Cirque Muller : l’indicible souffrance de Jumbo, l’impunité organisée
Depuis la fin de l’année 2025, nous avons renforcé nos actions pour Jumbo dont les douleurs atteignent une intensité que les vétérinaires spécialistes n’ont jamais observée dans leur carrière. Nous suivons le cirque hors-la-loi de la famille Muller dans chacun de ses déplacements, semaine après semaine. À chaque nouvelle installation, le même constat accablant : des infractions, des animaux souffrants, et un sentiment d’impunité qui ne faiblit pas. Jusqu’à quand ?
Jumbo, symbole vivant d’une maltraitance assumée et continue
À chaque étape du cirque Muller, les manquements sont là, sous nos yeux. Le constat est le même : depuis près de quarante ans, Jumbo, qui a besoin de passer seize heures chaque jour immergé dans l’eau chaude, est bloqué dans une remorque en tôle. Ses articulations portent un animal de trois tonnes qui devrait n’en peser que deux. Jumbo souffre, comme cela a déjà été confirmé il y a quelques semaines par un vétérinaire expert.
Victime de douleurs à chaque déplacement, il est présenté au public sans aucun dispositif de sécurité, par une personne qui n’est même pas titulaire d’un certificat de capacité.
Ce ne sont pas des détails administratifs. Ce sont des faits graves. Ce sont des atteintes à la loi, à la sécurité du public et, surtout, au bien-être d’animaux captifs condamnés à souffrir jour après jour. Jumbo, en particulier, incarne cette maltraitance institutionnalisée : un animal sauvage condamné au bitume, à la solitude, exposé au bruit.
Des condamnations, et pourtant l’impunité
La famille Muller, qui multiplie les installations illégales partout où elle passe, n’en est pas à son premier contentieux judiciaire.
Alexandre Muller a déjà été condamné à de multiples reprises pour outrage, menaces de mort et violences sur agents dépositaires de l’autorité publique, rébellion et entrave à la circulation. Edmond Muller a pour sa part été condamné pour violences physiques et morales commises sur des défenseurs des animaux qui manifestaient pacifiquement et légalement.
Mais surtout, tous deux ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Valence en 2020 pour « exploitation irrégulière d’un établissement détenant des animaux non domestiques ; placement ou maintien d’un animal dans un environnement cause de souffrance ; utilisation d’un mode de détention inadapté pouvant être cause de souffrance ou de blessure. »
Ces faits concernent directement les conditions de vie imposées à Jumbo dans le cirque. Le comble ? La saisie de l’hippopotame avait été ordonnée avant l’audience. Elle a échoué face à la violence des circassiens. Et l’État, la justice ont plié. Même après la condamnation de ses geôliers, Jumbo leur a été laissé.
Le silence des autorités : que protège-t-on exactement ?
Nous savons que le cirque a été contrôlé par les services préfectoraux du Lot-et-Garonne courant février. Ce département sanctuaire pour tant de cirques hors-la-loi, où tant de fauves croupissent dans des remorques parce que les autorités ferment les yeux. Depuis des jours, nous demandons l’accès au rapport d’inspection. Nous nous heurtons au silence. Pourquoi refuser de transmettre un rapport si « tout est conforme », comme cela nous a été indiqué ? Que contient-il ? Pourquoi ce refus de transparence ? Qui protège la famille Muller ? Pour quelles raisons ?
Lorsque des infractions sont constatées, lorsque des condamnations existent, lorsque la souffrance animale est aussi cruellement visible, le silence administratif devient une faute morale.
Pour Jumbo et ses compagnons de misère, nous avons déposé une nouvelle plainte.
Nous refusons que la peur ou la complaisance permettent à une famille condamnée à de multiples reprises de poursuivre, génération après génération, l’exploitation et la torture d’animaux captifs.
Jumbo n’est ni un numéro une attraction. S’il meurt dans la remorque, après avoir enduré des douleurs continues et impossibles à décrire tant elles sont intenses, les responsables devront en répondre. Nous obtiendrons justice pour lui. Mais il est encore temps de le sortir de là. Signez notre pétition.