La détresse de l’éléphante Maya ou l’impuissance du droit

La détresse de l’éléphante Maya ou l’impuissance du droit

La détresse de l’éléphante Maya ou l’impuissance du droit
01.05.2018
La détresse de l’éléphante Maya ou l’impuissance du droit
Exploitation pour le spectacle

Cette éléphante d’Asie, âgée de plus de 50 ans, continue d’être exploitée par le cirque La Piste aux étoiles alors que plusieurs vétérinaires attestent que sa santé est en danger et qu’elle est en grande souffrance.

La question de savoir si la détention des animaux sauvages dans les cirques, l’itinérance, le dressage, les spectacles sont compatibles avec leur épanouissement est une question qui doit être soumise à la délibération publique et tranchée dans les mois qui viennent, afin que nous disposions d’un cadre législatif clair, comme c’est le cas dans d’autres pays. L’objet de cette tribune n’est pas de répondre à cette question. Nous voulons simplement porter l’attention des citoyens et des pouvoirs publics sur un cas qui est emblématique de l’impasse dans laquelle nous sommes collectivement.

Enclos minuscule

Maya, une éléphante d’Asie âgée de plus de 50 ans et que suit l’association One Voice, continue d’être transportée et exploitée par le cirque La Piste aux étoiles alors que plusieurs vétérinaires, y compris celui qui a été mandaté en février 2018 par Mme Patricia Willaert, la préfète du Lot-et-Garonne, attestent qu’en raison de son état de santé, elle ne peut plus être sur les routes. L’arrêté du 18 mars 2011 fixant les conditions de détention et d’utilisation des animaux non domestiques dans les établissements de spectacles itinérants n’est pas non plus respecté.

Comme on le voit en lisant les articles 22 et 26 de l’arrêté, les conditions d’hébergement des animaux de cirque doivent satisfaire à des exigences minimales (évacuation des urines, litière adéquate, enclos assurant la sécurité du public hors des spectacles et pendant les spectacles). Les animaux malades ou trop âgés ne doivent plus participer aux spectacles (article 9). Toute personne qui voit Maya, que ce soit dans son enclos minuscule ou dans le camion, comprend que la loi n’est pas respectée. En outre, l’autorité de la préfète est bafouée. Car elle avait demandé que le cirque laisse Maya dans ses quartiers d’hiver ou la transfère dans un sanctuaire, par exemple dans le sanctuaire Elephant Haven, en Haute-Vienne, où sa place a été réservée depuis octobre 2017.

Double injustice

Cette éléphante, qui souffre des pieds et a des stéréotypies attestant l’état de folie auquel ses conditions de vie et sa solitude l’ont conduite, est le symbole d’une double injustice: elle est, depuis plusieurs années, dans un état de détresse qui ne peut laisser personne indifférent et le droit est impuissant. La souffrance de Maya est la preuve tragique que, lorsqu’il est question des animaux, les lois ne sont pas souvent appliquées. De plus, quand des infractions sont dénoncées par une association, comme par One Voice qui, depuis septembre 2016, mène sur ce cas des enquêtes dont le sérieux est indiscutable, on assiste à une bataille juridique, et à des procès qui grèvent le budget des cirques et rendra leur situation encore plus difficile. Pourtant, les faits sont têtus : le vétérinaire mandaté par la préfète parvient aux mêmes conclusions que les spécialistes internationaux auxquels One Voice, en septembre 2017, avaient confié une expertise: l’état de santé de Maya est alarmant, son alimentation et ses conditions de détention ne sont pas adaptées à ses besoins et elle souffre des pattes, sans parler d’un abcès non soigné. Le tribunal de grande instance de Strasbourg a lui aussi reconnu le 13 février 2018 que le travail de One Voice, que le cirque La Piste aux Étoiles avait assignée en justice, était légitime : il a autorisé l’association à poursuivre son combat qui avait déjà rencontré en décembre 2017 le soutien de plus de 100 000 personnes ayant signé la pétition pour libérer Maya (#JusticePourMaya).

Les établissements de spectacles itinérants valent mieux que ce jeu de cache-cache qui conduit certains d’entre eux à se soustraire à la loi. Il y a déjà longtemps que tout le monde sait que, dans certains cirques, les animaux sont maltraités. Les associations de défense des animaux militent contre la captivité des animaux sauvages dans les cirques, mais elles ne sauraient se substituer au législateur. Leur mission première est de dénoncer les situations de maltraitance et de les porter sur la place publique afin que le sort des animaux, qui intéresse de plus en plus de personnes, soit connu, que les éléphants, dont tout le monde reconnaît l’intelligence et la majesté et dont l’espèce est menacée, ne dépérissent pas dans l’indifférence et qu’en l’absence de décision politique claire et courageuse, les lois existantes soient au moins respectées.

La spécificité d’une association comme One Voice est de savoir dialoguer avec les acteurs pour chercher des solutions pouvant convenir à tout le monde. Il n’est pas dans l’intérêt du cirque La Piste aux étoiles de se ruiner en procès ni de perdre tout prestige aux yeux d’un public qui, même quand il continue à aller voir des spectacles avec animaux, ne tolère pas qu’ils soient maltraités. Muriel Arnal, la présidente de One Voice, a apporté une aide financière conséquente à Elephant Haven, installé à Bussière-Galant, afin qu’il puisse accueillir Maya. Tout est prêt pour elle et, de toute façon, elle ne peut plus travailler. Faut-il attendre qu’elle décède? Faut-il attendre un accident? Doit-on donner raison à ceux qui disent que la voie de la réforme, du dialogue et du droit est vaine et que seul un scandale permettra de changer les choses?

