La détresse de Jumbo: Communiqué de Presse
Le 29 mai dernier, lors du passage du cirque Zavatta-Muller à Orthez (64), les enquêteurs de One Voice ont filmé l’hippopotame Jumbo en train de se frapper frénétiquement la tête contre la paroi de sa benne. Ce geste répété est un signal de détresse. Détenu depuis près de quarante ans par la famille Muller, Jumbo est désormais attendu à Serres-Castet (64), du 5 au 7 juin. Malgré la maltraitance avérée dont il est victime, et les infractions liées à ses abjectes conditions de détention, rien ne change pour lui.
Depuis des années, One Voice suit Jumbo, hippopotame captif du cirque Zavatta-Muller, et documente ses déplacements semaine après semaine. À chaque étape, le même constat accablant. Les images tournées à Orthez, avant l’arrivée du cirque depuis à Serres-Castet pour des représentations du 5 au 7 juin, en apportent une nouvelle preuve glaçante.
Un geste de détresse que l’on cherche à faire taire
Sur la vidéo, Jumbo, plongé dans la benne qui lui tient lieu de piscine, frappe sa tête contre la paroi métallique, encore et encore. Ce type de comportement répétitif est caractéristique d’un mal-être profond chez un animal privé de tout ce dont il a besoin pour vivre : de l’espace, de l’eau en quantité, des congénères, la liberté de se mouvoir.
En arrière-plan, on entend distinctement le dresseur du cirque lui lancer : « Jumbo, Jumbo, arrête. » Pour One Voice, cette injonction est révélatrice. Ce n’est pas l’inquiétude pour l’animal qui s’exprime, mais la volonté de faire cesser un comportement qui dérange, parce qu’il donne à voir, sans détour, ce que les cirques cherchent à dissimuler : la détresse d’un animal condamné à survivre dans des conditions indignes.
Près de quarante ans dans une benne de tôle
Animal semi-aquatique et grégaire, Jumbo devrait passer jusqu’à seize heures par jour immergé dans l’eau et marcher chaque nuit à la recherche de nourriture. Depuis près de quarante ans, il est maintenu seul, dans une remorque de tôle, sans accès à un bassin adapté. En surpoids sévère, il souffre de douleurs articulaires importantes : des vétérinaires spécialistes de la faune sauvage ont jugé son état de santé extrêmement préoccupant. Et pourtant, il continue d’être déplacé de ville en ville et exhibé au public.
Des condamnations, et pourtant l’impunité
La famille Muller est connue de longue date des autorités. En 2020, le tribunal correctionnel de Valence a condamné Alexandre et Edmond Muller pour « exploitation irrégulière d’un établissement détenant des animaux non domestiques ; placement ou maintien d’un animal dans un environnement cause de souffrance ; utilisation d’un mode de détention inadapté pouvant être cause de souffrance ou de blessure ». Ces faits concernaient directement les conditions de vie imposées à Jumbo.
Une saisie de l’hippopotame avait même été ordonnée avant l’audience. Elle a échoué face à la violence opposée par les circassiens. Et malgré la condamnation, Jumbo est resté entre leurs mains. Depuis, les signalements et les plaintes se succèdent, sans que rien ne change.
Sortir Jumbo de là. Maintenant.
Aucun animal ne devrait passer sa vie dans une remorque. Aucun animal n’a sa place dans un cirque. Alors que le cirque Zavatta-Muller s’apprête à s’installer à Serres-Castet du 5 au 7 juin, One Voice appelle les autorités à diligenter une expertise indépendante et à agir enfin pour Jumbo.
Jumbo n’est pas un numéro. Il n’est pas une attraction. La place de ce vieil hippopotame n’est plus sur les routes, mais dans un refuge. Il est encore temps de l’en sortir.
One Voice invite le grand public à signer sa pétition : Sauvons Jumbo !.