique, et sur l’absence de suivi vétérinaire des animaux les week-ends et jours fériés.

Ils avaient également impliqué une mortalité importante des poissons dans le cadre d’un projet. De plus, l’absence d’une personne détentrice d’un certificat de capacité pour l’utilisation d’animaux non domestiques en expérimentation (qui avait déjà été signalée en 2014) est passible d’une sanction pénale de 150 000 euros d’amende et de trois ans d’emprisonnement.

Malgré ces preuves accablantes, la préfecture du Finistère a préféré ne pas sanctionner le Cedre et le laisser poursuivre son activité sans le contrôler de nouveau. Elle est même allée jusqu’à le privilégier en lui adressant en avance son nouvel agrément en 2020, alors que le rapport de l’inspection justifiant cet agrément (supposée avoir eu lieu trois mois avant) n’a jamais été rédigé.

Face à cette situation inacceptable, One Voice a saisi le tribunal administratif de Rennes pour demander la réalisation d’une nouvelle inspection du Cedre, la rédaction d’un rapport de celle-ci et le suivi des non-conformités qui y seront constatées. Le tribunal administratif de Rennes devra trancher.

Pour plus d’informations sur les animaux utilisés en expérimentation animale, leur nombre et leurs souffrances, vous pouvez consulter le site web spécialisé produit par One Voice : https://experimentation-animale.com.

Les chevreuils de Saint-Avold: bienvenue en absurdie

Les chevreuils de Saint-Avold: bienvenue en absurdie

Les chevreuils de Saint-Avold: bienvenue en absurdie
24.01.2023
Moselle Les chevreuils de Saint-Avold: bienvenue en absurdie
Animaux sauvages

Le préfet de la Moselle a autorisé, la même journée, la mise à mort de vingt chevreuils et l’introduction de vingt autres chevreuils quelques mètres plus loin. Bien loin de la prétendue « régulation », l’État perd la tête, les chasseurs se réjouissent et les animaux paient comme toujours le prix fort.

La ville de Saint-Avold (Moselle) abrite le plus grand cimetière américain de la Seconde Guerre mondiale en Europe: un parc de 46 hectares, en grande partie boisé, pour le plus grand plaisir de quelques chevreuils qui y ont élu domicile et côtoient paisiblement les soldats tombés au combat.

Mais ces visiteurs ne sont pas les bienvenus: en mars 2022, le préfet de la Moselle autorisait la mise à mort de trente d’entre eux dans l’enceinte du cimetière. Ce n’était pas assez pour les décimer: le 17 janvier 2023, il a donc permis un nouveau massacre avec l’abattage de vingt chevreuils supplémentaires.

Pour compenser ces mises à mort, un arrêté a été signé le même jour pour en réintroduire vingt autres, sans doute issus d’élevages, dans la forêt domaniale de Saint-Avold. Cette forêt n’est séparée du cimetière que par une route qui à l’évidence n’arrêtera pas les brocards, les chevrettes et les faons. Qu’ils soient prévenus, cependant: s’ils la traversent, le préfet sautera sur l’occasion pour autoriser une poignée d’heureux élus à venir les abattre entre les pierres tombales.

Se plaindre des dégâts causés par les chevreuils, les faire tuer, puis réintroduire des chevreuils au même endroit: jusqu’où seront-ils prêts à aller dans l’absurde pour satisfaire l’instinct de mort de quelques-uns?

Par ailleurs, faut-il rappeler au préfet de la Moselle que des alternatives à la mise à mort existent? Ces animaux pourraient tout simplement être capturés puis relâchés dans la forêt, comme cela se fait ailleurs en France. Nul besoin de passer par la souffrance et la mort. Une énième preuve du désintérêt total des représentants de l’État pour la vie animale. Pour eux, tuer vingt individus et en réintroduire vingt autres quelques mètres plus loin, c’est comme n’en tuer aucun.

Contre ces absurdités, continuons d’exiger une réforme radicale de la chasse!

République démocratique du Congo : les gorilles des montagnes sont en danger !

République démocratique du Congo : les gorilles des montagnes sont en danger !

République démocratique du Congo : les gorilles des montagnes sont en danger !
24.01.2023
Congo
République démocratique du Congo : les gorilles des montagnes sont en danger !
Animaux sauvages

Dans une tentative de retour au calme en République démocratique du Congo (RDC), les gouvernements congolais et rwandais ont exigé d’un groupe rebelle qu’il se retire au mont Sabyinyo. Problème : il s’agit de l’habitat naturel des gorilles des montagnes, espèce endémique et fragilisée par les nombreux conflits qui secouent la région depuis des dizaines d’années. Aux côtés de notre partenaire sur place, l’ONG Innovation pour le Développement et la Protection de l’Environnement et de dizaines d’autres organisations, nous nous inquiétons du danger qui pèse sur la vie de ces grands primates. One Voice co-signe une lettre adressée aux autorités compétentes.

À la suite de la reprise des hostilités en 2022, la « coalition des organisations non gouvernementales de la société civile du secteur environnemental, des droits humains, fonciers et aménagement du territoire » avait déjà adressé une lettre aux présidents de la RDC et du Rwanda. Sur le territoire des gorilles des montagnes, au Sud du parc national des Virunga, à la frontière de l’Ouganda, du Rwanda et de la RDC, des combats ont lieu entre les forces armées congolaises et le groupe rebelle du M23.

Aujourd’hui, alors que les gouvernements des deux pays enjoignent aux rebelles de se replier sur ce même territoire, notre inquiétude est à son comble. Dans une nouvelle lettre aux autorités, en français, anglais et espagnol, nous nous joignons au collectif : nous redoutons que l’installation des combattants sur le territoire des gorilles des montagnes engendre une déforestation accrue et une pollution qui pourraient avoir de graves conséquences sur leur santé. À ces risques s’ajoutent ceux du braconnage et du trafic de bébés singes, ainsi que celui de la propagation de zoonoses entre les animaux et les humains. Enfin, le comportement des gorilles, traumatisés par les détonations d’armes de guerre et les mouvements migratoires qui se jouent sur leur territoire depuis des mois, pourrait être utilisé comme prétexte à un abattage systématique de ces êtres déjà si vulnérables. Nous ne pouvons laisser faire sans réagir !

Depuis l’engagement viscéral de la scientifique Dian Fossey en faveur de ces majestueux primates, nous savons que les gorilles des montagnes, loin de la mauvaise réputation qu’on leur a faite, sont des animaux intelligents, attachants, d’une grande tendresse, notamment entre membres d’une même famille, solidaires au sein de leur groupe et très joueurs. Nous savons aussi, depuis des dizaines d’années, que le braconnage et la déforestation fragilisent dangereusement leur population, déjà limitée à l’étroite zone géographique où ils évoluent encore en liberté, et c’est pour cette raison qu’une protection active de ces individus est toujours aussi essentielle.

Face au danger qui pèse sur la vie des gorilles des montagnes, et au risque que les derniers d’entre eux disparaissent sous nos yeux – et dans quelles conditions ?! -, One Voice a signé une lettre envoyée ce lundi 23 janvier, appelant à la protection de ces victimes malgré elles des conflits des humains.