Il ne s’agit pas d’un rapport de force entre défenseurs de la cause animale et circassiens, mais d’une exigence de justice : nous voulons que la loi soit appliquée. Maya doit pouvoir jouir d’une retraite bien méritée. Ou alors c’est que nous ne sommes plus dans un Etat de droit.

Retrouver la tribune de Corine Pelluchon et les signataires sur Libération

Pinder raccroche(rait)-il son fouet au vestiaire?

Pinder raccroche(rait)-il son fouet au vestiaire?

Pinder raccroche(rait)-il son fouet au vestiaire?
30.04.2018
Pinder raccroche(rait)-il son fouet au vestiaire?
Exploitation pour le spectacle

Le Cirque Pinder a annulé plusieurs dates de représentations (en mai à Grenoble, Albertville, Valence…), et ne propose actuellement plus de dates à la réservation après le mois d’avril 2018! Serait-ce – enfin – le début de la fin des cirques avec des animaux?

Selon la presse, le cirque a annulé plusieurs dates de représentation, et sur son site internet, plus aucune réservation n’est possible après le mois d’avril. Une spectatrice nous a rapporté les propos que le cirque lui a tenus, mais de notre côté, n’ayant pas réussi à joindre le cirque – tous les numéros sonnant dans le vide -nous ne pouvons vous confirmer ces informations.

On peut toutefois s’interroger sur cette annulation de tournée, à l’heure où la légitimité de la présence du cirque est remise en question à la fois par les défenseurs des animaux, mais aussi par le public, qui se tourne de plus en plus vers des spectacles vivants sans exploitation d’animaux.

Nous nous réjouissons en tout cas que les lions, lionnes, chameaux, zèbres, ânes, chiens et tous les autres animaux de ce cirque soient enfin libérés de la contrainte de l’itinérance, de la captivité dans des cages exigües, et des parkings de bords de route, car hors tournée, ils vivent dans un parc, dans l’herbe, en région parisienne.

 

Sur plusieurs photographies de Jo-Anne McArthur, prises lors de notre enquête l’année dernière, des lionnes et lions montrent les crocs…

Les fauves en ont visiblement assez de ces contraintes, de ces regards, de ces obligations, de cette vie hors sol… au contact perpétuel de ces humains, les oreilles sensibles heurtées par cette musique tonitruante, les yeux aveuglés par les spots lumineux multicolores…

Nous rappelons d’ailleurs qu’il est très mauvais pour le dos d’un lion de se faire enfourcher comme une mobylette par un animal humain, comme le fait à chaque représentation le dresseur. Rien de normal d’obéir à un primate humain pour un fauve ou n’importe quel autre animal, ou d’être rangé comme un outil dans des cages à l’arrière de camions. Cela n’a rien de naturel non plus de se faire fouetter et d’obéir sous la contrainte! Aucun animal n’a à subir tel traitement.
Et quand bien même il serait né en captivité, le besoin et la soif de liberté restent inchangés!

En attendant d’en savoir plus, réclamons des cirques sans animaux!

Photos : One Voice/Jo-Anne McArthur WeAnimals

Le tarpan et l’équilibre écologique

Le tarpan et l’équilibre écologique

Le tarpan et l’équilibre écologique
29.04.2018
Le tarpan et l’équilibre écologique
Habitat naturel

Le tarpan est le plus proche descendant du cheval sauvage ancestral, ancêtre des chevaux dits “domestiques”. Il est utilisé aujourd’hui pour la gestion écologique de territoires naturels. Son retour en France est orchestré par l’association ARTHEN que soutient One Voice.

Le tarpan

Les tarpans, descendants du cheval primitif européen, ont peuplé certaines région de l’Est de l’Europe jusqu’au 19ème siècle. Après leur disparition à l’état sauvage, leurs descendants ont été retrouvés parmi des petits chevaux utilisés par les paysans au Sud-Est de la Pologne. C’est un scientifique polonais, le professeur Vetulani, qui a entrepris de sauver cette “souche” remarquable. Aujourd’hui, elle a été réintroduite dans plusieurs pays où elle est reconnue pour son rôle majeur dans l’entretien des prairies. Aux Pays-Bas en particulier, on la trouve en hardes de plusieurs dizaines – voire même centaines – d’individus au sein de réserves où elle a pu retrouver son mode de vie originel. En France, d’abord importée en Lorraine, elle est présente dans quelques petites réserves, principalement situées au centre-est du pays. (source : ARTHEN).

La place des herbivores

N’en déplaise aux chasseurs, le bien-fondé de la présence d’une espèce ne se résume pas à une étiquette « chassable » et le rôle premier des grands herbivores sauvages n’est pas de finir dans une assiette. Car, sachez-le, les herbivores sont des gestionnaires des paysages qui, par leur pâturage, maintiennent les milieux ouverts comme les prairies. Certes, leurs populations doivent être régulées ; mais comme la Nature fait bien les choses, elle a prévu non pas des chasseurs du dimanche, mais des prédateurs naturels tels que les loups, les ours et les lynx. Ces derniers ne tuent pas les plus beaux spécimens pour en accrocher la tête dans leur salon, mais les plus malades ou fragiles participant ainsi à la bonne santé d’un écosystème dans son intégralité. Pour prendre la pleine mesure du phénomène, rien de tel que la désormais célèbre vidéo de Yellowstone, illustrant le renouveau de tout un environnement suite au seul retour des loups…

L’utilité du tarpan

L’implantation de populations de tarpans en France a des avantages incontestables. Contrairement à l’élevage ovin, ils n’ont pas besoin de traitements sanitaires qui, rejetés dans la nature via les excréments, sont une source de pollution chimique dramatique pour la microfaune. Ils sont aussi naturellement résistants et n’ont pas besoin d’abri ni de compléments alimentaires. Comme leurs ancêtres sauvages ils sont autonomes, indépendants de l’humain et à forte valeur ajoutée pour l’environnement. En d’autres termes, ce sont des gestionnaires naturels des écosystèmes ; les seuls à être en mesure de maintenir ou de participer au retour d’un équilibre durable, bénéfique à la biodiversité.

