Des députés européens inquiets le piégeage de singes à Maurice

Des députés européens inquiets le piégeage de singes à Maurice

Des députés européens inquiets le piégeage de singes à Maurice
18.06.2021
Maurice
Des députés européens inquiets le piégeage de singes à Maurice
Expérimentation animale

Des membres du Parlement européen ont fait part de leurs préoccupations à la Commission européenne concernant le piégeage de macaques sauvages à longue queue (Macaca fascicularis) à Maurice.

Cela fait suite à la décision récente du gouvernement mauricien d’approuver l’extension d’un élevage de primates non humains pouvant abriter jusqu’à mille macaques capturés dans la nature à des fins de reproduction. Parmi les députés européens figurent Mme Manuela Ripa, M. Guenther Sidl, Mme Marie Toussaint, Mme Anja Hazekamp, M. Francisco Guerreriro. M. Martin Buschmann, Mme Eleonora Evi et M. Raphaël Glucksmann.

«L’expansion prévue du programme mauricien de capture de macaques sauvages est très alarmante. À travers elle, le pays cherche à accroître ses capacités d’élevage afin de pouvoir approvisionner le marché international – y compris l’UE – en singes pour l’expérimentation. Cela pourrait conduire au piégeage commercial à grande échelle d’animaux sauvages, ce qui constituerait un revers majeur pour la protection de la biodiversité et le bien-être animal. »déclare Mme Manuela Ripa, députée européenne «En inscrivant la protection du bien-être animal dans les traités, dès les années 1990, l’Union européenne a montré l’exemple. Elle l’a encore fait, concrètement, en envisageant dès 2010 d’interdire les expériences scientifiques sur les primates sauvages. Cette interdiction doit entrer en vigueur l’année prochaine après de trop longues années d’adaptation.

À rebours de ces progrès, le gouvernement de Maurice vient d’autoriser l’extension d’un élevage de macaques à longue queue. Élevage que son propriétaire entend peupler d’animaux capturés dans la nature.

Alors que la plupart des primates utilisés à des fins de recherche scientifique dans l’Union proviennent de Maurice, nous ne pouvons pas rester sans rien faire. Nous ne pouvons pas prendre le risque d’importer au sein de l’Union des macaques arrachés à la nature, quand bien même cela serait autorisé pour quelques mois encore.

Nous demandons à la Commission d’agir. Elle doit être à la hauteur de l’ambition européenne en matière de protection du bien-être animal. Elle doit s’assurer qu’aucun primate sauvage ne sera utilisé, en Europe, à des fins de recherche scientifique. »déclare M. Raphaël Glucksmann, député européen

Les questions* posées par les députés à la Commission européenne sont les suivantes : considérant que l’UE a fixé une date pour la fin de l’utilisation, dans la recherche, de primates capturés dans la nature et de leur progéniture de première génération, n’est-il pas incongru qu’elle importe en même temps des primates d’un pays qui non seulement tolère le commerce des captures en milieu sauvage, mais qui permet également à ce commerce de se développer?

Comment l’UE s’assurera-t-elle que les primates importés de Maurice sont véritablement élevés en captivité et qu’ils ne proviennent pas d’élevages impliqués dans l’exportation ou le piégeage de macaques à longue queue à des fins reproductives ?

La coalition d’associations de défense des animaux en Europe et à Maurice (Action for Primates, One Voice, Animal Rights et Progress Science Mauritius), qui a mené une campagne internationale pour s’opposer à l’expansion de l’élevage et à la capture de singes sauvages, remercie les députés européens d’avoir répondu à ses inquiétudes et a accueilli favorablement la soumission de leurs questions à la Commission européenne.

Maurice est le principal fournisseur de l’Europe en singes pour la recherche, exportant plusieurs milliers d’animaux chaque année. En 2020, des macaques à longue queue ont été envoyés dans les pays de l’UE suivants : Espagne (2126), France (1027), Pays-Bas (290) et Allemagne (29).

Reconnaissant que les problèmes de bien-être animal, de santé animale et d’éthique découlent de la capture de primates non humains dans la nature, l’UE a décidé de stopper sa participation à la capture de singes sauvages à des fins scientifiques et reproductives. À partir de 2022, elle n’autorisera l’usage de primates non humains dans la recherche que s’ils proviennent d’élevages en captivité (génération F2/F2+), issus de colonies autonomes. Cependant, les récents événements qui ont eu lieu à Maurice témoignent de la reprise du commerce d’animaux sauvages pour la reproduction et l’exportation, lorsqu’en avril, le gouvernement mauricien a approuvé l’expansion de l’élevage de primates non humains Biosphere Trading Ltd, autorisant la capture d’un millier de macaques dans la nature à des fins reproductives.

Les associations de défense des animaux sont consternées par ces piégeages de macaques à longue queue et les qualifient de recul majeur en matière de bien-être animal, en particulier à un moment où la capture de primates non humains sauvages suscite une inquiétude mondiale généralisée en raison de la barbarie du procédé et des souffrances qu’il inflige aux animaux que l’on arrache à leur milieu naturel ainsi qu’à leurs groupes sociaux et familiaux.

