Un prix pour des anticorps d’origine non animale

Un prix pour des anticorps d’origine non animale

Un prix pour des anticorps d’origine non animale
19.10.2021
Union Européenne
Un prix pour des anticorps d’origine non animale
Expérimentation animale

Chaque année, jusqu’à un million d’animaux sont utilisés et tués dans l’UE pour la production d’anticorps, malgré l’existence de technologies de pointe ne recourant pas à l’expérimentation animale. Pour faire connaître les avantages de ces méthodes sans cruauté et promouvoir leur application, la Coalition européenne pour mettre fin à l’expérimentation animale (ECEAE), dont One Voice est la représentante française historique, annonce la création d’un prix unique en son genre pour le développement et l’utilisation d’anticorps d’origine non animale.

Ce prix, d’une valeur de dix mille euros, vise à soutenir les recommandations de l’EURL-ECVAM (le laboratoire de référence européen) de ne plus utiliser d’anticorps d’origine animale et d’accélérer la conversion des systèmes de production d’anticorps d’origine animale en systèmes de production d’anticorps sans animaux.

Les anticorps sont des protéines produites par le système immunitaire capables de reconnaître des modèles moléculaires uniques (antigènes), de se lier à eux et d’aider à la neutralisation des objets étrangers et des agents pathogènes. En raison de leurs propriétés de liaison spécifiques, les anticorps sont l’un des outils les plus utilisés dans la recherche, le diagnostic, la thérapeutique et les procédures réglementaires. Bien que, pour générer des anticorps, l’on dispose depuis des décennies de technologies modernes d’une grande précision qui n’utilisent pas d’animaux (par exemple celle du « Phage Display », ou expression des phages et banques d’anticorps), la grande majorité d’entre eux sont encore produits chez les animaux, entraînant pour ces derniers d’immenses souffrances et la mort. Par exemple, pour générer des anticorps monoclonaux via le procédé dit « de l’ascite », des cellules productrices d’anticorps sont injectées à des souris vivantes, provoquant chez celles-ci une croissance de type tumoral, une inflammation et la sécrétion d’un liquide contenant des anticorps dans la cavité abdominale (ascite), ce qui est atrocement douloureux. Les anticorps dits polyclonaux sont souvent produits chez les animaux suivants : les rats, les lapins, les hamsters, les cobayes, mais aussi les moutons, les chèvres, les ânes et les chevaux. On estime qu’au sein de la seule UE, environ un million d’animaux sont utilisés chaque année pour le développement et la production d’anticorps (1). Et la France est l’un des six derniers pays à encore mettre en œuvre cette méthode.

En 2020, l’EURL ECVAM (le laboratoire de référence européen pour la validation des méthodes alternatives à l’expérimentation animale) a publié une Recommandation sur les anticorps d’origine non animale, déclarant qu’« il existe un solide ensemble de preuves démontrant qu’il n’y a pas d’inconvénients généraux ni systématiques aux anticorps d’origine non animale concernant les propriétés comme l’affinité, la stabilité/durée de conservation et la spécificité. » (2) La Recommandation conclut qu’on ne devrait plus utiliser d’animaux pour le développement et la production d’anticorps, et que les États membres de l’UE ne devraient plus autoriser ces procédures.

Des chercheurs, instituts de recherche publics et privés et entreprises sont encouragés à participer!

Afin de faire connaître les avantages des anticorps d’origine non animale et de promouvoir leur développement ainsi que leur application, l’ECEAE est heureuse d’annoncer pour la première fois la création d’un Prix pour des anticorps d’origine non animale d’un montant de dix mille euros. Son objectif est de mettre l’accent sur la polyvalence et la supériorité des anticorps d’origine non animale, mais aussi d’encourager leur adoption et leur utilisation à des fins de recherche et thérapeutiques. Les chercheurs, les instituts de recherche publics et privés, ainsi que les entreprises européennes axées sur le développement ou l’application d’anticorps sans animaux, sont invités à postuler. Le prix sera décerné à l’occasion d’un événement international à Bruxelles, en Belgique, en mars-avril 2022.

L’ECEAE espère que ce prix exceptionnel sensibilisera le monde de la recherche aux avantages éthiques et scientifiques des anticorps d’origine non animale, et qu’il encouragera davantage de chercheurs à cesser d’utiliser des animaux pour la production d’anticorps.

Références:

(1) EU Science Hub – Commission européenne : De meilleurs anticorps sans utiliser d’animaux, 15 mai 2020.

(2) Viegas Barroso, J. F., et al., Recommandation de l’EURL ECVAM sur les anticorps d’origine non animale, Office des publications de l’Union européenne, 2020.

Ces créateurs qui nous soutiennent

Ces créateurs qui nous soutiennent

Ces créateurs qui nous soutiennent
19.10.2021
France
Ces créateurs qui nous soutiennent
Exploitation pour la Mode

Arthur Beckerich, Maxence Cloître et Clémentine Dislaire ont créé « Albatras » en 2019 à Lacanau, sur la côte Atlantique. Ces trois anciens étudiants en école de commerce engagés pour l’environnement et la cause animale ont décidé de nous soutenir. Leur première collection lancée en mai dernier présente notamment quatre tee-shirts unisexes à l’effigie de quatre animaux emblématiques : le panda roux, l’ours polaire, l’hippocampe et l’ara bleu. One Voice touchera 5 % sur le montant des ventes de ces tee-shirts en coton bio et made in France.

