Mina et Kamala, toujours aux prises des circassiens

Mina et Kamala, toujours aux prises des circassiens

Mina et Kamala, toujours aux prises des circassiens
10.10.2019
Gard Mina et Kamala, toujours aux prises des circassiens
Exploitation pour le spectacle

Critiqué pour ses agissements avec la faune sauvage, le cirque Medrano a sorti le grand jeu cet été. À grand renfort de communication, il a ouvert les portes de sa base technique au public pour prouver combien « ses » animaux étaient heureux. De nombreux visiteurs se sont laissé séduire par son discours rodé. Et l’austère lieu de détention des éléphantes Mina et Kamala est apparu comme un lieu de villégiature idyllique pour certains. Mise au point.

C’est bien connu : « Plus c’est gros, plus ça passe ». Les propagandistes en tout genre l’ont compris depuis longtemps. Les circassiens exploitant des animaux sauvages dans les pires conditions ne font pas exception à la règle. Certains n’hésitent pas à clamer leur amour pour leurs « coéquipiers » à quatre pattes, leur volonté d’agir pour la sauvegarde des espèces et le respect des autres êtres vivants !… Le Cirque Medrano est de ceux-là. Appâtant le chaland à coup de sourires charmeurs et de beaux discours, il se targue d’être aux petits soins pour ses « pensionnaires » et de contribuer à un monde meilleur.

Au paradis de la « jungle » camarguaise

C’est ainsi que l’été dernier, lors de sa traditionnelle pause annuelle, la troupe a décidé d’ouvrir les portes de sa base technique — située à Aimargues (30) — au public et aux médias. « Nous avons eu l’idée d’organiser des visites guidées pour que les gens satisfassent leur plaisir d’approcher des animaux, mais qu’aussi ils constatent qu’ils sont en bonne santé et heureux », se félicitait le directeur de l’établissement lors de l’une d’entre elles. Et ça marche ! De mai à septembre, petits et grands ont pu accéder à ce « Jungle Park » et son « arche » pour admirer des lamas, dromadaires, yaks, vaches ou poneys « en quasi-liberté » selon le référent du site, cité par Midi Libre. Le temps d’une heure savamment orchestrée, les touristes avaient également l’occasion de s’émouvoir des câlins d’une dompteuse à ses « gros bébés » de tigres et d’assister à l’une des « cinq douches quotidiennes » des éléphantes Mina et Kamala, les anciennes codétenues de Lechmee… Cette dernière, elle aussi capturée enfant au sein de sa famille libre en Asie, est enfin à la retraite après 40 ans d’esclavage, grâce à la pression que nous avons exercée sur le cirque. Mais l’établissement affirme aujourd’hui, sans rougir, avoir décidé de lui-même d’accorder du répit à la vieille dame… Car chez Medrano, « on aime les animaux ! »

Mina et Kamala en danger

Malheureusement, Mina et Kamala sont toujours soumises au travail forcé et aux acrobaties ridicules obtenues à coups de pique. Toutes deux cinquantenaires, elles ont pourtant assez sacrifié leurs vies aux caprices de leurs geôliers. Quand goûteront-elles la saveur d’une existence apaisée ? Pour le moment, il suffit de les observer pour mesurer leur immense détresse. Lorsqu’elles sont au repos, non sommées de parader dans les rues ou de hisser leurs corps meurtris sur des tabourets, elles sombrent dans la monotonie. Leurs bains d’eau boueuse ne donnent le change qu’à un public non averti. Leur réalité quotidienne est tout autre. Au sein d’un enclos dépourvu d’enrichissements, sans le moindre endroit pour se réfugier au calme, abreuvées ponctuellement avec un tuyau d’arrosage qu’elles aspirent comme une paille de secours, elles sont exposées aux regards, leurs propres yeux vides d’espoir. Tels des métronomes, scandant chaque seconde d’un balancement de trompe, elles n’ont rien d’autre à faire que suivre le tempo de leur mortel ennui.

Cirque hors-la-loi

En ouvrant sa ménagerie aux badauds, le cirque Medrano dit vouloir jouer la transparence, mais saupoudre en fait son commerce de paillettes. Pire, il agit en toute illégalité et met autant les humains que les animaux en danger. Comme nous en avons aussitôt informé la préfecture du Gard, l’exploitant ne dispose ni de l’autorisation nécessaire, ni des critères requis pour satisfaire aux obligations réglementaires des installations des établissements zoologiques présentant au public des individus sauvages. Concernant Mina et Kamala, elles sont maintenues à distance des enfants par un simple ruban électrique de faible intensité ! Qu’adviendra-t-il si l’une ou l’autre décide un jour de s’échapper ?

À la suite de nos alertes, la préfecture du Gard a fini par procéder à l’abrogation de son arrêté d’ouverture du cirque avant le début de la saison estivale. Hélas, en ce début d’automne, le spectacle itinérant a repris la route en direction de la Bretagne avec, cette fois, l’aval du préfet des Côtes-d’Armor. Nous venons lui enjoindre de dénoncer, à nouveau, les infractions de l’exploitant. Notre appel sera-t-il suivi d’une réponse ? Si ce n’est pas le cas, nous saisirons les tribunaux ! Quoi qu’il advienne, nous continuerons à nous battre pour que Mina et Kamala sortent au plus vite de cet enfer !

Au combat pour Boulie, hippopotame « de cirque »

Au combat pour Boulie, hippopotame « de cirque »

Au combat pour Boulie, hippopotame « de cirque »
08.10.2019
France
Au combat pour Boulie, hippopotame « de cirque »
Exploitation pour le spectacle

Boulie est, avec Jumbo, l’autre hippopotame actuellement exploité par un cirque français. Si elle bénéficie d’une communication plus au point que celle du cirque Muller, son existence est bien sûr du même ordre: l’esclavage en solitaire. Nous déposons plainte pour elle.

