Lucille, dauphine en exil à Port-Saint-Père

Lucille, dauphine en exil à Port-Saint-Père

Lucille, dauphine en exil à Port-Saint-Père
07.03.2016
Port Saint Père
Lucille, dauphine en exil à Port-Saint-Père
Exploitation pour le spectacle

En août 2015, Lucille a tué dans une bagarre le premier delphineau né à Planète Sauvage. Ce geste terrible, qu’elle regretta aussitôt, n’est pas le fruit du hasard ou d’un soi-disant « comportement naturel ». Le désespoir de Lucille le rendait prévisible.

De SeaWorld à Harderwijk

Lucille est née au SeaWorld d’Orlando le 16 avril 1989. Louise et Ralph, ses parents, avaient été capturés dans l’océan. Toute petite, Lucille est exhibée dans la Dolphin Nursery du parc, avant d’être amenée à la Dolphin Cove, où un flot continu de visiteurs peut la caresser pour 45 dollars.

Le 7 juin 1997, on décide de l’expédier en Europe. Ce départ est un déchirement, car Lucille laisse sa mère pour toujours.
Le delphinarium de Harderwijk a besoin de femelles reproductrices, et malgré son jeune âge, Lucille aura deux fils.

Le 7 avril 2015, un nouveau voyage est imposé à Lucille: on l’envoie à Planète Sauvage, dont les bassins comptent une majorité de mâles.

Ce nouveau déracinement est terrible. Lucille vient de passer dix-huit ans dans le lagon de Harderwijk. Non sans peine, l’exilée de SeaWorld a fini par trouver sa place dans la foule agitée des dauphins captifs. Elle est même parvenue à y élever ses bébés. La voici arrachée à sa famille encore une fois. Ses fils sont déjà grands bien sûr, mais ils étaient ses alliés dans le monde violent des piscines surpeuplées.

Les enfants perdus de Port-Saint-Père

Lucille débarque donc à Port-Saint-Père dans un bassin rempli d’inconnus. Des alliances s’y sont nouées dès l’ouverture très contestée du delphinarium en 2008 (voir l’historique du combat de One Voice pour les cétacés). Il y a là les anciens du Parc Astérix, Péos, Aïcko et Galéo, ainsi qu’un juvénile impétueux tout juste arrivé de Bruges, Océan. Parel et Amtan, les deux femelles, viennent pour leur part de Harderwijk où Lucille les avait croisées. Tous sont jeunes, nés captifs, séparés de leur mère bien trop tôt et socialement acculturés. La cohésion de cette « petite famille » artificielle de quatre mâles et trois femelles confinés dans le même espace ne tient que par la contrainte des dresseurs.

Dès son arrivée, Lucille s’enfonce dans la dépression. Elle refuse de quitter son bassin de quarantaine. Son attitude inquiète One Voice, mais le delphinarium se refuse à y voir un problème.
Lorsque Parel met au monde son premier bébé, il lui faut une « marraine  » pour l’aider à s’en occuper. Ce rôle essentiel dans la société dauphine suppose l’existence de liens forts entre les deux femelles adultes. Il s’agit toujours d’une relation de confiance qui s’élabore au fil d’alliances subtiles, et non d’un choix posé par l’humain.

En juin 2015, c’est à Lucille que l’on confie le soin de veiller sur la maternité de Parel—et ce trois mois seulement après son transfert, alors qu’elle s’isole et ne veut voir personne! Et bien sûr, c’est le drame.

Juste une bagarre entre femelles

Le 8 août 2015, les spectateurs attendent le début du spectacle. Lucille, Parel et son delphineau sont enfermés dans le bassin annexe n°4. Tout à coup, une vive agitation semble s’emparer du minuscule enclos.
Sous l’œil médusé du public, les deux femelles tentent de réanimer le delphineau mort en le maintenant à la surface. La confusion est totale mais l’ordre est tout de même donné d’envoyer la musique et de lancer le show.
Discrètement, le cadavre du bébé est retiré du bassin avec une épuisette tandis que les cinq dauphins entrent en scène, très troublés, incapables de se concentrer sur les tours à exécuter…

La société des dauphins

Interrogé à propos de la dépression de Lucille, le delphinarium répondait en mai 2015: « L’organisation sociale naturelle des dauphins consiste en des groupes très fluides avec le départ et l’arrivée permanente de nouveaux individus pour éviter la consanguinité. Nous faisons exactement la même chose. Les échanges entre parcs sont gérés à un niveau européen, par des coordinateurs par espèces (les EEP). »

En fait, les jeunes ne quittent jamais vraiment leur famille. À trois ans, ils sont sevrés et s’éloignent alors du clan familial mais y restent attachés leur vie entière par le dialecte et la culture. Les dauphines, tout particulièrement, restent longtemps au sein de leur clan pour élever leurs bébés dans des crèches collectives. Et quand les clans deviennent trop grands, ils se scindent et se multiplient dans les mêmes territoires. Car les dauphins ont des pays comme nous. Celui des parents de Lucille se situait sans doute dans les Keys en Floride.

