Procès Poliakov – 
Rassemblement unitaire devant le tribunal correctionnel de Blois mercredi 12 mai 2021 à 12h45 pour dénoncer l’exploitation des animaux et des actes de maltraitance.

Procès Poliakov – 
Rassemblement unitaire devant le tribunal correctionnel de Blois mercredi 12 mai 2021 à 12h45 pour dénoncer l’exploitation des animaux et des actes de maltraitance.

Procès Poliakov – 
Rassemblement unitaire devant le tribunal correctionnel de Blois mercredi 12 mai 2021 à 12h45 pour dénoncer l’exploitation des animaux et des actes de maltraitance.
08.05.2021
Loiret
Procès Poliakov – 
Rassemblement unitaire devant le tribunal correctionnel de Blois mercredi 12 mai 2021 à 12h45 pour dénoncer l’exploitation des animaux et des actes de maltraitance.
Exploitation pour le spectacle

Nous avons tous encore en mémoire les images sordides des ours Micha, Bony et Glasha, enfermés dans des geôles en béton chez leurs dresseurs, ou celles de l’ours Micha, à bout de forces, contraint d’exécuter son numéro devant le public de Racquinghem, quelques semaines avant de mourir. Mercredi 12 mai 2021, nos organisations appellent les militants de la cause animale à se rassembler à 12h45 devant le tribunal correctionnel de Blois, où se tiendra l’audience des parties civiles lors du procès des « Poliakov ».

Nous avons tous encore en mémoire les images sordides des ours Micha, Bony et Glasha, enfermés dans des geôles en béton chez leurs dresseurs, ou celles de l’ours Micha, à bout de forces, contraint d’exécuter son numéro devant le public de Racquinghem, quelques semaines avant de mourir. Mercredi 12 mai 2021, nos organisations appellent les militants de la cause animale à se rassembler à 12h45 devant le tribunal correctionnel de Blois, où se tiendra l’audience des parties civiles lors du procès des « Poliakov ».

© L’ours Micha dans sa geôle – One Voice 2019

Retour sur les faits

Depuis de nombreuses années, plusieurs associations de protection animale s’inquiètent des conditions de détention et d’exploitation des animaux détenus par les Poliakov, et alertent régulièrement les autorités à leur sujet.

En 2014, un soigneur animalier contacte l’association AVES France pour dénoncer les conditions de détention des animaux détenus par le couple : « il m’a fallu quelques jours à peine pour me rendre compte que les conditions de captivité des ours (et des autres animaux qu’ils possèdent) sont inacceptables », affirmait ce témoin resté cinq mois sur place, et révélant que Micha « a de nombreux problèmes de santé : il n’use pas ses griffes, du coup elles ont tendance à rentrer dans la plante du pied et à occasionner des blessures. Il a aussi des gros problèmes « d’allergies ». C’est le seul qui sort un peu, pour aller travailler en spectacle. »

Son témoignage est accompagné de photos des ours dans leur prison de béton, que nous transmettons aux autorités…

© Photo des installations des ours – mai 2014 confiées à AVES France par un lanceur d’alerte. «En mai, à cause d’une inspection de la DDPP, ils ont été transférés en urgence dans le bâtiment (deux heures avant l’arrivée des inspecteurs). Cela à ensuite posé de nombreux problèmes car les travaux n’étaient pas terminés. Du coup, même si leur espace de vie était plus grand, leurs conditions de vie étaient à mon sens moins bonnes (sol en béton brut, copeaux toujours humides, pas de lumière…). De plus, c’est devenu dangereux de les nourrir puisqu’ils pouvaient passer les pattes à travers les grilles. J’ai failli me faire accrocher plusieurs fois par Glasha et j’ai même perdu un arrosoir en l’abreuvant. Bony avait même développé un pathologie qui pour moi était une sorte de gale puisqu’il perdait ses poils et se grattait jusqu’au sang contre les murs. Quand je suis parti, le parc n’était toujours pas terminé (et loin de l’être) et de toute manière, Sacha m’avait confié que les ours ne seraient pas sortis dedans régulièrement. Parce que d’une part il voulait être présent en permanence pour les surveiller, et d’autre part il craignait que s’ils étaient laissés trop libres, ils ne veuillent plus « travailler ». A noter aussi qu’en 5 mois de présence, je n’ai jamais vu les ours être sortis de leur logement (que ce soit pour travailler ou pour se promener), à part Micha quand il allait en spectacle (peut être 3-4 fois en 5 mois). »

En 2015, AVES France filme la prestation de l’ours Micha à la fête du cochon de Crépy-en-Valois. L’ours est enfermé dans une fourgonnette dont il ne sort que pour assurer ses représentations. Il traverse le public en boitant. La publication de la vidéo du spectacle crée l’émoi chez les protecteurs des animaux, mais la DDPP de l’Oise, invitée à venir contrôler l’état de santé de l’ours, nous répondra simplement qu’elle n’a pas pu accéder à l’animal.

En 2016, l’ours Micha participe à un spectacle à Arcis-sur-Aube. Une nouvelle fois, AVES France filme le spectacle. L’ours arrive sur scène en bavant, étant resté dans un van pour chevaux puis dans une cage en plein soleil, sans eau. Comme à Crépy-en-Valois en 2015, des spectateurs prennent à partie les dresseurs à la fin de la représentation et dénoncent l’état de l’ours, dont les griffes se recourbent dans ses soles plantaires. Pourtant, les autorités administratives ne prendront pas même la peine de se déplacer ce jour-là.

A la suite de la publication de nos vidéos, d’autres lanceurs d’alerte contactent nos organisations pour nous fournir des témoignages concordants de ce qu’ils ont pu voir chez les Poliakov. Plusieurs associations de protection animale, dont AVES France, Code Animal, One Voice, la Fondation Brigitte Bardot ou 30 millions d’amis, contactent les autorités administratives et judiciaires… mais rien ne change pour les animaux détenus par le couple.

Pour la Saint-Valentin 2018, le couple exhibe Micha dans un restaurant de Bagnolet. One Voice dépose plainte. Quelques mois après, celle-ci est classée sans suite, l’association dépose alors un nouveau recours.

Toujours en 2018, la société des Poliakov « SAS animal bien-être » dépose le bilan. Des solutions de prise en charge des animaux sont proposées, mais les agents de la préfecture du Loir-et-Cher ne saisissent pas l’opportunité d’offrir une vie décente aux animaux du couple. Pire, elles semblent minimiser leurs difficultés et leur incapacité à prendre en charge leurs animaux décemment.

En 2019, le ministère de la transition écologique ordonne enfin une enquête.