Autre marque naissante sur le marché de la mode éco-responsable, ONE FOR US souhaite également agir pour la sauvegarde des espèces menacées. Eux aussi ont choisi One Voice pour soutenir la cause animale. Pour chaque tee-shirt « Willy » vendu, deux euros seront reversés à notre association. Le but : participer à la préservation des orques.

Sensible à nos actions contre toutes les formes de violence envers les animaux, Bruno Blum®, dessinateur, et Christelle Gossart qui s’occupe du design et de la production, nous dédient une de leurs créations : le superbe sweat éléphanteau. Les bénéfices de vente de ce modèle seront intégralement reversés à l’association. Une campagne de financement pour le produire est en cours.

Inauguration du Chatipi de Bourg-lès-Valence, le 27 octobre

Inauguration du Chatipi de Bourg-lès-Valence, le 27 octobre

Inauguration du Chatipi de Bourg-lès-Valence, le 27 octobre
18.10.2021
Drôme
Inauguration du Chatipi de Bourg-lès-Valence, le 27 octobre
Animaux familiers

La mairie de Bourg-lès-Valence, dans la Drôme, a contacté l’association One Voice pour prendre en charge la problématique des chats errants sur sa commune. L’association de défense des animaux, qui lutte contre l’errance féline depuis des années, met en place des partenariats triangulaires avec des municipalités et des associations locales pour identifier, stériliser les chats sans abri et les relâcher en leur procurant un abri et des panneaux pédagogiques. Le programme Chatipi permet donc aux chats sans famille humaine de ne plus souffrir de la misère. À Bourg-lès-Valence, l’inauguration du Chatipi aura lieu le mercredi 27 octobre à 16h15.

Une conférence de presse aura lieu devant le chalet des chats à l’occasion de cette inauguration à Bourg-lès-Valence, le mercredi 27 octobre à 16h15, allée des Frégates. Madame Marlène Mourier, mairesse de la commune, et Madame Audrey Renaud, adjointe déléguée à la condition animale, seront présentes, ainsi que l’association locale l’École du Chat de Valence. Enfin, c’est Mathilde Perrot, en charge du programme Chatipi, qui représentera notre association.

One Voice développe actuellement le programme Chatipi dans une trentaine de communes.

Chatipi, une solution durable au cercle vicieux de l’errance féline

Chatipi est un dispositif à visée éthique permettant de créer dans les communes des espaces pour les chats errants, de les secourir tout en sensibilisant les citoyens à leur détresse et leurs besoins. Plusieurs chatipis ont été établis près d’EHPADs, de maisons de santé ou d’hôpitaux pour également apporter du réconfort aux résidents, et à proximité d’écoles. Le but de One Voice est fondamentalement de faire de la pédagogie sur les chats pour avancer vers une résolution durable de cette problématique.

En effet, on décrit trop souvent par erreur ces petits félins comme des animaux indépendants et autonomes, alors qu’ils sont vulnérables en cas d’abandon (bien plus fréquent et bien moins visible que celui des chiens).

L’errance féline, cela étant, n’a pas l’abandon comme seule source. Ce cercle vicieux part d’a priori erronés sur les chats, notamment qu’ils auraient un besoin intrinsèque de se reproduire pour être heureux, ce qui mène leur famille humaine à ne pas toujours les faire stériliser. Il existe environ onze millions de chats errants en France. De nombreuses naissances de chats ont ainsi lieu dans la nature. Ces chatons, quand ils survivent, sont dans tous les cas frappés par la faim, le froid et les maladies. Ils ne sont ni identifiés ni stérilisés, car les familles humaines concernées ne sont parfois même pas au courant que ces chatons existent. Or les portées, dans ces circonstances, ne font que se multiplier. Les municipalités doivent gérer ces individus confrontés à la misère, qui ont également un impact sur la biodiversité.

Répartition des tâches et des responsabilités à Bourg-lès-Valence

One Voice, qui a inventé le concept Chatipi, fournit le chalet, les panneaux d’information et les croquettes au démarrage de l’opération. Elle assure également les frais vétérinaires de quinze chats (stérilisation, identification, tests).

La mairie a réalisé la dalle en béton, le montage et l’aménagement du chalet.

L’École du Chat de Valence réalise les trappages pour la stérilisation. C’est aussi elle qui s’occupera de l’entretien du chalet, du nourrissage, du suivi sanitaire des chats et des frais vétérinaires au long cours.

L’association locale et la mairie se chargent également de stériliser dix chats supplémentaires, le chalet pouvant accueillir vingt-cinq pensionnaires au total.