Il est donc faux de prétendre que les dauphins partent sans se retourner à partir de trois ans. Chez les dauphins libres, une matriarche n’abandonne pas sa tribu. Ces situations ne s’observent jamais en milieu naturel, pas plus que les bagarres mortelles entre une jeune mère et la « marraine » de son bébé.

L’histoire de Lucille nous rappelle de manière dramatique que les déplacements des animaux d’un delphinarium à l’autre sont toujours synonymes d’un traumatisme grave, reconnu dès les années 1960. Ils ne reproduisent en rien les migrations naturelles ni la complexité de la société dauphine. Les transferts sont nécessaires à la survie, non pas de l’espèce, mais des delphinariums eux-mêmes.

La souffrance de Lucille est aussi celle de bien d’autres dauphins. Elle ne s’achèvera que le jour où les delphinariums renonceront à ces programmes EEP cruels et cesseront d’exploiter ces personnes animales sentientes.

Signez et diffusez notre pétition pour la fermeture des delphinariums!

Sauvetage de 181 chiens et chats: un an après

Sauvetage de 181 chiens et chats: un an après

Sauvetage de 181 chiens et chats: un an après
03.03.2016
France
Sauvetage de 181 chiens et chats: un an après
Animaux familiers

Il y a un an, One Voice réalisait avec les autorités une saisie simultanée chez deux trafiquantes. L’affaire, toujours en cours, a permis de sortir du cauchemar 181 chiens et chats, tous pris en charge par l’association.

Au cauchemar des chats et des chiens

Un chaton de quelques jours rampe ici dans une litière. Il est tombé du rebord de la fenêtre. Là, c’est un chiot. Quelques jours à peine. Sur le sol sale et froid, il rampe. Il cherche sa mère ainsi qu’un peu de chaleur. Pas sûr qu’il survive. Un jeune chat est enfermé dans une cage pour lapin. Des chiots aussi. Partout règne une odeur pestilentielle qui prend aux narines. L’air irrespirable brûle les poumons. Dans ces petites pièces, il y a trop d’animaux, tous mélangés, mâles, femelles, adultes et petits. Impossible de savoir qui est qui. Tous ou presque sont malades. Gale, teigne, kératite, coryza, tumeurs… Sans eau ni nourriture en quantité suffisante, certains agonisent. Et pas de soins. Des vaccins et des médicaments périmés traînent ici et là. De l’éther aussi. Pour des euthanasies faites maison, illégales évidemment. Dans ces deux élevages de chats, la situation est identique. Dans les deux, aussi, on élève des chiens. Clandestinement.

Un long travail d’enquête

C’est grâce au travail du réseau d’informateurs et d’enquêteurs de la Cellule Zoé, que One Voice a découvert ces lieux sordides. L’élevage de Mme A. d’abord, déjà sous surveillance, a fait l’objet d’une première saisie. Elle s’est vu retirer son certificat de capacité et doit cesser son activité. Mais une quarantaine de chats manquent à l’appel. L’enquête continue et One Voice découvre qu’elle poursuit son activité, en lien avec un second élevage, celui de Mme G.. Il faudra encore trois saisies, dont deux simultanées, et la forte implication de Frédérique Dubost, procureure de l’un des départements concernés, pour libérer l’ensemble des victimes de ces femmes, soit 181 animaux en tout! Outre la coordination de l’ensemble des opérations, One Voice a pris en charge les frais vétérinaires et de transport des rescapés vers nos refuges partenaires.

Les suites judiciaires

Grâce à la Cellule Zoé, Mme G. a été condamnée pour mauvais traitements envers un animal, privation de soins, privation de nourriture et d’abreuvement. Elle a fait appel de cette décision. L’enquête est toujours en cours concernant les activités de Mme A.. Car grâce à son investigation, One Voice a mis au jour un trafic s’étendant sur plusieurs départements, notamment de puces électroniques et de médicaments. La procédure pourrait s’achever prochainement…

Pour permettre à la Cellule Zoé de poursuivre son combat pour le recul de la cruauté, soutenez son action !