1 – La question de Raphaël Glucksmann sur le site du parlement européen

2 – La question de Manuela Ripa sur son fil Twitter

NOTES

Directive 2010/63/UE du Parlement européen et du Conseil du 22 septembre 2010 relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques (article 10). https://eur-lex.europa.eu/eli/dir/2010/63/oj

One Voice rejoint la coalition pour une loi ambitieuse sur les lanceurs d’alerte !

One Voice rejoint la coalition pour une loi ambitieuse sur les lanceurs d’alerte !

One Voice rejoint la coalition pour une loi ambitieuse sur les lanceurs d’alerte !
17.06.2021
Europe
One Voice rejoint la coalition pour une loi ambitieuse sur les lanceurs d’alerte !
Autre campagne de l’association (ou multiples)

La Directive européenne sur les lanceurs d’alerte va être adaptée en droit français. Nous nous joignons à la coalition d’une trentaine de structures, associations et syndicats pour appeler à une loi plus ambitieuse encore, plus protectrice de ces défenseurs de l’éthique, du bien commun : les lanceurs et lanceuses d’alerte.

Les lanceurs d’alerte répondent à un impératif : l’éthique. Sur la question des animaux, la législation et les réglementations sont peu protectrices malgré des avancées symboliques ces dernières années, et des connaissances scientifiques qui ne cessent de s’étoffer sur l’intelligence, la sensibilité et le comportement.

Les animaux ont grand besoin de lanceurs d’alerte !

Cette législation est truffée d’exceptions en fonction de l’utilisation que l’on fait des animaux. Les chats et les chiens peuvent être torturés sans fin dans les laboratoires, alors que leur maltraitance est réprimée quand leur usage est de réconforter nos familles. Quand ils sont destinés à la chasse, les chiens sont considérés comme des outils… Les chevaux, bien que n’ayant pas tous la même vie (certains sont exploités pour les courses hippiques, d’autres pour l’équitation, les randonnées, les corridas, les cirques et la médiation animale), finissent pourtant quasiment tous à l’abattoir. Les chats passent du statut d’êtres aimés et choyés à celui de déchets à gérer par les communes quand ils sont errants.

Les animaux sauvages en France sont pratiquement tous chassés ou piégés, considérés comme nuisibles même si la dénomination a changé… Les éléphants et les tigres, animaux venant d’ailleurs, sont soumis et exhibés de ville en ville sous des chapiteaux, manquent de soins et finissent leur existence dans des camions. Les visons et les lapins angoras victimes de l’élevage vivent dans des conditions radicalement différentes de la nature. Les singes sont transportés d’un bout à l’autre de la planète pour terminer sur les paillasses des laboratoires, les taureaux sont élevés pour finir avec une dague entre les cornes, se vidant de leur sang dans les arènes…

Dans tous les cas, les humains utilisent et régentent la vie des animaux. Y compris quand ceux-ci sont sauvages et en liberté. La nature, elle aussi, est saccagée. L’habitat des animaux ne cesse de diminuer à cause de l’agriculture intensive et de l’urbanisation grandissante partout dans le monde.

Les lanceurs d’alerte : chez nous, un maillon essentiel pour améliorer la cause animale

Comme dans tous les pans de notre société, les lois doivent s’appliquer. Or non seulement les réglementations existantes ne vont pas assez loin à nos yeux, mais elles ne sont même pas respectées ni contrôlées de manière à être exécutées à la lettre.

C’est pourquoi notre association s’appuie sur de nombreux lanceurs d’alerte qui nous signalent des problèmes là où ils travaillent, dans leur voisinage, là où nul ne peut savoir ce qui se passe car les crimes sont cachés, ou nous transmettent des documents qui, si nous les publiions, pourraient faire l’objet de poursuites. Quand nos enquêteurs et enquêtrices suivent une piste, qu’ils et elles doivent mener des investigations sous couverture, c’est l’association elle-même qui devient alors lanceuse d’alerte.

Ces trois aspects de notre travail avec et de lanceurs d’alerte seraient notamment garantis si les propositions de notre appel étaient adoptées.

Une loi qui peut aller encore plus loin…

L’Union européenne a adopté en 2019 une directive pour protéger les lanceurs d’alerte. Celle-ci doit être adaptée et retranscrite dans le droit français en décembre 2021. Nous demandons avec la Maison des lanceurs d’alerte et la trentaine d’associations regroupées en coalition au Parlement d’aller plus loin, et qu’ils soient encore mieux protégés.

… d’autant plus qu’en France, les défenseurs des animaux sont surveillés de près

À l’heure actuelle, les défenseurs des animaux sont la cible d’une cellule de gendarmerie nommée Demeter, qui va à l’encontre du rôle essentiel des lanceurs d’alerte. Car, répondant à un impératif éthique, ils se trouvent du côté de la vérité et de la transparence, pour le bien commun. L’écologie ne s’arrête pas au tri des déchets ou aux pistes cyclables : elle englobe l’intégralité de l’écosystème, animaux compris. La manière dont nous nous comportons vis-à-vis de ces derniers est essentielle.