Les chasses traditionnelles des oiseaux remises en place par le gouvernement, One Voice saisit le Conseil d’État

Les chasses traditionnelles des oiseaux remises en place par le gouvernement, One Voice saisit le Conseil d’État

Les chasses traditionnelles des oiseaux remises en place par le gouvernement, One Voice saisit le Conseil d’État
15.10.2021
Les chasses traditionnelles des oiseaux remises en place par le gouvernement, One Voice saisit le Conseil d’État
Animaux sauvages

Le 6 août, le Conseil d’État a annulé tous les arrêtés sur les chasses traditionnelles des oiseaux, à la suite de nos 19 recours et des 5 de la Ligue de Protection des Oiseaux. Quelques semaines après, le président de la République, qui flirte avec les chasseurs depuis toujours, a insisté pour les remettre en place. One Voice avait annoncé que l’association attaquerait ces arrêtés s’ils devaient être publiés à nouveaux, comme nous le faisons depuis 2018. Les arrêtés 2021-2022 viennent d’être publiés au Journal Officiel. Nos recours partent au Conseil d’État.

Edit au 18 octobre – 12h

Audience au Conseil d’État, jeudi 21 octobre à 10h.

Alors que le rejet que provoque la chasse chez les Français est de plus en plus marqué (Sondage Ipsos/One Voice septembre 2021), le gouvernement ne trouve rien de mieux à faire que de brosser les chasseurs dans le sens du poil. Y aurait-il des élections prochainement?

Pour les ministres Pompili et Abba, protéger la biodiversité est compatible avec ces chasses traditionnelles qui tuent par pendaison, attirent dans des filets à l’aide d’appelants, etc. Une fin atroce pour n’importe quel oiseau qui passe.

La non-sélectivité de ces pièges et moyens de mise à mort est l’un de nos arguments depuis toujours. Or, interpellée par la France après nos recours, la Cour de justice de l’Union-Européenne a tranché sur le sens de la directive européenne « oiseaux ». Ils ne permettent pas de choisir quel oiseau sera piégé ou tué ainsi.

«Bérengère Abba est, rappelons-le, la Secrétaire d’État à la Biodiversité. Or pour elle, livrer les oiseaux vulnérables de nos campagnes aux pièges des chasseurs pour leur loisir est la « ligne d’équilibre » du gouvernement. Ces propos donnent la nausée. Nous retournerons en justice autant de fois qu’il le faudra pour les merles, les alouettes, les vanneaux… et la majorité des Français qui sont derrière nous!»Muriel Arnal, présidente de One Voice

Nous attaquons donc à nouveau ces arrêtés au Conseil d’État en référé et sur le fond. Car sans nous, les oiseaux seront livrés en pâture aux chasseurs.

Audience en urgence contre la chasse des Perdrix grises des Montagnes et Lagopèdes alpins

Audience en urgence contre la chasse des Perdrix grises des Montagnes et Lagopèdes alpins

Audience en urgence contre la chasse des Perdrix grises des Montagnes et Lagopèdes alpins
13.10.2021
Ariège
Audience en urgence contre la chasse des Perdrix grises des Montagnes et Lagopèdes alpins
Animaux sauvages

La préfète de l’Ariège autorise le « prélèvement » de dix lagopèdes alpins et de vingt perdrix grises des montagnes par chasseur: des oiseaux en mauvais état de conservation. One Voice saisit le tribunal administratif de Toulouse en référé. L’audience est prévue lundi 18 octobre à 14 heures.

La perdrix grise des montagnes et le lagopède alpin sont en déclin : ils sont protégés par la directive « Oiseaux » de l’Union européenne. Pourtant, malgré leur statut dit « en mauvais état de conservation », les chasseurs comptent bien les prendre pour cibles. La préfète de l’Ariège vient d’autoriser ces « prélèvements » par les chasseurs du premier à l’avant-dernier dimanche d’octobre, alors que la chasse n’est pas ouverte tous les jours.

Face à ce mépris éhonté de la loi et du respect de la biodiversité, One Voice saisit le tribunal administratif de Toulouse en référé et demande la suspension en urgence de cet arrêté criminel.

«Encore une fois, en matière de chasse, l’État français ne respecte pas la loi. Les perdrix grises et les Lagopèdes alpins sont des oiseaux en déclin, qui luttent pour leur survie. Le principe de précaution devrait prévaloir. Ces autorisations sont une honte. Personne n’est dupe, tuer ces oiseaux permet aux chasseurs de s’adonner à leur loisir.» s’indigne Muriel Arnal, présidente de One Voice

One Voice n’a de cesse d’attaquer les arrêtés qui autorisent l’abattage des oiseaux persécutés pour le seul loisir de la chasse et demande l’annulation et la suspension en urgence de cet arrêté.

Victoire: les renards de l’Oise épargnés!

Victoire: les renards de l’Oise épargnés!

Victoire: les renards de l’Oise épargnés!
07.10.2021
Oise
Victoire: les renards de l’Oise épargnés!
Animaux sauvages

Pris le 13 septembre dernier, l’arrêté préfectoral de l’Oise avait autorisé le massacre programmé de 1700 renards pendant cinq mois sur tout le département, par les lieutenants de louveterie. One Voice a aussitôt saisi la justice administrative.

L’audience a eu lieu ce 4 octobre. Le verdict vient de tomber en notre faveur : « L’exécution de l’arrêté du 13 septembre 2021 de la préfète de l’Oise autorisant la régulation des renards est suspendue en attendant le jugement sur le fond. »

« Cette victoire pour les renards prouve qu’il y a urgence à les protéger. Accusés de tous les maux, ce sont en réalité des animaux sensibles et intelligents, qui ont toute leur place dans la nature, au contraire des chasseurs » se réjouit Muriel Arnal, présidente de One Voice

One Voice n’a de cesse d’attaquer les arrêtés qui autorisent l’abattage des renards et des blaireaux persécutés pour le loisir de la chasse.