On ne peut lui dénier cela: William Kerwich, directeur du cirque Royal Kerwich, délégué général du Collectif des cirques, a bien entendu combien notre lutte pour la libération de Jumbo, détenu par le cirque Muller, et plus largement pour des cirques sans animaux, était intense. Aussi déploie-t-il une « com » façon écran de fumée autour de « son » hippopotame Boulie…

« Que du bonheur! »

Les images diffusées sur la page Facebook de son cirque ne doivent pas leurrer : Boulie y est montrée dans une piscine démontable, mais aussi dans un trou d’eau boueux en bordure du champ devant être celui de ses quartiers d’hiver. De fait, nombre d’internautes félicitent le cirque des bons soins accordés aux animaux, l’une allant même jusqu’à conclure: « Adorable! Les animaux aiment jouer et se montrer en spectacle! La réalité! Que du bonheur. » Objectif atteint, enfin avec ceux qui y croient, veulent y croire à tout crin.

Car la place d’un hippopotame ne sera jamais dans les camions-cages d’un cirque itinérant ni sous le soleil écrasant de la Côte d’Azur, où rien de cela n’existe. Même sorti et arrosé de temps à autre, cet animal foncièrement grégaire est ici, en la personne de Boulie, l’unique représentant de son espèce. Seule et bien captive au sein d’un environnement qui n’a rien d’adapté à ses besoins essentiels: la nage à volonté, qui soulage ses articulations, un libre fourrage, le calme des nuits dans les taillis bordant le fleuve, et une communication permanente, dans l’eau et hors de l’eau, avec ses congénères…

Messages abusifs

Aussi ne faut-il pas confondre bonne « com » et réalité, car entre les deux le fossé est grand. Boulie est ainsi présente sur certaines affiches récentes d’un cirque au discours totalement trompeur. L’une d’elles titre: « Plus près des animaux », et vante même un spectacle pédagogique, éducatif et culturel: « avec des animaux issus d’un programme de reproduction et préservation des espèces suivis par des vétérinaires d’État », programme dont nous aimerions bien avoir connaissance!
Cela sonne comme une œuvre sociale, une action humanitaire, quand il s’agit que d’espèces sauvages durement mises en exhibition et trimballées à tous vents. Une véritable œuvre de conservation de la faune sauvage, sans nul doute! Il va sans dire que le cirque ne dispose évidemment pas d’un arrêté d’ouverture pour une activité de parc zoologique, pas plus que pour celle de « soigneur d’un jour », et bien sûr aucune des prescriptions de l’arrêté parc zoologique n’est respectée dans les quartiers d’hiver nouvellement ouverts au public…

Dans un article parlant de ce cirque « vraiment » Royal, on voit une photo montrant un dresseur nourrissant Boulie et légendée ainsi: « Rodolphe Kerwich (huitième génération d’artistes) et Boulie. Ils ont tous deux 21 ans et ont grandi ensemble. » On pleurerait presque devant tant d’amour, mais le premier est libre, la seconde est détenue et exhibée au public, avant et pendant un spectacle, sans aucun intérêt artistique particulier (monter sur une table, la belle affaire!).
L’impact de tels shows est totalement contre-productif en matière de pédagogie, notamment pour les enfants auxquels on ne doit jamais faire croire qu’un animal, par nature sauvage, puisse être heureux dans un cirque. Un bagnard, voilà tout ce qu’il est, baladé sur les routes puis jeté en pâture aux publics bruyants et hilares, encore et encore.

Boulie, Jumbo: même combat

Le combat pour Jumbo va bientôt arriver sur le terrain judiciaire: en effet, le procès pour mauvais traitements va enfin avoir lieu. Nous ne sommes pas dupes de la réalité qui est celle de Boulie et portons plainte pour mauvais traitements, mauvais traitements commis par un professionnel, placement ou maintien d’un animal sauvage captif dans un habitat, environnement ou installation pouvant être cause de souffrance, exploitation irrégulière d’établissement détenant des animaux non domestiques, atteinte à la conservation des espèces animales non domestiques… Nous espérons que les juges entendront l’argument selon lequel la vie proposée à un tel animal, protégé, ne peut être qu’une souffrance, même déguisée… et dont on ne peut rire quand Boulie déserte le cirque comme en 2018 pour aller se promener dans le potager d’un citoyen résidant près des barnums, ou comme sur notre vidéo de cet été 2019. Un fait divers insolite révélant in fine toute la légèreté avec laquelle on considère la vie d’un être, et la façon dont sont niées ses souffrances et sa solitude.

Soutenez le combat pour Boulie en envoyant un message au Préfet du Var:

  • via Twitter @Prefet83
  • via le formulaire de contact du site de la préfecture
  • via courrier postal, en vous inspirant par exemple de la lettre à télécharger ici, à: Préfecture du Var boulevard du 112ème Régiment d’Infanterie, 83070 Toulon, France

Continuez à signer et partager notre pétition pour des #CirquesSansAnimaux.

De la forêt à la jungle urbaine: les vêtements Manu labellisés

De la forêt à la jungle urbaine: les vêtements Manu labellisés

De la forêt à la jungle urbaine: les vêtements Manu labellisés
07.10.2019
Monde
De la forêt à la jungle urbaine: les vêtements Manu labellisés
Exploitation pour la Mode

La dernière marque labellisée FFR par One Voice depuis Lacoste ne se prend pas les pieds dans le tapis! Bien au contraire, elle se pare de ses plus beaux atours et défile sur les podiums. Actuellement en showroom, la collection « Manu » de Manu Ithier, est la rampe de lancement de cette ligne de streetwear aux accents du sud et aux yeux de félin. Sneakers et sweatshirts garantis sans fourrure: le haut de gamme de la mode urbaine de demain… pardon: d’aujourd’hui!

