Tigres et lions exploités à vie dans le Loiret

Tigres et lions exploités à vie dans le Loiret

Tigres et lions exploités à vie dans le Loiret
28.08.2019
Loiret
Tigres et lions exploités à vie dans le Loiret
Exploitation pour le spectacle

En ce mois d’août 2019, nos enquêteurs se sont rendus dans le Loiret, chez un dresseur de tigres et de lions très connu dans le show-business. Comme unique horizon, ces sept félins n’ont que quelques mètres carrés grillagés. En plus de la captivité et du dressage qui constituent leur quotidien, le dresseur organise plusieurs fois dans la journée des visites de particuliers sur sa propriété, avec le soutien de l’office du tourisme du département.

Dans le jardin et sur le portail, des têtes de lions. On est chez un dresseur, pas de doute. Depuis 27 ans, Rémy Demantes élève et dresse des grands félins, baguette à la main, pour des publicités, des clips, des émissions de télévision. Ils sont alors sortis de leur enclos et transportés sur la route, pour être exposés à l’inconnu, au bruit et aux lumières, aux humains agités autour d’eux.

Quand un bébé tigre naît, il est irrémédiablement retiré à sa mère, et rapidement exhibé devant des groupes d’humains, au musée du cirque dirigé par le dresseur, pour un spectacle quotidien d’une heure. Des visites privatives de l’élevage sur sa propriété sont proposées au public, non loin de là… Nos enquêteurs ont rapporté des images de ces sept prisonniers.

Sept tigres et lions enfermés à vie

Tanga est la plus vieille. Elle a quinze ans et vit seule dans un enclos grillagé d’à peine 35m2, au centre duquel trônent un rocher et un tronc d’arbre. Autant dire que sa prison est dépourvue d’enrichissement.

Le plus jeune, Mawak, né il y a trois mois, a quitté la maison pour un enclos de 6 m2 sur des dalles de jardin. Pas d’herbe ni de terre battue pour ses petites pattes. Quand il en sort enfin, au bout d’une laisse, c’est pour se voir refuser de jouer dans la vigne vierge.

Non, il doit faire ses besoins à la demande, avant le spectacle, et poser pour la photo avec les visiteurs du jour, qui pourront eux aussi le tenir en laisse ou lui crier « non » d’une grosse voix pour l’effrayer. Le bébé tigre est dressé à grand renfort de gifles et de petits coups bien sentis sur la tête, à l’aide d’une baguette de bois.

Au fond du jardin, ses parents, dont Radja le tigre blanc, (ces tigres n’existent qu’en captivité, fruits de croisements entre animaux malades) et une tigresse, Jade, qui s’est vu arracher son bébé. La fauverie, constituée de cages les contenant à peine, est humide et sent fort, dans un bâtiment en dur. Quelle tristesse que de les voir ainsi!

Non loin de là, Judy la tigresse vit avec Tina, une jeune lionne. Rien de naturel ici. Les tigres vivent seuls quand ils sont libres, et sur un tout autre continent que les lions! Timba, le lion dans l’enclos d’à côté semble las, désespérément désœuvré.

Une activité lucrative soutenue par l’office du tourisme

Pour son musée et la visite de son élevage, Rémy Demantes a reçu à plusieurs reprises des prix « coup de cœur » de l’office du tourisme du département, qui soutient cette activité d’un autre âge.

Le dresseur justifie cet élevage et ce dressage en se drapant derrière la légalité de son activité, et les dangers du braconnage pour les tigres libres. L’existence du braconnage ou de la chasse aux trophées est un problème en soi à combattre, en aucun cas une raison valable pour réduire des animaux à une vie d’esclavage, encagés pour toujours.

La captivité: des dangers pour les félins comme pour les humains

Ce n’est pas de l’amour quand on arrache un petit à sa mère, qu’on se substitue à elle pour le nourrir et le rendre dépendant, qu’on le frappe alors qu’il tente d’apprendre à être un tigre au sens plein du terme. Ce n’est pas de l’amour que condamner un animal à l’enfermement à vie. Car la captivité, le dressage, l’exhibition, l’itinérance, la proximité avec des humains créent non seulement des risques sanitaires de part et d’autre, du danger pour les humains à leur contact, mais surtout un stress intense, qui affecte jusqu’au système immunitaire des animaux.

Ces pratiques doivent cesser! Le département du Loiret, ainsi que les chaînes de télévision, les réalisateurs de films et de clips, acteurs, chanteurs et annonceurs doivent eux aussi s’engager contre la captivité! Aidez-nous à dénoncer toute utilisation des animaux sauvages dans ces contextes! Interpellons ensemble l’office du tourisme du Loiret, afin qu’il cesse toute promotion de ce lieu! 

Contactez l’office du tourisme via leur site en cliquant ici ou par email à info@tourismeloiret.com.

Rencontre avec la nation Lummi pour les orques du Sud

Rencontre avec la nation Lummi pour les orques du Sud

Rencontre avec la nation Lummi pour les orques du Sud
22.08.2019
îles San Juan
Rencontre avec la nation Lummi pour les orques du Sud
Habitat naturel

Les îles San Juan, Orca, Lopez, étaient leur territoire depuis plus de 4500 ans quand les Européens sont arrivés. Ceux-ci ne leur ont laissé qu’un lopin de terre sur le continent, près d’un marécage. Ce peuple de natifs américains, très en contact avec la Nature, considérant les orques résidentes du Sud comme leurs frères et sœurs « qui vivent sous l’eau », constituent la nation Lummi. Ils nous ont invités à une cérémonie d’une rare profondeur.

