Les dauphins meurent… Pour la justice: circulez, il n’y a rien à voir!

Les dauphins meurent… Pour la justice: circulez, il n’y a rien à voir!

Les dauphins meurent… Pour la justice: circulez, il n’y a rien à voir!
25.11.2016
Loire-Atlantique Les dauphins meurent… Pour la justice: circulez, il n’y a rien à voir!
Exploitation pour le spectacle

Le Tribunal de grande instance (TGI) de Nantes a, le 24 novembre, fait droit à la demande du parc Planète Sauvage, et condamné One Voice au paiement de 1000 euros. Le TGI annule également l’ordonnance de justice ayant autorisé l’association à constater, par huissier, les conditions de détention des dauphins dans ce parc… qui vient pourtant d’enregistrer le décès du jeune Aïcko!

Pour fonder sa décision, le juge s’est appuyé sur le rapport établi par la Direction départementale de la protection des populations de Loire-Atlantique (DDPP), suivant une visite au parc zoologique de Port-Saint-Père en février 2016, indiquant que “l’état sanitaire des animaux et leurs conditions de détention sont conformes à la réglementation en vigueur, aucun danger n’ayant été relevé pour les dauphins”. Le juge a également dénié le caractère d’urgence de la demande d’ordonnance judiciaire, obtenue par One Voice, afin d’effectuer, cet été, un procès-verbal d’huissier sur les conditions de vie et de santé des huit dauphins du parc.

Muriel Arnal, présidente de One Voice, qui ce 24 novembre était reçue au ministère de l’Environnement pour plaider la fermeture des delphinariums en France, commente la décision:

“Ce jugement pourrait se comprendre si le jeune dauphin Aïcko, transfuge du parc Astérix début 2015, n’était pas mort à Port-Saint- Père le 6 novembre. Nous avons fait notre travail de lanceur d’alerte, avec deux rapports successifs produits cette année par d’éminents biologistes marins (les Dres Naomi Rose et Ingrid Visser) afin de souligner les dysfonctionnements du parc, et avec cette action en justice pour obtenir un procès-verbal d’huissier. Une telle décision masque une réalité qui pèse désormais sur le devenir d’autres dauphins de Planète Sauvage, notamment le demi-frère d’Aïcko, le jeune Galéo. Combien de décès faudra-t-il enregistrer avant d’agir?”

L’association ne baisse pas les bras, loin de là: la Commission d’accès aux documents administratifs, la CADA, a rendu, le 3 novembre 2016, un avis favorable à la demande de One Voice estimant que le refus de la DDPP de communiquer une copie du rapport de contrôle relatif au delphinarium de Planète Sauvage n’était pas justifié. One Voice a donc réitéré sa demande de copie du rapport de contrôle auprès de la DDPP et reste déterminée à faire toute la lumière sur les causes du décès d’Aïcko et à mettre hors de danger les autres dauphins du parc.

Pour Muriel Arnal:

“Le rapport de la DDPP, donnant quitus au parc sur sa conformité à la réglementation ne peut avoir omis de relever l’absence d’ombrage des bassins, ainsi que la présence d’algues, critères qui à eux seuls ne devraient pas autoriser une telle conclusion. De plus, depuis le passage de la DDPP, Planète Sauvage a enregistré la naissance de deux delphineaux. Les conditions de détention et la coexistence entre cétacés n’ont donc plus rien à voir puisqu’aujourd’hui un des trois bassins sert à isoler ces bébés avec leurs mamans… Cela réduit les autres dauphins à un confinement intenable. Je rappelle que l’an dernier, la naissance d’un delphineau à Port-Saint-Prère s’est soldée par la mort du bébé, victime d’une bagarre entre dauphins dépressifs.”

L’association One Voice maintient donc toutes ses procédures en cours contre le parc Planète Sauvage: la plainte déposée auprès du procureur de la République, la demande adressée au préfet pour mise en demeure de se conformer à la réglementation sous peine de suspension de son activité, et enfin une procédure en référé afin d’expertiser les causes du décès d’Aïcko.

Contact presse:

info@one-voice.fr

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Procès en appel à Agen: élevage ou trafic?

Procès en appel à Agen: élevage ou trafic?

Procès en appel à Agen: élevage ou trafic?
18.11.2016
Lot-et-Garonne
Procès en appel à Agen: élevage ou trafic?
Animaux familiers

Le procès en appel du 28 novembre prochain à Agen tranchera sur le cas d’une éleveuse aux pratiques frauduleuses. One Voice espère un jugement exemplaire. 37 chats, 19 chiens et 7 chiots, tous dans un état déplorable, avaient été saisis dans son élevage en février 2015.