Agir

One Voice est favorable au retour des grands herbivores tels que le tarpan en France. Il représente un défi majeur dans une société où n’ont droit de cité que des espèces directement utiles pour l’homme. Contrairement à l’élevage extensif ou au pastoralisme qui ne sont pas aussi écologiques qu’on veut nous le faire croire (outre les traitements médicaux, les troupeaux détruisent aussi par le piétinement des espaces fragiles), seules des espèces sauvages naturellement régulées sont réellement respectueuses de la Nature.

L’association ARTHEN met en œuvre le Projet Tarpan, notamment dans la région du Bugey (Ain). Ce projet, à contre-courant d’une approche hippologique traditionnel, a besoin de soutien et aussi de terrains appropriés pour placer différents groupes de ces chevaux.

One Voice soutient ce projet et espère que vous serez nombreux à vous mobiliser pour le rendre possible.

Crédit photo : ©Arthen.

Les mustangs américains, derniers chevaux libres

Les mustangs américains, derniers chevaux libres

Les mustangs americains, derniers chevaux libres
28.04.2018
Les mustangs américains, derniers chevaux libres
Animaux sauvages

Des chevaux soumis, dressés, domestiqués nous entourent. En chacun d’eux vibre pourtant l’âme profonde des derniers chevaux libres, les Mustangs sauvages de l’Ouest américain. Ce peuple fier, revenu à l’état sauvage, doit être protégé.

La peur

La peur éclaire d’un coup ses grands yeux noirs et parcourt la surface de son corps de longs frissons nerveux qui font frémir ses flancs lustrés. À l’est, le feulement lointain d’un puma en chasse vient de résonner dans la nuit. Le vent n’a pas encore porté leur odeur jusqu’à ses narines, mais il peut tourner, ce n’est qu’une question d’heures.
La plus ancienne parmi les juments s’ébroue. Elle relève la tête, hennit en secouant sa crinière puis se met en marche. Il faut quitter très vite les pâturages. Tous la suivent au petit trot, car ils savent que la peur fait naître en elle les choix justes. Pour les Mustangs, la vie, c’est la fuite. La peur, c’est la sagesse. Et la jument la porte en elle.

La petite troupe monte jusqu’au plateau

Le vent y souffle fort, l’herbe y est plus rare. Dominées par les pics enneigés des Rocheuses, les vallées du Montana s’étalent au loin tout autour d’eux, creusées de rivières, de canyons et de lacs, couvertes de bois et de prairies. Se dessinant en silhouettes sur le soleil couchant, plusieurs mâles suivent la harde à distance. Ce sont des adolescents chassés de leur groupe, qui parcourent la plaine en bande à la recherche de juments à séduire et de troupes à fonder.
Le superbe étalon à la robe blanche pommelée de noir qui protège la harde ne l’entend pas ainsi. Sous le regard passionné des femelles, il s’approche de son premier rival, un jeune alezan orgueilleux et le toise, poitrine contre poitrine. Côte à côte, les deux mâles se lancent dans une sorte de danse très étudiée, soulevant la poussière du sol à grands coups de sabots et se dressant face à face sur leurs pattes arrière. Le grand étalon pommelé l’emporte sans se battre ni mordre, tandis que le jeune s’enfuit au galop avec ses compagnons d’infortune.

Il y a longtemps, ces chevaux bigarrés sont arrivés d’Europe, dans les cales des Conquistadors

Certains se sont échappés et sont redevenus sauvages. Les Cheyennes et les Sioux les capturèrent ensuite et leur vouèrent un grand respect. Après le massacre des nations indiennes, des chevaux furent libres à nouveau et quelques-uns d’entre eux le sont encore aujourd’hui. Il n’a pas fallu longtemps pour que tout vernis humain s’efface de leur esprit et que leurs mœurs anciennes leur reviennent du fond des âges. Au fil des unions librement décidées, leurs robes ont revêtu toutes les couleurs de l’arc-en-ciel et leurs corps se sont faits petits, costauds et rapides au contact de la vie sauvage. Leur pelage est plus dru, pour contrer les hivers féroces du nord-ouest des États-Unis.

La tête penchée vers l’herbe mais les oreilles dressées, six juments adultes paissent aux côtés de l’étalon qui revient et se calme. À elles de réfléchir, de prendre soin des jeunes et de veiller à la bonne gestion de la vie quotidienne. La plus âgée se charge de décider des départs et des moments de repos. Sur ce point, tout le monde lui fait confiance, l’étalon comme les autres.
Cette nuit, chacun dormira debout dans le champ de graminées sauvages. Le puma s’est éloigné mais la menace demeure et il faut rester prêt. Demain, lorsque le soleil se lèvera à nouveau, la petite harde de Mustangs se remettra en route vers d’autres collines, d’autres points d’eaux, d’autres pâturages tendres et savoureux.
Ce monde de vigilance extrême, commun aux herbivores, est cependant un monde heureux. Qu’elles sont paisibles, les journées où l’on broute rêveusement les pentes d’une verte colline, tandis que les guetteurs veillent ! Qu’ils sont doux, ces moments d’amour où le poulain de l’année vient pousser son museau contre la mamelle pour engloutir le bon lait !