Nous les avons rencontrés peu après leur dépôt de plainte pour obtenir la libération de Lolita, leur sœur faite prisonnière en 1970 dans les eaux de la mer des Salish et détenue depuis au Miami Seaquarium. Ils réclament qu’elle leur soit rendue. Pour eux, cette capture constitue un vol de leur patrimoine, et plus encore. Nous leur avons fait part de notre inquiétude concernant Inouk, et leur avons raconté notre combat à la mémoire de Valentin et de Freya, décédés dans les bassins du Marineland français. Ils nous ont accueillis avec générosité et ont prononcé des mots pour eux pendant la cérémonie.

 

Frères et sœurs des orques

Coquillages versés d’une main à l’autre, en transe chamanique, Richard Salomon nous a relaté comment l’ancêtre de son peuple est allé sous l’eau, avec les orques, vêtu d’un habit noir et blanc, comme une orque. Il est parti vivre avec ses arrières-grands-parents orques. Un jour, il est revenu, a posé son  » habit orque », est redevenu un humain parmi les autres. Il a alors demandé la permission à sa grand mère humaine s’il pouvait aller vivre avec eux. Elle a dit oui à la condition qu’il vienne lui apporter à manger chaque jour.

Alors chaque année, à la même période, le peuple Lummi lui rend visite, avec comme offrande un saumon royal sauvage, appelé Chinook, tout juste pêché à qui ils rendent la liberté.

Un profond honneur d’assister à cette cérémonie sacrée

Invités à assister à cette cérémonie traditionnelle et très émouvante en hommage aux orques résidentes du Sud récemment disparues, Scoter (K25), Nyssa (L84) et Princesse Angéline (J17) (la mère de Tahlequah, endeuillée, inconsolable de la mort de son bébé) nous avons pu voir combien la situation était dramatique. Nul saumon royal n’a pu être trouvé auprès des pêcheurs ce jour là. Aucune orque du Sud non plus. Et pour cause…

L’extinction du saumon royal entraîne celle des orques du Sud

Entre Seattle et Vancouver, au large d’Anacortes, la mer des Salish s’est au fil du temps vidée de ses poissons auparavant foisonnants. Les Lummi se battent également contre la construction d’un oléoduc voulu par le Canada. La zone maritime est déjà sillonnée de tankers, si polluants et bruyants… Nous en avons croisé tant pendant les quelques heures de la cérémonie qu’il était difficile de les compter. Ils seront sept fois plus nombreux une fois l’oléoduc en activité.

Avec ces trois dernières morts – officialisées le 6 août 2019 par le Center for Whale Research – après un mois sans avoir été vues où que ce soit, les dernières orques résidentes du Sud passent de 76 à 73 individus. Leur survie ne tient plus qu’à un fil.

La cérémonie a tout de même eu lieu, sans saumon ni orque. À deux pas de la plage où son peuple a vécu des milliers d’années, près d’un promontoire qui est un site funéraire sacré, entouré de la police Lummi, d’une équipe de documentaristes et de notre équipe, le chaman entonna les chants sacrés, ces appels et remerciements à la Nature accompagnés de danses, ici empruntées aux mouvements des crabes, pinces dressées vers le ciel. Un moment bouleversant face au courage de ce peuple qui refuse d’abandonner l’espoir pour celles qu’il considère comme sa famille. Pour sauver les orques, selon les Lummi comme pour nous, il est clair qu’il faut que l’humanité écoute son cœur et arrête de chercher le profit à tout prix.

Prison des baleines: trois nouvelles orques libérées

Prison des baleines: trois nouvelles orques libérées

Prison des baleines: trois nouvelles orques libérées
19.08.2019
îles Shantar
Prison des baleines: trois nouvelles orques libérées
Exploitation pour le spectacle

La libération de trois nouvelles orques de la « prison des baleines » a eu lieu le 6 août dernier malgré une certaine résistance voire du sabotage…

Photo DR

Comme le raconte un témoin: « Les orques étaient prêtes à partir en mer immédiatement après leur remise à l’eau. Un enclos flottant avait été préparé, mais il n’a pas servi. Relâchées de leurs containers directement au large, les trois orques ont décrit des cercles près du rivage en formation serrée, apparaissant puis replongeant sous la surface. C’était incroyable! »

On peine en effet à imaginer l’immense bonheur de ces détenus qui retrouvent enfin l’océan après un an de souffrances. Mais si cette opération s’annonce comme une réussite, ce ne fut pas toujours le cas, hélas, des transferts précédents.

Le 20 juin dernier, un premier convoi

Le 20 juin dernier, un premier convoi quittait la baie de Srednyaya pour la région des îles Shantar, emportant avec lui trois orques et six bélugas.
Ceux-ci avaient du endurer un voyage particulièrement pénible. On vit ainsi des images d’un béluga soulevé par une grue en laissant une flaque de sang sur le tapis de sol. Les cétacés furent jetés à la mer comme des paquets, alors que leurs muscles étaient encore raides des longues journées passées sous le soleil dans des containers métalliques. Ces scènes terribles ont soulevé l’indignation des experts et des réseaux sociaux. Et pourtant, s’il faut en croire les balises satellite, les trois orques relâchées alors auraient pris la bonne direction, celle de leur lieu de capture.