Clubs canins en perdition

Clubs canins en perdition

Clubs canins en perdition
01.03.2016
France
Clubs canins en perdition
Animaux familiers

Il y a probablement des exceptions. Mais ce que les enquêteurs de One Voice ont filmé est pourtant bien une triste généralité. Oui, les clubs canins ont des pratiques violentes, certes plus ou moins évidentes pour le néophyte, mais pas pour les vétérinaires spécialistes…

Le pourquoi de l’enquête

Des troubles comportementaux toujours plus nombreux, des morsures, des euthanasies et des abandons qui se multiplient, ont alerté One Voice, qui travaille depuis longtemps avec des vétérinaires. Plus troublant encore, les chiens concernés sont des chiens de race, payés au prix fort. Des chiens dont le parcours indique qu’ils ont fréquenté des écoles du chiot et des clubs canins. Tout ce qui devrait donc faire d’eux des chiens parfaits. Mais parfaits selon quels critères? Ceux du chien rêvé par cet humain désireux d’un chien robot, télécommandé, dépourvu de toute volonté propre, ou de tout ce que son imaginaire aura projeté. Pourtant, chaque race a ses aptitudes, chaque chien a son caractère. Alors pour tenter de faire coïncider le chien rêvé et le chien acheté, de nombreuses personnes se retrouvent à fréquenter des écoles du chiot puis des clubs canins. Le feraient-elles si elles savaient le traumatisme que cela engendre? C’est pour que tous soient alertés sur ce qui se passe vraiment que les enquêteurs de One Voice ont filmé en caméra cachée des séances dans plusieurs clubs. Ils ont ensuite fait visionner les images à la Dre Nathalie Simon, vétérinaire comportementaliste.

Ce que nous dénonçons

Rien n’est plus difficile que de remettre en question ces pratiques. Pourtant, après des années à prêcher la famille meute et une éducation hiérarchisante où il fallait priver le chien de toute prérogative de « dominant », les scientifiques ont compris qu’après des millénaires de coévolution, le chien n’était pas un loup et fonctionnait de manière bien plus complexe. Mais dans les clubs, de nombreuses pratiques perdurent et font mal. Le coup de sonnette et la boîte à clous (pour faire peur avec du bruit) sont très répandus, mais il y en a d’autres, comme secouer un chiot par la peau du cou. Souvent ce sont des méthodes qui permettent d’obtenir un résultat rapide, car le chien prend vite peur et se soumet, même a priori le plus rebelle. Mais ce faisant, il est traumatisé. La blessure profonde aura des conséquences parfois dramatiques: depuis l’anxiété jusqu’à l’agressivité… L’accident n’est pas loin quand la relation n’est plus basée sur la confiance.

Ce que nous faisons

One Voice dénonce et agit. Il ne s’agit pas seulement de faire fermer quelques clubs, mais bien de repenser en profondeur notre relation au chien. Un laxisme exacerbé, parfois observé en contrecarrant des méthodes dures, n’est pas une solution. Le vivre-ensemble implique un apprentissage. Mais ce dernier n’a rien de rigide, il doit tenir compte de qui est le chien et de qui sont ceux qui partagent sa vie, de même que l’endroit où ils habitent. Finalement, pour bien vivre avec un chien, il faut du respect, de la cohérence et de la confiance. Toute forme de violence doit être bannie pour que se bâtisse une relation saine, durable et épanouissante.

Des scéances de maltraitance collective

Rapport sur les séances de maltraitance au sein des clubs canins

La ferme des 1000 vaches visitée par des agriculteurs!

La ferme des 1000 vaches visitée par des agriculteurs!

La ferme des 1000 vaches visitée par des agriculteurs!
26.02.2016
France
La ferme des 1000 vaches visitée par des agriculteurs!
Autre campagne de l’association (ou multiples)

Depuis 2014, la « ferme des 1000 vaches » fait scandale et à raison. One Voice partage avec vous le témoignage de deux agriculteurs perturbés par le sort des vaches enfermées dans cette usine aussi cruelle que polluante.

C’est dans la Somme, près d’Abbeville, que la « ferme des mille vaches » est sortie de terre, sur l’idée d’un riche entrepreneur français. « Inspiré » (sic) par les immenses exploitations américaines et allemandes, il décide de développer le concept en France. Les locaux sont prévus pour l’exploitation de 1000 vaches « laitières » et 750 veaux et génisses, bien qu’aujourd’hui il n’ait reçu d’autorisation « que » pour 500 vaches. Ici, les animaux ne connaîtront pas le pré et iront dans des boxes à la salle de traite rotative, trois fois par jour. Pour les deux agriculteurs qui ont visité la ferme-usine, les infrastructures ne sont pas adaptées et causent de multiples blessures aux bovins. Une exploitation de cette taille ne peut en aucune manière leur assurer un minimum de bien-être. Pour One Voice, qui dénonce déjà leur souffrance dans les exploitations classiques, cette réification des animaux est intolérable!

