Sanglier abattu à Cannes : la gestion de la nature et des animaux à coups de revolver

Sanglier abattu à Cannes : la gestion de la nature et des animaux à coups de revolver

Sanglier abattu à Cannes : la gestion de la nature et des animaux à coups de revolver
15.03.2023
Alpes-Maritimes
Sanglier abattu à Cannes : la gestion de la nature et des animaux à coups de revolver
Animaux sauvages

Le 14 mars 2023, la vidéo d’un sanglier « euthanasié » dans la commune de Cannes a été publiée sur les réseaux sociaux. Ce sanglier n’a pas été euthanasié, mais abattu à bout portant sous le regard médusé des passants. Réfugié sur une plage déserte, l’animal apeuré ne présentait aucun danger imminent.

Les sangliers, qui avaient quasiment disparu du territoire hexagonal dans les années 1960, ont été massivement réintroduits, à l’image de ces milliers d’animaux élevés dans le seul but de servir de chair à canon aux chasseurs. Aujourd’hui, ils sont accusés de tous les maux et massacrés alors même que des solutions alternatives existent. Ce sanglier aurait pu être capturé et relâché dans la nature. One Voice se tenait prête à assister la commune dans la mise en œuvre d’une telle alternative.

Cette décision est révélatrice de l’ineptie des méthodes employées par les autorités. Plutôt que de laisser les écosystèmes s’autoréguler, la mise à mort des animaux est toujours privilégiée. Ainsi, alors même qu’ils sont des prédateurs naturels des sangliers, des centaines de loups sont tués chaque année en France.

Quelques jours après le passage à Cannes de l’hippopotame Jumbo, prisonnier du cirque Muller, One Voice attendait davantage des autorités. À l’heure où de nombreux pays développent des initiatives pour réapprendre à cohabiter avec les animaux sauvages, la France fait une nouvelle fois preuve de sa difficulté à sortir d’une logique fondée sur la mise à mort systématique des animaux.

Gard : une louve retrouvée morte étranglée dans un piège

Gard : une louve retrouvée morte étranglée dans un piège

Gard : une louve retrouvée morte étranglée dans un piège
14.03.2023
Gard
Gard : une louve retrouvée morte étranglée dans un piège
Animaux sauvages

À Barjac dans le Gard, le corps d’une louve aurait été retrouvé au début du mois de mars, comme l’a révélé Midi Libre. Elle serait décédée après avoir agonisé dans un collet, un piège barbare pourtant légal. Ce sordide événement nous rappelle une fois encore que ces pièges d’un autre temps doivent être interdits. One Voice entend porter plainte pour destruction d’espèce protégée et infraction à la réglementation encadrant la pratique du piégeage.

Photo : DR

Les collets, des pièges non sélectifs

Bien que les collets soient toujours autorisés par la loi, notamment pour piéger des renards, ils n’en restent pas moins des instruments cruels qui font terriblement souffrir les animaux attrapés.

Un des arguments favoris des piégeurs est celui de la soi-disant sélectivité de ces pièges, qui ne sont censés capturer que les espèces pour lesquelles ils ont été installés. Dans les faits pourtant, dès lors qu’ils sont disposés dans la nature, il est impossible d’empêcher d’autres animaux d’entrer en contact avec eux. C’est ainsi que l’existence de Cooky a pris fin, il y a bientôt cinq ans. Pour lui et pour sa famille, nous avions porté plainte.

Par ailleurs, même si ces pièges parviennent à capturer les individus de l’espèce ciblée, il ne faut pas oublier que le but ultime visé est l’abattage de ces animaux considérés comme gênants, voire « nuisibles » par les éleveurs et les chasseurs.

Les animaux qui ne meurent pas par strangulation peuvent agoniser des heures durant dans un piège à mâchoire, comme ce fut le cas de Cooper, pris dans un dispositif pourtant interdit. Ils peuvent aussi rester prisonniers d’un lacet métallique enserré autour d’une patte ou de l’abdomen, qui joue alors un rôle de garrot pouvant lacérer les chairs. En plus de la douleur physique, ils sont en proie à la peur et à un stress intense, restant aussi exposés aux conditions climatiques et à l’attaque d’autres animaux, avant d’être finalement abattus par le piégeur.

Comme le rappelle d’ailleurs le Dr Gilbert Proulx (biologiste franco-canadien reconnu internationalement pour ses travaux sur le piégeage des mammifères et son expertise en gestion de la faune) dans une étude de 2022* :

«Certaines méthodes de capture et de mise à mort ont des effets si extrêmes sur le bien-être des animaux que, quels que soient les avantages potentiels, leur utilisation n’est jamais justifiée. L’utilisation de collets fait partie de cette catégorie.»

Chiens ou loups, même souffrance

Les loups, qui appartiennent pourtant à une espèce protégée et sont déjà abattus avec la complicité de l’État en plus d’être braconnés, doivent aussi se méfier des pièges. Pourtant, le piégeage d’une espèce protégée est strictement interdit par la loi et peut même s’apparenter à du braconnage.

Selon le journal qui a révélé l’affaire, l’Office français de la biodiversité a récupéré le corps de l’animal pour une autopsie et doit confirmer s’il s’agit ou non d’un loup. La photo qui y a été diffusée le 10 mars 2023 et le témoignage d’un ancien lieutenant de louveterie ayant eu accès à la dépouille laissent peu de doutes.

Mais soyons clairs : si la victime de cet instrument de torture s’avérait ne pas être un loup mais une chienne, ou tout autre animal, son agonie et sa souffrance auront été les mêmes. Pour elle aussi, One Voice demande justice.

Rejoignez-nous dans notre combat : signez notre pétition pour dire stop à la persécution des loups. Pour l’animal pris dans ce piège, One Voice porte plainte pour destruction d’espèce protégée le cas échéant et infraction à la réglementation encadrant la pratique du piégeage auprès du parquet d’Alès.

