Quand l’empathie disparait face aux objectifs des laboratoires : entretien avec Kevin Vezirian

Quand l’empathie disparait face aux objectifs des laboratoires : entretien avec Kevin Vezirian

Quand l’empathie disparait face aux objectifs des laboratoires : entretien avec Kevin Vezirian
18.07.2023
France
Quand l’empathie disparait face aux objectifs des laboratoires : entretien avec Kevin Vezirian
Expérimentation animale

Le 29 novembre 2022, Kevin Vezirian a obtenu le titre de docteur en psychologie sociale avec une thèse de recherche portant sur l’étude de l’expérimentation animale du point de vue de la psychologie sociale. Les violences infligées aux animaux sont-elles liées aux violences entre personnes humaines ? Les personnes qui pratiquent l’expérimentation animale sont-elles dépourvues d’empathie ? Toutes les réponses par ce spécialiste du domaine.

Vous venez d’obtenir votre doctorat en psychologie sociale. Qu’est-ce que cela veut dire, concrètement ?

Un doctorat (ou PhD) est un diplôme universitaire délivré au terme d’une activité de recherche scientifique. Concrètement, dans mon cas, cela veut dire que j’ai mené une activité de recherche en psychologie sociale, une discipline scientifique visant à comprendre et expliquer comment les pensées et les comportements des individus sont influencés par la présence d’autrui. Plus particulièrement, mon activité de recherche consistait à étudier les facteurs individuels et les cadres contextuels qui facilitent et légitiment les préjudices envers les animaux de laboratoire, et cela au travers de théories en psychologie sociale.

Tout au long de la thèse, vous faites le lien entre les discriminations entre groupes humains et les mauvais traitements dont sont victimes les autres animaux. Ce lien est-il bien établi, scientifiquement ?

Le lien entre la manière dont se comportent les individus vis-à-vis d’autrui et la manière dont ils se comportent vis-à-vis des animaux est déjà bien établi. Une riche littérature indique par exemple qu’il y a une forte relation entre la cruauté envers les animaux et les violences interpersonnelles. Cependant, des preuves grandissantes suggèrent en effet qu’une interrelation existerait entre les discriminations à l’égard des individus et les attitudes et comportements envers les animaux. Ainsi, des recherches montrent que les individus ayant de forts préjugés négatifs envers autrui en raison de leur ethnicité sont aussi plus susceptibles d’adhérer fortement au spécisme, une idéologie qui défend que toutes les espèces animales ne méritent pas les mêmes considérations morales et que l’exploitation de certains animaux est justifiée. Une récente recherche menée par une équipe de chercheurs de l’université d’Oxford indique d’ailleurs que l’adhésion à des idéologies spécistes est positivement corrélée avec d’autres formes de discriminations, comme le racisme, le sexisme, ou encore l’homophobie.

Bien que ces résultats soient intrigants, il n’est en réalité pas si surprenant de constater que la manière dont les individus perçoivent les membres de groupes discriminés est intimement liée à la manière dont ils perçoivent les animaux, car après tout, les animaux ont eux aussi toutes les caractéristiques d’individus discriminés et exploités en raison de ce qu’ils sont.

Quelle est la place de l’expérimentation animale dans ce cadre ?

L’expérimentation animale consiste à s’appuyer sur des modèles animaux pour mener des expériences, la plupart du temps à des fins scientifiques, que nous préférons ne pas réaliser sur des humains pour des raisons éthiques ou morales. L’expérimentation animale contraste ainsi fortement les considérations que nous avons pour un groupe social particulier, les humains, par rapport à celles que nous avons pour un autre groupe social, les animaux de laboratoire. Alors que de nombreux sondages indiquent que la population est majoritairement opposée à l’utilisation d’animaux de laboratoire, il existe une certaine variabilité quant à la légitimité perçue de cette pratique, et il apparait nécessaire de comprendre d’où proviennent ces différences interindividuelles et contextuelles. De plus, l’expérimentation animale se fait au détriment d’animaux que nous devrions être motivés à protéger de la souffrance, et il est primordial de comprendre quelles sont les stratégies comportementales qui permettent aux individus de rationaliser et de légitimer leur utilisation à des fins de recherche, alors qu’elle est quasiment toujours synonyme de funestes finalités. Il y a fort à parier que les réponses à nos questions se trouvent dans notre manière de percevoir et d’interagir avec autrui, et la psychologie sociale est à ce titre très pertinente.

Les personnes qui pratiquent l’expérimentation animale sont-elles donc dépourvues d’empathie ? Sinon, comment réussissent-elles à infliger ces souffrances aux animaux ?

Dépourvues d’empathie, probablement pas. D’ailleurs, dans nos recherches, nous n’avons en réalité aucune donnée concernant les dispositions empathiques des techniciens de laboratoire, donc nous ne pouvons pas apporter de réponses claires à ce propos. En revanche, nos recherches indiquent que dans la population générale, de moindres dispositions empathiques sont effectivement associées à une plus grande légitimité perçue de l’expérimentation animale, mais aussi à des comportements plus néfastes envers un animal de laboratoire dans le cadre d’une recherche pharmaceutique.