Des propositions pour aller plus loin

Dernièrement, nous avons été contactés par des lanceurs et lanceuses d’alerte pour Dumba, pour les orques et dauphins du Marineland. Pour les beagles des États-Unis qui finissent expérimentés sans fin en France… Nous devons pouvoir protéger ces lanceurs d’alerte, comme les journalistes peuvent protéger leurs sources.

Nous avons pu consulter des informations confidentielles sur les macaques à longue queue envoyés du Vietnam ou de Maurice chez Silabe en France et en Europe. Si d’aventure nous recevions des documents sensibles, nous ne pourrions pas les publier sans être passibles de poursuites judiciaires. Nous demandons à bénéficier d’une immunité pénale pour cela. Le public a le droit de savoir comment sont utilisés ses impôts.

Enfin, comme nous l’avons fait avec beaucoup de fierté, notre association a été elle-même lanceuse d’alerte à de nombreuses reprises.
Sur les conditions de détention des ours Micha, Bony et Glasha ainsi que des autres animaux détenus par les Poliakov. De même, quand nos enquêteurs ont dû se poster nuit après nuit sur un toit à plus de dix mètres de hauteur, donnant lieu à la plus grande saisie de tigres depuis au moins dix ans en France et en Europe.
Pour les visons, nous n’avons cessé de tirer la sonnette d’alarme sur les dangers des pollutions dues aux élevages, sur la souffrance des animaux eux-même et, ces derniers mois, les risques sanitaires liés à la COVID-19
Pour les orques du Marineland d’Antibes, menacées d’être envoyées en Chine.
Sur le danger que représentent les individus violents envers les animaux, nous ne cessons de dire qu’il faut utiliser ces connaissances comme outil de prévention des violences intrafamiliales (ce phénomène a été conceptualisé par l’un des membres de notre bureau et se nomme le Lien).
Sur les horreurs perpétrées par les chasseurs en enclos, les déterreurs de renards et de blaireaux, les chasseurs à courre et les chasseurs tout court…
Sur le danger de montrer des spectacles d’animaux soumis à des enfants, de les faire assister et de les initier à des corridas ou à des chasses, ce qui va à l’encontre du développement de leur empathie et inhibe leur capacité à protéger les animaux à l’âge adulte et plus généralement l’ensemble des êtres en situation de faiblesse…
Sur tous ces sujets, nous devrions être nous aussi entendus et protégés.

L’ensemble des propositions de cette coalition est accessible sur un site dédié créé par la Maison des lanceurs d’alerte. Pour les soutenir, signez notre appel !

Contre les blaireaux et nous, éleveurs et chasseurs comme cul et chemise

Contre les blaireaux et nous, éleveurs et chasseurs comme cul et chemise

Contre les blaireaux et nous, éleveurs et chasseurs comme cul et chemise
16.06.2021
France
Contre les blaireaux et nous, éleveurs et chasseurs comme cul et chemise
Animaux sauvages

Nous venons d’être prévenus par un lanceur d’alerte que la chambre d’agriculture du Loir-et-Cher et la FNSEA (le lobby de l’agriculture principalement intensive et de l’élevage) du Centre entreprennent de répertorier de manière exhaustive les dommages aux cultures et la présence de tous les terriers de blaireaux. Au passage, elles en profitent pour faire de la désinformation sur ces animaux. Il est fort à parier que tous les départements suivent ce modèle. Tout cela pour faire plaisir aux chasseurs ! L’heure est grave pour les blaireaux en France.

La FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) demande aux agriculteurs de signaler tous les terriers de blaireaux dans l’optique de les faire inscrire sur la liste ministérielle des « espèces nuisibles » – qualification remplacée par « susceptible d’occasionner des dommages » (sous-entendu aux cultures), plus politiquement correcte et moins stigmatisante. Mais elle ne fait même pas mine de cacher ce qu’elle pense !

Le puissant lobby de l’agriculture intensive souligne l’importance de signaler lesdits dégâts aux cultures, car il se fait le relais de celui des chasseurs, qui lui a demandé son aide pour nous faire face en justice. Nous n’exagérons pas, cela figure littéralement dans la lettre que ce lanceur d’alerte du monde paysan nous a transmise : « Cela permettra également d’avancer des arguments solides face aux associations qui demandent la protection de ces espèces ».

Une espèce pourtant en partie protégée

Or l’espèce des blaireaux bénéficie de mesures de protection par la convention de Berne, comme le rappelle la lettre de la FNSEA. Pourtant, cela n’empêche pas les préfets d’autoriser la chasse par déterrage ni d’autoriser des périodes de vénerie sous terre complémentaires ! Nous en savons quelque chose. Ces dernières années, nous avons mis un point d’honneur à exposer cette chasse d’une extrême violence et à défendre les blaireaux bec et ongles face aux préfectures soutenues par les fédérations de chasseurs qui leur soufflaient des arguments, fallacieux au demeurant.