Dans cet élevage du Lot-et-Garonne, c’est d’abord l’odeur d’ammoniaque qui prend à la gorge. Le sol est jonché d’excréments. Les chats sont entassés dans de petits enclos de fortune, voire des cages à lapin, dénués de tout confort au point que des stéréotypies ont été observées. Un certain nombre d’entre eux s’avèrent dépourvus de papiers et d’origine douteuse. Des chiens sont également présents. Une chienne et ses petits sont enfermés dans le noir, dans une cave. Une autre dans un garage. Un chien est dans un véhicule, dans le jardin. Tous les animaux sont malades, aucun n’est soigné. Tous ne survivront pas. Des ossements calcinés seront aussi retrouvés dans un incinérateur. Pire encore, un chiot mourant sera découvert dans un sac en plastique…

Cette affaire, conjointe à une autre toujours en cours d’instruction en Dordogne, a choqué même les autorités. Frédérique Dubost, Procureure de l’un des départements concernés, s’y est fortement impliquée. Lors des deux saisies réalisées en février 2015, l’état des lieux et des animaux était catastrophique. Le procès-verbal du jugement en première instance, qui reprend les constations effectuées lors des perquisitions, fait état de “l’état sanitaire déplorable” des 63 animaux saisis, qui “présentaient tous des pathologies imputables à de mauvais traitements, des défauts de soins ainsi qu’à des dénutritions et déshydratations”.

Depuis 2007, l’éleveuse était mise en demeure de rendre ses installations conformes à la législation. Mais le travail des enquêteurs et du réseau d’informateurs et d’enquêteurs de la Cellule Zoé a permis de révéler que c’était loin d’être le cas, donnant à One Voice les éléments nécessaires à l’organisation de deux saisies, certains animaux s’étant avérés non transportables à l’issue de la première.

Lors du procès en première instance, l’éleveuse a été condamnée pour mauvais traitements envers un animal, privation de soins, privation de nourriture et d’abreuvement, à une peine de prison avec sursis, ainsi qu’à une interdiction d’exercer de 5 ans et diverses amendes.

One Voice espère vivement que le tribunal d’Agen confirmera cette sentence lors de l’audience en appel. La condamnation doit être exemplaire. Chats et chiens ne sont pas des produits que l’on peut stocker: ce sont des individus qui ont besoin que l’on respecte leur dignité. Ils ne devraient même pas faire l’objet d’un marché.

Cet élevage est symptomatique de la déviance d’une pratique. Nos animaux de compagnie peuvent-ils continuer de faire l’objet d’un commerce? D’un marché? Cette question doit être reconsidérée d’urgence et en profondeur. Là où il y a vente, là où il y a profit, il y a exploitation, et il ne peut y avoir de dignité pour les animaux. » Muriel Arnal Présidente de One Voice

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Le label One Voice prend de la fibre

Le label One Voice prend de la fibre

Le label One Voice prend de la fibre
18.11.2016
Le label One Voice prend de la fibre
Expérimentation animale

L’huile de coco est une source de beurre végétal en vogue. Cela serait anecdotique si n’y était pas associée l’exploitation sans âme de macaques pour récolter les noix de coco… Un critère de choix éthique supplémentaire que One Voice a décidé d’intégrer à ses labels.

La fausse bonne idée

C’est dans la province thaïlandaise de Surat Thani qu’a été créée la première école de dressage de macaques, basée sur une tradition millénaire d’utilisation des singes pour l’arboriculture. La filière est en plein boom. Le cocotier et ses différents sous-produits (huiles, lait, crème, fruit, sève, fibres, feuilles et bois) ont le vent en poupe chez les différents pays producteurs: Indonésie, Philippines, Inde ou Thaïlande, premiers fournisseurs de l’Union européenne. Et ce d’autant plus que les consommateurs se détournent désormais de l’huile de palme, conscients de son lien avec la déforestation…

Une ressource commode

La récolte des noix de coco est un travail ardu, dangereux, s’effectuant à plusieurs mètres de hauteur. Les plantations thaïlandaises ayant essuyé, il y a quelques années, une vilaine colonisation d’insectes dévoreurs de bourgeons, le salaire des cueilleurs, à peine 70 bahts pour cent noix (2,20 euros), ne s’en est pas trouvé amélioré. Aussi, le recours à des singes, vingt fois plus efficaces en rendement et bien sûr non rémunérés, a vite été identifié comme une ressource rentable (également dans l’État du Kérala en Inde, où les vocations de cueilleurs se font rares parmi les jeunes).

Les singes utilisés sont des macaques à queue de cochon (Macaca nemestrina). D’où viennent-ils? Selon un gestionnaire:

“Parfois, les singes sont descendants de berok (singes déjà formés); parfois, ils sont pris dans la forêt avec des filets ou des pièges. Souvent, les mères allaitantes doivent être abattues pour capturer les juvéniles.”