Quant à savoir comment des personnes arrivent à infliger des souffrances à des animaux à des fins scientifiques, nos recherches apportent quelques éléments de réponse. En nous inspirant du protocole de Stanley Milgram, nous avons invité des personnes à conduire une (fausse) recherche pharmaceutique sur un (faux) animal de laboratoire, et nos résultats indiquent que la focalisation préalable sur les bénéfices de la science allait aussi significativement augmenter la motivation des individus à participer à la recherche au détriment de l’animal, mais aussi que de fortes dispositions pro-scientifiques étaient fortement reliées à la légitimité perçue de l’expérimentation et à la vision instrumentale d’un animal de laboratoire. En somme, cette recherche indique que la poursuite de buts scientifiques permettrait d’atténuer temporairement les considérations empathiques que les individus ont à l’égard des animaux de laboratoire afin de faciliter leur utilisation à des fins de recherche et la poursuite de la recherche. Dans une autre recherche en cours d’expertise, nous montrons aussi que des stratégies de dénigrement des capacités mentales et cognitives des animaux de laboratoire peuvent être à l’œuvre afin de justifier l’utilisation d’animaux de laboratoire. Alors que faire souffrir autrui va à l’encontre de nos principes moraux les plus fondamentaux, nous démontrons que les individus peuvent être motivés à diminuer les capacités mentales et de sentience d’un animal de laboratoire afin de rendre, en quelque sorte, son utilisation plus moralement acceptable.

Fort des connaissances établies par vos recherches, quelle voie d’action recommanderiez-vous afin que la situation s’améliore pour ces animaux ?

Nos recherches montrent que les objectifs scientifiques derrière l’expérimentation animale permettent de diminuer les considérations morales que les individus ont envers les animaux de laboratoire. Cependant, il convient de rappeler que l’expérimentation animale n’est pas seulement critiquée par les animalistes, mais aussi par une partie de la communauté scientifique qui questionne sa validité, son manque de réplicabilité ou les très faibles applications pharmaceutiques chez les humains. Nous pourrions imaginer que des campagnes de communication et d’information questionnant le bien-fondé et l’utilité de l’expérimentation animale pourraient ainsi permettre que les individus ne justifient pas aveuglément la souffrance des animaux de laboratoire sous prétexte que d’importants bénéfices pour la santé humaine seraient à la clé, car ce n’est pas toujours si évident.

De plus, nos recherches montrent aussi que les capacités cognitives et mentales des animaux sont centrales dans les considérations morales à leur égard, et plus nous percevons leurs capacités de sentience et d’intelligence, plus ce qu’ils endurent dans les laboratoires nous apparaît comme moralement injustifié et inacceptable. Ainsi, des campagnes de sensibilisation autour de la singularité des animaux de laboratoire, faisant état de leurs capacités cognitives et de leur personnalité, pourraient en quelque sorte leur conférer de plus grandes considérations morales et peut-être davantage motiver les individus à s’opposer à cette pratique.

L’État a tranché: c’est l’avènement des cirques fixes et zoos au rabais

L’État a tranché: c’est l’avènement des cirques fixes et zoos au rabais

L’État a tranché: c’est l’avènement des cirques fixes et zoos au rabais
13.07.2023
France
L’État a tranché: c’est l’avènement des cirques fixes et zoos au rabais
Exploitation pour le spectacle

Nous alertons sur ce danger depuis quatre ans. On y est: l’arrêté ministériel vient de paraître, et entérine le fait que les certificats de capacité (sésame permettant de détenir des animaux sauvages) des cirques et autres dresseurs itinérants équivalent à ceux des établissements fixes, autrement dit, des zoos. Explication de texte… de loi, et conséquences pour les animaux.

One Voice, lanceuse d’alerte sur les cirques

Précurseuse en France sur ce sujet, l’association défend notamment les éléphants, ours, hippopotames, lions et tigres des cirques depuis près de vingt-cinq ans. Notre expertise s’est développée au fil de l’expérience accumulée du combat pour eux.

Nés libres et capturés pour certains ou nés derrière des barreaux pour d’autres, soumis par la force dès les premières semaines de vie, enfermés dans des camions jour et nuit, transportés de ville en ville qu’il fasse une chaleur étouffante ou un froid hivernal… Quel traitement indigne et humiliant, doit-on souffrir pour accepter, une fois adulte, de se laisser faire ainsi? En faut-il, de la terreur, pour se soumettre à des primates quand on est un tigre, une famille de lions ou une éléphante…

Le commerce du mensonge

C’est ce que les circassiens cachent au public, aux journalistes et aux décideurs publics depuis la nuit des temps, et ce que nous, défenseurs des animaux et de la planète, nous échinons à prouver avec force vidéos de ces exactions, et envoyons à la justice pour obtenir non seulement le respect de la loi mais aussi une amélioration de celle-ci.

Préserver l’habitat naturel de ces espèces vulnérables

Ces spectacles avilissants vendent une réalité trompeuse, dans laquelle les êtres captifs et exploités seraient heureux d’une telle situation, et dans laquelle il serait normal de montrer cela à nos enfants. En réalité, c’est la survivance d’une tradition anachronique dont on devrait avoir honte. Celle de la domination décomplexée et absolue de l’humain sur le non-humain. Elle désengage au passage les velléités de défendre ces êtres dans leur habitat naturel, pourtant en grave recul.

Une loi “en carton”

En 2019, déjà, lors des discussions au ministère de la Transition écologique préparatoires aux annonces des mesures pour la faune sauvage captive détenue dans les camions des cirques, et la loi qui leur a succédé en novembre 2021, nous expliquions le risque d’obtenir des zoos au rabais avec la sédentarisation des cirques itinérants. Et c’est, ni plus ni moins, ce qui se produit sous nos yeux, avec la publication, ce 13 juillet 2023, de l’arrêté ministériel établissant une équivalence entre les certificats de capacité des circassiens et ceux des zoos, permettant donc dorénavant aux dresseurs d’obtenir des certificats de capacité pour des animaux qu’ils ne pouvaient pas détenir auparavant dans les cirques itinérants, telles des girafes par exemple. Il n’en faudra pas beaucoup plus pour piétiner l’arrêté zoo de 2004.