L’absence de protocole permet des chiffres qui indiquent que la densité est trop élevée

Cette demande met à nouveau en lumière le fait qu’il n’y a pas de protocole fiable et validé scientifiquement pour répertorier les dégâts ni les individus d’une espèce. Aux dernières nouvelles, les agriculteurs n’ont pas de compétences sur les blaireaux. Vont-ils ne serait-ce que faire ce comptage sérieusement ? Tous les combien les terriers seront-ils comptabilisés ainsi ? Ce comptage n’aura lieu qu’une seule fois ? En justice, c’est justement ce que nous reprochons depuis le départ : un manque total de rigueur !

Le but est de comptabiliser un maximum de terriers car leur quota de « destruction » repose sur ce comptage qui est censé déterminer le nombre de blaireaux. Mais il n’y a pas toujours le même nombre de blaireaux dans un terrier, et les déclarations ne sont même pas contrôlées !

Bientôt renards et blaireaux logés à la même enseigne ?

Si les chasseurs réussissent leur coup et que les blaireaux font leur entrée sur la liste des animaux considérés comme « nuisibles », ils seront traités au même titre que les renards : piégés, traqués, déterrés, par tous les moyens et toute l’année… Des tirs de nuit pourraient être envisagés par les préfectures, etc. Bref, pour ces mustélidés discrets et pacifiques, qui font peu de petits chaque année, ce serait le grand chelem de l’horreur.

Fiche sentience sur les blaireaux

États-Unis/France : les vols de Senator International Air Freight remplis de chiens pour les laboratoires

États-Unis/France : les vols de Senator International Air Freight remplis de chiens pour les laboratoires

États-Unis/France : les vols de Senator International Air Freight remplis de chiens pour les laboratoires
15.06.2021
International
États-Unis/France : les vols de Senator International Air Freight remplis de chiens pour les laboratoires
Expérimentation animale

Jeudi 20 mai, en Caroline du Sud, une cargaison d’une centaine de beagles a été envoyée vers l’Allemagne. Destination finale : des laboratoires en France. Nous avons besoin de vous pour enjoindre la compagnie aérienne Senator International Air Freight de renoncer à participer à ce funeste commerce.

Prévenus par un lanceur d’alerte, nous avons mené des recherches. Après quatorze heures de route en camion à travers l’est des États-Unis, ils sont arrivés dans l’air brûlant de Caroline du Sud. Dans la remorque du camion, les beagles sont enfermés chacun dans des boîtes de transport, entassés sur une palette comme du matériel. Ils sont débarqués à l’aéroport, où le lanceur d’alerte a pu prendre quelques clichés. De là, le personnel les a affrétés sur un vol à destination de l’Allemagne, où ils ont ensuite été transférés vers la France, pour subir test sur test dans les laboratoires. Ces envois ont lieu régulièrement de la part de Senator International, la société de fret aérien et de cargo, qui prend en charge d’autres marques telles que Bosch ou encore BMW.

L’envoi de chiens des États-Unis en France : un commerce lucratif

Le principal éleveur américain envoyant des chiens des États-Unis en France est Marshall Farms, qui a racheté à Harlan le site de Gannat dans l’Allier, contre qui nous avons engagé des poursuites et qui cherche à étendre son influence commerciale sur le territoire national.

Il ne serait pas étonnant que les chiens viennent de son site de North Rose situé dans l’État de New York, où sont précisément immatriculés les camions qui les amènent jusqu’à l’aéroport international de Greenville-Spartanburg, ni qu’ils soient destinés au site lyonnais de la société de « bioressources », puisque Senator International dispose là aussi d’une succursale à l’aéroport, seule ville de France où il en possède une.

La vie de ces beagles est un enfer, de la naissance à la mort

Élevés dans les animaleries qui assurent aux laboratoires des garanties concernant le type de chiens envoyés, les pauvres beagles sont séparés de leur mère très rapidement. En France, le fonctionnement est le même à Mézilles, où nous avons obtenu des images des chiennes reproductrices et des cellules où elles n’ont aucun répit dans le bâtiment de maternité.

Une fois que l’éleveur décrète que le sevrage est fait et que les chiens sont prêts, ils les préparent dans des caisses.

Là débutera la traversée des États-Unis pendant une quinzaine d’heures environ. Après un tel trajet, les chiens sont exténués, stressés, ont soif et faim. Ils ont dû faire leurs besoins dans la caisse où ils sont enfermés. Mais le trajet ne s’arrête pas là : il leur reste environ huit heures de vol, sans compter l’escale, dans un avion de fret. Arrivés en Allemagne, rebelote : escale, et autre trajet de l’Allemagne jusqu’à la France…

Commencera alors la réelle torture : expériences plus ou moins invasives et douloureuses à n’en plus finir, jusqu’à la mort. Et souvent, post-mortem, l’analyse de leurs organes…

Naomi Rose : « Et si on regardait le monde à travers le regard des dauphins ? »

Naomi Rose : « Et si on regardait le monde à travers le regard des dauphins ? »

Naomi Rose : « Et si on regardait le monde à travers le regard des dauphins ? »
13.06.2021
France
Naomi Rose : « Et si on regardait le monde à travers le regard des dauphins ? »
Exploitation pour le spectacle

Spécialiste des mammifères marins pour Animal Welfare Institute, la biologiste Naomi Rose milite contre leur exploitation par l’industrie du loisir. À l’heure où la France s’apprête à interdire la reproduction des orques et des dauphins en captivité et où des sanctuaires commencent à voir le jour, nous avons eu la chance de recueillir son témoignage.

