Louveteau en danger de mort: Communiqué de Presse
À Saint-Nicolas-la-Chapelle (Savoie), un jeune louveteau orphelin, atteint de gale et visiblement affaibli, survit seul depuis la mort de ses parents, a priori victimes de tirs, et de sa sœur. Malgré les alertes lancées par One Voice, aucune prise en charge n’est envisagée par les autorités. Ce drame survient dans un contexte national de durcissement sans précédent des politiques contre les loups.
C’est l’attraction de la commune depuis quelques mois. Deux louveteaux, orphelins suite à la mort de leurs parents a priori victimes de tirs, errent autour de la ville de Saint-Nicolas-La-Chapelle. Peu farouches, ils restaient à proximité des habitations. Derrière ces jolies rencontres se cachent une réalité bien plus brutale. Livrés à eux-mêmes, affamés, ne sachant où aller ni n’ayant appris à chasser, ces deux petits ont connu la détresse la plus totale. La jeune femelle n’a pas survécu. Retrouvée au bord d’une route dans un piteux état et laissée à son sort sans soins, elle est morte quelques jours après. Quant au petit mâle désormais seul, il cristallise toutes nos inquiétudes.
Amaigri, atteint de gale, désorienté, il dépérit sous les yeux de tous. Pourtant, malgré les alertes et la demande faite par One Voice, les autorités refusent d’intervenir. Le mot d’ordre semble clair : laisser mourir ce louveteau.
Pour One Voice, cette situation dramatique n’est pas un incident isolé. Elle est la conséquence directe d’une politique française toujours plus brutale à l’égard des loups.
« Leur obsession, c’est que les loups meurent les uns après les autres. La souffrance de ce louveteau, c’est la responsabilité des autorités et d’un gouvernement à genoux devant des lobbies qui ne pensent qu’à tuer les animaux », dénonce Muriel Arnal, présidente de One Voice.
Une succession d’affaires alarmantes
Ce drame intervient dans un contexte particulièrement inquiétant pour les loups en France.
Le 10 mai dernier, une louve retrouvée piégée en Seine-Maritime a été anesthésiée puis enfermée dans un parc animalier, après des pressions exercées par certains agriculteurs présents sur place. One Voice s’est immédiatement insurgée contre cette décision totalement illégale visant une espèce strictement protégée et avait annoncer aller en justice si cette louve n’était pas relâchée. L’Etat est alors intervenu et le 13 mai, la préfecture a annoncé que la louve serait transportée dans les Alpes pour y être relâchée.
L’association avait proposé, comme pour le louveteau, une prise en charge dans son sanctuaire en Italie, un pays qui, lui, respecte et cultive son patrimoine naturel riche en biodiversité.
Elle se réjouit que cette louve soit rendue à la nature, mais regrette d’avoir dû faire pression pour obtenir cette issue qui était la seule acceptable.
Néanmoins toute la lumière devra être faite sur les pièges installés par un chasseur dans la forêt de Saint-Pierre-des-Jonquières. En France, les loups vivent traqués en permanence. Tirs facilités, quotas d’abattage records, enfermements arbitraires… Tout semble désormais organisé pour rendre impossible leur survie à long terme.
Environ 1 082 loups seulement vivent sur le territoire français, très loin du seuil de viabilité estimé par les scientifiques entre 2 500 et 5 000. Pourtant, jusqu’à 23 % d’entre eux peuvent désormais être abattus chaque année.
Un gouvernement qui organise l’affaiblissement des loups
Cette politique pourrait encore empirer avec l’article 14 du projet de loi « protection et souveraineté agricoles », qui sera examiné à l’Assemblée nationale le 19 mai prochain. Ce texte vise à créer un régime spécial pour les loups, moins protecteur que celui applicable aux espèces protégées, ouvrant la voie à un déclassement de facto de l’espèce.
Sous couvert de protéger les troupeaux soi-disant impossible à protéger en France alors qu’ils le sont sans problème ailleurs, le gouvernement cherche surtout à institutionnaliser une politique d’abattage toujours plus massive, alors même que la science démontre que les tirs ne réduisent pas durablement les attaques sur les élevages.
La situation française apparaît aujourd’hui particulièrement rétrograde au regard de nombreux pays européens.
One Voice demande une intervention immédiate
Face à l’état alarmant du louveteau, One Voice demande une intervention vétérinaire urgente ainsi qu’une prise en charge adaptée permettant sa survie et sa réhabilitation.
L’association appelle également les députés à supprimer l’article 14 du projet de loi agricole et à mettre fin à cette politique d’acharnement contre les loups.