le mercredi 24 février 2016 | 36

Tilikum : l'effet Blackfish

Tilly, cher Tilly. Six ans déjà. Nous nous battons pour toi et les tiens. Nous ne baissons pas les bras. Résiste encore un peu, nous avançons vers ta liberté, vers votre liberté. Ton geste désespéré a été entendu. Résiste !

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Aujourd'hui, après trente-trois ans de détention, Tilikum, alias Tilly, assommé de tranquillisants, flotte, immobile, face au mur. Sa nageoire dorsale est si flasque qu'elle lui pend sur le flanc. Triste écho du Vol au-dessus d'un nid de coucou, Tilikum a été puni d'avoir voulu briser ses chaînes. Seaworld, qui le veut vivant, l'a placé sous camisole chimique. C'est un « taureau reproducteur ». Sa semence vaut cher.

Pourtant, sa révolte suicidaire n'aura pas été vaine : grâce à lui, toutes les orques captives bénéficient désormais d'un nouveau regard du public. L'effet Blackfish continue à ronger SeaWorld et bientôt, toutes les entreprises qui exhibent des orques en bocal devront faire face à ce changement d'opinion. Tilikum est un lanceur d'alerte, un Spartacus parmi les orques !

En mer, aucune orque n'agresse jamais un humain. En captivité, les incidents se comptent par centaines. Pourquoi cette violence ? Les orques ne sont-elles pas heureuses, elles qui, selon SeaWorld, reçoivent les meilleurs soins vétérinaires et la meilleure cuisine gastronomique ? Non, elles ne le sont pas. L'orque a un cerveau extrêmement développé. Peut-être même plus que celui de l'humain…

Lorsqu'elle fut révélée par le livre Death at SeaWorld, puis par le film Blackfish en 2013, l'histoire de Tilikum a ému le monde entier. Clairement victime d'un lobby industriel, son accès de violence a paradoxalement révélé toute « l'humanité » des orques captives, toute la souffrance que ces esclaves géants ressentent, enfermés dans une fosse surpeuplée, et qui les fait basculer parfois du « côté obscur » de la force, pour reprendre les termes de John Hargrove.

Né dans les eaux glacées d'Islande, Tilly fut enlevé à sa mère et à sa tribu en 1983, à l'âge de deux ans. Il devint par la suite un mâle gigantesque, mais il n'en resta pas moins un grand timide mal dans sa peau. Au Sealand of the Pacific où on l'avait amené, on l'enfermait chaque soir dans un hangar avec deux femelles agressives. Chaque matin, il en ressortait couvert de blessures. Et, un jour, à bout de nerfs, il entraîna sa dresseuse par le pied et la noya. Un peu plus tard, il tua un vagabond qui avait probablement plongé dans son bassin. Mais pour SeaWorld, les états d'âme des orques ne doivent pas être connus. Le passé de Tilly a été dissimulé. Jusqu'à la mort de Dawn Brancheau, le 24 février 2010.

Le désespoir fou de Tilikum n'est pas resté sans écho. Sa vie misérable, sa colère, cette dignité qu'il tente désespérément de reconquérir, inspire notre combat. Nous ne voulons plus que les orques soient réduites en esclavage. Nous ne voulons plus les voir souffrir. Nous devons sauver Tilikum et les cinquante-cinq orques encore détenues dans le monde !

Signez et diffusez notre pétition pour la fermeture des delphinariums !

Tilikum est décédé en janvier 2017.

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Commentaires 36

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carson | lundi 04 juillet 2016

J'ai vu blackfish avant hier et je suis vraiment bouleversée de ce que les hommes ont pu faire subir aux orques, une espèce qui a une intelligence presque humaine et qui surtout ressent des émotions autant que nous, voire plus ! Les parties de son cerveau gérant les émotions sont plus importantes que dans le cerveau humain... L'enlèvement des petits orques à leurs mères par les hommes est abject, car il s'agit bien d'un enlèvement lorsqu'on voit les mères orques s'agrouper près du bateau où leurs petits ont été capturés et s'agiter, et couiner pour communiquer et hurler de détresse. Il est démonté scientifiquement que le lien entre la mère et le petit chez l'orque est très profond, c'est un lien humain. L'orque est un animal sociable, enjoué, qui vit en groupe, avec sa famille, qui parcourt des centaines de kilomètre, ivre d'espace, de liberté. Quelle tristesse de voir ces animaux fascinants cloîtrés dans un bocal de quelques m², affamés et obligés de faire les clowns dans un show plein de paillettes, à cause d'hommes, qui ne s'intéressent qu'à l'argent ou au divertissement.

J'ai honte pour les hommes qui ont participé et laissé faire cette chose atroce. Descartes disait que l'homme était comme le maître de la nature, certes, mais il doit aussi en prendre soin.

ltet | lundi 04 juillet 2016

Tous Les Animaux sont des êtres sensibles capables de ressentir des émotions.

Nono | dimanche 03 juillet 2016

Il faut que l'homme arrête de se prendre pour Dieu,
Et laisser les animaux vivre dignement
Plutôt que les enfermer, il faut aller les voir dans leur milieu naturel.

Il y a quelquefois des moments où la modération nous coûte cher.
Et l'envie de crier ....,..,,,,,,,. Est au bord des lèvres
Quel monde on va laisser à nos enfants ?!

Viviane | dimanche 03 juillet 2016

Quelques mots, juste quelques mots...relâchez-le!