L’intelligence aiguë de ces primates leur permet d’intégrer en quelques semaines une “formation” pour différencier les noix mûres et affiner la technique de rotation permettant de les détacher de l’arbre. Un singe est capable de cueillir plusieurs centaines de noix de coco par jour – jusqu’à 1 600 pour les mâles et 600 pour les femelles – quand un humain ne pourra en récolter que 80 environ. Ce talent, qui pourtant exige beaucoup d’efforts de la part de l’animal, est exploité à l’excès. Si la noix de coco est bien accrochée et que le macaque s’arrête de travailler, l’humain le rappelle très vite à l’ordre pour qu’il reprenne sa besogne. Des coups secs imprimés à la laisse, vite ponctués par un cri du primate, signifient que l’ordre n’est pas sans douleur. Une fois regroupées toutes les noix tombées, le “maître” et son ouvrier passent à un autre palmier, et ainsi de suite.

Travail d’esclave

Au cours de leur formation et ensuite (entendre ad vitam æternam), les singes sont constamment captifs: attachés ou mis en cage, avec peu ou pas de possibilité de socialisation. Au lieu de pouvoir suivre leurs instincts naturels et vivre toutes les interactions sociales propres à leur espèce (l’accouplement, l’éducation des jeunes, le fait de se déplacer librement et prendre du repos à leur guise), ces singes sont transformés en machines vivantes, passent leur vie dans un labeur perpétuel pour la commodité de l’humain, voire son divertissement lorsque ces travaux forcés sont présentés comme une amusante curiosité aux touristes.

Outre la cueillette, les singes participent à la récupération des noix tombées dans les buissons épais, ramassent et transportent les outils, chargent les centaines de noix de coco sur les camions… Leur vie se résume à de longues heures de travail intense, l’enchaînement constant et le manque d’autonomie. En un mot, de l’esclavage.

Un label plus exigeant

Une telle exploitation d’êtres sentients est incompatible avec la labellisation One Voice, laquelle doit garantir que la vie et l’intégrité de tous ceux qui partagent la planète sont préservées. L’association a donc choisi d’intégrer dans ses critères de labellisation éthique l’absence de travail animal dans la confection d’un produit ou de ses ingrédients, s’ajoutant à ceux d’absence de produit animal ou d’expérimentation. La charte des labels One Voice sera désormais modifiée en ce sens.

Plusieurs fournisseurs concernés par la noix de coco ont été consultés sur cet aspect de leur production. Bien que confrontés à des filières d’approvisionnement diverses, ils semblent adhérer et rejoindre notre préoccupation, et avancent des techniques de récolte à main humaine. Pour chaque label One Voice attribué, une attestation en ce sens sera demandée et vérifiée lors d’un audit indépendant. Ceci contribuera plus encore à la construction d’une société non-violente, pour tous les êtres vivants et la planète.

Le 7 décembre: Jane Goodall sera aux côtés de One Voice à Tübingen!

Le 7 décembre: Jane Goodall sera aux côtés de One Voice à Tübingen!

Le 7 décembre: Jane Goodall sera aux côtés de One Voice à Tübingen!
16.11.2016
Allemagne
Le 7 décembre: Jane Goodall sera aux côtés de One Voice à Tübingen!
Expérimentation animale

Le 7 décembre, One Voice, Doctors Against Animal Experiments et Cruelty Free International organisent un événement pour réclamer, avec Jane Goodall à leurs côtés, la fin de l’utilisation des primates en neurosciences. 

Le lieu choisi: Tübingen, en Allemagne, là où sont notamment enfermés Léa et ses six compagnons macaques, nés dans des parcs français et envoyés au Max Planck Institute pour des expériences invasives sur le cerveau. Depuis décembre 2014, One Voice milite pour leur libération et leur retour. La mobilisation fait suite à une enquête conjointe de nos partenaires au sein de l’ECEAE qui a révélé l’horreur des expériences sur le cerveau et des trépanations. Le rapport d’enquête de la police allemande suite à l’investigation est en cours d’examen par un expert depuis déjà plusieurs mois. Ses conclusions sont attendues…

Autour de Jane Goodall, Sir David Attenborough et 19 autres scientifiques, primatologues et spécialistes du bien-être animal, ont récemment demandé l’arrêt de tous les tests cruels réalisés sur les primates dans les laboratoires. Dans l’Union européenne, ils seraient chaque année 6000 à être victimes d’expériences. One Voice, qui a été référent du groupe expérimentation animale dans le collectif Animal Politique, se félicite de cet appel à l’abolition des expériences sur les singes. La France est le pays d’Europe qui expérimente le plus sur eux.

