le mardi 23 novembre 2021 | 30

Moana, un jeune orque en piteuse santé au Marineland d’Antibes


Mis à jour le 24 novembre 2021

Au Marineland d’Antibes, tout comme Inouk son oncle, sa mère Wikie et Keijo son frère, Moana tourne en rond dans les eaux encrassées du delphinarium vieillissant. Les orques peuvent vivre aussi longtemps que les humains. Or Moana a dix ans. Et à son âge, les lésions sous-dermiques que nous avons photographiées sont très préoccupantes. Son état a empiré. Il a été analysé et expertisé par la Dre Ingrid Visser, biologiste marine, grâce à nos images et à plusieurs visites au parc ces dernières années, et par le vétérinaire spécialiste des cétacés, le Dr Pierre Gallego. Nous déposons plainte pour actes de cruauté contre le delphinarium.

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« L’installation est petite et en mauvais état (et se détériore) et la mauvaise qualité de l’eau est préoccupante. Je pense que les données relatives à l’alimentation, à la santé, au comportement et aux agressions de Moana, ainsi que les données relatives à la qualité de l’eau, devraient être mises à la disposition d’experts indépendants en orques. Cela permettrait une évaluation précise de l’étendue des problèmes auxquels Moana est confronté. »
Dre Ingrid Visser PhD

Une proposition de loi insuffisante pour les orques

Comme nous l’avons dénoncé il y a deux ans, la menace d’un départ en Chine pour les orques françaises du Marineland Antibes plane toujours. D’autant plus à présent que la loi contre la maltraitance animale tout juste votée contient des failles permettant de contourner ce qu’elle préconise.

En effet, la loi propose de pouvoir maintenir les orques et dauphins dans les bassins pour de la recherche. Mais pour étudier quoi exactement ? Comment ils souffrent en vase clos ? La maladie chez les individus captifs ? Comment développer des pathologies diverses en détention ?

Moana est en mauvaise santé !

Son menton, par exemple, est en très mauvais état, comme en attestent les nombreux clichés photographiques du rapport écrit par la Dre Visser (consultable en pied de page). La couleur de sa peau a changé ! Et son état empire. Or l’état délétère de l’eau est un facteur aggravant.

Il est aussi la cible d’agressions de la part des orques plus âgées, comme c’est le cas partout chez les cétacés détenus dans les bassins des delphinariums. C’est l’un des (nombreux) problèmes de la captivité.

Enfin, le fait de tourner en rond dans un environnement trop petit et totalement artificiel, ajouté à l’absence de profondeur, la piètre qualité de l’eau, l’absence de choix et la difficulté de communiquer, crée un stress dommageable pour le système immunitaire des orques, qui mène irrémédiablement au développement de maladies mentales et physiques.

La petite Ula, au Loro Parque de Tenerife, n’a pas tenu trois ans avant de s’éteindre. Et au Marineland d’Antibes, on ne compte plus le nombre de décès depuis l’ouverture...

« L’état de santé de Moana [...] est critique, et nécessite une prise en charge vétérinaire urgente. Le processus pathologique dont semble être victime Moana est susceptible de mettre sa vie en danger. »
Dr Pierre Gallego

Notre plainte pour le protéger

Nous déposons plainte pour actes de cruauté vis-à-vis de Moana, dans laquelle nous demandons notamment l’ordonnance d’une inspection indépendante et sa saisie conservatoire.

Car la saisie conservatoire permettra d’interdire tout déplacement ainsi que l’arrêt des spectacles ou des expérimentations. Ainsi, ni lui, ni, par extension, Wikie, Keijo et Inouk, ne risqueront de transfert… par exemple en Chine où ils seraient encore et encore exploités pour les spectacles. Qui plus est dans un pays qui ne dispose d’aucune réglementation en matière de bien-être animal. Ils ne seront plus non plus exploités pour les spectacles ni les « études », deux activités qui leur imposent un rythme et des actes qu’ils ne peuvent choisir... un dressage très stressant.

Nous demandons également que Moana nous soit confié afin de pouvoir le transférer un jour, dans le sanctuaire marin que nous sommes en train d’élaborer avec les meilleurs spécialistes mondiaux, qui en ont l’expérience.

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Moana, orque mâle de 10 ans, né en captivité, avec des lésions tissulaires sous-dermiques

Rapport rédigé pour One Voice par Ingrid N. Visser (Dr)

Julia Mothé
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Commentaires 30

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maria | jeudi 25 novembre 2021

Inadmissível

Nicole | jeudi 25 novembre 2021

Comment pouvoir les relacher ? Et où ?
Plus strictement: interdire les delphinariums partout dans le monde.

a.chirot | jeudi 25 novembre 2021

Toujours l'argent récolté au détriment de animaux exploités... ça ne cessera donc jamais!!
Honte à l'humanité pour toutes ces atrocités.

mameu61 | jeudi 25 novembre 2021

Le profit, encore et toujours, à l'origine de vies bafouées, sacrifiées. Notre monde va mal, très mal et ce qui est important pour nous qui aimons tant les animaux ne l'est pas forcément pour ceux qui n'ont pas les mêmes valeurs et les dérives sont nombreuses et cruelles. Le moteur de tout ça est l'argent, encore et toujours, le fric. Peu importe la souffrance de tous ces êtres sensibles que nous chérissons, nous les amis des animaux, tous les animaux. Les tortionnaires n'en ont cure.