C’est un peuple paisible, sans frontières, sans territoire, que celui des chevaux sauvages

Sans cesse, ils vont où les saisons les mènent.
Mais aujourd’hui, rares sont les lieux où ils peuvent encore vivre sans mors, ni selle, ni licol, ni longes, ni rênes. Partout où ils subsistent, on les chasse, on les tue, on les mange, on les capture et on les dresse. Il ne reste de par le monde que les mustangs aux États-Unis, les brumbies en Australie, que l’on abat depuis des hélicoptères, et quelques hardes à demi sauvages en Camargue. Avec le cheval de Przewalski et le Tarpan génétiquement reconstitué, ce sont les derniers chevaux libres de notre planète.
Les seuls en qui nous puissions encore lire l’âme profonde de nos chevaux esclaves…

Deux préfectures renoncent aux tirs de nuit sur les renards roux

Deux préfectures renoncent aux tirs de nuit sur les renards roux

Deux préfectures renoncent aux tirs de nuit sur les renards roux
26.04.2018
Deux préfectures renoncent aux tirs de nuit sur les renards roux
Animaux sauvages

Deux projets d’arrêtés préfectoraux, en Meurthe-et-Moselle et dans l’Aube, visant à autoriser les tirs de nuit sur les renards roux ont été abandonnés. Les nombreuses participations aux consultations publiques ont été payantes, et les arguments développés ont remporté la bataille! Plusieurs centaines de renards et leurs petits ont ainsi été sauvés. C’est un pas de plus vers la réhabilitation de cet animal si intelligent et sensible, victime d’une réputation épouvantable.

En février, plusieurs consultations publiques ont été lancées par des préfectures de l’Est de la France, dans l’optique de faire adopter des arrêtés autorisant les tirs de nuit sur les renards roux. Nous vous avions sollicités, pour faire barrage à de tels arrêtés prévoyant le “prélèvement”, autrement dit la traque et la chasse de plus de 500 renards dans les départements concernés.

Pourtant, ces petits canidés ressentent des émotions, sont des êtres sensibles, et intelligents. Ils vivent en famille, et ont une vie subjective très riche, en atteste la place qu’ils ont prise au travers du temps dans nos contes pour enfants et nos imaginaires. Leur ingéniosité et leur vivacité sont remarquables aux yeux humains depuis des siècles.

Fiche Sentience du renard

Les arguments fallacieux des chasseurs révélés au grand jour

Le Collectif Renard Grand Est, dont One Voice fait partie, avait soulevé des contradictions et des arguments fallacieux dans les rapports des fédérations de chasseurs ayant suscité l’écriture de ces arrêtés. Un argumentaire solide et fiable avait été élaboré sur la base des critiques légitimes que soulevaient ces projets d’arrêtés.

En Meurthe-et-Moselle, les chasseurs avaient convaincu la préfecture que les lièvres étaient en danger à cause des renards, et exigeaient le tir de 500 d’entre-eux. Pas à une contradiction près, cette même fédération de chasseurs exigeait le “prélèvement” parallèle de 1500 lièvres dans le même arrêté. Les chiffres avancés dans leur rapport étaient d’ailleurs très discutables.

En Meurthe-et-Moselle comme dans l’Aube, le renard cristallisait encore toutes les peurs irrationnelles autour de maladies, alors que sa présence évite notamment que la maladie de Lyme – dont sont porteurs les campagnols – se propage à grande vitesse, de même pour l’échinococcose alvéolaire…

Nous attendons encore les synthèses et analyses des consultations de la Moselle et des Ardennes, mais le renoncement des préfectures de l’Aube et de la Meurthe-et-Moselle sont très encourageantes! En Meurthe-et-Moselle, 62% des avis déposés étaient contre le projet d’arrêté, ils étaient 96% dans l’Aube!

Le renard roux comme révélateur de craintes irrationnelles

Ce que nos contributions à tous ont permis de montrer est que le renard roux est une fois de plus considéré comme source de tous les maux, bouc émissaire des humains…

Si les populations de perdrix et de lièvres ont besoin d’être “restaurées”, il serait bien plus efficace de les retirer de la liste des animaux chassables, et de protéger leur habitat en cessant de raser toujours plus de forêts pour y mettre en place de l’agriculture intensive avec force épandage de pesticides, ou encore y construire des centres commerciaux.

Les renards régulent leur population à leur habitat et à la présence de nourriture à disposition, il est donc inutile de les chasser ou de les piéger sans fin! Ces pauvres animaux sont considérés toute la saison de chasse comme du gibier, et le reste de l’année comme susceptibles d’occasionner des dégâts, ce qui autorise leur piégeage, et même leur déterrage, quel que soit leur âge, ce qui signifie que les bébés aussi peuvent être massacrés!

Les avis comptent, continuons à agir!

Merci pour votre mobilisation!

Si parfois les avis du public et des défenseurs des animaux sont balayés, cette fois, les deux consultations ont été prises en compte comme il se devait. Les arguments du public étaient fondés sur une base scientifique, technique et étaient très précis, en plus de faire valoir la haute sensibilité de ces animaux si merveilleux.

Alors soyons toujours vigilants, et tenons-nous prêts à écrire à la prochaine occasion, pour défendre les renards! Pour les faire disparaitre de la liste des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts, continuez à signer notre pétition!