Le 16 juillet, un deuxième transfert inquiétant

Depuis lors, des ordres venus d’en haut ont du être donnés, car le 16 juillet, le deuxième transfert fut moins brutal. Il ne comprenait cette fois plus que trois orques. Le voyage fut plus rapide et leur libération partiellement filmée. Deux orques adultes ont à leur tour repris le chemin de la liberté. Elles ont malheureusement du laisser derrière elles la petite Alexandra, trop craintive, trop attachée aux humains sans doute, pour oser les suivre au grand large. Elle a quémandé quelques jours son poisson aux pêcheurs, mais d’après les plus récentes informations, elle se dirigerait aujourd’hui vers Sakhaline et se nourrirait seule.

Le 1er août, début du troisième transfert d’orques

Il s’est achevé six jours plus tard avec la libération manifestement réussie de Tihon, Gaika et Zoya, relâchées en mer d’Okhotsk. Pour la première fois, des observateurs de Greenpeace Russie ont pu surveiller le processus de libération. Choyées comme des reines, les orques eurent même le privilège d’être rafraîchies par de la glace dans leur container. Et leur départ en formation, droit vers le large, fait espérer le meilleur quant au succès de leur voyage.

Une quatrième libération à venir

Deux orques et quatre-vingt un bélugas attendent encore dans les enclos de la prison des baleines. Dans les jours qui viennent, une quatrième libération est prévue. Il ne reste plus beaucoup de temps avant l’hiver mais il reste encore énormément de bélugas captifs, dont on attend un nouveau décompte, et leur avenir est très préoccupant.
Préoccupantes aussi, les rumeurs qui nous disent qu’outre Cyril, une deuxième orque serait morte dans son enclos ou qu’un béluga échoué a été retrouvé flottant non loin de la plage. Certains affirment même que les deux bélugas récemment livrés par avion au premier delphinarium du Tibet faisaient partie du convoi du mois de juin.

En confiant la réhabilitation des dix orques et des 87 bélugas à leurs anciens ravisseurs, sous la supervision complice de l’institut scientifique VNIRO en délicatesse avec la justice russe, il fallait forcément s’attendre à une certaine résistance voire à du sabotage.
Il est heureux que le président Poutine veille au grain, et plus encore les défenseurs des animaux et l’opinion internationale.
Quelques soient les inquiétudes que suscitent la suite des libérations, et surtout celles des bélugas, One Voice se réjouit de voir déjà huit orques au moins se diriger avec succès vers leur pays et leur famille. La « méthode russe » est certes cavalière mais parfois, elle fonctionne!

Nouvelle infiltration de One Voice dans une école de tauromachie!

Nouvelle infiltration de One Voice dans une école de tauromachie!

Nouvelle infiltration de One Voice dans une école de tauromachie!
15.08.2019
Nîmes
Nouvelle infiltration de One Voice dans une école de tauromachie!
Exploitation pour le spectacle

Nos enquêteurs se sont rendus une nouvelle fois dans l’une des écoles taurines de France, et ils ont pu assister à des mises à mort de taureaux si jeunes qu’il s’agit presque de veaux. Sept ans après notre enquête à l’école de Nîmes, nous demandons (comme l’ONU à l’Espagne en février 20181) l’interdiction de ces « centres de formation » pour les mineurs, l’interdiction de l’accès aux mineurs à ces « spectacles », l’interdiction de blesser les taureaux, et bien entendu de les mettre à mort…

Des jeunes taureaux pour « faire la main » des enfants et adolescents

Le veau considéré comme du « matériel » de second niveau sera toréé dans les environs de Nîmes pendant plus de vingt minutes, par un jeune qui ne maitrise pas le geste.

L’épée rentrera et sortira plusieurs fois dans l’échine du jeune taureau, qui finit par s’effondrer. Ses dernières secondes de conscience, il sentira un poignard s’enfoncer dans sa nuque, secoué en tout sens dans sa tête. Il se videra de son sang en quelques minutes, une éternité quand on souffre, après avoir tenté en vain d’échapper à son sort, tenaillé d’angoisse, sans comprendre pourquoi il fut ainsi trahi par ses gardiens…

Une activité extrascolaire comme une autre?

Les enfants suivent toute l’année des cours dans ces écoles sur des charriots à roulette pour s’entrainer aux gestes: muletas, jeu de cape, et pique de banderille, et d’épée. En fin d’année, comme une récompense, ils peuvent, dans l’arène, mettre à mort de très jeunes taureaux.

On peut commencer à 6 ans à les fréquenter. A l’âge où l’on commence à lire et à écrire, on peut apprendre en même temps le B-A-BA de la corrida, et que torturer un animal vivant en lui plantant des harpons puis en lui enfonçant une lame dans le corps est acceptable et attendu. On peut assister à des longues et douloureuses mises à mort d’êtres dont la sensibilité est reconnue, et sur lesquels les cruautés sont condamnées… sauf ici.