« Dans certaines petites fermes où il y a des robots de traite, les vaches vont se faire brancher toutes seules, quand elles en ont envie. Tandis que là, à la « ferme des 1000 vaches », non. C’est de l’esclavage pour les vaches. » (Parole d’un éleveur retraité—lire le témoignage en entier ici)

En lien avec l’exploitation, il est prévu un méthaniseur qui convertira les excréments des vaches en énergie, revendue avec un large profit à EDF. Un profit tel que, pour certains, il surpasse largement l’objectif de production laitière de l’exploitation. Mais ce procédé n’a rien d’écologique en dépit des effets d’annonce. Le lisier sera complété par d’autres déchets verts. Les résidus (digestats) seront si riches en azote qu’épandus sur les sols comme engrais, ils pollueront l’eau et l’air. Ce sont eux qui sont responsables de la prolifération des algues vertes en Bretagne où la méthanisation est largement associée aux élevages de porcs… One Voice soutient l’association Novissen qui regroupe les riverains opposés à cette « usine à vaches » et qui en seront les premières victimes collatérales.

« Le rabot qui ramasse la bouse passe près de leurs pattes, c’est du caoutchouc apparemment. Mais il y en a une qui a perdu l’équilibre. Cette vache, elle est partie entre le béton et le derrière du rabot. Et là, c’est de la ferraille… Après elle boitait… Vous auriez vu ses pattes, elles étaient tout esquintées. Il y avait du sang. Il y en avait beaucoup qui avaient ça à leurs pattes. Et celle-là, je l’ai vue perdre l’équilibre avec le rabot. » (Parole d’un éleveur retraité—lire le témoignage en entier ici)

Produire du lait à l’échelle industrielle, c’est aussi produire des veaux à la même cadence. Car n’oublions pas que si les vaches produisent du lait, c’est pour nourrir leur petit! Dans cet environnement kafkaïen, ils seront arrachés à leurs mères dont les appels déchirants seront ignorés. Les mâles seront abattus après avoir été transportés et vendus dans de terribles conditions (voir notre enquête sur les « marchés aux bestiaux »). Les femelles seront engraissées pour devenir à leur tour productrices—si elles survivent. Tout cela pour satisfaire des humains qui veulent continuer d’ingérer du lait même à l’âge adulte, malgré les risques pour leur santé et la controverse dont cette consommation fait l’objet… Cette production serait-elle encore possible si tous acceptaient d’ouvrir enfin les yeux sur la vie mentale et émotionnelle des vaches?

« Comment voulez-vous qu’elles soient bien, ces bêtes? Nous, les vaches, on les appelait et elles revenaient tout de suite, elles se faisaient caresser. Une bête… c’est… Vous avez vu le chien? Eh ben, c’est comme un chien. Une bête, elle vient vous lécher. Elles me suivaient dans la pâture. Elles me suivaient comme une personne qui suit une autre personne. » (Parole d’un éleveur retraité—lire le témoignage en entier ici)

Quand la France tue des chiens…

Quand la France tue des chiens…

Quand la France tue des chiens…
25.02.2016
Europe
Quand la France tue des chiens…
Expérimentation animale

Quand la France tue des chiens, l’Italie choisit de condamner ceux qui les torturent. La Cour d’appel de Brescia vient de confirmer la sévère condamnation des dirigeants de Green Hill, un élevage de chiens destinés aux laboratoires de toute l’Europe. 3000 beagles sont sauvés!

La France est, des 27 pays de l’Union européenne, celui qui expérimente le plus sur les chiens et les chats. Récemment, avec le scandale Biotrial, une personne est décédée. Pourtant, des chiens étaient morts lors des phases précliniques… Suppliciés et morts pourquoi?

Depuis 1999, One Voice milite pour la fin de l’expérimentation sur les chiens et les chats et démontre ses aberrations. Elle a réussi à empêcher l’installation d’un élevage par Marshall à Montbeugny, a révélé à travers plusieurs enquêtes les pratiques des élevages de chiens destinés aux laboratoires et a sauvé plusieurs beagles.