Le jeune créateur de 32 ans vient d’officialiser l’engagement de sa marque, à la fois contemporaine et aux accents ethniques, à ne pas utiliser du tout de fourrure, et d’aller encore plus loin dans les années à venir avec l’usage de cuir végétal.

Double engagement pour les animaux!

Notre partenariat permet qu’une partie des bénéfices de la gamme automne-hiver de la collection « Manu » (en vente prochainement sur son site), actuellement en showroom à la Fashion Week de Milan, revienne directement aux animaux et à l’univers sauvage dont Manu Ithier s’est inspiré pour la prochaine saison. Car il veut affirmer haut et fort son engagement pour la planète et pour les animaux. Renards, visons, chinchillas… tous ces pauvres êtres doivent cesser d’être martyrisés puis tués dans d’atroces souffrances pour la vanité de quelques-uns.

Jeunesse et savoir-faire

Habiller le pied et vêtir ses contemporains coulerait presque dans les veines de Manu Ithier. Né dans l’univers de la mode au sein d’une famille qui voyageait beaucoup, il a fait de cette itinérance le fondement de son inspiration.

La modernité de son trait semble sorti des plus modernes conceptions asiatiques. Pas étonnant, pour lui qui se rend à Hong Kong régulièrement. Ses sneakers sont hautes, dessinées comme des objets futuristes et d’un confort absolu, comme on imagine que peuvent l’être des coussinets de lynx ou de puma. Après avoir grandi en France, au Brésil et en Espagne, on retrouve aussi les origines latines de Manu dans son nom, ainsi que dans ses matières dont beaucoup viennent d’Italie (y compris le savoir-faire), où il séjourne actuellement une grande partie de l’année.

Un partenariat avec One Voice, une évidence…

Manu Ithier est un designer urbain, qui incorpore à ses imprimés des taches léopard et des yeux de félin. Tout cela ne pouvait qu’être en accord avec la philosophie de One Voice, dont l’animal totem est un tigre et qui est si ouverte à l’international!

Quoi de mieux pour contrebalancer la rentrée, au moment où les magasins vont se remplir à nouveau de pièces entachées de cruauté, qu’une labellisation au programme Fur Free Retailer d’une collection jeune et urbaine comme « Manu »? Le « jungle » streetwear de qualité contre l’usage de fourrure? On ne peut qu’applaudir, et on vous conseille de courir faire de même!

Lionceau sur le dance floor

Lionceau sur le dance floor

Lionceau sur le dance floor
02.10.2019
Calvados
Lionceau sur le dance floor
Exploitation pour le spectacle

Approcher un lionceau dans une discothèque… Pour ceux qui en rêvaient, la boîte de nuit « Le Chic » de Deauville l’a fait. Nous portons plainte contre la préfecture du Calvados qui néglige ce scandale alors qu’il est de son ressort de faire appliquer la loi!

S’amuser avec un bébé fauve en boîte de nuit, c’est « so chic« . Pour ceux qui manquent d’idées de sorties originales, la discothèque « Le Chic » à Deauville se décarcasse (Depuis novembre 2018, la direction de la discothèque a changé. Les nouveaux propriétaires nous ont contactés: leur travail et investissement ne font pas intervenir d’animaux). Le 24 mars 2018, elle proposait à ses nightclubbers de venir danser et siroter des cocktails en compagnie d’un lionceau. Désigné star de la soirée bien contre son gré, le petit félin a été « dignement » accueilli: nuée de fans en délire autour de lui, spots multicolores plein les prunelles, décibels endiablés dans les oreilles… Nul doute qu’un fauve miniature, cela met l’ambiance à coup sûr!

Maltraitance évidente

Le hic, c’est qu’un bébé lion n’a rien à faire là… Est-il nécessaire de rappeler que sa place est auprès de sa mère et que d’être ainsi exposé à des mains inconnues, au vacarme assourdissant, à des néons aveuglants, représente autant de sources de stress extrêmement traumatisantes? Eh bien oui. Une fois encore, nous avons dû nous mobiliser pour rappeler qu’exhiber un lion dans un tel lieu constituait un acte de maltraitance affectant, qui plus est, la conservation de son espèce en danger. En outre, la discothèque « Le Chic »* ne détenait aucune autorisation pour la présentation d’animaux de la faune sauvage au public. C’est un cirque de la région, détenteur du lionceau, qui le lui avait « procuré » en toute illégalité.

Qui incriminer?

Mais porter plainte contre le cirque n’est pas chose aisée. Dans cette affaire, comme dans tant d’autres, identifier formellement le responsable suppose de laborieuses enquêtes au cœur de la jungle des établissements itinérants et de nombreuses démarches auprès des autorités censées les encadrer. Le 28 mars 2018, nous adressions un courrier à la préfecture du Calvados pour lui demander de se saisir du dossier et obtenir le retrait du certificat de capacité du « propriétaire » du lionceau et de sa mère. Peine perdue.
Alors qu’il était de son devoir et en son pouvoir d’intervenir, l’institution ne s’est pas sentie concernée et n’a pas daigné nous répondre… C’est donc contre elle que nous engageons aujourd’hui une procédure judiciaire. Décidément peu préoccupée par la cause animale, elle a déjà décliné sa présence à l’audience qui se tiendra au tribunal administratif de Caen le 3 octobre prochain à 9h30. Mais bien sûr, nous, nous y serons pour défendre les droits du petit lionceau!