Des psychologues du monde entier s’inquiètent de l’impact que cela peut avoir sur le développement cérébral et de l’empathie des enfants, de recevoir ces signaux contradictoires de la part des adultes les entourant: on ne doit pas faire de mal à autrui, et on doit applaudir ceux qui tuent les taureaux dans l’arène… C’est de l’éducation au sadisme, et cela a des répercussions délétères sur leur psychisme.

Une enquête inédite au cœur de ces écoles: des témoignages sans filtre

Interview de la présidente de l’école taurine, de professeurs et d’aficionados, images de veaux martyrisés par de jeunes hommes, sous le regard des enfants… Toutes nos images montrent le vrai visage de la corrida en France: on enseigne l’insensibilité à la souffrance de l’autre dès le plus jeune âge.

Parmi les témoignages recueillis, des parents ayant offert un taureau à leur enfant pour qu’il puisse le tuer. Qui ferait cela avec un autre animal et dans d’autres circonstances? Hors de ce milieu? Comment est-il possible d’encourager cela, une mise à mort par un mineur, ce qui est possible dans le cas d’une location d’arène privatisée…

Des jeunes taureaux non mis à mort seront souvent utilisés plusieurs fois. Mais sur les images, nous voyons l’incrédulité du pauvre veau, son épuisement. Son refus de l’agressivité. Le refus de « se battre », en somme.

Qu’ils aient peur pour eux-mêmes ou ne veuillent pas heurter d’êtres vivants, les enfants doivent obéir. C’est écrit dans le règlement de l’école taurine. Or l’une des mères de ces élèves a confié à notre équipe sans savoir qu’elle était enregistrée, qu’après la mise à mort de son premier taureau, son fils n’a plus toréé pendant un an. Il était encore sous le choc.

Interdisons ces écoles. One Voice et ses partenaires Anymal, CRAC Europe, la FLAC et No Corrida ont écrit une pétition commune demandant l’arrêt immédiat de ces pratiques tauromachiques considérées comme de la torture. Pour nous donner plus de poids dans cette démarche, pour les veaux et les enfants, signez!

1 – https://www.telegraph.co.uk/news/2018/02/09/un-call-ban-children-bullfights

Ici l’océan se meurt, les orques du Sud avec lui

Ici l’océan se meurt, les orques du Sud avec lui

Ici l’océan se meurt, les orques du Sud avec lui
13.08.2019
San Juan Island
Ici l’océan se meurt, les orques du Sud avec lui
Habitat naturel

La fin d’un monde. Les orques résidentes du Sud n’ont pas été aperçues depuis des semaines au large de San Juan Island. La surpêche et les barrages les affament, il n’y a plus de poissons ou si peu dans cette mer qui autrefois était le berceau de centaines d’entre elles. C’est une espèce qui meurt, celle-là même qui a payé le prix fort à l’industrie de la captivité. Nous sommes sur place auprès de nos partenaires scientifiques, pour tenter de les sauver.

Nous sommes là face à un paysage magnifique. Le soleil étend ses rayons sur une façade rocheuse qui tombe dans la mer des Salish, à l’ouest de Seattle, à la limite nord des États-Unis. Ici l’Océan Pacifique entoure les îles San Juan, Lopez, Victoria et Orca. Et pourtant…

L’an dernier encore, les baleines à bosse ou de Minke partageaient ce territoire marin avec les phoques, les marsouins et les orques résidentes « du Sud ». Les orques transientes, elles, ne faisaient que passer à cette période, comme les oiseaux migrateurs le font également ailleurs.

Dans le ciel, des mouettes, bien entendu, mais aussi des guillemots et des macareux aux becs d’une couleur resplendissante, ainsi que les majestueux pygargues à tête blanche (l’ »aigle américain ») qui les surplombaient du haut des sapins au bord du littoral.

Le ciel est quasiment vide et la mer, plate.

Cette année a un goût amer. Ken Balcomb, que nous avons rejoint au Center for Whale Research (CWR) dont One Voice est membre, nous confirme ce que nous craignions: il n’y a plus de poissons. Pas suffisamment pour nourrir toute cette faune exceptionnelle en tout cas. Les orques du Sud ont besoin de plus de soixante kilos de poissons par jour. Par souci d’économie d’énergie, leur appétit se porte plus sur les grands, comme les saumons royaux. La surpêche empêche le renouvellement des espèces, les barrages installés en amont des grands fleuves empêchent les saumons de remonter le courant pour se reproduire à l’emplacement de leur naissance. Le peu qui y parviennent sont pêchés dans les lacs artificiels créés par ces barrages et n’atteignent jamais l’océan, où les orques du Sud meurent les unes après les autres. Saumons royaux, orques du Sud, tous meurent à petit feu.

La famille de Lolita, les pods J, K et L, comme on les nomme, sont décimés. Aucun petit viable n’a survécu depuis trois ans. Ni le bébé de Tahlequah, ni Scarlet… Dans le passé, elles avaient du temps pour dormir et jouer. À présent tout est centré sur la quête de nourriture, et le stress intense de la faim qui les tenaille.