Pour assister à la conférence (qui se déroulera en anglais), vous pouvez vous procurer un ticket sur le site www.goodall.aerzte-gegen-tierversuche.de.

“Mon équipe et moi-même étudions les chimpanzés (…) depuis plus de 50 ans (…). Nous avons également étudié les babouins et d’autres singes et il n’existe aucun doute qu’eux aussi ressentent la souffrance, la peur, la dépression, l’anxiété, la frustration et bien d’autres émotions. Enfermer nos proches parents dans des cages de laboratoire et les soumettre à des expériences, souvent stressantes et douloureuses, est d’après moi moralement inacceptable. Restreindre leurs mouvements et les priver d’eau est inhumain et d’une extrême cruauté. Nous n’avons pas le droit de les exploiter de cette façon et ce pour quelque raison que ce soit”,

a précisé Jane Goodall.

Aïcko est mort

Aïcko est mort

Aïcko est mort
09.11.2016
Loire-Atlantique
Aïcko est mort
Exploitation pour le spectacle

9 Novembre 2016. Le dauphin Aïcko, détenu par Planète Sauvage et pour lequel One Voice avait déposé un complément de plainte est mort dimanche. L’association demande au préfet de se saisir de la situation.

Nous avions donné l’alerte. Le 29 octobre, la Dre Naomi Rose, spécialiste mondialement reconnue des mammifères marins, nous avait accompagnés à Planète Sauvage. Ses conclusions étaient sans appel: Aïcko était à la fois dangereusement maigre et son corps couvert de coups de dents en râteau beaucoup plus profonds que ceux d’aucun autre dauphin dans le bassin. Depuis l’amélioration de l’état de Galéo, suite à notre plainte en juin dernier – qui nous vaut aujourd’hui une plainte en référé de la part du parc – Aïcko était devenu le nouveau souffre-douleur des dauphins adultes. One Voice l’a filmé le 2 novembre, isolé du reste du groupe. Ce sont les dernières images que nous prendrons de lui.

Forte de ces constatations, One Voice avait déposé le 7 novembre un complément de plainte, accompagné d’un rapport complet signé par la Dre Rose. Mais Aïcko n’a pas pu attendre qu’on le sauve. Il était trop petit. Trop fragile. Il n’aurait pas dû être présent lors des spectacles mais isolé.

Il ne participait même pas à l’ensemble du spectacle, soit parce que le dresseur ne le lui demandait pas – son pédoncule caudal aurait-il supporté son poids pour une “marche sur la queue”? – soit parce qu’il rompait le contact avec lui.

Maintenant qu’il n’est plus là, à qui les dauphins adultes vont-ils s’en prendre? Galéo à nouveau? Les deux bébés qui évoluent aujourd’hui dans un bassin de maternité improvisé aux côtés de leurs mères, ont probablement des heures sombres à venir. One Voice a saisi le préfet pour lui demander de mettre en demeure Planète Sauvage de satisfaire aux obligations en matière de bien-être animal avant suspension du fonctionnement de l’établissement. Une note en délibéré a également été déposée auprès du Juge de Nantes pour l’informer du décès de Aïcko et lui transmettre notre dernier rapport.

Muriel Arnal, présidente de One Voice, déclare:

“Les delphinariums portent atteinte à la dignité des cétacés qu’ils maintiennent captifs. Ces animaux sont dans un tel état de stress et de frustration qu’ils agressent le plus faible d’entre eux. Qui devra désormais éponger leur violence? Galéo à nouveau? Ou bien Amani et Nouma, les deux petits mâles nés à la fin de l’été? Il y a déjà eu trop de drames. Il est temps de fermer les delphinariums et de mettre définitivement un terme à l’esclavage des cétacés.”

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Aïcko, le «petit amour» oublié

Aïcko, le «petit amour» oublié

Aïcko, le «petit amour» oublié
07.11.2016
Loire-Atlantique Aïcko, le « petit amour » oublié
Exploitation pour le spectacle

À Planète Sauvage, Aïcko dépérit. “Jamais je n’ai vu un jeune dauphin aussi maigre” écrit la Dre Naomi Rose dans son rapport sur le delphinarium, après sa visite du 29 octobre, à l’invitation de One Voice qui va déposer un complément de plainte pour petit Aïcko.

Dernière minute: Aïcko n’est plus. Le petit amour s’est éteint le 6 novembre. One Voice a demandé au préfet de se saisir de la situation. Plus d’informations sur notre action dans le communiqué à ce sujet.

