Quelque chose d’horrible se passe au Miami Seaquarium

Quelque chose d’horrible se passe au Miami Seaquarium

Quelque chose d’horrible se passe au Miami Seaquarium
07.10.2021
Miami
Quelque chose d’horrible se passe au Miami Seaquarium
Exploitation pour le spectacle

Ce texte a été écrit par la Dre Naomi Rose et publié sur sa page Facebook le 5 octobre dernier. Il est reproduit ici et traduit avec son aimable autorisation.

Il est temps pour moi d’écrire ce billet.

Au moment où j’écris ces lignes, je tiens à ce que vous sachiez tous que d’un point de vue professionnel, je suis plus en colère que je ne l’ai jamais été au cours de mon existence.

La semaine dernière, j’ai reçu un rapport de l’USDA sur une inspection effectuée début juin au Miami Seaquarium (MSQ). C’est sans conteste l’un des pires rapports d’inspection qu’il m’ait été donné de voir concernant un établissement de mammifères marins aux États-Unis. Plus particulièrement, et juste en haut de ce rapport long de dix-sept pages, l’inspecteur de l’USDA écrit que « les recommandations du vétérinaire traitant du MSQ quant au fait de devoir fournir aux animaux des soins vétérinaires adéquats et d’autres choses nécessaires à leur bien-être, ont été à plusieurs reprises ignorées ou rejetées au cours de l’année écoulée. »

Cette phrase met en lumière deux problèmes. Premièrement, la clé de voûte du système visant à protéger le bien-être des animaux sauvages détenus dans les zoos et les aquariums est que les vétérinaires agréés et expérimentés de la faune sauvage peuvent et doivent annuler toutes les décisions prises par des personnes haut placées dès lors que le bien-être des animaux est en jeu. C’est-à-dire que lorsqu’un cadre décide par exemple de promouvoir les relations publiques, d’améliorer les rendements ou de mettre l’accent sur l’esthétique, le vétérinaire traitant peut et doit dire, le cas échéant : « Cette décision n’est pas dans l’intérêt des animaux, aussi je recommande de l’abandonner / la modifier » – auquel cas la décision, en effet, est censée être abandonnée ou modifiée.

Chaque fois que quelqu’un critique le système (ou signale le conflit d’intérêts assez évident que rencontre un vétérinaire employé par un établissement lorsqu’il s’aventure à contredire tout ce que « le patron » pourrait vouloir), le Service d’inspection de la santé animale et végétale de l’USDA (APHIS), ou des associations professionnelles, ou encore l’établissement lui-même, rétorquent d’une seule voix : « Les vétérinaires ont le dernier mot et ne permettraient jamais qu’il se passe quoi que ce soit qui mette en danger la santé ou le bien-être d’un animal. » Il n’y a vraiment rien de pire pour un inspecteur de l’USDA que de devoir signaler que les responsables d’un établissement ne tiennent pas compte de leur vétérinaire traitant. La mise à l’écart du vétérinaire traitant sape le fondement de la protection du bien-être des animaux captifs aux États-Unis.

Deuxièmement, le MSQ est certifié « sans cruauté » par American Humane et agréé par l’Alliance of Marine Mammal Parks and Aquariums. (Il est intéressant de noter qu’il n’est PAS accrédité par l’Association of Zoos and Aquariums.) Tout établissement pour lequel la première note figurant dans un rapport d’inspection de l’USDA relève que les recommandations du vétérinaire traitant ont été ignorées au cours de l’ANNÉE ÉCOULÉE ne devrait plus être homologué par un organisme extérieur ou une association professionnelle.

Il y a quelque chose de profondément pourri dans les États de Floride et de Washington DC.

La plus ancienne orque captive du monde vit au MSQ dans le plus petit bassin d’orques du monde. Elle est diversement connue sous les noms de Lolita, Tokitae et Sk’aliCh’elh-tenaut, et elle a cinquante-six ans. Le rapport la surnomme « Toki » (diminutif de Tokitae) et je ferai donc de même. Son bassin est si minuscule qu’il viole techniquement les normes d’espace honteusement obsolètes et inadéquates de l’Animal Welfare Act. Pour des raisons trop complexes pour être expliquées ici, le MSQ a été autorisé à maintenir Toki dans un bassin dont la profondeur est inférieure à la longueur de l’orque, et si étroit qu’elle doit virer sur sa nageoire et tourner immédiatement après un coup de queue sur toute sa largeur.

(Le rapport d’inspection signale en fait que Toki a souffert d’une blessure à la mâchoire inférieure plus tôt cette année, due peut-être au fait qu’elle est entrée en collision avec la paroi du bassin après avoir effectué un saut « de tête » ou une nage rapide, comportements que la vétérinaire a recommandé de ne plus faire effectuer à Toki en raison de son âge. Le dresseur, en poste depuis six mois seulement, a ignoré cet avertissement.)

À l’origine, Toki vivait avec une autre orque, un mâle prénommé Hugo. Tous deux étaient des adolescents lorsqu’ils ont été capturés parmi la population d’orques résidentes du Sud (SRKW), respectivement en 1970 et 1968. Hugo est décédé d’un anévrisme cérébral en 1980. Depuis lors, Toki est détenue principalement avec des dauphins à flancs blancs, mais elle interagit rarement avec eux de manière positive. Étonnamment, ses dents sont en bon état, ce qui, à mon avis, est la raison principale pour laquelle elle est toujours en vie. J’ai toujours pensé que la mauvaise dentition de 70 % des orques captives – due au fait qu’elles mâchonnent les murs et les barrières – représente l’un des principaux facteurs de leur mortalité précoce. (Corky, détenue au SeaWorld de San Diego, qui est à peu près du même âge que Toki, a les dents usées, et il est donc clair que la longévité ne dépend pas d’une bonne dentition.) Mais ce n’est pas parce que ses dents sont robustes que sa santé actuelle est bonne. De fait, selon le rapport d’inspection, la santé de Toki est bel et bien précaire.

Lorsque j’ai pénétré pour la première fois le monde de la défense des mammifères marins, il y a de cela bientôt trente ans, je me suis efforcée, avec de nombreux autres protecteurs et militants, d’élaborer un plan pour libérer Toki de son bassin minuscule. J’ai écrit des lettres de plainte, consulté des avocats pro bono, je suis allée à Miami et j’ai rencontré des sommités locales qui voulaient m’aider. Aucun appel n’a jamais ému Arthur Hertz, PDG de la société qui possédait alors le MSQ. J’ai continué à soutenir les efforts de celles et ceux qui restent concentrés sur le bien-être de Toki, mais je suis moi-même passée à une autre étape, celle d’essayer d’apporter des changements positifs au niveau politique pour tous les mammifères marins captifs.

