One Voice infiltre la filière et révèle la torture des lapins angoras dans les élevages français

One Voice infiltre la filière et révèle la torture des lapins angoras dans les élevages français

15.09.2016
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Le 15 septembre, One Voice, association de défense des animaux active depuis 1995, rendra publics une vidéo et un rapport d’enquête résumant des mois d’infiltration dans plusieurs élevages français de lapins angoras. Les images comme les commentaires des éleveurs recueillis à cette occasion sont sans appel : non seulement les lapins sont élevés en batterie dans des conditions d’alimentation, de confort et d’hygiène plus que douteuses, mais ils sont surexploités dans une cruauté sourde à leurs cris durant toute une vie.

Le 15 septembre, One Voice, association de défense des animaux active depuis 1995, rendra publics une vidéo et un rapport d’enquête résumant des mois d’infiltration dans plusieurs élevages français de lapins angoras. Les images comme les commentaires des éleveurs recueillis à cette occasion sont sans appel : non seulement les lapins sont élevés en batterie dans des conditions d’alimentation, de confort et d’hygiène plus que douteuses, mais ils sont surexploités dans une cruauté sourde à leurs cris durant toute une vie.

Empilés dans des cages sommaires, les lapins angoras filmés par les enquêteurs One Voice dans les élevages français n’ont finalement pas de sort plus enviable que ceux de Chine.
On se rappellera qu’un film diffusé par l’association PETA sur les élevages chinois de lapins (90 % de la production mondiale) avait glacé les opinions en 2013.

Il semble hélas que les bonnes pratiques en matière de bien-être animal, pourtant recommandées par le ministère de l’Agriculture comme lignes conductrices d’un plan quinquennal à échéance 2021, n’aient pas d’actualité concrète plus engageante.
Et pourtant, ici et là on vante la qualité de l’angora français, finalement juste liée au poil d’une race d’élevage, mais pas aux méthodes de ceux qui l’exploitent à profit.

Une enquête à rebrousse poil…

C’est un travail d’investigation d’importance. Les enquêteurs de l’association lanceuse d’alertes ont infiltré ce milieu pendant des mois (En France il existerait une quarantaine d’élevages exploitant des milliers de lapins, chiffres obtenus lors de notre enquête et pour lesquels nous n’avons pu obtenir aucun document officiel tant la filière semble peu encadrée). Leur objectif était d’étudier l’ensemble de la filière, de documenter l’épilation des lapins car elle n’a pas lieu tous les jours. La rotation dans les activités joue : phases de reproductions, sexage des lapereaux, productions alimentaires avec la chair des mâles (moins fournis en poils, ils sont surtout destinés au pâté ou au bûcher), et beaucoup d’attente entre les épilations, trois fois l’an, qui signifient un stress permanent pour les lapins, dénudés après les « récoltes » et exposés aux chocs thermiques, sans plus de protection dans leurs clapiers.

Les « One Voice » ont donc travaillé un semestre durant, de février à juillet 2016, dans six élevages différents : leurs constats prennent valeur d’état des lieux d’une filière en déclin, mais toujours nocive, si l’on en juge par ce simple commentaire d’acteur enregistré, parmi d’autres : « Les femelles sont un peu plus fragiles que les mâles au niveau de la peau. Il arrive que ça déchire. Il y en a des fois, tiens, pouf, il y a un bout de peau qui vient avec. Quand ça commence, j’ai vu des fois je lui aurais arraché tout, j’étais obligé de finir aux ciseaux parce que toute la peau venait, alors là tu passes du temps. J’ai vu des fois passer deux heures sur un lapin qui se déchirait de partout. Des fois tu te dis, il faut mieux lui foutre un coup sur la tête, celui-là. »

Une action citoyenne d’envergure

Écœurée à l’écoute des cris poussés par les lapins épilés brutalement, et non simplement peignés comme on voudrait le faire croire, Muriel Arnal, présidente-fondatrice de One Voice, prend ici les mêmes positions que sur la fourrure animale en général : « L’angora doit être banni de France, et nous avons un grand espoir de faire changer les choses pour ces animaux. Notre enquête fonde juridiquement notre demande : nous avons hier obtenu l’interdiction de la vente de fourrure de chiens et chat importés de Chine. Il n’y a aucune raison que des produits de l’angora, obtenu dans de telles conditions, puissent librement circuler chez nous. »

La médiation de l’État est indispensable pour agir auprès des acteurs de la filière, qui visiblement bénéficient d’une grande souplesse en matière de réglementation et de contrôles auprès des Directions Départementales de la Protection des Populations (DDPP). « Pour cesser de telles pratiques, survivance du Moyen Âge assise sur une cruauté indigne, nous sommes prêts à travailler avec les éleveurs pour les accompagner dans leur reconversion » précise Muriel Arnal.

One Voice (représentant France de la coalition internationale Free Fur Alliance) a choisi de déposer une plainte contre le principal élevage local, situé en Loire-Atlantique (44), sur le fondement de plusieurs manquements aux réglementations en vigueur (conditions d’élevage et d’abattage, actes de cruautés). Pratique jugée inacceptable, la vente de lapines ayant développé des tumeurs mammaires à un laboratoire d’expérimentation, où elles vivront un second calvaire, a pesé dans le choix d’une action judiciaire ciblant le haut de la filière.

L’angora, hors des élevages et des placards

Sur le site stop-angora.fr, une pétition est également lancée à l’adresse du ministre de l’Agriculture afin que des mesures d’urgences, conservatoires ou de contrôles, soient prises dans les élevages, et qu’à terme tant leur activité que le commerce de produits en angora soient interdits en France. Par ailleurs, l’association invite le public à cesser d’acheter des fabrications en laine angora et à en vider leurs placards. « Au vu des images tournées, je ne comprendrais pas que l’on puisse continuer à porter en souriant des pulls en angora. Nous pourrons en assurer la collecte et les apporter à des refuges pour chats, où ils seront bien plus utiles » conclut Muriel Arnal, qui espère un afflux de cartons contenant des vêtements siglés « angora », issus de la souffrance animale, aux bureaux de son association…


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