L’effet pervers le plus flagrant de ce texte est d’avoir donné l’impression à la France ( voire à l’Europe ) entière qu’il représentait une avancée majeure pour les animaux, alors même qu’il n’était qu’un paravent qui n’aura fait que démobiliser les bonnes volontés et n’aura que peu changé les choses dans les actes. Tout comme l’a fait en 2015 l’inscription de la sensibilité des animaux dans la loi, sans changer leur statut de biens meubles.

Des quartiers d’hiver sordides bientôt considérés comme des zoos

Avec ce nouveau texte, c’est un pas de plus vers des quartiers d’hiver minuscules  considérés comme des zoos comme l’avait tenté (sans succès grâce à notre vigilance) le Cirque Médrano à Aimargues.

Mais ce que nous avons empêché alors, ne pourrait bientôt plus l’être à l’avenir… Car après un certificat de capacité équivalent, nous présageons des changements délétères à venir sur des normes réglementaires tirées vers le bas, avec le piétinement de l’arrêté de 2004 qui réglemente les zoos.

L’État se fait complice de l’exploitation

Nous dénonçons le silence assourdissant et l’immobilisme du ministère concernant les sanctuaires pour grands mammifères, terrestres ou marins, ainsi que sa lenteur à publier les décrets d’application de la loi, notamment sur la reproduction des grands félins. Seul celui sur la CNCFSC a été publié. En attendant, les circassiens se débarrassent des éléphantes, et font reproduire les fauves à tour de bras pour alimenter tous les trafics.

Nous restons mobilisés pour tous les captifs des cirques, et demandons des comptes au ministère pourtant chargé de les protéger.

Loi sur la Restauration de la nature : le Parlement européen adopte un texte encourageant mais affaibli

Loi sur la Restauration de la nature : le Parlement européen adopte un texte encourageant mais affaibli

Loi sur la Restauration de la nature : le Parlement européen adopte un texte encourageant mais affaibli
13.07.2023
Europe
Loi sur la Restauration de la nature : le Parlement européen adopte un texte encourageant mais affaibli
Habitat naturel

Le 12 juillet, le Parlement européen a voté en séance plénière en faveur de la Loi sur la Restauration de la nature. Malgré l’adoption d’amendements qui ont en partie vidé le texte de sa substance, cette victoire reste un grand pas en avant pour les animaux, la nature et notre vie sur terre

Nous avons suivi avec joie le vote très attendu de la Loi sur la Restauration de la nature, ce mercredi 12 juillet. 336 eurodéputés ont finalement voté en faveur du texte, contre 300 contre. S’il n’a pas remporté l’adhésion que nous espérions, ce résultat représente tout de même une grande victoire au vu de la campagne d’opposition féroce menée par les conservateurs derrière le PPE, groupe de centre-droit.

Des amendements qui portent atteinte à l’urgence écologique plébiscitée par les citoyens

Le texte adopté ressort néanmoins très affaibli par ce manque de cohésion au niveau de l’UE sur ce sujet pourtant crucial pour un futur vivable sur terre. De nombreux amendements votés ont amoindri les ambitions de départ de la Commission européenne. Le Parlement européen a notamment supprimé la proposition d’article sur la restauration des terres agricoles, qui inclut la restauration des tourbières, renonçant ainsi à un levier essentiel pour accroître la capacité des Etats membres à stocker le carbone. Les eurodéputés ont également cédé aux sirènes des conservateurs en adoptant un amendement qui retarderait la mise en œuvre de la loi jusqu’à ce qu’une évaluation de celle sur la sécurité alimentaire européenne ait été menée.

Nous restons engagés pour défendre ce Pacte vert pour l’Europe, avec le soutien de plus d’un million de citoyens qui ont soutenu la loi sur la restauration de la nature mobilisés en réponse à l’appel de plus de 200 associations dont nous faisions partie. Et avec nos partenaires au sein du Bureau Européen, nous appelons désormais les institutions de l’UE (Parlement, Commission et Conseil) à se prononcer pour un texte définitif à la hauteur des enjeux environnementaux lors de leurs négociations tripartites.

Vénerie sous terre en été : cinq nouvelles victoires pour les blaireaux !

Vénerie sous terre en été : cinq nouvelles victoires pour les blaireaux !

Vénerie sous terre en été : cinq nouvelles victoires pour les blaireaux !
12.07.2023
France
Vénerie sous terre en été : cinq nouvelles victoires pour les blaireaux !
Animaux sauvages

Cet été, les déterreurs de l’Aisne, l’Ille-et-Vilaine, la Savoie, la Haute-Loire et le Loir-et-Cher (en plus de tous les autres) devront s’occuper autrement qu’en torturant des animaux. Ces victoires ouvrent plus que jamais la voie à la fin du déterrage en été et au printemps, qui s’ajoute à celui déjà autorisé le reste de l’année. Et le combat est loin d’être terminé : des audiences sont d’ores et déjà prévues dans les jours qui viennent pour la Corrèze, le Cantal, l’Allier et la Seine-et-Marne, le Maine-et-Loire et la Creuse.

Cette année, nous avons décidé de nous positionner comme force incontournable dans la lutte contre la vénerie sous terre, déposant les référés-suspension soit seuls et partout où des arrêtés faisaient commencer les périodes complémentaires entre le 15 mai et le 1erjuillet, soit en s’alliant à nos partenaires*.

Un succès inédit pour les blaireautins et leurs parents

3500 : c’est le nombre de blaireaux que nos actions en justice ont pour l’heure permis d’épargner, dans 19 départements sur 24. Chaque victoire est plus satisfaisante que la précédente, lorsqu’on sait la cruauté de ce loisir que notre enquête en infiltration avait bien montrée, et la difficulté à convaincre les juridictions malgré le rejet de cette pratique par plus de 4 Français sur 5 (sondage Ipsos/One Voice, octobre 2022).

