le dimanche 05 mai 2019 | 11

Le dresseur de Baby face à la justice le 6 mai à Marmande

Connaissez-vous Baby ? Peut-être pensez-vous que non. Probablement que si. Voilà plus de 30 ans que cette éléphante arpente les plateaux de cinéma, apparaît dans des spots publicitaires, participe à des émissions de télévision, s’assoit sur des tabourets dans des numéros de cirque... Son dresseur passe devant le Tribunal correctionnel d’Agen à la chambre détachée de Marmande à 14h ce mardi 6 mai pour exploitation irrégulière d’animal non domestique.

Hr blog

Edit au 6 mai 2019
Le jugement est mis en délibéré au 3 juin 2019 à 14h.

Une éléphante déracinée

Originaire d’Afrique, Baby a été capturée en 1985 lorsqu’elle avait deux ans. Comme tous les éléphanteaux kidnappés à l’état sauvage, elle a dû vivre bien des traumatismes avant de se retrouver en France pour faire le show. Depuis, proposée à la location par Gilbert Bauer, elle est exhibée pour animer aussi bien des inaugurations officielles, des arbres de Noël, des foires-expos, des défilés municipaux, des goûters pour enfants, des anniversaires et autres soirées privées. À écouter le dresseur, Baby est comme sa fille et nage dans le bonheur à ses côtés... Le public est bercé par cette illusion, mais est-ce une vie pour une éléphante?

Déracinée de sa terre natale, isolée de tout contact avec les siens — alors que les éléphants sont des animaux hautement sociaux — et souffrant d’une infirmité à la patte arrière gauche, elle est si seule... À son âge, Baby devrait vivre dans la savane brûlante avec sa mère vieillissante et ses sœurs, ses éléphanteaux et ses neveux. Marcher serait leur quotidien, rythmant les apprentissages des petits, la transmission des matriarches. Leur mémoire commune les mènerait de lieu en lieu, ceux de l'amour, ceux du recueillement, ceux des festins...

Mais Baby est loin de cette vie-là, elle ne peut que la rêver, contrainte comme elle l'est à tourner sur elle-même sur un tabouret, à renvoyer la balle sur une musique tonitruante, à poser pour des photos ou à être forcée de parader sur du bitume, à proximité d'humains qu'elle n'aurait jamais dû croiser.

Procédure pénale

L'association suit et surveille Baby depuis longtemps, et n’a eu de cesse de réunir de nombreuses preuves pour dénoncer sa maltraitance et la secourir.

Le 27 mai 2017, Gilbert Bauer est allé trop loin, et nos alertes ont été entendues par les autorités. Ce jour-là le dresseur a fait parader Baby sans respecter les mesures de sécurité réglementaires concernant la présentation d’animaux sauvages au public. Les inspecteurs de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) ont pu constater qu’aucune barrière ni clôture électrique ne séparaient la foule de l’éléphante, qu’elle devait supporter des figurants juchés sur son dos et que les passants, dont des enfants, pouvaient l’approcher de très près.

Les conséquences de cette infraction auraient pu être dramatiques et Gilbert Bauer est désormais poursuivi pour exploitation irrégulière d’animal non domestique. Il doit comparaître devant le tribunal de grande instance d’Agen ce 6 mai à 14h. C'est une avancée. One Voice souhaite cependant aller plus loin et demande que cette procédure pénale soit requalifiée en mauvais traitements et que Baby lui soit confiée.

Pour elle et l'ensemble des animaux exploités pour le divertissement de certains humains, réclamons l'interdiction de cette pratique. Leur place est dans un sanctuaire!

Hr blog

Dans la thématique

Une nouvelle plainte pour Jumbo
La Piste aux étoiles, toujours en ligne de mire

Commentaires 11

En déposant un commentaire j'accepte la charte de modération des commentaires.

Motchy 72 | lundi 03 juin 2019

Je demande qu'on libère ce jeune éléphanteau, sa place n'est pas là. Pour que les cirques soient sans animaux! Je suis indignée de voir encore cela maintenant...

adrienne | dimanche 02 juin 2019

LIBERTÉ POUR TOUS CES ANIMAUX SAUVAGES. C'est une honte de les voir ainsi dans des conditions de vie horribles.

bidule | mercredi 15 mai 2019

Il est vrai que les gens qui regardent les spectacles ne voient pas derrière la scène, les drames qui se déroulent en dehors : le dressage brutal parfois, la privation de liberté, la privation de son environnement naturel et d'affection de ses congénères, l'obligation de répondre présent et ceci de manière constante à des sollicitations indignes de son statut d'être vivant méritant du respect et même de la considération et surtout de beaucoup d'amour.

dany | dimanche 12 mai 2019

J'éspère de tout coeur que cette éléphante va être libérée de cet esclavage. Depuis l'âge de 2 ans elle est à la merci de gens sans scrupules, il faut que ça cesse. Les animaux ont un cœur énorme rempli de gentillesse et ça me révolte de voir que certains (soi disant) humains abusent de leur innocence.