le mardi 16 novembre 2021 | 22

Exploités, utilisés comme des outils, oubliés de tous : la vie des chiens de chasse


Mis à jour le 16 novembre 2021

Nous publions nos images d’infiltration du monde de la chasse spécifiquement consacrées aux chiens. Le traitement qui leur est réservé, bien loin de celui dont parlent les chasseurs, est révélateur de la manière dont fonctionne ce milieu. Chez les chasseurs, il y a le laïus officiel, et il y a les faits. Nos enquêtes ne cessent de révéler ce double discours. Malheureusement, le sort qu’ils infligent à leurs chiens n’y fait pas exception...

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Des politiciens flattant les fusils au nez et à la barbe du reste d’entre nous

Nous l’avons montré à de multiples reprises et depuis des années : dans le monde de la chasse, les participants ainsi que les dirigeants des fédérations de chasse se croient tout permis. En effet, on ne compte plus les passe-droits dont ils bénéficient. Il n’y a qu’à voir combien ils sont courtisés à chaque campagne électorale... Pourtant, la population développe année après année un sentiment anti-chasse croissant, et se sent de moins en moins en sécurité à proximité des zones où la chasse est autorisée (sondages IPSOS/One Voice de septembre 2021 et d’octobre 2018).

Quand il s’agit des chiens, les chasseurs parlent d’amour...

En réalité, les chiens sont violemment rudoyés quand ils n’obéissent pas au doigt et à l’œil. Ils sont remisés dans des chenils extérieurs à l’année, affublés fréquemment de colliers anti-aboiements électrifiés, ne recevant en guise d’ « amour » que leur pitance.

Nos enquêteurs l’ont vu, pendant la saison de chasse : ils sont surexploités, comme du matériel agricole. Ils sont préparés à l’avance, sous-alimentés. Et pendant la chasse ils doivent être performants, sous peine d’être la cible de la colère des chasseurs. Souvent nous les voyons, isolés, perdus, errant dans les champs et sur les routes, se mettant ainsi en danger, quand ils ne meurent pas de fatigue, assoiffés sur le bas-côté...

Certains reçoivent, comme les riverains ou automobilistes, des balles perdues, quand il ne s’agit pas d’erreurs directes d’identification de cible dont les chasseurs sont familiers. Pourquoi sinon, avant chaque battue, les consignes de sécurité mettent-elles un point d’honneur à souligner lourdement d’y faire attention, anecdotes tragiques à la clé (voir notre vidéo) ? Les chiens se trouvent aussi en première ligne face aux animaux traqués qui tentent par tous les moyens de survivre.

Quand les chiens sont blessés, ils doivent dans le meilleur des cas patienter plusieurs jours avant de voir un vétérinaire, souffrant dans l’intervalle. Dans les autres cas, comme nos enquêteurs l’ont filmé, ils peuvent aussi être opérés ou recousus par des mains non expertes, sans hygiène ni anesthésique sur le terrain, à deux pas des corps des animaux abattus ! Mais la plupart du temps, on laisse leurs blessures, si on les estime « légères », cicatriser toutes seules. Quoi qu’il en soit, s’il meurt, un chien, même le « meilleur », se remplace.

... pour parler de chiens-outils jetables

Quand la chasse est finie, les chiens sont une fois de plus entassés comme des outils, souvent de force, dans des remorques sombres ou des camionnettes à plusieurs niveaux.

Leur vie compte-t-elle pour les chasseurs ? Ils sont utiles, à l’évidence. Mais quel est le sort qui leur est réservé quand ils ne sont plus performants ? Dans les faits, ces chiens sont interchangeables. Et quand le temps est venu de s’en procurer de nouveaux, les chasseurs se tournent vers l’un des leurs qui fait de l’élevage, tel Mandral par exemple... Et nous avons révélé dans quel univers ces pauvres chiens se reproduisent et grandissent.

Enfin, quand des actes de maltraitance sur un chien « de chasse » sont requis en justice, son « usage » entre en compte alors qu’il n’y a qu’une législation pour tous les chiens ! Le regard que l’on porte sur eux ne devrait pourtant pas différer de l’un à l’autre ! La société a encore beaucoup à faire pour nos compagnons. Un grand pas en avant est indispensable.

Nous organisons une action de sensibilisation dans toute la France pour les chiens de chasse les deux derniers week-ends de novembre. Nous vous y attendons nombreux ! Et que vous nous rejoigniez ou non, nous comptons sur vous pour signer notre pétition pour qu’ils soient traités exactement comme tous les autres chiens. Avec un amour qui a leur intérêt à cœur et une justice réellement protectrice.

Julia Mothé
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Commentaires 22

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Chantal Appietto | vendredi 17 décembre 2021

Bonjour. Je viens de voir votre post . J'ai adopté au mois d'avril 2021 une fifille x Braque de 5 ans . Elle est adorable et je suis prête à adopter un autre chien de chasse mâle, l âge m'importe peu même âgé, l'essentiel est qu'il soit OK avec mes enfants de 8 ans . Je suis révoltée de voir toutes ces maltraitances envers le s chiens de chasse (les autres aussi).
Cordialement.

Siff | vendredi 17 décembre 2021

Que dire, devant tant de cruauté...que fait donc notre président? C'est à désespérer !!!!!

Isaline | vendredi 26 novembre 2021

Pauvres chiens , ils ne méritent pas d'être traités ainsi.
Les chasseurs sont prêt à tout, ils aiment faire souffrir les animaux qu'ils chassent mais aussi leurs chiens!
Ils sont abjects !!

DKR | jeudi 25 novembre 2021

"les nuisibles" voilà bien et uniquement à quoi se résume le meilleur adjectif pour les chasseurs, pauvres types, frustrés du kaki et du fusil et de plus vrais brelles en tir, vu le nombre exponentiel d'accidents chaque année.
La honte et la lie de la société, qu'ils soient campagnards où mondains, ces hors-la-loi ouvrent la porte à la fin de l'évolution du monde.
Ces pleutres, envoyez -es donc plutôt face à de vrais combattants à 2 pattes, où l'équilibre du combat pourra enfin être apprécié...