Dans les cinq départements où nous venons d’obtenir gain de cause, des centaines de familles de blaireaux auraient dû être décimées, à l’issue de longues heures de traque. Des blairelles et leurs petits tués à bout portant, après avoir cherché en vain à fuir au fond de leur terrier, ce refuge qu’ils ont mis des mois à construire et que les chasseurs auraient détruit en quelques heures.

Dans le Loir-et-Cher, le tribunal administratif d’Orléans a encore une fois balayé les arguments invoqués par la préfecture. Un soulagement, largement partagé par des élus locaux très investis à nos côtés dans ce combat, comme la maire de la commune de Valaire, Catherine Le Troquier. 150 à 200 individus épargnés ! Auxquels il faut ajouter les 250 à 300 en Ille-et-Vilaine, 150 dans l’Aisne, et plusieurs dizaines en Haute-Loire….

Des victoires qui ne sonnent pas la fin du combat

Face à notre détermination, plusieurs départements ont choisi d’abandonner leurs projets d’arrêtés. En Savoie, après un échec cuisant (il n’aura fallu que quelques heures au juge des référés pour rendre sa décision !), le représentant de l’État a tout simplement décidé de ne pas autoriser la vénerie sous terre à partir du 1er juillet, comme il s’apprêtait pourtant à le faire ! Dans la Vienne, notre victoire a elle aussi contraint la préfecture à reculer.

Dans les semaines qui viennent, les audiences suivantes sont programmées : le 17 juillet au tribunal administratif de Limoges (pour la Corrèze), le 18 à Clermont-Ferrand (pour l’Allier et le Cantal), le 25 à Melun (pour la Seine-et-Marne), le 27 à Nantes (pour le Maine-et-Loire) et le 1er août à Dijon (pour la Creuse).

Les préfets nous trouveront toujours en travers de leur chemin pour défendre les blaireaux. Plus que jamais, nous avons besoin de votre aide pour porter leur voix. Signez nos pétitions pour une réforme radicale de la chasse, pour l’abolition de la vénerie sous terre des blaireaux et changer leur image !

Soutenez notre combat pour les blaireaux

* Associations partenaires de One Voice sur les référés mentionnés : Allier : Animal Cross, AVESFNE 03, FNE AURA, LPO AURA ; Aisne, Creuse, Ille-et-Vilaine, Maine-et-Loire et Seine-et-Marne : AVES ; Cantal : Animal Cross, AVESFNE 15, FNE AURA, LPO AURA ; Haute-Loire : AVESFNE 43, FNE AURA, LPO AURA ; Savoie : Animal CrossFNE 73, LPO AURA.

Expérimentation animale : certains s’accrochent à la nage forcée des rats et des souris

Expérimentation animale : certains s’accrochent à la nage forcée des rats et des souris

Expérimentation animale : certains s’accrochent à la nage forcée des rats et des souris
12.07.2023
France
Expérimentation animale : certains s’accrochent à la nage forcée des rats et des souris
Expérimentation animale

L’Australie et l’Angleterre ont récemment manqué l’occasion d’interdire les tests de nage forcée infligés aux rongeurs dans leurs laboratoires. Des décisions incompréhensibles au regard des souffrances induites par ces expériences dont l’efficacité n’est même pas prouvée. En France, nous continuons de nous battre contre ces méthodes défendues bec et ongles par l’industrie de l’expérimentation animale qui n’a, à l’évidence, pas de frontières.

En janvier, le gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud a déçu l’Australie. Alors qu’il était interrogé sur la possibilité d’interdire « rapidement » les tests de nage forcée, il a fermé les yeux sur les arguments des défenseurs des animaux et accepté que ces expériences se poursuivent lorsqu’elles sont « dûment justifiées ». Une condition bien vague pour permettre que des rongeurs en pleine détresse soient immergés pendant de longues minutes dans un bocal d’eau sans possibilité d’en sortir…

Des procédures préservées contre toute logique

Une réponse sur le même sujet de la part de l’Angleterre était attendue depuis des mois. Le 5 juillet, l’Animal Science Committee (ASC) a publié ses « conseils » sur le recours à la nage forcée, confortant l’industrie de l’expérimentation dans son utilisation alors que tous les voyants sont au rouge.

L’équivalent britannique de notre Comité national de réflexion éthique sur l’expérimentation animale (CNREEA) reconnaît ainsi que les projets qui utilisent ces tests n’expliquent pas en quoi ils sont pertinents et oublient consciencieusement de préciser leur méthodologie, mais aussi que rien ne confirme que ces procédures puissent aider à trouver des antidépresseurs novateurs. Pire, elles pourraient nous faire passer à côté de nouveaux médicaments intéressants selon une publication d’une revue scientifique sur les alternatives aux tests de nage forcée. Ajoutés au stress immense ressenti par les animaux lors de ces expériences, ces arguments devraient faire mouche mais il n’en est rien. Contre toute logique, l’ASC déclare que le recours à la nage forcée est, en principe, valide pour étudier la neurobiologie du stress et accepte qu’elle soit utilisée pour tester des antidépresseurs. Et ce alors même que des alternatives existent et mériteraient d’être développées, quoi qu’en dise le comité.

Rien, pas même le fait que des membres du personnel de laboratoires ont rapporté des morts de rongeurs par inhalation d’eau à la suite des tests en Australie, n’a convaincu l’ASC de statuer en faveur des animaux qui subissent ces expériences.

La lutte pour les animaux expérimentés se poursuit

En France, nous continuons à nous battre pour que les rats, qui sont des êtres intelligents, empathiques et joueurs, soient préservés de ces simulations de noyade. Pour leur venir en aide, nous faisons tout pour obtenir des informations et des images récentes de l’utilisation de la nage forcée dans notre pays. La tâche est de taille, alors que des projets continuent d’être approuvés par le ministère de la Recherche et que l’industrie de l’expérimentation animale fait tout pour être le plus opaque possible.