Il faudra attendre septembre 2019, alors que nos organisations participent depuis des mois à la mission ministérielle sur le bien-être animal, pour qu’enfin nos alertes soient prises au sérieux.

L’association One Voice informe le cabinet d’Elisabeth Borne, alors ministre de la transition écologique et solidaire, qu’elle a en sa possession de nombreuses heures de vidéos tournées dans les « quartiers d’hiver » des Poliakov, à Chauvigny-du-Perche, montrant la détresse de leurs animaux et les conditions indignes de leur détention.

Parallèlement, AVES France se rend à Racquinghem, le dimanche 8 septembre 2019, où les Poliakov ont été invités à se produire avec leurs perroquets et avec l’ours Micha. AVES France, avec l’aide de la fondation 30 millions d’amis, demande à l’Office Français de la Biodiversité de réaliser un contrôle, puisqu’une précédente inspection avait conduit les autorités à interdire la participation de l’ours à toute représentation en raison de son état de santé. L’ours apparaît amaigri et affaibli devant le public, les pattes infectées. Il refuse d’effectuer plusieurs parties du numéro, renverse les obstacles qu’il doit franchir, s’allonge au sol. A l’issue de cette pénible représentation, deux inspecteurs de l’OFB vont contrôler le couple, qui présente un certificat vétérinaire attestant que leur ours est en état de se produire devant un public.

Les images de ce spectacle sont transmises au ministère et rendues publiques, alors même que One Voice publie celles des conditions de détentions des animaux des Poliakov. Le ministère lance une enquête et la presse relaye ce cas avéré de maltraitance animale. Enfin nos alertes sont prises au sérieux.

Une vétérinaire dépêchée sur place confirme que l’ours Micha doit recevoir des soins urgents. Incapable de lui prodiguer, Sacha Poliakov choisit de confier son ours au zoo-refuge La Tanière, où il finira par mourir le 12 novembre 2019.

Sous la pression de nombreuses organisations de protection animale, le préfet du Loir-et-Cher demande la saisie des deux autres ours détenus par le couple. L’ours Bony est envoyé au refuge de l’Arche, tandis que Glasha rejoint le Bärenpark Schwarzwald, en Allemagne, de la Fondation pour les ours.

© AVES France : à gauche, arrivée de Bony au refuge de l’Arche – à droite, Glasha, renommée Franca, au Bärenpark Schwarzwald.

Plusieurs plaintes déposées contre les Poliakov

Si la justice administrative a récemment décidé de ne pas accéder aux demandes de l’association One Voice, ce que nous dénonçons, elle renvoie à la justice pénale la responsabilité de se prononcer sur les demandes des associations, et notamment le retrait définitif des ours, mais aussi de l’ensemble des animaux encore détenus par le couple. Le couple de dresseurs sera en effet jugé pour avoir exercé des sévices graves envers des animaux apprivoisés, tenus en captivité, et détenu ces animaux dans un environnement ou des installations pouvant être causes de souffrances.

La dernière visite d’un vétérinaire pour les ours datait de 2011. Ils vivaient dans des geôles bétonnées avec un accès à l’enclos extérieur très restreint. Les dresseurs ne possédaient pas de certificat de capacité pour le singe Mina, alors qu’ils l’exploitaient lors d’évènements lucratifs. Sa cage n’était pas nettoyée régulièrement. Les oiseaux (psittacidés et columbinae) étaient enfermés dans une remorque de camion frigorifique sans lumière du jour et sans accès à une volière pour les dix tourterelles. Les box des chevaux n’étaient pas nettoyés régulièrement et les conditions d’enfermement prolongées ont provoqué un surpoids et une grande souffrance.

Pour toutes ces raisons, nous considérons que la justice ne doit plus permettre à ces individus la détention du moindre animal, qu’il s’agisse d’animaux sauvages ou domestiques. L’administration a également sa part de responsabilité dans cette affaire, n’ayant pas pris au sérieux les alertes de nos organisations. A ce jour, plus de deux ans après le lancement de la mission ministérielle sur le bien-être animal, nous déplorons toujours l’absence de mesures effectives, malgré les annonces de Barbara Pompili. Si une proposition de loi a bien été votée en première lecture par l’assemblée nationale en janvier 2021, le texte n’est toujours pas à l’ordre du jour en vue de son adoption par le Sénat.

Les organisateurs du rassemblement

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Retour sur les trois audiences Poliakov à Orléans

Retour sur les trois audiences Poliakov à Orléans

Retour sur les trois audiences Poliakov à Orléans
29.04.2021
Loiret
Retour sur les trois audiences Poliakov à Orléans
Exploitation pour le spectacle

Lors de la triple audience administrative à Orléans à propos des animaux détenus par les Poliakov, la rapporteure publique a requis le rejet des trois affaires. Autrement dit, elle a demandé que le tribunal rejette notre demande de retrait des animaux restants chez les dresseurs et de leurs autorisations d’ouverture, ainsi que les dommages concernant le fait que les autorités aient tant tardé à agir dans l’intérêt des animaux. Mais elle a aussi rejeté la demande formulée par les Poliakov de récupérer Bony et Glasha. La décision finale est revenue à la présidente, qui l’a formulée le 29 avril 2021 : rejet des trois affaires.

Le 15 avril dernier, le tribunal administratif d’Orléans a étudié trois affaires concernant les animaux détenus par les Poliakov.

  • Nous avions demandé le retrait du certificat de capacité des dresseurs, le retrait de l’autorisation d’ouverture de leur établissement, ainsi que le retrait des animaux restant sur place : Mina la guenon magot, les perroquets rares, les chevaux et les ânes.
  • Dans la seconde affaire qui nous opposait à la préfecture du Loir-et-Cher, nous demandions des dommages et intérêts pour le préjudice, concernant le fait que les animaux n’aient pas été secourus par la préfecture qui en a la responsabilité, avant notre enquête sur place et notre alerte. Ces deux requêtes ont été rejetées… en attendant le 12 mai prochain.
  • Enfin, nous intervenions volontairement en tant que partie civile dans l’affaire qui opposait les Poliakov à la préfecture, car nous voulions insister sur le fait que les Poliakov-Bruneau ne devaient pas pouvoir un jour récupérer Bony et Glasha, chose qu’ils demandaient. Dans cette affaire, la demande des Poliakov a été rejetée, nous avons donc ici obtenu gain de cause.

Les points sur les i de notre avocate

Aux remarques acerbes formulées par les deux autres parties sur les vidéos produites au dossier, qualifiées d’« illégales » (même si la préfecture a reconnu le « travail de lanceur d’alerte de l’association »), notre avocate a répondu en insistant sur le fait que précisément, One Voice était contrainte d’en passer par là pour montrer la réalité des conditions de détention et de santé des animaux détenus chez les Poliakov. Pourtant, n’est-ce pas le rôle de la préfecture de les protéger et d’agir en amont ?