La petite crevette que tout le monde aimait

C’est un dauphin qui ressemble à une crevette, tellement il paraît petit et chétif entouré de sa maman et de sa marraine. Aïcko est né samedi et déploie depuis ses nageoires dans les bassins du Parc Astérix. Le bébé pèse 12 kg, contre 180 kg pour ses parents, la jolie Aya, 14 ans, et le séducteur Guama.” Guama, qui est aussi le papa de Galéo. Pour éviter les dangers, Aïcko peut compter sur sa mère poule Aya et sur sa vieille marraine de 35 ans, Beauty: “Elles le suivent à la trace. Beauty se met sur le côté pour éviter qu’il se cogne au bord et, dès qu’il y a de l’agressivité dans le bassin, Aya accourt et prend en sandwich Aïcko pour qu’il ne reçoive pas de coups des autres dauphins”, nous raconte Christel, sa soigneuse” (1).

C’est ainsi que la naissance d’Aïcko, “petit amour” en japonais, était annoncée en août 2010. Pour dégager de la place et éviter que “ces jeunes mâles ne se reproduisent pas avec leur mère et/ou leurs sœurs”, comme l’avoue le Parc Astérix (alors qu’en mer, aucun dauphin ne songerait à violer ses parents!), Aïcko a pourtant été vendu, avec son demi-frère Galéo, à Planète Sauvage en janvier 2015. Ici, plus de jolie maman Aya, plus de marraine pour le protéger: il est livré à l’arbitraire de Péos à la gueule cassée, un grand mâle qui lui aussi a subi de graves traumatismes durant son enfance et qui agit comme un caïd, victime de sa propre histoire.

Aïcko s’enfonce dans le désespoir

C’est ainsi que l’a trouvé la Dre Rose, qui s’est rendue à la Cité Marine le 29 octobre dernier avec One Voice. Elle y a découvert un petit Aïcko maigre à faire peur. “Jamais durant toute ma carrière, je n’ai vu un jeune dauphin captif aussi chétif

Comme Galéo il y a quelques mois, Aïcko présente des signes de malnutrition graves et son corps de profondes morsures en râteau, toujours à vif. À l’exception des deux nouveau-nés, Aïcko est le plus jeune dauphin du parc. Ce n’est encore qu’un delphineau de six ans, placé tout en bas de la hiérarchie féroce qui règne à Planète Sauvage. En liberté, les dauphins subalternes peuvent aisément fuir les interactions agressives avec des individus plus âgés. Rien de tout cela en captivité, où règne un ordre démentiel dans un huis clos infiniment trop petit.

Pendant le spectacle bruyant et si peu naturel, Aïcko n’obéit pas ou bien se lance à corps perdu à la rencontre de son demi-frère qui nage avec un dresseur. Tout indique chez lui une grande confusion et un stress immense. Peut-être y survivra-t-il, mais il est affligeant de devoir traîner un delphinarium en justice pour qu’il s’occupe correctement de ses détenus à vie.

La visite de la Dre Ingrid Visser semble pourtant avoir eu cet effet. Galéo va un peu mieux, il a repris du poids et ses blessures cicatrisent. Mais quelle vie atroce! Il n’est pas normal, assène Naomi Rose, que le parc laisse ainsi ses dauphins subadultes à la merci d’adultes agressifs.

Arrêtez les bébés!

La Dre Rose s’inquiète aussi de l’avenir d’Amani et Nouma, les deux petits mâles nés à la fin de l’été. Quelle vision du monde vont-ils pouvoir se faire, enfermés jour après jour avec leurs mères terrifiées, tandis que Péos vient claquer rageusement des mâchoires devant la porte qui les sépare du bassin principal? Les parois du bassin de maternité où ils grandiront se couvrent d’une algue noire, qu’on laisse croître sur le substrat d’excréments pour diminuer la réflexion solaire. Pourquoi ne pas leur donner de l’ombre à tous avec un simple auvent, alors que les dauphins captifs, toujours en surface, souffrent gravement des rayons UV?

Les deux delphineaux ne pourront se développer normalement dans ce bassin, conclut Naomi Rose, et Planète Sauvage devrait renoncer une fois pour toutes à la reproduction. Mais voilà! Un bébé qui naît, c’est tant de clients en plus! Alors, tant pis si les “petites crevettes” si populaires à la naissance deviennent ensuite les souffre-douleur de dauphins rendus fous par la captivité et l’ennui! Ici, la compassion n’a pas sa place.

Signez et diffusez notre pétition!