Maya maintenue sur les routes, c’est l’impunité pour les circassiens

Maya maintenue sur les routes, c’est l’impunité pour les circassiens

Maya maintenue sur les routes, c’est l’impunité pour les circassiens
19.04.2018
Maya maintenue sur les routes, c’est l’impunité pour les circassiens
Exploitation pour le spectacle

Maya est encore sur les routes d’Europe, dans la remorque obscure du camion du cirque qui la détient depuis des dizaines d’années. Immobilisme du tribunal administratif sous la forme du rejet de notre second recours, et silence de la préfecture ne disent rien de bon de l’état de notre société vis-à-vis de la souffrance manifeste des animaux sauvages captifs.

Une préfecture devenue muette

Dans sa lettre adressée au cirque début mars, la préfète demandait qu’il lui transmette sous quinzaine le lieu fixe dans lequel il comptait faire vivre Maya à présent que l’expertise vétérinaire qu’elle avait diligentée à notre demande, avait conclu notamment que “considérant son âge avancé, Maya exige des conditions d’élevage stables avec des pauses de plus en plus longues entre des trajets plus courts“. Contre toute attente, alors que les échanges étaient maintenus avec la préfecture, depuis que le délai de la mise en demeure de la préfecture au cirque a été dépassé, nous n’obtenons plus de réponses. Du côté des services de l’Etat, c’est silence radio!

Un tribunal administratif qui estime que les faits sont insuffisants et que l’Etat a déjà beaucoup agi.

Le Tribunal administratif, de son côté, dit qu’il n’a pas la preuve que Maya va moins bien qu’en octobre 2017 lors de notre premier recours.
Il considère même que l’on ne peut reprocher à la préfecture d’être restée inactive ou de ne pas avoir pris les mesures nécessaires, en ordonnant l’expertise que nous réclamions depuis des mois.
Pour lui, l’état de Maya s’est même amélioré, puisqu’elle a été vue par un vétérinaire qui lui a retiré un abcès à l’arrière-train, et qu’elle a passé quelques temps (on ignore combien) dans ses “quartiers d’hiver.

Maitre Arielle Moreau, avocate consultante pour One Voice commente: “si les avocats commençaient leur carrière par la défense des animaux sauvages captifs, il est fort à parier qu’ils arrêteraient vite tellement c’est démoralisant! C’est l’un des domaines du droit où on obtient le moins de décisions favorables, en dépit d’éléments objectifs qui confirment des situations de maltraitance et d’actes de cruauté.” Malgré cette déception passagère, nous ne comptons pas laisser Maya dans cette situation.

Il serait inconcevable d’abandonner Maya à ce triste sort.

De nouvelles démarches vont être entreprises pour obtenir la fin de cette vie d’itinérance et de souffrance qui est imposée à Maya. Nous donnerons des nouvelles en temps réel des suites de ces actions.

Toujours plus de chiens fournis aux labos… Fermons l’élevage au lieu de l’agrandir!

Toujours plus de chiens fournis aux labos… Fermons l’élevage au lieu de l’agrandir!

Toujours plus de chiens fournis aux labos… Fermons l’élevage au lieu de l’agrandir!
19.04.2018
Toujours plus de chiens fournis aux labos… Fermons l’élevage au lieu de l’agrandir!
Expérimentation animale

L’élevage de chiens pour les laboratoires que nous suivons de près, cherche aujourd’hui à faire régulariser son agrandissement. Les éleveurs attendent que l’Etat adoube l’important dépassement du nombre autorisé de chiens. Nous demandons la fermeture de cet élevage au préfet. L’expérimentation animale doit diminuer, et non augmenter comme on le constate encore tristement. Ce sont les méthodes substitutives qu’il faut encourager!

L’élevage et l’expérimentation, c’est souffrance sur souffrance.

L’élevage de chiens de Mézilles dans l’Yonne, fournit des chiens pour les laboratoires. D’après les chiffres disponibles, c’est le plus gros élevage de ce type en France.

Dans ce lieu, jusqu’à 500 femelles Beagle et Golden Retriever sont mises à la reproduction sans fin pendant des années et des années. Leurs petits leur sont arrachés pour être envoyés subir des expériences. Et une fois malades ou trop vieilles, que deviennent-elles? Sont-elles elles aussi vendues vivantes ou bien tuées puis vendues en morceaux?

Mais ce sont des êtres sentients qui vivent là! Pour l’écrasante majorité, ce sont des chiens qui y voient le jour… jour qu’ils verront, somme-toute, si peu!

Que ce soit dans l’élevage ou dans les laboratoires, les lieux de vie de ces êtres si doux sont des lieux de détention où aucune prise en compte de leur bien-être n’est ménagée. Ici peu de confort, pas d’attention ni de caresse, entassés dans des cours ou des box froids.

Plusieurs fois par semaine sans trêve, des camionnettes spécialement affrétées les emportent de l’élevage vers les paillasses des laboratoires, et leurs “animaleries”. Ces chiens particulièrement sociaux sont alors séparés de leurs compagnons, frères sœurs. Une fois là-bas, souvent enfermés dans des cages carrelées, ils ne verront plus le ciel, et subiront des tests, certains jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Certains peuvent être engraissés, rendus obèses pour mieux tester des techniques de chirurgie bariatrique. D’autres pourront avoir des os brisés, pour l’étude de prothèses, des femelles pourront subir des avortements et des césariennes forcées pour disséquer le pancréas de leurs chiots…

Si les chiens expérimentés vivent le pire des calvaires, qu’en est-il des autres animaux ?