Le MSQ a été racheté par Palace Entertainment en 2014. D’après ce que je comprends, en réponse à ce transfert de propriété, il y a eu un renouvellement presque complet du personnel au cours des années suivantes. Je soupçonne que cette rupture dans le suivi des soins a beaucoup à voir avec la grave détérioration de la situation sur place. Toki a apparemment perdu tous ceux avec qui elle s’était familiarisée (son dresseur principal travaille avec elle depuis moins d’un an) et qui la connaissaient alors qu’elle prenait de l’âge. Au lieu que cette vénérable dame soit traitée dignement par le MSQ, le rapport d’inspection prouve que sa direction la maltraite. Il est difficile pour moi d’exprimer à quel point je trouve cela horrible.

L’inspecteur a également signalé que le MSQ avait réduit la « base » alimentaire de Toki (le poids total des poissons dont on la nourrit chaque jour) de 72,5 à 59 kilos, malgré les objections de la vétérinaire. On ne sait trop pourquoi elle a été diminuée, mais encore une fois, cela n’a guère d’importance puisque la vétérinaire s’y est opposée. La quantité de nourriture fournie à un animal est CLAIREMENT du ressort du vétérinaire ! La vétérinaire était également préoccupée par le niveau d’hydratation de Toki : les cétacés tirant leur eau du poisson qu’ils mangent (aucun mammifère ne boit d’eau de mer), elle craignait qu’elle ne se déshydrate.

Mais voici une citation tirée du rapport qui dépasse tout simplement l’entendement :

«À partir du 25 février 2021, du capelan « à ventre mou fragile » de mauvaise qualité et qui sentait mauvais a été donné aux mammifères marins en dépit des inquiétudes de certains des dresseurs et du vétérinaire traitant. Les cétacés en ont mangé pendant huit jours, les pinnipèdes entre deux et quatre. Plusieurs animaux se sont privés de nourriture et des selles anormales ont été observées chez d’autres. Les données médicales entrées par le [vétérinaire traitant] concernant Toki […] ont listé les conséquences de l’absorption de poisson de mauvaise qualité sur elle et d’autres animaux du parc. Une semaine plus tard, Toki a développé une inflammation selon ses analyses de sang…»

Quel zoo ou aquarium agréé par des professionnels n’importe où sur cette terre donne de la MAUVAISE NOURRITURE à ses animaux ?…

Le rapport continue. Divers animaux (cétacés, pinnipèdes et lamantins) de l’établissement souffrent de lésions oculaires et d’infections dues au manque d’ombre et à la mauvaise qualité de l’eau (dont la surutilisation de chlore dans certains bassins et sa sous-utilisation dans d’autres).

Pire encore : plusieurs dauphins ont été blessés et/ou sont morts au MSQ au cours des trois dernières années, en raison de problèmes de compatibilité. Pour faire court, les dauphins se sont battus entre eux. Deux ont été grièvement blessés et trois autres sont décédés des suites des traumatismes infligés par leurs camarades de bassin.

Les défenseurs des animaux ont souvent le sentiment que les autorités ne prendront pas de mesures coercitives contre un établissement tant que la mort d’un animal n’y sera pas à déplorer. Eh bien, TROIS dauphins du MSQ ont été tués par leurs congénères (au cours de la même période, deux autres sont décédés pour d’autres raisons ainsi qu’un bébé lion de mer – soit un record de mortalité accablant sur une période aussi courte pour n’importe quel établissement). Ce n’est pas la faute des dauphins : dans la nature, ils ne se seraient jamais approchés les uns des autres ou auraient disposé de beaucoup d’espace pour fuir leur agresseur. Mais au MSQ, apparemment, malgré un, deux et maintenant TROIS dauphins tués, peu ou pas d’efforts ont été déployés pour séparer les animaux incompatibles, ce qui aurait empêché cette tragédie de se répéter. Et il n’y a TOUJOURS aucune action coercitive de la part des autorités ! Que faut-il donc de plus pour que ça bouge ?

Au terme de cette litanie d’horreurs, le rapport note à plusieurs reprises que les infractions ont été corrigées avant l’inspection, ou devaient l’être dans des délais variables (certaines s’étendent encore dans le futur, bien que la plupart des délais soient dépassés).

Et c’est bien le problème. Ce que raconte ce rapport scandaleux, c’est que les infractions ont été ou seront corrigées, au moins assez longtemps pour réussir l’inspection suivante. Et il est donc extrêmement probable qu’à part un procès-verbal (qui n’entraîne pas d’amende), rien n’arrivera aux gens du MSQ. Ceux-ci ne recevront aucune pénalité, ils pourront conserver leur permis APHIS et aucun animal ne leur sera confisqué. Et RIEN NE CHANGERA. S’ils sont susceptibles d’être à nouveau cités à l’avenir pour des infractions similaires, ils savent qu’ils ne subiront aucune conséquence réelle pour avoir rogné sur les dépenses et fait preuve de négligence.

Pourquoi l’Alliance of Marine Mammal Parks and Aquariums a-t-elle donné son agrément au MSQ ? Les membres de cette association professionnelle sont censés être les meilleurs d’entre les meilleurs. Le bassin de Toki a toujours été ridiculement petit et obsolète – en quoi est-ce « le meilleur » ? Bon nombre des infractions signalées ne datent pas d’hier. Les dauphins décèdent dans des circonstances troublantes depuis au moins 2019 et les problèmes relatifs à la qualité de l’eau ont causé des lésions oculaires aux animaux, ce qui ne survient pas du jour au lendemain. Pourquoi American Humane certifie-t-elle un endroit pareil ? L’un ou l’autre de ces organismes envisage-t-il de retirer son agrément au MSQ ?

Et pourquoi ces espèces ne sont-elles pas couvertes par l’Endangered Species Act (ESA) – à savoir les lamantins et Toki elle-même, membre des orques résidentes du Sud (SRKW) répertoriées par l’ESA – EFFECTIVEMENT PROTÉGÉES par le Fish and Wildlife Service du ministère de l’Intérieur (responsable des lamantins) et le National Marine Fisheries Service du ministère du Commerce (responsable des SRKW) ?

Et comment se fait-il que, même après des infractions aussi flagrantes à l’Animal Welfare Act, le MSQ ait toujours sa licence APHIS ? Comment est-il possible que cet endroit soit toujours en activité ?