*Mammal Trapping ̶ Wildlife Management, Animal Welfare & International Standards 121 G. Proulx, editor. Alpha Wildlife Publications, 2022. Citation traduite de l’anglais.

Mise à jour du 16 mars 2023: ajout du nom du journal Midi Libre dès le chapô, et lien vers l’article de presse mis en avant plus explicitement. 

Déclaration des signataires de #RestoreNature

Déclaration des signataires de #RestoreNature

Déclaration des signataires de #RestoreNature
14.03.2023
Europe
Déclaration des signataires de #RestoreNature
Habitat naturel

Nous, soussignées, One Voice et ses partenaires européens notamment du Bureau européen de l’environnement, soit 207 associations de la société civile, appelons tous les États membres, les députés au Parlement européen ainsi que la Commission européenne à adopter de toute urgence une loi forte sur la restauration de la nature, adaptée à la lutte contre le double problème de la crise de la biodiversité et du climat.

Nous nous dirigeons vers une extinction massive de la biodiversité et une dégradation du climat, menaçant le fondement même de la vie telle que nous la connaissons. La science est très claire à ce sujet. Jusqu’à présent, les efforts fournis ont été largement insuffisants pour faire face à ces crises et restaurer notre rapport à la nature. Sans surprise, les sécheresses, les inondations et les incendies de forêt de plus en plus fréquents rendent les effets des crises de plus en plus évidents dans toute l’Europe.

La loi de l’UE sur la restauration de la nature est l’occasion unique de cette décennie de contrer le processus de détérioration continue au profit de la régénération, afin de préparer un avenir vivable, sûr et résilient en harmonie avec la nature. Restaurer la nature signifie restaurer notre plus grande alliée dans la lutte contre la crise climatique et ses graves conséquences, restaurer notre propre santé et notre bien-être, et restaurer nos moyens de subsistance et nos économies. C’est l’un des meilleurs investissements que notre société puisse faire. Mais le temps presse.

Nous exhortons par conséquent les gouvernements nationaux, les membres du Parlement européen et la Commission européenne à :

  • Veiller à ce que d’ici 2030, la restauration de la nature advienne à grande échelle sur les terres et les mers de l’UE. Nous soutenons donc la proposition du rapporteur du Parlement européen de veiller à ce que d’ici 2030, au moins 30 % des terres de l’UE et au moins 30 % de l’espace maritime de l’UE bénéficient par zone de mesures de restauration efficaces, avec des contributions justes et proportionnées de la part de tous les États membres.
  • Garantir des objectifs solides de restauration de la nature pour tous les écosystèmes couverts par la proposition de loi (habitats naturels terrestres, d’eau douce, côtiers et marins, écosystèmes urbains, rivières, habitats des pollinisateurs, écosystèmes agricoles, tourbières et écosystèmes forestiers). Les objectifs doivent correspondre à l’ampleur et à l’urgence des crises qui affectent la biodiversité et le climat.
  • Veiller à ce que tous les objectifs soient pleinement atteints d’ici 2040 au plus tard. Retarder l’action jusqu’en 2050 sape les obligations de neutralité climatique de l’UE et risque d’activer des points de bascule irréversibles.
  • Adopter des objectifs entièrement applicables, avec des garanties claires pour s’assurer que la politique commune de la pêche (PCP) ne bloque pas la mise en œuvre de la restauration marine.
  • Garantir la non-détérioration à long terme des écosystèmes restaurés. Laisser les habitats se dégrader juste après les avoir restaurés non seulement ne permet pas de résoudre les crises à long terme, mais est en outre inefficace par définition et constitue un gaspillage de fonds publics.
  • Établir un cadre de responsabilisation solide pour s’assurer que tous les États membres contribuent équitablement à la loi et peuvent être tenus pour responsables.
  • Obtenir des subventions dédiées à la restauration de la nature dans le cadre du prochain budget de l’UE.
  • Résister aux intérêts particuliers qui tentent perpétuellement de saper la loi sur la restauration de la nature et les contrer.

Retarder l’action, édulcorer l’ambition ou limiter la portée de la loi ne fera que rendre la gestion des conséquences plus ardue, plus coûteuse et plus longue. Cela mettrait notre existence et celle de tous les autres êtres en péril. Aussi, faisons en sorte que les choses fonctionnent dès maintenant.