Naomi Rose
Docteure en biologie animale de l’University of California, Santa Cruz, Naomi Rose est la référence au niveau international dans les domaines liés à la captivité des mammifères marins. Elle est l’auteure de plus de 30 articles scientifiques “peer-reviewed”, ainsi que de nombreux articles et de chapitres dans plusieurs livres. Elle a témoigné quatre fois devant le Congrès des États-Unis sur des questions aussi diverses que la chasse sportive aux ours polaires, le bien-être des mammifères marins captifs ou l’impact du bruit causé par l’humain sur les mammifères marins. La Dre Rose est membre du Comité scientifique de la Commission baleinière internationale depuis 2000, au sein de laquelle elle participe au sous-comité sur l’observation des baleines et au groupe de travail permanent sur les préoccupations environnementales. Après avoir œuvré 20 ans à la défense des mammifères marins à la Humane Society International, pour laquelle elle a notamment rédigé une synthèse éclairante The Case Against Marine Mammals in Captivity (2), elle travaille aujourd’hui au sein de l’Animal Welfare Institute. À ce titre, elle a participé récemment aux négociations avec SeaWorld pour mettre fin à la reproduction des orques et se prépare à ouvrir aux côtés de la Dre Lori Marino un centre de réhabilitation pour cétacés captifs dans le cadre du Whale Sanctuary Project (3). Noami Rose est enfin une actrice essentielle de la coalition européenne Dolphinaria-Free Europe dont One Voice est membre.

1. http://www.leparisien.fr/plailly-60128/aicko-le-no…
2. https://www.worldanimalprotection.us.org/sites/def…
3. http://www.whalesanctuaryproje…

Souffrance des dauphins captifs: bataille juridique au bord des bassins

Souffrance des dauphins captifs: bataille juridique au bord des bassins

Souffrance des dauphins captifs: bataille juridique au bord des bassins
24.10.2016
Loire-Atlantique
Souffrance des dauphins captifs: bataille juridique au bord des bassins
Exploitation pour le spectacle

Planète Sauvage attaque One Voice devant le Tribunal de Nantes, le 27 octobre à 9h, pour demander l’annulation du procès-verbal de constat d’huissier, réalisé par l’association sur autorisation du juge, et portant sur les conditions de détention des dauphins et leur état. One Voice ne comprend pas cette farouche opposition de Planète Sauvage et exige de nouvelles investigations suite à la naissance de deux nouveaux delphineaux.

One Voice avait alerté l’opinion sur la situation particulière du jeune Galéo, âgé de 7 ans, né au parc Astérix en 2009, puis arraché à sa mère quatre ans plus tard. Depuis son arrivée à Planète Sauvage en janvier 2015, ce delphineau est devenu le souffre-douleur des autres dauphins et son corps s’est couvert de blessures et boutons alarmants.

En avril 2016, One Voice a dépêché sur place la Dre Ingrid Visser, biologiste marine néo-zélandaise mondialement reconnue et sachant auprès de nombreux tribunaux. Ses conclusions sur l’état de santé de Galéo ont amené en juin à un dépôt de plainte pour maltraitances et au lancement d’une pétition (plus de 10 000 signatures recueillies à ce jour). En plus de 20 ans de suivi de cétacés dans la nature ou en captivité, la Dre Visser n’avait jamais observé un dauphin aussi mal en point que Galéo. Elle déplorait également des conditions de détention défaillantes. C’est dans ces circonstances que One Voice devait faire constater par huissier l’état apparent des dauphins, notamment de Galéo, et leurs conditions de détention.

Planète Sauvage s’oppose à la diffusion du P.V. de constat d’huissier qui ne fait que noter l’absence d’ombrage protégeant les cétacés de la lumière, la luminosité des bassins, la présence d’algues, l’absence totale d’enrichissement des bassins, en béton nu et sans espace de retrait… et retranscrire la présentation de Galéo: “dauphin de petite taille […] de nombreuses marques de dents laissées par les dominants.”

Le delphinarium se retranche derrière le dernier contrôle effectué par la Direction Départementale de la Protection des Personnes (DDPP) à la suite de la plainte de One Voice. Or ce rapport est manifestement incomplet et n’est plus d’actualité puisque depuis ce contrôle deux delphineaux sont nés, et les cinq dauphins adultes, dont Galéo, sont confinés dans le bassin de spectacle.

Dans sa démarche de dénigrement de One Voice, Planète Sauvage n’hésite pas à remettre en cause les compétences de sa présidente, de son conseil, de la coalition européenne Dolphinaria-Free Europe dont l’association est membre, et de la Dre Ingrid Visser qu’il présente au tribunal comme un Docteur en Philosophie alors qu’elle est titulaire d’un doctorat en biologie marine.

Muriel Arnal, présidente de One Voice, déclare:

“Nous demandons au tribunal de valider ce P.V. de constat d’huissier et à défaut de nous autoriser à en faire réaliser un nouveau. Je suis très inquiète de la naissance des deux delphineaux. Dans les delphinariums, ils sont élevés par des mères isolées, dénaturées, auxquelles ils sont arrachés terriblement tôt. Ils ne peuvent pas bénéficier de la transmission de la culture et du dialecte du groupe, et sont condamnés à tourner en rond dans des bassins vides. Nous n’abandonnerons pas Galéo, One Voice poursuivra le combat pour sa libération et celle de tous les dauphins captifs.”