Notre avocate a souligné les incohérences entre tous les documents, rapports, inspections et commissions vétérinaires ordonnés par la préfecture depuis au moins les treize dernières années : les uns alertant sur les problèmes, défaillances et irrégularités, d’autres semblant dire que tout allait bien. Tragique exemple de cette situation ubuesque : à nos images de Micha les pattes infestées d’asticots et victime de graves difficultés à respirer, répondait la vidéo d’AVES le montrant, quelques jours plus tard, à 400 kilomètres des geôles. Un vétérinaire avait, entre les deux, autorisé les Poliakov à le mettre dans le camion et à le faire se tenir en équilibre sur un ballon ! Pour lui, Micha était en parfaite santé.

La préfecture a avancé au tribunal qu’une saisie judiciaire était en place concernant Mina et quatre oiseaux… Nous avons dû rectifier cette erreur. La saisie étant administrative, supervisée par la préfecture, les animaux sont restés sur place, aux mains des dresseurs. Nous avions demandé une saisie judiciaire qui aurait permis aux animaux de sortir enfin de cet endroit.

Cerise sur le gâteau, la préfecture n’a pu effectuer de contrôle depuis fin 2019 auprès de ces animaux, les dresseurs s’y étant opposés. Les services de l’État n’ont pas fait appel aux textes de loi qui leur auraient permis cet accès, pourtant très utilisés pour le contrôle des animaux. En effet, la préfecture a argué qu’ils devaient être en bonne santé puisque les lieux de détention étaient désormais aux normes, et vu le dernier contrôle ayant eu lieu en novembre 2019 à la suite de la diffusion de nos images… C’est certain, la santé ne peut se dégrader en dix-sept mois.

«Si l’association n’avait pas envoyé des enquêteurs grimper sur les toits de cet établissement et dans les geôles, où on a vu l’état réel des ours, ce qui a effectivement embrasé les réseaux sociaux et permis à Mme Borne [alors ministre de l’Écologie] d’intervenir directement, que se serait-il passé ? C’est Mme Borne qui fait passer un message clair au préfet en lui disant : « Maintenant, il faut intervenir pour ces ours », ce n’est pas l’initiative du préfet ! Si l’association One Voice n’avait pas produit deux cents heures de vidéo, si elle n’avait pas multiplié ses démarches, ces trois ours seraient toujours là-bas et ils seraient probablement tous morts. »L’avocate de One Voice à l’audience du 15/04/21 lors de sa prise de parole

Enfin, au-delà même du bien-être animal qui à nos yeux est essentiel, ces animaux sont un patrimoine remarquable issu d’espèces protégées. Les dresseurs ont répété à l’envi être attachés à eux. Mais quel est cet attachement qui les a poussés à maintenir les ours dans des geôles insalubres, Mina dans une cage de 50 cm2, les oiseaux dans un cabanon sombre ? Personne ne les a obligés à être en charge d’animaux !

Une préfecture sur la défensive, aux arguments qui ne portent pas

Surprise ! À l’audience, la préfecture annonce avoir suspendu l’autorisation d’ouverture de l’établissement des Poliakov jusqu’au mois de juin, en attendant la décision du tribunal judiciaire qui se réunira en mai à Blois. Depuis le temps que nous demandions cette suspension…

Sur les contrôles et mises en demeure, tout juste admet-elle avoir « peut-être tardé » à agir.

Enfin, le fait que les animaux restants soient encore sur place sous la garde des Poliakov ne lui pose pas de problème. « Nous n’avons pas de raison de croire qu’ils pourraient être malades, dans la mesure où ils sont dans des installations désormais conformes, et d’autre part le dernier rapport de la visite de novembre 2019 ne fait pas état d’animaux malades autres que les ours. » Pour la préfecture, « il n’y a pas lieu de faire plus à ce stade » (sic).

Un rôle trouble…

Une remarque sur laquelle la préfecture comme l’avocat des Poliakov se sont accordés, sans toutefois en faire un argument ou en tirer de conclusion définitive, est le rôle de l’ancienne vétérinaire des Poliakov, ayant attesté par le passé de la bonne santé des ours, et qui une fois devenue la vétérinaire de l’association La Tanière, a déploré l’état de santé délétère de Micha.

L’avocat des dresseurs a dépeint un couple « exsangue » et « totalement à bout », et rappelé que Micha avait été amené à La Tanière « volontairement » par M. Poliakov, sans préciser cependant qu’il y aurait été contraint quelques jours plus tard s’il ne lui prodiguait pas de soins…

Pour lui,

«Le rapport d’autopsie est extrêmement clair, l’ours a été opéré à la Tanière, il est mort des suites de l’opération, pas d’une faute médicale. Tout simplement parce qu’on s’est aperçu que cet ours avait un cancer du larynx. Ce n’est pas la faute des Poliakov non plus. Et c’est lors de son extubation, lors de l’opération, qu’il est mort. Donc ce n’est ni la faute des Poliakov, ni dans l’absolu la faute de la Tanière. Donc on vient aujourd’hui nous expliquer qu’il est mort de mauvais traitements, c’est faux.»L’avocat des Poliakov le 15/04/21 lors de sa prise de parole à l’audience

Ces trois « bien tristes affaires », comme a conclu la présidente le jour de l’audience, laissent un goût d’inachevé dans la bouche. Nous nous réjouissons que les Poliakov ne puissent récupérer Bony et Glasha/Franca. Mais pour l’autorisation d’ouverture de l’établissement des dresseurs, suspendu par la préfecture et le sort des autres animaux, nous sommes impatients d’être au 12 mai prochain à Blois, pour la plainte pour actes de cruauté et maltraitance.

Deux audiences à Périgueux contre l’éleveur de chiens « de chasse »

Deux audiences à Périgueux contre l’éleveur de chiens « de chasse »

Deux audiences à Périgueux contre l’éleveur de chiens « de chasse »
28.04.2021
France
Deux audiences à Périgueux contre l’éleveur de chiens « de chasse »
Animaux sauvages

Nous serons à Périgueux les 28 et 30 avril 2021 pour les audiences confrontant Mandral à une partie de ses actes. Nous avions déposé plainte au pénal contre le chasseur-éleveur de chiens de chasse pour son refus de se conformer aux injonctions de l’administration. Pour la première audience, on lui reproche de ne pas avoir diminué son nombre de chiens en dessous des cinquante autorisés (poursuite de l’exploitation d’une installation classée pour la protection de l’environnement soumise à déclaration non conforme à une mise en demeure), et pour la seconde, de ne pas avoir mis un terme à leur reproduction. Notre plainte pour actes de cruauté et mauvais traitements commis par un exploitant est toujours en cours.