En France, les chiens font partie des animaux les plus et les mieux protégés de tous, grâce à leur statut d’animaux de compagnie. Pourtant, les laboratoires ont recours à eux de manière croissante pour expérimenter des produits toxiques, irritants, dangereux, tester de nouvelles techniques chirurgicales, ou encore disséquer des parties de leur corps. La législation européenne stipule bien que l’usage des animaux pour l’expérimentation animale doit se réduire, se raffiner, et être remplacée (les 3R) par des méthodes substitutives, telles que les simulations par ordinateur, le croisement des résultats d’autres expériences passées, ou même l’expérimentation in vitro sur des cellules souches… Pourtant, ces méthodes peinent à s’imposer comme il se doit, la recherche n’investit pas suffisamment dans leur développement, alors même que les preuves s’accumulent sur l’obsolescence de certains protocoles et les scandales sanitaires liés à des médicaments testés sur animaux (comme par exemple, le médiator).

Si les chiens Beagle et Golden Retriever, si doux, coopérants et aimants vis à vis des humains, sont élevés et utilisés en nombre croissant pour subir des traitements souvent cruels dans les mains des expérimentateurs, qu’en est-il des animaux moins protégés par la loi, tels que les singes, les lapins, les rats, les souris, les cobayes, les hamsters…?

Où sont-ils emportés ? Quels sont ces laboratoires qui font une si grande “consommation” de chiens ?

Une volonté politique doit s’affirmer !

Une demande de régularisation qui interroge

En septembre dernier, nous avions rencontré la directrice de cabinet du préfet de l’Yonne. Nous lui avions présenté notre rapport sur les beagles et demandé de prendre en considération notre demande de fermeture de l’élevage. Ce n’est pas en pérennisant et en agrandissant les capacités d’accueil des élevages que l’on obtiendra la fin des tests sur animaux.

L’avis publié fait mention de la taille des installations, de l’évacuation des fluides, en apparence, rien que du technique. Mais en y regardant de plus près…

A Mézilles, l’inspection a dénombré plus de 1500 chiens dont 1300 de plus de 4 mois, alors que l’autorisation ne vaut que pour 500 chiennes adultes. L’élevage, qui ne semble pas respecter les normes, demanderait donc une régularisation de l’autorisation précédente. Il y a 15 ans nous avions enquêté sur cet élevage, puis nous avions remis plus de 350’000 signatures au ministère de la Recherche pour exiger l’interdiction des expériences sur les chiens et les chats.

L’État va-t-il encore trancher en faveur du puissant lobby de l’expérimentation animale ou va-t-il enfin prendre la mesure de l’enjeu de la souffrance des animaux, et cesser d’entretenir un système dépassé?

Les actions engagées par One Voice

L’avis d’enquête est paru le 23 mars 2018, pour 30 jours. Le 18 avril, 6 jours avant la clôture, il n’y avait toujours aucun commentaire public dans le registre d’enquête. Peut-être espéraient-ils passer inaperçus…

Nous vous enjoignons d’écrire avant le 24 avril prochain à enquete-publique-649@registre-dematerialise.fr ou directement sur le site de l’enquête publique contre l’agrandissement de cet élevage de chiens voués à l’expérimentation animale!

Nous avons écrit toutes nos objections techniques à l’enquêteur sur la demande de régularisation de l’élevage, et écrivons au préfet. Si la souffrance des chiens destinés à l’expérimentation animale ne touche pas le cœur des autorités, nous espérons qu’ils entendront au moins nos arguments concernant les risques pour l’environnement de cette concentration de chiens.

Nous appelons également à un grand rassemblement devant la préfecture de l’Yonne à Auxerre le 9 juin prochain à 14 heures, et vous invitons à signer la pétition que nous remettrons au préfet. Pour les chiens et tous les animaux victimes d’expérience, merci de votre mobilisation!

 

Le lapin, exploité des poils jusqu’aux yeux

Le lapin, exploité des poils jusqu’aux yeux

Le lapin, exploité des poils jusqu’aux yeux
17.04.2018
France
Le lapin, exploité des poils jusqu’aux yeux
Autre campagne de l’association (ou multiples)

L’exploitation des lapins est sans limite, on ne leur accorde aucun répit… One Voice se bat pour eux, face aux chasseurs, aux laboratoires, aux fourreurs et aux éleveurs pour l’angora.

La vraie vie des lapins, c’est de creuser des terriers dans le flanc des vallons, de grignoter du trèfle en fleur et de faire de grands bonds à travers les prairies. Leur vraie vie, c’est de se battre ou de coopérer avec d’autres lapins, au sein de vastes garennes, de les avertir du danger en frappant le sol du pied ou d’allaiter, le soir venu, une nichée de petits. Des plaisirs simples de l’existence, dont les humains les privent.


Cet animal duveteux, charmant avec ses longues oreilles et sa queue en pompon, peuple nos histoires d’enfants et nos mythologies. Certains le voient même dessiné sur la lune. Tout le monde aime bien les lapins. Et pourtant…

Nous le chassons

Le lapin est « extrêmement rusé », disent les chasseurs. Equipé d’un champ de vision à 360° et toujours en alerte, il s’esquive dès qu’il perçoit la moindre anomalie dans son environnement. Il exploite le plus petit buisson, le plus improbable dénivelé de terrain, pour s’effacer, comme par magie, à la vue de ses poursuivants. Parfois, il surgit brusquement entre les bottes du chasseur, avant de filer sous le couvert des bois. Le lapin a développé de prodigieuses capacités physiques et cognitives pour échapper à la mort .

