Tribunal administratif pour les blaireaux : Communiqué de Presse
Le 19 juin, One Voice, aux côtés de l’ASPAS et d’AVES, sera présente au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne pour exiger l’arrêt immédiat du déterrage des blaireaux — la « vénerie sous terre » — dans les Ardennes et en Haute-Marne pour l’été 2026. Une chasse qui s’acharne sur des familles entières jusque dans leurs terriers, alors même que la justice l’a déjà jugée illégale à cette période.
Le 19 juin 2026, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne examine deux référés-suspension déposés par One Voice, l’ASPAS et AVES. Les trois associations demandent l’arrêt immédiat du déterrage des blaireaux, autorisé dès le printemps dans les Ardennes et en Haute-Marne.
Le principe de cette chasse est d’envoyer des chiens dans des galeries pour y acculer les blaireaux. Pris au piège sous terre, parfois pendant des heures, les animaux terrifiés sont ensuite déterrés à la pelle, extirpés des terriers à l’aide de grandes pinces puis mis à mort. C’est une chasse qui ne laisse aucune chance aux habitants de la blaireautière.
Car à cette saison, les terriers abritent des blaireautins encore incapables de survivre seuls. Ils peuvent être tués sur place lors des opérations — ou condamnés à mourir de faim, de soif ou d’épuisement, lentement, abandonnés à la détresse après l’abattage de leur mère.
Une chasse déjà jugée contraire au droit
L’article L. 424-10 du Code de l’environnement interdit de tuer les petits de mammifères. Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne l’a déjà rappelé sans ambiguïté : par trois jugements du 11 avril 2024, il a annulé des périodes complémentaires de vénerie sous terre, jugeant que les blaireautins ne sont pas autonomes durant la période autorisée et doivent donc encore être regardés comme des « petits » au sens de la loi.
Et pourtant, les préfectures persistent.
En Haute-Marne, l’arrêté préfectoral du 12 mai 2026 autorise cette chasse du 15 mai au 19 septembre 2026 sur près de la moitié des communes, et du 15 août au 19 septembre sur le reste du département. La note de présentation reconnaît elle-même l’abattage de juvéniles.
Dans les Ardennes, la période court du 1ᵉʳ juin au 25 juillet 2026, pour un quota de 110 blaireaux. La mise à mort des jeunes de moins de 8 kg et des femelles allaitantes est interdite sur le papier. Dans les faits, la méthode reste aveugle : une fois lâchés, les chiens contraints par les chasseurs mordent tout ceux qu’ils y trouvent, adultes comme petits.
One Voice exige la suspension immédiate de ces périodes complémentaires. Pour les blaireaux, elle ne lâchera rien.