Edit au 7 juillet 2021:

Le tribunal correctionnel de Périgueux a délibéré et rendu sa décision: une amende de 1500 euros avec sursis, donc une condamnation mais rien à payer pour Mandral.

Au tribunal administratif, le juge a décidé qu’il ne s’agissait pas de sa compétence quand le préfet refuse de saisir les chiens, et il estime même que la préfecture a rempli ses obligations d’autorité de contrôle des installations classées! Nous faisons appel de cette décision.

A propos de notre plainte pour mauvais traitement, enfin, nous attendons un retour du parquet…

Édit au 28 avril 2021:

Le délibéré est fixé au 7 juillet 2021.

Depuis début 2019, nos plaintes et nos images d’enquête se sont succédé chez cet éleveur maltraitant et, nous l’affirmons, cruel avec ses chiens. Quand nous avons sauvé seize d’entre eux en février 2020, nous n’avons pu que le constater : certaines chiennes étaient habitées par la peur, souffraient de graves problèmes de santé non traités, les chiots étaient rongés de vers et grouillaient de puces.

Cette semaine, Richard Mandral comparaîtra donc deux fois à Périgueux. Le 28 avril à 13h30 au tribunal correctionnel, et l’autre deux jours après, à 9h au tribunal de police.

L’éleveur, qui dans les années 1980 avait déjà défrayé la chronique pour du trafic de chiens revendus aux laboratoires, encourt un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende pour l’infraction de ne pas s’être conformé à une mise en demeure de suivre une prescription réglementaire pour son activité d’élevage ; et une contravention pour la seconde infraction : sachant pourtant la limite du nombre de chiens autorisé, il continuait sciemment à les faire se reproduire. Et dans quelles conditions ? Nos frais vétérinaires pour les seize chiens et chiennes secourus s’élèvent en 2020 à plus de 13 000 euros. Nous demandons 1 000 euros de dommages et intérêts.

Le 28 avril, il est cité à comparaître par le procureur pour poursuite de l’exploitation d’une installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE) soumise à déclaration non conforme à une mise en demeure. Ayant initié les plaintes, nous nous sommes portés partie civile.

Car en effet, non content de maintenir ses chiens à l’attache dans des niches sans confort, dans des enclos où l’hiver l’eau gèle et où l’été elle s’évapore, de ne pas les faire soigner et de les laisser mourir au point qu’ils s’entre-dévorent, Richard Mandral enfermait dans des camionnettes et des cages des femelles avec des mâles pour faire de la reproduction à la chaîne quand il avait déjà plus d’une centaine de chiens ! C’est notre plainte qui, accompagnée d’images rendues publiques, a permis que la préfecture le mette en demeure de se conformer à la réglementation sur les élevages, puis demande au parquet de poursuivre le chasseur, qui refusait d’obtempérer.

Pour One Voice, l’enjeu n’est pas seulement le non-respect des normes ICPE mais surtout les mauvais traitements endurés par les chiens.

Notre plainte de janvier 2020 pour abandons, actes de cruauté et mauvais traitements commis par un exploitant est toujours en cours. L’audience n’est pas encore fixée à ce jour.

Réponse de One Voice au clip de la Fédération nationale des chasseurs

Réponse de One Voice au clip de la Fédération nationale des chasseurs

Réponse de One Voice au clip de la Fédération nationale des chasseurs
27.04.2021
France
Réponse de One Voice au clip de la Fédération nationale des chasseurs
Animaux sauvages

Le clip de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) présente une version plus qu’édulcorée de la réalité. Mais sans arme ni animal « prélevé », quelles images voit-on défiler sur la chanson de Henri Betti et André Homez, «C’est si bon » ? Des randonneurs, des amis, des photographes, des familles, adeptes de la sape en cuir et dégradés de kaki et marron… Mais on n’est pas dans un clip pour du matériel du Vieux campeur ! Ce n’est pas parce que les chasseurs veulent se montrer sous un angle flatteur – en se cachant très courageusement derrière les contraintes de la publicité – que celui-ci reflète la réalité ! One Voice en présente la version non censurée.

La réalité de la chasse n’a rien de l’image d’Épinal véhiculée par la vidéo diffusée par la FNC. En effet, elle en a retiré l’essentiel: ce sont des types qui trinquent à huit heures trente du matin, sont bourrés à neuf heures, exhultent dès qu’ils ont dégommé un animal, insultent ceux qui leur échappent, font une pause à onze heures pour un bout de pâté « maison » étalé sur de la baguette de supermarché, le tout arrosé de vin ou de bière, avant de recommencer l’après-midi.

La réalité ce sont des hommes et quelques femmes galvanisés à l’idée de tuer, et coutumiers du fait de patauger dans le sang de leurs victimes.

Le plaisir de tuer, le goût des armes et les connaissances sur le calibre qui fera le plus de dégâts, dresser ou sélectionner son chien en vue de le transformer en arme par destination, le transporter avec d’autres dans une boîte minuscule et l’y laisser des heures, s’amuser quand un animal traqué agonise ou continue de courir, ses organes sortant de lui… c’est ça, surtout, la chasse. Et puisque Willy Schraen, à leur tête, s’époumone à dire que la chasse doit être expliquée, on va l’expliquer, et sans censure.

Des infiltrations pour le dénoncer, l’ADN de One Voice

Pendant nos infiltrations successives dans le milieu de la chasse à courre, du déterrage (blaireaux et renards), de la chasse à tir, de la chasse en enclos, nos enquêteurs ont vu des enfants encouragés à tuer, des chiens blessés et traités violemment, perdus sur le chemin du retour, des animaux apeurés, souffrants, estropiés, qui se traînent sur des centaines de mètres, des marcassins se faire dévorer par des chiens, des femelles enceintes se faire abattre et vider sans merci, et oui, des hommes manipulant des armes quelques minutes après avoir ingurgité qui du vin, qui de la bière avant neuf heures du matin… La réalité de la chasse, c’est ça.