Nous avons déjà écrit à la ministre de la Santé au sujet des chimpanzés qui auraient été utilisés par Biotrial et n’avons pas reçu de réponse. Un nouveau courrier lui est envoyé cette semaine ainsi qu’à la ministre de la Recherche, pour demander également des comptes concernant ces chiens dont la mort n’a pas empêché celle d’un humain. La victoire historique de la LAV en Italie devrait être inspirante!

Car la LAV, notre partenaire italien au sein de la Coalition européenne, a rondement mené une longue bataille juridique. Après des années de combat pour fermer l’élevage de chiens de Green Hill et une enquête saisissante, elle avait porté plainte et obtenu en 2012 la saisie de 3000 beagles destinés aux laboratoires de toute l’Europe. Puis, l’affaire a pris un tournant décisif en 2014, quand l’Italie a annoncé qu’elle interdisait ce type d’élevage. Et en janvier 2015, le jugement en première instance condamnait le vétérinaire, le directeur et le manager exécutif de Green Hill. En confirmant hier cette condamnation pour actes de cruauté, maltraitance et euthanasies illégales, la Cour d’appel envoie un signal fort à tous les scientifiques: les chiens n’ont pas leur place dans les laboratoires!

Les peines sont exemplaires: prison et interdiction d’exercer pendant 2 ans. Il faut dire que chez Green Hill les chiens n’étaient pas soignés mais tués, même pour de simples pathologies dermatologiques: question de rentabilité… Avec cette décision, l’Italie exprime clairement son refus de prioriser les intérêts économiques même d’une grosse multinationale comme Marshall (à qui appartient Green Hill) lorsque le bien-être d’individus sentients est en jeu.

Et la France? Continuera-t-elle à fermer les yeux sur l’éthique et le progrès quand des intérêts économiques sont en jeu? Combien de morts encore pour revoir les pratiques des laboratoires français?

Aidez-nous à mieux protéger nos compagnons: Signez et diffusez notre pétition!

Tilikum: l’effet Blackfish

Tilikum: l’effet Blackfish

Tilikum: l’effet Blackfish
24.02.2016
Monde
Tilikum: l’effet Blackfish
Exploitation pour le spectacle

Tilly, cher Tilly. Six ans déjà. Nous nous battons pour toi et les tiens. Nous ne baissons pas les bras. Résiste encore un peu, nous avançons vers ta liberté, vers votre liberté. Ton geste désespéré a été entendu. Résiste!

Aujourd’hui, après trente-trois ans de détention, Tilikum, alias Tilly, assommé de tranquillisants, flotte, immobile, face au mur. Sa nageoire dorsale est si flasque qu’elle lui pend sur le flanc. Triste écho du
Vol au-dessus d’un nid de coucou, Tilikum a été puni d’avoir voulu briser ses chaînes. Seaworld, qui le veut vivant, l’a placé sous camisole chimique. C’est un « taureau reproducteur ». Sa semence vaut cher.

Pourtant, sa révolte suicidaire n’aura pas été vaine: grâce à lui, toutes les orques captives bénéficient désormais d’un nouveau regard du public. L’effet Blackfish continue à ronger SeaWorld et bientôt, toutes les entreprises qui exhibent des orques en bocal devront faire face à ce changement d’opinion. Tilikum est un lanceur d’alerte, un Spartacus parmi les orques!

En mer, aucune orque n’agresse jamais un humain. En captivité, les incidents se comptent par centaines. Pourquoi cette violence? Les orques ne sont-elles pas heureuses, elles qui, selon SeaWorld, reçoivent les meilleurs soins vétérinaires et la meilleure cuisine gastronomique? Non, elles ne le sont pas. L’orque a un cerveau extrêmement développé. Peut-être même plus que celui de l’humain…

Lorsqu’elle fut révélée par le livre Death at SeaWorld, puis par le film Blackfish en 2013, l’histoire de Tilikum a ému le monde entier. Clairement victime d’un lobby industriel, son accès de violence a paradoxalement révélé toute « l’humanité » des orques captives, toute la souffrance que ces esclaves géants ressentent, enfermés dans une fosse surpeuplée, et qui les fait basculer parfois du « côté obscur » de la force, pour reprendre les termes de John Hargrove.

Né dans les eaux glacées d’Islande, Tilly fut enlevé à sa mère et à sa tribu en 1983, à l’âge de deux ans. Il devint par la suite un mâle gigantesque, mais il n’en resta pas moins un grand timide mal dans sa peau. Au Sealand of the Pacific où on l’avait amené, on l’enfermait chaque soir dans un hangar avec deux femelles agressives. Chaque matin, il en ressortait couvert de blessures. Et, un jour, à bout de nerfs, il entraîna sa dresseuse par le pied et la noya. Un peu plus tard, il tua un vagabond qui avait probablement plongé dans son bassin. Mais pour SeaWorld, les états d’âme des orques ne doivent pas être connus. Le passé de Tilly a été dissimulé. Jusqu’à la mort de Dawn Brancheau, le 24 février 2010.