D’ici le 25 juillet, espérons que la Commission européenne rendra une réponse favorable à l’Initiative citoyenne européenne Save Cruelty Free Cosmetics ainsi qu’aux 10 millions d’animaux qui passent entre les murs des laboratoires européens chaque année.

Un loup percuté par un train dans la Drôme

Un loup percuté par un train dans la Drôme

Un loup percuté par un train dans la Drôme
11.07.2023
Drôme
Un loup percuté par un train dans la Drôme
Animaux sauvages

Un loup a été retrouvé mort lundi 3 juillet au matin, en bordure de voies ferrées à Crozes-Hermitage dans la Drôme. En France, les loups font face à de multiples menaces : abattages par tirs – alors même qu’ils appartiennent à une espèce protégée -, braconnage, mais aussi accidents routiers.

Selon l’autopsie, il s’agit d’un mâle adulte de 32 kilos, mort des suites d’une collision avec un train. Pourtant, sur les photos circulant sur les réseaux sociaux, le corps du malheureux semble en relativement bon état après un tel un choc…

Chaque année, des dizaines de loups victimes de collisions

Depuis le début de l’année 2023, au moins cinq d’entre eux sont décédés de la sorte : en Seine-et-Marne le 11 janvier, deux jours plus tard dans le Parc national des Calanques, le 17 janvier près de la Grande-Motte, et le 22 mars dans la Loire. Puis début juillet, cette nouvelle victime, fauchée par un train.

Un autre, percuté au mois de janvier, a survécu au choc, mais n’a jamais été retrouvé. Très certainement blessé, il est probable qu’il soit décédé des suites de ses blessures…

Puisqu’il s’agit d’accidents, les conducteurs ne risquent rien. Facile donc pour certains détracteurs de prétendre que les collisions sont fortuites alors qu’ils tenteraient en réalité d’éliminer volontairement des loups avec leur véhicule… C’est d’ailleurs ce qui s’est passé il y a quelques mois en Haute-Savoie, où un automobiliste a tenté d’écraser l’un d’entre eux. Des enregistrements vidéo ont heureusement permis de retrouver le mis en cause, qui sera jugé dans les prochains mois au cours d’un procès dont nous nous constituerons partie civile en sa mémoire.

Cachez ce loup que je ne saurais voir

Alors même que la population lupine est en déclin, comme l’a révélé le comptage de l’Office français de la biodiversité il y a quelques jours, l’État continue de les faire abattre sans même prendre en considération ceux qui décèdent d’accidents imputables aux humains. Pire, l’administration chargée du suivi des abattages a même décidé de ne plus dévoiler le chiffre annuel de loups retrouvés morts de causes accidentelles, naturelles ou indéterminées.

Jusqu’en 2019, ces données étaient communiquées par la DREAL d’Auvergne-Rhône-Alpes. En 2018 et 2019, respectivement 27 et 20 loups ont été retrouvés décédés dans ces conditions. Ces chiffres sont désormais passés sous silence. En effet, quand on sait que le quota d’individus à abattre augmente d’année en année, il vaut mieux essayer de masquer un minimum sa responsabilité dans ce massacre en tentant de faire oublier que les loups meurent en plus de bien d’autres causes.

Rejoignez-nous dans notre combat : signez notre pétition pour dire stop à la persécution des loups !

La chasse, une arme de pollution massive

La chasse, une arme de pollution massive

La chasse, une arme de pollution massive
07.07.2023
France
La chasse, une arme de pollution massive
Animaux sauvages

Il y a quelques mois, la Fédération nationale des chasseurs (FNC) a été condamnée pour avoir présenté ses adhérents comme les « premiers écologistes de France » (ce à quoi les Français n’ont jamais cru !). Et on comprend pourquoi : ce passe-temps conduit non seulement à la mort de plus de 25 millions d’animaux chaque année, mais, cerise sur le gâteau, il pollue les sols par l’abandon de 6000 à 8000 tonnes de plomb. Ces munitions laissées dans la nature sont un danger immédiat pour l’environnement, les animaux et les humains, dont les conséquences dramatiques sont déjà visibles. Dans l’Ain, One Voice a obtenu de la préfecture que la grenaille de plomb soit remplacée par des munitions d’acier dans un ball-trap organisé dans une zone humide le week-end dernier. Mais les contrôles étant rares, nous n’avons pas d’illusions sur le déroulement inchangé de celui-ci, sachant que cette festivité polluante annuelle a lieu depuis plus de vingt ans sur le même terrain.

De la chasse au ball-trap : petit guide des activités polluantes, par les chasseurs de France

Parfois – oserons-nous dire souvent ? -, les chasseurs ratent leurs cibles. Des milliers de plombs imprègnent alors les sols et les cours d’eau, rendant ceux-ci potentiellement infertiles et toxiques, notamment pour nous, humains. Lorsque des animaux s’en nourrissent, c’est la mort quasi assurée : un canard qui ingère quatre billes de ce métal lourd a 99 % de chances de mourir dans les vingt jours qui suivent. D’autres fois, des animaux sont touchés sans être tués. Ils devront vivre avec de la grenaille plein le corps causant maladies et infections – corps qui sera ensuite ingéré par leurs prédateurs naturels, comme les lynx, pourtant protégés. D’animal en animal, ce métal lourd, véritable poison, gagne du terrain.

Et ça ne s’arrête pas là : en dehors de la saison, il faut bien s’occuper ! Alors il reste une activité : le ball-trap. Tirer sur un plateau en argile, c’est sans doute moins amusant que tirer sur un animal. Mais c’est « mieux que rien ». Cette activité très lucrative conduit à elle seule à la dispersion de 1500 tonnes de plomb dans la nature chaque année.