C’est une tragédie qui se joue dans un silence assourdissant

Mais d’autres orques sont visibles et se portent, elles, très bien. Ce sont les orques « transientes ». Elles passent en mer des Salish tous les étés, et ne souffrent pas de la famine car elles se nourrissent de mammifères et non de poissons. Les touristes cherchant à voir des orques ne sont donc pas déçus… Et personne ne veut gâcher leur plaisir en leur parlant du drame invisible qu’est celui des orques du Sud. Pourtant, il est urgent que les gens sachent que, sur ce site naturellement merveilleux, comme pour les différents tigres (du Bengale, de Sumatra, de Bali, de Sibérie…), c’est un écosystème à part entière qui est rasé de la planète, comme le sont les grandes forêts primaires. Et cela, dans l’indifférence générale! Dans l’océan, c’est plus difficile à imaginer qu’avec des vues aériennes. Et une fois que le mal est fait, c’est irréversible.

Un travail de sensibilisation doit être mené en urgence sur cette disparition! One Voice a toute l’année passée mené campagne avec votre aide aux côtés du Center for Whale Research basé à San Juan Island pour faire rouvrir les barrages. Cet été, nous avons à nouveau rendu visite aux scientifiques qui travaillent sur place depuis plus de 40 ans. Nous avons également rencontré les natifs américains qui considèrent ces orques comme des membres de leur famille. Nous ne pouvons pas laisser les orques résidentes du Sud disparaître sans rien faire!

Après 17 ans, l’État refuse toujours d’ouvrir les yeux pour Samba

Après 17 ans, l’État refuse toujours d’ouvrir les yeux pour Samba

Après 17 ans, l’État refuse toujours d’ouvrir les yeux pour Samba 08.08.2019
Bouches-du-Rhône
Après 17 ans, l’État refuse toujours d’ouvrir les yeux pour Samba Exploitation pour le spectacle

Dix-sept ans que nous nous battons pour faire libérer Samba. Prévue initialement en décembre 2018, repoussée au 27 juin 2019, l’audience a été confirmée par le tribunal administratif de Marseille au dernier moment. Notre recours de 2017 contre la préfecture des Bouches-du-Rhône a donc été jugé. Le tribunal a rejeté notre requête préférant croire la préfecture, qui clame que tout va bien car-entre autres-les barrières sont à une distance réglementaire. Pour l’éléphante et les autres animaux sauvages détenus par le cirque d’Europe, nous faisons appel!

Un combat de longue haleine

Depuis plus de deux ans, nous attendons du préfet des Bouches-du-Rhône, qui a la responsabilité du bien-être des animaux sauvages captifs de son territoire, qu’il revienne sur l’arrêté qu’il a pris en 2017 autorisant notamment l’exploitation de Samba. Malgré les preuves de son mal-être, le préfet a pris la décision implicite de refuser notre demande d’abrogation de cet arrêté: il n’a répondu à rien!

En ce 27 juin, il a donc été question à Marseille de notre recours pour faire abroger l’arrêté préfectoral du 15 mai 2017 suivant lequel Max Aucante, le propriétaire du Cirque d’Europe, est autorisé à ouvrir son établissement, y détenir et y présenter des animaux. Parmi eux, des tigres, des babouins et Samba, qu’il a renommée Tania après une précédente procédure nous opposant au début des années 2000. Cette requête contre la préfecture contient également notre demande de transfert immédiat de Samba dans un sanctuaire. À 32 ans, quasiment autant à subir des humiliations quotidiennes, il est plus que temps qu’elle puisse se reposer et avoir une vie digne de ce nom!

L’Etat aveugle et sourd, mais pas muet…

Notre requête, dont le but est de mettre l’État face à ses responsabilités, montre une fois de plus avec ce rejet, à quel point il refuse d’ouvrir les yeux. Les rapports de la DDPP (service en charge des services vétérinaires de la préfecture) de 2014, sur lesquels s’est appuyé le tribunal administratif, clament que tout va bien pour Samba et ses compagnons d’infortune. Nous faisons appel de cette décision. Jamais nous n’abandonnerons Samba.

Notre plainte au pénal-enrichie de nouveaux éléments sur la vie épouvantable de l’éléphante d’Afrique-contre le propriétaire du cirque est en cours d’instruction.

Signez notre pétition pour réclamer le placement de Samba loin du cirque, du camion et des chaînes!

Blaireaux, vessies et lanternes…

Blaireaux, vessies et lanternes…

Blaireaux, vessies et lanternes…
03.08.2019
France
Blaireaux, vessies et lanternes…
Habitat naturel

One Voice a attaqué en justice l’arrêté préfectoral pris le 15 mai 2019 dans le département de la Somme autorisant le massacre en règle de 1500 blaireaux. L’audience vient d’être fixée au 13 août 2019 à 14h30 au tribunal administratif d’Amiens.

C’est hélas la saison: dans plusieurs départements français, les blaireaux se font traquer sans pitié par les chasseurs, et sont également victimes de pièges. Cela signifie que l’on peut également envoyer des chiens dressés spécialement dans ce but directement dans leur terrier, les acculer pendant des heures, puis les mettre à mort, adultes comme jeunes, une fois le terrier éventré. Cela se nomme la vénerie sous terre. Une horreur. Dans la Somme comme ailleurs, sollicitées par les associations de chasseurs ou d’agriculteurs, les préfectures renouvellent ces mesures qui permettent de massacrer les blaireaux tout au long de l’année! Comment pourrions-nous laisser faire cette tuerie sanglante et cruelle?! Nous allons en justice pour empêcher ce massacre.