Est-ce parce que l’agence pense qu’il n’y a pas d’autre endroit où envoyer ces animaux ? Comment est-ce possible ? Les zoos et aquariums ne sont-ils pas censés former une communauté s’assurant que tous ses animaux sont collectivement pris en charge ? Et qu’en est-il des autres membres de l’Alliance ? Si on leur pose la question, ne devraient-ils pas accepter d’accueillir les animaux confisqués ? Situé pour ainsi dire juste à côté, le SeaWorld d’Orlando se targue d’incarner au plan mondial le meilleur exemple de soins aux orques, sans parler de la Floride. Ne devraient-ils pas intervenir, dès lors qu’il est clair que les animaux sont maltraités, et proposer d’accueillir Toki, ne serait-ce que pour lui assurer une retraite sans qu’elle soit obligée de manger du POISSON POURRI ?

Je ne dis pas que c’est ce que je désire pour Toki et les autres mammifères marins du MSQ… Je veux qu’ils aillent dans des sanctuaires. Mais celui qui pourrait les recevoir n’est pas encore opérationnel et Toki, compte tenu de son âge, doit être sauvée MAINTENANT, pas l’année prochaine ni l’année d’après ! La déplacer ne serait-ce qu’à Orlando représente un risque, mais franchement, la laisser au MSQ semble en être un plus grand encore, d’après ce rapport.

À l’Alliance et à American Humane, voici ce que je dis : vous êtes les gardiennes de votre sœur. N’est-ce pas l’objet et le but de votre agrément ? À moins que vous n’agissiez à la suite de ce rapport, quand bien même il ne s’agirait que de retirer vos accréditations ou, mieux encore, d’intervenir pour garantir que les fautes commises par votre établissement partenaire ne se reproduisent plus, tout ce que vous prétendez défendre ne sera jamais que du vent. À l’USDA, au ministère de l’Intérieur, au ministère du Commerce des États-Unis : si tout ce que vous faites revient à donner une tape au MSQ sans lui infliger de pénalité, il est clair que votre application des lois ici en vigueur n’est qu’un tigre en papier. Quant à l’affirmation pro-cap selon laquelle les vétérinaires des établissements sont les arbitres ultimes en ce qui concerne le bien-être animal, elle ne vaut pas tripette. Nous autres qui appartenons à la communauté des défenseurs des animaux l’avons toujours su, mais nous pensions que c’était dû au conflit d’intérêts évident que rencontraient ces vétérinaires. Découvrir que certains vétérinaires tentent effectivement de tenir tête à leurs patrons et sont susceptibles d’être licenciés sans explication n’est, je suppose, pas vraiment surprenant, mais cela sonne le glas de tout argument affirmant que les normes qu’ils posent protègent réellement les animaux.

En règle générale, je ne demande pas aux gens de diffuser mes blogs et je laisse à mes lecteurs le soin de décider quoi faire. Mais cette fois, je vous demande de partager ces informations. Il est très clair à présent que la loi ne protégera JAMAIS Toki. Je ne sais ce qui fonctionnera, après toutes ces années durant lesquelles tant de personnes ont essayé de l’aider, mais à tout le moins, nous devons faire connaître ce qui s’est passé au MSQ. Sur la base de ce seul rapport d’inspection, le MSQ manque lamentablement à son obligation de soins envers cet être merveilleux qu’est Toki.

Il faut que quelque chose soit fait.

Photo: Michael G.Workman, Miami Sequarium, USA, 2014

One Voice au tribunal contre l’agrandissement de l’élevage de chiens pour les laboratoires de l’Allier

One Voice au tribunal contre l’agrandissement de l’élevage de chiens pour les laboratoires de l’Allier

One Voice au tribunal contre l’agrandissement de l’élevage de chiens pour les laboratoires de l’Allier
06.10.2021
Allier
One Voice au tribunal contre l’agrandissement de l’élevage de chiens pour les laboratoires de l’Allier
Expérimentation animale

Le 12 octobre prochain à 9h30 au tribunal administratif de Clermont-Ferrand, aura lieu l’audience qui opposera la commença de Gannat à One Voice et France Nature Environnement Allier. En mars 2019, les deux associations de défense des animaux et de l’environnement ont déposé un recours contre l’arrêté autorisant l’agrandissement de l’élevage de chiens pour les laboratoires Marshall BioResources d’Auvergne, situé à Gannat, dans l’Allier.

« Les chiens souffrent le martyre dans les laboratoires. Et l’élevage de Gannat ne fait pas exception : dès leur naissance, les beagles y sont livrés à eux-mêmes, et manipulés sans ménagement. Leur vie est déjà tracée, entre trajets et expériences douloureuses sans fin. Certains naissent malades, exprès pour tester certains critères. L’opacité de ce secteur est entretenue volontairement, il faut bien plus de transparence et de contrôles. La France s’honorerait en finançant la recherche de méthodes substitutives. » Muriel Arnal, présidente fondatrice de One Voice

Plus de vingt ans de combat contre les élevages de chiens destinés à l’expérimentation

Notre pays est le troisième d’Europe à tester le plus sur les chiens. En France, il existe deux élevages de chiens pour les laboratoires. Celui de Gannat, et celui de Mézilles. En 1999, déjà, l’association combattait l’ancien propriétaire de l’élevage d’Auvergne.

Ce recours intervient après que One Voice a révélé le rachat de l’élevage de chiens pour les laboratoires de Mézilles dans l’Yonne par Marshall BioResources, et obtenu l’interdiction de l’agrandissement de celui-ci en septembre 2019. Ces deux élevages français appartiennent donc désormais au même groupe industriel américain de « bio-ressources », entendez par là d’animaux destinés à l’expérimentation.

Un mouvement qui dépasse largement les frontières

One Voice avait également, au début du mois de septembre, participé à Gannat et organisé à Auxerre des rassemblements visant à attirer l’attention du public et des riverains sur le fait que des milliers de chiens beagles et golden retrievers étaient élevés près de chez eux, sans amour ni confort, dans le seul but de souffrir leur vie entière. Ces rassemblements faisaient aussi écho à ceux organisés outre-Manche par nos homologues au son du slogan « Free The MBR Beagles ».

Plus largement encore, le Parlement européen vient de voter à la quasi-unanimité une proposition de résolution pour la mise en place d’un plan d’action destiné à mettre fin à l’expérimentation animale au sein de l’UE, et une Initiative Citoyenne Européenne qui vise le même but a été déposée en août 2021, notamment par One Voice.

Pétition

One Voice a mis en ligne une pétition pour une recherche transparente et le remplacement de l’expérimentation animale par des méthodes substitutives.

Rassemblement de One Voice devant le Muséum national d’Histoire naturelle pour faire fermer son élevage de primates

Rassemblement de One Voice devant le Muséum national d’Histoire naturelle pour faire fermer son élevage de primates

Rassemblement de One Voice devant le Muséum national d’Histoire naturelle pour faire fermer son élevage de primates
05.10.2021
Paris
Rassemblement de One Voice devant le Muséum national d’Histoire naturelle pour faire fermer son élevage de primates
Expérimentation animale

Samedi 9 octobre à Paris, One Voice organise un rassemblement pour la fermeture du plus gros élevage de microcèbes mignons pour l’expérimentation animale, celui du Muséum national d’Histoire naturelle. Il aura lieu place Valhubert de 13h à 15h, au bout du Jardin des Plantes, face à la Seine.