Un événement dans l’Ain, délétère pour l’environnement depuis deux décennies

Dans l’Ain, la société de chasse de Douvres organise depuis au moins vingt ans un ball-trap annuel à proximité immédiate d’un cours d’eau. Autant dire que, depuis toutes ces années, le sol et les nappes phréatiques sont criblés de ce métal lourd… C’est d’ailleurs dans cette région qu’en 2014, l’analyse du cadavre d’un lynx avait révélé qu’il souffrait de saturnisme, car dans son corps se trouvaient plus de 120 grenailles. Alertés que l’événement allait se tenir le week-end du 1er juillet, nous avons immédiatement contacté la préfecture, qui nous a indiqué avoir obtenu des chasseurs qu’ils n’utilisent que des munitions d’acier. Difficile à croire, quand on sait que les fusils utilisés pour le ball-trap ne sont pas adaptés à ce type de cartouches.

Au-delà de la pollution, cet événement n’aurait jamais dû avoir lieu. En effet, la préfète de l’Ain a elle-même interdit le port et le transport d’armes dans le département entre le 30 juin et le 3 juillet en raison de l’actualité nationale. Malgré cela, ces tireurs du dimanche ont pu s’adonner à leur loisir sans aucun dérangement !

Qui sait, peut-être les chasseurs ont-ils réussi à la convaincre qu’il était absolument indispensable de « réguler » les plateaux d’argile…

Mobilisation générale contre les ravages de la chasse sur la nature

Certes, depuis février 2023, l’emploi de ces cartouches est interdit à proximité immédiate des zones humides. Mais cette mesure est largement insuffisante. Avec le Bureau européen de l’environnement, coalition dont One Voice est membre, nous demandons à la Commission européenne d’aller plus loin dans les restrictions du plomb dans les munitions et les accessoires de pêche. Car les poissons sont tout aussi importants que les mammifères. Il en va de la survie de millions d’animaux et de la protection de la santé humaine !

Comme d’habitude, les chasseurs feront tout pour ne pas avoir à se soumettre à la réglementation. En janvier 2023, les agents de la police de l’environnement n’avaient semble-t-il reçu aucune consigne sur la mise en œuvre des contrôles[1]. La loi ? Un détail, quand il s’agit de faire plaisir à une petite minorité qui veut tuer toujours plus d’animaux. Et ils ne s’arrêtent pas là ! Willy Schraen (le président de la FNC) est allé jusqu’à exiger une compensation financière de l’État pour que ses adhérents puissent remplacer leurs fusils aux frais du contribuable. L’indécence n’a donc pas de limite.

Alors que les effets de la pollution massive des sols se font déjà sentir sur la biodiversité et la santé humaine, il est grand temps d’agir. Plus que jamais, il s’agit de porter, d’une seule voix, les intérêts des animaux, des humains et de la nature. Debouts, vaillants et avec nos partenaires, nous continuerons à œuvrer pour la protection de la vie sur terre, pour celle des lanceurs d’alerte et des défenseurs de l’environnement, trop souvent pris pour cibles. Pour eux, pour nous, rien ne nous arrêtera. Le 12 juillet prochain au Parlement européen, nous appelons les eurodéputés à adopter la loi européenne sur la restauration de la nature.

[1] Source: site chassons.com, article « Plomb interdit à la chasse: Vers un possible report? » du 4 janvier 2023: “En effet, pour l’heure, aucun agent de l’office français de la biodiversité (OFB) n’a reçu de consignes claires sur la mise en œuvre des contrôles sur l’emploi des munitions dont ils auront la charge.”

One Voice appelle à adopter la loi européenne sur la restauration de la nature

One Voice appelle à adopter la loi européenne sur la restauration de la nature

One Voice appelle à adopter la loi européenne sur la restauration de la nature
05.07.2023
Union Européenne
One Voice appelle à adopter la loi européenne sur la restauration de la nature
Habitat naturel

Au cœur de tensions politiques, la loi sur la restauration de la nature doit être votée par le Parlement européen le 12 juillet.

Face à la division de la Commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (ENVI) du Parlement européen, nous appelons une nouvelle fois au vote d’une loi ambitieuse sur la restauration de la nature. Pour les humains comme pour tous les autres animaux, la lutte pour un avenir viable sur notre planète ne doit pas être compromise.

En juin, les députés de la Commission ENVI ont échoué à deux reprises à se mettre d’accord sur la loi sur la restauration de la nature. La portée du texte a même été amoindrie au fil des discussions, avec la révision à la baisse de l’objectif global, la suppression de l’article sur la restauration des écosystèmes forestiers ou encore la limitation des actions de restauration aux zones Natura 2000.

 

Un projet de loi dilué mais pas abandonné !

Au cours des deux votes en commission, les 15 et 27 juin, les forces politiques en présence se sont révélées équivalentes. Le projet de loi a ainsi été sauvé de justesse, mais notre déception est grande qu’il n’ait pas été porté avec engouement par l’ensemble de la Commission ENVI.

Le 15 juin, jour du premier vote, l’attaque du Parti populaire européen (PPE, groupe de centre-droit) a même été particulièrement virulente : il avait fait remplacer quatre membres de son groupe, favorables au projet de loi et qui auraient pu faire basculer le vote, par quatre autres qui ne l’étaient pas. La Commission a finalement refusé l’amendement demandant le rejet pur et simple de la loi par un match nul, avec 44 voix pour et 44 voix contre. Et le 27 juin, lors du vote final du rapport préliminaire de la loi, la Commission a une nouvelle fois échoué à obtenir une majorité absolue. C’est donc un sauvetage de la loi, mais pas une victoire, que nous avons obtenu.