Le vrai et le faux

Nul ne sait pourquoi cet arrêté est publié, si ce n’est pour satisfaire les adeptes de tels « loisirs », car ils sont partiellement protégés par la convention de Berne. La mauvaise presse des blaireaux est majoritairement infondée. Dans de nombreux pays voisins, ils sont totalement protégés depuis des dizaines d’années sans que cela pose problème ni pour les champs, ni par rapport aux maladies, et les accidents de voiture n’ont pas augmenté depuis que les familles blaireaux vivent en paix. Leur existence et leur population sont vues non comme un problème, mais comme une richesse à préserver.

Pour qui nous prend-t-on?

Dans le cas de la Somme, et cela devient monnaie courante dans d’autres préfectures, ces arguments ont été avancés en consultation publique dans le seul but d’organiser des sessions de chasse anti-blaireaux, cela sans même de chiffres ou d’études scientifiques à l’appui. Or sans contexte ni objectifs précis, cette consultation devient une mascarade. La preuve, 97% d’avis négatifs émis sont ignorés au nom de ces prétendus arguments de « sécurité publique ». Pourquoi consulter alors?

D’autres moyens devraient être mis en œuvre avant de requérir le massacre d’êtres sensibles qui ont toute leur place dans les forêts. Les préfets s’habituent à ne pas entendre la voix des citoyens, à leur faire prendre des vessies pour des lanternes pour satisfaire d’égoïstes lobbies. À voir le sort réservé à ces paisibles animaux, il est urgent d’agir avant qu’ils ne soient condamnés. C’est ce que nous ferons à l’audience à Amiens le 13 août prochain.

Une tuerie exponentielle de loups autorisée en France

Une tuerie exponentielle de loups autorisée en France

Une tuerie exponentielle de loups autorisée en France
01.08.2019
France
Une tuerie exponentielle de loups autorisée en France
Animaux sauvages

L’arrêté prévoyant les modalités de « prélèvement » d’un quota de 100 loups en 2019 vient de paraître. La consultation publique a été, comme toujours, à l’écrasante majorité en défaveur de ce projet. Pourtant, celui-ci est publié quasiment en l’état. Nous avions prévenu que nous attaquerions en cas de publication. Nous déposons donc un recours devant le Conseil d’État, afin de rendre illégal le massacre des loups.

En quelques années, le Plan Loup a vu passer le quota d’individus pouvant être tués de 40 en 2017, à 43 et 50 puis à 100 cette année! Les arrêtés autorisant des tirs de plus en plus nombreux sur les loups sont devenus une norme en France, et le fait que leur espèce soit protégée est à peine considéré. Avec cet arrêté ministériel, on passe d’un plafond de prélèvement à 10% à 17%. Le Président osait même évoquer la perspective de « réguler » davantage de loups (au Salon de l’agriculture 2019) sur le ton de la plaisanterie… Nous ne laisserons pas faire ça!

Nous avions prévenu que nous attaquerions tout nouveau massacre de loups… @Min_Ecologie & @Min_Agriculture viennent de publier un arrêté autorisant de traquer et tuer jusqu’à 100 individus. Nous déposons un recours devant @Conseil_Etat! #FauneSauvage https://t.co/bRWs4noZgK pic.twitter.com/CbIgxIzaUD

— One Voice (@onevoiceanimal) July 29, 2019

Le public n’est jamais consulté sur le principe du projet mais sur les modalités

La consultation publique de l’arrêté ministériel vient de se terminer, et l’analyse des commentaires citoyens est édifiante: tout y est, pourtant rien n’est pris en compte, ou si peu. Car ce sont les modalités de mise en œuvre de l’arrêté qui sont discutées, pas son existence même.

L’an dernier, 2000 personnes avaient pris part à la consultation, cette année, elles sont plus de 9500. Le constat d’une baisse du pourcentage des défenseurs des loups est pourtant souligné. Nous sommes passés de 87% à 81% en l’espace d’une année. C’est vrai que 7695 c’est tellement moins que 1740! Car, aux agriculteurs et éleveurs qui participent toujours, des fédérations de chasseurs ont elles aussi donné leur avis (y compris des fédérations de départements sans loups).

Les chasseurs refoulés derrière les barrières de « protection »!

Maigre réconfort, les propositions des chasseurs, de « réguler » l’espèce du loup en la « chassant » sont balayées. Il leur est rappelé que les loups sont protégés, et ne peuvent donc en aucun cas être considérés comme une espèce susceptible d’occasionner des dégâts. Même si leur population a dépassé les 530 individus, le seuil de 500 n’est pas un plafond, bien au contraire. Il leur faudrait être cinq fois plus nombreux pour garantir le maintien de leur population.

Une modification à la marge pour la forme

Seule modification consentie par le ministère, pour éviter un « prélèvement excessif » (le mot n’est pas de nous), l’assouplissement de l’utilisation de dispositifs de repérage lors des opérations de tirs ne sera pas autorisé, eu égard aux 45 loups déjà tués au 9 juillet contre 15 l’an dernier à la même date.
On nous rappelle que le nombre d’attaques a augmenté entre 2017 et 2018, le nombre de « victimes » (les animaux élevés pour être abattus) ayant quant à lui légèrement décru. Mais pendant ce même temps, les autres victimes que sont les loups augmentent exponentiellement! Tous les animaux sont perdants dans cette histoire.