Dans notre pays, aujourd’hui encore, des expériences sont faites sur les primates. Pire, la France est le premier utilisateur de primates destinés aux laboratoires en Europe. Cinq cents microcèbes mignons (Microcebus murinus), de minuscules lémuriens aux grands yeux, sont élevés en France pour servir l’expérimentation animale.

Dans son antenne de Brunoy (Essonne), le Muséum national d’Histoire naturelle dispose notamment du plus gros élevage de microcèbes au monde, et tient son vivier à la disposition des scalpels. Le Muséum cherche même à l’agrandir !

Ainsi, une fois encore, la France se distingue par son appétit féroce pour l’expérimentation animale, sur les primates en particulier, sous prétexte que ceux-là sont aussi maniables que des souris tout en partageant avec les humains un « héritage plus important que les modèles de rongeurs classiques ». Et elle déploie tout son zèle pour rayonner en la matière au niveau international.

Voir l’événement Facebook

La France championne de l’expérimentation animale: les microcèbes en ligne de mire

La France championne de l’expérimentation animale: les microcèbes en ligne de mire

La France championne de l’expérimentation animale: les microcèbes en ligne de mire
04.10.2021
France
La France championne de l’expérimentation animale: les microcèbes en ligne de mire
Expérimentation animale

Dans notre pays, aujourd’hui encore, des chercheurs pratiquent des expériences sur les primates. Dans son antenne de Brunoy (Essonne), le Museum national d’Histoire naturelle dispose notamment du plus gros élevage de microcèbes au monde et tient son vivier à la merci des scalpels.

Photo : © Gerald Cubitt / Photoshot / Biosphoto

La France, sa culture admirable, son intelligentsia, ses communes historiques et ses beaux paysages… Prenez Brunoy, par exemple, en Essonne. En dehors des tensions qui agitent parfois certains de ses quartiers périphériques, le cœur de cette ville résidentielle a su conserver une partie de son patrimoine ancestral, de magnifiques demeures dans un environnement verdoyant, qui font tout son prestige et son charme.

Pôle d’excellence

C’est au sein de cet écrin, sur le site du Petit Château, maison bourgeoise du XVIIIe siècle, que des scientifiques du Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) mènent, depuis une cinquantaine d’années, des recherches spécialisées dans les thématiques de l’écologie forestière et de la stratégie adaptative des organismes vivants

Primates destinés à l’expérimentation

Joli programme… sur le papier. Car les murs du parc, actuellement fermé au public, abritent aussi le plus grand élevage de primates du monde : une communauté de près de 500 petits lémuriens, des microcèbes mignons. Oui, c’est le nom de leur espèce : Microcebus murinus. Ils sont détenus là pour servir à l’expérimentation animale. Des équipes mixtes de chercheurs du MNHN, du CNRS et d’autres institutions se passionnent en effet pour ces descendants d’individus capturés à Madagascar, notamment en raison de leur petite taille les rendant aussi manipulables que des souris, tout en partageant « avec l’Homme un héritage plus important que les modèles de rongeurs classiques ».

D’observations en euthanasies

Une aubaine pour les laborantins qui leur font subir des batteries de tests. Ces derniers peuvent s’apparenter à de « simples » études comportementales, consistant tout de même pour certains, comme ici, à laisser les animaux dans l’obscurité ou accélérer l’alternance jour/nuit afin de raccourcir leur durée de vie… Mais d’autres expériences peuvent aussi être beaucoup plus invasives, dans le cadre de recherches sur l’inflammation de l’œil, les lésions du pancréas ou l’apparition de tumeurs au cours du vieillissement. Les travaux en neurosciences, notamment, sur la structure du cerveau, les capacités cognitives et la maladie d’Alzheimer soumettent les cobayes à de terribles sévices, avant généralement leur euthanasie.

Maltraitances avant décapitation

Parmi les pires études dont notre équipe de scientifiques a eu connaissance, l’une d’elles s’intéressait à l’aptitude des microcèbes mignons à se mettre en état de torpeur pour s’adapter aux conditions de leur environnement. A priori d’apparence anodine, elle s’est traduite, concrètement, par l’isolement des individus et leur sous-alimentation pendant plusieurs jours. Ensuite, tous ont été décapités pour prélever des échantillons de leur corps, les congeler et les expédier au Canada. Car non content de s’en tenir à ses propres expériences, le MNHN propose également son « matériel » (les lémuriens, en l’occurrence) et ses « services » aux chercheurs du monde entier. Il dispose même d’une plate-forme, labellisée IBiSA, qui offre des « prestations et équipements » éloquents aux laboratoires étrangers friands de petits lémuriens.

Appétit insatiable

Ainsi, une fois encore, la France se distingue par son appétit féroce pour l’expérimentation animale, sur les primates en particulier. Elle déploie tout son zèle pour rayonner en la matière au niveau international. Le MNHN affiche même son ambition de rénover ses locaux et d’agrandir prochainement son animalerie pour accueillir 800 microcèbes. De nouvelles études, de nouvelles souffrances en perspective… Nous venons d’adresser trois courriers – à destination du président du MNHN, du directeur de la DDPP de l’Essonne ainsi que de la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation – pour demander à ces autorités de nous communiquer tous les documents relatifs au centre d’élevage et d’utilisation d’animaux à des fins scientifiques du MNHN à Brunoy. La pleine lumière doit être faite sur ce qu’il s’y passe et le martyre enduré par les microcèbes mignons!

Signez la pétition

* Edit au 5.10.21 : suppression d’une erreur sur les températures.

Cruelty Free Europe a un plan pour stopper l’expérimentation animale

Cruelty Free Europe a un plan pour stopper l’expérimentation animale

Cruelty Free Europe a un plan pour stopper l’expérimentation animale
03.10.2021
Europe
Cruelty Free Europe a un plan pour stopper l’expérimentation animale
Expérimentation animale

Alors que le Parlement européen demande à la Commission l’élaboration d’un plan pour mettre fin à l’expérimentation animale, voici comment nous avons amorcé le processus.

Lors d’un vote historique qui a eu lieu mi-septembre 2021, le Parlement européen a soutenu à une écrasante majorité la nécessité d’un plan d’action à l’échelle de l’UE, doté d’un calendrier et d’objectifs de réduction clairs et ambitieux, pour parvenir à l’élimination progressive de l’expérimentation animale. Nous avions écrit à tous les euro-députés Français. Les députés européens ont demandé à la Commission européenne de mettre sur pied un groupe de travail de haut niveau, impliquant tous ses départements et agences concernés, afin de travailler avec les États membres et d’autres acteurs décisifs à l’élaboration du plan.