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Mobilisation pour les orques de Namibie

Mobilisation pour les orques de Namibie

Mobilisation pour les orques de Namibie
19.10.2016
Namibie
Mobilisation pour les orques de Namibie
Exploitation pour le spectacle

Une demande vient d’être adressée par la Chine à la Namibie pour capturer dans ses eaux des centaines de mammifères marins destinés aux delphinariums. Il faut convaincre la Namibie de dire non.

Les convoyeurs attendent

La proue du Ryazanovka se dresse le long d’un quai désert, dans le port de Walvis Bay en Namibie. A son bord, l’équipage trompe l’ennui en jouant aux cartes sous la chaleur écrasante de l’Afrique australe. Leur mission : capturer dix orques, mille otaries à fourrure, cinq cents manchots du Cap et près de deux cents dauphins de diverses espèces, sans compter les requins. Une réputation sinistre précède le Ryazanovka : c’est ce même bateau aux flancs bleus qui a capturé pour la Chine trois orques sauvages en Mer d’Okhotsk, dans l’Extrême Orient russe, il y a quelques années. Mais les marins qui fument sur le pont ne bougent pas. Ils attendent l’ordre de se mettre en chasse.

Satisfaire l’appétit du Moloch chinois

La société Welwitschia Aquatic and Wildlife Scientific Research Ltd, qui arme le navire, attend elle aussi son feu vert: l’autorisation du gouvernement namibien.Détenue par un homme d’affaires chinois enregistré en Namibie, cette société marche main dans la main avec une autre entreprise basée à Pékin, spécialiste en élevage animal.

C’est donc toute l’industrie de la captivité chinoise qui se cache derrière ce bateau, prête à dévaster la faune sauvage encore prospère dans le courant du Benguela, le long des côtes du désert du Namib. La Chine comptera bientôt 53 parcs marins. Les uns sont colossaux, comme le Chimelong Ocean Kingdom, les autres minuscules, nichés dans les galeries commerciales, où des ours polaires et des bélugas s’entassent derrière des vitrines. Après avoir “prélevé” des éléphants au Zimbabwe, voilà que la Chine se tourne vers la Namibie. L’appétit du Moloch est insatiable.

Le choix de la Namibie

Le gouvernement namibien pourrait bien être tenté par la demande reçue. La Chine se fait fort d’ouvrir une base militaire dans le pays et fait miroiter à ses yeux la promesse de subsides pour relancer la pêche. La surabondance de mammifères marins dans ses eaux affecterait d’après elle la pêche! La Namibie a fait les bons choix en matière d’écotourisme mais est ambiguë à l’égard de sa faune sauvage. Elle a su préserver son environnement mais autorise la chasse aux trophées et plaide pour l’ouverture du marché de l’ivoire. C’est dire si la décision de cette ancienne colonie allemande, qui en a gardé la rigueur, est loin d’être jouée d’avance.

Les trafiquants sous la lumière

Heureusement, pour préserver cette faune qu’elles aiment et qu’elles protègent, de toutes petites associations locales se lèvent aujourd’hui face au gouvernement et lui demandent de renoncer à ce marché funeste. Elles ne pèsent pas lourd face aux promesses chinoises. Mais c’est le monde entier qui se tient à côté d’elles, par la magie des réseaux sociaux. C’est le monde entier qui regarde, épouvanté, ces opérations de captures autrefois si secrètes.

One Voice soutient de tout cœur les militants de Walvis Bay et vous demande vous aussi de les soutenir. Un petit mot suffit, même en français, adressé au secrétaire du Ministère des Pêches en Namibie, le Dr Maurihungirire. Par exemple:

“Merci de ne pas vendre à la Chine les dernières populations de cétacés. La richesse de la Namibie, c’est sa flore et sa faune. L’écotourisme est l’avenir de votre pays”.

Ensemble, nous pouvons éviter ce drame!

Lapins angoras: le combat continue

Lapins angoras: le combat continue

Lapins angoras: le combat continue
17.10.2016
Lapins angoras: le combat continue
Exploitation pour la Mode

Depuis la publication de notre enquête sur le supplice des lapins angoras dans les élevages français, nos images ont été vues dans le monde entier. Pour mettre fin à cette pratique indigne, nous avons écrit au ministre de l’Agriculture et notre pétition a déjà recueilli plus de 50000 signatures.