Le désespoir fou de Tilikum n’est pas resté sans écho. Sa vie misérable, sa colère, cette dignité qu’il tente désespérément de reconquérir, inspire notre combat. Nous ne voulons plus que les orques soient réduites en esclavage. Nous ne voulons plus les voir souffrir. Nous devons sauver Tilikum et les cinquante-cinq orques encore détenues dans le monde!

Signez et diffusez notre pétition pour la fermeture des delphinariums !

Tilikum est décédé en janvier 2017.

Jeeth: une libération historique

Jeeth: une libération historique

Jeeth: une libération historique
20.02.2016
Inde
Jeeth: une libération historique
Animaux sauvages

Jeeth, l’un des derniers ours danseurs identifiés en Inde, a été remis le 9 décembre 2009 par son dresseur kalandar au sanctuaire d’Agra. Cette libération vient couronner de succès sept années de travail intensif de One Voice aux côtés de Wildlife SOS.

Victoire pour les ours

Quel prénom plus beau que Jeeth (« victoire » en hindî) pouvait être donné à cet ours? Depuis sa naissance, et pendant quatre longues années, on l’a contraint à danser. Mais le 9 décembre 2009, il est devenu le symbole de tous les ours libres en Inde. Il représente aujourd’hui la victoire de tous ceux qui ont œuvré et soutenu pendant des années le travail sur le terrain de Wildlife SOS, de One Voice, et des ONG IAR et Free the Bears, pour mettre fin à une tradition qui, depuis 400 ans, participait à la disparition des ours lippus sur le continent indien.

Plus jamais esclaves

Seule source de revenus pour la communauté nomade des Kalandars, la tradition des montreurs d’ours se perpétuait depuis des siècles, et ce malgré une loi indienne très répressive, votée en 1972. Cette coutume barbare consistait à obliger les ours, capturés dès leur plus jeune âge, à mimer un semblant de danse en sautant. Une corde passée dans leur museau et des coups de bâton étaient leur torture quotidienne. Contre quelques roupies, les Kalandars les exhibaient dans les lieux les plus touristiques. En libérant peu à peu tous les ours du joug de leurs geôliers, la cellule anti-braconnage a mis un terme à une vie d’esclavage, où les ours étaient mutilés, privés de soins, de nourriture adaptée et de toute liberté.

Un travail de longue haleine

C’est un travail de longue haleine que mène depuis 2002 la cellule anti-braconnage Forestwatch, créée par One Voice et Wildlife SOS. Elle a non seulement repéré dans tout le pays les ours danseurs, formé des équipes, mené des campagnes d’information, permis l’arrêt de trafiquants et de braconniers… mais aussi développé, en collaboration avec les autorités locales, un programme de réinsertion pour la communauté kalandare comprenant soins médicaux, scolarisation des enfants, formation des adultes à de nouveaux métiers et aide financière pour démarrer une nouvelle activité. Sans doute la clé du succès de ces sept années de lutte car, comme le souligne le dresseur de Jeeth, en se séparant de son ours, « c’est un meilleur futur » qui s’offre à lui.

Réapprendre à vivre

Jeeth a donc été confié au sanctuaire d’Agra où il se trouve actuellement. Libéré de sa corde et placé dans une quarantaine à visée aussi bien comportementale que sanitaire, il a réappris peu à peu la vraie vie d’ours. Dès qu’il a été prêt, il est allé rejoindre ses congénères, libérés comme lui d’une vie d’esclavage. Contrairement à un zoo où tout est fait en fonction du visiteur, dans le sanctuaire tout a été pensé en fonction des besoins des résidents. Grimper aux arbres, se cacher, chercher sa nourriture, manger du miel et des fruits, jouer et même côtoyer d’autres animaux sauvages rescapés, comme des macaques à longue queue, des antilopes, des mangoustes, des oiseaux, etc., tel est désormais le quotidien de Jeeth.