Richard M. ou le cauchemar des chiens de chasse

Richard M. ou le cauchemar des chiens de chasse

Richard M. ou le cauchemar des chiens de chasse
30.09.2019
Dordogne
Richard M. ou le cauchemar des chiens de chasse
Animaux familiers

À la suite de la diffusion de nos images d’investigation et dépôt de plainte sur l’affaire des chiens de chasse maltraités en Dordogne, la préfecture locale a réagi… par un écrit pas par des actes. Aussi sommes-nous retournés sur place… pour un surcroît d’horreur et d’indignation.

Le 3 septembre, à la suite de la diffusion de nos images et alors que nous n’avions toujours aucune nouvelle de notre plainte, la préfecture de Dordogne émettait un communiqué qui se voulait rassurant. Le site, dont nous dénoncions l’ignominie des conditions de détention de chiens de chasse, était sous contrôle… Selon le préfet, ni chenil, ni élevage, ni refuge, juste une meute, mais relevant tout de même d’installations classées pour la protection de l’environnement. Ce site au statut décidément particulier était annoncé comme bien connu, et ayant fait l’objet d’une visite récente de la DDCSPP (Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Personnes), le 5 juillet. Conclusion: « Des animaux suivis quotidiennement, disposant d’abris, de nourriture et d’eau en suffisance, et en bonne condition ». Quelques bémols tout de même sur les conditions d’hébergement et le nombre de chiens autorisés, qui sous deux mois devrait être réduit à 45 par une mise en demeure… sans la moindre date de début!

De retour sur les lieux

Le 11 septembre, las de n’avoir toujours aucune nouvelle du procureur et très inquiets pour les chiens, nous sommes retournés filmer le site. Le constat fut effrayant: toujours autant de chiens, disséminés dans une foule d’enclos, de réduits, de niches bricolées, de véhicules à l’abandon. Nous avons vu le locataire des lieux distribuer des carcasses animales entassées dans une brouette métallique: la nourriture est jetée aux chiens, qu’ils soient à l’attache ou libres en enclos, à même le sol, souvent dans la terre poussiéreuse. Aucune caresse n’accompagne la distribution, l’homme marmonne, avec force gestes. Vision de folie sauvage plus que de bien-être…

Des images rapprochées nous donnent, hélas, plus encore de détails: il fait chaud en plein soleil, les chiens halètent, la plupart sont à l’attache permanente. Les cercles de terre battue autour de leur minuscule abri le prouvent. Nombre d’entre eux, même des chiots, n’ont plus d’eau, ou celle-ci croupit au fond des seaux non renversés. Les chiens vivent sur des sols et dans des niches ne respectant aucunement la législation. Vers l’aire où sont stockées les réserves de nourriture, nous filmons des carcasses putréfiées, d’autres rongées par les asticots, des morceaux « frais » laissés à l’air libre couverts de mouches, et d’autres brouettes où macèrent des solides innommables dans une fange sanglante. Une odeur de mort.

Chaussez vos lunettes, M. le Préfet!

Retour aux enclos: une femelle aux tétines pendantes vient chiper une carcasse à un chien à l’attache, pendant que d’autres veulent la saillir. Ici, c’est un pauvre chien qui n’y voit plus: un seul bout d’œil, rongé de conjonctivite, lance un regard perdu au-dessus d’une excroissance grise pendant de sa paupière. Des escarres, le poil sale, il n’en peut plus. D’autres ne cessent de se gratter, la misère sanitaire de ces chiens s’entassant sur une terre nue ne peut en rien être couverte par votre communiqué de presse, Monsieur le Préfet! Chaussez donc vos lunettes car la réalité n’est pas celle de vos communiqués.

Le cœur se serre encore plus quand nous filmons des chiennes nous regardant à travers des grilles installées dans de vieux véhicules transformés en nurseries, et qui pourtant semblent à l’abandon. Toute cette misère est insupportable, le pire étant qu’elle soit étouffée par des communications rassurantes, des postures technocratiques qui, pardon, ne résistent pas aux images de la vraie vie. Nous allons déposer un complément de plainte, nourri de tous les défauts vis-à-vis de la législation relevés dans ces dernières vidéos, et de toutes ces images de chiens livrés à la honte d’une exploitation sans âme. Pour que cela ne soit plus!

Immobilisme ou soutien?

Résumons: à la suite de notre visite au mois de mars et de notre plainte concomitante (certains chiens étaient condamnés au cannibalisme tant ils mouraient de faim) aucune nouvelle du procureur, ni des autorités… A la révélation de nos images en septembre, la préfecture s’empresse de publier son communiqué censé rassurer le public sur l’action des autorités ayant eu lieu deux mois auparavant… mais sans réelle prise en compte de la protection due à ces chiens. En effet, aucune mesure concrète n’est exigée puisque la « mise en demeure » indiquée pour des éléments minimes est évoquée au futur, sans date de démarrage.
Moins de dix jours après ce communiqué, six mois après notre premier passage, nous sommes retournés sur place: rien n’a changé, on en a froid dans le dos. À ce jour, nous n’avons toujours aucune nouvelle quant à l’avancement de notre plainte, malgré nos demandes. Pourtant il y a urgence pour ces pauvres chiens! Alors vous nous permettrez une question: s’agit-il d’immobilisme ou de soutien, face à ce chasseur?

Aidez-nous à les défendre! Venez au deuxième rassemblement #LaChasseUnProblèmeMortel le 5 octobre prochain à Paris, place de la République, avec One Voice et près de 50 partenaires, et signez la pétition pour réformer la chasse en France!