À l’occasion de la Journée européenne pour une science éthique (the European day for humane science), l’organisation de protection animale Cruelty Free Europe, coalition européenne dont One Voice est la représentante française, publie un plan d’action ciblé et proactif pour l’élimination progressive de l’expérimentation animale en Europe et propose à la Commission, aux agences de l’UE, aux États membres et à d’autres intervenants, des mesures concrètes à prendre pour entamer ce processus. One Voice a également envoyé ce rapport directement à Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. 

Pour réduire et remplacer l’expérimentation animale, le plan propose entre autres:

  • Une révision immédiate de l’utilité des « modèles » animaux pour évaluer le bénéfice clinique.
  • L’identification et l’élimination des tests qui présentent un faible bénéfice dès le départ, en raison soit de limitations scientifiques, soit d’un manque de besoin clinique.
  • Recourir plus strictement à l’analyse préjudice/bénéfice intégrée dans la législation de l’UE sur l’expérimentation animale, en tenant dûment compte de l’opinion publique et en rejetant les expériences susceptibles de causer de grandes souffrances aux animaux et/ou de présenter peu de bénéfices.
  • Une analyse immédiate des raisons du nombre d’animaux excédentaires élevés à des fins expérimentales et tués sans avoir été utilisés, ainsi que la prise de mesures pour réduire ce nombre.
  • Une révision du besoin d’animaux génétiquement modifiés actuellement élevés en grand nombre à des fins expérimentales en Europe.
  • Veiller à ce que les tests sur les animaux ne soient pas effectués lorsqu’une alternative non animale est disponible, en améliorant la communication entre la Commission, les États membres et les entreprises.
  • L’engagement à lister les redondances potentielles dans les expérimentations animales réglementaires et à s’assurer qu’une démarche concertée est à l’œuvre pour les supprimer.

Voici ce qu’a déclaré la Dre Katy Taylor, directrice des Affaires scientifiques et réglementaires de Cruelty Free Europe : «Bien que pour des raisons éthiques, Cruelty Free Europe s’oppose à toutes les expériences sur les animaux, nous nous sommes rendus compte qu’il était nécessaire de nous engager auprès d’un éventail d’intervenants afin de nous assurer que l’appel très ferme du Parlement européen en faveur d’un plan d’élimination devienne aujourd’hui une réalité. Ce rapport représente notre contribution au lancement de ce plan d’action et comprend une série de mesures dont nous estimons qu’elles doivent être prises dès maintenant par l’UE pour commencer à réduire de manière significative le nombre d’animaux souffrant en Europe à des fins expérimentales.»

Selon les derniers chiffres de l’UE pour 2019 publiés cette année, on comptabilise encore plus de dix millions d’utilisations d’animaux dans les expériences. Hélas, les chiffres ont baissé en moyenne de seulement 1% par an au cours des vingt dernières années. À ce rythme, il faudrait attendre pratiquement un siècle pour voir la fin de l’expérimentation animale en Europe.

Action coordonnée de One Voice contre la chasse, dans vingt-deux villes de France

Action coordonnée de One Voice contre la chasse, dans vingt-deux villes de France

Action coordonnée de One Voice contre la chasse, dans vingt-deux villes de France
30.09.2021
France
Action coordonnée de One Voice contre la chasse, dans vingt-deux villes de France
Animaux sauvages

Après ses enquêtes, ses actions en justice et la publication de son sondage, One Voice organise ce week-end une action coordonnée de ses militants auprès du public pour le sensibiliser sur la réalité de la chasse. Des stands seront installés dans une vingtaine de villes les 2 et 3 octobre.

Mi-septembre, nous révélions les images de notre infiltration de trois années dans le milieu de la chasse. Après une précédente enquête sous couverture chez les chasseurs à courre, cette fois nos enquêteurs ont rapporté des images de déterrage de renardeaux et de blaireaux, de chasse en enclos, des propos de Willy Schraen… et de la chasse à tir…

De plus, les victoires notamment de One Voice au Conseil d’État (en grande partie grâce à la Cour de justice de l’Union européenne) sur les chasses aux oiseaux telles la chasse aux tourterelles des bois, la chasse à la glu et les chasses traditionnelles ont eu un grand retentissement. La volonté de réinstaurer ces dernières par le président de la République est un pur scandale : cela ne dérange visiblement pas le chef de l’État que les oiseaux soient pendus, écrasés sous des pierres ou piégés par des filets… au lendemain du Congrès mondial de la nature de l’UICN et dans un contexte de sixième extinction de masse des espèces…

Accompagnant la sortie de notre sondage Ipsos/One Voice sur la chasse en France, les propos des chasseurs récoltés par notre équipe infiltrée ont fait scandale. Sur la sécurité d’abord, mais aussi sur le plaisir qu’ils prennent à tuer… Les ruraux en ont marre que les chasseurs les utilisent pour justifier leurs abjections, en créant de toutes pièces une fracture du pays qu’ils fantasment. Leur loisir n’est soutenu que par un Français sur cinq!

One Voice a publié une pétition pour une réforme radicale de la chasse qui a récolté jusqu’à présent plus de 320 000 signatures.

Muriel Arnal, présidente fondatrice de One Voice, déclare: « Les chasseurs martyrisent et tuent pour leur plaisir. Les animaux sauvages sont les grands absents du débat public. Pourtant, leur rôle sur la planète et dans nos vies est essentiel. Les Français le savent et ne sont plus dupes des campagnes de désinformation d’un lobby qui rétrécit mais impose encore sa loi. Plus pour longtemps. »

L’association organise donc un week-end d’actions de sensibilisation dans toute la France. Vingt-deux villes accueilleront ses militants le samedi ou le dimanche 2 et 3 octobre 2021. (voir la liste ci-dessous pour les détails pratiques).