Des Caraïbes à l’Europe, de la Chine aux États-Unis… Partout dans le monde, Naomi Rose porte la voix des orques, des dauphins et de tous les grands mammifères marins détenus dans les bassins bétonnés des delphinariums et des marinelands. Biologiste pour Animal Welfare Institute, Naomi Rose – autrice notamment d’une thèse sur la dynamique sociale des orques sauvages – mène ses recherches depuis vingt ans. Cette scientifique engagée a témoigné à quatre reprises devant le Congrès américain, dirige des campagnes pour améliorer le bien-être des mammifères marins en captivité et développe des programmes de réhabilitation et de réintroduction dans le milieu naturel qu’ils n’auraient jamais dû quitter : le vaste océan.

Un combat que nous partageons

Le combat de Naomi Rose est le nôtre. Depuis de nombreuses années, nous dénonçons leurs conditions de détention et demandons la création de sanctuaires pour les accueillir. En 2003, notre enquête révélait déjà au monde entier le lien existant entre la pêche des dauphins dans la baie de Taiji, au Japon, et les delphinariums.

Plus récemment, en mai dernier, nous avons publié des images tournées au Marineland d’Antibes. Images qui témoignent des conditions de détention mortifères des orques et des dauphins dans ce lieu sinistre.

« Dresser des animaux pour divertir les gens va à l’encontre de leur bien-être »

L’analyse de Naomi Rose est sans appel : « Dresser des animaux pour divertir les gens va à l’encontre de leur bien-être. On les entraîne à présenter les mêmes spectacles jour après jour. […] Dans la nature, aucun jour ne ressemble à un autre. Le changement, la variété, l’éventail des stimulations et même des défis, constituent l’existence normale d’un dauphin ou d’une orque à l’état sauvage », témoignait-elle. Naomi Rose nous avait aussi accompagnés lors de visites dans les delphinariums. Ses éclairages sont lumineux.

Aujourd’hui, cette biologiste engagée nous parle de la mauvaise foi de l’industrie du loisir, de la souffrance des animaux captifs et des solutions pour leur offrir une autre vie. On l’écoute.

A lire :

Rose, N.A et Parsons,E.C.M. (2019). Le dossier contre la captivité des mammifères marins, 5ème édition (Washington, DC : Institut pour le Bien-être animal et Protection mondial des animaux), 160 pp.

Le 19 juin, One Voice sera présente dans quatorze villes pour dire non à l’exploitation des animaux dans les cirques

Le 19 juin, One Voice sera présente dans quatorze villes pour dire non à l’exploitation des animaux dans les cirques

Le 19 juin, One Voice sera présente dans quatorze villes pour dire non à l’exploitation des animaux dans les cirques
12.06.2021
Le 19 juin, One Voice sera présente dans quatorze villes pour dire non à l’exploitation des animaux dans les cirques
Exploitation pour le spectacle

One Voice organise une action coordonnée de sensibilisation à la souffrance des animaux dans les cirques le 19 juin dans quatorze villes de France. Ses militants iront au contact du public pour distribuer des tracts, faire signer les pétitions de l’association, expliquer la problématique et représenter le point de vue de ces sans-voix, les animaux, sur le dressage, l’isolement, l’enfermement et la promiscuité, l’exhibition permanente, l’itinérance, le trafic potentiel ou encore le bruit…

Dans les cirques, les animaux sont maintenus dans le stress et la souffrance du fait de leurs conditions de détention. La brutalité du dressage n’a pas d’égale, ou alors celle des décibels de la musique tonitruante, de la lumière aveuglante des spectacles ou encore de la dureté de l’enfermement dans des camions-cages et de l’itinérance.

Un calvaire sans fin qui fait dire à des spécialistes des animaux qu’il s’agit d’une vie qui ne vaut pas la peine d’être vécue, que leur bien-être ne peut y être accompli.

À peine nés, ils sont séparés de leur mère pour les besoins du dressage. S’ensuivent des années de brimades sous la domination d’humains. Ils devront leur vie durant se produire en spectacle sous les regards et dans un bruit assourdissant, en alternance avec des moments d’ennui et de transport. Sans jamais pouvoir décider de quoi que ce soit, eux qui dans la nature auraient un territoire de centaines voire de milliers d’hectares. Tigres, lions, éléphants, singes, zèbres, lamas, dromadaires, autruches, chevaux… Ces animaux, à la dignité bafouée, subissent tous le même sort épouvantable.

La proposition de loi en suspens

Pour rappel, le 29 janvier 2021, la proposition de loi contre la maltraitance animale a été adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale. Elle vise notamment et entre autres à l’interdiction des animaux sauvages dans les cirques. À ce jour, ce texte législatif n’a toujours pas été mis à l’ordre du jour de la Conférence des Présidents du Sénat. Cette proposition de loi va laisser les animaux dans les cirques, ne condamnant que leurs déplacements…

Une note interministérielle qui fait tache

La note interministérielle que One Voice a révélée, qui enjoint aux préfets d’accepter de recevoir tous les cirques avec animaux et de ne leur mettre aucun bâton dans les roues tant que la législation n’est pas modifiée, est un scandale de plus pour notre pays. Une honte nationale et une tache indélébile aux yeux de notre population.