Une violente opposition

L’opposition des conservateurs, qui accusent le projet de nuire à la sécurité alimentaire bien que leurs arguments aient été rejetés par des scientifiques, ne condamne pas le texte à l’échec pour autant. L’adoption de la loi en plénière par le Parlement européen le 12 juillet offrira aux élus l’opportunité de se prononcer pour un texte plus cohérent et plus ambitieux et d’exprimer leur soutien au Pacte vert pour l’Europe. Alors que les températures ne cessent de grimper et la biodiversité de s’effondrer, prendre des mesures fortes à l’échelle européenne est une nécessité.

«Le refus persistant des députés conservateurs de faire le travail pour lequel ils ont été élus, à savoir adopter des lois fortes pour lutter contre les crises de la biodiversité et du climat, est décevant, c’est le moins qu’on puisse dire. Ce constat est particulièrement pertinent après le puissant message du Conseil, qui a pris position sur la Loi sur la restauration de la nature la semaine dernière et invité le Parlement européen à poursuivre la négociation de ladite loi. Nous exhortons nos représentants élus à donner suite à cette invitation et à adopter sans délai une position ferme en plénière.»Sergiy Moroz, responsable des politiques de l’eau et de la biodiversité au Bureau européen de l’environnement (BEE)

Une seule voix pour tout le vivant

Depuis de longs mois, le Bureau européen de l’environnement (BEE), dont One Voice est membre, se mobilise contre le réchauffement climatique, la disparition de la biodiversité et la pollution, et demande l’adoption de cette loi pour restaurer non seulement la nature mais dans le respect de notre bien-être et avec une réelle réflexion sur l’aspect social, dans un contexte de crise mondiale. Cette prise de position est en accord avec notre lutte pour protéger l’ensemble du vivant. Dès 2018, nous avons activement participé aux marches pour le climat. Et en mai dernier, nous étions à Stockholm pour la conférence Common future : for a european Green Deal 2 organisée par le BEE, où les grands axes de travail ont été tracés pour les années à venir.

Le 11 juillet prochain, un rassemblement est prévu devant le Parlement européen à Strasbourg de 8h à 9h du matin. Le collectif rassemblant le BEE et nos partenaires le WWF, BirdLife et ClientEarth sera également présent pour remettre officiellement près d’un million de messages envoyés aux membres du Parlement européens pendant notre campagne #RestoreNature

Le lendemain, en plénière, nous appelons les eurodéputés à voter en faveur de notre avenir à tous.

Plan Loup : un échec programmé

Plan Loup : un échec programmé

Plan Loup : un échec programmé
05.07.2023
France
Plan Loup : un échec programmé
Animaux sauvages

À la suite de l’annonce de la baisse du nombre de loups en France, la présentation du nouveau Plan National d’Actions 2024-2029 sur les loups et les activités d’élevage (plus connu sous le nom de « Plan Loup ») prévue initialement lundi 3 juillet est reportée… L’État serait-il en train de se rendre compte que non seulement les loups ne « prolifèrent » pas, contrairement à ce qu’éleveurs, chasseurs et certains élus tentent de faire croire (par ailleurs en contradiction totale avec la biologie des loups, qui ne se reproduisent qu’une fois par an et dont le taux de survie des louveteaux est d’environ 60 %), mais que cette stratégie d’abattage d’animaux classés vulnérables est contraire au statut d’espèce protégée dont ils bénéficient ?

Alors que l’échéance du Plan 2018-2023 est proche, les premiers constats qui peuvent en être tirés sont alarmants à tout niveau : baisse du nombre de loups mais augmentation des attaques sur les élevages. Cela prouve que les tirs létaux sont inefficaces – et même contre-productifs, comme nous l’avions déjà souligné à plusieurs reprises – et que l’accent doit être mis sur les mesures de protection, notamment pour les troupeaux de bovins qui bénéficient d’une exemption incompréhensible. Le problème des chiens en divagation doit par ailleurs être étudié sérieusement.

L’État fait abattre de plus en plus de loups puis s’étonne que leur population diminue

Alors même qu’aucune communication officielle de la part de l’État n’avait encore relayé l’information, les syndicats d’agriculteurs étaient déjà au courant depuis plusieurs jours et s’insurgeaient : le nombre de loups à la sortie de l’hiver 2022-2023 aurait diminué. 906 auraient été recensés, soit 15 de moins que l’année dernière à la même époque.

Alors que cela devrait ravir leurs détracteurs, les voilà – ô surprise – qui contestent le comptage, qui serait selon eux en deçà de la réalité. Les chiffres sont exacts uniquement quand cela arrange leur communication mensongère et délétère.

S’il ne s’agissait pas de la mise à mort de plusieurs dizaines de loups chaque année, la situation porterait presque à rire. L’État, qui a chaque année augmenté le quota à abattre (passant de 51 en 2018 à 174 pour 2023 !), se retrouve bien embarrassé maintenant qu’il constate que tuer toujours plus d’individus met en danger la survie d’une espèce entière, alors même qu’elle n’atteint pas encore un seuil plancher de loups suffisant à sa viabilité. Pourtant, déjà en 2020, nous alertions le gouvernement sur le ralentissement de la croissance de leur population en France.

La présentation du Plan Loup reportée

L’absence de réaction de l’administration et des politiques sur le sujet dénote certainement un embarras de la part du gouvernement, qui subit la pression du lobby agricole menant la danse.