Quelque chose d’horrible se passe au Miami Seaquarium

Quelque chose d’horrible se passe au Miami Seaquarium

Quelque chose d’horrible se passe au Miami Seaquarium
07.10.2021
Miami
Quelque chose d’horrible se passe au Miami Seaquarium
Exploitation pour le spectacle

Ce texte a été écrit par la Dre Naomi Rose et publié sur sa page Facebook le 5 octobre dernier. Il est reproduit ici et traduit avec son aimable autorisation.

Il est temps pour moi d’écrire ce billet.

Au moment où j’écris ces lignes, je tiens à ce que vous sachiez tous que d’un point de vue professionnel, je suis plus en colère que je ne l’ai jamais été au cours de mon existence.

La semaine dernière, j’ai reçu un rapport de l’USDA sur une inspection effectuée début juin au Miami Seaquarium (MSQ). C’est sans conteste l’un des pires rapports d’inspection qu’il m’ait été donné de voir concernant un établissement de mammifères marins aux États-Unis. Plus particulièrement, et juste en haut de ce rapport long de dix-sept pages, l’inspecteur de l’USDA écrit que « les recommandations du vétérinaire traitant du MSQ quant au fait de devoir fournir aux animaux des soins vétérinaires adéquats et d’autres choses nécessaires à leur bien-être, ont été à plusieurs reprises ignorées ou rejetées au cours de l’année écoulée. »

Cette phrase met en lumière deux problèmes. Premièrement, la clé de voûte du système visant à protéger le bien-être des animaux sauvages détenus dans les zoos et les aquariums est que les vétérinaires agréés et expérimentés de la faune sauvage peuvent et doivent annuler toutes les décisions prises par des personnes haut placées dès lors que le bien-être des animaux est en jeu. C’est-à-dire que lorsqu’un cadre décide par exemple de promouvoir les relations publiques, d’améliorer les rendements ou de mettre l’accent sur l’esthétique, le vétérinaire traitant peut et doit dire, le cas échéant : « Cette décision n’est pas dans l’intérêt des animaux, aussi je recommande de l’abandonner / la modifier » – auquel cas la décision, en effet, est censée être abandonnée ou modifiée.

Chaque fois que quelqu’un critique le système (ou signale le conflit d’intérêts assez évident que rencontre un vétérinaire employé par un établissement lorsqu’il s’aventure à contredire tout ce que « le patron » pourrait vouloir), le Service d’inspection de la santé animale et végétale de l’USDA (APHIS), ou des associations professionnelles, ou encore l’établissement lui-même, rétorquent d’une seule voix : « Les vétérinaires ont le dernier mot et ne permettraient jamais qu’il se passe quoi que ce soit qui mette en danger la santé ou le bien-être d’un animal. » Il n’y a vraiment rien de pire pour un inspecteur de l’USDA que de devoir signaler que les responsables d’un établissement ne tiennent pas compte de leur vétérinaire traitant. La mise à l’écart du vétérinaire traitant sape le fondement de la protection du bien-être des animaux captifs aux États-Unis.

Deuxièmement, le MSQ est certifié « sans cruauté » par American Humane et agréé par l’Alliance of Marine Mammal Parks and Aquariums. (Il est intéressant de noter qu’il n’est PAS accrédité par l’Association of Zoos and Aquariums.) Tout établissement pour lequel la première note figurant dans un rapport d’inspection de l’USDA relève que les recommandations du vétérinaire traitant ont été ignorées au cours de l’ANNÉE ÉCOULÉE ne devrait plus être homologué par un organisme extérieur ou une association professionnelle.

Il y a quelque chose de profondément pourri dans les États de Floride et de Washington DC.

La plus ancienne orque captive du monde vit au MSQ dans le plus petit bassin d’orques du monde. Elle est diversement connue sous les noms de Lolita, Tokitae et Sk’aliCh’elh-tenaut, et elle a cinquante-six ans. Le rapport la surnomme « Toki » (diminutif de Tokitae) et je ferai donc de même. Son bassin est si minuscule qu’il viole techniquement les normes d’espace honteusement obsolètes et inadéquates de l’Animal Welfare Act. Pour des raisons trop complexes pour être expliquées ici, le MSQ a été autorisé à maintenir Toki dans un bassin dont la profondeur est inférieure à la longueur de l’orque, et si étroit qu’elle doit virer sur sa nageoire et tourner immédiatement après un coup de queue sur toute sa largeur.

(Le rapport d’inspection signale en fait que Toki a souffert d’une blessure à la mâchoire inférieure plus tôt cette année, due peut-être au fait qu’elle est entrée en collision avec la paroi du bassin après avoir effectué un saut « de tête » ou une nage rapide, comportements que la vétérinaire a recommandé de ne plus faire effectuer à Toki en raison de son âge. Le dresseur, en poste depuis six mois seulement, a ignoré cet avertissement.)