  • AirClim
  • AKTI PROJECT & RESEARCH CENTRE Alba Natura Civil Foundation
  • Alpe Adria Green International
  • Amigos de la Tierra
  • Aplinkosaugos koalicija (Environmental Coalition of Lithuania)
  • ARCHE NOAH
  • ASOCIACIÓN REFORESTA
  • Association Klaipedian Initiative for Democracy and the Environment (KIDE))
  • Austrian Youth Biodiversity Network – GYBN Austria
  • Balkan River Defence
  • BIOM Association
  • BirdLife – SEO
  • BirdLife Austria
  • BirdLife Bulgaria – Bulgarian Society for the Protection of Birds
  • BirdLife Cyprus
  • BirdLife DOF
  • Birdlife Estonia
  • Birdlife Europe and Central Asia
  • BirdLife Finland
  • Birdlife Greece – Hellenic Ornithological Society BirdLife Hungary – MME
  • BirdLife Italy – Lipu
  • BirdLife Malta
  • BirdLife Slovenia DOPPS
  • BirdLife Sweden
  • Birdwatch Ireland
  • BLOOM
  • Bodensee-Stiftung – Internationale Stiftung für Natur und Kultur
  • BOS+
  • Buglife – The Invertebrate Conservation Trust CEE Bankwatch Network
  • CEEweb for Biodiversity
  • Center for Environmental Policy (AAPC) Center for Protection and Research of Birds
  • Center for Research and Information for the Environment Eko-svest
  • Centrum Ochrony Mokradeł / Wetlands Conservation Centre
  • CIDAMB – Associação Nacional para a Cidadania Ambiental
  • CIPRA Slovenia
  • Client Earth
  • Climate Action Network Europe
  • Climate Catalyst
  • CMCC Foundation | Euro-Mediterranean Center on Climate Change
  • Coalition Clean Baltic
  • Comitato AVB
  • Comité Schone Lucht
  • Cork Nature Network
  • Czech Society for Ornithology
  • Danish Society for Nature Conservation Darnaus vystymosi centras
  • Deutsche Umwelthilfe e.V. (German Environmental Action)
  • Deutscher Naturschutzring (DNR)
  • Dinaricum Society
  • Društvo Ekologi brez meja
  • Društvo Proteus, gibanje za naravo in okolje, Bela krajina
  • Društvo za preučevanje rib Slovenije (DPRS)
  • Eco-TIRAS International Association of River Keepers
  • ECOLISE – European network for community-led initiatives on climate change and sustainability
  • Εcological Movement Cyprus
  • Ecologistas en Acción
  • ECOS – Environmental Coalition on Standards
  • Eko krog – društvo za naravovarstvo in okoljevarstvo
  • Ekoskog
  • El Fanal – Col·lectiu Cultural i Ecologista del Moianès
  • Environmental Center for Administration and Technology
  • Environmental Pillar
  • Estonian Fund for Nature ELF
  • EuroNatur
  • EUROPARC Federation
  • European Anglers Alliance (EAA)
  • European Cave Protection Commission by the Fédération Spéléologique Européenne
  • European Environmental Bureau
  • European Living Lakes Association
  • European Young Rewilders
  • Fältbiologerna
  • Fédération des réserves naturelles catalanes/ RNN Jujols
  • Federation of Environmental Organisations in Cyprus (FEOC NGOs)
  • FIRE
  • Forests of the World (Verdens Skove)
  • Foundation for Peatland Restoration and Conservation
  • France Nature Environnement (FNE)
  • Friends of Akamas
  • Friends of Fertő lake Association
  • Friends of the Earth Cyprus
  • Friends of the Earth Czech Republic – Hnutí DUHA Friends of the Earth Germany – BUND e.V.
  • Friends of The Earth Hungary – MTVSZ – National Society of Conservationists
  • Fundación Española de Renaturalización (Rewilding Spain)
  • Fundación Global Nature
  • Fundacion Nueva Cultura del Agua
  • Fundatia ADEPT Transilvania
  • Gamtos apsaugos asociacija « Baltijos vilkas » Generation Climate Europe (GCE)
  • Generation Earth (Youthnetwork of WWF AT)
  • GEOTA-Grupo de Estudos de Ordenamento do Território e Ambiente
  • GLOBAL 2000
  • Global Nature Fund
  • Global Youth Biodiversity Network (GYBN) Europe
  • Great Lakes and Wetland Federation (Nagy Tavak és Vizes Élőhelyek Szövetsége)
  • Greenpeace
  • Greenpeace Czech Republic
  • GRÜNE LIGA e.V.
  • Gyvo Žalio
  • Herpetološko društvo – Societas herpetologica slovenica
  • Humanitas – Centre for Global Learning and Cooperation
  • IFAW
  • Institute for Agriculture and Trade Policy
  • Institute for ichthyological and ecological research, REVIVO
  • International Mire Conservation Group
  • IPoP – Institute for Spatial Policies
  • Irish Wildlife Trust
  • Jamarski klub Kamnik
  • Koalicja Żywa Ziemia [Living Earth Coalition] LandschappenNL
  • Lašišos dienoraštis
  • Latvian Fund for Nature
  • Latvian Ornithological Society
  • Leefmilieu
  • Legambiente
  • Lietuvos gamtos draugija (Lithuanian Nature Society)
  • Lietuvos geologų sąjunga
  • Lietuvos Žaliasis Aljansas
  • Liga para a Protecção da Natureza
  • Lithuanian Arboricultural Center
  • Lithuanian entomological society
  • Lithuanian Fund for Nature
  • Living Rivers Foundation
  • Luontoliitto (The Finnish Nature League)
  • Lutra, Institute for Conservation of Natural Heritage
  • Mammal Conservation Europe
  • MEDASSET
  • MedINA
  • MedWet
  • Mes Darom (Let’s Do It Lithuania)
  • Michael Succow Foundation
  • Milvus Group
  • MIO-ECSDE
  • Morigenos
  • NABU
  • Natagora
  • natur&ëmwelt
  • Naturalists Club Poland (Klub Przyrodników) Naturefriends International
  • Naturskyddsföreningen (Swedish Society for Nature Conservation)
  • Natuur & Milieu
  • Natuur en Milieufederaties
  • Natuurmonumenten
  • Natuurpunt
  • Natuurpunt vzw
  • Noé
  • NRDC (Natural Resources Defense Council) Oceana Europe
  • OEKOBUERO
  • Okoljsko društvo Proteus
  • One Voice
  • Ornithologische Arbeitsgemeinschaft Bodensee Päästame Eesti Metsad (Save Estonia’s Forests) Paliurus
  • Partnership for Policy Integrity
  • Planet Positive
  • Polish Society for Bird Protection
  • Public Association Republican Center « Gutta-Club » »
  • Rewilding Apennines ETS
  • Rewilding Europe
  • Rewilding France
  • Rewilding Oder Delta
  • Rewilding Portugal
  • Rewilding Rhodopes Foundation
  • Rewilding Sweden
  • Rewilding Velebit Foundation
  • RUPI
  • SABUKO – Society for Nature Conservation Salviamo l’Orso
  • Seas At Risk
  • Sengirės fondas | The Ancient Woods Foundation SEPANSO Aquitaine
  • SFEPM – Societe Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères
  • Slovene Dragonfly Society
  • Slovensko društvo za zaščito voda
  • ŠO društvo Ohranimo naravo čisto
  • Societatea Ornitologică Română
  • Society for Ecological Restoration Europe Society for the Protection of Prespa
  • Society for Sustainable Living
  • SPEA (Portuguese Society for the Study of Birds) SPECO – Sociedade Portuguesa de Ecologia Stop Avalon Tata Civil Mozgalom
  • Swedish Anglers Association (Sportfiskarna)
  • Tagis – Centro de Conservação das Borboletas de Portugal
  • TETT -Tegyünk Együtt Tudatosan Településünkért Egyesület
  • The Finnish Association for Nature Conservation The Habitat Foundation
  • The North Sea Foundation
  • The Polish Society for Protection of Birds, OTOP/BirdLife Poland
  • Umanotera, The Slovenian Foundation for Sustainable Development
  • Verband der deutschen Höhlen- und Karstforscher e.V. / German Speleological Federation
  • Vogelbescherming Nederland
  • Waddenvereniging
  • WeMove Europe
  • Western Center of the Ukrainian department of the International Center of Scientific Culture – The World Laboratory
  • Wetlands International Europe
  • Wild Europe Foundation
  • WWF European Policy Office, on behalf of the EU WWF Network (with WWF in Czechia and WWF-Belgium)
  • Youth and Environment Europe
  • Zeleni Osijek
  • ZERO – Associação Sistema Terrestre Sustentável