Signée par les ministères de la Transition écologique, de la Culture et de l’Intérieur, cette note prend le contre-pied intégral des mesures annoncées par Mme Pompili en septembre 2020.

Pour Muriel Arnal, présidente de One Voice :

«Le gouvernement aurait pu profiter des confinements pour organiser la reconversion des circassiens plutôt que de distribuer de l’argent sans la moindre contrepartie (plus le nombre d’animaux détenus était important, plus il donnait d’argent). Tout ce temps perdu pendant lequel les dresseurs ont fait reproduire leurs lions et leurs tigres, où le business des bébés fauves a battu son plein. Y a-t-il une réelle volonté politique de changement pour les animaux détenus dans les cirques ?»

Vivre sous la menace et mourir dans un camion, c’est non !

Nous demandons l’interdiction de l’exploitation des animaux sauvages dans les cirques qu’ils soient itinérants ou fixes. Les avancées scientifiques ont enrichi les connaissances que nous avons des animaux. Des mesures en phase avec celles-ci doivent être prises. La fin de l’itinérance ne suffit pas. Il est indispensable notamment que les spectacles cessent et que ces animaux bénéficient d’une retraite à l’abri des regards dans des sanctuaires.

La loi n’est déjà pas appliquée telle qu’elle est écrite à l’heure actuelle. Il n’y a qu’à évoquer l’état des animaux dont nous avons dénoncé les conditions de détention et obtenu la mise à la retraite ces dernières années : Jon et les quatre lionnes, les dix tigres dans un camion, Maya, Lechmee et Elyo, ou encore Micha, Bony et Glasha… Ils ne sont déjà pas suffisamment protégés et soignés – y compris dans les cirques fixes.

Nous exigeons que cette proposition de loi soit enfin examinée et validée par le Sénat. Nous ne cesserons notre combat que le jour où tous les cirques seront sans animaux.

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Rassemblement devant Marineland Antibes le 13 juin pour la fermeture des delphinariums

Rassemblement devant Marineland Antibes le 13 juin pour la fermeture des delphinariums

Rassemblement devant Marineland Antibes le 13 juin pour la fermeture des delphinariums
12.06.2021
Rassemblement devant Marineland Antibes le 13 juin pour la fermeture des delphinariums
Exploitation pour le spectacle

One Voice organise à Antibes, le dimanche 13 juin après-midi (à partir de 14h30) un événement pour réclamer la fermeture des delphinariums et la libération des cétacés captifs dans un sanctuaire marin. Devant l’hôtel Marineland, sont prévus des discours de sensibilisation et d’information, et un rassemblement militant, à la suite de la réouverture du parc marin et à la publication d’images des bassins pleins d’algues et de saletés par l’association de défense des animaux.

En effet, dauphins, orques et autres animaux marins mènent une vie misérable dans les bassins en béton des delphinariums, où aucun de leurs besoins fondamentaux ne peuvent être satisfaits. Ils y meurent jeunes – malgré des soins vétérinaires incessants – malades, blessés et parfois rendus agressifs par l’ennui, la frustration et les innombrables privations, comme c’est le cas pour Inouk, « vieux » prématurément, et que la captivité tue lentement, et pour lequel One Voice s’est tant battu jusqu’à présent.

Pour l’instant, les cétacés et nous n’avons reçu que des mots. Les annonces ministérielles de septembre 2020 ainsi que la proposition de loi votée à l’Assemblée Nationale en janvier ne sont pas encore traduits en actes pour les captifs des bassins. Rien n’est fait : le Sénat n’a même pas fixé de date pour discuter de cette proposition de loi.

En France, il n’existe plus que deux parcs détenant des orques et dauphins en delphinariums : Planète Sauvage près de Nantes, et Marineland à Antibes ; le Parc Astérix ayant abattu ou envoyé ses dauphins à l’étranger, continuer de se faire exploiter dans d’autres établissements juste avant la discussion de la proposition de loi par nos parlementaires.

En ce qui concerne les orques, One Voice travaille à un projet de sanctuaire marin avec les plus grands spécialistes internationaux, et est ouverte au dialogue avec le parc Marineland. Les orques ne doivent en aucun cas être envoyées en Chine !

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Dumba en Allemagne, enfin loin des routes

Dumba en Allemagne, enfin loin des routes

Dumba en Allemagne, enfin loin des routes
11.06.2021
Allemagne
Dumba en Allemagne, enfin loin des routes
Exploitation pour le spectacle

Nos enquêteurs se sont rendus en Allemagne pour voir comment se portait Dumba, au cirque sédentarisé Elefantenhof Platschow, près de Hambourg. Enfin loin de l’itinérance et de l’isolement, elle est en revanche toujours exploitée. Mais nos procédures en France et en Allemagne sont en cours et pour elle, nous ne céderons rien.