Élevages pour la chasse, les raisons de dire stop

Élevages pour la chasse, les raisons de dire stop

Élevages pour la chasse, les raisons de dire stop
28.09.2019
France
Élevages pour la chasse, les raisons de dire stop
Autre campagne de l’association (ou multiples)

On estime qu’en France, depuis 50 ans, 1 milliard d’animaux ont été élevés et lâchés pour la chasse. Chaque année, 30 millions de « gibiers à plumes » sont élevés en France (1/3 est exporté), dont 14 millions de faisans et 5 millions de perdrix et 1 million de colverts destinés aux chasseurs français. S’y ajoutent des cervidés, des lièvres et lapins, et des sangliers hybridés…

Omerta sur le business?

C’est hélas grâce aux deniers publics (subventions reversées aux chasseurs au titre de leurs « missions de service public ») que ce système perdure, entretenant une filière dépassant 150 millions d’euros de C.A. annuel. Mais excepté le frisson de quelques chasseurs, rien ne légitime cette souffrance organisée à la chaîne dans des élevages industrialisés, et dont l’impact environnemental et sanitaire reste masqué. Car il n’y a en France aussi peu de contraintes administratives et de contrôles réalisés sur les lâchers d’animaux pour la chasse que d’études menées pour en vérifier les suites. Ce faible encadrement interroge visiblement plus les citoyens, concernés par l’usage de leurs impôts, que l’État.

Atteintes à la biodiversité

Le discours officiel des chasseurs, qui évoquent des lâchers favorables au repeuplement, ne tient pas: la plupart des oiseaux relâchés ne voient pas le printemps suivant. Ils sont le plus souvent rapidement abattus, où meurent avant même d’avoir croisé un fusil, face à des prédateurs, des maladies et des difficultés de nourrissage auxquels ils n’ont pas été préparés.

Même si ces relâchers complexifient les comptages de population, globalement, les effectifs d’oiseaux sauvages demeurent faibles, voire déclinent, surtout chez le faisan vénéré. Alors le cycle infernal perdure et pour nourrir les tableaux de chasse, on relâche massivement, en France, des oiseaux d’élevage: par an, autant qu’il en existe à l’état sauvage dans toute l’Europe!
Dire que tant d’animaux sont décrétés nuisibles en raison des dégâts infligés aux cultures, et que pour la chasse on relâche par millions des oiseaux qui, comme les faisans, sont amateurs de pousses, baies ou graines et fréquentent surtout les zones cultivées!

Un non-sens sanitaire

Pratiqué à un niveau quasi-industriel, cet élevage inclut tout un arsenal chimique (anticoccidiens, vermifuges, vaccins, virucides, fongicides, bactéricides et antibiotiques) distribués dans l’alimentation et l’eau. Maladies et parasites sont néanmoins courants dans les élevages, et nulle étude scientifique n’a vraiment étudié le risque de contamination à la faune sauvage.

Car l’effet de ces lâchers est multiple: altération génétique des populations sauvages, impact massif sur les proies naturelles (insectes, escargots) et donc risques épidémiques sur des effectifs déjà peu dynamiques (surtout si les lâchers sont conjugués avec l’agrainage pratiqué « pour » densifier les populations naturelles). Plutôt que de conduire ces études, l’État préfère être complice des chasseurs en aidant, via ses instituts spécialisés, à améliorer génétiquement les lignées d’élevage pour « produire » des animaux adaptés à la chasse : de bon aspect, mais pas trop mobiles.

Les images rapportées par One Voice de ces élevages si discrets sont consternantes. La vie dans de tels milieux concentrationnaires est totalement incompatible avec les besoins biologiques des animaux. Et les souffrances qu’ils endurent seraient-elles légitimes puisque, de toute façon, il sont nés pour mourir? Écœurant cynisme…

#LaChasseUnProblemeMortel: signez notre pétition, venez dire non à la grande manifestation anti-chasse organisée par One Voice et ses partenaires à Paris, le 5 octobre.

Sources : Office nationale de la chasse et de la faune sauvage, Syndicat national des producteurs de gibier de chasse (SNPGC), Enquête ASPAS, « De la cage au carnage », novembre 2018.

Oiseaux élevés pour la chasse, un scandale bien français

Oiseaux élevés pour la chasse, un scandale bien français

Oiseaux élevés pour la chasse, un scandale bien français
27.09.2019
France
Oiseaux élevés pour la chasse, un scandale bien français
Autre campagne de l’association (ou multiples)

Et dire que ce sont nos impôts, reversés aux fédérations de chasse, qui financent l’élevage de ces faisans et perdrix, uniquement destinés aux « chasseurs du dimanche ». Un système inepte et cruel à tous les niveaux.

Des images désolantes

Les amoureux de la nature pourront vous parler de la majesté du faisan fourrageant dans les plaines, des joyeuses troupes de petits perdreaux filant derrière leur maman dans un champ en jachère. Rien de cette liberté dans les élevages d’oiseaux destinés à la chasse, où la logique est industrielle: insémination artificielle et chaînes de tri automatisées pour les poussins nés en incubateur, loin de leurs parents. Au prime âge, les oiseaux vivront dans le noir durant des semaines (l’obscurité limite les agressions dans les concentrations d’animaux grandissant au sol, jusqu’à 50 par m2). Au stade juvénile, il faudra appareiller leur bec de plastique contre les atteintes physiques dans ces élevages à haute promiscuité. Douleur de la perforation des cloisons nasales, gênes dans la déglutition, sont parfois mortelles.

Le bagne avant la mort

Après des semaines passées enfermés dans des bâtiments, les oiseaux sont remisés à l’extérieur. Nos images révèlent des batteries de cages et volières à perte de vue, où règne une forte odeur mêlant la putréfaction des animaux morts et les fèces des survivants. Les couples de perdrix sont en piteux état dans d’étroits boxes métalliques où ils suffoquent l’été, se mutilent entre eux ou en tentant, en permanence, de s’échapper. Les plumages, chamarrés dans la nature, sont ici ternes, dégarnis à force de picages entre détenus. Ces bagnards arborent la tristesse de leur destin.