Kiska, orque née libre et décédée sans jamais avoir revu la mer

Kiska, orque née libre et décédée sans jamais avoir revu la mer

Kiska, orque née libre et décédée sans jamais avoir revu la mer
11.03.2023
Canada
Kiska, orque née libre et décédée sans jamais avoir revu la mer
Exploitation pour le spectacle

Kiska, dite « l’orque la plus seule du monde », s’est éteinte jeudi 9 mars 2023, dans le même bassin qui lui tenait lieu de cellule d’isolement depuis douze ans. L’orque majestueuse, maintenue en captivité pendant quarante interminables années, avait été capturée dans les eaux islandaises. Elle était alors toute petite.

Enfin un point d’arrêt à quarante ans d’enfer

C’est en 1979 que son exploitation interminable a commencé. Kiska a été arrachée aux siens aux côtés de Keiko. Ils ont passé quelques années dans les bassins du MarineLand ensemble avant d’être séparés. Elle aura vu mourir les cinq bébés qu’elle avait portés et mis au monde dans les piscines du delphinarium…

Un bassin minuscule et la solitude jusqu’à la folie

Quand nous étions venus la voir, il y a un an et demi, elle semblait surtout s’ennuyer à mourir. Pire, elle faisait ce que le monde entier n’a pu interpréter autrement que comme des appels à l’aide : heurter l’eau avec sa queue en surface, donner l’impression de se frapper sur le bord du bassin en verre… Était-ce une manifestation de frustration, de douleur ? La spécialiste en biologie marine Ingrid Visser avait édité un rapport accablant.

À chaque tour qu’elle effectuait pour tuer le temps, Kiska butait contre les parois, ne pouvant évidemment jamais nager à pleine vitesse ni en ligne droite, ni plonger en profondeur, si désespérément seule. Vivre avec les siens constitue pourtant une base essentielle pour les orques. Et même si c’est un strict minimum légal requis au Canada, que les cétacés détenus dans les delphinariums vivent avec un compagnon de leur espèce, là-bas aussi, on n’a que faire de la loi.

Les delphinariums, un enfer sur terre

Malgré les campagnes incessantes des défenseurs des animaux, en Ontario, ou plus largement en Amérique et aussi en Europe, dont nous faisons naturellement partie, jamais le parc passé de mode ni les autorités n’auront eu la miséricorde de lui accorder un semblant de vie et de liberté. Même dans ses vieux jours.

Dans les bassins crasseux de ce parc vétuste, restent 34 bélugas et cinq dauphins. C’est une solution en urgence qui doit être trouvée pour eux.

Derrière une pluie de chiffres, la réalité pour les animaux dans les laboratoires en France

Derrière une pluie de chiffres, la réalité pour les animaux dans les laboratoires en France

Derrière une pluie de chiffres, la réalité pour les animaux dans les laboratoires en France
10.03.2023
France
Derrière une pluie de chiffres, la réalité pour les animaux dans les laboratoires en France
Expérimentation animale

Des dizaines de milliers de souris, de poissons, près de 200 chiens et plus de 130 primates ont subi des expériences « sévères », et des dizaines de milliers de lapins ont enduré des procédures dites « modérées » en France en 2021… C’est ce que nous avons découvert à la lecture des classeurs du ministère de la Recherche. Ces chiffres, en hausse par rapport à l’année précédente, sont consultables sur le site dédié de One Voice.

De la souffrance en général…

La proportion de procédures dites « sévères » est particulièrement haute dans notre pays. Alors qu’elle est d’une sur dix dans l’Union européenne, elle s’élève à une sur sept en France. On nous répond parfois que ce serait parce que l’Hexagone juge avec moins d’intransigeance que d’autres pays les gravités des expériences…

Mais sur quoi se base cette argumentation ? Sur rien. Et tous les membres de l’Union européenne disposent bien des mêmes exemples dans l’annexe de la directive sur les différents niveaux de gravité… Manifestement, la réalité est difficile à assumer dans les couloirs du ministère.

Des lignées génétiquement modifiées et une souffrance accrue

Entre 2015 et 2020, on comptait une centaine de protocoles classés au plus haut niveau de gravité pour la création et le maintien de lignées d’animaux génétiquement modifiés (AGM).

En 2021, ce sont plus de 15 500 souris qui apparaissent dans les déclarations, dont la quasi-totalité pour un seul établissement. L’explication ? C’est ce lieu qui fournit des souches d’AGM aux autres… Admettons. Mais cela n’explique pas pourquoi le nombre d’individus mis au monde avec des modifications génétiques leur occasionnant les pires douleurs a tant augmenté. Sur ce point, le silence du ministère est assourdissant.