Le 15 septembre dernier, One Voice rendait publiques les images de la torture des lapins angoras dans les élevages français qui les exploitent pour leur laine. Pendant plusieurs mois, ses enquêteurs ont infiltré la filière et filmé les scènes d’épilations au cours desquelles les lapins hurlent de douleur. Ils ont vu leur peau arrachée avec les poils. Ils ont vu leur solitude dans leur petite cage froide et inconfortable, senti l’odeur d’ammoniaque de l’urine qui se répand librement. Ils ont constaté la façon dont les éleveurs les traitaient, oubliant même qu’il s’agit d’êtres sensibles.

Nos images autour du monde

Ces images ont fait depuis le tour du monde. Après celles de PETA sur les lapins angoras en Chine, leur sort en France a fait l’actualité au Vietnam, au Japon, en Amérique du Sud, aux Etats-Unis, en Angleterre! Quant à l’Italie et à l’Allemagne, nos partenaires y préparent le lancement d’une campagne avec nos images, comme cela a déjà été le cas au Danemark, où elle a fait la Une de principal journal du pays. Désormais, les consommateurs ne pourront plus ignorer la souffrance des lapins martyrisés pour leur laine. Une mobilisation mondiale sans précédent est en cours… Notre pétition a déjà recueilli plus de 50000 signatures!

Notre action

One Voice a déposé plainte contre l’un des éleveurs qui avait confessé revendre certaines lapines atteintes d’un cancer à un laboratoire pour des expériences. Un courrier a également été adressé au ministre de l’Agriculture pour lui demander l’interdiction de ces élevages et du commerce de l’angora. Nous l’avons sollicité pour un rendez-vous avec PETA France au cours duquel nous lui remettrons les signatures de la pétition afin d’appuyer nos demandes…

Pour nous aider, plusieurs actions possibles:

  • Continuez à signer et partager la pétition!
  • Envoyez-nous vos vêtements en angora et ceux de vos proches. Ils seront transmis à nos refuges partenaires pour apporter un peu de douceur et de réconfort aux chats abandonnés cet hiver.
  • Soutenez notre action et permettez aux enquêtes de se poursuivre.

Un projet européen à soutenir d’urgence

Un projet européen à soutenir d’urgence

Un projet européen à soutenir d’urgence
05.10.2016
Europe
Un projet européen à soutenir d’urgence
Expérimentation animale

Le projet pilote d’un eurodéputé, pour la promotion des alternatives à l’expérimentation animale, vient d’être approuvé par la Commission des budgets après une campagne de lobbying de One Voice et d’autres associations partenaires. Il doit encore être adopté par le Parlement européen en octobre et, pour cela, le soutien du public est indispensable. Mobilisons-nous!

C’est une nouvelle comme il en arrive trop peu. Un projet innovant d’un eurodéputé, qui franchit étape par étape les obstacles. Un projet qui pourrait bien révolutionner les pratiques des laboratoires, pour le plus grand bien des animaux! Un espoir réel que les expériences sur les animaux appartiennent un jour aux livres d’histoire…

Un projet fondateur

C’est le député européen Younous Omarjee qui est à l’origine de ce projet pilote. Celui-ci doit permettre d’aider à améliorer l’évaluation et la validation de nouvelles méthodes alternatives à l’expérimentation animale dans l’Union européenne, ainsi que l’utilisation et la diffusion des méthodes alternatives existantes. Il doit notamment mettre en place des campagnes d’éducation et des formations spécifiques pour les scientifiques, mais aussi les médecins, les vétérinaires et les industriels concernés par l’expérimentation animale.

Un pas après l’autre

Le projet a été dans un premier temps adopté par la Commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (ENVI). Il a bénéficié de l’aide de One Voice et d’autres associations qui ont écrit aux eurodéputés à chaque étape, et en particulier aux membres de la Commission des budgets qu’il fallait convaincre de voter en sa faveur… Un gros travail de lobbying mais qui a porté ses fruits. Car tandis que le rapporteur y était défavorable, la mobilisation de One Voice et d’autres ONG, des chercheurs et de personnalités de la vie civile a permis qu’il soit adopté à une large majorité le 28 septembre dernier. Le budget alloué serait de 1 million d’euros pour l’année 2017! Reste désormais à ce qu’il soit voté par la plénière du Parlement européen au mois d’octobre…

Promesse d’avenir

L’importance de l’adoption de ce projet réside bien sûr dans ce grand pas qu’il représente vers le remplacement des expériences sur les animaux par des méthodes scientifiques alternatives plus efficaces et plus éthiques. Il s’inscrit également à un moment clé car la directive 2010/63/CE sur la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques pourrait être revue en 2017… En faisant de la valorisation et du développement des alternatives une priorité, validée par une majorité des députés européens, cette révision pourrait marquer un grand tournant! Un outil de plus aussi pour One Voice qui a été référent du groupe expérimentation animale dans le collectif Animal Politique regroupant 26 associations.…

Pour soutenir le projet, diffusez largement l’information et écrivez à vos eurodéputés!