VILLES Événement Facebook Lieu précis heure de début
Aix-en- Provence https://fb.me/e/5gn1NkEia Allées de Provence 11h à 12h30
Samedi 2
Anglet https://www.facebook.com/events/2656763947959653/ Plage du VVF 15h à 17h30
Dimanche 03
Annecy https://www.facebook.com/events/1489031898119707 Centre commercial « Courier » 14h30 à 16h
Samedi 2
Auxerre https://www.facebook.com/events/265310355284682/ Place de l’Arquebuse 11h à 13h
Samedi 2
Beauvais https://www.facebook.com/events/380474293660078 15, rue Carnot 13h30 à 17h
Dimanche 03
Bordeaux https://www.facebook.com/events/2652665425036868 Près du miroir d’eau 12h à 16h30
Samedi 2
Caen https://www.facebook.com/events/392341732559739 Lieu à venir 14h30 à 17h
Samedi 2
Charleville-Mézières https://www.facebook.com/events/280938566814171 Rue Pierre Bérégovoy 15h à 17h
Samedi 2
Château-Arnoux https://fb.me/e/6HrAh3ura Place Pechiney 10h30 à 12h30
Dimanche 03
Évreux https://www.facebook.com/events/260045132500156 Rue Jean Jaurès Jardin public 14h30 à 16h
Samedi 2
Fréjus https://www.facebook.com/events/533283191082466/ Place Formigé 11h30 à 13h
Samedi 2
La Rochelle https://www.facebook.com/events/1030209321155481 Place de la Caille 15h à 17h
Samedi 2
Lille https://www.facebook.com/events/818254498886944 Grand’Place 14h30 à 16h
Samedi 2
Lyon https://www.facebook.com/events/291075152369608 Place Saint-Jean 15h à 16h30
Samedi 2
Metz https://fb.me/e/1T3Xhw7HP 64, rue Serpenoise 14h à 16h30
Samedi 2
Montpellier https://www.facebook.com/events/143885751203551 Place de la Comédie 10h à 12h
Samedi 2
Nantes https://www.facebook.com/events/520399315722876/ Place Royale 14h30 à 16h
Samedi 2
Paris https://www.facebook.com/events/1206897436488796 Place du Palais-Royal 15h30 à 17h
Dimanche 03
Saint-Malo https://www.facebook.com/events/446287160008284/ Porte Saint-Vincent 14h30 à 16h
Dimanche 03
Strasbourg https://www.facebook.com/events/713071876760099/ Place Kléber 11h à 12h30
Dimanche 03
Tours https://www.facebook.com/events/387243412955514 Place Jean Jaurès 15h à 16h30
Samedi 2
Troyes https://www.facebook.com/events/261247319045405 71, rue Émile Zola 15h30 à 17h30
Samedi 2

Les cirques, pourvoyeurs de peaux et de corps à des taxidermistes. Révélations.

Les cirques, pourvoyeurs de peaux et de corps à des taxidermistes. Révélations.

Les cirques, pourvoyeurs de peaux et de corps à des taxidermistes. Révélations.
28.09.2021
France
Les cirques, pourvoyeurs de peaux et de corps à des taxidermistes. Révélations.
Exploitation pour le spectacle

Arnaque à l’identification des lions comme Jon détenus dans les cirques de la famille Gougeon, suspicion de trafic… Après un contrôle de la DDPP qui a relevé ces problèmes, nous avons enquêté… Un vendeur d’animaux « naturalisés » qui a pignon sur rue expose comment il se procure les corps et peaux qu’il revend des dizaines de milliers d’euros! Comme Dorian…

Le commerce de lions et de tigres, un business très juteux

Le trafic issu des animaux de la faune sauvage est le troisième mondial après celui des armes et de la drogue. Nous dénonçons depuis toujours l’implication de certains cirques dans ce trafic : les bébés qui se succèdent et sont remplacés par d’autres toujours aussi jeunes, les lions que nous suivons et qui tout à coup disparaissent (Sultan) ou encore les dresseurs qui ne font officiellement pas de reproduction mais détiennent un mâle « pas du même sang » ou maintiennent les mâles et les femelles dans les mêmes cages à l’année (les dix tigres dans un camion chez Mario Masson) et les cahiers de suivi qui sont malencontreusement égarés, les bébés élevés au biberon pour faciliter les échanges…

Le point de départ de notre enquête…

Ce dernier cas est le point de départ de l’enquête dont nous révélons aujourd’hui les résultats. Au printemps 2021, un rapport réalisé par les services vétérinaires de la préfecture (DDPP) du Rhône relate que pendant leur visite au Nouveau Cirque Triomphe de Joseph Gougeon, ils ont constaté que la mise en demeure d’octobre 2019 n’était toujours pas respectée : nombre de lions détenus supérieur à celui autorisé, mauvaise répartition des sexes (plus de mâles que ce qui est autorisé), capacités d’hébergement insuffisantes, mauvaise tenue du registre plus grave… ainsi qu’un défaut d’identification des lions, dont l’un portait le numéro d’identification de Jon, pourtant confisqué à Steve Gougeon depuis juin 2020!

Le dépôt d’une dépouille de lion auprès d’un taxidermiste non agréé…

En conclusion du rapport, la déclaration de Gougeon à la préfecture du Rhône: la dépouille d’un lion mort a été confiée à un taxidermiste désigné par le circassien.

D’après les vérifications de la préfecture, ce taxidermiste ne serait pas autorisé ou agréé au titre du règlement européen établissant des règles sanitaires applicables aux sous-produits animaux et produits dérivés non destinés à la consommation humaine.

Nous avons donc enquêté… en commençant par le Nouveau Cirque Triomphe. Et fait un recours contre la décision du préfet.

L’enquête nous mène jusque chez un revendeur d’animaux « naturalisés »

Nos enquêteurs se sont rendus chez le revendeur de produits issus d’animaux de la faune sauvage captive. Accueillis par un ourson naturalisé (on ne dit pas « empaillé », ici point de paille, les peaux reposent sur du polystyrène, procédé tellement plus « naturel »…), entouré de trophées de chasse et autres cous de girafe et de mises en scène sordides, telle une tête de biche maquillée avec des bigoudis…

Des animaux venant de cirques!

Prenant comme prétexte de vouloir acheter une peau de lionne puis un lion, nos enquêteurs ont pu obtenir de précieuses informations.

Le patron se vante d’être ami avec la famille Gruss, avec Éric Bormann, dresseur du cirque éponyme qui a abattu la jeune tigresse Mévy dans Paris, d’avoir fait des safaris, et d’avoir lâché à plusieurs reprises des animaux sauvages dans des soirées… Il sous-entend que les vétérinaires peuvent toujours justifier la nécessité d’euthanasier un fauve de cirque, avant de déplorer que le marché va se raréfier avec la fin programmée des animaux sauvages dans les cirques.

Nos enquêteurs relatent leur expérience: «Le patron de la boutique nous a expliqué l’origine légale des animaux qui selon lui proviennent de cirques. Il nous a expliqué que l’euthanasie de ces fauves rendait le commerce de leurs peaux légal.»