Et cette démultiplication n’est pas près de s’arrêter car pour 2022 et 2023, on sait déjà qu’au moins deux projets ont été validés, autorisant chacun l’utilisation de plusieurs milliers, voire dizaines de milliers de souris dans les années à venir, pour créer de nouvelles lignées d’animaux qui vivront un vrai supplice…

Plus de 150 000 lapins

Parmi tous ceux qui ont le malheur de passer entre leurs murs, les laboratoires ont un « goût » toujours davantage marqué pour les lapins. En 2021, ces derniers étaient plus de 150 000 à avoir enduré des tests, et la quasi-totalité à avoir été tués.

Pire : les procédures leur occasionnant des douleurs dites « modérées » continuent d’augmenter. 54 000 d’entre eux ont été utilisés pour la production de produits à base de sang. Et ce protocole ne risque pas de s’arrêter puisqu’il a reçu une autorisation pour avoir recours à 87 500 individus en 2022.

19 000 lapines ont quant à elles été génétiquement modifiées pour produire une protéine dans leur lait. Des expériences considérées comme « légères » et qui, là encore, ont de beaux jours devant elles, avec un projet de création de nouvelles souches approuvé pour produire ce type d’anticorps en 2022.

Les poissons-zèbres, des victimes au nombre exponentiel

Si les poissons-zèbres ne sont pas aussi nombreux que les lapins dans les établissements français d’expérimentation animale, leur nombre ne cesse de croître et ils font l’objet de plus en plus d’expériences « modérées » et « sévères ». En 2021, ils sont respectivement 23 000 à avoir ainsi enduré les premières pour des tests de toxicologie et d’écotoxicologie qui n’étaient par ailleurs même pas obligatoire ; et 15 000 à avoir subi les secondes pour étudier les « maladies animales ».

Difficile de savoir à quoi tout cela était censé servir, mais ce qui est sûr, c’est qu’une foule de poissons-zèbres en ont souffert, la capacité des poissons à ressentir la douleur ne faisant plus débat depuis longtemps…

Et puis il y a les chiens et les primates

Enfin, près de 200 chiens et plus de 130 primates ont eux aussi subi des procédures « sévères ». Parmi eux, 40 chiens ont été utilisés pour tester la toxicité de médicaments humains, tandis qu’une quinzaine de primates ont été victimes de complications inattendues.

Ces chiffres peuvent paraître anecdotiques au regard des millions d’animaux expérimentés en France chaque année, mais ils sont en réalité très importants quand on sait que la France fait partie des pays qui, en Europe, réalisent le plus de tests sur les chiens et les primates.

Une fois de plus, il a fallu s’armer de patience pour obtenir les dernières données détaillées de l’expérimentation animale. Nous ne céderons sur rien et continuerons à les diffuser, afin que chacun puisse savoir ce qu’il se passe derrière les portes des laboratoires français. Tous les chiffres de 2015 à 2021 sont disponibles sur notre site consacré aux analyses des données ministérielles.

Plus de 1.7 millions de citoyens de l’UE réclament la fin du commerce de la fourrure

Plus de 1.7 millions de citoyens de l’UE réclament la fin du commerce de la fourrure

Plus de 1.7 millions de citoyens de l’UE réclament la fin du commerce de la fourrure
02.03.2023
Europe
Plus de 1.7 millions de citoyens de l’UE réclament la fin du commerce de la fourrure
Exploitation pour la Mode

L’Initiative citoyenne européenne Fur Free Europe a pris fin plus tôt que prévu, après avoir remporté le soutien de plus de 1,7 millions de citoyens de l’UE. À présent, il est temps pour la Commission européenne d’agir et d’interdire cette pratique barbare dans toute l’Union européenne.

Lancée le 18 mai 2022 avec l’objectif d’atteindre un million de signatures en un an, l’ICE appelait l’UE à interdire les élevages d’animaux à fourrure et la mise sur le marché des produits en fourrure issus de ces élevages. Elle a atteint son objectif en moins de dix mois avec le soutien de plus de 80 associations militantes européennes, dont plusieurs comme One Voice, sont membres de la Fur Free Alliance. Hier soir, l’ICE a été officiellement close et les signatures vont maintenant être envoyées pour validation conformément au processus avant d’être présentées à la Commission européenne.

En tant que représentante française de la Fur Free Alliance, One Voice estime que le nombre de signatures recueillies envoie un message très clair de la part des citoyens de l’UE à la Commission européenne : l’élevage d’animaux à fourrure doit cesser. Cette pratique n’est pas seulement cruelle, elle est aussi mauvaise pour l’environnement et soulève de graves problèmes de santé publique comme le prouvent les centaines d’épidémies de COVID-19 chez les visons d’élevage.

À ce jour, les responsables politiques de quatorze États membres dont l’Italie, la France, l’Estonie, la Lettonie et l’Autriche, ont interdit l’élevage d’animaux à fourrure. Les sondages d’opinion continuent de montrer que la population y est opposée, et un nombre croissant de détaillants s’engagent à ne plus utiliser de fourrure, comme en témoigne le succès du programme Fur Free Retailer.

« Je suis ravi que l’ICE Fur Free Europe ait recueilli autant de signatures et je tiens à remercier toutes les personnes qui ont travaillé très dur afin qu’un tel résultat soit possible. Le message envoyé à la Commission européenne est on ne peut plus clair : il est temps de mettre un terme à cette barbarie et de déclarer la fourrure révolue dans l’ensemble de l’Union européenne », a déclaré Joh Vinding, président du conseil d’administration de la Fur Free Alliance (FFA).

L’Initiative a recueilli un million de signatures en sept mois, battant tous les records et faisant de cette ICE l’une des plus réussies de l’histoire avec 1 701 892 signatures finales dix mois après son lancement. Ce nombre record de signatures est la raison de sa clôture anticipée et représente un puissant message à l’adresse de la Commission européenne.

La prochaine phase du processus, qui durera trois mois, est la validation des signatures par les États membres. Ensuite, la Commission européenne doit prendre l’ICE en considération et fournir une réponse dans les six mois.