La présence humaine est ténue, les oiseaux sont livrés à eux-mêmes dans un univers sans enrichissement, au nourrissage automatisé et chimique. L’herbe a disparu depuis longtemps sous les incessants allers-retours des faisans rendus fous par la captivité. La terre est nue, ceinte de grillages doublés de filets de protection. Se jeter contre le grillage ne sert à rien, mais c’est leur principale activité. Le pire concerne les mâles reproducteurs, qui ne quitteront leur clapier ou volière qu’après deux ou trois ans de service, premier et dernier envol…

Souffrance animale, business cruel

Depuis la fin des années 1950, on élève en France des animaux uniquement destinés à la chasse. Espèces parmi les plus tuées en France, faisans et perdrix en sont les principales victimes. 19 millions par an, relâchés sans besoin d’autorisation et guère de contrôles.

Or ces oiseaux, dont on travaille le profil génétique pour les rendre patauds et faciles à tuer, et qui seront relâchés après au moins 15 semaines d’élevage industriel, sont incapables de survivre dans la nature! Face aux prédateurs, aux voitures, aux difficultés pour s’alimenter, aux maladies et bien sûr aux fusils qui les guettent, leur espérance de vie est très limitée. Alors, pour étoffer les tableaux de chasse, on perpétue, chaque année, cet immense et cruel gâchis.

Tout ce business va à l’encontre des besoins biologiques de ces oiseaux territoriaux, faits pour vivre sur de vastes espaces. Ici, privés d’interactions sociales pour apprendre une vie « normale », endurant, l’œil affolé, cette longue et terrible chaîne de « maturation », ils finiront violemment attrapés, entassés dans des caisses de transport livrées aux sociétés de chasse, pour y rester (au propre ou au figuré) de longues heures jusqu’au lâcher vers la mort. Que peut justifier cette souffrance organisée à la chaîne pour des millions d’oiseaux sensibles? Le frisson de quelques nemrods?

Un scandale bien de chez nous, qui n’honore ni les chasseurs ni les autorités qui regardent ailleurs…
#LaChasseUnProblèmeMortel: signez notre pétition, venez dire non lors de la grande manifestation unitaire pour une réforme radicale de la chasse, organisée par One Voice à Paris, le 5 octobre.

Sources : Office national de la chasse et de la faune sauvage, Syndicat national des producteurs de gibier de chasse (SNPGC), Enquête ASPAS, « De la cage au carnage », novembre 2018.

Carnage chez les grenouilles rousses

Carnage chez les grenouilles rousses

Carnage chez les grenouilles rousses
24.09.2019
Beaumont-en-Argonne
Carnage chez les grenouilles rousses
Animaux sauvages

Le 25 septembre prochain, nous défendrons les grenouilles rousses au TGI de Charleville-Mézières. Nous portons plainte contre un braconnier qui a massacré des milliers d’entre elles au mépris de la réglementation protégeant leur espèce et en multipliant les actes de cruauté.

Combien faut-il de grenouilles pour rassasier son ogre? A Beaumont-en-Argonne (08), le 16 mars 2018, une seule perquisition au domicile d’un braconnier a suffi pour découvrir près de 5000 grenouilles rousses (Rana temporaria), mortes ou vives, sur le point d’être dévorées, surgelées et/ou vendues sous le manteau. L’inventaire des inspecteurs de l’environnement fait froid dans le dos: 19 nasses, 2 grandes paires de ciseaux, 35 pots de 70 paires de cuisses, 32 kilos d’œufs d’amphibiens (officiellement destinés à être remis dans leur milieu naturel), 19 grenouilles vertes (Rana esculenta, officiellement capturées par erreur) et 1679 grenouilles rousses vivantes (« pour les consommer fraîches plus longtemps »), ainsi que… 2954 autres déjà amputées de leurs pattes arrière mais qui respiraient encore!

Interminable agonie

En effet, le propriétaire des lieux, aux allures de « paisible retraité », ne se donnait pas la peine de tuer ses victimes avant de les charcuter. Aux enquêteurs, il a présenté ainsi sa technique: « Je prends la grenouille. Je l’assomme et la coupe au ciseau. Ensuite, je tiens dans un chiffon, et avec une fourchette que je pique dans l’entrecuisse, j’enlève la peau. Ensuite, je la noue et coupe les onglets toujours au ciseau. » Passé maître dans l’épouvantable opération, souvent assisté de son épouse, il parvenait ainsi à « préparer » 100 grenouilles par heure… Et à remplir dans le même temps seaux et sacs de « déchets », en l’occurrence les animaux mutilés, qui mettaient souvent plusieurs jours avant de rendre leur dernier souffle, après d’abominables souffrances.

Un si gentil grand-père

Si lors de son audition le 19 mai 2018, l’homme a nié toutes velléités commerciales (alors qu’il avait reconnu vendre les cuisses au cours de la perquisition), il a confirmé son attachement à cette tradition « familiale ». D’ailleurs, il n’en est pas à sa première verbalisation pour des captures de batraciens et c’est donc en toute connaissance de cause qu’il a poursuivi ses méfaits jusqu’ici. Après avoir appris à pêcher les grenouilles rousses avec son père, il les a braconnées toute sa vie, se moquant bien des périodes réglementées de chasse et privilégiant les périodes de fraie, lorsqu’elles dévalent les ruisseaux pour rejoindre les zones de reproduction. Pour les capturer plus sûrement, il utilise des appelants: « J’attrape 5 ou 6 mâles, je les place dans les nasses, et les autres se prennent toutes seules ». Une fois les animaux piégés, place aux grands coutelas et folles réjouissances gustatives chez celui qui se considère comme un « amoureux de la nature »! Convives réguliers, ses fils se sont défendus de participer au massacre mais ont admis qu’ils accompagnaient parfois leur père lors de ses traques et qu’ils piochaient régulièrement dans le réfrigérateur pour régaler femmes et enfants. Comble de l’ironie, l’un d’eux a ajouté que son père prenait soin de faire le nécessaire pour la préservation de l’espèce en veillant à ce que les œufs soient toujours dans l’eau!