Un tournant historique

Le 9 décembre 2009 marque un tournant historique pour tous les ours de la planète. Avec la fin de l’esclavage des ours indiens, un formidable vent d’espoir se lève pour tous les animaux sauvages dressés pour le spectacle. Car en France, les ours et de nombreux autres animaux sont encore contraints à une vie qui ne respecte ni leur nature, ni leurs besoins…

Regardez les vidéos

Forestwatch en action sur le terrain

Forestwatch en action sur le terrain

Forestwatch en action sur le terrain
20.02.2016
Inde
Forestwatch en action sur le terrain
Animaux sauvages

Basée en Inde, la cellule anti-braconnage Forestwatch a pour mission de sauver les ours et de démanteler les réseaux de braconniers et de trafiquants. En quelques années, son action a permis de mettre un terme à la tradition ancestrale des ours danseurs. Mais il lui reste encore beaucoup à faire contre de nombreux trafics d’espèces menacées.

Une loi répressive

En 2002, One Voice et Wildlife SOS imaginent une cellule anti-braconnage pour lutter contre le braconnage des ours lippus, destinés à devenir danseurs selon une ancienne coutume kalandare. Une loi indienne très répressive, datant de 1972, punit le braconnage de lourdes amendes et de peines de prison. Malgré cela, il apparaît rapidement que des ours en grand nombre sont aussi capturés pour être exploités pour leur bile ou tués pour leur chair, destinées au marché du sud-est asiatique. Tous les trafics de faune sauvage sont étroitement liés et exploitent les mêmes réseaux. Le champ d’action de la cellule s’est donc rapidement élargi.

Infiltrer les réseaux

Travaillant en étroite collaboration avec les instances gouvernementales et les autorités locales, la cellule anti-braconnage, baptisée Forestwatch, s’appuie sur un travail d’investigation, souvent de longue haleine, et un réseau d’informateurs qu’elle a sélectionnés et formés. Il s’agit la plupart du temps d’anciens braconniers ou de trafiquants repentis qui connaissent bien le terrain. Pour infiltrer les réseaux, l’équipe doit régulièrement se faire passer pour des trafiquants ou des acheteurs potentiels. Lorsqu’un réseau est démantelé, ce sont les autorités locales qui procèdent aux arrestations et décident du sort des oursons sauvés. Forestwatch demande, à chaque fois que cela est possible, à ce que les oursons lui soient confiés. Plusieurs sanctuaires, gérés par Wildlife SOS avec le soutien de One Voice, permettent de leur garantir des jours heureux en sécurité.

Informer, former

Grâce à One Voice, l’équipe de Forestwatch dispose de tout l’équipement technologique indispensable à son action (ordinateurs, téléphones portables, PDA, etc.). Outre son travail sur le terrain, qui passe aussi par l’information, la cellule anti-braconnage forme des policiers, des forestiers et d’autres agents techniques. Ses biologistes, enquêteurs et informateurs analysent les données des trafics et anticipent les tendances…

Démanteler les trafics

La conjonction de la volonté des instances gouvernementales indiennes et de l’action de Forestwatch a permis de lutter efficacement contre le braconnage et le commerce illégal des ours en Inde. La prise en compte de la grande pauvreté et la mise en place d’un programme de reconversion professionnelle pour les Kalandars acceptant de confier leur ours, ont contribué à éradiquer totalement la tradition des ours danseurs. Aujourd’hui, forte de son réseau expérimenté, la cellule anti-braconnage continue sa lutte contre le trafic des espèces menacées, comme les léopards, braconnés pour leur peau.

Vicky: sauvée de l’enfer du cirque

Vicky: sauvée de l’enfer du cirque

Vicky: sauvée de l’enfer du cirque
20.02.2016
Europe
Vicky: sauvée de l’enfer du cirque
Exploitation pour le spectacle

Après plusieurs années passées dans l’enfer du cirque, l’éléphante Vicky a été libérée par One Voice. Elle vit aujourd’hui une retraite paisible en semi-liberté, et surtout en compagnie d’une autre éléphante…

Alors qu’elle était recherchée en Allemagne, c’est dans la région parisienne que les enquêteurs de One Voice ont retrouvé Vicky, une éléphante alors âgée de 42 ans. En janvier 2006, avec sa libération, l’association crée un précédent autorisant enfin l’espoir pour tous les animaux détenus dans les cirques et rappelant au monde circassien son obligation légale de prendre soin des animaux dont il a la charge. À travers ce sauvetage, c’est toute une industrie du loisir basée sur la souffrance et l’aliénation des animaux que l’association dénonce.