La République de Maurice signe l’agrandissement de l’élevage Biosphere Trading et la capture de singes dans la nature

La République de Maurice signe l’agrandissement de l’élevage Biosphere Trading et la capture de singes dans la nature

La République de Maurice signe l’agrandissement de l’élevage Biosphere Trading et la capture de singes dans la nature
26.04.2021
Maurice
La République de Maurice signe l’agrandissement de l’élevage Biosphere Trading et la capture de singes dans la nature
Expérimentation animale

Biosphere Trading, une entreprise de Closel à Tamarin Falls, élève et exporte des macaques à longue queue pour l’expérimentation animale. Il a été rapporté qu’elle augmentera désormais sa capacité actuelle de 800 singes à 7500 singes, dans le but d’exporter 1 500 singes par an aux États-Unis et au Canada (1). Les ONGs Action for Primates, Progress Science Mauritius, One Voice et Animal Rights condamnent le véritable « pas en arrière » que représente cette décision du gouvernement mauricien d’accorder l’autorisation d’expansion de Biosphere Trading Ltd et de permettre à l’entreprise de capturer environ 1000 singes dans la nature.

La République de Maurice est déjà l’un des plus grands exportateurs mondiaux de singes pour l’industrie mondiale de la recherche, exportant des milliers de singes chaque année aux États-Unis et en Europe. En 2020, 10827 macaques à longue queue ont été exportés du pays, soit une augmentation de 40% (3088 singes) jusqu’en 2019.

Main dans la main avec nos partenaires contre la cruauté subie par les singes

La coalition internationale formée par ces quatre groupes de protection animale, menant cette campagne commune depuis plusieurs mois, est consternée que cette décision soit prise alors que le grand public s’alarme de la capture de singes dans la nature, en particulier en raison de la cruauté et des souffrances causées par le retrait de ces animaux de leur habitat naturel, des groupes sociaux et familiaux. Les associations craignent qu’une telle mesure ne conduise à la reprise du piégeage commercial à grande échelle des macaques sauvages à longue queue à Maurice.

La réglementation européenne désapprouve la capture de primates

Plusieurs organes et organisations officiels, dont l’Union européenne, reconnaissent les souffrances liées à la capture de primates sauvages. Par exemple, l’International Primatological Society (IPS): «… La capture de primates non humains dans la nature est stressante pour les animaux et augmente les souffrances, les risques de blessures, la propagation de maladies et même la mort pendant la capture, le stockage et le transport». (2)

La directive de l’Union européenne (appliquée dans toute l’UE en 2013) reconnaît que la capture de primates non humains dans la nature est très stressante pour les animaux concernés et comporte un risque élevé de blessures et de souffrances pendant la capture et le transport. Afin de mettre fin à la capture d’animaux dans la nature, y compris à des fins de reproduction, la directive a introduit des dispositions visant à passer à l’utilisation exclusive de primates non humains élevés dans des colonies autonomes, de parents qui ont eux-mêmes été élevé en captivité (3).

La capture et le transport, déjà infiniment stressants ne sont que le début d’une vie de torture dans les laboratoires

La détention et le transport sont des sources supplémentaires de stress et de souffrance, car les singes sont expédiés pour de longs voyages à travers le monde dans les cales des avions. Il y a eu beaucoup de preuves accumulées au fil des ans qui ont révélé l’immense cruauté et les souffrances infligées aux singes pendant leur capture, leur mise en cage, leur détention et leur transport.

Sources :

  1. Exportation à des fins de recherche médicale : feu vert du GM au plus grand projet d’élevage. https://defimedia.info/exportation-des-fins-de-recherche-medicale-feu-vert-du-gm-au-plus-grand-projet-delevage?fbclid=IwAR21Wd2bnNPFQPzyQX6iBfWVtxwLR7eUaaX7gApVCl4TuYPfhAEeli2KBG8
  2. “Trade in Primates Captured in the Wild”. International Primatological Society. http://www.internationalprimatologicalsociety.org/TradeInWildPrimates.cfm
  3. 2010/63/EU OF THE EUROPEAN PARLIAMENT AND OF THE COUNCIL of 22 September 2010 on the protection of animals used for scientific purposes (Article 10) Directive. https://eur-lex.europa.eu/eli/dir/2010/63/oj

À Loro Parque, Ula va de mal en pis… et c’est le delphinarium qui le dit

À Loro Parque, Ula va de mal en pis… et c’est le delphinarium qui le dit

À Loro Parque, Ula va de mal en pis… et c’est le delphinarium qui le dit
26.04.2021
À Loro Parque, Ula va de mal en pis… et c’est le delphinarium qui le dit
Exploitation pour le spectacle

À deux ans et demi, l’état de santé d’Ula, la fille de Morgan, déjà née avec une difformité et de nombreuses affections au Loro Parque, vient de se dégrader. Depuis quelques jours, et c’est le delphinarium des Canaries espagnoles qui l’annonce, la très jeune orque captive va mal. Détérioration de son humeur, problèmes intestinaux… et d’ajouter que – pour l’instant – il n’a pas trouvé d’où venait le problème, analyses sanguines à l’appui.

Loro Parque, dont la mort tragique d’Alexis Martinez et le documentaire Blackfish ont permis d’établir la triste renommée mondiale, a toujours balayé d’un revers de main les inquiétudes nurris à propos de la petite Ula. Évidemment, ces alertes émanaient d’experts non acquis à la captivité des cétacés. Le parc se prévaut à présent de mettre à la disposition de la malade « les meilleurs spécialistes internationaux »… Quel cynisme quand on sait combien l’annonce de la mauvaise santé d’un animal détenu n’est jamais bon signe dans cette industrie. Rien que cette année, on se souvient du goût amer laissé par le communiqué du Parc Astérix concernant Femke… vu ce qui a suivi.

La mère et la fille sont séparées. Libre, une orque de cet âge ne quitterait jamais sa mère. Le parc a donc isolé Ula pour lui prodiguer des soins, ce qui ne peut qu’être une source de stress supplémentaire. Et comme on le sait, cela s’avère délétère pour le système immunitaire de ces êtres si sensibles. Espérons qu’elle ne finisse pas comme Aïcko, le jeune dauphin qui perdait du poids de jour en jour à Planète Sauvage et qui, nourri de force de poissons entiers, a fini noyé à six ans à peine, le larynx disloqué lors de l’une de ces séances de « forced feeding »… Mais lui aussi n’allait pas mal d’après l’établissement et nous étions, comme d’habitude, les extrémistes et alarmistes en chef…

Trois audiences en une journée pour les animaux des Poliakov

Trois audiences en une journée pour les animaux des Poliakov

Trois audiences en une journée pour les animaux des Poliakov
14.04.2021
Loiret
Trois audiences en une journée pour les animaux des Poliakov
Exploitation pour le spectacle

Depuis des années, One Voice se bat pour obtenir que les animaux détenus et exploités par les Poliakov soient saisis par la justice car ils sont victimes de maltraitances. Enquête et procédures ont été menées. Presque deux ans après notre enquête sur le terrain, le temps de la justice arrive enfin à son terme, avec trois audiences à 11 heures le 15 avril 2021 au tribunal administratif d’Orléans, comme un tour de chauffe avant le procès pénal de mai.