À l’occasion d’une réunion du Conseil de l’Union européenne (Conseil Agriculture et Pêche) en juin 2021, les Pays-Bas et l’Autriche ont présenté une note d’information, soutenue par la Belgique, l’Allemagne, le Luxembourg et la Slovaquie, demandant à la Commission européenne d’interdire l’élevage d’animaux à fourrure. L’appel à proscrire cette pratique au sein de l’UE pour des raisons de bien-être animal, de santé publique et de considérations éthiques a été soutenu par un total de douze États membres lors des délibérations sur ce document.

  • Les besoins comportementaux complexes des animaux sauvages comme les visons d’Amérique, les renards et les chiens viverrins ne peuvent être satisfaits dans les fermes à fourrure.
  • Les élevages d’animaux à fourrure présentent également un risque inacceptable pour la santé animale et humaine, comme en témoigne la pandémie de COVID-19. Des centaines d’élevages de visons à travers l’Europe et l’Amérique du Nord ont été touchés par des épidémies de coronavirus, entraînant l’abattage massif des animaux, et de nouvelles variantes du virus se sont révélées avoir été transmises du vison à l’humain. Une récente épidémie de grippe aviaire hautement pathogène (H5N1) chez des visons d’élevage en Espagne a suscité un regain d’inquiétude en matière de santé publique.
  • Les élevages d’animaux à fourrure ont un impact environnemental majeur étant donné que le traitement et la teinture de la fourrure nécessitent l’utilisation de produits chimiques toxiques. En matière de pollution des sols par les métaux toxiques, la production de fourrure se classe parmi les cinq industries les plus polluantes. Elle représente également une grave menace pour la biodiversité indigène. Des visons d’Amérique et des chiens viverrins échappés des élevages ont établi des populations dans la nature et sont considérés comme des espèces exotiques envahissantes (EEE) ayant des impacts négatifs importants sur la faune indigène européenne.
  • Plus de 1500 détaillants, dont Gucci, Adidas, H&M et Zara, se sont engagés pour un avenir sans fourrure et ont rejoint le programme Fur Free Retailer.

En mars, One Voice se mobilise pour les loups

En mars, One Voice se mobilise pour les loups

En mars, One Voice se mobilise pour les loups
01.03.2023
France
En mars, One Voice se mobilise pour les loups
Animaux sauvages

Bien qu’appartenant à une espèce protégée, les loups en France connaissent une double peine : ils sont victimes de braconnage en plus des tirs subis pour calmer les éleveurs ! One Voice se mobilise tout au long du mois de mars pour informer le public sur ces massacres.

174. C’est le nombre de loups qui pourront être abattus cette année en toute légalité. Pourtant, on en dénombre seulement 921 en France actuellement. Jusqu’au XVIIIe siècle, ils étaient entre 15000 et 20000. Ils ont déjà été exterminés une fois et, dans les faits, l’État fait tout pour les éradiquer à nouveau.

Les loups, des animaux injustement mal-aimés

Ces animaux intelligents évoluent au sein d’une cellule familiale dans laquelle le rôle de chaque membre est déterminé pour favoriser la survie et l’éducation des louveteaux.

Ils jouent un rôle clé pour la biodiversité et aident notamment au développement de la flore et des forêts : avec le retour des loups, les populations d’herbivores doivent désormais se déplacer à une fréquence plus élevée, passant moins de temps à manger, laissant le temps à la flore de se régénérer.

N’en déplaise aux chasseurs de la Drôme qui demandent à tuer les sangliers, trop nombreux selon eux, et se plaignent parallèlement de ne plus en avoir assez à chasser quand les loups se montrent plus efficaces qu’eux…

Des tirs inefficaces pour protéger des animaux destinés à l’abattoir

Des autorisations de tirs sont accordées facilement par les préfets, sans vérifier si les mesures de protection des troupeaux sont mises en place de manière correcte et effective. Opposée à ces tueries, One Voice ne comprend pas pourquoi ce minimum légal n’est jamais respecté !

En effet, aucune étude ne prouve que tuer des loups réduirait leur impact sur les troupeaux. C’est même l’inverse ! Des travaux scientifiques menés dans l’État du Michigan publiés en 2018 ont conclu que les tirs de loups pouvaient donner lieu à une fausse impression de baisse de prédation. La situation peut même empirer, la meute déstabilisée par la perte d’un membre opérant dès lors de manière désorganisée.

Pour les loups, One Voice en justice

Par définition, les tirs doivent en théorie rester exceptionnels, puisqu’il s’agit là d’une dérogation à la protection des loups. Pourtant, les arrêtés préfectoraux sont des copiés/collés, dont les justifications sont souvent vagues et stéréotypées. Au 27 janvier 2023, 2436 autorisations d’abattage sont donc en vigueur, pour tuer… 174 loups.

Pour faire cesser ces persécutions, One Voice s’est mobilisée auprès des juges : plusieurs années de suite au Conseil d’État d’abord, en demandant l’annulation des arrêtés ministériels fixant les conditions et le nombre de loups pouvant être abattus, puis devant divers tribunaux administratifs pour faire annuler des arrêtés autorisant des tirs mortels.

Si nos arguments ont été entendus par le tribunal administratif des Alpes-Maritimes qui a annulé l’arrêté, les autres ont pour le moment refusé de reconnaître l’urgence à protéger les loups…

Au 27 janvier 2023, deux loups ont déjà été mis à mort (dont un braconné) selon les chiffres officiels. Ces données doivent néanmoins être prises avec précaution. Le tableau n’ayant pas été mis à jour depuis un mois, il est très probable que ce bilan sordide soit en réalité plus élevé…

Pour eux, One Voice se mobilise tout au long du mois de mars. Nos militants seront donc à Saint-Maime le 5 mars ; le samedi 11 mars à Manosque et Nantes ; mais aussi à La Rochelle, Lyon
et Paris où ils élargiront la thématique également à la chasse ; à Besançon, les référents des antennes militantes de Haute-Marne et de Savoie/Haute-Savoie se joindront au cortège collectif à l’appel du Pôle Grands Prédateurs et du Collectif Loup Massif du Jura ; le 18 février, cela se passera à Lille, Nice, Troyes, Angers ; le lendemain à Bordeaux. Enfin, notre action se clora le 25 sur les actions de terrain à Aix-en Provence, Avignon et Langres.