One Voice partie civile

Aussitôt informés de cette sinistre affaire, nous nous sommes constitués partie civile pour prendre la défense des grenouilles, leur vulnérabilité et leur extrême sensibilité. Nous les représenterons ce mercredi 25 septembre au tribunal de grande instance de Charleville-Mézières, lors du procès du braconnier et de ses fils également convoqués. Tous trois ont violé sciemment les règles afférentes à la protection des animaux, ainsi que celles relatives à la détention d’espèces non domestiques. Nous nous battrons pour qu’ils écopent de peines exemplaires et qu’ils soient mis hors d’état de massacrer plus longtemps!

Fourrure: le cauchemar français

Fourrure: le cauchemar français

Fourrure: le cauchemar français
23.09.2019
France
Fourrure: le cauchemar français
Exploitation pour la Mode

Après nos dernières révélations sur l’enfer vécu par les visons dans une ferme d’Eure-et-Loir, et alors que s’ouvre la Fashion Week de Paris, nous dévoilons des images en provenance de trois autres élevages français. Partout des scènes d’horreur, partout des êtres en immense souffrance. Il resterait encore cinq établissements en activité dans notre pays. Mobilisons-nous pour exiger leur fermeture. La France ne peut se rendre plus longtemps complice de tant de cruauté!

En juillet dernier, nous dénoncions les effroyables conditions de détention des visons dans une ferme d’Eure-et Loir. Or, les images particulièrement insoutenables et révoltantes que nous avons diffusées ne donnent qu’une idée partielle du calvaire infligé à ces victimes du commerce de la fourrure… Cette semaine, nous dévoilons des images filmées dans les différents élevages de visons de notre pays, qui témoignent d’un drame généralisé, reflet en creux d’une Fashion Week parisienne qui fait ses premiers pas écoresponsables mais continue de nier, année après année, le calvaire des animaux élevés pour leur pelage. En 2016, nous avions révélé les conditions de détention et de mise à mort des visons dans les élevages français. Nous espérions une amélioration, il n’en est rien.

Une horreur omniprésente

Quel que soit leur lieu de séquestration à Spincourt (Meuse), Montarlot-lès-Rioz (Haute-Saône), La Chapelle-d’Andaine (Orne) et Champrond-en-Gâtine (Eure-et-Loir), ces visons – par nature solitaires, avides d’espace et d’exercice – sont condamnés à la promiscuité et l’enfermement. Entassés dans des cages souvent crasseuses, ils suffoquent au sein d’atmosphères sordides où la puanteur et le désespoir règnent en maîtres.

Tandis que les repas en bouillie sont distribués au-dessus des têtes, à même les grillages en enfilade, les déjections dégoulinent sous les corps et s’épandent sur le sol. Fous de détresse et hagards, les pauvres détenus passent leur existence à se heurter, à se cisailler les pattes et s’arracher les dents contre les barreaux. Leurs blessures, souvent extrêmement graves, restent non traitées. Elles saignent, s’infectent.

La souffrance décuplée des malades abandonnés renforce leurs mouvements stéréotypés… jusqu’à l’épuisement. Dans celle que nous avons appelée « la ferme de l’horreur » et pour laquelle notre plainte pour (entre autres) actes de cruauté suit son cours, les cadavres s’amoncelaient et menaient même à du cannibalisme, inexistant à l’état sauvage. Dans les élevages, ces morts « prématurées » sont considérées comme du « rebut » par ceux qui exploitent les visons. Parmi les milliers d’individus voués de toute façon à une mort certaine, ces quelques pertes n’affectent pas les profits.

À la suite de la réception de la lettre de la préfecture, attendue mais décevante, nous avons déposé un recours gracieux contre son refus du 25 juillet 2019 de suspension d’activité ou fermeture de l’élevage d’Eure-et-Loir.

Cruauté labellisée

Nous ne pouvons tolérer que de telles monstruosités continuent! Elles provoquent de surcroît un désastre écologique majeur, notamment en raison des tonnes d’excréments des animaux qui finissent dans les cours d’eau et les polluent! Obtenir la fermeture de cinq fermes est loin de représenter un défi économique insurmontable: d’autres pays, comme la Norvège et les Pays-Bas, se sont déjà engagés dans cette démarche alors que leur production de fourrure est bien plus importante. La Fashion Week de Paris, qui ouvre ses portes ce lundi 23 septembre, tente de se rendre plus verte mais refuse encore toute avancée sur l’usage de fourrure dans les créations présentées.

Certains acteurs majeurs de l’industrie de la mode se sont pourtant engagés au dernier G7 à Biarritz en août 2019 autour d’un « Fashion Pact »: des engagements en faveur du climat, de la biodiversité et des océans. Notre gouvernement doit avoir le courage d’imiter ses voisins et interdire définitivement cette activité sur notre territoire.

Ironie cruelle, les cinq élevages nationaux ont tous hérité du label « bien-être animal » agréé par l’Union européenne. Nous allons lui demander des comptes… De qui se moque-t-on?! Avec nous, exprimez votre opposition à cette violence organisée, autorisée, légitimée par les pouvoirs publics et les politiques.