Notre enquête de 2019 avait fait l’effet d’un coup de tonnerre, révélant la manière dont le couple de dresseurs détenait les ours : dans des geôles infâmes, les pattes et les voies respiratoires rongées par les asticots pour Micha, le corps meurtri des coups reçus par le passé, mais aussi les grosseurs non soignées autour des yeux de Glasha… Que serait-il arrivé à Bony si, sans nos images, il avait été maintenu dans ces conditions ? Élisabeth Borne, alors ministre de la Transition écologique, s’était investie personnellement dans le dossier. Micha est mort après avoir vécu quelques semaines de répit. Qu’est-il advenu de Mina, la petite guenon magot, enfermée dans ce qui nous était apparu comme une mini-décharge de la propriété ? Et des oiseaux (entre autres plusieurs aras et cacatoès), des ânes, des poneys ?…

À l’époque, nous avons déposé de multiples recours administratifs. À nos yeux, la préfecture du Loir-et-Cher doit enfin prendre ses responsabilités, à savoir garantir le bien-être des animaux sauvages captifs de son territoire. Car comment expliquer que les infractions relevées à chaque inspection vétérinaire depuis plus de dix ans n’aient jamais été suivies de sanctions ?

Le 15 avril 2021, à 11 heures, auront lieu trois audiences au tribunal administratif d’Orléans.

La demande de retrait des diverses autorisations

La première concerne nos demandes de retrait des certificats de capacité permettant aux dresseurs de détenir et d’exploiter des animaux sauvages, de l’annulation de l’arrêté d’ouverture de l’établissement du couple Bruneau-Poliakov et de la saisie des animaux. Sans réponse de la part de la préfecture du Loir-et-Cher, nous avons attaqué son refus implicite de procéder à ces retraits. Pour nous, il ne fait pas l’ombre d’un doute que les actes de cruauté et les mauvais traitements sont constitués.

Pour la préfecture, en revanche, les conditions de détention des ours, dont la sordidité a été démontrée par notre enquête, ne suffisent pas à retirer les autres animaux au couple de dresseurs, surtout que celui-ci leur serait réellement attaché… Autrement dit, Micha, Bony et Glasha vivaient comme des sous-êtres, mais les Poliakov auraient érigé des palais pour les autres animaux ailleurs sur leur propriété… Vraiment, qui peut y croire un instant ?

Voulant procéder à une inspection en janvier 2020, les services de la préfecture s’en sont vu refuser l’accès mais n’ont pas insisté, alors que la loi le leur permettait. Personne ne peut donc dire à l’heure actuelle dans quel état se trouvent Mina la petite guenon magot et les oiseaux, ni même s’ils sont en bonne santé ou encore vivants ! Mina est détenue illégalement, sans autorisation, depuis plus de dix ans. Est-ce ainsi que l’on fait appliquer la loi quand des animaux d’espèces en danger sont concernés ?

La demande que Bony et Glasha ne puissent pas être restitués aux dresseurs avant leur jugement

Nous sommes intervenus volontairement dans la procédure de retrait et placement immédiat et temporaire de Bony et Glasha (désormais dénommée Franca), les deux ours ayant survécu à Micha. Leur placement a été ordonné par la préfecture à la demande du ministère de l’Écologie, l’une au Parc Alternatif des Loups et Ours de Forêt-Noire en Allemagne, l’autre au refuge de l’Arche, en France. Nous voulons nous assurer que jamais ils ne seront rendus aux Poliakov. Un simple doute sur les conditions de détention devrait suffire au tribunal administratif pour empêcher qu’ils soient restitués au couple Bruneau-Poliakov d’ici à ce que le tribunal judiciaire se prononce sur les poursuites à mener contre eux.

La demande que les autorités paient pour leur inaction et leurs manquements

Nous avons mis en lumière les graves manquements de l’État commis par la préfecture du Loir-et-Cher dans sa mission de protection des animaux de la faune sauvage détenus par le couple Poliakov-Bruneau. Pour cela, nous avons demandé une indemnisation du préjudice moral de 50 000 euros en novembre 2019. La préfecture a accusé réception de notre demande et depuis le 29 janvier 2020, nous pouvons attaquer son refus implicite du paiement de ces dommages et intérêts. Ce sera donc l’objet de cette troisième audience.

Le 15 avril prochain à Orléans se tiendront donc toutes les audiences que nous avons demandées pour que la préfecture soit enfin mise face à ses responsabilités. Il en va de son pouvoir de protéger les animaux de la faune captive détenus dans son département. Pour nous, cette responsabilité n’a pas été endossée correctement par le passé et continue encore à ce jour à ne pas l’être.
Le sort de Bony et Glasha est toujours suspendu à ces décisions, rien n’a été tranché pour Mina ni pour les oiseaux. Pire, on ne sait pas dans quel état ils sont. Or nous sommes en droit d’attendre que l’action de l’État soit impeccable.

En marge de ces audiences, le procès du couple lui-même est prévu au pénal le 12 mai à Blois pour sévices graves, actes de cruauté et mauvais traitements, ainsi que le placement ou maintien d’un animal dans un environnement pouvant être cause de souffrance.

Nouvelle enquête ! La chasse en enclos infiltrée par One Voice

Nouvelle enquête ! La chasse en enclos infiltrée par One Voice

Nouvelle enquête ! La chasse en enclos infiltrée par One Voice
13.04.2021
France
Nouvelle enquête ! La chasse en enclos infiltrée par One Voice
Animaux sauvages

Dans les enclos, la chasse ne laisse aucune chance d’en réchapper aux animaux. De fait, ils sont enfermés et ne peuvent fuir nulle part. Nos enquêteurs ont infiltré ce milieu à l’hiver 2020-2021. Malgré le COVID-19, les parties de chasse ont perduré. Les euros ont tinté dans les bourses des éleveurs, propriétaires ou locataires de propriétés fermées. Ces lieux réservés à la chasse qui font payer à la journée et/ou à l’animal tiré. Ces derniers sont abattus sans pitié, jour après jour, par des groupes de chasseurs pour le plaisir desquels tout a été organisé. Nous appelons le ministère de l’Écologie à y mettre fin.

 

Avec les images que nos enquêteurs infiltrés parmi les chasseurs en enclos ont rapportées de la saison hivernale qui prend fin, nous exposons plus encore l’étendue de l’horreur subie par les animaux concernés par cette traque sans merci, que même des chasseurs aguerris désapprouvent. Parmi ceux-ci, le premier d’entre eux, le président de la Fédération Nationale des chasseurs, Willy Schraen lui-même, qui tient des propos inédits devant la caméra de nos enquêteurs infiltrés. L’horreur de la chasse en enclos a déjà abordée dans les médias français et par l’ASPAS, première association à l’avoir dévoilée.