Le plaisir de tuer est donc augmenté, chez les chasseurs, par la vivacité de cette proie qu’ils traquent avec leur chien. Mais pas seulement : il y a aussi la chasse aux chiens courants, où  « l’ardeur des chiens qui mènent à grands cris un animal insaisissable et les ruses déployées par le lapin offrent un plaisir incomparable »  (sic). Et puis, il y a la chasse au collet, la battue, la chasse à courre — avec des bassets — et la chasse au furet, jusqu’au fond des terriers. Tant et si bien que l’espèce est en train de disparaître en certains lieux d’Europe, privant de nourriture ses prédateurs naturels, comme le lynx, et déséquilibrant ainsi tout l’équilibre écologique d’une région.

One Voice milite pour la protection des animaux sauvages en France et pour l’abolition de la liste noire des « nuisibles », sur laquelle figure parfois le lapin.

Nous le torturons en laboratoire

Chaque année, près de 1,5 million de lapins meurent dans les laboratoires, au terme de souffrances atroces. Comme le lapin ne sécrète pas de larmes, ce qui rend impossible l’expulsion du produit irritant, il est fréquemment utilisé pour le douloureux test de Draize. La tête maintenue dans un carcan, ses yeux sont gardés ouverts par des pinces métalliques. Un produit chimique est ensuite déposé dans son œil, afin d’observer l’irritation de la cornée et les autres dégâts physiologiques que la substance peut causer. La toxicité des herbicides, des produits ménagers ou de beauté, est ainsi mesurée… pendant des semaines ! Le lapin est également exploité pour sa sensibilité aux agents tératogènes, qui lui fait engendrer des monstres.

Au cours de l’une de ses enquêtes dans un laboratoire, One Voice a pu filmer des lapins maintenus dans des boîtes de contention. Un produit leur était injecté dans les oreilles et la fièvre, ainsi déclenchée, était mesurée. Ils subissaient plusieurs tests à la suite. Leurs veines étaient en si mauvais état qu’ils hurlaient de douleur lorsqu’on prélevait leur sang. Avec ses labels, ses enquêtes et sa participation au développement et à la promotion des méthodes alternatives, ainsi qu’à l’évolution du cadre législatif,

One Voice se bat pour la fin de l’expérimentation animale.

Nous le mangeons

Les lapins ont longtemps été élevés dans des clapiers. À l’occasion, ils pouvaient se promener dans un coin de basse-cour, ou tondre la pelouse dans des caisses mobiles, avant d’avoir la nuque brisée dans la cour de la ferme.

Aujourd’hui, la norme est l’élevage en batterie. Des milliers de lapins sont enfermés dans des cages au plancher grillagé de la dimension d’une feuille de papier A4. Le plafond en est très bas et empêche les lapins de bondir, ce qui induit chez eux un profond mal-être et des stéréotypies. Les femelles sont inséminées artificiellement à un rythme soutenu. Rapidement séparées de leurs petits, elles mettent de nouveau bas quelques jours après. Lorsqu’ils atteignent l’âge de dix semaines, les lapins sont entassés dans des camions, en direction de l’abattoir. Les malheureux y seront accrochés par la patte arrière sur une chaîne d’abattage, plus ou moins étourdis à l’électricité, égorgés, écorchés, saignés puis dépecés.

One Voice agit pour une évolution de nos modes de vie vers une alimentation sans cruauté.

Nous l’écorchons

Le commerce de la peau de lapin ne s’est jamais si bien porté. La mode est aux
parements en fourrure et celle du lapin n’est pas chère. En France, quelques 70 millions de lapins sont tués chaque année et leur peau vendue. Il ne s’agit pas seulement d’un sous-produit de l’industrie de la viande, mais de lapins créés et élevés pour leur douce fourrure.

One Voice combat l’exploitation des animaux pour leur fourrure en France et dans le monde.

Nous lui arrachons ses poils

Le lapin angora n’est élevé que pour la production de son poil, une fibre textile très recherchée.
Le poil angora peut se comparer au cachemire, au mohair ou à l’alpaga. Dès l’âge de deux mois, le lapin angora est isolé dans une cage individuelle, car la cohabitation avec un autre lapin provoquerait un feutrage de sa toison. À intervalles réguliers, il est épilé. Attaché à une table, on lui arrache brutalement les poils à pleines poignées, jusqu’à le laisser presque nu dans sa cage, tremblant de froid et de peur. L’enquête, réalisée par One Voice dans plusieurs de ces élevages en France, a mis en évidence la douleur des lapins qui crient quand on les épile. Souvent, un peu de peau part aussi avec les poils…

One Voice milite pour l’interdiction de l’élevage des lapins angoras et du commerce de leur laine.

Soutenez nos campagnes pour les lapins, contre la cruauté et les persécutions dont ils sont victimes dans la nature, les laboratoires, et les élevages pour leur chair, leur fourrure ou leurs poils. 

Au secours d’Elyo, lion couvert de plaies dans un cirque

Au secours d’Elyo, lion couvert de plaies dans un cirque

Au secours d’Elyo, lion couvert de plaies dans un cirque
13.04.2018
Hauts-de-France
Au secours d’Elyo, lion couvert de plaies dans un cirque
Exploitation pour le spectacle

Un lion couvert de plaies survit là, dans son camion. Nous l’avons nommé Elyo, il est le frère de Chirkane, le fauve rebelle qui avait agressé son dresseur en plein spectacle l’an dernier. Nous demandons son retrait immédiat. Et nous déposons plainte contre le cirque pour actes de cruauté, tant pour les autres animaux détenus en très mauvais état eux aussi, qu’au nom d’Elyo, ce lion solitaire et blessé.