Pris au piège de cette nouvelle dévoilée à quelques jours de la présentation des grands axes du plan 2024-2029, les décideurs seraient finalement convenus de repousser la communication au 4 septembre prochain. Là encore, aucune déclaration officielle : l’information est trouvée dans divers médias agricoles, dont le lobby a ses entrées au gouvernement…

Il est facile de déduire de ce report que les annonces qui devaient être faites le 3 juillet allaient certainement compromettre encore plus la survie des loups, en assouplissant les conditions des tirs ou en autorisant l’abattage d’un plus grand nombre d’entre eux. On imagine donc que les grandes lignes vont être revues dans l’urgence, pour tenter de justifier au mieux le maintien des tirs létaux sur une espèce protégée en déclin et qui a, de surcroît, déjà été exterminée en France une première fois.

D’ici là, et tant que ces tirs mortels seront en vigueur, nous continuerons de veiller à ce que les conditions minimales d’autorisation des dérogations soient réunies. Systématiquement nous dénoncerons les abus et braconnages. Nous ne céderons rien. Signez notre pétition pour demander la fin de la persécution des loups.

Pour aider les chats errants, inauguration du Chatipi de Marly-le-Roi le 8 juillet à 11 h

Pour aider les chats errants, inauguration du Chatipi de Marly-le-Roi le 8 juillet à 11 h

Pour aider les chats errants, inauguration du Chatipi de Marly-le-Roi le 8 juillet à 11 h
03.07.2023
Yvelines
Pour aider les chats errants, inauguration du Chatipi de Marly-le-Roi le 8 juillet à 11 h
Animaux familiers

One Voice, qui lutte contre l’errance féline depuis des années, met en place des partenariats triangulaires avec des municipalités ou des lieux de vie et des associations locales, pour identifier, stériliser et soigner les chats sans abri et les relâcher en leur procurant un chalet en bois pour s’hydrater, se nourrir et s’abriter.
La mairie de Marly-le-Roi, dans les Yvelines, a contacté l’association One Voice pour prendre en charge la problématique des chats errants dans la commune avec l’aide de l’association locale MarlyChats sans Toit. Le programme Chatipi permet donc aux chats sans famille humaine de ne plus souffrir de la misère. L’inauguration aura lieu au Chatipi, le samedi 8 juillet à 11 h.

Crédit photographies: association MarlyChats sans Toit

L’inauguration se déroulera devant le Chatipi implanté chemin du Val-de-Cruyé à Marly-le-Roi, à côté du cimetière de la Genêtrière. Elle se fera en présence de Jean-Guillaume Datin, maire-adjoint chargé de l’Environnement et du Cadre de vie, l’association MarlyChats sans Toit et un représentant de la Fondation Valentin Haüy, propriétaire du terrain sur lequel est implanté le Chatipi. Enfin, c’est Lola Rebollo, chargée de campagne « Errance féline » pour One Voice, qui représentera l’association.

Chatipi, une solution durable au cercle vicieux de l’errance féline

Chatipi est un dispositif éthique visant à créer des espaces pour les chats errants afin de les secourir tout en sensibilisant les citoyens à leur détresse et leurs besoins. Une vingtaine d’entre eux sont en cours de développement. Plusieurs chatipis ont été établis près d’EHPAD, de maisons de santé ou d’hôpitaux pour également apporter du réconfort aux résidents, et à proximité d’écoles car le but de One Voice est fondamentalement de sensibiliser la population au sort des chats sans famille. En effet, on décrit trop souvent par erreur ces petits félins comme des animaux qui n’ont besoin de personne, alors qu’ils sont très affectueux, fidèles et dépendants, ce qui les rend vulnérables en cas d’abandon.

L’errance féline, cela étant, n’a pas l’abandon comme seule source. Ce cercle vicieux, qui concerne onze millions de chats par an en France, part d’a priori erronés sur eux, notamment qu’ils auraient un besoin intrinsèque de se reproduire pour être heureux, ce qui mène leur famille humaine à ne pas toujours les faire stériliser. De nombreuses naissances de chats ont ainsi lieu dans la nature. Ces chatons, quand ils survivent, sont dans tous les cas frappés par la faim, le froid et les maladies. Ils ne sont ni identifiés ni stérilisés, car leurs humains ne sont parfois même pas au courant de leur existence. Or les portées, dans ces circonstances, ne font que se multiplier. Les municipalités ou lieux de vie doivent gérer ces individus confrontés à la misère, qui affectent également la biodiversité.

Répartitions des tâches et des responsabilités

One Voice, qui a inventé le concept Chatipi, fournit le chalet et les chatières, prend en charge les croquettes et les frais vétérinaires (stérilisations, identifications, tests) de 15 chats au démarrage de l’opération, ainsi que le panneau pédagogique.

La Fondation Valentin Haüy a mis à disposition une parcelle de son centre d’hébergement d’urgence pour implanter le Chatipi. La commune a de son côté pris en charge la création de la dalle de béton, le montage du chalet et la pose d’un enclos grillagé attenant. Le suivi sanitaire des chats sera quant à lui assuré par l’association locale MarlyChats sans Toit, qui se chargera des trappages pour la stérilisation, du nourrissage, des frais vétérinaires à long terme et du nettoyage du chalet. En tout, une quinzaine de chats non adoptables devraient bénéficier du Chatipi de Marly-le-Roi.

Une oasis bienvenue pour ces chats sans abri

Une dizaine d’entre eux ont déjà fait leur le Chatipi, véritable havre de paix. Une chatte sans famille, inconnue de l’association, s’y est même installée pour donner naissance à ses chatons… Preuve que les chats s’y sentent bien et que le dispositif fonctionne. Elle sera évidemment stérilisée une fois les chatons sevrés et en âge d’être adoptés.

Le site de One Voice dédié au programme Chatipi présente de multiples informations concernant ce programme pédagogique sur les chats. Signez notre pétition demandant un plan d’urgence pour régler le problème de l’errance féline.