Dorian, le lion vraisemblablement venu d’un cirque, photographié dans la remorque d’un cirque installé alors dans la banlieue Sud de Lyon

Nos enquêteurs ajoutent: «L’échange de correspondance avec lui a révélé qu’il est possible d’avoir rapidement un fauve naturalisé, mâle ou femelle, au choix. De plus, il a été réactif à nos changements d’avis et a toujours été en situation de répondre favorablement à notre nouvelle demande. »

En effet, lors des négociations, après deux photos d’une peau de lionne, nos enquêteurs ont reçu des photographies d’un lion, bien vivant, prises dans un camion. Quand nous avons lu le début du mail et l’avons vu sur les clichés, nous nous sommes dit qu’il fallait le sauver à tout prix. Mais les phrases suivantes étaient sans appel. Il était déjà mort.

Nous l’avons nommé Dorian. Il ne vieillira jamais. Le pauvre fauve est actuellement en train de tremper dans un bain de tannage. Il devrait être « naturalisé » pour la mi-octobre, transformé en objet de décoration, à un prix permettant à toute la chaîne de vente un beau retour sur investissement.

Nous sommes aussi très inquiets pour les lions et lionnes du cirque Italiano, eux aussi aux mains des Gougeon. Car FreeLife nous apprend que le cirque Italiano vend ses camions et son parc de détente. Que deviendront les animaux? La peau de lionne serait-elle celle de Bébé, Bellone ou Caroline? Et le lion? Serait-ce Mandela ou Nelson?

Muriel Arnal, présidente de One Voice déclare: «L’histoire, le regard de Dorian brisent le cœur. Un sommet d’obscénité est atteint. Tant que les cirques seront autorisés à exploiter les animaux, nous ne déposerons jamais les armes.»

Qu’attendent nos parlementaires pour changer la donne?

La proposition de loi sur la maltraitance animale en discussion au Sénat ne prévoit toujours aucun suivi des animaux dans les cirques. Tout au plus envisageait-elle de mettre fin à l’itinérance des animaux, sans aucun garde-fou ni renforcement des protections dont l’arrêté ministériel manque déjà cruellement.

Le fait qu’elle ait été renommée par la rapporteuse pour lui faire dire l’inverse de son intention initiale n’a rien d’anodin.

Mettre fin à l’itinérance des cirques sans protéger les animaux enfermés à vie dans des camions-cages ni programmer leur retraite est loin d’être suffisant! Nous venons de mettre au jour de graves irrégularités, et notre enquête soulève de nombreuses questions sur le trafic de fauves venus des cirques. Que font nos représentants? Parlementaires et ministres? Leur immobilisme les rend complices.

Nous déposons un complément de plainte

À la suite de notre enquête, nous déposons le 28 septembre 2021 un complément de plainte auprès du Procureur de Paris, pour détention non autorisée d’espèce protégée et exploitation d’un établissement utilisant des sous-produits animaux qui vise le taxidermiste et le revendeur, sur la plainte déposée en août 2021, qui visait toute personne impliquée dans cette filière (les cirques, les dresseurs, le taxidermiste et revendeur… l’enquête le dira), pour mauvais traitements et mise à mort volontaire.

Les animaux issus de la faune captive ne sont pas des objets à exploiter. Ils doivent être protégés! Pour les animaux des cirques, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir. Dorian, lui, sera toujours dans nos cœurs.

Au Nouveau Cirque Triomphe, on piétine les animaux et les lois

Au Nouveau Cirque Triomphe, on piétine les animaux et les lois

Au Nouveau Cirque Triomphe, on piétine les animaux et les lois
28.09.2021
Au Nouveau Cirque Triomphe, on piétine les animaux et les lois

Joseph Gougeon, directeur du Nouveau Cirque Triomphe, maltraite les lions en sa possession. Mais il se moque des mises en demeure des autorités. Depuis des années, il les mène par le bout du nez et les soumet à son bon vouloir. L’habitude, sans doute, de traiter ainsi les animaux qu’il détient. Nous sommes à ses trousses depuis plusieurs mois.

Dans la famille Gougeon, il y a Steve, le tristement célèbre directeur du Cirque de Paris chez qui nous avons obtenu la saisie du lion Jon et de ses compagnes au cours de l’été 2020. Et il y a Joseph, son neveu, tout aussi retors, à la tête quant à lui du Nouveau Cirque Triomphe. Depuis des mois, nous suivons les agissements de ce dernier et les conditions de vie des fauves qu’il détient. La réalité n’est pas belle à voir. Décidément, chez les Gougeon, on aime mater les lions, dans tous les sens du terme.

Des lions parqués dans un taudis

Nous ne sommes pas les seuls à le dire. Même les services de l’État ont dressé une liste importante des « manquements » de Joseph Gougeon. Et pour cause! Lors d’un contrôle en date du 5 novembre 2020 à Irigny (69), sur le site d’une entreprise désaffectée où il parquait des lions, une inspectrice de l’environnement a souligné l’insuffisance de la taille et des mesures de sécurité des installations ainsi que l’absence d’enrichissement du milieu. Pas un seul perchoir pour se reposer, ni le moindre griffoir pour se défouler. Rien. Entassés les uns sur les autres, mâles et femelles mélangés, les grands fauves végétaient dans des hangars sordides et insalubres. Dans un coin du bâtiment, des restes alimentaires étaient stockés au sol ou dans un congélateur hors d’état de marche. Quant à leurs médicaments, ceux-ci étaient conservés en vrac dans un sac plastique, sans ordonnance, parmi des seringues usagées… Nous sommes retournés sur les lieux en mai de cette année. Ils avaient été désertés mais nos images témoignent de la souffrance endurée par les animaux séquestrés pendant des mois dans des locaux sinistres, souillés d’une quantité astronomique de déjections.

Cirque hors-la-loi

Sur la base de ces constats, Joseph Gougeon a été rappelé à l’ordre par les autorités. Le comble, c’est qu’il ne recevait pas là ses premières semonces. Car tout directeur de cirque qu’il soit, il ne disposait plus de certificat de capacité depuis le 23 octobre 2017 pour l’espèce Panthera leo, et un arrêté préfectoral du 16 mai 2019 lui avait fait perdre tout espoir de pouvoir le renouveler. Par conséquent, il avait été mis en demeure par l’administration de trouver un capacitaire présent en permanence sur les lieux pour s’occuper des lions à sa place, et de ne pas faire participer les félins aux représentations du cirque. Mais Joseph Gougeon n’en fait qu’à sa tête et ne compte toujours aucun capacitaire parmi ses salariés. Les visites inopinées successives des services préfectoraux du Rhône (en octobre 2019) et de l’Isère (en février 2020) n’ont pas suffi à lui faire entendre raison. Depuis quand un dresseur de lions se laisserait-il redresser les bretelles par qui que ce soit?! Face à ses refus de respecter aucune des obligations et de régulariser sa situation, la préfecture du Rhône a fini par durcir le ton par un arrêté le 22 juin dernier, imposant à l’exploitant une fermeture partielle d’activité et d’assurer le placement des lions sous deux mois.

