Arroser d’argent public des cirques hors-la-loi. Jusqu’où ira l'État pour protéger ces délinquants? Arroser d’argent public des cirques hors-la-loi. Jusqu’où ira l'État pour protéger ces délinquants?

Arroser d’argent public des cirques hors-la-loi. Jusqu’où ira l'État pour protéger ces délinquants?

Exploitation pour le spectacle
24.02.2026
France
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En mai 2025, le ministère de la Transition écologique dévoilait un plan d’accompagnement financier des cirques itinérants. One Voice avait immédiatement dénoncé l’abandon des animaux, laissés entre les mains de leurs tortionnaires, sans aucun espoir de rejoindre un sanctuaire. Ces dernières semaines, ce projet s’est concrétisé lorsque l’Agence de service et de paiement a présenté l’aide financière prévue pour les circassiens. One Voice a contacté cet opérateur de l’État pour demander que les établissements condamnés par la justice ou ne respectant pas la loi ne touchent aucun financement public. 

Animaux détenus illégalement ou livrés à d’immondes trafics, reproduction et naissances illicites, maltraitance, escroquerie… Les cirques sont nombreux à s’affranchir des lois pour tirer toujours plus de profit de ceux qu’ils ballotent de ville en ville. Et il faudrait maintenant, à la demande de l’État, que les contribuables paient grassement ces mêmes criminels… pour qu’ils puissent continuer à abuser des animaux dans des établissements fixes?

Des violences à n’en plus finir

Alors que nous nous battons depuis toujours contre la souffrance infinie des individus captifs, la justice commence elle aussi à reconnaître cet état de fait. En novembre 2022, le dresseur Mario Masson a été déclaré coupable, entre autres délits, de mauvais traitements sur dix tigres enfermés vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans un camion-cage. Nous les avions sauvés de ce sort abominable deux ans plus tôt.

Et il est loin d’être le seul circassien des griffes duquel nous avons arraché des animaux malmenés. Pour avoir maltraité le lion Jon et les lionnes Céleste, Patty, Hannah et Marli et avoir détenu des lions sans procéder à leur identification, Steve Gougeon a été condamné pour mauvais traitements. Quelques semaines avant la décision du tribunal, le directeur du Cirque de Paris avait laissé pendant près de trois mois deux lamas, deux dromadaires, deux chevaux et deux vaches à l’abandon dans un champ en plein hiver…

Que ce soit pour mauvais traitements ou pour exploitation irrégulière, les circassiens du Cirque William Zavatta, du Nouveau Cirque Triomphe et du Cirque de Rome ont eux aussi été reconnus coupables par les tribunaux.

Des naissances illégales

On pourrait croire que les dresseurs s’arrêteraient là dans l’indécence. Il n’en est rien. Alors que la reproduction est interdite dans les établissements itinérants depuis le 1er décembre 2023, nombreux sont ceux qui se sont lavés les mains de la loi contre la maltraitance animale de 2021.

Des tigreaux ont continué de naître au sein du Cirque Boletti, du Cirque Europa, du Cirque Franco-Belge, du Cirque Muller-Zavatta… Dans le Tarn, dans l’établissement « Au cœur des félins », trois bébés ont vu le jour pas plus tard que le 30 juin dernier, entraînant un signalement de notre part aux autorités. Et que dire du Cirque Claudio Zavatta, sur lequel nous avons enquêté, documentant la naissance de neuf lionceaux à l’été 2024, après qu’il a lâchement abandonné neuf lions adultes âgés ou en mauvaise santé? 

Une éléphante brutalement « disparue »

Après plus de trois décennies d’exploitation, le dresseur Max Aucante a profité de l’inaction du gouvernement pour vendre Samba à un cirque sédentaire hongrois, ni vu ni connu. Ainsi, pas besoin de se conformer à la loi ou de la placer dans un sanctuaire, alors que nous proposions depuis des années de prendre en charge son transfert vers un lieu de retraite digne. Et ce n’est pas tout. Pour le débarrasser de l’éléphante, le dresseur n’aurait fait aucune des demandes d’autorisation obligatoires, ni auprès de la CITES, ni auprès des services vétérinaires. Nous avons porté plainte et une enquête est en cours. 

Nous avons écrit à l’Agence de service et de paiement pour l’informer de ces multiples condamnations. Nous l’appelons à ne pas accorder d’aide aux circassiens responsables de mauvais traitements et d’exploitation irrégulière. Ces délits, pas plus que la souffrance immense des animaux, ne doivent être récompensés par l’argent public, ni encouragés à perdurer. Pour aller plus loin, signez notre pétition pour la fin de l’exploitation des animaux dans les cirques.

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