Chez les lions, les frères font toujours équipe. Quand ils laissent leur mère derrière eux, c’est à plusieurs qu’ils partent à l’aventure, jamais seuls. Et comme Cecil, c’est entre frères qu’ils fondent un foyer et le protègent des autres mâles. Au cirque, rien de tout cela : les lionceaux sont retirés très jeunes à leur mère, les voyages ne se font qu’en camion et quand un lion se comporte comme un vrai lion, il disparaît.

Chirkane, ce Tilikum parmi les fauves, avait agressé son dresseur le 7 mai dernier à Doullens, devant une foule d’enfants pétrifiés d’horreur.

Où se trouve-t-il aujourd’hui ? « Dans un zoo », répond le cirque sans préciser lequel, alors que dans un premier temps l’euthanasie du lion « fautif » avait été évoquée. Ou bien nulle part aux yeux de son frère, pour qui Chirkane est mort. Nous entendons bien faire la lumière sur ce qui est arrivé à Chirkane. Sans son soutien contre le flanc duquel Elyo aimait s’endormir, sa vie perd tout son sens. Il est seul désormais dans l’enfer des voyages et des spectacles qui font la vie des lions captifs des cirques, et ce de la naissance jusqu’à la mort.

Alors oui, « le lion déprime depuis qu’il a perdu son copain », déclare une circassienne sur l’une des vidéos filmées par les militants du « Nord est pour des cirques sans animaux » et du « CLAC-Collectif de Libération des Animaux dans les cirques ».

Lors du passage de ce cirque dans une petite ville des Hauts de France, ils ont découvert le grand fauve en très mauvais état, au fond de sa cage à barreaux. Sa truffe était abîmée, sa tempe, son front, son arcade sourcilière portaient de multiples lésions.

Les autres animaux semblaient également mal en point. Les images nous montrent leur pelage terne, abîmé, comme assiégé de parasites. Certains d’entre-eux sont d’une extrême maigreur, tandis que d’autres – les herbivores dits « domestiques » – sont attachés à portée de toutes les mains sur le gazon pelé d’un terre-plein dans le centre ville.

One Voice s’indigne du sort réservé à ces malheureux et porte plainte contre le cirque, avec demande de retrait immédiat du lion blessé. Nous demandons également au préfet de mettre tout en œuvre pour confisquer Elyo et nous proposons de le prendre en charge. Enfin, nous écrivons au maire de la ville pour l’enjoindre d’interdire les cirques avec animaux dans sa commune, en espérant que l’exhibition d’animaux aussi misérables lui fera pleinement comprendre la cruauté de cette attraction obsolète. Plus que jamais, One Voice s’engage contre l’exploitation des animaux dans les cirques !

Photos : Le Nord est pour des cirques sans animaux

Lapins angoras: nouvelles images, et révélations de One Voice sur le rapport fantôme de l’INRA

Lapins angoras: nouvelles images, et révélations de One Voice sur le rapport fantôme de l’INRA

Lapins angoras: nouvelles images, et révélations de One Voice sur le rapport fantôme de l’INRA
11.04.2018
Lapins angoras: nouvelles images, et révélations de One Voice sur le rapport fantôme de l’INRA
Exploitation pour la Mode

One Voice avait révélé en 2016 les conditions d’obtention du doux poil angora dans les élevages français. Le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation de l’époque avait fait la sourde oreille aux demandes de l’association, en disant s’appuyer sur un rapport d’expertise de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA). La demande d’accès de One Voice à ce rapport révèle qu’il n’existe pas. En 2018, pour les lapins, rien n’a changé dans les élevages.

En 2016, One Voice révélait, suite à son infiltration de six mois dans six élevages français de lapins angoras, la souffrance que ces animaux ressentent lors de l’épilation.

Plusieurs fois par an pendant des années, pour les « besoins » de l’industrie textile, ces lapins subissent un sort cruel: ils sont étirés et attachés à une table par les pattes, leurs poils sont arrachés manuellement, sans anesthésie. Les lapins hurlent de terreur et de douleur pendant la séance.

Pour le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, « la méthode de récolte par peignage du poil, validée par l’INRA, si elle est réalisée dans les bonnes conditions, ne peut être assimilée à de la maltraitance« .

One Voice a déposé une demande d’accès à la Commission d’Accès aux Documents Administratifs (CADA) pour obtenir ce rapport de l’INRA validant l’activité de récolte des poils de lapins par dépilation sur lequel le ministère se basait pour rendre son avis sur les méthodes d’obtention de l’angora. Le ministère n’a pu fournir le rapport de l’INRA à la CADA. Et pour cause: ce rapport n’existe pas!1

One Voice a reçu de nouvelles images de ces lapins angoras filmées cette année dans l’un de ces mêmes élevages. Rien n’a changé.

Ces animaux vivent toujours dans de minuscules cages, sans protection contre le froid. On sait que certains meurent du choc thermique et du stress dus à l’épilation.

L’investigation de 2016 avait révélé que les lapins sont souvent épilés devant les cages de leurs congénères. Les cris de douleur ne peuvent qu’être une importante source de stress pour ceux dont le tour arrive irrémédiablement. L’opération d’arrachage du poil est si brutale qu’il arrive que la peau se déchire, là où elle est la plus fragile, près des parties génitales.

La plainte de One Voice pour actes de cruauté est toujours en cours contre le principal éleveur français.

1 – En annexe, les lettres du Ministère de l’agriculture et de l’alimentation, et de la CADA

2 – www.stopangora.fr