Il y a quelques mois notre recours sur le plan loup 2017-2018 avait été rejeté par le Conseil d’État. Même positive, cette décision de justice serait intervenue de toute façon trop tard, bien après la mort des loups…

Cette année, nous ferons tout pour être enfin entendus! Nous déposons à nouveau un recours devant ledit Conseil d’État contre cet arrêté ministériel. Ne vaudrait-il pas mieux que ce gouvernement sauve des vies, et fasse gagner du temps et de l’énergie à tout le monde en ne publiant pas ce genre d’arrêté dès le départ?

Le cri des cormorans? Urgence à y répondre!

Le cri des cormorans? Urgence à y répondre!

Le cri des cormorans? Urgence à y répondre!
27.07.2019
France
Le cri des cormorans? Urgence à y répondre!
Habitat naturel

One Voice appelle à agir: une consultation publique est lancée, autour d’un arrêté ministériel ouvrant la porte à une tuerie massive de grands cormorans (150 000 oiseaux sur trois ans). Motif? La prédation naturelle que cette espèce protégée exerce en France sur des élevages piscicoles et sur certains poissons de rivière. Hallucinant!

Tous s’accordent à reconnaître que des tirs de « destruction » ne peuvent réguler une population d’oiseaux nicheurs, surtout au niveau précis qu’est celui du département. Mais nous en sommes là: par décision préfectorale, les grands cormorans, oiseaux pourtant protégés par la loi et par une directive européenne, sont déclarés chassables par quotas départementaux parce qu’ils nuisent aux élevages piscicoles, très extensifs, voire à certaines espèces de poissons d’eaux libres, également protégés et surtout convoités par les sociétés de pêche.

L’État et ses agents locaux, les préfets, répondent ici avec diligence aux vœux d’une filière économique qui n’y va pas de main morte: pas moins de la moitié des grands cormorans hivernant en France est concernée par les tirs de destruction envisagés dans 88 départements métropolitains. 50 000 oiseaux par an…

Arrêté meurtrier et injustifié

Un arrêté-cadre similaire a déjà été pris en 2016 pour trois ans, dans les mêmes proportions, et à l’époque n’a pas pu être contrecarré par la mobilisation citoyenne. Cette nouvelle consultation publique, ouverte jusqu’au 31 juillet (vite, donnez votre avis en utilisant les arguments cités dans cet article!), est l’occasion de dire non, et d’affirmer que la solution ne réside pas dans des tirs de « destruction ». Qui plus est cruels, car ces oiseaux protégés sont tirés avec des cartouches légères, réglementées: touchés, ils agoniseront souvent des heures durant!

Le Conseil national de la protection de la nature a cette fois donné à l’unanimité un avis défavorable au renouvellement d’une mesure qui ne réjouit que quelques acteurs économiques, et bien sûr les pêcheurs et les chasseurs. Tous ces arguments n’ont pas fait reculer le ministère:

  • les tirs sont inefficaces pour contrôler des populations hivernantes au niveau de chaque département;
  • il n’est pas démontré que ces tirs puissent faire baisser les niveaux de prédation exercée par ces oiseaux piscivores, notamment en eaux libres où la sauvegarde de poissons protégés dépend de plusieurs autres facteurs (prédation par d’autres animaux, y compris des poissons de type silure, qualité des eaux, etc.); de plus, les cormorans se nourrissent essentiellement de proies abondantes tels les cyprinidés voire d’espèces exotiques (poissons-chats, perches-soleil);
  • les grands cormorans (Phalacrocorax carbo sinensis) ciblés par l’arrêté sont très semblables à une autre sous-espèce de cormorans (Phalacrocorax carbo carbo), dont les populations sont en France peu stables. Il sera délicat pour les chasseurs d’identifier s’ils abattent les « bons » oiseaux;
  • la justification exacte des demandes de tirs en eaux libres n’est pas apportée, pas plus que les pisciculteurs d’étang ne produisent de statistiques économiques départementales sur l’impact de la prédation des grands cormorans hivernant en France.

Comme en d’autres cas, on ne répondrait ici que par la destruction pour protéger une activité économique exercée en milieu naturel et qu’un oiseau ne peut pas comprendre. Certes, concurrencée par d’autres pays qui bizarrement ne connaissent pas le même problème, la pisciculture française vit des jours difficiles. Elle peine à trouver sa rentabilité et quand il est déclaré impossible d’équiper en systèmes d’effarouchement ou de protection (de type filets) des hectares entiers d’étangs, les boucs émissaires sont vite désignés, tous ces animaux déclarés nuisibles car leur survie dépend des proies offertes. La réglementation impose pourtant de rechercher des solutions alternatives avant de dégainer les fusils contre la faune…

Protégez vos élevages, pliez vos gaules!

En février dernier, un pisciculteur des Deux-Sèvres a assigné l’État en justice pour le préjudice subi par son exploitation depuis l’arrivée des cormorans sur la propriété. L’homme, qui ne peut investir les 500.000 euros estimés pour protéger efficacement son étang, a tout de même obtenu 800€ d’indemnisation par hectare et par an sur la période allant de 2010 à 2015, soit une somme totale de 160.000€. « Étant situé en zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique, je ne peux même pas détruire les nids » déplore-t-il, se réservant le droit d’intenter une nouvelle procédure judiciaire pour la période 2016-2020, si l’État, soit nos impôts, ne trouve pas de solution à son problème.