À l’origine, Toki vivait avec une autre orque, un mâle prénommé Hugo. Tous deux étaient des adolescents lorsqu’ils ont été capturés parmi la population d’orques résidentes du Sud (SRKW), respectivement en 1970 et 1968. Hugo est décédé d’un anévrisme cérébral en 1980. Depuis lors, Toki est détenue principalement avec des dauphins à flancs blancs, mais elle interagit rarement avec eux de manière positive. Étonnamment, ses dents sont en bon état, ce qui, à mon avis, est la raison principale pour laquelle elle est toujours en vie. J’ai toujours pensé que la mauvaise dentition de 70 % des orques captives – due au fait qu’elles mâchonnent les murs et les barrières – représente l’un des principaux facteurs de leur mortalité précoce. (Corky, détenue au SeaWorld de San Diego, qui est à peu près du même âge que Toki, a les dents usées, et il est donc clair que la longévité ne dépend pas d’une bonne dentition.) Mais ce n’est pas parce que ses dents sont robustes que sa santé actuelle est bonne. De fait, selon le rapport d’inspection, la santé de Toki est bel et bien précaire.

Lorsque j’ai pénétré pour la première fois le monde de la défense des mammifères marins, il y a de cela bientôt trente ans, je me suis efforcée, avec de nombreux autres protecteurs et militants, d’élaborer un plan pour libérer Toki de son bassin minuscule. J’ai écrit des lettres de plainte, consulté des avocats pro bono, je suis allée à Miami et j’ai rencontré des sommités locales qui voulaient m’aider. Aucun appel n’a jamais ému Arthur Hertz, PDG de la société qui possédait alors le MSQ. J’ai continué à soutenir les efforts de celles et ceux qui restent concentrés sur le bien-être de Toki, mais je suis moi-même passée à une autre étape, celle d’essayer d’apporter des changements positifs au niveau politique pour tous les mammifères marins captifs.

Le MSQ a été racheté par Palace Entertainment en 2014. D’après ce que je comprends, en réponse à ce transfert de propriété, il y a eu un renouvellement presque complet du personnel au cours des années suivantes. Je soupçonne que cette rupture dans le suivi des soins a beaucoup à voir avec la grave détérioration de la situation sur place. Toki a apparemment perdu tous ceux avec qui elle s’était familiarisée (son dresseur principal travaille avec elle depuis moins d’un an) et qui la connaissaient alors qu’elle prenait de l’âge. Au lieu que cette vénérable dame soit traitée dignement par le MSQ, le rapport d’inspection prouve que sa direction la maltraite. Il est difficile pour moi d’exprimer à quel point je trouve cela horrible.

L’inspecteur a également signalé que le MSQ avait réduit la « base » alimentaire de Toki (le poids total des poissons dont on la nourrit chaque jour) de 72,5 à 59 kilos, malgré les objections de la vétérinaire. On ne sait trop pourquoi elle a été diminuée, mais encore une fois, cela n’a guère d’importance puisque la vétérinaire s’y est opposée. La quantité de nourriture fournie à un animal est CLAIREMENT du ressort du vétérinaire ! La vétérinaire était également préoccupée par le niveau d’hydratation de Toki : les cétacés tirant leur eau du poisson qu’ils mangent (aucun mammifère ne boit d’eau de mer), elle craignait qu’elle ne se déshydrate.

Mais voici une citation tirée du rapport qui dépasse tout simplement l’entendement :

«À partir du 25 février 2021, du capelan « à ventre mou fragile » de mauvaise qualité et qui sentait mauvais a été donné aux mammifères marins en dépit des inquiétudes de certains des dresseurs et du vétérinaire traitant. Les cétacés en ont mangé pendant huit jours, les pinnipèdes entre deux et quatre. Plusieurs animaux se sont privés de nourriture et des selles anormales ont été observées chez d’autres. Les données médicales entrées par le [vétérinaire traitant] concernant Toki […] ont listé les conséquences de l’absorption de poisson de mauvaise qualité sur elle et d’autres animaux du parc. Une semaine plus tard, Toki a développé une inflammation selon ses analyses de sang…»

Quel zoo ou aquarium agréé par des professionnels n’importe où sur cette terre donne de la MAUVAISE NOURRITURE à ses animaux ?…

Le rapport continue. Divers animaux (cétacés, pinnipèdes et lamantins) de l’établissement souffrent de lésions oculaires et d’infections dues au manque d’ombre et à la mauvaise qualité de l’eau (dont la surutilisation de chlore dans certains bassins et sa sous-utilisation dans d’autres).

Pire encore : plusieurs dauphins ont été blessés et/ou sont morts au MSQ au cours des trois dernières années, en raison de problèmes de compatibilité. Pour faire court, les dauphins se sont battus entre eux. Deux ont été grièvement blessés et trois autres sont décédés des suites des traumatismes infligés par leurs camarades de bassin.

Les défenseurs des animaux ont souvent le sentiment que les autorités ne prendront pas de mesures coercitives contre un établissement tant que la mort d’un animal n’y sera pas à déplorer. Eh bien, TROIS dauphins du MSQ ont été tués par leurs congénères (au cours de la même période, deux autres sont décédés pour d’autres raisons ainsi qu’un bébé lion de mer – soit un record de mortalité accablant sur une période aussi courte pour n’importe quel établissement). Ce n’est pas la faute des dauphins : dans la nature, ils ne se seraient jamais approchés les uns des autres ou auraient disposé de beaucoup d’espace pour fuir leur agresseur. Mais au MSQ, apparemment, malgré un, deux et maintenant TROIS dauphins tués, peu ou pas d’efforts ont été déployés pour séparer les animaux incompatibles, ce qui aurait empêché cette tragédie de se répéter. Et il n’y a TOUJOURS aucune action coercitive de la part des autorités ! Que faut-il donc de plus pour que ça bouge ?