Sous la pression de FAADA en Espagne, de la nôtre en France et avec le soutien de Free The Wild présidée par Cher ainsi que du public mobilisé partout dans le monde, la vie d’itinérance, pour Dumba, c’est fini ! Et elle n’est plus seule. Entourée d’autres éléphants, elle n’en reste pas moins toujours exploitée. Nos enquêteurs sont allés la voir deux fois depuis son arrivée à la fin février dans une sorte de cirque fixe près de Hambourg, au nord de l’Allemagne.

Ses conditions de vie à l’Elefantenhof Platschow sont loin d’être bonnes. En effet, le lieu est géré par des circassiens, et elle doit toujours se plier à des numéros pour un public inconscient, ou poser pour des photos-souvenirs. Car des visites incessantes et des fêtes en tout genre (anniversaire, mariage…) sont organisées, dans lesquelles du pop-corn est vendu, des gens montent sur les éléphants, le dressage est omniprésent et la soumission permanente.

Les photos et vidéos que nos enquêteurs ont rapportées ont permis de prendre connaissance de ses conditions de détention. Des procédures sont donc en cours en France et en Allemagne. Il n’est pas question de baisser les bras ou de s’arrêter pour Dumba ! Sa place est dans un sanctuaire, par exemple à Elephant Haven, notre partenaire en France où nous avons une place réservée pour elle, certainement pas dans un cirque sédentarisé où elle reste exploitée sous la menace d’une pique.

Stop au déterrage complémentaire des blaireaux en Gironde

Stop au déterrage complémentaire des blaireaux en Gironde

Stop au déterrage complémentaire des blaireaux en Gironde
09.06.2021
Stop au déterrage complémentaire des blaireaux en Gironde
Animaux sauvages

Nous avons déposé un référé suspension contre l’arrêté du préfet de Gironde qui permet la vénerie sous terre des blaireaux pendant une période complémentaire à la saison de chasse déjà autorisée. L’audience est prévue le 10 juin au tribunal administratif de Bordeaux à 11h30.

Un arrêté basé sur des données non fiables

La préfecture affirme, comme l’indique la note de synthèse de la consultation publique, que les seules données qui existeraient sont celles transmises par les chasseurs et qu’il est normal d’utiliser ces données puisque ce sont eux qui ont demandé cette période complémentaire. Or évidemment, la fédération des chasseurs n’est pas impartiale !

Elle donne des informations à la préfecture qui sous-tendent qu’il y aurait trop de blaireaux et que leur présence serait notamment source de dommages pour les cultures et qu’ils seraient l’objet d’accidents de la route. Ainsi, les amateurs du déterrage pourront s’en donner à cœur joie pendant la période estivale, où la terre est meuble, pour creuser facilement dans les terriers… Un cauchemar pour les animaux que l’on vient chercher avec des chiens jusque chez eux pendant qu’ils sont endormis ! Mais elle ne démontre pas ce qu’elle avance.

Peu de blaireaux en Gironde

Nous voyons clair dans leur jeu : d’une part les éléments que les chasseurs mettent en avant ne sont pas suffisants pour estimer à eux seuls la densité des blaireaux, mais surtout, il existe des données plus indépendantes, telles que celles de l’Office français de la biodiversité (OFB, ex-ONCFS) et d’associations naturalistes par exemple, que la préfecture choisit de ne pas prendre en compte.

Pour l’OFB justement, qui a mesuré la densité des blaireaux en Gironde, leur population est faible et n’augmente pas. En effet, il faut environ un an et demi aux petits pour être sevrés et autonomes. Pendant l’été, les bébés de l’année en sont loin ! D’autre part, les blaireaux ne donnent pas naissance à de nombreux petits lors d’une portée, ce qui fait que la population évolue lentement.

Le public non informé du danger sanitaire du déterrage

La vénerie sous terre est interdite dans quatre-vingt-huit communes du département en raison de cas de tuberculose bovine. Le déterrage est en effet une pratique à risque en cas de tuberculose car les chiens peuvent transmettre la maladie. Malgré cette situation, le préfet a autorisé une période complémentaire sur le reste du département, et l’ensemble de ces éléments n’a pas été porté à la connaissance du public lors de la consultation.

Par conséquent, la population n’a pas été correctement informée et n’a pu rendre un avis en pleine connaissance de cause. C’est pourquoi nous avons attaqué l’arrêté préfectoral qui sera discuté sur son caractère d’urgence à 11h30 au tribunal administratif de Bordeaux le 10 juin prochain. Pour nous, il est indispensable de se battre pour sauver le plus de blaireaux possible et donc faire suspendre l’arrêté au plus vite.

La chasse en enclos en Sologne : le commerce lucratif de la mort

La chasse en enclos en Sologne : le commerce lucratif de la mort

La chasse en enclos en Sologne : le commerce lucratif de la mort
08.06.2021
France La chasse en enclos en Sologne : le commerce lucratif de la mort
Animaux sauvages

Notre première publication a fait grand bruit, quelques images de notre infiltration sont même passées fin mai 2021 dans l’émission « Sur le front de la chasse en enclos » présentée par Hugo Clément. Voici à présent le second volet de cette enquête en infiltration dans le milieu de la chasse en enclos, cette fois sur la terre de Sologne si connue et critiquée pour cette raison.