Ci-dessous, les détails à ce jour. Il est possible que de nouvelles villes se joignent au mouvement, par exemple Caen et Tours. L’action nationale répertorie toutes les antennes locales militantes de One Voice participantes. Veillez donc à la consulter avant de vous rendre sur place, car les événements peuvent être modifiés à la dernière minute.

DPT VILLES/ DATE ÉVÉNEMENT EN LIGNE LIEU DE L’ÉVÉNEMENT HORAIRE
04 Saint-Maime 05/11 https://www.facebook.com/events/193363959966919/ Chemin du Fosson, parc de la Gare 10h-14h
05 Manosque 11/03 https://www.facebook.com/events/712633990506417/ 42, rue Grande 9h-13h
06 Nice 18/03 https://www.facebook.com/events/694235115774386/ Place Masséna 14h-16h
10 Troyes 18/03 https://www.facebook.com/events/112215665049853/ 71 Rue Émile Zola 15h-17h30
13 Aix-en-Provence 25/03 https://www.facebook.com/events/1209820216593851/ Allées de Provence 10h30-12h
17 La Rochelle 11/03 (loups et chasse) https://www.facebook.com/events/505658638355742 Place de l’Hôtel de Ville 14h-17h
33 Bordeaux 19/03 https://www.facebook.com/events/697216785468039 Place de la Comédie 14h-17h
44 Nantes 11/03 https://www.facebook.com/events/1268619497111153 Place Royale 15h-17h
49 Angers 18/03 https://www.facebook.com/events/182532021142227 Rue Lenepveu 14h-17h30
52 Langres 25/03 https://www.facebook.com/events/906999283840624 Adresse à confirmer 14h-19h
52 Besançon 11/03 (antennes One Voice de Haute-Marne et de Savoie/Haute-Savoie) https://www.facebook.com/events/3420688851502805/ Communiqué commun – du parking Battant à la préfecture du Doubs 14h30-17h
59 Lille 18/03 https://www.facebook.com/events/758151802564894 Rue des Tanneurs 15h-17h
69 Lyon 11/03 (loups et chasse) https://www.facebook.com/events/580911230129398 Place Saint-Jean 13h30-16h
75 Paris 11/03 (loups et chasse) https://www.facebook.com/events/1854218414927666 Place de l’Hôtel de Ville 13h-15h
84 Avignon 25/03 https://www.facebook.com/events/904637383995467 Place du Change 10h-12h

Mise à jour du 8 mars 2023: ajout de l’événement d’Avignon.

Le braconnier d’oiseaux condamné! One Voice victorieuse

Le braconnier d’oiseaux condamné! One Voice victorieuse

Le braconnier d’oiseaux condamné! One Voice victorieuse
28.02.2023
Var
Le braconnier d’oiseaux condamné! One Voice victorieuse
Animaux sauvages

Le délibéré de l’affaire du braconnier de rouges-gorges et fauvettes est tombé le soir même de l’audience au tribunal de Toulon, hier 27 février 2023. L’octogénaire a été condamné et des centaines d’oiseaux sont donc épargnés dans l’opération! Nous sommes extrêmement heureux de cette décision.

L’homme, habitué à enfreindre la loi depuis des années et récidiviste a été mis face à ses actes pendant l’audience: les photographies des oiseaux retrouvés morts après avoir été piégés, trompés par les sons de leurs congénères diffusés via un magnétophone, ont été montrées, et elles étaient très éloquentes. La présidente l’a souligné. Les inspecteurs de l’Office français de la biodiversité qui avaient dressé le procès-verbal de l’infraction et que l’accusé a tenté de corrompre, étaient, quant à eux, très émus à la barre.

Du braconnage au chantage, il n’y a qu’un pas.

À l’audience, le prévenu aura tenté de faire valoir qu’il avait appris à chasser les rouges-gorges et les fauvettes à tête noire avec son grand-père (comme si cela était plus excusable…) et qu’il ne pouvait s’en passer.

Sans complexe, l’accusé a même donné au tribunal le certificat d’un médecin que la présidente a lu à haute voix, dans lequel ce dernier a prétendu que le vieil homme avait besoin de chasser des petits oiseaux tant pour son équilibre psychologique que pour son apport en protéines! Et que l’en priver pouvait le conduire à une grande détresse psychologique, voire au suicide. La présidente a dit être scandalisée par un tel certificat, soulignant qu’un médecin n’avait pas à menacer le tribunal ni à faire du chantage au suicide.

Une peine à la hauteur des faits!

Il a reçu une belle correction de la part de la justice: six mois d’emprisonnement avec sursis simple, mille euros d’amende délictuelle et cinq cents d’amende contraventionnelle, la publicité du jugement à ses frais pendant deux mois (mairie, revue et site internet) ; le retrait du permis de chasse et l’interdiction de délivrance pendant trois ans; l’interdiction de détention d’armes pendant trois ans et, enfin, la confiscation des scellés.

Les petits oiseaux, en France, quand ils ne sont pas victimes de la famine, gênés par les sons et la luminosité des espaces urbains, ou encore pris dans la glu et autres pièges des chasses traditionnelles, sont souvent braconnés. Nous nous félicitons de cette décision, qui enfonce le clou de notre engagement contre une France qui tue ses oiseaux.