Au terme de cette litanie d’horreurs, le rapport note à plusieurs reprises que les infractions ont été corrigées avant l’inspection, ou devaient l’être dans des délais variables (certaines s’étendent encore dans le futur, bien que la plupart des délais soient dépassés).

Et c’est bien le problème. Ce que raconte ce rapport scandaleux, c’est que les infractions ont été ou seront corrigées, au moins assez longtemps pour réussir l’inspection suivante. Et il est donc extrêmement probable qu’à part un procès-verbal (qui n’entraîne pas d’amende), rien n’arrivera aux gens du MSQ. Ceux-ci ne recevront aucune pénalité, ils pourront conserver leur permis APHIS et aucun animal ne leur sera confisqué. Et RIEN NE CHANGERA. S’ils sont susceptibles d’être à nouveau cités à l’avenir pour des infractions similaires, ils savent qu’ils ne subiront aucune conséquence réelle pour avoir rogné sur les dépenses et fait preuve de négligence.

Pourquoi l’Alliance of Marine Mammal Parks and Aquariums a-t-elle donné son agrément au MSQ ? Les membres de cette association professionnelle sont censés être les meilleurs d’entre les meilleurs. Le bassin de Toki a toujours été ridiculement petit et obsolète – en quoi est-ce « le meilleur » ? Bon nombre des infractions signalées ne datent pas d’hier. Les dauphins décèdent dans des circonstances troublantes depuis au moins 2019 et les problèmes relatifs à la qualité de l’eau ont causé des lésions oculaires aux animaux, ce qui ne survient pas du jour au lendemain. Pourquoi American Humane certifie-t-elle un endroit pareil ? L’un ou l’autre de ces organismes envisage-t-il de retirer son agrément au MSQ ?

Et pourquoi ces espèces ne sont-elles pas couvertes par l’Endangered Species Act (ESA) – à savoir les lamantins et Toki elle-même, membre des orques résidentes du Sud (SRKW) répertoriées par l’ESA – EFFECTIVEMENT PROTÉGÉES par le Fish and Wildlife Service du ministère de l’Intérieur (responsable des lamantins) et le National Marine Fisheries Service du ministère du Commerce (responsable des SRKW) ?

Et comment se fait-il que, même après des infractions aussi flagrantes à l’Animal Welfare Act, le MSQ ait toujours sa licence APHIS ? Comment est-il possible que cet endroit soit toujours en activité ?

Est-ce parce que l’agence pense qu’il n’y a pas d’autre endroit où envoyer ces animaux ? Comment est-ce possible ? Les zoos et aquariums ne sont-ils pas censés former une communauté s’assurant que tous ses animaux sont collectivement pris en charge ? Et qu’en est-il des autres membres de l’Alliance ? Si on leur pose la question, ne devraient-ils pas accepter d’accueillir les animaux confisqués ? Situé pour ainsi dire juste à côté, le SeaWorld d’Orlando se targue d’incarner au plan mondial le meilleur exemple de soins aux orques, sans parler de la Floride. Ne devraient-ils pas intervenir, dès lors qu’il est clair que les animaux sont maltraités, et proposer d’accueillir Toki, ne serait-ce que pour lui assurer une retraite sans qu’elle soit obligée de manger du POISSON POURRI ?

Je ne dis pas que c’est ce que je désire pour Toki et les autres mammifères marins du MSQ… Je veux qu’ils aillent dans des sanctuaires. Mais celui qui pourrait les recevoir n’est pas encore opérationnel et Toki, compte tenu de son âge, doit être sauvée MAINTENANT, pas l’année prochaine ni l’année d’après ! La déplacer ne serait-ce qu’à Orlando représente un risque, mais franchement, la laisser au MSQ semble en être un plus grand encore, d’après ce rapport.

À l’Alliance et à American Humane, voici ce que je dis : vous êtes les gardiennes de votre sœur. N’est-ce pas l’objet et le but de votre agrément ? À moins que vous n’agissiez à la suite de ce rapport, quand bien même il ne s’agirait que de retirer vos accréditations ou, mieux encore, d’intervenir pour garantir que les fautes commises par votre établissement partenaire ne se reproduisent plus, tout ce que vous prétendez défendre ne sera jamais que du vent. À l’USDA, au ministère de l’Intérieur, au ministère du Commerce des États-Unis : si tout ce que vous faites revient à donner une tape au MSQ sans lui infliger de pénalité, il est clair que votre application des lois ici en vigueur n’est qu’un tigre en papier. Quant à l’affirmation pro-cap selon laquelle les vétérinaires des établissements sont les arbitres ultimes en ce qui concerne le bien-être animal, elle ne vaut pas tripette. Nous autres qui appartenons à la communauté des défenseurs des animaux l’avons toujours su, mais nous pensions que c’était dû au conflit d’intérêts évident que rencontraient ces vétérinaires. Découvrir que certains vétérinaires tentent effectivement de tenir tête à leurs patrons et sont susceptibles d’être licenciés sans explication n’est, je suppose, pas vraiment surprenant, mais cela sonne le glas de tout argument affirmant que les normes qu’ils posent protègent réellement les animaux.