En Sologne, comme l’indique le site de l’office du tourisme, « la nature est reine : vraie, sauvage, élégante et secrète à la fois…» Le territoire naturel est propice à la prospérité des animaux : daims, cerfs, sangliers, etc. Les chasseurs et propriétaires terriens ont su exploiter cette richesse jusqu’à en faire un véritable commerce qui ne fait pourtant pas l’unanimité, y compris chez les chasseurs. Nous l’indiquions déjà dans nos images d’infiltration du milieu de la chasse : même le président de la Fédération nationale des chasseurs désapprouve l’engrillagement des territoires et une chasse dont il dit qu’elle ne correspond pas à son éthique… ce qui ne l’empêche pas de participer, voire d’organiser des chasses (en enclos, donc) au domaine du Château de Chambord.

Des centaines d’enclos de chasse en France

Comme ailleurs en France, les enclos de chasse sont le théâtre de drames bien réels pour les animaux. Il en existe des centaines en France, sans doute plus d’un millier. Nous dévoilons aujourd’hui également une carte qui détaille la majeure partie des enclos et parcs de chasse présents sur notre territoire. S’y ajoutent ceux qui ne font aucune publicité sur Internet, ceux qui jouent sur la législation en maintenant une ouverture de quelques mètres dans la clôture afin de ne pas être considérés comme un territoire fermé, ou d’autres encore qui prétendent être un territoire ouvert alors que tous leurs voisins sont des enclos de chasse.

Les animaux qui y sont placés sont élevés précisément dans ce but, avec le risque, s’ils s’échappent, de renforcer par la suite les populations de sangliers et cervidés dans la nature – ces mêmes populations que les chasseurs veulent opportunément « gérer » et « réguler ».

Ces animaux tués pour le plaisir finissent leurs jours en souffrant dans un bain de sang

Nos enquêteurs ont rapporté des images sur lesquelles on voit par exemple des sangliers blessés se traîner sur des dizaines de mètres, d’autres achevés à l’épieu après une traque sans merci, entourés de chiens.

Les commentaires des chasseurs eux-mêmes, relatant leurs « faits d’armes », riant que des animaux se jettent contre les grillages – prêts à tout pour éviter la mort car, connaissant la ligne de tir, ils savent ce qui les attend s’ils empruntent le seul chemin possible… – et déçus de n’avoir pu en tuer au passage, rehaussent encore la barbarie de cette pratique.

La chasse en enclos : des parcs d’attractions pour chasseurs en mal de tueries

En Sologne, les organisateurs de ces journées annoncent en début de journée que tous les animaux du « parc » peuvent être tués, même les laies suitées… Pour Muriel Arnal, présidente fondatrice de One Voice, il s’agit de ball trap sur animaux vivants. Pour l’un de nos enquêteurs, les chasseurs ne sont ni plus ni moins des clients pour le plaisir desquels tout est organisé. Ils payent pour être transportés ; s’ils n’ont pas vu d’animaux ou n’ont pu en tirer à une battue, à la suivante, ils sont positionnés de telle manière que cette occasion leur est fournie. En fin de journée, ils repartent avec un corps dans le coffre et potentiellement un trophée. Ils ne viennent pas pour chasser mais pour tuer. C’est un parc d’attractions pour chasseurs. S’ils veulent occire plus, il suffit de payer plus.

Ils sont si prompts à tirer « dans le tas » que les organisateurs doivent leur rappeler que leurs armes peuvent tuer les chiens et qu’il faut qu’ils y pensent avant de faire feu – organisateurs qui précisent à leurs clients en début de journée la « bonne nouvelle » : ils ont rajouté un cerf et un daim à palette à massacrer au tableau…

Les bouchers sont sur place dès la fin de la première battue, pour ouvrir, vider, nettoyer et peler les carcasses, les crocheter sous un auvent extérieur en pataugeant dans le sang. Il ne faudrait pas que ceux qui ont manié des fusils toute la journée se salissent les mains.

Et quand le corps d’un cervidé ne rentre pas dans le coffre d’une voiture, pas de problème, ils sortent la scie comme on sortirait le cric en cas de crevaison, et lui coupent les pattes, fiers de leur bonne idée.

Plusieurs projets de loi contre la chasse en enclos

On se demande le but de la proposition de loi de Guillaume Peltier car, plus que fantaisiste, celle-ci est surtout provocatrice. Mais trois autres propositions de loi, sérieuses celles-là, ont été déposées par des députés, dont une par Bastien Lachaud. Il est des sujets transpartisans, et la manière dont la société traite les animaux en fait partie.

La chasse doit être réformée en profondeur. L’interdiction des chasses en enclos serait un premier pas bénéfique pour la faune sauvage. Notre pays, vu la manière dont il traite les animaux, fait honte à la dignité humaine. Un peu de compassion redorerait notre image à l’étranger et montrerait l’exemple à nos plus jeunes générations. Pour nous aider dans cette perspective, signez notre pétition !