Souffrances physiques et psychiques

Car Vicky est emblématique des dégâts que le cirque cause sur les animaux qu’il exploite. Après plusieurs années au service de la distraction des humains, dans des conditions de vie totalement inadaptées, l’animal a développé un comportement stéréotypé (balancements répétés du corps). Sur l’aire où le cirque était installé début 2006, il n’a d’ailleurs pas été difficile de retrouver la remorque où elle était dissimulée, tellement celle-ci tanguait de droite à gauche. Outre cet état psychique dégradé, l’éléphante souffrait aussi physiquement. Le vétérinaire, appelé sur place pour suivre son transfèrement, n’a pu que constater les traumatismes: en dehors de multiples plaies non soignées, une paralysie d’un membre postérieur, due à des mouvements contre nature répétés, et la paralysie de la trompe, consécutive aux coups incessants du dresseur. Ces deux pathologies sont caractéristiques des éléphants exploités dans les cirques.

Une vie indigne

Mais là ne s’arrêtait pas la souffrance de l’éléphante. Les jours précédant sa délivrance, les enquêteurs de One Voice qui la surveillaient ont constaté qu’elle ne sortait jamais de sa remorque. Elle n’avait droit à la lumière du jour que brièvement, lorsque les circassiens venaient la nourrir ou nettoyer le camion-cage. Enchaînée de jour comme de nuit, l’éléphante ne pouvait pas bouger. Aucun système de chauffage ne la protégeait du froid. Des conditions de vie inadaptées et inacceptables, bafouant les règles élémentaires relatives à la détention d’animaux sauvages.

Une libération sous haute surveillance

L’état physique et psychique de Vicky a compliqué quelque peu sa libération. Il a d’abord fallu « enlever » Vicky à ses « geôliers » sous l’escorte des policiers. Quand l’équipe a été certaine que l’éléphante était hors d’atteinte, elle a procédé à son transfèrement dans une remorque spécialement aménagée pour l’emmener en Pologne. Là, elle a trouvé un vaste enclos dans un parc spécialisé, et surtout la compagnie d’une autre éléphante rescapée…

Le sauvetage en images

La libération et le transfert de Vicky ont demandé un soin tout particulier et de multiples précautions pour ne pas mettre sa vie en danger. C’est ce sauvetage sous haute surveillance, réalisé par l’ONCFS (Office national de la Chasse et de la Faune Sauvage) avec le concours de One Voice et la coopération des autorités locales, que ces quatre vidéos racontent:

Des chimpanzés ont-ils fait l’objet d’expérimentations?

Des chimpanzés ont-ils fait l’objet d’expérimentations?

Des chimpanzés ont-ils fait l’objet d’expérimentations?
18.02.2016
Europe
Des chimpanzés ont-ils fait l’objet d’expérimentations?
Expérimentation animale

À la suite de l’accident thérapeutique* survenu à Rennes, la ministre de la Santé a déclaré que « des essais préalables avaient été réalisés sur des chimpanzés ». Qui sont ces chimpanzés et où sont-ils? One Voice entend obtenir des réponses claires.

One Voice cherche donc à savoir où les essais ont été réalisés et quand ces tests ont été effectués. Avant ou après l’entrée en vigueur de la directive EU/63/2010?

Dans l’hypothèse où ces tests auraient été réalisés après l’entrée en vigueur de la directive européenne, des dérogations ont-elles été sollicitées? Et obtenues?

Dans une lettre du 21 janvier 2016, One Voice a demandé à Marisol Touraine de préciser dans quelles conditions des chimpanzés avaient été impliqués dans ces essais. La députée Laurence Abeille a soutenu notre démarche.

En effet, la directive européenne EU/63/2010, entrée en vigueur le 12 juin 2010, interdit les expérimentations sur les chimpanzés et tous les grands singes de façon plus générale, sauf circonstances exceptionnelles.

Cette directive a été transposée dans notre droit interne par le décret du 1er février 2013 qui a modifié l’article R. 214-94, IV du Code rural et de la pêche maritime.

À la lecture de ce texte, il apparaît que le recours aux chimpanzés est strictement encadré tant au niveau de la nature des expérimentations dont ils peuvent faire l’objet que des procédures à mettre en place pour réaliser ces tests.

Dans le cas qui nous intéresse, le laboratoire a testé ce médicament pour le compte de la société BIAL, un gros groupe pharmaceutique portugais, qui a déclaré aux médias « avoir respecté les bonnes pratiques internationales ».

Or, il n’échappera à personne que le Portugal est également soumis à la même interdiction!

One Voice ne lâchera pas cette affaire… et portera plainte si la réglementation n’a pas été respectée.

 

*Ce triste accident illustre une nouvelle fois la nécessité d’abandonner le modèle animal pour recourir à des techniques plus sûres et plus éthiques, telle la toxicogénomique.