L’acharnement contre la faune sauvage captive sanctionné par le Conseil d’État

L’acharnement contre la faune sauvage captive sanctionné par le Conseil d’État

L’acharnement contre la faune sauvage captive sanctionné par le Conseil d’État
22.02.2023
France
L’acharnement contre la faune sauvage captive sanctionné par le Conseil d’État
Animaux sauvages

Depuis plus de cinq ans, nous luttons sans relâche devant le Conseil d’État pour obtenir l’annulation des arrêtés adoptés successivement par le ministère de la Transition écologique concernant la faune sauvage captive. Vendredi dernier, le 17 février, nous avons obtenu une nouvelle victoire avec l’annulation partielle d’un arrêté qui encourageait le trafic et l’élimination d’animaux sauvages.

Depuis des années, nous constatons que le ministère de la Transition écologique s’acharne à adopter des textes qui ne protègent absolument pas les animaux sauvages de la misère et de l’exploitation.

Un premier recours gagné il y a cinq ans

En 2018, sous couvert de vouloir simplifier la réglementation sur la faune sauvage captive, ce dernier a adopté un arrêté qui permettait toutes les dérives et tous les excès, en prévoyant un régime de détention facilité des animaux sauvages, notamment des petits, et en ne tenant pas compte des connaissances scientifiques à leur égard. Bien évidemment, accompagnés de nos partenaires, nous l’avions attaqué devant le Conseil d’État et en avions obtenu l’annulation partielle.

Trois ans après, le gouvernement récidivait !

Le ministère, bien loin de suivre la décision de 2020, a adopté un nouvel arrêté en mars 2021, qui indiquait cette fois-ci que les animaux nés dans les élevages n’étaient pas pris en compte dans le calcul des effectifs tant qu’ils étaient juvéniles.

Ce dédain manifeste pour les lois et les décisions de justice est particulièrement choquant. Une nouvelle fois, le texte ouvrait la voie à la détention et au trafic des petits d’animaux sauvages, comme les tigreaux ou les lionceaux, et poussait les éleveurs à se débarrasser des jeunes avant qu’ils aient atteint l’âge adulte. Forts de ces constatations, nous avons immédiatement déposé un recours, seuls cette fois-ci, en demandant l’annulation partielle de cet arrêté de la honte.

Après une lutte sans relâche, le Conseil d’État a annulé vendredi dernier l’article 3 de l’arrêté de 2021. Ainsi, les nouvelles naissances d’animaux sauvages devront être prises en compte dans le calcul des effectifs, ce qui évitera une augmentation du trafic et l’élimination des petits. Cette décision est un véritable soulagement et – soyons optimistes – devrait mettre fin à de longues années de combat devant les juridictions administratives.

Pour autant, nous gagnons une bataille mais pas encore la guerre : un nouvel arrêté ministériel doit être adopté dans les prochaines semaines pour appliquer les nouvelles règles. Nous y veillerons scrupuleusement et n’hésiterons jamais à saisir les tribunaux pour faire entendre et respecter la voix des animaux !

Bouquetins du Bargy tués en 2019 : la justice donne raison à One Voice en appel

Bouquetins du Bargy tués en 2019 : la justice donne raison à One Voice en appel

Bouquetins du Bargy tués en 2019 : la justice donne raison à One Voice en appel
22.02.2023
Haute-Savoie
Bouquetins du Bargy tués en 2019 : la justice donne raison à One Voice en appel
Animaux sauvages

Quatre ans après, la justice tranche : les bouquetins abattus l’ont été illégalement. Et l’État s’entête pourtant à continuer de tuer ces animaux chaque année. Notre recours déposé contre l’arrêté de 2022 est toujours en cours. Jamais nous n’abandonnerons les bouquetins du Bargy.

C’est un signal positif pour les bouquetins du massif du Bargy que nous avons reçu en ce mois de février (quasiment quatre ans après les faits) ! Ces dernières années, en Haute-Savoie, les arrêtés préfectoraux autorisant des abattages n’ont cessé de pleuvoir. Rien ne semble arrêter les autorités, ni l’inefficacité de ces tirs, ni le fait que ces animaux sont protégés par la convention de Berne…

Une victoire a posteriori qui entérine nos positions et encourage pour l’avenir

En 2019, le préfet avait autorisé la capture et l’« euthanasie » de 50 bouquetins séropositifs à la brucellose et ordonné l’abattage indiscriminé de 20 autres, cédant à la pression d’éleveurs inquiets de supposés risques de contamination de leurs vaches.

Nous avons bien entendu volé au secours de ces animaux agiles. Après un malentendu au tribunal administratif de Grenoble sur notre intérêt à agir, qui a mené au rejet de notre demande d’annulation de l’arrêté préfectoral sans décision sur le fond, la cour administrative d’appel de Lyon nous a cette fois donné raison. Elle a ainsi non seulement demandé l’annulation de l’arrêté de 2019 contre lequel nous nous battions, mais a aussi déclaré que tout abattage de bouquetins sans dépistage préalable n’était pas « la solution la plus satisfaisante pour atteindre les objectifs qu’il poursuit tout en préservant cette espèce protégée ».

Arrêtés à venir : la vigilance reste de mise

Nous nous réjouissons de cette décision qui montre la voie vers un traitement plus juste des animaux sauvages. Pour que les bouquetins cessent d’être victimes de massacres, nous continuerons à nous mobiliser comme nous le faisons depuis 2013.

En mai 2022, nous sommes notamment parvenus à faire suspendre avec nos partenaires un arrêté qui prévoyait la mise à mort de 170 individus. Et cet automne, nous nous sommes dressés contre l’abattage d’une soixantaine d’animaux, débuté dès le lendemain de la publication de l’arrêté. Confrontés à ce passage en force, nous n’avons pas pu déposer de référé dans les temps (les tribunaux étant fermés le week-end, et l’arrêté publié vendredi en fin de journée). La préfecture, quant à elle, s’est empressée d’abroger son arrêté avant l’audience en urgence. Le recours en annulation suit son cours, nous attendons une date d’audience.

Ensemble, nous persisterons à attaquer les arrêtés qui s’en prennent aux bouquetins du Bargy, dans l’espoir que la justice rendra de plus en plus de jugements en leur faveur. Et si possible, avant que les animaux en question aient été tués…