One Voice réclame la garde des lions

Cette décision se montre encore bien trop clémente! Le préfet n’a pas tiré toutes les conséquences de ses propres constations. Alors que Joseph Gougeon rit au nez et à la barbe des autorités depuis des années et a clairement démontré son refus de se soumettre à la réglementation, le laisser gérer le placement des animaux, sous le contrôle de l’administration, présente un risque immense: celui de les retrouver croupissant dans un autre établissement, dans un état de santé toujours aussi délétère. Entre circassiens, on se comprend… Le 28 juillet dernier, nous avons donc déposé un référé devant le tribunal administratif de Lyon pour demander la suspension de l’arrêté de placement en enjoignant à la préfecture de contrôler les identifications des félins, de faire dresser leur bilan clinique par un vétérinaire spécialisé et de les retirer définitivement du cirque. Nous réclamons que leur garde nous soit confiée! Si notre demande de confiscation en urgence n’a pas été exaucée, notre recours est toujours en cours. Nous ne céderons rien tant que les lions ne seront pas sous notre protection! Quant à Joseph Gougeon, il doit répondre de ses actes de maltraitance et d’exploitation irrégulière. Nous avons déposé plainte contre lui et engagé une procédure pénale.

Une louve ensanglantée pendue devant une mairie: One Voice porte plainte

Une louve ensanglantée pendue devant une mairie: One Voice porte plainte

Une louve ensanglantée pendue devant une mairie: One Voice porte plainte
24.09.2021
Hautes-Alpes
Une louve ensanglantée pendue devant une mairie : One Voice porte plainte
Animaux sauvages

Aujourd’hui, One Voice ne décolère pas. Une louve a été retrouvée pendue ce matin (vendredi 24 septembre 2021) peu après avoir été tuée, accrochée à la devanture de la mairie de Saint-Bonnet-en-Champsaur. Son sang s’écoulait encore de son corps meurtri. Avait-elle des petits qui vont mourir de faim et de soif dans les heures qui viennent? Nous avons déposé plainte aujourd’hui dès que nous avons appris cet acte infâme auprès du Procureur de la République de Gap pour cette louve.

«Les loups représentent une richesse incroyable. Il est invraisemblable que la seule réponse à la vie sur Terre soit de tuer et tuer encore! Au contraire, nous devrions protéger les animaux et leur habitat naturel, sanctuariser de vastes espaces où ils pourraient vivre en paix!» Muriel Arnal, présidente de One Voice

Dans les Hautes-Alpes, les loups gris sont accueillis depuis leur retour sur le sol national comme des parias à éliminer par une frange de la population. Certains groupes armés de braconniers, même, n’hésitent pas à les massacrer purement et simplement.

Éleveurs et chasseurs, main dans la main avec le préfet responsable du « Plan Loup » s’accordent à vouloir que leur population reste en dessous du seuil de viabilité.

Pourtant, ce sont des animaux sensibles, sociaux, qui ont toute leur place dans les écosystèmes. Et dont – cerise sur le gâteau – l’espèce est protégée en France. One Voice attaque chaque année les arrêtés permettant l’abattage de toujours plus de loups, et a obtenu gain de cause sur plusieurs d’entre eux.

Au printemps dernier, One Voice avait organisé une action militante coordonnée dans une quinzaine de villes en France, afin de faire découvrir à la population ces animaux qui ont tant à nous apprendre sur la solidarité.

Photo d’illustration: AdobeStock

Oise: 1700 renards risquent l’échafaud

Oise: 1700 renards risquent l’échafaud

Oise: 1700 renards risquent l’échafaud
23.09.2021
Oise
Oise: 1700 renards risquent l’échafaud
Animaux sauvages

La préfète vient d’autoriser l’abattage de 1700 renards d’ici le 28 février prochain. Un véritable massacre qui vient s’ajouter à tous ceux perpétrés en permanence contre ces animaux dans notre pays. Nous nous mobilisons pour les défendre. L’audience pour faire suspendre cet arrêté est prévue le 4 octobre prochain à 14h à Amiens.

Photo de Nathalie Hausser -CC BY-NC-ND 2.0

Pour plaire aux chasseurs et aux éleveurs, la préfète de l’Oise ne lésine pas. Par un arrêté du 13 septembre dernier, elle autorise la « destruction » de 1700 renards pendant les cinq prochains mois… Autrement dit, leur massacre méthodique, de jour comme de nuit, par des lieutenants de louveterie, sur l’ensemble du département.

Arguments fallacieux

La représentante de l’État justifie sa décision en accusant ses prochaines victimes de tous les maux : mangeurs de poules, d’oiseaux d’ornement et d’appelants détenus par les chasseurs pour piéger les individus sauvages. Elle leur reproche aussi de s’attaquer au petit gibier de plaine, et de diffuser aussi bien la maladie de Lyme, l’échinococcose alvéolaire, la néosporose, la leptospirose et la gale… Bref, une parfaite compilation des « arguments » aussi habituels qu’aberrants de ceux qui souhaitent transformer les renards en diables à quatre pattes pour légitimer leur extermination.

Nous ne cessons de militer pour rétablir la vérité sur les renards en nous appuyant sur des données scientifiques contredisant point par point leur réputation d’êtres « nuisibles » et démontrant, au contraire, leur rôle écologique inestimable. Au-delà de leur « utilité », ce sont des animaux extraordinaires qui ont toute leur place dans la nature et méritent d’être protégés pour eux-mêmes.

Hors de question de laisser faire!

Mais la préfète de l’Oise n’en fait qu’à sa tête. D’ailleurs, elle prévoyait initialement des abattages plus massifs encore. Son dernier arrêté intervient après qu’elle a été contrainte d’en retirer d’autres pris cet été qui n’avaient été soumis ni à consultation publique, ni publiés au recueil des actes administratifs afin d’éviter notamment que les associations de protection de l’environnement et le public soient au courant de leur existence.

Si la haute fonctionnaire a revu sa copie, le nombre de 1700 morts programmées reste monstrueusement faramineux et injustifiable. Il s’agit, une fois de plus, d’un véritable acharnement contre des animaux déjà persécutés toute l’année et par tous les moyens qui soient dans notre pays.

One Voice a déposé devant la justice administrative une demande d’annulation de cet arrêté préfectoral ainsi qu’un référé suspension en urgence. Nous serons le 4 octobre à 14 h au tribunal administratif d’Amiens pour plaider la cause des renards et empêcher ce carnage. Rejoignez notre combat en signant la pétition « Renards. Nuisibles, vraiment?! »