La période de chasse s’arrête, la violence contre les animaux, elle, continue
Fin février marque la fermeture officielle de la chasse. Cette date pourrait laisser croire que la faune sauvage bénéficie enfin de quelques mois de répit. Il n’en est rien. Dans les forêts, cerfs, biches et chevreuils seront traqués jusqu’à fin mars lors de chasses à courre, tandis que les sangliers, considérés comme des bêtes à abattre, et tous les oiseaux et mammifères classés « Espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » (ESOD), peuvent être abattus toute l’année. Ce clap de « fin de saison » n’est qu’un trompe-l’œil.
On voudrait croire qu’après février, les animaux sauvages peuvent enfin vivre en paix, sans craindre les balles ou les pièges dissimulés dans les sous-bois. Mais la traque ne s’arrête pas à l’aube du printemps. Des chasses à courre prolongées jusqu’à fin mars aux chasses anticipées des daims et des chevreuils qui reprendront le 1er juin, en passant par la sadique vénerie sous terre des blaireaux et des renards, ou les battues administratives souvent injustifiées, parfois illégales, la pression sur la faune sauvage ne s’interrompt jamais. Derrière l’idée d’une saison de chasse « encadrée » dans le temps, un vaste système de dérogations permet de prolonger les persécutions tout au long de l’année, bien au-delà du calendrier officiel.
La saison de chasse ? Une fiction !
Car ce système de « saison » entretient une fiction : celle d’une chasse limitée et régulée. Dans les faits, de nombreux animaux sauvages, notamment les sangliers et les renards – inscrits sur la liste des ESOD –, peuvent être abattus tout au long de l’année pour le seul plaisir des chasseurs. Sans parler de la brutalité des pratiques !
Des animaux mutilés, des actes banalisés et impunis
En Haute-Savoie, dans la réserve naturelle de Veigy-Foncenex, un renard a été retrouvé mutilé et accroché à un arbre, exposé comme un macabre avertissement. En Gironde, à Noaillan, un jeune cerf a été découvert les pattes sectionnées, abandonné dans une forêt. Dans le Tarn, à Paulinet, c’est un sanglier qui a été traîné sur près de deux kilomètres à l’arrière d’un véhicule, laissant une longue trace de sang sur un chemin privé.
Ces actes, qui témoignent de la façon dont les chasseurs considèrent les animaux, nous n’avons de cesse de les dénoncer. Pour autant, ils n’ont rien d’illégal, et restent encore trop souvent minimisés et rarement sanctionnés.
Loin d’être isolés, ces faits mortels rappellent l’urgence de remettre en question un système qui, derrière des règles et dates de pure forme, n’a de cesse de semer la mort. Ensemble, mettons fin à cette hypocrisie. Pour le déclassement des renards et pour une réforme radicale de la chasse, signez nos pétitions.