En règle générale, je ne demande pas aux gens de diffuser mes blogs et je laisse à mes lecteurs le soin de décider quoi faire. Mais cette fois, je vous demande de partager ces informations. Il est très clair à présent que la loi ne protégera JAMAIS Toki. Je ne sais ce qui fonctionnera, après toutes ces années durant lesquelles tant de personnes ont essayé de l’aider, mais à tout le moins, nous devons faire connaître ce qui s’est passé au MSQ. Sur la base de ce seul rapport d’inspection, le MSQ manque lamentablement à son obligation de soins envers cet être merveilleux qu’est Toki.

Il faut que quelque chose soit fait.

Photo: Michael G.Workman, Miami Sequarium, USA, 2014

One Voice au tribunal contre l’agrandissement de l’élevage de chiens pour les laboratoires de l’Allier

One Voice au tribunal contre l’agrandissement de l’élevage de chiens pour les laboratoires de l’Allier

One Voice au tribunal contre l’agrandissement de l’élevage de chiens pour les laboratoires de l’Allier
06.10.2021
Allier
One Voice au tribunal contre l’agrandissement de l’élevage de chiens pour les laboratoires de l’Allier
Expérimentation animale

Le 12 octobre prochain à 9h30 au tribunal administratif de Clermont-Ferrand, aura lieu l’audience qui opposera la commença de Gannat à One Voice et France Nature Environnement Allier. En mars 2019, les deux associations de défense des animaux et de l’environnement ont déposé un recours contre l’arrêté autorisant l’agrandissement de l’élevage de chiens pour les laboratoires Marshall BioResources d’Auvergne, situé à Gannat, dans l’Allier.

« Les chiens souffrent le martyre dans les laboratoires. Et l’élevage de Gannat ne fait pas exception : dès leur naissance, les beagles y sont livrés à eux-mêmes, et manipulés sans ménagement. Leur vie est déjà tracée, entre trajets et expériences douloureuses sans fin. Certains naissent malades, exprès pour tester certains critères. L’opacité de ce secteur est entretenue volontairement, il faut bien plus de transparence et de contrôles. La France s’honorerait en finançant la recherche de méthodes substitutives. » Muriel Arnal, présidente fondatrice de One Voice

Plus de vingt ans de combat contre les élevages de chiens destinés à l’expérimentation

Notre pays est le troisième d’Europe à tester le plus sur les chiens. En France, il existe deux élevages de chiens pour les laboratoires. Celui de Gannat, et celui de Mézilles. En 1999, déjà, l’association combattait l’ancien propriétaire de l’élevage d’Auvergne.

Ce recours intervient après que One Voice a révélé le rachat de l’élevage de chiens pour les laboratoires de Mézilles dans l’Yonne par Marshall BioResources, et obtenu l’interdiction de l’agrandissement de celui-ci en septembre 2019. Ces deux élevages français appartiennent donc désormais au même groupe industriel américain de « bio-ressources », entendez par là d’animaux destinés à l’expérimentation.

Un mouvement qui dépasse largement les frontières

One Voice avait également, au début du mois de septembre, participé à Gannat et organisé à Auxerre des rassemblements visant à attirer l’attention du public et des riverains sur le fait que des milliers de chiens beagles et golden retrievers étaient élevés près de chez eux, sans amour ni confort, dans le seul but de souffrir leur vie entière. Ces rassemblements faisaient aussi écho à ceux organisés outre-Manche par nos homologues au son du slogan « Free The MBR Beagles ».

Plus largement encore, le Parlement européen vient de voter à la quasi-unanimité une proposition de résolution pour la mise en place d’un plan d’action destiné à mettre fin à l’expérimentation animale au sein de l’UE, et une Initiative Citoyenne Européenne qui vise le même but a été déposée en août 2021, notamment par One Voice.

Pétition

One Voice a mis en ligne une pétition pour une recherche transparente et le remplacement de l’expérimentation animale par des méthodes substitutives.

Rassemblement de One Voice devant le Muséum national d’Histoire naturelle pour faire fermer son élevage de primates

Rassemblement de One Voice devant le Muséum national d’Histoire naturelle pour faire fermer son élevage de primates

Rassemblement de One Voice devant le Muséum national d’Histoire naturelle pour faire fermer son élevage de primates
05.10.2021
Paris
Rassemblement de One Voice devant le Muséum national d’Histoire naturelle pour faire fermer son élevage de primates
Expérimentation animale

Samedi 9 octobre à Paris, One Voice organise un rassemblement pour la fermeture du plus gros élevage de microcèbes mignons pour l’expérimentation animale, celui du Muséum national d’Histoire naturelle. Il aura lieu place Valhubert de 13h à 15h, au bout du Jardin des Plantes, face à la Seine.

Dans notre pays, aujourd’hui encore, des expériences sont faites sur les primates. Pire, la France est le premier utilisateur de primates destinés aux laboratoires en Europe. Cinq cents microcèbes mignons (Microcebus murinus), de minuscules lémuriens aux grands yeux, sont élevés en France pour servir l’expérimentation animale.