Muriel Arnal, présidente fondatrice de One Voice déclare :

«La chasse en enclos, c’est la chasse en boîte made in France !
Nos enquêteurs en infiltration ont vu les chasseurs traquer des animaux qui étaient en confiance, et pour cause, des humains les élèvent, les nourrissent, pour les vendre aux carabines. Quelle ultime trahison ! Des laies pleines sont traquées sans merci. Chevreuils, biches, daims fuient terrorisés sous les balles. Des marcassins orphelins sont laissés à une mort évidente.
Le ball-trap sur animaux vivants a pris fin il y a plus d’un siècle car jugé honteux. Nous demandons au ministère de l’Écologie l’interdiction immédiate de la chasse en enclos.»

Des fœtus de marcassins sortis des laies lors du banquet de fin de battue

Des humains les élèvent, les relâchent dans des parcs encerclés de murs ou de grillage, et organisent des chasses d’où ils ne peuvent sortir vivants. Les discours sont révélateurs.

« De toute façon, les animaux sont enfermés. Le but, c’est de satisfaire tout le monde. » Ailleurs : « Y’a assez de beaux sangliers dans le parc pour se faire plaisir », et « Si y’a une laie pleine ce soir qui fait 130 kilos au tableau, y’a pas de souci. Ça s’arrose. Si elle est dans le parc, c’est qu’elle est bonne à tuer. Aujourd’hui, toutes les laies sont pleines, donc automatiquement, si y’a une laie qui est pleine, c’est pas grave. Y’a pas d’amende, y’a pas de taxe d’abattage, y’a pas tout ça. C’est votre journée, point. » Car « si y’a des laies là, dans le parc, c’est que nous à l’élevage, on n’en veut plus… Donc on les fait tuer. »

Et en effet, nos enquêteurs ont pu filmer des laies se faire découper en fin de journée, tout juste tuées, les poches amniotiques intactes, pleines de plusieurs fœtus de marcassins.

Chasser en enclos ne fait pas l’unanimité

Les organisateurs de telles journées ne s’y trompent pas, qui annoncent devant le tableau de chasse du jour : « Les photos, pas sur Internet, j’en veux pas sur Facebook ». Demandant qu’on n’y publie pas non plus les visages, obéissant ainsi à l’injonction de Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs. Ces chasses et surtout la présentation des cadavres sont mal vues par le grand public.

Ici, pas de soi-disant régulation pour prétexte, juste le pur plaisir de tuer ! Ne laissant aucune chance à ces animaux qui voient les humains comme des mains nourricières, puisqu’ils sont élevés dans ou à proximité du parc de leur dernière heure…

Des marcassins meurent, livrés à eux-mêmes

Par-ci par-là, des marcassins sillonnent le bois, seuls, sans aucune chance de survie. À errer ainsi à la recherche de leur mère qui a été abattue, la déshydratation aura raison d’eux. Ils mourront dans d’intenses souffrances. Quand on sait à quel point les cochons sont intelligents, conscients et sensibles, combien les liens familiaux sont importants chez les sangliers, ces cochons sauvages, on entrevoit l’ampleur du massacre.

Une organisatrice explique : « À la tombée de la nuit, ça gueule, comme ça, les petiots, oh ! ». « Ils vont gueuler pour rechercher leur mère. » Et pour ceux qui ne les retrouvent pas, « j’en ai dans la salle là-bas, toutes les trois heures il faut les faire boire, hein, sinon ils crèvent. »

Une fin de vie d’agonie pour des bébés…

 

Une vie dure pour les chiens

En début de journée, l’un des organisateurs prévient, car cela arrive souvent : « Attention aux chiens dans les compagnies de sangliers. Vous ne tirez pas n’importe où, n’importe quoi, n’importe comment… »

À propos de l’un de ses chiens, qui a eu précédemment douze points de suture, et tout juste blessé à la cuisse, l’un des traqueurs explique : « Le teckel, là, dès qu’il peut en baiser un, de cochon ! Fumier ! Les petits, ils s’font décrocher la gueule. » Transformés en armes par destination, ils sont utilisés comme outils ou accessoires de chasse. Comme le fusil ou le blouson de camouflage, rangés leur utilisation terminée, et jetés une fois devenus inutiles.

En fin de battue, ils sont enfermés de force, serrés les uns contre les autres dans une remorque sombre, où les plus grands ne peuvent même pas se tenir debout.

 

Les chasseurs qui adaptent les réglementations à leur sauce

En temps de COVID, aucun geste barrière n’est respecté lors des battues et des repas. Ni les distances interpersonnelles, ni le lavage des mains… et le peu de masques sortis sont, au mieux, portés sous le menton. Enfin, les discussions autour de la manière de contrevenir au couvre-feu sont révélatrices du peu de cas porté à l’autorité publique et à l’intérêt général. Ils s’attendent toujours à des passe-droits.

Pour que cesse la chasse en enclos, nous avons adressé un courrier à Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique. Signez notre pétition et interpellons le ministère ! Demandons-leur d’y mettre fin !

Avec la chasse en enclos, on est sûr de remporter de gros lots !

Avec la chasse en enclos, on est sûr de remporter de gros lots !

Avec la chasse en enclos, on est sûr de remporter de gros lots !
13.04.2021
France
Avec la chasse en enclos, on est sûr de remporter de gros lots !
Animaux sauvages

Il y a la chasse, ses millions de victimes, ses campagnes ravagées… Et il y a pire : la chasse en enclos. Dans ces lieux grillagés, les animaux ne peuvent pas fuir. Il ne faut que quelques heures et encore moins d’efforts à leurs tueurs pour faire un « carton ». Les amateurs de trophées vite gagnés sont 100% satisfaits.

Connaissez-vous la chasse en enclos? Nos enquêteurs ont pu en infiltrer les coulisses. Ce loisir très particulier consiste à abattre en série toutes sortes d’animaux n’ayant aucune possibilité de s’échapper. Pour l’occasion, les amoureux de la gâchette se réunissent sur des terrains privés avec habitation, cloisonnés de toutes parts, et mitraillent en chœur la faune prise au piège.