En 2019, mettons fin au sacrifice des animaux à fourrure sur l’autel d’une « mode » sanguinaire et archaïque. Continuez à signer et partager notre pétition!

Micha, Glasha et Bony: les vétérinaires alarmés!

Micha, Glasha et Bony: les vétérinaires alarmés!

Micha, Glasha et Bony: les vétérinaires alarmés!
19.09.2019
Loir-et-Cher Micha, Glasha et Bony: les vétérinaires alarmés!
Exploitation pour le spectacle

Nous avons sollicité l’avis de vétérinaires spécialistes des ours sur l’état de santé de Micha, Glasha et Bony. En visionnant les vidéos que nous avons diffusées la semaine dernière, ils ont tous tiré la sonnette d’alarme. Leurs bilans dramatiques confirment que les trois ours nécessitent une prise en charge immédiate, loin des griffes des Poliakov. N’attendons pas qu’il soit trop tard!

Ces ours ont été maintenus dans des conditions de stress quasi continu et privés de stimulation mentale positive. Dr John A. Knight

À la suite des images que nous avons dévoilées la semaine dernière, Micha a pu être placé en urgence ce week-end au sein du zoo-refuge de la Tanière (28) et nous nous en réjouissons. Le voici enfin hors des mains des Poliakov et soigné! Mais le pauvre se trouve dans un état désastreux et ses anciens co-détenus, Glasha et Bony, sont quant à eux toujours sous l’emprise des dresseurs… Une aberration compte tenu de leurs conditions de détention épouvantables et des risques pour leur santé.

« Ce type de comportement anormal est considéré comme synonyme de détresse mentale chronique et, dans le cas de l’ours noir (NDLR Micha), il est très évident que l’animal aspire sur les fils de la cage en créant des murmures désespérés se terminant par une «toux». Ces sons sont similaires aux sons émis naturellement par cette espèce, mais totalement hors contexte, un mélange de sons de communication et d’avertissement. » indique le Dr John A. Knight.

Bony et Glasha en péril

Nous avons montré les vidéos de leur enfer à des vétérinaires spécialistes des ours et tous s’accordent pour dire qu’ils sont en danger critique! Ils dénoncent l’absence d’eau potable dans leurs geôles, une alimentation inappropriée et médiocre, quand elle n’est pas moisie… Et bien sûr, ils sont choqués par l’absence de structures adaptées aux besoins élémentaires des ours, ainsi que par des signes cliniques et symptômes de maladies graves.

Le Dr Ilayaraja de l’association Wildlife SOS et vétérinaire du sanctuaire des ours observe notamment la présence de points noirs sur l’une des canines de Bony. Selon lui, ils « indiquent qu’une fracture de la dent a mis à nu la fragile cavité pulpaire et provoqué son infection. Celle-ci peut être fatale à l’ours si elle n’est pas traitée d’urgence par un dentiste vétérinaire. » En outre, l’expert se préoccupe de la vision de l’animal. Il note une dégradation oculaire qui est « visiblement le résultat d’une négligence à long terme et de l’absence de soins médicaux. »

Quant à Glasha, son sort est comparable. En pire: présence alarmante de points noirs sur la canine, fourrure pelée par endroits, « écoulement oculaire purulent, ce qui laisse à penser qu’elle souffre de malnutrition et est infestée de vers », et « excroissance anormale sous l’œil gauche, susceptible d’être cancéreuse. » Le médecin insiste sur l’importance d’examiner celle-ci dans les plus brefs délais pour savoir si elle est maligne et d’administrer un traitement adapté afin de prévenir toute complication au niveau de la vision.

« Les quartiers de nuit se composent de sols en béton nu. Il y a peu ou pas de litière, à l’exception d’un peu de foin fourni à l’ours noir. Ceci est totalement inadéquat pour ces animaux très intelligents. Dans la nature, les ours noirs passent beaucoup de temps dans les arbres, cherchent un abri et se retrouvent le plus souvent dans des zones fortement boisées. Ils évitent les humains et les ours bruns dans la mesure du possible. Ils aiment aussi creuser et fouiller les branches mortes, les cailloux abritant des insectes, etc. Rien ne suggère qu’on ait réellement tenté de subvenir aux besoins psychologiques de cet animal, que ce soit dans ses installations diurnes ou nocturnes. De nos jours, cela témoigne d’un mépris choquant pour le bien-être de cet animal. » -Dr John A. Knight`

Urgence sanitaire

Chaque minute compte pour sauver Bony et Glasha! D’autant que l’absence absolue d’hygiène de leur prison et leur détresse morale ne font que diminuer leurs espoirs de survie. La Dre Amélie Nicolau du Refuge de l’Arche s’inquiète de les voir mordiller ou lécher les barreaux des portes, tourner sans cesse sur eux-mêmes et dodeliner de la tête. Elle souligne que ces comportements de stéréotypie sont observés chez les ours en captivité, « en particulier chez des individus stressés, placés dans un environnement inadapté ou insuffisamment stimulé ».

Ainsi, tous les spécialistes des ours que nous avons interrogés affirment que seul leur placement dans un refuge avec des soins adaptés aura des chances de les soustraire à un funeste destin. Nous nous mobilisons pour que Bony et Glasha soient tous les deux mis définitivement à l’abri de leurs persécuteurs, comme Micha!

Nous avons envoyé les rapports d’experts au ministère de la Transition écologique et solidaire ainsi qu’au préfet afin d’étayer nos plaintes contre les Poliakov. Et nous comptons plus que jamais sur vous pour soutenir notre campagne et signer notre pétition.

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