Dans son antenne de Brunoy (Essonne), le Muséum national d’Histoire naturelle dispose notamment du plus gros élevage de microcèbes au monde, et tient son vivier à la disposition des scalpels. Le Muséum cherche même à l’agrandir !

Ainsi, une fois encore, la France se distingue par son appétit féroce pour l’expérimentation animale, sur les primates en particulier, sous prétexte que ceux-là sont aussi maniables que des souris tout en partageant avec les humains un « héritage plus important que les modèles de rongeurs classiques ». Et elle déploie tout son zèle pour rayonner en la matière au niveau international.

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La France championne de l’expérimentation animale: les microcèbes en ligne de mire

La France championne de l’expérimentation animale: les microcèbes en ligne de mire

La France championne de l’expérimentation animale: les microcèbes en ligne de mire
04.10.2021
France
La France championne de l’expérimentation animale: les microcèbes en ligne de mire
Expérimentation animale

Dans notre pays, aujourd’hui encore, des chercheurs pratiquent des expériences sur les primates. Dans son antenne de Brunoy (Essonne), le Museum national d’Histoire naturelle dispose notamment du plus gros élevage de microcèbes au monde et tient son vivier à la merci des scalpels.

Photo : © Gerald Cubitt / Photoshot / Biosphoto

La France, sa culture admirable, son intelligentsia, ses communes historiques et ses beaux paysages… Prenez Brunoy, par exemple, en Essonne. En dehors des tensions qui agitent parfois certains de ses quartiers périphériques, le cœur de cette ville résidentielle a su conserver une partie de son patrimoine ancestral, de magnifiques demeures dans un environnement verdoyant, qui font tout son prestige et son charme.

Pôle d’excellence

C’est au sein de cet écrin, sur le site du Petit Château, maison bourgeoise du XVIIIe siècle, que des scientifiques du Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) mènent, depuis une cinquantaine d’années, des recherches spécialisées dans les thématiques de l’écologie forestière et de la stratégie adaptative des organismes vivants

Primates destinés à l’expérimentation

Joli programme… sur le papier. Car les murs du parc, actuellement fermé au public, abritent aussi le plus grand élevage de primates du monde : une communauté de près de 500 petits lémuriens, des microcèbes mignons. Oui, c’est le nom de leur espèce : Microcebus murinus. Ils sont détenus là pour servir à l’expérimentation animale. Des équipes mixtes de chercheurs du MNHN, du CNRS et d’autres institutions se passionnent en effet pour ces descendants d’individus capturés à Madagascar, notamment en raison de leur petite taille les rendant aussi manipulables que des souris, tout en partageant « avec l’Homme un héritage plus important que les modèles de rongeurs classiques ».

D’observations en euthanasies

Une aubaine pour les laborantins qui leur font subir des batteries de tests. Ces derniers peuvent s’apparenter à de « simples » études comportementales, consistant tout de même pour certains, comme ici, à laisser les animaux dans l’obscurité ou accélérer l’alternance jour/nuit afin de raccourcir leur durée de vie… Mais d’autres expériences peuvent aussi être beaucoup plus invasives, dans le cadre de recherches sur l’inflammation de l’œil, les lésions du pancréas ou l’apparition de tumeurs au cours du vieillissement. Les travaux en neurosciences, notamment, sur la structure du cerveau, les capacités cognitives et la maladie d’Alzheimer soumettent les cobayes à de terribles sévices, avant généralement leur euthanasie.

Maltraitances avant décapitation

Parmi les pires études dont notre équipe de scientifiques a eu connaissance, l’une d’elles s’intéressait à l’aptitude des microcèbes mignons à se mettre en état de torpeur pour s’adapter aux conditions de leur environnement. A priori d’apparence anodine, elle s’est traduite, concrètement, par l’isolement des individus et leur sous-alimentation pendant plusieurs jours. Ensuite, tous ont été décapités pour prélever des échantillons de leur corps, les congeler et les expédier au Canada. Car non content de s’en tenir à ses propres expériences, le MNHN propose également son « matériel » (les lémuriens, en l’occurrence) et ses « services » aux chercheurs du monde entier. Il dispose même d’une plate-forme, labellisée IBiSA, qui offre des « prestations et équipements » éloquents aux laboratoires étrangers friands de petits lémuriens.

Appétit insatiable

Ainsi, une fois encore, la France se distingue par son appétit féroce pour l’expérimentation animale, sur les primates en particulier. Elle déploie tout son zèle pour rayonner en la matière au niveau international. Le MNHN affiche même son ambition de rénover ses locaux et d’agrandir prochainement son animalerie pour accueillir 800 microcèbes. De nouvelles études, de nouvelles souffrances en perspective… Nous venons d’adresser trois courriers – à destination du président du MNHN, du directeur de la DDPP de l’Essonne ainsi que de la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation – pour demander à ces autorités de nous communiquer tous les documents relatifs au centre d’élevage et d’utilisation d’animaux à des fins scientifiques du MNHN à Brunoy. La pleine lumière doit être faite sur ce qu’il s’y passe et le martyre enduré par les microcèbes mignons!

Signez la pétition

* Edit au 5.10.21 : suppression d’une erreur sur les températures.