Or abattre ces oiseaux n’est pas une solution. Exercer une surveillance plus régulière, protéger les étangs… Certes cela coûte cher, comme travailler différemment avec des eaux de meilleure qualité, contrôlant les effluents de l’agriculture. Mais n’est-ce pas là le travail de professionnels, améliorant et traçant leur production? Non, au lieu de cela, et malgré les aides y compris européennes accessibles, on préfère incriminer les « nuisibles », tous ces animaux à qui l’on n’accorde plus le droit de vivre.

Le grand cormoran est l’arbre qui cache la forêt: bien d’autres animaux mangeurs de poissons sont concernés (hérons, butors, martins-pêcheurs, cigognes, loutres, visons…). Faut-il tous les tuer préventivement au nom de la sacro-sainte activité économique? Se questionne-t-on également sur les raisons qui poussent les cormorans à coloniser étangs et rivières de France en quittant leur habitat type (les grands estuaires, les côtes maritimes ou le lit des grands fleuves d’Europe)? Des tirs massifs y changeront-ils quoi que ce soit?

Enfin, si l’on s’interroge vraiment sur l’équilibre des populations naturelles dans nos étangs et nos rivières, à la relation proies-prédateurs, pourquoi ne pose-t-on pas plutôt la question de la place de la pêche humaine dans des milieux dits si menacés?

Les pêcheurs sont visiblement mobilisés pour cette consultation. Le nombre de commentaires exigeant l’éradication de ces oiseaux qui les privent, eux, de proies est impressionnant. Il faut faire passer le mot dans ces derniers jours pour s’opposer massivement à cette tuerie. Agissez!

Quoi qu’il en soit, si la mobilisation ne réussit pas à stopper le massacre écologique qui se prépare, nous attaquerons l’arrêté ministériel en justice, pour rendre leurs droits à ces grands oiseaux, rappelons-le protégés. De telles dérogations à leur protection sont injustifiables!

Le dérèglement climatique, un cataclysme pour les animaux

Le dérèglement climatique, un cataclysme pour les animaux

Le dérèglement climatique, un cataclysme pour les animaux
25.07.2019
France
Le dérèglement climatique, un cataclysme pour les animaux.
Animaux sauvages

Au moment où la France vit sa seconde canicule de l’année et une vague de chaud sans précédent, des scientifiques publient une étude alarmante: malgré l’adaptation des animaux, le changement est trop rapide et radical pour que l’évolution des espèces soit capables « d’absorber » les modifications climatiques. Certaines vont disparaître, autrement dit des millions d’individus mourront dans la souffrance, si nous ne freinons pas en urgence les dérèglements actuels.

À courte échéance, nous pourrions ne plus jamais voir de chevreuils européens à la lisière des forêts au petit matin, ni entendre de bruants chanteurs pendant nos vacances au Canada. Les guillemots, eux, ne regarderont plus la mer depuis les falaises et les pies eurasiennes, quant à elles, pourraient ne plus faire entendre leur voix fluette depuis le poirier du jardin. En quelques semaines, la France a connu les plus grandes vagues de chaleur de son histoire depuis deux mille ans, et les animaux, bien que capables de s’adapter dans une certaine mesure, ne seront pas tous aptes à survivre à ces modifications de températures, étant donné la rapidité du phénomène de réchauffement climatique.

Une publication basée sur un millier d’articles scientifiques

La revue scientifique Nature Communications publiait avant-hier un article1 récapitulant le travail d’une soixantaine de biologistes. Ils ont analysé les résultats de plus d’un millier de publications scientifiques sur l’adaptation des espèces au changement climatique à l’œuvre depuis plusieurs années. Leur méta-analyse, basée sur les recherches disponibles, est centrée principalement sur les oiseaux et un mammifère de l’hémisphère nord.

Un changement climatique trop rapide pour que les animaux puissent s’adapter

Depuis la révolution industrielle, la plupart des animaux ont eu beau modifier substantiellement leurs comportements et leur cycle de vie, tels que les périodes ou les lieux de nidification, ces changements sont adaptatifs, donc en quelque sorte « culturels ». Mais pour qu’une espèce animale puisse survivre à court terme, il faudra que cette adaptation se combine à des modifications génétiques. La plasticité de chaque espèce a été passée au crible; ces facteurs sont d’une importance capitale.

Pire encore, les espèces dont les caractéristiques ont été analysées sont dites « communes », autrement dit les conclusions concernant les espèces rares sont encore plus alarmantes!

Ces biologistes sont très pessimistes, et n’ont en partie pas de solutions. Ils souhaitent pouvoir anticiper, plus que simplement décrire et alerter. Leur prochain défi sera de déterminer quelles espèces sont les plus résilientes, afin de cibler leur attention sur les autres, plus vulnérables encore, et les aider.

Nous rappelons que chacun d’entre nous peut d’ores et déjà adopter des comportements responsables pour limiter notre impact sur l’environnement, et engager nos maires et nos députés à agir vite. Il est plus que temps, pour tous les êtres vivants de notre belle planète.

1 « Adaptive responses of animals to climate change are most likely insufficient ». Nature Communications, 23 juillet 2019, vol. 10, n°1, p. 3109.