Bain de sang assuré

Sur ces propriétés, tout est conçu pour garantir aux chasseurs un maximum de « trophées ». Concentrées sur quelques hectares, leurs proies n’ont d’autre alternative que de tenter vainement de fuir et de pousser leur dernier râle, acculées contre un mur ou un grillage de plus de deux mètres. L’ASPAS a été la première association à dénoncer ce système. Parmi les principales victimes, les « gibiers à poils », selon les termes utilisés par l’ONCFS, autrement dit incapables de voler : lapins, lièvres, biches, cerfs, daims, mouflons, entre autres… Et bien sûr… les sangliers ! Vous savez, ces ennemis publics numéro un qui, paraît-il, détruisent les cultures… Pour les adeptes de la chasse en enclos, il n’y en a jamais assez. Ils sont même prêts à dépenser des sommes astronomiques pour éprouver la joie de les massacrer par tous les moyens qui soient : fusil, épieu, meute de chiens affamés…

Maître en sa demeure

Ainsi, tout heureux propriétaire d’un domicile avec terrain attenant et hermétiquement fermé, peut, s’il est muni d’un permis de chasse et d’une assurance obligatoire, tirer sur tout ce qui bouge à l’intérieur. Chez lui, pas de quotas, pas de plan ni de saison de chasse à respecter pour les animaux à poils, pas de limitation de l’agrainage… Il fait ce qu’il veut et il est en règle! Car, selon la loi, les mammifères présents sur un enclos sont considérés « res propria »… Traduire : « choses appartenant à une personne ». Et si cette personne veut leur faire la peau, grand bien lui fasse! Elle peut même inviter autant d’amis qu’elle le souhaite pour le carnage, dès lors qu’ils sont eux aussi détenteurs de permis valables. Une fois la faune décimée, aucun problème : les élevages sont là pour remplir la « jauge ». Un simple arrêté préfectoral, ici par exemple, suffit pour obtenir des lâchers de cervidés, lapins, faisans, canards et autres perdrix élevés en captivité qui serviront de prochaines cibles.

Des enclos aux parcs de chasse avec clôtures, il n’y a qu’un pas…

Évidemment, on pourrait se rassurer en songeant que ce type de pratiques reste anecdotique. N’est pas châtelain ou détenteur d’une maison avec domaine naturel attenant qui veut… Mais la loi a tout prévu pour les « pauvres » chasseurs « seulement » détenteurs d’un bout de terrain. Ils peuvent, s’ils le clôturent aussi en bonne et due forme, le transformer en « parc de chasse ». Pour eux, aucun régime dérogatoire n’existe et ils sont soumis, comme les EPCC (voir encadré), aux dates d’ouverture et de fermeture réglementées. Théoriquement… Car comment contrôler ce qui se passe vraiment derrière des enceintes si protégées ? Et tellement infranchissables que même un homme ne peut passer ? De l’avis de Jean-Noël Rieffel, directeur régional de l’OFB Centre-Val de Loire, cité par La Montagne: « Le droit d’accès des inspecteurs de l’OFB aux enclos cynégétiques reste limité. » Un répertoire très intéressant donne une petite idée du nombre, non exhaustif, d’enclos et de parcs de chasse en France en fournissant les coordonnées de près de 150 d’entre eux. Et combien de cadavres pour finir?… Signez notre pétition!

La mort, ça peut rapporter gros

Nombreux sont ceux qui ont reniflé le filon juteux et exploitent professionnellement les enclos cynégétiques. Ceux-ci prennent, dans ce cas, le statut d’ « établissements à caractère commercial en terrain clos » (EPCC) et ne peuvent alors plus déroger aux périodes de chasse réglementaires. En revanche, ils ont le « privilège » de pouvoir procéder à des lâchers de sangliers, interdits dans les enclos de chasse non commerciaux, depuis la création de l’Office français de la biodiversité (OFB), modifiant les missions des fédérations de chasseurs et renforçant la police de l’environnement. Seule contrainte de ces structures: ne pas dépasser plus d’un ongulé par hectare, faute de quoi « l’enclos » n’en serait plus un, juridiquement parlant, et serait considéré comme un établissement d’élevage. Or, dans ces derniers, la chasse est prohibée car assimilée à un « acte de cruauté ». Ainsi, aux yeux de la loi, la notion de « cruauté » se mesure en chiffres : superficie du terrain, nombre d’animaux parqués dans la zone. Qu’importe les grillages, la faune sauvage séquestrée, l’hécatombe de victimes… Des « détails » sans doute.

Kludsky a fui la justice française et a envoyé Dumba en Allemagne

Kludsky a fui la justice française et a envoyé Dumba en Allemagne

Kludsky a fui la justice française et a envoyé Dumba en Allemagne
02.04.2021
Allemagne
Kludsky a fui la justice française et a envoyé Dumba en Allemagne
Exploitation pour le spectacle

À peine plus de quarante-huit heures après la publication de notre article annonçant que nous engagions de nouvelles procédures et que nous irions jusqu’au bout, la dresseuse de Dumba a mis les voiles à l’étranger. Nous avons suivi le camion de Dumba jusque dans un zoo exploitant des éléphants en Allemagne les 20 et 21 février 2021. Notre procédure continue en France et nous en engageons une autre en Allemagne.

Photo : Maimona Bakkioui – Facebook

Partis aux aurores samedi 20 février, ils ont enfermé Dumba et ont roulé quasiment sans s’arrêter sur plus d’un millier de kilomètres, jusqu’à changer de pays.

Les circassiens font leur spécialité de la fuite de la justice

Nous réaffirmons ce que nous dénonçons depuis le début : les circassiens fuient la justice d’un pays à l’autre, sans se faire inquiéter outre mesure.

Mais c’est mal nous connaître s’ils pensent s’en tirer à si bon compte : nous avons suivi leur camion jusqu’à leur destination finale, un parc de type zoo, géré par des circassiens, où des éléphants sont exhibés devant le public et contraints à faire dans des numéros. Bref, la dresseuse Kludsky a fui la France pour l’Allemagne, y a abandonné Dumba – qui est en vente, rappelons-le – et est rentrée en Espagne afin d’être tranquille. Enfin, c’est ce qu’elle pense.

La procédure en France a des conséquences partout

Son certificat de capacité lui ayant été délivré en France, notre action en justice se poursuit pour le lui faire retirer. Même en Allemagne, elle ne pourra alors plus exploiter Dumba.

Une nouvelle procédure en Allemagne

Nous engageons une procédure en Allemagne. Quel que soit le pays, Dumba ne devrait pas être exploitée. La veille de son arrivée, il y avait plus de trente centimètres de neige dans le parc.

Une nouvelle réglementation en préparation

En France, ce qui se prépare est la légalisation de ces parcs zoologiques tenus par d’anciens circassiens avec une réglementation plus souple que pour les zoos, permettant que les animaux soient encore exploités jusqu’à leur mort. C’est inadmissible.

Pour Dumba et tous les autres animaux aux mains des dresseurs de cirque, nous irons jusqu’au bout de notre combat.

Signez la pétition pour Dumba