Chasse dans les Hautes Alpes : Communiqué de presse
Depuis le 20 septembre, les chasseurs des Alpes-de-Haute-Provence peuvent tuer des lièvres variables, des tétras-lyres et des perdrix bartavelles. Trois espèces de montagne classées « quasi menacées » en France, dont nul ne connaît les effectifs actuels dans le département. Dans les Hautes-Alpes voisines, le préfet a renoncé à ouvrir la chasse aux galliformes. One Voice demande au juge des référés du tribunal administratif de Marseille de suspendre les arrêtés préfectoraux des 20 juillet 2026 et 17 septembre 2026. Audiences les 5 et 7 octobre à 14h.
Le lièvre variable pèse à peine trois kilos. Discret, actif au crépuscule et la nuit, il troque à l’approche de l’hiver son pelage brun-gris pour une fourrure blanche qui le fond dans la neige. Ces animaux arctico-alpins survivent dans les Alpes en populations reliques, isolés en altitude. Depuis le 20 septembre, chaque chasseur peut en tuer un par jour et trois par saison. Avec près de 6 800 chasseurs dans le département, ce sont jusqu’à 20 400 lièvres qui peuvent tomber sous les balles. Combien en reste-t-il ? Personne ne le sait.
Une espèce que le réchauffement chasse déjà de ses montagnes
Le lièvre variable a besoin du froid et de la neige. Or la montagne se réchauffe et l’enneigement recule. Les communes où sa présence régulière est signalée ont diminué d’au moins 25 % depuis la fin des années 1950, et les Préalpes, moins élevées et plus isolées, sont les plus exposées. D’ici 2041-2070, les projections de l’Office Français de la Biodiversité annoncent la perte d’environ 40 % de son aire de répartition dans les Alpes françaises, avec la disparition de populations dans les Préalpes et Alpes du Sud. Et c’est au sortir d’un été de canicules, de sécheresses et d’incendies qu’on ouvre le tir.
De l’autre côté de la limite départementale, les fusils se taisent
Les tétras-lyres et les perdrix bartavelles, eux, peuvent être tués jusqu’au 11 novembre : 43 tétras et 35 perdrix au plan de chasse. La France ne compterait plus que 6 444 tétras-lyres mâles et 2 531 couples de bartavelles, et les estimations régionales reposent encore sur des comptages des années 2000. Dans les Hautes-Alpes, le préfet en a tiré les conséquences : aucun galliforme ne sera tué cette saison, faute de données attestant que la chasse est compatible avec leur conservation. Dans les Alpes-de-Haute-Provence, où le même tribunal avait déjà suspendu cette chasse en 2024, la préfecture a fait le choix inverse.
« Ces animaux n’ont pas besoin qu’on calcule combien il est encore possible d’en tuer. Ils ont besoin qu’on compte combien il en reste, et qu’on fasse ce qu’il faut pour qu’ils soient encore là demain. Face au réchauffement climatique et à l’ignorance de leurs effectifs, la seule décision responsable est d’arrêter de tirer », déclare Muriel Arnal, présidente de One Voice.